m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009



  Réserve naturelle - L'île Ronde : sanctuaire de vie sauvage
  Rencontre - Jayshree Mungur-Mehdi Tirer parti du passé
  Rencontre - Benjy, survivant malgache
  HISTOIRE - Le séjour du naturaliste Charles Darwin à Maurice
  Arts et scènes - Insular Une vision plurielle de la danse
  Concert au Mahebourg Waterfront - KayKay promet une soirée électrique
  Divali Nite au Xindix - DJ Rink et DJ Angel derrière les platines
  Festival d'art dramatique en bhojpuri - Ghareloo Atyachaar se taille la part du lion
  Expo au Sugar Beach à Flic en Flac - Paysages insulaires
  Nostalgie, la Reconnaissance - Salle comble, public complètement fan et vedettes en verve
  Recettes - Gourmandise sans sucre
  Mes relations au travail - Décodez vos collègues
  Roman - Yoga Serge Palan Se réapproprier l'histoire
  6e Jeux de la Francophonie - SR Dance, de l'or et de la reconnaissance pour Naissance nou kiltir
  Ballroom dancing - Des cours de perfectionnement
  Street Culture - Dancehall : le bâtard du reggae
  Focus - Amitabh Bachchan qui célèbre aujourd'hui ses 67 ans est toujours le Big Boss du cinéma indien.


Réserve naturelle

L'île Ronde : sanctuaire de vie sauvage

Plus de 170 hectares de terre protégée, une forêt de palmiers et de bois dur, des oiseaux marins, l'île Ronde est classée réserve naturelle depuis 1957. L'incroyable diversité de sa flore et de sa faune nous incite à ouvrir une fenêtre sur cette terre de montagne dans l'océan pour permettre au public de s'informer utilement sur la richesse de la biodiversité de l'île. Aujourd'hui, les gens de la National Parks & Conservation Services et de la Mauritian Wildlife Foundation s'adaptent à la complexité de l'île Ronde, véritable refuge pour la faune et la flore sauvages. Leur mission consiste surtout à préserver les espèces animales et végétales (palmiers, pétrels), à limiter l'extension de plantes invasives, à mener des actions pour une intégration plus forte dans la gestion durable et la valorisation de ses ressources naturelles. L'île n'est pas accessible par bateau de juin à novembre en raison des mauvais vents et d'une mer démontée. Le seul moyen de s'y rendre est par hélicoptère. Ashok Khadun, responsable de la restauration sur les îlots et employé à la MWF nous sert de guide.

C'est une roche balsatique posée dans l'océan Indien, au nord de Maurice, à 22.5km au nord-est de Cap Malheureux. Cette terre de montagne dénuée de plage est la plus importante des six îlots au nord de Maurice en raison de l'abondance et de la diversité de sa flore et de sa faune. Fait curieux, c'est l'île aux serpents qui est ronde alors que l'île Ronde abrite des serpents, entre autres reptiles. L'îlot était presque inhabité jusqu'à 2001, l'année de la construction d'une station pour les recherches scientifiques. Une initiative de la MWF pour les travaux de restauration et de conservation, avec le financement de la Banque Mondiale. Depuis. L'ONG assure une présence permanente sur l'île. On replante, on introduit des tortues et bientôt le cardinal de Maurice. Il faut savoir que l'île Ronde abrite de nombreuses espèces animales et végétales disparues de Maurice. On peut citer en exemple le boa et le pétrel de l'île Ronde, le palmiste blanc (le seul individu qui reste au monde). Il a fallu plusieurs années de travail pour éliminer les espèces trop envahissantes, les lapins et autres cabris.

Une flore et une faune sauvages

Le climat de l'île Ronde (période sèche de septembre à novembre et humide entre décembre et mars) favorise une végétation comprenant de nombreuses espèces en danger critique. L'île compte une population originelle de palmiste blanc, palmiste gargoulette, latanier bleu et autres vacoas. On compte aussi des bois buis, mazambron et autres petites herbes (Aerva congesta). Avec l'élimination des cabris et lapins, quelques plantes exotiques, qui se propagent rapidement, menacent l'île. On peut mentionner deux espèces exotiques, Desmanthus virgatus et Desmodium incannum comme étant les plus dangereuses à la végétation de l'île. D'autres espèces invasives ont fait leur apparition mais avec l'introduction de tortues géantes la MWF vise un meilleur contrôle de l'extension de ces plantes. L'isolement de l'îlot a probablement aidé à la préservation de ses reptiles qui sont aujourd'hui connus dans le monde. Le gros gecko, le gecko vert, le gecko de nuit, le boa de l'île Ronde connaissent une certaine popularité. L'île est aussi reconnue pour ses oiseaux marins dont le pétrel (oiseau au plumage noir), une espèce hybride entre le Trinidade Petrel, Kermadec Petrel et Herald Petrel. L'île abrite aussi une grande variété d'oiseaux des Mascareignes (paille-en-queue à brin rouge, paille-en-queue à brin blanc).


Une intégration de la biodiversité dans les actions de gestion

L'île Ronde revêt une importance particulière en raison de la grande variété des espèces végétales et animales qu'on y trouve. C'est le seul îlot des Mascareignes dépourvu de mamifères et autres reptiles introduits. C'est le dernier refuge d'une riche forêt de palmiers et de plantes endémiques menacées. L'île abrite des reptiles en voie de disparition dont des geckos et des boas. Il faut aussi mentionner que c'est le seul endroit où l'on trouve le pétrel et d'autres oiseaux marins. Cette diversité d'espèces était menacée en raison des dégâts causés par les lapins et les cabris pendant plus de 150 ans. L'élimination des cabris en 1979 et des lapins en 1986 a facilité le travail de restauration. Parmi les principaux objectifs visés : la restauration de la forêt de palmiers et de bois dur; la sauvegarde des plantes et animaux menacés; l'utilisation de l'île comme un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales disparues à Maurice. Un plan de gestion a été élaboré pour atteindre ces objectifs.

La construction en 2001 d'un bâtiment pour les recherches scientifiques (Field Station) a facilité les travaux de restauration. L'île Ronde possède une équipe de trois gérants. Il y a, en outre, la présence d'un "Islet Plant Restoration Manager" de la MWF sur l'île. Cette petite équipe est rejointe en cas de nécessité par d'autres éléments de la MWF et de la NPCS. L'île Ronde et placée sous la juridiction du Ministère de l'Agro-industrie. Elle est gérée conjointement par la NPCS et la MWF selon un accord signé entre les deux parties en 1994 et renouvelé en 2006 pour des projets à Maurice et sur ses îlots. Un exemple de conservation durable et de co-gestion des ressources naturelles.


Rencontre

Jayshree Mungur-Mehdi

Tirer parti du passé

Le patrimoine archéologique comme témoignage essentiel sur les activités du passé intéresse cette jeune femme de 29 ans. Jayshree Mungur-Mehdi, femme archéologue mauricienne se passionne pour tout ce qui touche à la connaissance et la protection de nos racines culturelles. Les récentes fouilles dans l'entrepôt situé dans la zone tampon de l'Aapravasi Ghat, confirmant le site comme un lieu de débarquement d'hommes et de marchandises, ont mis ses travaux en lumière. Jayshree veut aujourd'hui donner au grand public, amateurs d'histoire et de l'archéologie, la possibilité de faire la connaissance de l'histoire de notre pays, et d'assister à cette aventure qui se joue devant nos yeux, lorsque les chercheurs mettent à jour leurs recherches.

Jayshree Mungur-Mehdi étudie et interprète le patrimoine archéologique local depuis de nombreuses années. Elle a travaillé sur plusieurs sites : Aapravasi Ghat, Ile de la Passe, Santarem au Portugal, le site habitat des esclaves en Guadeloupe. Différents lieux, différentes époques (esclavage, engagisme, histoire romaine) qui ont élargi sa base de compétences professionnelles et scientifiques. L'archéologie l'intéresse parce que cette discipline exige une collaboration effective entre différentes spécialisations (archéobotanie, archéométrie, archéozoologie). Jayshree nous dit qu'à Maurice, l'archéologie est une discipline nouvelle. On se réfère souvent aux recherches dans les archives mais l'archéologie ce n'est pas seulement de l'écrit. Il y a aussi le travail sur le terrain, notamment les travaux d'excavation qui permettent de trouver des objets qui ont reposé dans le sol pendant des siècles, et qui, une fois dévoilés, sont susceptibles de jeter une lumière toute à fait nouvelle sur des aspects souvent très mal connus ou inattendus de l'histoire d'un pays. Récemment elle a participé à un travail de restauration et de conservation à Batterie de la Reine, une fortification à Vieux Grand Port, datant de la période française. C'était beaucoup plus de l'archéologie de sauvetage, nous dit-elle. Le travail inclut une documentation sur le site, la collecte d'informations, les observations de terrain, la reconnaissance d'objets trouvés dont des clous, des boulets de canon. Les recherches impliquent toujours un choix des données qui seront enregistrées et conservées avec le souci de détruire le minimum de témoignages archéologiques. L'engagement et la participation de la population locale doivent aussi être encouragés en tant qu'actions pour maintenir le patrimoine archéologique .

Jayshree s'oriente de plus en plus vers l'archéométrie (analyses chimiques, minéralogiques, datation, entre autres). C'est aussi l'analyse des objets trouvés après les fouilles (par exemple si des céramiques trouvées ont été fabriquées sur place ou importées. Ces analyses scientifiques permettent une meilleure connaissance des sociétés humaines.

A l'heure où la protection et la gestion attentive du patrimoine attirent l'attention des scientifiques, Jayshree Mungur-Mehdi nous rappelle l'importance du respect des critères concernant les structures architecturales et d'autres éléments qui font partie du patrimoine archéologique. La gestion de ce patrimoine inclut les devoirs des pouvoirs publics, les règles professionnelles applicables au travail des scientifiques, l'information, la mise à disposition du public de ce patrimoine.


Jayshree Mungur-Mehdi est née dans le village de Mon Desert Mon Trésor Desplaces. Elle a commencé sa formation en histoire à l'université de Maurice. Elle a été introduite à l'archéologie par Peter Flore, qui a travaillé sur les fouilles au Fort Fredérik Hendryck à Maurice. Elle a passé deux ans au Decan College à Pune, en Inde, comme étudiante en archéologie. Elle poursuit actuellement des études doctorales à l'université d'UTAD au Portugal. Ses travaux portent sur les analyses archéométriques (techniques d'analyses physico-chimiques appliquées aux vestiges archéologiques).


Rencontre

Benjy, survivant malgache

Savez vous que pour le moment les instituteurs sont tellement peu nombreux qu'ils sont obligés de prendre trois classes de quatre vingt dix élèves au moins, en même temps !

Amnesty Internation (Mauritius) organise cette semaine un atelier de travail à l'intention de ses membres et des ONG engagées dans le combat contre la misère. L'un des invités de cet atelier sur la promotion de droits sociaux, économiques et culturels est Marc Julot Rakotosaona, qui vient témoigner sur les conditions de vie à Madagascar. Nous vous proposons une rencontre avec ce jeune malgache qui se présente comme un "survivant". Ce qui est, selon lui, la situation actuelle de la grande majorité des Malgaches.

Surnommé Benjy, Marc Julot Rakotosaona aura vingt huit ans au mois de décembre. " Depuis que je suis né je ne vis pas, j'essaye de survivre. C'est pour cette raison que je dis que je suis un survivant. Comme la grande majorité des Malgaches." Benjy fait partie d'une petite famille modeste qui habite sur une des collines d'Antatanarivo, pas loin de ce qui reste du célèbre palais de la reine. Le père de Benjy travaille comme coursier dans un lycée. Sa mère, qui travaillait comme femme de ménage dans un petit hôtel, a perdu son emploi avec la crise. Les deux frères de Benjy étudient la mécanique et font des petits boulots et leur sœur, qui a été abandonnée par son mari, attend un enfant. Après ses études primaires Benjy est allé au lycée puis à l'université pour entreprendre des études en histoire de Madagascar. "Avec leurs petits salaires, mes parents n'avaient pas les moyens de financer mes études et de nourrir la famille. J'ai travaillé pendant que je n'étais pas à l'école pour payer mes études. Dans chaque famille malgache tous les membres doivent trouver un petit boulot à côté pour faire rouler la maison et la cuisine. Un seul salaire est loin d'être suffisant. Il faut que chaque membre se trouve une petite occupation spéciale pour aider à faire manger la famille. Trouver à manger c'est le problème quotidien des Malgaches. Depuis l'adolescence j'ai commencé à gagner des sous en faisant le guide pour les touristes. Au départ je ne connaissais pas grand chose à ce travail et puis au fur et à mesure j'ai appris, je me suis perfectionné." Mais en 2005, après un peu plus de deux ans de cours, Benjy quitte l'université. " J'ai arrêté parce que je n'avais plus les moyens de payer le droit d'entrée à l'université qui est d'environ 30 euros plus les autres frais ce qui fait environ cent euros par an en tout, sans compter les équipements scolaires, la nourriture, le logement. Je n'avais pas cette somme et j'ai du arrêter. J'ai aussi arrêté l'université quand ma copine est tombée enceinte. Je ne pouvais pas laisser ses parents et mes parents, qui n'ont pas grand-chose, subvenir à ses besoins et à celui de notre enfant. J'ai donc arrêté l'université pour travailler plus comme guide à plein temps pour gagner un peu plus d'argent pour essayer de créer une famille."

"Depuis ma naissance je me bats pour essayer de survivre. Parce que je vous le répète : on ne vit pas à Madagascar, on essaye de survivre"

Au départ, Benjy et sa compagne qui travaille comme femme de ménage dans une petite maison d'hôte, ont habité tour à tour chez leurs parents respectifs. Tarata, leur petite fille a été gardée et nourrie par ses grands parents pendant les heures de travail. Et puis malgré la misère Benjy a décidé de louer une chambre pour y faire vivre sa petite famille." Nous avons vécu un peu chez ses parents et chez les miens sur son salaire et ce que je gagne avec les touristes. Mais depuis les évènements de Mars dernier il y a de moins en moins de touristes à Madagascar. Malgré cela nous avons pu louer une chambre pour vivre avec notre fille. Nous ne pouvions plus vivre sur nos parents et nous avons fondé un foyer. Tous les soirs nos parents viennent voir si nous avons à manger et prennent un peu de leur part pour partager avec nous." Le foyer de Benjy c'est une petite chambre de 1m50 par 2 mètres qui coûte environ trois euros par mois, avec électricité. Et eau courante? " Mais vous rêvez. Je crois que c'est seulement 10% des malgaches qui ont l'eau courante chez eux. Les autres s'approvisionnent en eau dans les fontaines publiques et les sources. Il faut payer une somme tous les mois en fonction du nombre de membres de la famille pour prendre de l'eau dans une fontaine publique. Pour les toilettes, la majorité utilise des latrines publiques. Nous sommes à la merci de n'importe quelle épidémie. Il y a des endroits où il y a encore la peste et le choléra à Madagascar. C'est pourquoi je dis que nous sommes des survivants." Et Benjy nous raconte son quotidien, qui est semblable à celui de millions de malgaches. " Je gagne deux ou trois euros par jour quand j'arrive à trouver des touristes et cela sert à acheter de quoi manger pour le soir et le lendemain. Nous mangeons du riz avec des brèdes et, quand on en a les moyens, quelques grains secs et quelques légumes. Les jours de fête, qui sont très rares, on peut acheter un petit morceau de viande. Sinon tous les jours c'est du riz et parfois c'est de l'eau sans rien du tout. 80 pourcent des Malgaches vivent comme moi dans l'incertitude du lendemain. Et dans les campagnes, où tout est plus cher à cause du transport et où l'eau est rare, la vie est encore plus difficile. Dans la campagne il n'y a pas de bonnes routes, il y a le manque d'eau, parfois la sècheresse, pas d'écoles, des hôpitaux qui ne marchent pas bien. Les soins médicaux sont payants à 50 centimes d'euros pour une consultation dans un hôpital public. Le privé vaut mieux ne pas y penser. C'est réservé aux riches, à la minorité qui détient et contrôle le pouvoir et tous ses avantages. On dit que notre pays est riche, mais cette richesse n'est pas pour le peuple malgache, elle est pour les dirigeants et les hommes d'affaires qui les entourent et leurs amis. La richesse c'est pour ceux qui sont au pouvoir. La grande majorité des Malgaches n'ont pas de droits humains. Nous ne sommes rien, nous n'avons droit à rien et toute notre énergie est utilisée à essayer de trouver de quoi manger pour aujourd'hui. On navigue à vue. On ne sait pas où on va. Si on est parvenu à manger à sa faim aujourd'hui c'est déjà beaucoup. Tous les Malgaches n'ont pas cette chance tous les jours." Peut-on dire que la situation des Malgaches était meilleure avant la dernière crise politique qui paralyse le pays depuis le mois de Mars ? "Je ne dirais pas meilleure mais un peu mieux. Il y a quatre ans il y a eu un petit mieux. Aujourd'hui nous sommes retournés comme avant, quand la situation était pire. On n'a jamais survécu aussi mal qu'aujourd'hui. Depuis que je suis né, je n'ai jamais connu une période au cours de laquelle on peut vivre tranquillement, travailler, manger à sa faim et ne pas avoir peur du lendemain. Depuis ma naissance je me bats pour essayer de survivre. Parceque je vous le répète : on ne vit pas à Madagascar, on essaye de survivre. A Tana les mendiants sont comme des moineaux. Il sont de plus en plus nombreux. Aujourd'hui ce sont des familles entières qui font les poubelles pour chercher à manger. Je suis pauvre mais il y a à Madagascar des gens plus pauvres que moi. Je n'ai jamais du faire les poubelles pour manger. Je n'ai pas eu à le faire jusqu'à maintenant, mais si c'est le seul moyen de manger je serai obligé de le faire. Et n'ai pas honte de le dire, c'est une chose qui peut m'arriver dans le Madagascar d'aujourd'hui qui est définitivement moins bien qu'hier. Nous avons tout en trop à Madagascar : trop de corruption, trop de pauvreté, trop de maladies, trop de cyclones, trop de politiciens." Et manifestement Benjy n'aime pas les politiciens.

"Nous avons toujours besoin de l'aide internationale pour mettre de l'ordre et résoudre le problème malgache. Les politiciens malgaches ne sont pas capables de le faire."

Est-ce que ce sentiment est partagé par la majorité des survivants ? "La majorité des malgaches s'en fout de la politique. Ils sont tellement occupés à essayer de survivre qu'ils n'ont pas le temps de s'organiser pour remplacer les mauvais politiciens par d'autres. Chez nous c'est la voix d'en haut que l'on entend pas celle d'en bas. La voix vient toujours du parti majoritaire." Lequel des quatre présidents anciens et nouveaux qui négocient la transition est le plus capable de régler les problèmes à Madagascar ? " Ils sont tous pareils pour moi. C'est à cause d'eux que Madagascar se retrouve aujourd'hui dans cette situation. Ils sont tous pareils, ils ne pensent qu'à eux, qu'à leurs ambitions et à leurs proches. Ils ont tous pratiqué du népotisme chacun à son tour. Ils ont tous dit qu'il fallait chasser le précédent parce qu'il profitait du pouvoir pour ses intérêts mais dès qu'ils sont arrivés à la présidence, ils se sont précipité pour faire la même chose. Au début quand ils prennent le pouvoir ils commencent par travailler puis ils changent. Au début du premier mandat de Ravalomana, il a commencé par bien travailler, construire les routes avant de faire comme les autres. Avec le prix de son avion Air Force One on aurait pu, avec ces 99 milliards d'ariarys régler tous les problèmes d'adduction d'eau dans le sud de Madagascar où la situation est dramatique." Benjy souligne qu'il se méfie des politiciens et leurs manipulations. "Je ne participe qu'à des manifestations non-politiques, pas pour des partis. Je suis allé manifester pour TGV la première fois parce que l'ancien président avait confisqué sa radio et sa télévision. C'était un acte civique mais je me suis rendu vite compte que la revendication pour la radio était en train de devenir une lutte pour prendre le pouvoir je ne suis plus allé aux manifestations. Comme toujours les politiciens se sont servis du peuple pour prendre le pouvoir. TGV n'était là que pour récupérer le trône de Ravalomanana, comme celui-ci l'avait pris à Ratsiraka." Mais pourquoi est-ce que la société civile malgache laisse le pouvoir aux politiciens? "Il y a des hommes honnêtes et intègres à Madagascar mais ils ne veulent pas faire de la politique. Et puis les partis politiques ne veulent pas de ces hommes là, ils préfèrent ceux qui vont les récompenser quand ils arriveront au pouvoir pas ceux qui vont travailler pour le pays et les malgaches." Donc la situation malgache est sans issue entre ceux qui se battent pour le pouvoir et la société civile malgache qui regarde de loin. Quelle est la solution à la crise malgache ? " Nos politiciens se battent entre eux depuis toujours et ne parviennent à s'entendre que pour de courtes périodes. C'est pour cette raison que nous avons toujours besoin de l'aide internationale pour mettre de l'ordre et résoudre le problème malgache. Les politiciens malgaches ne sont pas capables de le faire. Notre seul espoir c'est que les autres pays, les grands pays surtout mettent suffisamment de pression sur nos politiciens pour les obliger à trouver une solution et mettre fin à la crise."

" Je ne voudrais pas que ma fille finisse comme moi. Je voudrais qu'elle puisse vivre au lieu de survivre."

En attendant que la communauté internationale parvienne à trouver une solution à la crise malgache, l'unique ambition de Benjy c'est que Tarata, sa fille, puisse vivre autrement. Normalement. "J'aimerais bien qu'elle devienne institutrice, c'est une des choses qui manquent le plus à Madagascar. Savez vous que pour le moment les instituteurs sont tellement peu nombreux qu'ils sont obligés de prendre trois classes, de quatre-vingt dix élèves au moins, en même temps ! Ils sont obligés de faire des rotations pour faire la leçon à tour de rôle aux trois classes. Qu'est-ce que vous voulez qu'un enfant malgache apprenne de bien dans ce système. La solution c'est d'envoyer son enfant dans une école privée, mais il faut pouvoir payer. Si j'arrive à trouver les moyens je voudrais envoyer Tarata dans une école maternelle privée, une petite, mais qui coûte quand même cinq mille ariaryas par mois, c'est à dire environ deux euros. Il faut que je trouve les moyens de payer cet écolage. Je ne voudrais pas que ma fille finisse comme moi. Je voudrais qu'elle puisse vivre au lieu de survivre. Mon principal souci consiste à me demander comment je vais faire pour sortir ma fille de la misère, pour qu'elle ne vive pas comme moi. Mon ambition c'est de permettre à ma fille de vivre normalement, d'aller à la l'école, de pouvoir la soigner si elle est malade, c'est tout." Benjy se demande s'il aura la possibilité de voir sa fille vivre. " Je dis cela parce que l'espérance de vie des malgaches est très faible à cause de l'insuffisance de nourriture. Moi je me demande si, ayant vécu toute ma vie à moitié ventre et en mangeant quand c'était possible, je vais pouvoir vivre longtemps. Je crois que je pourrais vivre jusqu'à quarante ans si je commence à bien manger tous les jours."

Mais pour cela il faudrait que les politiciens malgaches tombent enfin d'accord pour permettre enfin au pays de sortir de la misère et aux malgaches de commencer à vivre. Est-ce que les politiciens malgaches sont capables de le faire ? "Si jamais il y a un avenir pour Madagascar il est bien sombre pour le moment. Je suis catholique, pas très pratiquant, mais très croyant. Je voudrais bien croire qu'un jour la justice va finir par régner à Madagascar mais parfois quand je regarde dans quel état est mon pays j'ai des doutes. Mais je continue à espérer. Je demande à tous ceux qui, à Maurice peuvent faire quelque chose, de mettre la pression sur les politiciens malgaches afin de mettre fin à cette situation de crise qui enfonce Madagascar dans la misère depuis des années et oblige les Malgaches à jouer aux survivants."


HISTOIRE

Le séjour du naturaliste Charles Darwin à Maurice

En cette année où le monde célèbre le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, l'île Maurice ne pouvait rater le coche et manquer d'apporter son son de cloche à la partition. Et cela pour deux bonnes raisons - d'abord, en raison de sa stature d'homme de science émérite, et ensuite, en raison du séjour qu'il effectua à l'île Maurice en avril 1836.(1)

L'importance de Charles Darwin, le naturaliste britannique qui révolutionna la science de la biologie par sa " double thèse des origines évolutives des espèces et de la loi de la jungle pérennisant les moins vulnérables "(Idem), est telle qu'il a été classé au rang de la quatrième personnalité britannique de tous les temps,selon la BBC. Mais rien dans son enfance ne le prédestinait à une telle renommée. " Fils et petit-fils de médecin, Darwin était né dans le Shropshire en Angleterre, le 12 février 1809…Il perdit sa mère alors qu'il avait 8 ans. C'était un enfant qui n'aimait que chasser aux oiseaux, attraper les rats et jouer avec les chiens. Un adolescent paresseux, pas brillant en classe. Son père veut l'intéresser aux études médicales alors qu'il a 16 ans et après 2 ans il en a assez. Il s'intéresse surtout à l'histoire naturelle, passant son temps à collectionner des mouches,à faire de longues marches dans la nature. "(2)

Son père lui propose alors une carrière d'homme d'église. Ce qu'il accepte, " se disant que dans une paroisse à la campagne il aurait du temps pour recueillir plantes et insectes. "(Idem) Mais cela, non plus, ne lui réussit pas. " In 1828 he entered Christ's College but three years at Cambridge and the acquisition of a degree did not strengthen his vocation for the Church. He belonged instead to a group of sporting gentlemen and spent his time riding and shooting, and what was more important, pursuing his interest in natural history." (3)

Maurice en vue sous une déferlante harmonieuse

Peu de temps après,Charles Darwin a la chance d'embarquer " comme naturaliste sur le Beagle, capitaine Fitzroy, remplaçant par un hasard providentiel celui qui, empêché, n'avait pu faire partie de l'expédition. "(2) C'est sur la recommandation de John Stevens Henslow,Professeur de botanique à l' Université de Cambridge que Charles Darwin est accepté pour faire partie de l'expédition qui durera " 4 ans, neuf mois et cinq jours ",(idem) et au cours de laquelle il recueillera les données scientifiques et géologiques et produira le journal qui fera de lui l'une des figures le plus célèbre et controversable du 19e siècle.

C'est sur le chemin de retour de cette expédition, " après un voyage de 4 ans et 4 mois ",(idem) que le HMS Beagle mouillera en rade de Port-Louis le 29 avril 1836. Doublant la pointe nord de l'île quelques heures plus tôt, Darwin, fasciné à la vue du paysage enchanteur qui se dessine au loin, écrira dans son journal: "From this point of view the aspect of the island equalled the expectations raised by the many well-known descriptions of the beautiful scenery. The sloping plain of the Pamplemousses, interspersed with houses and coloured by the large fields of sugar-cane of a bright green, composed the foreground. . . Towards the centre of the island groups of wooded mountains rose out of this highly cultivated plain ; their summits. . . being jagged into the sharpest points. Masses of white clouds were collected round these pinnacles, as if for the sake of pleasing the stranger's eye. The whole island with its sloping border and central mountains, was adorned with an air of perfect elegance : the scenery, if I may use such an expression, appeared to the sight harmonious."

Trouvant Port-Louis "unmistakably French" dans une colonie britannique

Le premier contact de Darwin avec Port-Louis qui a lieu le lendemain de son arrivée, est une vraie révélation. " Darwin was surprised to find Port Louis so unmistakably French (although the island had been under British rule for twenty-six years)." (Idem) La capitale "a l'aspect d'une ville française : les Anglais parlent français à leurs serviteurs, les boutiques sont françaises. "(2) Cette touche, voire cette omniprésence française s'explique. En premier lieu, les Anglais ne sont jamais venus s'établir en masse à Maurice. En fait, la colonisation européenne de l'île a de tout été dominée par la présence française. En second lieu, l'installation permanente des personnes de souche africaine et indienne à Port-Louis a eu lieu seulement après la pleine émancipation des anciens esclaves vers la fin des années 1839, suivant l'abolition de l'apprentissage. Les Indiens viendront beaucoup plus tard lorsque les Franco-Mauriciens déserteront massivement Port-Louis dans les années 1850 et 1860, afin de se mettre à l'abri des épidémies de choléra et de malaria.

Aux yeux de Darwin, Boulogne et Calais en France sont davantage imprégnés de culture anglaise que Port-Louis où un théâtre vivant et des librairies bien achalandées contribuent substantiellement au maintien d'une culture française vivante dans l'île. " Darwin said the theatre in Port Louis was a very pretty little building and noted that good singers sang in opera there. "(4) C'est l'époque où le conservateur Constant Haudouart règne en maître au théâtre de Port-Louis et porte le répertoire de représentations théâtrales à son summum. Les Mauriciens découvrent alors " La Dame Blanche ", " Le Barbier de Séville ", " Le Mariage de Figaro ".(5)

Séjour au château de Lloyd, le " Lwellyn Castle " aux Plaines Wilhems

Durant son séjour d'une dizaine de jours à Maurice, Charles Darwin se lie d'amitié avec " John Augustus Lloyd, the surveyor general and a keen amateur geologist, who invited him to stay at his country house. "(3) Cette invitation lui est donnée ainsi qu'à Stokes, un officier du Beagle , au soir du 3 mai. Auparavant, " le 1er mai, il prend la route côtière qui mène vers le nord de l'île " où " il vit un champ de lave noire recouvert d'herbe et de buissons de mimosas " , et " le lendemain, il fait l'ascension du Pouce et s'interroge sur le type de formation volcanique de nos montagnes. " (2) A propos de son séjour au " Lwellyn Castle ", Darwin écrit dans son journal :

" Nous avons passé 2 jours dans cet endroit charmant situé à environ 800 pieds au dessus du niveau de la mer. L'air était doux et frais et de tous côtés on pouvait faire des promenades délicieuses. Tout près, un grand ravin d'environ 500 pieds de profondeur s'était formé à travers des ruisseaux de lave légèrement inclinés qui descendaient du plateau central. "

Sur le dos d'un pachyderme dans le cadre pittoresque de Rivière Noire

Après les deux jours passés au 'Lwellyn Castle' (aujourd'hui Le Thabor à Beau-Bassin), Lloyd emmène Darwin visiter le district de Rivière Noire à l'ouest de l'île. " Le 5 mai, dernier jour de la visite au Llwelyn Castle, Lloyd les emmena à la Rivière Noire afin que Darwin puisse examiner des formations de corail émergé. Il voit d'agréables jardins, de beaux champs de canne à sucre poussant parmi des blocs de lave, des routes bordées de haies de mimosa, des avenues de manguiers non loin de plusieurs maisons. La vue de collines et de fermes cultivées est d'un si bel ensemble qu'il a envie de s'écrier : " Qu'il doit être agréable de passer sa vie dans de si paisibles demeures ! " Le pachyderme que possède le capitaine Lloyd les accompagne à mi-chemin de sorte qu'ils peuvent faire une promenade à dos d'éléphant dans la vraie tradition indienne. "(2)

Ecrivant à propos de ce voyage inoubliable à dos d'éléphant, Darwin écrit ceci dans son journal : " Ce qui m'a le plus surpris, c'est que son pas ne faisait aucun bruit. Cet éléphant est le seul à être présent sur l'île mais il est dit qu'on va en faire venir d'autres. "

Maintien des contacts avec la communauté scientifique mauricienne

Rentré en Angleterre le 2 octobre 1836, après avoir quitté Port-Louis le 9 mai, ce n'est pas pour autant que le cordon est coupé entre Darwin et l'île Maurice. Il continuera à correspondre avec la Société Royale des Arts et des Sciences à Maurice et gardera contact avec la communauté scientifique mauricienne de la mi-19e siècle. Ainsi " le botaniste mauricien Louis Bouton lui avait écrit au sujet de la grande taille et de la forte musculature des Seychellois et Darwin lui avait répondu en discutant du cas et en le comparant avec celui des habitants de certaines îles du pacifique. "(2) Et " par la même occasion, il offrit à la Société Royale des Arts et des Sciences une copie de son premier livre (Voyage d'un naturaliste autour du monde) et une photo de lui-même. "(Idem)

Darwin est de ces hommes de science qui signent une pétition adressée au gouvernement mauricien pour que ce dernier s'engage officiellement à protéger les tortues géantes d'Aldabra, les Seychelles étant alors une dépendance de Maurice. Et il n'est pas allé jusqu'à l'archipel des Chagos qui l'intéresse pour la construction de sa théorie sur la formation des atolls coralliens.


Darwin commémoré au Thabor et au MSIRI

Le 23 mars dernier une scène insolite se déroule au Thabor, anciennement " Llwelyn Castle ", le château que se fit construire en 1831 John Augustus Lloyd, " civil engineer and surveyor general in the colony of Mauritius ". Le directeur du British Council, Simon Ingram-Hill, est entouré des membres de la Société de l'Histoire de l'Ile Maurice (SHIM) alors que Lilian Berthelot fait une causerie qu'elle a intitulée " Darwin au Thabor ". Elle raconte ce qui suit :

"En 1836, il invita chez lui un visiteur qui avait alors 27 ans et qui allait devenir un des hommes de science les plus illustres de la planète - le naturaliste qui allait révolutionner les concepts existants de l'origine et de l'évolution des espèces. Il s'agit de Charles Darwin qui, ayant lui aussi quitté l'Angleterre en 1831, avait embarqué sur le Beagle pour un voyage autour du monde."(2)

Aussitôt après la causerie, le directeur du British Council est invité à dévoiler une plaque commémorative, rappelant que le célèbre naturaliste Charles Robert Darwin y avait séjourné en 1836. On peut lire sur la plaque :-

A l'occasion de son séjour à l'Ile Maurice

(29 avril au 9 mai 1836)

le naturaliste

Charles Robert Darwin (1809-1882)

résida ici du 3 au 5 mai 1836.

Société de l'Histoire de l'Ile Maurice

23 mai 2009

Architecture écossaise et appellation galloise pour un château

L'ingénieur civil Lloyd fit construire le château trois ans après son affectation dans l'île où il arriva en 1831. Il fit acquisition de la propriété à Beau-Bassin où il construisit le bâtiment principal et la tour sur le modèle d'un château écossais, auquel il donna le nom de " Llwelyn Castle ". L'historienne Lilian Berthelot a soutenu que le nom Llwelyn au moins est gallois:

" La plus ancienne résidence de la région reste jusqu'à nos jours la demeure où nous nous trouvons. Elle a été construite en 1834, par le lieutenant-colonel John Lloyd qui l'avait appelée Llwelyn. Ce nom a intrigué plusieurs de nos historiens qui y ont vu une réplique d'un château écossais, ou un rappel du prénom du fils de Lloyd, entre autres. Je crois seulement que l'appellation est on ne peut plus galloise. "(2)

Ce qui fait, au bout du compte, qu'en mai 1836, un Anglais du nom de Charles Darwin passa deux jours dans un château à l'architecture écossaise et au nom strictement gallois. Une Grande-Bretagne en miniature.

La Société Royale des Arts et des Sciences aussi marque l'événement

De leur côté, en février dernier, la Société Royale des Arts et des Sciences et l'Institut des Recherches de l'industrie sucrière, sous la férule de Claude Ricaud et de René Ng Kee Kwong, ont marqué le bicentenaire de la naissance du naturaliste Darwin à leur façon au Bonâme Hall et à l'Arboretum de l'Herbier du MSIRI à Réduit : " La Société Royale a, en effet, invité ses membres ainsi que plusieurs personnalités scientifiques et diplomatiques, dont le haut commissaire du Royaume-Uni à Maurice, le Dr John R. Murton, à se réunir, à l'occasion de l'événement que constitue la célébration du bicentenaire de la naissance de Charles Darwin. " (7)

Ce jour-là, le président de la Société Royale des Arts et des Sciences, Claude Ricaud, situe l'importance scientifique de Charles Darwin, retrace les faits de sa vie et son œuvre, et rappelle " les grandes lignes d'une œuvre scientifique déterminante, qui voit établir la théorie des origines évolutives des espèces, expliquant les variations d'une espèce à une autre, les procédés naturels de sélection avec élimination des espèces les plus vulnérables ou encore celles peinant à s'adapter à de nouvelles conditions de survie " (idem) avant d'inviter le haut commissaire du Royaume-Uni à Maurice, Dr John R. Murtod, à mettre un plant de tambalacoque en terre à l'entrée de l'arboretum de l'herbier du MSIRI et à y dévoiler une stèle dont l'inscription se lit comme suit :

To commemorate the bicentenary of

Charles R. Darwin

(1809-1882)

Sideroxylon grandiflorum

(Tambalacoque)

was planted by

The Royal Society of Arts and Sciences

on Thursday 12 February 2009

Bibliographie

Dr Claude Ricaud, Célébration du bicentenaire de Charles Darwin - Discours du président de la " Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius , 12 février 2009

Lilian Berthelot, Causerie 'Darwin au Thabor', 23 mai 2009 (pour le compte de la Société de l'Histoire de l'Ile Maurice)

Derek Hollingworth, They Came to Mauritius, Oxford University Press, 1965

P.J. Barnwell & Auguste Toussaint, A Short History of Mauritius, Longmans, Green & Co, London, 1949

Amédée Nagapen, Histoire de la Colonie, Ilse de France-Ile Maurice, 1721-1968, Diocèse de Port-Louis, 1996

Week-End, dimanche 31 mai 2009

Yvan Martial, La Société Royale réussit son pari Darwin in L'Express, 15 février 2009


Arts et scènes

Insular

Une vision plurielle de la danse

La nouvelle création chorégraphique de Jean Renat Anamah, Insular, voit trois danseurs (Natasha Petit, Jean Renat Anamah et Stéphane Jababa) évoluer dans un environnement de rubans, de lumières, de projections d'images et de musique. Du mouvement des pieds part un chorégraphie, à la fois travaillée et faisant une large place à l'improvisation, qui va parcourir tout le corps. Dans une premier temps, les danseurs ne quittent pas un carré de sol, pris dans ces rubans qui renvoient au cordon ombilical. Des corps ancrés dans la terre mais qui tentent ensuite de se dégager d'une certaine pesanteur. Trois corps agissent par interaction, s'éloignent, se retrouvent, voudraient s'élever. On entrevoit un univers singulier fait d'images en écho aux images virtuelles, aux nouvelles technologies de la communication. Les mouvements deviennent ensuite plus aériens. Il y a aussi le travail des mains et des bras, déploiement d'une gestuelle rhétorique vive. On voit les lignes de force ou les traits chorégraphiques d'un trio ancré dans un solide bassin multiculturel. Insular traite du déracinement, de l'identité enfouie, des étapes de la communication. L'enchaînement des gestes dégage une certaine profondeur. Chaque geste est singulier, chaque rythme est unique. Jean Renat Anamah a réussi un pari qu'il tient depuis ses débuts : partir de la danse africaine et faire émerger à présent son propre vocabulaire gestuel. Le projet de danse que nous avons vu sera concrétisé les 27 et 28 novembre 2009 au Théâtre Serge Constantin, Vacoas, à 20h.


Concert au Mahebourg Waterfront

KayKay promet une soirée électrique

Krishna Kumar Kunnath, plus connu comme KayKay l'une des plus belles voix de Bollywood, promet une soirée électrique le 16 octobre au Mahebourg Waterfront à l'occasion de la fête Divali. Il compte à son actif plus de 250 morceaux en hindi et une cinquintaine dans les langues régionales.

Né le 23 août 1970 au Kerala, KK a réussi à imposer sa marque de fabrique malgré la présence des grosses pointures du cinéma indien dont Sonu Nigam, Shaan, Himesh Reshammiya entres autres. Il avoue son admiration pour le légendaire Kishore Kumar et le compositeur de musique, R.D.Burman.

C'est le directeur Vishal Bhardwaj qui lui ouvrit les portes de Bollywood avec le morceau Chhod Aaye Hum de Maachis. Il connaîtra toutefois la consécration supreme avec Tadap Tadap Ke de Hum Dil De Chuke Sanam. Parmi ses chansons les plus populaires figurent Tu Aashiqui Hai (Jhankaar Beats), Tu Hi Meri Shab Hai (Gangster), Ajab Si (Om Shanti Om), Kya Mujhe Pyaar Hai (Woh Lamhe), Khuda Jaane (Bachna Ae Haseeno), Zehreeli Raatein (Chocolate) et It's the time to disco (Kal Ho Na Ho).


Divali Nite au Xindix

DJ Rink et DJ Angel derrière les platines

DJ Rink, la reine des platines en Inde et DJ Angel, l'une des étoiles montantes de la musique techno illumineront les deux soirées bollywoodiennes prévues pour le 16 et 17 octobre à la discothèque Xindix à Curepipe. Selon Sharris Sumputh, l'organisateur de ces deux soirées, la fête de la lumière sera encore plus belle avec la présence aux platines de ces deux professionnels.

Agée de 25 ans, DJ Rink en sera à sa quatrième visite chez nous. De son vrai nom, Sneha Shah, DJ Rink possède les talents nécessaires pour jouer de la transe, de la techno, le hip-hop, le reggae et le rock. Ses sets comprennent également des remix des morceaux classiques qu'elle remet constamment au goût du jour. Elle a poursuivi sa carrière de deejaying à Singapore et à Bahrein. Les billets sont en vente dans les magasins Liquid à Rs 300 et Rs 200.


Festival d'art dramatique en bhojpuri

Ghareloo Atyachaar se taille la part du lion

Les oeuvres des réalisateurs ont été d'une qualité très supérieure à la moyenne cette année par la virtuosité de la réalisation et l'interprétation. Le festival d'art dramatique en bhojpuri a été une occasion pour les jeunes dramaturges d'exprimer leur révolte contre l'injustice et un réquisitoire contre la répression aveugle. Ghareloo Atyachaar (la violence domestique) de Jayantee Raroop s'est taillée la part du lion en enlevant le trophée de la meilleure pièce, de la meilleure actrice décernée à Vimla Govinda Seenauth, de meilleur écrivain, trophée remporté par le Dr Tarachaud Seenauth et de meilleur directeur (Jayantee Ramroop).

Le trophée de meilleur acteur est allé à Sunilduth Bootnah pour son rôle d'un fils ingrat dans Gharposs Ke Lachan. Rajcoomar Barosee a enlevé la palme de meilleur acteur de soutien et Kameenee Bootnah, le trophée de meilleur actrice de soutien pour la même pièce.

Ghareloo Atyachaar prêche l'émancipation de la femme sans pour autant rejeter les valeurs ancestrales. Kiran (Vimla Govinda Seenauth) se sépare de son mari, fatiguée de subir la violence domestique. Elle souffre des troubles mentaux. Sa mère craint pour son avenir et veut qu'elle épouse en seconde noces, un autre homme mais Kiran veut ramener son mari sur le droit chemin. Les divergences de vues, les mécontentements et les conflits abondent mais Kiran défie toutes les tracasseries de la vie et fonce vers un idéal. Les personnages ont la présence et sont intelligemment dépeints. Kiran, le personnage central exprime la souffrance, l'énergie et l'amour magnifiquement.

Neetish Dabydoyal a reporté le prix de meilleur décor pour Bhakti Mein Shakti. Bhagwan Jane Karela Acha Karela a fait pâle figure en se plaçant troisième.


Expo au Sugar Beach à Flic en Flac

Paysages insulaires

L'hôtel Sugar Beach à Flic en Flac accueille jusqu'au 22 octobre une exposition de peinture de cinq artistes mauriciens. Accroché aux cimaises de la salle d'exposition, une vingtaine de tableaux présentent avec une thématique renouvelée les spécifités d'un art moderne qui se revendique être plus proche la nature. Réunie autour de ces tableaux, la réprésentation du corps féminin avec l'oeuvre du sculpteur Devanand Bungshee. L'expression de ces artistes a été suivi d'un défilé de mode, haut en couleurs.

Les travaux de Bernard Charoux, Kishan Beejadhur, Yeshen Gunnoo, Kalindi Jundoosing et de Siddick Nuckcheddy frappent par leur raffinement, les variations d'ombre et de lumière. Bernard Charoux puise ses inspirations dans la nature bien de chez nous. La matière et les couleurs s'allient dans des teintes subtiles comme illustrées dans le tableau, Case Créole. La plupart des oeuvres de Kishan Beejadhur dépeignent les activités des habitants de Mahébourg et aussi la vie des pêcheurs des femmes aux champs. Les couleurs dominantes reflètent respectivement des flamboyants, la mer et la canne à sucre. Yeshen Gunnoo puise dans ses sentiments pour exprimer son amour pour la nature. Kalindi Jundoosing en présentant le tableau Paris Blues, adopte la philosophie de Claude Monet, Ne peins pas ce que tu vois, mais plutôt ce que tu aimerais voir.

Siddick Nuckcheddy ne cesse de perfectionner une technique par le biais d'une recherche constante. Avec Lakok pistass, il dépeint des petits bateaux de fortune destinés à naviguer dans les eaux profondes.


Nostalgie, la Reconnaissance

Salle comble, public complètement fan et vedettes en verve

Le petit mouvement de reins de Jean-Claude, le jeu langoureux de Roger Clency et le déhanchement vigoureux de Serge Lebrasse… et voilà le public du MGI euphorique ! Conquis, il l'était dès les premières notes d'Hortensia, le premier séga de la soirée, interprété par le couple Marie-Josée et Roger Clency. Mario Armel, à l'affiche lui aussi le 3 dernier, les succèdent avec Anita my love et Lina… Le ton est donné. Et les années 70-80, pour le plus grand bonheur des nostalgiques et amateurs de séga d'ambiance, remontent en surface avec le passage des autres têtes d'affiche du concert. Notamment, Cyril Ramdoo qui faisait son grand retour, idem pour Georges Armelle et Alain Permal, restés loin de la scène locale. Quant à Georgie Joe, tout comme en mai dernier lors de la première édition de Nostalgie, chacune de ses apparitions a déclenché une véritable effervescence dans la salle. Entre lui et l'assistance, c'est plus qu'une question de feeling, c'est carrément une histoire d'amour, relancée et scellée. Les plus jeunes en sont fans. Telles des groupies au bord de l'hystérie ils l'acclament, même lorsqu'il s'embarque dans un slow : Pas presé pou marié, plutôt…mièvre. Le standing ovation que lui a réservé "son" public l'a touché. Plus tard il confiera qu'il a été sensible à cet hommage et qu'il a versé quelques larmes. D'autres artistes étaient aussi, visiblement, émus par leurs retrouvailles avec le public. Certes, Nostalgie la Reconnaissance n'avait pas la même fragrance que la première édition : Nostalgie, les Légendes du Séga, en mai dernier. Mais l'initiative de Geda Music, a mobilisé une salle comble, heureuse de retrouver l'ambiance d'autrefois avec des références trop souvent occultées. Gérard Louis et son orchestre, de même que les danseurs qui ont accompagné nos vedettes locales ont été à la hauteur de l'événement. Et comme en mai dernier, les têtes d'affiche ont été récompensées par Geda Music, lequel a aussi rendu hommage à Josianne Cassambo, la voix de Tangalé. En mai 2010, Geda Music prévoit une dernière édition de la série Nostalgie.


Georgie Chan Ti Yoo, le cordonnier devenu Georgie Joe

Comme la majorité des ségatiers de l'époque, Georgie Joe se fiait à sa mémoire pour conserver les mélodies qui lui trottaient dans la tête et des paroles qui suivaient. C'est ainsi qu'il a composé Tel Papa tel piti en 1971. Cette année là, il signait son premier 45 tours. "J'avais remporté un concours de chants avec Mo raconte mo lavi. La maison de disques qui avait décidé de me produire m'avait demandé de trouver un deuxième séga afin d'enregistrer un 45 tours. Je me souviens qu'après ma rencontre avec le directeur de cette maison de disques, je marchais à Port-Louis et je réfléchissais à un texte. J'ai eu alors une pensée pour mon père, Raoul Chan Ti Yoo, dont j'étais très proche. C'est comme cela que Tel papa tel piti m'est venu à l'esprit", raconte Georgie Joe. Cordonnier, Raoul Chan Ti Yoo avait transmis son savoir-faire à son fils. "Nous travaillons ensemble avant que je ne sois engagé pour occuper un poste de responsabilité dans une usine. Pour chanter, j'avais opté pour nom de scène Georgie Joe", confie Georgie Chan Ti Yoo. Lorsqu'il se lance dans les années 70, Georgie Joe reste dans la mouvance de Mo raconte mo lavi et Tel Papa tel piti. D'ailleurs, il fait de ce style sa marque de fabrique pendant quelques années. A 72 ans, il conjugue désormais le séga au passé. "Je ne chante plus depuis 25 ans. Ce qui me ferait plaisir, c'est que des jeunes reprennent mes chansons", confie le chanteur.


Tel papa tel piti

Mo ti éna mo garson dan mo lakaz

touzour mo ti koz avek li

Mo dir li enn zour kan to mars lor simé

pa bizin less dimoun koz to kozé

Piti la get mwa li riyé

Li dir mwa papa pa bizin kass to latet

anou al dan laboutik nou kozé

Piti la li get mwa li riyé

li pran dé ver li lavé

Li riss divin li donn mwa

Li maye dan mo likou li kontan

Li dir mwa papa to mem mo papa

to fer mo léker kontan

Abé papa piti finn soulé

Piti finn maye mo likou

Létan ki nou rant lakaz

Mama get sa li ankoler

Li dir wadiré dé kamwad ki apé vini

Piti get sa li kontan li maye dan likou

so mama li kriyé

Li dir mama pa gaynn traka dan la boutik

nou ti kamarad

Kan mo dan lakaz mo respé

Mo kriyé piti piti

Li kriyé papa papa

Pa bizin kass to latet

Parski to fer mo léker kontan

Parol mo dir mo piti

Mo dir li dépi piti mo swayn twa

Mo na pa lé ki to fer mové

Si tou létan to koz kumsa tou

dimoun bizin kontan twa

Mo kriyé piti piti

Li kriyé papa papa

Pa bizin kass to latet

Parski to fer mo léker kontan


Recettes

Gourmandise sans sucre

L'on peut savourer des délices, se faire plaisir et surveiller sa santé. Alors, pas de culpabilité lorsque vous dégusterez, à l'heure du thé, le gâteau à la banane, les crêpes aux fruits, les scones ou encore le pudding que vous réaliserez vous-même ! Et parmi les ingrédients des recettes puisées du livre, La santé à table, Comment vivre avec son diabète de Malika Kallichurn, l'on retrouve de la farine complète, un élément rare en pâtisserie. Quant à la décoration de vos plats, laissez vous guider par votre instinct et ne lésinez pas sur les fruits, bons pour la santé !

Gâteau à la banane

(Pour 4 personnes)

Ingrédients: 25g de farine complète, 25 g de gelée sans sucre, 1 banane, 20 g de beurre (ou margarine légère), 1 oeuf

Préparation. Préchauffez le four à 190°C/375°F/ ou gaz no 4. Préparez 4 petits moules. Mélangez le beurre, le jaune d'oeuf et la gelée jusqu'à ce que le mélange devienne épais et crémeux. Réduisez la banane en purée et ajoutez-la à la mixture. Ajoutez-y la farine petit à petit. Incorporez-y le blanc d'oeuf monté en neige. Versez la mixture dans les moules et faites cuire au bain-marie pendant 5 à 7 minutes.

Valeur énergétique

Energie, 369.9 KJ. Glucides, 11.3g. Sucre 3.5g, autres ,7.8g. Protéine, 2.8g. Graisses, 4.15g, Cholestérole 10.9 mg. Fibre, 0.68 g.

Pudding de fruits

(Pour 4 personnes)

Ingrédients : 50g de farine complète, 30g de beurre (ou margarine légère), 1 cuillerée à soupe de poudre levante (baking powder), 2 oeufs, 1 cuillerée à soupe de zeste d'orange, 50g de carotte râpée, 1 pomme verte râpée, 30g de raisins secs, 50g de pruneaux secs, 1 cuillerée à bouche de lait, 1/2 cuillerée à soupe de canelle en poudre

Préparation. Huilez le moule. Hachez finement les raisins et les pruneaux secs. Mettez les fruits hachés, la carotte râpée, le zeste d'orange et la pomme râpée dans une casserole, ajoutez un peu d'eau et laissez cuire à feu doux jusqu'à ce l'eau s'évapore. Laissez refroidir et passez les fruits au mixer pour obtenir une purée. Rassemblez la farine, la poudre levante et le beurre. Travaillez l'ensemble du bout des doigts. Ajoutez les oeufs et formez une pâte. Mélangez la purée de fruits et le lait à la mixture et parfumez de canelle en poudre. Versez le mélange dans le moule et faites cuire au bain-marie pendant 30 à 45 minutes.

Valeur énergétique

Énergie, 841.6 KJ. Glucides, 24.1g. Sucre 0, autres ,24.1g. Protéine, 5.0g. Graisses, 10.5g, Cholestérol 121.7mg. Fibre, 2.4 g.

Crêpes aux fruits

(Pour 8 personnes)

Ingrédients: 75g de farine complète, 50g de farine ordinaire, 200ml de lait demi-écrémé, 2 oeufs, une pincée de sel, 1cuillerée à soupe d'huile d'olive. Pour la farce, 100g de gelée sans sucre

Préparation. Tamisez les deux types de farine et disposez-les dans un récipient. Ajoutez le sel, les oeufs et l'huile d'olive. Incorporez-y le lait petit à petit tout en remuant continuellement pour éviter la formation de grumeaux. Laissez reposer la pâte. Faites chauffer et huilez la poêle. Versez en une seule fois la quantité de pâte nécessaire à la réalisation d'une crêpe. Tournez légèrement la poêle en la penchant afin de répartir uniformément la pâte. Retournez délicatement la crêpe à l'aide d'une spatule. Farcissez les crêpes avec la gelée et décorez avec une macédoine de fruits et quelques feuilles de menthe.

Valeur énergétique

Énergie, 503 KJ. Glucides, 15.8g. Sucre 0, autres ,15.8g. Protéine, 3.7g. Graisses, 4.21g, Cholestérol 108.8mg. Fibre,1.0g.

Scones

(Pour 10 personnes)

Ingrédients: 250 g de farine complète, 2 1/2 cuillerées à soupe de poudre levante (baking powder), 1 pincée de sel, 30 g de beurre (ou margarine légère), 25 g de sucre roux, 125 ml de lait demi-écrémé

Préparation. Préchauffez le four à 240°C/450°F ou gaz no. 8. Pétrissez la farine, la poudre levante, le beurre, le lait et le sel jusqu'à ce que la pâte devienne homogène. Laissez reposer pendant 30 minutes environ. Roulez la pâte et divisez pour en faire des pâtons. Déposez-les sur une plaque beurrée. Avec un pinceau, badigeonnez les scones avec du lait pour les dorer, durant la cuisson. Faites cuire les scones au four pendant 15 à 20 minutes. Servez les scones avec de la gelée ou une macédoine de fruits.

Valeur énergétique

Énergie, 501 KJ. Glucides, 20.14g. Sucre 2.4, autres ,17.74g. Protéine, 3.6g. Graisses, 3.14g, Cholestérol 7.6mg. Fibre,1.8g.

Forum

Vous êtes nombreux à nous appeler pour avoir l'astuce qui donnerait plus de légèreté à votre gâteau après la cuisson. Hormis l'utilisation de la levure chimique, veillez à bien monter les blancs d'oeufs en neige ferme. La pâte ne doit pas être trop compacte, épaisse avant l'ajout des blancs montés. Incorporez les délicatement à la pâte pour conserver l'air. Le beurre, mou, et les jaunes d'oeufs doivent être de la même température. Préchauffez toujours le four 10 minutes avant la cuisson.

Boîte à questions

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Mes relations au travail

Décodez vos collègues

On les côtoie tous les jours. On partage avec eux quelque centimètres carrés de bureau, une photocopieuse capricieuse, un patron tyrannique… On pense bien les connaître, mais l'entente avec eux n'est pas toujours au beau fixe. D'autant que certains cachent bien leur jeu... Aujourd'hui, au bureau, il ne suffit plus d'avoir de bonnes compétences, il faut savoir aussi gérer ses relations. Pour réagir de manière appropriée face à nos collègues, il faut d'abord connaître la personne en face de nous. A qui avons-nous affaire? Comment le reconnaître? Petit décodage des spécimens de collègues les plus souvent croisés et conseils pour gérer les personnalités et éviter conflits et malentendus...

Collègue no 1 : Le Fainéant

Il y a les moins malins qui affichent tout de suite la couleur : retards répétés, collection d'arrêt maladie et squat permanent de la machine à café… Et il y l'autre, le plus difficile à débusquer tant il se donne du mal à brouiller les pistes. On l'entend beaucoup : il soupire, prétend être tout le temps débordée et s'active dans tous les sens, en courant dans les couloirs ou en étant pendu au téléphone à longueur de journée. Ce collègue donne l'impression d'être impliqué à 100 % dans son boulot. Personne n'ose l'aborder de peur de le déranger. La Miss Feignasse ou le M. Paresseux peut alors buller en toute tranquillité et laisser les dossiers s'accumuler…

Si vous travaillez directement avec lui, ce collègue risque de vous planter sur des affaires communes. À vous ensuite de récupérer à la dernière minute tout ce qui n'a pas été fait pour ne pas vous faire taper sur les doigts par Big Boss.

Collègue no 2 : L'Ambition affirmée

Il a débarqué dans la boîte en affichant clairement ses intentions : il veut progresser, progresser… Son parcours pro indique qu'il n'a pas eu peur de commencer en bas de l'échelle pour gravir ensuite ses échelons. Il n'hésite pas à remonter ses manches ni à prendre la parole lors des réunions pour proposer des idées. On le croise rarement à la cantine et il ne fait pas copain-copine avec tout le monde. Il n'est pas là pour ça! Il est d'une redoutable efficacité et abat des tonnes de boulot en un temps record.

Sur de lui et de ses compétences, ce collègue n'a pas besoin de vous marcher dessus pour parvenir à ses fins. Au pire, il vous file des complexes et vous énerve, au mieux, il vous motive à être meilleur.

Collègue no 3 : L'Ambition cachée

Super discret, on ne l'avait pas vu venir… Et pourtant c'est le collègue qui a les plus longues dents qui rayent le plancher du bureau! Il a une voix douce, semble timide et prend rarement la parole en public. En revanche, qu'est-ce qu'il écoute! Il récolte des informations et s'avère redoutable. Il s'agit d'un vrai passif agressif. Ni vu ni connu, il envoie des mails dans votre dos à Big Boss pour lui suggérer des idées dont vous lui aviez parlées autour d'un café et lui révèle vos petites erreurs… Il n'aura aucun scrupule à vous enfoncer, mais toujours avec le sourire.

Loin d'être franc du collier, il avance à visage masqué et fait ses coups par derrière. Pas facile donc d'anticiper sa promotion au détriment de la vôtre… Alors méfiance!

Collègue no 4 : La vedette

Il débarque à 11 heures du mat alors que tout le monde est affairé depuis déjà deux heures, il est le seul à ne pas être d'astreint les week-ends et personne ne semble avoir à redire. Mais comment fait-il? En adoptant une attitude de star dès son arrivée dans la société, ce collègue a su imposer ses quatre volontés. Il a su se rendre indispensable, voire irremplaçable en persuadant son petit monde qu'il était le seul capable d'accomplir les tâches qui lui incombaient. Il tient ainsi la direction qui, de peur de voir partir un tel élément, n'hésite pas à céder à ses moindres caprices…

En fait, en agissant ainsi, il prend le risque de se mettre à dos le reste des salariés qui auront de plus en plus de mal à supporter son traitement de faveur et n'hésiteront pas à l'isoler. Contrairement aux apparences, il n'est pas du tout intégré dans la boîte.

Collègue no 5 : L'Imposture

Pas facile de le reconnaître puisqu'il met tout en œuvre pour cacher son incompétence. Il sait qu'il n'est pas à sa place et va donc en faire des tonnes pour prouver le contraire. Heureusement, il existe quelques signes qui ne trompent pas. En réunion, il reste toujours vague dans ses réponses et n'exprime pas clairement ses idées, quitte aussi à changer d'opinion comme de chemise pour faire plaisir à la bonne personne au bon moment. En cas de problème, ce n'est jamais sa faute et il va jusqu'à se défausser sur les autres en transformant certains de leurs propos. L'Imposture prétend souvent posséder un carnet d'adresses rempli de contacts influents, mais comme par hasard, le jour où on lui demande une preuve concrète, il est bien en mal de l'apporter. C'est un collègue qui parle beaucoup, fait de nombreuses propositions mais qui ne sont jamais suivies d'actes.

Si vous n'êtes pas parvenu à la cerner à temps et si vous travaillez directement avec lui, il vous fera porter le chapeau en cas d'erreur et sera prêt à tous les coups bas dès qu'il sentira sa nullité être sur le point d'être découverte.


Décryptez votre boss … Et apprenez à le gérer!

Avec notre patron, on a une relation… disons, faite de hauts et de bas! Même si, parfois, on reconnaît qu'il n'a pas tort, d'autres fois (nombreuses), le boss nous énerve. Mais bon, à moins de monter notre propre boîte, un chef, on en aura toujours un, alors autant faire avec. La bonne nouvelle, c'est que c'est un être humain. Si, si! Comme nous. Donc potentiellement gérable pour bien bosser ensemble. Faites le test ci-dessous et découvrez à quel genre de chef vous avez à faire. Retrouvez ensuite les conseils d'un spécialiste des ressources humaines et de l'évolution professionnelle, pour apprendre à le manager.

Question 1/8 : Quelle est la dernière question que vous a posée votre chef?

A) Vous étiez où ce matin?

B) A votre avis, on va l'obtenir ce budget?

C) Vous pourriez relire mon rapport?

D) Il paraît qu'il y a des rumeurs sur nos résultats. Vous en avez entendu parler?!

Question 2/8 : C'est drôle, il me rappelle quelqu'un...

A) Meryl Streep dans "Le Diable s'habille en Prada" : flippante et méprisante.

B) Daniel Meade, le patron de "Ugly Betty" : paumé dès que sa super assistante n'est pas dans le coin.

C) Il n'y a pas à dire, mais parfois votre boss vous rappelle Kad Merad dans "Bienvenue chez les Ch'tits" : pote avant tout avec ses troupes.

D) Docteur House : bourré de tics, de problèmes et de névroses lourdes.

Question 3/8 : Alerte rouge! Le client n'a pas aimé l'idée que votre équipe lui a soumise. Vous avez jusqu'à demain pour en trouver une autre. Et il est 19h. Votre boss dit :

A) bon, on s'y met tous. Si quelqu'un doit partir, qu'il le fasse! Mais il faudra assumer les conséquences après...

B) on va brainstormer. Et voter pour la meilleure idée.

C) faut que j'y aille, désolé, truc urgent .... Mais je vous fais entièrement confiance. Je relirai à l'aube ce que vous m'aurez laissé sur mon bureau.

D) on est une équipe et on va y arriver. Vous êtes tous avec moi?

Question 4/8 : Celui qui ressemble le plus à votre boss :

A) Celui du fond. Le seul qui ne se donne pas la peine de sourire.

B) Le tout pâlichon, à droite, en gris. Celui qui fait un sourire gêné.

C) La blonde en rouge, au milieu. Celle qui fait tout pour attirer l'attention.

D) Le deuxième en partant de la droite. Pas rasé, bronzé, brushé de frais... le touriste, quoi!

Question 5/8 : Mine de rien et sans le vouloir, simplement l'oreille scotchée à la porte de son bureau, vous avez entendu le Big boss de la boîte passer un savon à votre vénéré chef et en sortant, ce dernier :

A) convoque toute son équipe pour vous passer un savon collectif. Il doit savoir qui a dit du mal de lui au grand chef.

B) boude en silence.

C) sourit de toutes ses dents, ambiance "même pas mal".

D) vient vous voir pour tout vous raconter et se faire plaindre. A vous ou un autre membre de l'équipe.

Question 6/8 : Pause déj au travail. Généralement, où peut-on croiser Sa Seigneurie à midi?

A) Enfermé dans son bureau, il dévore un sandwich en 5 secondes chrono tout en passant des coups de fil.

B) A la cantine. Parfois avec son équipe, parfois avec d'autres chefs de service.

C) Jamais au même endroit. Et il revient toujours en claironnant : "J'ai découvert un nouveau resto extra!"

D) Toujours dans la même brasserie, avec une clique de collaborateurs, triés sur le volet.

Question 7/8 : Depuis ce matin, vous avez une rage de dents épouvantable. Le dentiste vous recevra à 17h, Vous prévenez donc votre boss : à 16h, vous vous éclipserez.

A) Il vous demande, glacial : "Et vous comptez revenir demain, ou vous mettre en arrêt maladie?"

B) Il marmonne un "oui, oui" d'un air accablé.

D) Il panique : "Ah, mais j'avais besoin de vous, je voulais vous demander conseil..."

C) Il vous propose les coordonnées de son dentiste à lui : "Dites-lui que vous venez de ma part, il est le meilleur!"

Question 8/8 : Marre à la fin! Vous ne supportez plus votre collègue, ses coups bas et ses mesquineries. Vous en parlez à votre boss, qui répond...

A) Mais vous n'avez rien de plus urgent à traiter, franchement?

B) Débrouillez-vous entre vous, je ne veux pas m'en mêler. Vous êtes grand, non?

C) Vous avez bien fait devenir m'en parler. Je gère. Enfin, bientôt!

D) C'est vrai qu'il est pénible, votre collègue. Et qu'il bosse mal.

Plus de A - Le tyran : autorité au travail

C'est le cauchemar sur pattes des salariés! Il veut tout contrôler, use et abuse de son pouvoir. Parce qu'il veut tout dominer, il a du mal à déléguer et à partager les informations qu'il détient. Cette absence de communication nuit souvent à la bonne marche d'un service. Il ne supporte pas les esprits libres, il faut lui demander la permission avant de faire ou dire n'importe quoi! On l'entend souvent hurler, bref, tout le monde a peur de lui ou d'elle... mais ne le respecte pas. Deux notions qu'il a tendance à confondre. Son autre obsession? La montre. Il rêve d'une pointeuse à l'entrée du bureau pour contrôler que personne ne tire au flanc.

Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?

Il a peur! Peur de perdre sa place pour laquelle il a certainement du ramer, peur de perdre la considération de sa hiérarchie en étant "trop laxiste" et surtout peur de la communication, qui est un instrument de contrôle à double tranchant. Son interlocuteur peut en effet prendre la direction de l'échange et donc la lui faire perdre. Une déchéance que le chef-tyran ne saurait accepter. Il faut garder en tête qu'une personne devient tyrannique si on la laisse faire. D'où la nécessité urgente d'apprendre à lui dire non. Il ne faut surtout pas craindre de mettre des limites dès le départ et ne pas hésiter à lui répondre fermement : "non, je ne travaille pas le week-end", "je n'accepte pas que l'on me parle sur ce ton". Mais surtout, sans élever le ton. Au contraire, plus il ou elle s'énerve, plus il faut rester de marbre. C'est la seule façon de le calmer. Et d'avoir la paix.

Plus de B - Le paumé, patron incapable

Son souci? Il n'a pas le niveau managérial requis pour son poste. Il est là par hasard ou alors uniquement grâce à ses qualités techniques. 9 fois sur 10, c'est un "chiffreux", un besogneux qui analyse tout. Privé de la moindre qualité relationnelle, ce n'est pas un communicant, c'est un "sans-amis".

Il ne sait pas toujours où il va et propose des idées souvent farfelues, en lesquelles il est le seul à croire. Sans projet clair et sans décisions pertinentes, son équipe risque la démobilisation rapide. Au début, elle l'observe puis s'interroge et enfin se met à guetter la faute. Dans le pire des cas, elle finit par rigoler ouvertement de la situation sans qu'il ne remarque jamais rien. Dans son aveuglement, le paumé est en grande souffrance : il sait mieux que quiconque se tirer une balle dans le pied!

Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?

C'est un premier de la classe! Il ne doute de rien, il sait mordicus que la raison se trouve de son côté. Ayant appris à dominer intellectuellement les choses, il ne voit pas pourquoi cela changerait dans un poste de manager.

C'est un 'cerveau gauche' qui passe tout au crible de l'analyse mais sans jamais envisager les autres ingrédients que sont la matière humaine, la politique, le plaisir, le bonheur, le paradoxe, la poésie. Il ne faut surtout pas l'entreprendre sur son terrain : la raison, les chiffres... Là, il est meilleur que vous. Plutôt que de le contredire, commencez par acquiescer de la tête pendant qu'il vous parle, pour le mettre en confiance. Puis, amenez-le vers d'autres options. Des suggestions sous forme de questions afin de lui laisser toujours la main sans rien lui imposer : "Et que penseriez-vous si ...". Ne l'oubliez pas, c'est un paumé mais ce n'est pas un idiot. Si l'ouverture que vous proposez éclaire sa lanterne, il vous en saura gré.

Plus de C - Le bluffeur, boss imposteur

Plutôt sympa au premier abord, souriant, il connaît tout le monde et parle facilement de tout et de rien. Très charismatique, toujours à la pointe de la dernière tendance, tout le monde l'aime bien. Mais dès qu'un problème - ou une surcharge de travail - se profile à l'horizon, hop, plus personne! Trop occupé à faire reluire son image, il oublie de ... bosser. Il délègue.

Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?

Il a un grand besoin d'être reconnu et aimé. Parfois un peu mythomane, il n'hésite pas à s'autoriser quelques petits arrangements avec la réalité pour l'embellir et se donner le beau rôle. Il trouve peut-être dans le monde professionnel l'attention qu'on ne lui accorde pas dans sa vie perso. La bonne nouvelle, c'est : il n'est pas le plus difficile des chefs. Inutile donc de vouloir le casser systématiquement en le mettant face à ses mensonges.Vous le vexeriez et en feriez un ennemi. En revanche, comme il n'est pas mal intentionné, il faut oser lui parler franchement pour lui signifier votre inquiétude quant à la non-avancée d'un dossier et le fait que l'équipe soit débordée. Évitez de le faire devant témoins : il supporte difficilement de perdre la face devant un public.

Plus de D - Le névrosé, boss égocentrique

C'est un être complexe, caractériel, égocentrique, pas facile, globalement! A la fois lunatique et extrémiste, il déconcerte toute son équipe, mais aussi ses chefs à lui. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il change souvent de job. Avec le temps, il ou elle arrive souvent à se constituer une garde rapprochée, en qui il a confiance. Enfin, à peu près ... Ses chouchous : les gens discrets, effacés, qui ne lui font pas d'ombre, surtout.

Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?

C'est un ou une parano. On est soit avec lui soit contre lui. Il n'y a pas d'intermédiaire. "Il a beaucoup de mal à faire la part des choses entre l'affect et le professionnel". Dans sa tête, quiconque ne partage pas son avis est un traître. Ne cherchez pas à le comprendre, laissez ça à son psy! Refusez d'entrer dans son jeu, ne répondez pas à ses provocations. Il faut essayer de rester impassible, se contenter de faire son travail sans s'impliquer émotionellement. En revanche, celles qui ont besoin d'un chef charismatique, d'un gourou, s'entendront à merveille avec lui... pour un temps, au moins!


Roman

Yoga Serge Palan

Se réapproprier l'histoire

Yoga Serge Palan est entré en littérature avec un petit texte poétique Paroles d'un paiën, publié en 1992 par la Maison des Mécènes. Le passage au roman survient quinze ans plus tard avec L'Habitation ou Saint-Julien des Champs (Editions de la Tour, 2009). L'immigration indienne et la mort sont les grandes inspiratrices de ce premier roman à caractère historique. Son intensité tient à la libération de la parole par le récit d'événements qui ont marqué la vie des immigrants d'origine tamoule. Il faut le signaler, L'Habitation est d'abord une aventure des mots, qui explique ce qui peut apparaître comme des faiblesses de mise en forme du récit et autre maladresses. Par une technique d'écriture particulière, Serge Palan invente un moyen d'interroger la colonisation et ses conséquences avec une spontanéité remarquable. L'histoire : Goinsamy-Darmalingum, originaire de Madras en Inde, quitte le territoire de ses ancêtres pour s'installer comme ouvrier agricole dans une colonie anglaise de l'océan Indien. Il nouera une complicité avec le colon blanc, trouvera l'amour, tuera, avant de s'approprier sa terre d'exil. Les personnages du roman sont de véritables chambres d'écho de l'immigration indienne, de la présence tamoule et de ce qui s'est joué dans les années 1860 à Saint-Julien des Champs (Saint Julien d'Hotman). Un monde double mais aussi un monde qui meurt et un monde qui naît à la fin du roman ("devant lui, on apercevait les premiers contours de Quatre Bornes, le lieu où allait s'inscrire l'histoire de Godefroy Goinsamy-Darmalingum ! dans cette île devenue désormais sienne !") Le parcours de Goinsamy est une sortie hors du monde colonial à la rencontre d'autres forces. Serge Palan est un auteur intéressant pour cette approche post coloniale qui cherche à échapper à la dualité Blanc/Indien. Chez Palan les deux cohabitent, donnent la mort pour concrétiser leurs rêves de liberté. C'est le rôle de la littérature de prendre en charge ce monde où le Blanc et l'Indien ont baigné dans le sang. Serge Palan raconte l'ambivalence des personnages. A mesure que Goinsamy développe ses stratégies, il gagne la sympathie de son maître. On voit les forces qui nouent les actes humains. Les personnages partent, meurent ou deviennent légendaires. Palan fait émerger des légendes et montre la façon dont certains hommes ont façonné leur destin. On peut s'interroger sur la vision de l'Histoire que cette oeuvre narrative véhicule. L'Habitation est vue par son auteur comme une traversée par une figure chrétienne (Godefroy a été baptisé par les missionnaires catholiques). Ce qui donne au roman une dimension historique traversée par la notion de salut. A bien des égards, l'Habitation relève du roman historique. L'auteur se montre soucieux d'apporter des informations de toutes sortes sur les aspects sociaux et autres des principaux protagonistes. Il se donne le statut de témoin qui veut attester la vérité des faits. On peut lire en guise d'introduction au roman : "... chaque détail de date, de lieu, de ville, de localité, est restitué avec exactitude. Seule une partie de l'intrigue a été élaborée en fiction pour illustrer les faits de l'époque. Il y a eu effectivement un grand-prêtre d'origine tamoule, qui a débarqué du Mascal, le 4 septembre 1865 au Port-Louis. L'auteur a donné le nom de Goinsamy au personnage principal en signe de clin-d'oeil à cet illustre ancêtre..." Saint-Julien des Champs est le contexte historique qui sert de cadre à la fiction. L'histoire de Goinsamy rappelle par certains aspects celle de Ram (Namasté de Marcel Cabon) qui hérite d'un lopin de terre et encourage les paysans à s'entraider et à nouer des relations entre différentes communautés. Elle perd parfois de son intérêt par les bon sentiments qui reviennent et certaines scènes d'amour qui tournent à l'eau de rose. Mais cela n'enlève rien au talent de Serge Palan qui écrit avec pertinence son premier roman.

L'Habitation est suivie de Speranza Fortuna, un roman policier qui permet à Serge Palan de s'intéresser à une histoire de mort à travers le personnage de Sana-Jana, journaliste d'investigation. Un autre récit centré sur la mort et un autre point de vue sur les relations entre communautés à Maurice.


Revue

La quatrième livraison de la revue l'Atelier d'écriture donne à lire un texte célèbre de Savinien Mérédac (Auguste Esnouf, 1880-1939) Polyte. Savinien Mérédac se démarqua des auteurs mauriciens de la 1ère moitié du XXème siècle qui conçurent des oeuvres visant à restituer un univers local, familier (Clément Charoux, Arthur Martial). De ces textes convenus se détachent ceux de savinien Mérédac qui tenta de souligner les préjugés raciaux et sociaux s'exerçant à l'égard des humbles dans les Pauvres bougres (1929). Polyte Lavictoire est un pêcheur "créole" ayant beaucoup navigué. Sa femme l'a laissé sans enfants, et son amour pour la terre. Il épouse en secondes noces Becca qui le trompera. Polyte nourrit alors un sentiment de vengeance.


Extrait choisi

Rébecca avait accepté sans déplaisir cette union mal assortie; c'était son avenir assuré. Ainsi, lorsque son grand-père Jacob fermait les yeux, elle n'aurait pas à mendier de l'oncle Isaïe une racine de manioc ou une bouchée de riz; elle se voyait même, dans un avenir prochain, maîtresse de l'héritage de Polyte !

Le vieux jacob Sandésir avait été plus difficile à convaincre, car Polyte exigeait que le mariage se fît à la chapelle Saint-Michel; or, les Sandésir étaient presbytériens, de père en fils, comme les Lavictoire étaient catholiques; et, à défaut de convictions religieuses, le même sentiment d'honneur traditionnaliste tirait de part et d'autre les deux vieillards. Jacob aurait peut-être résisté jusqu'au bout s'il fût agi d'un autre que Polyte; mais Polyte, lui, pour parpaillot qu'il fût, n'eut jamais admis un mariage sans la bénediction de Mon-père ! Comme toujours, grand-Guèle l'emporta.

Becca n'est pas malheureuse. la vie lui a donné tout ce qu'elle en attendait, et encore un peu plus. Elle mange à sa faim ; et, pour ce qui est du plaisir d'amour, sa gourmandise est satisfaite aussi : rien ne lui manque.

Livret sur l'engagement en vue du développement durable

La gestion des déchets : une attention et une diligence accrues

Plus qu'une question technique, la gestion des déchets est devenue un sujet de société, où se mêlent considérations éthiques et politiques. Des solutions techniques et autres existent pour tous les déchets. Elles doivent être clairement expliquées. Les soeurs et citoyennes Adi Teelock et Nalini Burn nous livrent une collection d'articles parus dans le journal Le Mauricien, entre avril et juillet 2009, dans la page Forum du journal (les textes envoyés n'engageant que la responsabilité des auteurs). Eco-responsabilité citoyenne! (Maurice 2009) : ces articles concernent les débats et controverses autour du projet d'incinérateur de déchets ménagers proposé par la firme Gamma Civic en partenariat avec la multinationale américaine Covanta Energy à la Chaumière. Il y a eu depuis la mobilisation des habitants d'Albion, la naissance d'un collectif et l'engagement de deux citoyennes dans le développement durable. C'est la conviction d'une voie alternative durable et le bien-être de la population mauricienne qui explique la publication sous forme de livret des différents articles parus dans la presse en parallèle avec l'engagement d'autres citoyens sur le terrain. Il s'agit d'un travail d'explication (du point de vue du collectif) et d'un témoignage écrit de la participation active de citoyens mauriciens à la vie de leur pays. Adi Teelock a rappelé, lors du lancement du livret à Port-Louis, que sans la vigilance des citoyens mauriciens l'incinérateur serait déjà en place. Elle les invite à présent à faire preuve de responsabilité et à contribuer d'une certaine manière à tous les aspects du développement durable à Maurice. Le livret Eco-responsabilité citoyenne ! Maurice 2009 (conception graphique originale sur papier recyclé) est en vente dans toutes les librairies à Rs 100. Les bénéfices iront aux projets de compostage et de recyclage des déchets.


6e Jeux de la Francophonie

SR Dance, de l'or et de la reconnaissance pour Naissance nou kiltir

C'est avec une médaille d'or et un trophée, remis en mains propres par la Première Dame du Liban, Wafaa Michel Sleiman, que la troupe de danse, SR Dance est rentrée au pays, jeudi dernier. Heureux et fiers d'avoir honoré le quadricolore dans la catégorie culturelle, les sept danseurs du groupe et leur chorégraphe, Stephen Bongarçon, sont encore-nous confie celui-ci-émus. Car, ce sont 15 groupes de danse de haut niveau venus des quatre coins du monde, défendre leurs créations sur la scène artistique au sixième Jeux de la Francophonie que les danseurs mauriciens ont évincé sans mal… si ce n'est le malheureux accident de Samuel Joseph lors de la première représentation de Naissance nou kiltir. Répartis en différents groupes, les pays représentés ont passé des étapes de sélection avant celle de la finale, le 3 dernier. Et en lice pour la plus haute marche du podium, Maurice s'est retrouvée en face de la France, le Rwanda, le Vietnam et le Liban. "Nous étions tous jugés selon des critères axés sur l'originalité, tant au niveau des costumes, de la chorégraphie, des styles choisis et le thème", explique Stephen Bongarçon. Mélangeant des techniques développées-basées sur la fusion entre le bharatnatyam et le modern jazz- au cours de ses longues années de formation et de prestation en France, il a inclus des pas évoquant le séga dans sa chorégraphie. Faisant ainsi de Naissance nou kiltir, une création complète autour de la diversité mauricienne. Le Rwanda et la France se sont classés deuxième et troisième respectivement. Cette récompense pour SR Dance est significative à plus d'un titre. En brillant dans un contexte international, la troupe s'attend à ce que ses compétences soient reconnues et appréciées au pays. "Même si je savais que mes danseurs touchaient de près la médaille d'or, et que je ne me suis pas trompé, ce qui est à venir à Maurice est encore plus important pour nous. Comment réagiront les autorités lorsque nous leur demanderons de l'aide pour que nous puissions participer à des concours de haute facture, ou encore pour l'avancement de la danse?" se demande Stephen Bongarçon. Dans le passé bien des portes sont restées fermées quand il a sollicité du soutien. "J'espère présenter Naissance nou kiltir aux Mauriciens en décembre prochain, pour cela j'aurais besoin de sponsorship. Voudra-t-on m'aider maintenant?" C'est l'appel lancé à bons entendeurs par un médaillé d'or…


Ballroom dancing

Des cours de perfectionnement

Le britannique David Cruwys donnera des cours de ballroom dancing du 14 au 22 novembre à la David Academy of dancing. David Cruwys, membre du grand jury lors de la National Ballroom Dancing Competition est de retour pour partager ses connaissances dans ce domaine. L'initiative revient à l'agence Immedia. Pour les professeurs de danse, les niveaux de perfectionnement sont le bronze level et le silver level. Le bronze level d'une durée de 14h coûte Rs 8000 par couple, le silver level d'une durée de 14h également est à Rs 9000 par couple. Les "social dancers" auront l'occasion de choisir le type de danse dans laquelle ils voudraient se perfectionner. Chaque type de danse d'une durée d'une heure sera facturé à Rs 600 par couple. Les fiches d'inscription sont disponibles à l'agence Immedia à Port-Louis.


Street Culture

Dancehall : le bâtard du reggae

Venu tout droit de la Jamaïque, le dancehall, longtemps interdit d'antenne pour ses propos obscènes (ndlr : slackness ), est né dans le tourment culturel d'une île en proie à des problèmes de société aigus et complexes. Drogue, crime, sexualité libérée... Le dancehall représentait une nouvelle génération qui réclamait une musique à laquelle elle pouvait s'identifier après dix ans de culture roots. Ce fils bâtard du reggae a depuis connu une autre tournure en devenant plus consciencieux. Bruno Raya, Don Panik, Kymai et Drik-C (France) nous entraînent dans les avenues de cette sonorité jamaïquaine.

Il fallait trouver un fils rebelle pour que le reggae évolue autrement et s'exprime sur des sujets qui ne cadrent pas forcément avec son esprit et sa philosophie. Et c'est ainsi que le dancehall a été lancé dans les années 80/90 avec des noms tels que Augustus Pablo, Yelloman, Sizzla, Buju Banton... partisans du slackness, morceaux aux paroles grivoises, classés X. Et même les femmes s'y mettent, notamment Lady Saw, Ce'cile... La Jamaïque a évolué et sa musique avec elle et toutes les négativités qui l'accompagnent.

Comme le souligne Jérémie Kroubo Dagnini, chercheur de la musique jamaïcaine, dans le magazine Reggae Story (Les Inrockuptibles) : "le dancehall et ses dérives slackness, est à la fois une rupture avec le reggae d'un point de vue musical et thématique mais aussi une continuité car il reflète son époque jamaïcain".

Bruno Raya, "le dancehall n'a fait que commenter la réalité de la Jamaïque"

"Le dancehall est indéniablement le fils du reggae, mais sa philosophie est différente. A la base, c'est une musique pour danser et pour s'exprimer. Et souvent avec des messages sales... c'était ça le dancehall au départ. Avec la montée de la violence en Jamaïque et la venue des drogues dures ainsi que de la vie de débauche des jamaïcains, cette musique n'a fait que commenter la réalité de l'île", explique Bruno Raya, leader d'OSB Crew. Beaucoup parle de perversion, de perte de la musique roots avec la venue du dancehall.

Le dancehall s'est établi à travers des personnages patibulaires comme Yellowman, avec une tendance à la fainéantise, à la nonchalance et des textes obscènes (slackness). Le dancehall a opté pour une attitude nauséabonde afin de ne satisfaire que les foules et des sonos mobiles. Véhiculant des messages carrément sexuels et des propagandes homophobes, le dancehall adopte un penchant très dangereux dès son départ. Le maître du genre Buju Banton adoptant cette mouvance fut parmi les premiers artistes jamaïcains bannis en Europe pour ses propos. Malgré tout, cette tendance gagne très vite, le vieux continent et trouve des émules. "Beaucoup d'artistes européens font encore du dancehall slackness", souligne l'arrangeur musical français Drik-C.

Le dancehall a du s'adoucir pour être plus en phase avec la musique de son père : le reggae. "Ce n'est point acceptable pour le grand public d'écouter ou de tolérer le slackness. C'est pourquoi le dancehall a changé de profil pour devenir plus positif dans ses propos", souligne Kymai, membre de NZH, actuellement à Maurice.

Ainsi avec la vague slackness qui perdure encore dans le monde underground, les acteurs de cette sonorité ont changé de parcours. Fini les histoires "d'anaconda d'Elephant man", maintenant Sizzla, Capleton, Buju Banton composent des messages de positivité. Et aujourd'hui les chansons populaires du dancehall ont souvent le même type de messages à faire passer que le reggae : militer contre Babylone pour la légalisation de la marijuana mais aussi des revendications sociales ou politiques plus diverses, ou simplement des chansons d'amour...

Des sons et de la fusion pour Don Panik

Don Panik adepte du mouvement a grandi avec cette musique et n'a pris que le bon côté. "C'est un mouvement positif et énergique. A Maurice, on n'a pas encore trouvé le mouvement et le concept de cette musique dans son intégralité. Et c'est cela que je veux faire avec ma musique. J'adopte un dancehall proche du reggae, (reggae dancehall) avec beaucoup de créations et de liberté. Cette musique permet aussi des rencontres sonores merveilleux et se mélange facilement". Sur le marché local, même si beaucoup de soldats militent pour ce courant musical, il "reste encore du boulot à faire. Comme le reggae, le dancehall ne meurt jamais. Et sa langue d'aujourd'hui est universelle, que ce soit dans le chant et la danse", ajoute ce dernier.

Musicalement le dancehall ne stagne pas que dans le reggae, il a évolué pour se greffer à d'autres tendances. On retrouve aujourd'hui du dancehall house, electro, voir pop pour un public plus clubbing ; le R&B des américains à conduit à cet état de choses. "Le dancehall a grandi avec son temps. Que ce soit le dancehall slackness ou le dancehall consciencieux, les deux sont présents en France. Aujourd'hui, il se melange aussi bien avec du pop qu'avec du zouk ou encore de la house music... c'est une musique qui avance avance dans son temps... Elle vient du reggae mais a grandi différement avec une philosophie propre".

La grande tendance du reggae mondiale s'oriente aujourd'hui sur deux axes principaux ; messages consciencieux et les côtés festifs. "C'est cela qui fait qu'il est encore là. Les gens se retrouvent plus dans ces genres là. Le dancehall se devait de trouver une philosophie et une identité plus propre qu'avant pour durer", ajoute Bruno Raya.


Brin d'histoire

Depuis l'apparition des sound systems férocement rivaux qui, au cours des années 1950, se livraient des batailles de décibels dans le centre de Kingston, l'histoire de la musique jamaïquaine chemine à travers le ska, la naissance du reggae, le dub, le roots reggae et l'influence de Bob Marley sur ces nouvelles tendances plus dures ayant émergé au cours des vingt dernières années : le dancehall, le ragga et la jungle. Mais c'est le dancehall qui a duré, pour des bonnes et mauvaises raisons.

Le style musical dancehall n'est pas précisément définissable. A l'origine, il s'agit de toute musique jouée dans un espace clos. Ce terme désigne plutôt une connotation de groupe, d'ambiance, de rassemblement. Ainsi, le dancehall peut aussi bien sonner digital ou hardcore que roots. Dans les années 1990, il a parfois été associé à un style qui s'est développé sur la base de la musique indienne (voir le riddim Bam Bam créé par Sly & Robbie) et du Hip-Hop. La grande révolution du dancehall est l'arrivée des machines numériques.

Sean Paul a su distiller une version très "clean et pop" de cette sonorité jamaïcaine, d'autre comme Capleton ou Sizzla préfèrent l'aspect roots de cette tendance et perpétue les messages divins du reggae à travers le dancehall. Musique devenue internationale, le dancehall se mélange à toutes les sauces, mais reste indéniablement un produit jamaïcain.


Focus

Amitabh Bachchan qui célèbre aujourd'hui ses 67 ans est toujours le Big Boss du cinéma indien.

Amitabh Bachchan qui a aujourd'hui 67 ans reste un mythe. Une légende vivante, un mouvement national dont la popularité a longtemps dépassé les frontières de l'Inde. Malgré son âge avancé, il est toujours sollicité par les réalisateurs. Il termine actuellement le tournage de Paa et d'Aladdin de Sujoy Ghosh où il joue le rôle du génie de la lampe. Big Boss sera également sa prochaine sortie. Acteur, producteur et chanteur, il a été honoré des plus hautes distinctions indiennes : Le Padma Shri et le Padma Bhushan. Il a été le témoin sensible, impliqué et passionné de l'évolution du cinéma indien pendant plus de trois décennies. Il a incarné des rôles saississants avec une vraie tension dramatique et un élan romantique insoupconné. Une vie totalement consumée par la passion du cinéma. Il lui suffit de voir prononcer le mot Moteur! pour donner chair à ses rêves les plus tenaces et les plus profonds.

Né le 11 octobre 1942 à Allahabad, il est marié à l'actrice Jaya Bhaduri, père de Shweta et Abhisekh, beau-père d'Aishwarya Rai. En 2007, il reçoit la médaille d'officier de la légion d'honneur, la plus haute distinction française pour sa contribution à la vie culturelle indienne et internationale. Il est le premier acteur indien à avoir sa statue de cire au musée de Madame Tussauds à Londres. A 67 ans, Big B tourne à plein régime.

Amitabh est le fils d'Harvansh Rai Bachchan, poète reconnu pour avoir traduit Hamlet en hindi. Son premier rôle dans Saat Hindustani en 1969 lui a voulu le trophée de meilleur espoir masculin. Avec Anand, il se surpasse dans le rôle d'un médecin s'occupant de son ami Rajesh Khanna atteint d'une maladie incurable. Amitabh connaîtra son premier succès avec Zanjeer (1973) où il incarne la révolte d'un jeune homme en colère, le angry young man partant en guerre contre la corruption et l'exploitation des couches sociales défavorisées. Il exprime cette révolte dans Namak Haram, Roti Kapada Aur Makhan et Deewar. Big B va rencontrer un immense succès avec Sholay (1975) et il sera encore plus percutant dans les comédies dramatiques comme Amar Akbar Anthony, Namak Halal ou l'amoureux transi dans Kabhi Kabhi et Silsila. Il multiplie les doubles rôles dans Don et The Great Gambler. En dépit des rumeurs sur ses soi-disants relations amoureuses avec Parveen Babi et Rekha, Amitabh a conservé un code d'honneur basé sur la sincérité, la dignité et la compassion. Amitabh est capable de transcender n'importe quel rôle et malgré ses 67 ans, il est très sollicité par les réalisateurs. Ses registres sont variés. Il excelle dans les comédies aussi bien que dans les films d'action.

Depuis Amar Akbar Anthony, il prête sa voix à une vingtaine de films dont Laawaris où on dance encore sur le rythme de Mere Angne Mein. Après son mariage avec Jaya Bhaduri en 1973, il aura deux adorables enfants, Abhisekh et Shweta. Il se blesse sur le plateau de Coolie en 1983 et plonge dans le coma. L'Inde entier est en pleurs et des prières sont dites partout dans la Grande Peninsule pour sa guérison. En 1982, à l'âge de 42 ans, il se lance dans la politique aux côtes des Gandhis. Il est élu avec une majorité écrasante mais démissionne au bout de trois ans pour une affaire de corruption. En 2000, il est sacré star du millénium et il incarne les patriaches inflexibles dans Mohabbatein et Kabhi Khushi Kabhie Gham. Il surprend tout le monde en 2005 en levant la palme de meilleur acteur dans Black. Malgré une santé fragile, Big B multiplie avec Star Plus pour l'émission Kaun Banega Crorepati. Son rôle dans Bunty Aur Babli et Sarkar aux côtés son fils Abhisekh et sa belle-fille Aishwarya est salué par les critiques. Il surprend encore dans Nishabd et Cheeni Kum aux côtés des actrices Jiah Khan et Tabu. Les critiques n'ont pas épargné Amitabh pour son rôle de méchant dans RGV Ki Aag, le remake de Sholay de Ram Gopal Varma. Mais Sarkar Raj lui permet de redorer son blason. Il est aussi très apprécié pour son travail dans The Last Lear de Rituparno Ghosh.

A 67 ans, Big B prouve qu'il a encore des beaux jours devant lui. Il n'est pas prêt à abandonner un art qui lui a tout donné depuis 1969. Nous avons fait qu'un bref survol de sa carrière de celui qui a marqué le cinéma indien d'une pierre blanche.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009