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Rencontre
Jayshree Mungur-Mehdi
Tirer parti du passé
Le patrimoine archéologique comme témoignage
essentiel sur les activités du passé intéresse
cette jeune femme de 29 ans. Jayshree Mungur-Mehdi, femme archéologue
mauricienne se passionne pour tout ce qui touche à la connaissance
et la protection de nos racines culturelles. Les récentes
fouilles dans l'entrepôt situé dans la zone tampon
de l'Aapravasi Ghat, confirmant le site comme un lieu de débarquement
d'hommes et de marchandises, ont mis ses travaux en lumière.
Jayshree veut aujourd'hui donner au grand public, amateurs d'histoire
et de l'archéologie, la possibilité de faire la
connaissance de l'histoire de notre pays, et d'assister à
cette aventure qui se joue devant nos yeux, lorsque les chercheurs
mettent à jour leurs recherches.
Jayshree Mungur-Mehdi étudie et interprète le patrimoine
archéologique local depuis de nombreuses années.
Elle a travaillé sur plusieurs sites : Aapravasi Ghat,
Ile de la Passe, Santarem au Portugal, le site habitat des esclaves
en Guadeloupe. Différents lieux, différentes époques
(esclavage, engagisme, histoire romaine) qui ont élargi
sa base de compétences professionnelles et scientifiques.
L'archéologie l'intéresse parce que cette discipline
exige une collaboration effective entre différentes spécialisations
(archéobotanie, archéométrie, archéozoologie).
Jayshree nous dit qu'à Maurice, l'archéologie est
une discipline nouvelle. On se réfère souvent aux
recherches dans les archives mais l'archéologie ce n'est
pas seulement de l'écrit. Il y a aussi le travail sur le
terrain, notamment les travaux d'excavation qui permettent de
trouver des objets qui ont reposé dans le sol pendant des
siècles, et qui, une fois dévoilés, sont
susceptibles de jeter une lumière toute à fait nouvelle
sur des aspects souvent très mal connus ou inattendus de
l'histoire d'un pays. Récemment elle a participé
à un travail de restauration et de conservation à
Batterie de la Reine, une fortification à Vieux Grand Port,
datant de la période française. C'était beaucoup
plus de l'archéologie de sauvetage, nous dit-elle. Le travail
inclut une documentation sur le site, la collecte d'informations,
les observations de terrain, la reconnaissance d'objets trouvés
dont des clous, des boulets de canon. Les recherches impliquent
toujours un choix des données qui seront enregistrées
et conservées avec le souci de détruire le minimum
de témoignages archéologiques. L'engagement et la
participation de la population locale doivent aussi être
encouragés en tant qu'actions pour maintenir le patrimoine
archéologique .
Jayshree s'oriente de plus en plus vers l'archéométrie
(analyses chimiques, minéralogiques, datation, entre autres).
C'est aussi l'analyse des objets trouvés après les
fouilles (par exemple si des céramiques trouvées
ont été fabriquées sur place ou importées.
Ces analyses scientifiques permettent une meilleure connaissance
des sociétés humaines.
A l'heure où la protection et la gestion attentive du patrimoine
attirent l'attention des scientifiques, Jayshree Mungur-Mehdi
nous rappelle l'importance du respect des critères concernant
les structures architecturales et d'autres éléments
qui font partie du patrimoine archéologique. La gestion
de ce patrimoine inclut les devoirs des pouvoirs publics, les
règles professionnelles applicables au travail des scientifiques,
l'information, la mise à disposition du public de ce patrimoine.
Jayshree Mungur-Mehdi est née dans le village de Mon
Desert Mon Trésor Desplaces. Elle a commencé sa
formation en histoire à l'université de Maurice.
Elle a été introduite à l'archéologie
par Peter Flore, qui a travaillé sur les fouilles au Fort
Fredérik Hendryck à Maurice. Elle a passé
deux ans au Decan College à Pune, en Inde, comme étudiante
en archéologie. Elle poursuit actuellement des études
doctorales à l'université d'UTAD au Portugal. Ses
travaux portent sur les analyses archéométriques
(techniques d'analyses physico-chimiques appliquées aux
vestiges archéologiques).
Rencontre
Benjy, survivant malgache
Savez vous que pour le moment les instituteurs sont tellement
peu nombreux qu'ils sont obligés de prendre trois classes
de quatre vingt dix élèves au moins, en même
temps !
Amnesty Internation (Mauritius) organise cette semaine un atelier
de travail à l'intention de ses membres et des ONG engagées
dans le combat contre la misère. L'un des invités
de cet atelier sur la promotion de droits sociaux, économiques
et culturels est Marc Julot Rakotosaona, qui vient témoigner
sur les conditions de vie à Madagascar. Nous vous proposons
une rencontre avec ce jeune malgache qui se présente comme
un "survivant". Ce qui est, selon lui, la situation
actuelle de la grande majorité des Malgaches.
Surnommé Benjy, Marc Julot Rakotosaona aura vingt huit
ans au mois de décembre. " Depuis que je suis né
je ne vis pas, j'essaye de survivre. C'est pour cette raison que
je dis que je suis un survivant. Comme la grande majorité
des Malgaches." Benjy fait partie d'une petite famille
modeste qui habite sur une des collines d'Antatanarivo, pas loin
de ce qui reste du célèbre palais de la reine. Le
père de Benjy travaille comme coursier dans un lycée.
Sa mère, qui travaillait comme femme de ménage dans
un petit hôtel, a perdu son emploi avec la crise. Les deux
frères de Benjy étudient la mécanique et
font des petits boulots et leur sur, qui a été
abandonnée par son mari, attend un enfant. Après
ses études primaires Benjy est allé au lycée
puis à l'université pour entreprendre des études
en histoire de Madagascar. "Avec leurs petits salaires,
mes parents n'avaient pas les moyens de financer mes études
et de nourrir la famille. J'ai travaillé pendant que je
n'étais pas à l'école pour payer mes études.
Dans chaque famille malgache tous les membres doivent trouver
un petit boulot à côté pour faire rouler la
maison et la cuisine. Un seul salaire est loin d'être suffisant.
Il faut que chaque membre se trouve une petite occupation spéciale
pour aider à faire manger la famille. Trouver à
manger c'est le problème quotidien des Malgaches. Depuis
l'adolescence j'ai commencé à gagner des sous en
faisant le guide pour les touristes. Au départ je ne connaissais
pas grand chose à ce travail et puis au fur et à
mesure j'ai appris, je me suis perfectionné." Mais
en 2005, après un peu plus de deux ans de cours, Benjy
quitte l'université. " J'ai arrêté
parce que je n'avais plus les moyens de payer le droit d'entrée
à l'université qui est d'environ 30 euros plus les
autres frais ce qui fait environ cent euros par an en tout, sans
compter les équipements scolaires, la nourriture, le logement.
Je n'avais pas cette somme et j'ai du arrêter. J'ai aussi
arrêté l'université quand ma copine est tombée
enceinte. Je ne pouvais pas laisser ses parents et mes parents,
qui n'ont pas grand-chose, subvenir à ses besoins et à
celui de notre enfant. J'ai donc arrêté l'université
pour travailler plus comme guide à plein temps pour gagner
un peu plus d'argent pour essayer de créer une famille."
"Depuis ma naissance je me bats pour essayer de survivre.
Parce que je vous le répète : on ne vit pas à
Madagascar, on essaye de survivre"
Au départ, Benjy et sa compagne qui travaille comme femme
de ménage dans une petite maison d'hôte, ont habité
tour à tour chez leurs parents respectifs. Tarata, leur
petite fille a été gardée et nourrie par
ses grands parents pendant les heures de travail. Et puis malgré
la misère Benjy a décidé de louer une chambre
pour y faire vivre sa petite famille." Nous avons vécu
un peu chez ses parents et chez les miens sur son salaire et ce
que je gagne avec les touristes. Mais depuis les évènements
de Mars dernier il y a de moins en moins de touristes à
Madagascar. Malgré cela nous avons pu louer une chambre
pour vivre avec notre fille. Nous ne pouvions plus vivre sur nos
parents et nous avons fondé un foyer. Tous les soirs nos
parents viennent voir si nous avons à manger et prennent
un peu de leur part pour partager avec nous." Le foyer
de Benjy c'est une petite chambre de 1m50 par 2 mètres
qui coûte environ trois euros par mois, avec électricité.
Et eau courante? " Mais vous rêvez. Je crois que
c'est seulement 10% des malgaches qui ont l'eau courante chez
eux. Les autres s'approvisionnent en eau dans les fontaines publiques
et les sources. Il faut payer une somme tous les mois en fonction
du nombre de membres de la famille pour prendre de l'eau dans
une fontaine publique. Pour les toilettes, la majorité
utilise des latrines publiques. Nous sommes à la merci
de n'importe quelle épidémie. Il y a des endroits
où il y a encore la peste et le choléra à
Madagascar. C'est pourquoi je dis que nous sommes des survivants."
Et Benjy nous raconte son quotidien, qui est semblable à
celui de millions de malgaches. " Je gagne deux ou trois
euros par jour quand j'arrive à trouver des touristes et
cela sert à acheter de quoi manger pour le soir et le lendemain.
Nous mangeons du riz avec des brèdes et, quand on en a
les moyens, quelques grains secs et quelques légumes. Les
jours de fête, qui sont très rares, on peut acheter
un petit morceau de viande. Sinon tous les jours c'est du riz
et parfois c'est de l'eau sans rien du tout. 80 pourcent des Malgaches
vivent comme moi dans l'incertitude du lendemain. Et dans les
campagnes, où tout est plus cher à cause du transport
et où l'eau est rare, la vie est encore plus difficile.
Dans la campagne il n'y a pas de bonnes routes, il y a le manque
d'eau, parfois la sècheresse, pas d'écoles, des
hôpitaux qui ne marchent pas bien. Les soins médicaux
sont payants à 50 centimes d'euros pour une consultation
dans un hôpital public. Le privé vaut mieux ne pas
y penser. C'est réservé aux riches, à la
minorité qui détient et contrôle le pouvoir
et tous ses avantages. On dit que notre pays est riche, mais cette
richesse n'est pas pour le peuple malgache, elle est pour les
dirigeants et les hommes d'affaires qui les entourent et leurs
amis. La richesse c'est pour ceux qui sont au pouvoir. La grande
majorité des Malgaches n'ont pas de droits humains. Nous
ne sommes rien, nous n'avons droit à rien et toute notre
énergie est utilisée à essayer de trouver
de quoi manger pour aujourd'hui. On navigue à vue. On ne
sait pas où on va. Si on est parvenu à manger à
sa faim aujourd'hui c'est déjà beaucoup. Tous les
Malgaches n'ont pas cette chance tous les jours." Peut-on
dire que la situation des Malgaches était meilleure avant
la dernière crise politique qui paralyse le pays depuis
le mois de Mars ? "Je ne dirais pas meilleure mais un
peu mieux. Il y a quatre ans il y a eu un petit mieux. Aujourd'hui
nous sommes retournés comme avant, quand la situation était
pire. On n'a jamais survécu aussi mal qu'aujourd'hui. Depuis
que je suis né, je n'ai jamais connu une période
au cours de laquelle on peut vivre tranquillement, travailler,
manger à sa faim et ne pas avoir peur du lendemain. Depuis
ma naissance je me bats pour essayer de survivre. Parceque je
vous le répète : on ne vit pas à Madagascar,
on essaye de survivre. A Tana les mendiants sont comme des moineaux.
Il sont de plus en plus nombreux. Aujourd'hui ce sont des familles
entières qui font les poubelles pour chercher à
manger. Je suis pauvre mais il y a à Madagascar des gens
plus pauvres que moi. Je n'ai jamais du faire les poubelles pour
manger. Je n'ai pas eu à le faire jusqu'à maintenant,
mais si c'est le seul moyen de manger je serai obligé de
le faire. Et n'ai pas honte de le dire, c'est une chose qui
peut m'arriver dans le Madagascar d'aujourd'hui qui est définitivement
moins bien qu'hier. Nous avons tout en trop à Madagascar
: trop de corruption, trop de pauvreté, trop de maladies,
trop de cyclones, trop de politiciens." Et manifestement
Benjy n'aime pas les politiciens.
"Nous avons toujours besoin de l'aide internationale
pour mettre de l'ordre et résoudre le problème malgache.
Les politiciens malgaches ne sont pas capables de le faire."
Est-ce que ce sentiment est partagé par la majorité
des survivants ? "La majorité des malgaches s'en
fout de la politique. Ils sont tellement occupés à
essayer de survivre qu'ils n'ont pas le temps de s'organiser pour
remplacer les mauvais politiciens par d'autres. Chez nous c'est
la voix d'en haut que l'on entend pas celle d'en bas. La voix
vient toujours du parti majoritaire." Lequel des quatre
présidents anciens et nouveaux qui négocient la
transition est le plus capable de régler les problèmes
à Madagascar ? " Ils sont tous pareils pour moi.
C'est à cause d'eux que Madagascar se retrouve aujourd'hui
dans cette situation. Ils sont tous pareils, ils ne pensent qu'à
eux, qu'à leurs ambitions et à leurs proches. Ils
ont tous pratiqué du népotisme chacun à son
tour. Ils ont tous dit qu'il fallait chasser le précédent
parce qu'il profitait du pouvoir pour ses intérêts
mais dès qu'ils sont arrivés à la présidence,
ils se sont précipité pour faire la même chose.
Au début quand ils prennent le pouvoir ils commencent par
travailler puis ils changent. Au début du premier mandat
de Ravalomana, il a commencé par bien travailler, construire
les routes avant de faire comme les autres. Avec le prix de son
avion Air Force One on aurait pu, avec ces 99 milliards d'ariarys
régler tous les problèmes d'adduction d'eau dans
le sud de Madagascar où la situation est dramatique."
Benjy souligne qu'il se méfie des politiciens et leurs
manipulations. "Je ne participe qu'à des manifestations
non-politiques, pas pour des partis. Je suis allé manifester
pour TGV la première fois parce que l'ancien président
avait confisqué sa radio et sa télévision.
C'était un acte civique mais je me suis rendu vite compte
que la revendication pour la radio était en train de devenir
une lutte pour prendre le pouvoir je ne suis plus allé
aux manifestations. Comme toujours les politiciens se sont servis
du peuple pour prendre le pouvoir. TGV n'était là
que pour récupérer le trône de Ravalomanana,
comme celui-ci l'avait pris à Ratsiraka." Mais
pourquoi est-ce que la société civile malgache laisse
le pouvoir aux politiciens? "Il y a des hommes honnêtes
et intègres à Madagascar mais ils ne veulent pas
faire de la politique. Et puis les partis politiques ne veulent
pas de ces hommes là, ils préfèrent ceux
qui vont les récompenser quand ils arriveront au pouvoir
pas ceux qui vont travailler pour le pays et les malgaches."
Donc la situation malgache est sans issue entre ceux qui se battent
pour le pouvoir et la société civile malgache qui
regarde de loin. Quelle est la solution à la crise malgache
? " Nos politiciens se battent entre eux depuis toujours
et ne parviennent à s'entendre que pour de courtes périodes.
C'est pour cette raison que nous avons toujours besoin de l'aide
internationale pour mettre de l'ordre et résoudre le problème
malgache. Les politiciens malgaches ne sont pas capables de le
faire. Notre seul espoir c'est que les autres pays, les grands
pays surtout mettent suffisamment de pression sur nos politiciens
pour les obliger à trouver une solution et mettre fin à
la crise."
" Je ne voudrais pas que ma fille finisse comme moi.
Je voudrais qu'elle puisse vivre au lieu de survivre."
En attendant que la communauté internationale parvienne
à trouver une solution à la crise malgache, l'unique
ambition de Benjy c'est que Tarata, sa fille, puisse vivre autrement.
Normalement. "J'aimerais bien qu'elle devienne institutrice,
c'est une des choses qui manquent le plus à Madagascar.
Savez vous que pour le moment les instituteurs sont tellement
peu nombreux qu'ils sont obligés de prendre trois classes,
de quatre-vingt dix élèves au moins, en même
temps ! Ils sont obligés de faire des rotations pour faire
la leçon à tour de rôle aux trois classes.
Qu'est-ce que vous voulez qu'un enfant malgache apprenne de bien
dans ce système. La solution c'est d'envoyer son enfant
dans une école privée, mais il faut pouvoir payer.
Si j'arrive à trouver les moyens je voudrais envoyer Tarata
dans une école maternelle privée, une petite, mais
qui coûte quand même cinq mille ariaryas par mois,
c'est à dire environ deux euros. Il faut que je trouve
les moyens de payer cet écolage. Je ne voudrais pas que
ma fille finisse comme moi. Je voudrais qu'elle puisse vivre au
lieu de survivre. Mon principal souci consiste à me demander
comment je vais faire pour sortir ma fille de la misère,
pour qu'elle ne vive pas comme moi. Mon ambition c'est de permettre
à ma fille de vivre normalement, d'aller à la l'école,
de pouvoir la soigner si elle est malade, c'est tout." Benjy
se demande s'il aura la possibilité de voir sa fille vivre.
" Je dis cela parce que l'espérance de vie des
malgaches est très faible à cause de l'insuffisance
de nourriture. Moi je me demande si, ayant vécu toute ma
vie à moitié ventre et en mangeant quand c'était
possible, je vais pouvoir vivre longtemps. Je crois que je pourrais
vivre jusqu'à quarante ans si je commence à bien
manger tous les jours."
Mais pour cela il faudrait que les politiciens malgaches tombent
enfin d'accord pour permettre enfin au pays de sortir de la misère
et aux malgaches de commencer à vivre. Est-ce que les politiciens
malgaches sont capables de le faire ? "Si jamais il y
a un avenir pour Madagascar il est bien sombre pour le moment.
Je suis catholique, pas très pratiquant, mais très
croyant. Je voudrais bien croire qu'un jour la justice va finir
par régner à Madagascar mais parfois quand je regarde
dans quel état est mon pays j'ai des doutes. Mais je continue
à espérer. Je demande à tous ceux qui, à
Maurice peuvent faire quelque chose, de mettre la pression sur
les politiciens malgaches afin de mettre fin à cette situation
de crise qui enfonce Madagascar dans la misère depuis des
années et oblige les Malgaches à jouer aux survivants."
HISTOIRE
Le séjour du naturaliste Charles Darwin à Maurice
En cette année où le monde célèbre
le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, l'île
Maurice ne pouvait rater le coche et manquer d'apporter son son
de cloche à la partition. Et cela pour deux bonnes raisons
- d'abord, en raison de sa stature d'homme de science émérite,
et ensuite, en raison du séjour qu'il effectua à
l'île Maurice en avril 1836.(1)
L'importance de Charles Darwin, le naturaliste britannique qui
révolutionna la science de la biologie par sa " double
thèse des origines évolutives des espèces
et de la loi de la jungle pérennisant les moins vulnérables
"(Idem), est telle qu'il a été classé
au rang de la quatrième personnalité britannique
de tous les temps,selon la BBC. Mais rien dans son enfance ne
le prédestinait à une telle renommée. "
Fils et petit-fils de médecin, Darwin était né
dans le Shropshire en Angleterre, le 12 février 1809
Il
perdit sa mère alors qu'il avait 8 ans. C'était
un enfant qui n'aimait que chasser aux oiseaux, attraper les rats
et jouer avec les chiens. Un adolescent paresseux, pas brillant
en classe. Son père veut l'intéresser aux études
médicales alors qu'il a 16 ans et après 2 ans il
en a assez. Il s'intéresse surtout à l'histoire
naturelle, passant son temps à collectionner des mouches,à
faire de longues marches dans la nature. "(2)
Son père lui propose alors une carrière d'homme
d'église. Ce qu'il accepte, " se disant que dans
une paroisse à la campagne il aurait du temps pour recueillir
plantes et insectes. "(Idem) Mais cela, non plus, ne
lui réussit pas. " In 1828 he entered Christ's
College but three years at Cambridge and the acquisition of a
degree did not strengthen his vocation for the Church. He belonged
instead to a group of sporting gentlemen and spent his time riding
and shooting, and what was more important, pursuing his interest
in natural history." (3)
Maurice en vue sous une déferlante harmonieuse
Peu de temps après,Charles Darwin a la chance d'embarquer
" comme naturaliste sur le Beagle, capitaine Fitzroy,
remplaçant par un hasard providentiel celui qui, empêché,
n'avait pu faire partie de l'expédition. "(2)
C'est sur la recommandation de John Stevens Henslow,Professeur
de botanique à l' Université de Cambridge que Charles
Darwin est accepté pour faire partie de l'expédition
qui durera " 4 ans, neuf mois et cinq jours ",(idem)
et au cours de laquelle il recueillera les données scientifiques
et géologiques et produira le journal qui fera de lui l'une
des figures le plus célèbre et controversable du
19e siècle.
C'est sur le chemin de retour de cette expédition, "
après un voyage de 4 ans et 4 mois ",(idem) que le
HMS Beagle mouillera en rade de Port-Louis le 29 avril 1836. Doublant
la pointe nord de l'île quelques heures plus tôt,
Darwin, fasciné à la vue du paysage enchanteur qui
se dessine au loin, écrira dans son journal: "From
this point of view the aspect of the island equalled the expectations
raised by the many well-known descriptions of the beautiful scenery.
The sloping plain of the Pamplemousses, interspersed with houses
and coloured by the large fields of sugar-cane of a bright green,
composed the foreground. . . Towards the centre of the island
groups of wooded mountains rose out of this highly cultivated
plain ; their summits. . . being jagged into the sharpest points.
Masses of white clouds were collected round these pinnacles, as
if for the sake of pleasing the stranger's eye. The whole island
with its sloping border and central mountains, was adorned with
an air of perfect elegance : the scenery, if I may use such an
expression, appeared to the sight harmonious."
Trouvant Port-Louis "unmistakably French" dans une
colonie britannique
Le premier contact de Darwin avec Port-Louis qui a lieu le lendemain
de son arrivée, est une vraie révélation.
" Darwin was surprised to find Port Louis so unmistakably
French (although the island had been under British rule for twenty-six
years)." (Idem) La capitale "a l'aspect d'une
ville française : les Anglais parlent français à
leurs serviteurs, les boutiques sont françaises. "(2)
Cette touche, voire cette omniprésence française
s'explique. En premier lieu, les Anglais ne sont jamais venus
s'établir en masse à Maurice. En fait, la colonisation
européenne de l'île a de tout été dominée
par la présence française. En second lieu, l'installation
permanente des personnes de souche africaine et indienne à
Port-Louis a eu lieu seulement après la pleine émancipation
des anciens esclaves vers la fin des années 1839, suivant
l'abolition de l'apprentissage. Les Indiens viendront beaucoup
plus tard lorsque les Franco-Mauriciens déserteront massivement
Port-Louis dans les années 1850 et 1860, afin de se mettre
à l'abri des épidémies de choléra
et de malaria.
Aux yeux de Darwin, Boulogne et Calais en France sont davantage
imprégnés de culture anglaise que Port-Louis où
un théâtre vivant et des librairies bien achalandées
contribuent substantiellement au maintien d'une culture française
vivante dans l'île. " Darwin said the theatre in
Port Louis was a very pretty little building and noted that good
singers sang in opera there. "(4) C'est l'époque
où le conservateur Constant Haudouart règne en maître
au théâtre de Port-Louis et porte le répertoire
de représentations théâtrales à son
summum. Les Mauriciens découvrent alors " La Dame
Blanche ", " Le Barbier de Séville ", "
Le Mariage de Figaro ".(5)
Séjour au château de Lloyd, le " Lwellyn
Castle " aux Plaines Wilhems
Durant son séjour d'une dizaine de jours à Maurice,
Charles Darwin se lie d'amitié avec " John Augustus
Lloyd, the surveyor general and a keen amateur geologist, who
invited him to stay at his country house. "(3) Cette
invitation lui est donnée ainsi qu'à Stokes, un
officier du Beagle , au soir du 3 mai. Auparavant, " le
1er mai, il prend la route côtière qui mène
vers le nord de l'île " où " il
vit un champ de lave noire recouvert d'herbe et de buissons de
mimosas " , et " le lendemain, il fait l'ascension
du Pouce et s'interroge sur le type de formation volcanique de
nos montagnes. " (2) A propos de son séjour au
" Lwellyn Castle ", Darwin écrit dans son journal
:
" Nous avons passé 2 jours dans cet endroit charmant
situé à environ 800 pieds au dessus du niveau de
la mer. L'air était doux et frais et de tous côtés
on pouvait faire des promenades délicieuses. Tout près,
un grand ravin d'environ 500 pieds de profondeur s'était
formé à travers des ruisseaux de lave légèrement
inclinés qui descendaient du plateau central. "
Sur le dos d'un pachyderme dans le cadre pittoresque de Rivière
Noire
Après les deux jours passés au 'Lwellyn Castle'
(aujourd'hui Le Thabor à Beau-Bassin), Lloyd emmène
Darwin visiter le district de Rivière Noire à l'ouest
de l'île. " Le 5 mai, dernier jour de la visite
au Llwelyn Castle, Lloyd les emmena à la Rivière
Noire afin que Darwin puisse examiner des formations de corail
émergé. Il voit d'agréables jardins, de beaux
champs de canne à sucre poussant parmi des blocs de lave,
des routes bordées de haies de mimosa, des avenues de manguiers
non loin de plusieurs maisons. La vue de collines et de fermes
cultivées est d'un si bel ensemble qu'il a envie de s'écrier
: " Qu'il doit être agréable de passer sa vie
dans de si paisibles demeures ! " Le pachyderme que possède
le capitaine Lloyd les accompagne à mi-chemin de sorte
qu'ils peuvent faire une promenade à dos d'éléphant
dans la vraie tradition indienne. "(2)
Ecrivant à propos de ce voyage inoubliable à dos
d'éléphant, Darwin écrit ceci dans son journal
: " Ce qui m'a le plus surpris, c'est que son pas ne faisait
aucun bruit. Cet éléphant est le seul à être
présent sur l'île mais il est dit qu'on va en faire
venir d'autres. "
Maintien des contacts avec la communauté scientifique
mauricienne
Rentré en Angleterre le 2 octobre 1836, après avoir
quitté Port-Louis le 9 mai, ce n'est pas pour autant que
le cordon est coupé entre Darwin et l'île Maurice.
Il continuera à correspondre avec la Société
Royale des Arts et des Sciences à Maurice et gardera contact
avec la communauté scientifique mauricienne de la mi-19e
siècle. Ainsi " le botaniste mauricien Louis Bouton
lui avait écrit au sujet de la grande taille et de la forte
musculature des Seychellois et Darwin lui avait répondu
en discutant du cas et en le comparant avec celui des habitants
de certaines îles du pacifique. "(2) Et "
par la même occasion, il offrit à la Société
Royale des Arts et des Sciences une copie de son premier livre
(Voyage d'un naturaliste autour du monde) et une photo de lui-même.
"(Idem)
Darwin est de ces hommes de science qui signent une pétition
adressée au gouvernement mauricien pour que ce dernier
s'engage officiellement à protéger les tortues géantes
d'Aldabra, les Seychelles étant alors une dépendance
de Maurice. Et il n'est pas allé jusqu'à l'archipel
des Chagos qui l'intéresse pour la construction de sa théorie
sur la formation des atolls coralliens.
Darwin commémoré au Thabor et au MSIRI
Le 23 mars dernier une scène insolite se déroule
au Thabor, anciennement " Llwelyn Castle ", le château
que se fit construire en 1831 John Augustus Lloyd, " civil
engineer and surveyor general in the colony of Mauritius ".
Le directeur du British Council, Simon Ingram-Hill, est entouré
des membres de la Société de l'Histoire de l'Ile
Maurice (SHIM) alors que Lilian Berthelot fait une causerie qu'elle
a intitulée " Darwin au Thabor ". Elle raconte
ce qui suit :
"En 1836, il invita chez lui un visiteur qui avait alors
27 ans et qui allait devenir un des hommes de science les plus
illustres de la planète - le naturaliste qui allait révolutionner
les concepts existants de l'origine et de l'évolution des
espèces. Il s'agit de Charles Darwin qui, ayant lui aussi
quitté l'Angleterre en 1831, avait embarqué sur
le Beagle pour un voyage autour du monde."(2)
Aussitôt après la causerie, le directeur du British
Council est invité à dévoiler une plaque
commémorative, rappelant que le célèbre naturaliste
Charles Robert Darwin y avait séjourné en 1836.
On peut lire sur la plaque :-
A l'occasion de son séjour à l'Ile Maurice
(29 avril au 9 mai 1836)
le naturaliste
Charles Robert Darwin (1809-1882)
résida ici du 3 au 5 mai 1836.
Société de l'Histoire de l'Ile Maurice
23 mai 2009
Architecture écossaise et appellation galloise pour
un château
L'ingénieur civil Lloyd fit construire le château
trois ans après son affectation dans l'île où
il arriva en 1831. Il fit acquisition de la propriété
à Beau-Bassin où il construisit le bâtiment
principal et la tour sur le modèle d'un château écossais,
auquel il donna le nom de " Llwelyn Castle ". L'historienne
Lilian Berthelot a soutenu que le nom Llwelyn au moins est gallois:
" La plus ancienne résidence de la région
reste jusqu'à nos jours la demeure où nous nous
trouvons. Elle a été construite en 1834, par le
lieutenant-colonel John Lloyd qui l'avait appelée Llwelyn.
Ce nom a intrigué plusieurs de nos historiens qui y ont
vu une réplique d'un château écossais, ou
un rappel du prénom du fils de Lloyd, entre autres. Je
crois seulement que l'appellation est on ne peut plus galloise.
"(2)
Ce qui fait, au bout du compte, qu'en mai 1836, un Anglais du
nom de Charles Darwin passa deux jours dans un château à
l'architecture écossaise et au nom strictement gallois.
Une Grande-Bretagne en miniature.
La Société Royale des Arts et des Sciences aussi
marque l'événement
De leur côté, en février dernier, la Société
Royale des Arts et des Sciences et l'Institut des Recherches de
l'industrie sucrière, sous la férule de Claude Ricaud
et de René Ng Kee Kwong, ont marqué le bicentenaire
de la naissance du naturaliste Darwin à leur façon
au Bonâme Hall et à l'Arboretum de l'Herbier du MSIRI
à Réduit : " La Société Royale
a, en effet, invité ses membres ainsi que plusieurs personnalités
scientifiques et diplomatiques, dont le haut commissaire du Royaume-Uni
à Maurice, le Dr John R. Murton, à se réunir,
à l'occasion de l'événement que constitue
la célébration du bicentenaire de la naissance de
Charles Darwin. " (7)
Ce jour-là, le président de la Société
Royale des Arts et des Sciences, Claude Ricaud, situe l'importance
scientifique de Charles Darwin, retrace les faits de sa vie et
son uvre, et rappelle " les grandes lignes d'une
uvre scientifique déterminante, qui voit établir
la théorie des origines évolutives des espèces,
expliquant les variations d'une espèce à une autre,
les procédés naturels de sélection avec élimination
des espèces les plus vulnérables ou encore celles
peinant à s'adapter à de nouvelles conditions de
survie " (idem) avant d'inviter le haut commissaire du
Royaume-Uni à Maurice, Dr John R. Murtod, à mettre
un plant de tambalacoque en terre à l'entrée de
l'arboretum de l'herbier du MSIRI et à y dévoiler
une stèle dont l'inscription se lit comme suit :
To commemorate the bicentenary of
Charles R. Darwin
(1809-1882)
Sideroxylon grandiflorum
(Tambalacoque)
was planted by
The Royal Society of Arts and Sciences
on Thursday 12 February 2009
Bibliographie
Dr Claude Ricaud, Célébration du bicentenaire
de Charles Darwin - Discours du président de la "
Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius , 12 février
2009
Lilian Berthelot, Causerie 'Darwin au Thabor', 23 mai 2009
(pour le compte de la Société de l'Histoire de l'Ile
Maurice)
Derek Hollingworth, They Came to Mauritius, Oxford University
Press, 1965
P.J. Barnwell & Auguste Toussaint, A Short History of Mauritius,
Longmans, Green & Co, London, 1949
Amédée Nagapen, Histoire de la Colonie, Ilse
de France-Ile Maurice, 1721-1968, Diocèse de Port-Louis,
1996
Week-End, dimanche 31 mai 2009
Yvan Martial, La Société Royale réussit
son pari Darwin in L'Express, 15 février 2009
Arts et scènes
Insular
Une vision plurielle de la danse
La nouvelle création chorégraphique de Jean Renat
Anamah, Insular, voit trois danseurs (Natasha Petit, Jean
Renat Anamah et Stéphane Jababa) évoluer dans un
environnement de rubans, de lumières, de projections d'images
et de musique. Du mouvement des pieds part un chorégraphie,
à la fois travaillée et faisant une large place
à l'improvisation, qui va parcourir tout le corps. Dans
une premier temps, les danseurs ne quittent pas un carré
de sol, pris dans ces rubans qui renvoient au cordon ombilical.
Des corps ancrés dans la terre mais qui tentent ensuite
de se dégager d'une certaine pesanteur. Trois corps agissent
par interaction, s'éloignent, se retrouvent, voudraient
s'élever. On entrevoit un univers singulier fait d'images
en écho aux images virtuelles, aux nouvelles technologies
de la communication. Les mouvements deviennent ensuite plus aériens.
Il y a aussi le travail des mains et des bras, déploiement
d'une gestuelle rhétorique vive. On voit les lignes de
force ou les traits chorégraphiques d'un trio ancré
dans un solide bassin multiculturel. Insular traite du
déracinement, de l'identité enfouie, des étapes
de la communication. L'enchaînement des gestes dégage
une certaine profondeur. Chaque geste est singulier, chaque rythme
est unique. Jean Renat Anamah a réussi un pari qu'il tient
depuis ses débuts : partir de la danse africaine et faire
émerger à présent son propre vocabulaire
gestuel. Le projet de danse que nous avons vu sera concrétisé
les 27 et 28 novembre 2009 au Théâtre Serge Constantin,
Vacoas, à 20h.
Concert au Mahebourg Waterfront
KayKay promet une soirée électrique
Krishna Kumar Kunnath, plus connu comme KayKay l'une des plus
belles voix de Bollywood, promet une soirée électrique
le 16 octobre au Mahebourg Waterfront à l'occasion de la
fête Divali. Il compte à son actif plus de 250 morceaux
en hindi et une cinquintaine dans les langues régionales.
Né le 23 août 1970 au Kerala, KK a réussi
à imposer sa marque de fabrique malgré la présence
des grosses pointures du cinéma indien dont Sonu Nigam,
Shaan, Himesh Reshammiya entres autres. Il avoue son admiration
pour le légendaire Kishore Kumar et le compositeur de musique,
R.D.Burman.
C'est le directeur Vishal Bhardwaj qui lui ouvrit les portes de
Bollywood avec le morceau Chhod Aaye Hum de Maachis.
Il connaîtra toutefois la consécration supreme avec
Tadap Tadap Ke de Hum Dil De Chuke Sanam. Parmi
ses chansons les plus populaires figurent Tu Aashiqui Hai
(Jhankaar Beats), Tu Hi Meri Shab Hai (Gangster), Ajab
Si (Om Shanti Om), Kya Mujhe Pyaar Hai (Woh Lamhe),
Khuda Jaane (Bachna Ae Haseeno), Zehreeli Raatein (Chocolate)
et It's the time to disco (Kal Ho Na Ho).
Divali Nite au Xindix
DJ Rink et DJ Angel derrière les platines
DJ Rink, la reine des platines en Inde et DJ Angel, l'une des
étoiles montantes de la musique techno illumineront les
deux soirées bollywoodiennes prévues pour le 16
et 17 octobre à la discothèque Xindix à Curepipe.
Selon Sharris Sumputh, l'organisateur de ces deux soirées,
la fête de la lumière sera encore plus belle avec
la présence aux platines de ces deux professionnels.
Agée de 25 ans, DJ Rink en sera à sa quatrième
visite chez nous. De son vrai nom, Sneha Shah, DJ Rink possède
les talents nécessaires pour jouer de la transe, de la
techno, le hip-hop, le reggae et le rock. Ses sets comprennent
également des remix des morceaux classiques qu'elle remet
constamment au goût du jour. Elle a poursuivi sa carrière
de deejaying à Singapore et à Bahrein. Les
billets sont en vente dans les magasins Liquid à Rs 300
et Rs 200.
Festival d'art dramatique en bhojpuri
Ghareloo Atyachaar se taille la part du lion
Les oeuvres des réalisateurs ont été d'une
qualité très supérieure à la moyenne
cette année par la virtuosité de la réalisation
et l'interprétation. Le festival d'art dramatique en bhojpuri
a été une occasion pour les jeunes dramaturges d'exprimer
leur révolte contre l'injustice et un réquisitoire
contre la répression aveugle. Ghareloo Atyachaar
(la violence domestique) de Jayantee Raroop s'est taillée
la part du lion en enlevant le trophée de la meilleure
pièce, de la meilleure actrice décernée à
Vimla Govinda Seenauth, de meilleur écrivain, trophée
remporté par le Dr Tarachaud Seenauth et de meilleur directeur
(Jayantee Ramroop).
Le trophée de meilleur acteur est allé à
Sunilduth Bootnah pour son rôle d'un fils ingrat dans Gharposs
Ke Lachan. Rajcoomar Barosee a enlevé la palme de meilleur
acteur de soutien et Kameenee Bootnah, le trophée de meilleur
actrice de soutien pour la même pièce.
Ghareloo Atyachaar prêche l'émancipation de
la femme sans pour autant rejeter les valeurs ancestrales. Kiran
(Vimla Govinda Seenauth) se sépare de son mari, fatiguée
de subir la violence domestique. Elle souffre des troubles mentaux.
Sa mère craint pour son avenir et veut qu'elle épouse
en seconde noces, un autre homme mais Kiran veut ramener son mari
sur le droit chemin. Les divergences de vues, les mécontentements
et les conflits abondent mais Kiran défie toutes les tracasseries
de la vie et fonce vers un idéal. Les personnages ont la
présence et sont intelligemment dépeints. Kiran,
le personnage central exprime la souffrance, l'énergie
et l'amour magnifiquement.
Neetish Dabydoyal a reporté le prix de meilleur décor
pour Bhakti Mein Shakti. Bhagwan Jane Karela Acha Karela
a fait pâle figure en se plaçant troisième.
Expo au Sugar Beach à Flic en Flac
Paysages insulaires
L'hôtel Sugar Beach à Flic en Flac accueille jusqu'au
22 octobre une exposition de peinture de cinq artistes mauriciens.
Accroché aux cimaises de la salle d'exposition, une vingtaine
de tableaux présentent avec une thématique renouvelée
les spécifités d'un art moderne qui se revendique
être plus proche la nature. Réunie autour de ces
tableaux, la réprésentation du corps féminin
avec l'oeuvre du sculpteur Devanand Bungshee. L'expression de
ces artistes a été suivi d'un défilé
de mode, haut en couleurs.
Les travaux de Bernard Charoux, Kishan Beejadhur, Yeshen Gunnoo,
Kalindi Jundoosing et de Siddick Nuckcheddy frappent par leur
raffinement, les variations d'ombre et de lumière. Bernard
Charoux puise ses inspirations dans la nature bien de chez nous.
La matière et les couleurs s'allient dans des teintes subtiles
comme illustrées dans le tableau, Case Créole. La
plupart des oeuvres de Kishan Beejadhur dépeignent les
activités des habitants de Mahébourg et aussi la
vie des pêcheurs des femmes aux champs. Les couleurs dominantes
reflètent respectivement des flamboyants, la mer et la
canne à sucre. Yeshen Gunnoo puise dans ses sentiments
pour exprimer son amour pour la nature. Kalindi Jundoosing en
présentant le tableau Paris Blues, adopte la philosophie
de Claude Monet, Ne peins pas ce que tu vois, mais plutôt
ce que tu aimerais voir.
Siddick Nuckcheddy ne cesse de perfectionner une technique par
le biais d'une recherche constante. Avec Lakok pistass,
il dépeint des petits bateaux de fortune destinés
à naviguer dans les eaux profondes.
Nostalgie, la Reconnaissance
Salle comble, public complètement fan et vedettes en
verve
Le petit mouvement de reins de Jean-Claude, le jeu langoureux
de Roger Clency et le déhanchement vigoureux de Serge Lebrasse
et voilà le public du MGI euphorique ! Conquis, il l'était
dès les premières notes d'Hortensia, le premier
séga de la soirée, interprété par
le couple Marie-Josée et Roger Clency. Mario Armel, à
l'affiche lui aussi le 3 dernier, les succèdent avec Anita
my love et Lina
Le ton est donné. Et les
années 70-80, pour le plus grand bonheur des nostalgiques
et amateurs de séga d'ambiance, remontent en surface avec
le passage des autres têtes d'affiche du concert. Notamment,
Cyril Ramdoo qui faisait son grand retour, idem pour Georges Armelle
et Alain Permal, restés loin de la scène locale.
Quant à Georgie Joe, tout comme en mai dernier lors de
la première édition de Nostalgie, chacune de ses
apparitions a déclenché une véritable effervescence
dans la salle. Entre lui et l'assistance, c'est plus qu'une question
de feeling, c'est carrément une histoire d'amour, relancée
et scellée. Les plus jeunes en sont fans. Telles des groupies
au bord de l'hystérie ils l'acclament, même lorsqu'il
s'embarque dans un slow : Pas presé pou marié,
plutôt
mièvre. Le standing ovation que lui a
réservé "son" public l'a touché.
Plus tard il confiera qu'il a été sensible à
cet hommage et qu'il a versé quelques larmes. D'autres
artistes étaient aussi, visiblement, émus par leurs
retrouvailles avec le public. Certes, Nostalgie la Reconnaissance
n'avait pas la même fragrance que la première édition
: Nostalgie, les Légendes du Séga, en mai
dernier. Mais l'initiative de Geda Music, a mobilisé une
salle comble, heureuse de retrouver l'ambiance d'autrefois avec
des références trop souvent occultées. Gérard
Louis et son orchestre, de même que les danseurs qui ont
accompagné nos vedettes locales ont été à
la hauteur de l'événement. Et comme en mai dernier,
les têtes d'affiche ont été récompensées
par Geda Music, lequel a aussi rendu hommage à Josianne
Cassambo, la voix de Tangalé. En mai 2010,
Geda Music prévoit une dernière édition de
la série Nostalgie.
Georgie Chan Ti Yoo, le cordonnier devenu Georgie Joe
Comme la majorité des ségatiers de l'époque,
Georgie Joe se fiait à sa mémoire pour conserver
les mélodies qui lui trottaient dans la tête et des
paroles qui suivaient. C'est ainsi qu'il a composé Tel
Papa tel piti en 1971. Cette année là, il signait
son premier 45 tours. "J'avais remporté un concours
de chants avec Mo raconte mo lavi. La maison de disques
qui avait décidé de me produire m'avait demandé
de trouver un deuxième séga afin d'enregistrer un
45 tours. Je me souviens qu'après ma rencontre avec le
directeur de cette maison de disques, je marchais à Port-Louis
et je réfléchissais à un texte. J'ai eu alors
une pensée pour mon père, Raoul Chan Ti Yoo, dont
j'étais très proche. C'est comme cela que Tel
papa tel piti m'est venu à l'esprit", raconte
Georgie Joe. Cordonnier, Raoul Chan Ti Yoo avait transmis son
savoir-faire à son fils. "Nous travaillons ensemble
avant que je ne sois engagé pour occuper un poste de responsabilité
dans une usine. Pour chanter, j'avais opté pour nom de
scène Georgie Joe", confie Georgie Chan Ti Yoo.
Lorsqu'il se lance dans les années 70, Georgie Joe reste
dans la mouvance de Mo raconte mo lavi et Tel Papa tel
piti. D'ailleurs, il fait de ce style sa marque de fabrique
pendant quelques années. A 72 ans, il conjugue désormais
le séga au passé. "Je ne chante plus depuis
25 ans. Ce qui me ferait plaisir, c'est que des jeunes reprennent
mes chansons", confie le chanteur.
Tel papa tel piti
Mo ti éna mo garson dan mo lakaz
touzour mo ti koz avek li
Mo dir li enn zour kan to mars lor simé
pa bizin less dimoun koz to kozé
Piti la get mwa li riyé
Li dir mwa papa pa bizin kass to latet
anou al dan laboutik nou kozé
Piti la li get mwa li riyé
li pran dé ver li lavé
Li riss divin li donn mwa
Li maye dan mo likou li kontan
Li dir mwa papa to mem mo papa
to fer mo léker kontan
Abé papa piti finn soulé
Piti finn maye mo likou
Létan ki nou rant lakaz
Mama get sa li ankoler
Li dir wadiré dé kamwad ki apé vini
Piti get sa li kontan li maye dan likou
so mama li kriyé
Li dir mama pa gaynn traka dan la boutik
nou ti kamarad
Kan mo dan lakaz mo respé
Mo kriyé piti piti
Li kriyé papa papa
Pa bizin kass to latet
Parski to fer mo léker kontan
Parol mo dir mo piti
Mo dir li dépi piti mo swayn twa
Mo na pa lé ki to fer mové
Si tou létan to koz kumsa tou
dimoun bizin kontan twa
Mo kriyé piti piti
Li kriyé papa papa
Pa bizin kass to latet
Parski to fer mo léker kontan
Recettes
Gourmandise sans sucre
L'on peut savourer des délices, se faire plaisir et
surveiller sa santé. Alors, pas de culpabilité lorsque
vous dégusterez, à l'heure du thé, le gâteau
à la banane, les crêpes aux fruits, les scones ou
encore le pudding que vous réaliserez vous-même !
Et parmi les ingrédients des recettes puisées du
livre, La santé à table, Comment vivre avec son
diabète de Malika Kallichurn, l'on retrouve de la farine
complète, un élément rare en pâtisserie.
Quant à la décoration de vos plats, laissez vous
guider par votre instinct et ne lésinez pas sur les fruits,
bons pour la santé !
Gâteau à la banane
(Pour 4 personnes)
Ingrédients: 25g de farine complète, 25 g
de gelée sans sucre, 1 banane, 20 g de beurre (ou margarine
légère), 1 oeuf
Préparation. Préchauffez le four à
190°C/375°F/ ou gaz no 4. Préparez 4 petits moules.
Mélangez le beurre, le jaune d'oeuf et la gelée
jusqu'à ce que le mélange devienne épais
et crémeux. Réduisez la banane en purée et
ajoutez-la à la mixture. Ajoutez-y la farine petit à
petit. Incorporez-y le blanc d'oeuf monté en neige. Versez
la mixture dans les moules et faites cuire au bain-marie pendant
5 à 7 minutes.
Valeur énergétique
Energie, 369.9 KJ. Glucides, 11.3g. Sucre 3.5g, autres ,7.8g.
Protéine, 2.8g. Graisses, 4.15g, Cholestérole 10.9
mg. Fibre, 0.68 g.
Pudding de fruits
(Pour 4 personnes)
Ingrédients : 50g de farine complète, 30g
de beurre (ou margarine légère), 1 cuillerée
à soupe de poudre levante (baking powder), 2 oeufs, 1 cuillerée
à soupe de zeste d'orange, 50g de carotte râpée,
1 pomme verte râpée, 30g de raisins secs, 50g de
pruneaux secs, 1 cuillerée à bouche de lait, 1/2
cuillerée à soupe de canelle en poudre
Préparation. Huilez le moule. Hachez finement les
raisins et les pruneaux secs. Mettez les fruits hachés,
la carotte râpée, le zeste d'orange et la pomme râpée
dans une casserole, ajoutez un peu d'eau et laissez cuire à
feu doux jusqu'à ce l'eau s'évapore. Laissez refroidir
et passez les fruits au mixer pour obtenir une purée. Rassemblez
la farine, la poudre levante et le beurre. Travaillez l'ensemble
du bout des doigts. Ajoutez les oeufs et formez une pâte.
Mélangez la purée de fruits et le lait à
la mixture et parfumez de canelle en poudre. Versez le mélange
dans le moule et faites cuire au bain-marie pendant 30 à
45 minutes.
Valeur énergétique
Énergie, 841.6 KJ. Glucides, 24.1g. Sucre 0, autres ,24.1g.
Protéine, 5.0g. Graisses, 10.5g, Cholestérol 121.7mg.
Fibre, 2.4 g.
Crêpes aux fruits
(Pour 8 personnes)
Ingrédients: 75g de farine complète, 50g
de farine ordinaire, 200ml de lait demi-écrémé,
2 oeufs, une pincée de sel, 1cuillerée à
soupe d'huile d'olive. Pour la farce, 100g de gelée sans
sucre
Préparation. Tamisez les deux types de farine et
disposez-les dans un récipient. Ajoutez le sel, les oeufs
et l'huile d'olive. Incorporez-y le lait petit à petit
tout en remuant continuellement pour éviter la formation
de grumeaux. Laissez reposer la pâte. Faites chauffer et
huilez la poêle. Versez en une seule fois la quantité
de pâte nécessaire à la réalisation
d'une crêpe. Tournez légèrement la poêle
en la penchant afin de répartir uniformément la
pâte. Retournez délicatement la crêpe à
l'aide d'une spatule. Farcissez les crêpes avec la gelée
et décorez avec une macédoine de fruits et quelques
feuilles de menthe.
Valeur énergétique
Énergie, 503 KJ. Glucides, 15.8g. Sucre 0, autres ,15.8g.
Protéine, 3.7g. Graisses, 4.21g, Cholestérol 108.8mg.
Fibre,1.0g.
Scones
(Pour 10 personnes)
Ingrédients: 250 g de farine complète, 2
1/2 cuillerées à soupe de poudre levante (baking
powder), 1 pincée de sel, 30 g de beurre (ou margarine
légère), 25 g de sucre roux, 125 ml de lait demi-écrémé
Préparation. Préchauffez le four à 240°C/450°F
ou gaz no. 8. Pétrissez la farine, la poudre levante, le
beurre, le lait et le sel jusqu'à ce que la pâte
devienne homogène. Laissez reposer pendant 30 minutes environ.
Roulez la pâte et divisez pour en faire des pâtons.
Déposez-les sur une plaque beurrée. Avec un pinceau,
badigeonnez les scones avec du lait pour les dorer, durant la
cuisson. Faites cuire les scones au four pendant 15 à 20
minutes. Servez les scones avec de la gelée ou une macédoine
de fruits.
Valeur énergétique
Énergie, 501 KJ. Glucides, 20.14g. Sucre 2.4, autres ,17.74g.
Protéine, 3.6g. Graisses, 3.14g, Cholestérol 7.6mg.
Fibre,1.8g.
Forum
Vous êtes nombreux à nous appeler pour avoir l'astuce
qui donnerait plus de légèreté à votre
gâteau après la cuisson. Hormis l'utilisation de
la levure chimique, veillez à bien monter les blancs d'oeufs
en neige ferme. La pâte ne doit pas être trop compacte,
épaisse avant l'ajout des blancs montés. Incorporez
les délicatement à la pâte pour conserver
l'air. Le beurre, mou, et les jaunes d'oeufs doivent être
de la même température. Préchauffez toujours
le four 10 minutes avant la cuisson.
Boîte à questions
Vous souhaitez améliorer vos recettes? Faites-nous parvenir
vos questions par e-mail: cuisinesunlights@lemauricien.com
ou au 2078286/ 2078200
Votre avis nous intéresse
Vous voulez réagir à une recette ou à la
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Nous attendons
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carte
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par e-mail:cuisinesunlights@lemauricien.com ou au
téléphone:2078286 ou 2078200.
Mes relations au travail
Décodez vos collègues
On les côtoie tous les jours. On partage avec eux quelque
centimètres carrés de bureau, une photocopieuse
capricieuse, un patron tyrannique
On pense bien les connaître,
mais l'entente avec eux n'est pas toujours au beau fixe. D'autant
que certains cachent bien leur jeu... Aujourd'hui, au bureau,
il ne suffit plus d'avoir de bonnes compétences, il faut
savoir aussi gérer ses relations. Pour réagir de
manière appropriée face à nos collègues,
il faut d'abord connaître la personne en face de nous. A
qui avons-nous affaire? Comment le reconnaître? Petit décodage
des spécimens de collègues les plus souvent croisés
et conseils pour gérer les personnalités et éviter
conflits et malentendus...
Collègue no 1 : Le Fainéant
Il y a les moins malins qui affichent tout de suite la couleur
: retards répétés, collection d'arrêt
maladie et squat permanent de la machine à café
Et il y l'autre, le plus difficile à débusquer tant
il se donne du mal à brouiller les pistes. On l'entend
beaucoup : il soupire, prétend être tout le temps
débordée et s'active dans tous les sens, en courant
dans les couloirs ou en étant pendu au téléphone
à longueur de journée. Ce collègue donne
l'impression d'être impliqué à 100 % dans
son boulot. Personne n'ose l'aborder de peur de le déranger.
La Miss Feignasse ou le M. Paresseux peut alors buller en toute
tranquillité et laisser les dossiers s'accumuler
Si vous travaillez directement avec lui, ce collègue risque
de vous planter sur des affaires communes. À vous ensuite
de récupérer à la dernière minute
tout ce qui n'a pas été fait pour ne pas vous faire
taper sur les doigts par Big Boss.
Collègue no 2 : L'Ambition affirmée
Il a débarqué dans la boîte en affichant clairement
ses intentions : il veut progresser, progresser
Son parcours
pro indique qu'il n'a pas eu peur de commencer en bas de l'échelle
pour gravir ensuite ses échelons. Il n'hésite pas
à remonter ses manches ni à prendre la parole lors
des réunions pour proposer des idées. On le croise
rarement à la cantine et il ne fait pas copain-copine avec
tout le monde. Il n'est pas là pour ça! Il est d'une
redoutable efficacité et abat des tonnes de boulot en un
temps record.
Sur de lui et de ses compétences, ce collègue n'a
pas besoin de vous marcher dessus pour parvenir à ses fins.
Au pire, il vous file des complexes et vous énerve, au
mieux, il vous motive à être meilleur.
Collègue no 3 : L'Ambition cachée
Super discret, on ne l'avait pas vu venir
Et pourtant c'est
le collègue qui a les plus longues dents qui rayent le
plancher du bureau! Il a une voix douce, semble timide et prend
rarement la parole en public. En revanche, qu'est-ce qu'il écoute!
Il récolte des informations et s'avère redoutable.
Il s'agit d'un vrai passif agressif. Ni vu ni connu, il envoie
des mails dans votre dos à Big Boss pour lui suggérer
des idées dont vous lui aviez parlées autour d'un
café et lui révèle vos petites erreurs
Il n'aura aucun scrupule à vous enfoncer, mais toujours
avec le sourire.
Loin d'être franc du collier, il avance à visage
masqué et fait ses coups par derrière. Pas facile
donc d'anticiper sa promotion au détriment de la vôtre
Alors méfiance!
Collègue no 4 : La vedette
Il débarque à 11 heures du mat alors que tout le
monde est affairé depuis déjà deux heures,
il est le seul à ne pas être d'astreint les week-ends
et personne ne semble avoir à redire. Mais comment fait-il?
En adoptant une attitude de star dès son arrivée
dans la société, ce collègue a su imposer
ses quatre volontés. Il a su se rendre indispensable, voire
irremplaçable en persuadant son petit monde qu'il était
le seul capable d'accomplir les tâches qui lui incombaient.
Il tient ainsi la direction qui, de peur de voir partir un tel
élément, n'hésite pas à céder
à ses moindres caprices
En fait, en agissant ainsi, il prend le risque de se mettre à
dos le reste des salariés qui auront de plus en plus de
mal à supporter son traitement de faveur et n'hésiteront
pas à l'isoler. Contrairement aux apparences, il n'est
pas du tout intégré dans la boîte.
Collègue no 5 : L'Imposture
Pas facile de le reconnaître puisqu'il met tout en uvre
pour cacher son incompétence. Il sait qu'il n'est pas à
sa place et va donc en faire des tonnes pour prouver le contraire.
Heureusement, il existe quelques signes qui ne trompent pas. En
réunion, il reste toujours vague dans ses réponses
et n'exprime pas clairement ses idées, quitte aussi à
changer d'opinion comme de chemise pour faire plaisir à
la bonne personne au bon moment. En cas de problème, ce
n'est jamais sa faute et il va jusqu'à se défausser
sur les autres en transformant certains de leurs propos. L'Imposture
prétend souvent posséder un carnet d'adresses rempli
de contacts influents, mais comme par hasard, le jour où
on lui demande une preuve concrète, il est bien en mal
de l'apporter. C'est un collègue qui parle beaucoup, fait
de nombreuses propositions mais qui ne sont jamais suivies d'actes.
Si vous n'êtes pas parvenu à la cerner à temps
et si vous travaillez directement avec lui, il vous fera porter
le chapeau en cas d'erreur et sera prêt à tous les
coups bas dès qu'il sentira sa nullité être
sur le point d'être découverte.
Décryptez votre boss
Et apprenez à le
gérer!
Avec notre patron, on a une relation
disons, faite de
hauts et de bas! Même si, parfois, on reconnaît qu'il
n'a pas tort, d'autres fois (nombreuses), le boss nous énerve.
Mais bon, à moins de monter notre propre boîte, un
chef, on en aura toujours un, alors autant faire avec. La bonne
nouvelle, c'est que c'est un être humain. Si, si! Comme
nous. Donc potentiellement gérable pour bien bosser ensemble.
Faites le test ci-dessous et découvrez à quel genre
de chef vous avez à faire. Retrouvez ensuite les conseils
d'un spécialiste des ressources humaines et de l'évolution
professionnelle, pour apprendre à le manager.
Question 1/8 : Quelle est la dernière question
que vous a posée votre chef?
A) Vous étiez où ce matin?
B) A votre avis, on va l'obtenir ce budget?
C) Vous pourriez relire mon rapport?
D) Il paraît qu'il y a des rumeurs sur nos résultats.
Vous en avez entendu parler?!
Question 2/8 : C'est drôle, il me rappelle quelqu'un...
A) Meryl Streep dans "Le Diable s'habille en Prada"
: flippante et méprisante.
B) Daniel Meade, le patron de "Ugly Betty" :
paumé dès que sa super assistante n'est pas dans
le coin.
C) Il n'y a pas à dire, mais parfois votre boss vous rappelle
Kad Merad dans "Bienvenue chez les Ch'tits" :
pote avant tout avec ses troupes.
D) Docteur House : bourré de tics, de problèmes
et de névroses lourdes.
Question 3/8 : Alerte rouge! Le client n'a pas aimé
l'idée que votre équipe lui a soumise. Vous avez
jusqu'à demain pour en trouver une autre. Et il est 19h.
Votre boss dit :
A) bon, on s'y met tous. Si quelqu'un doit partir, qu'il le fasse!
Mais il faudra assumer les conséquences après...
B) on va brainstormer. Et voter pour la meilleure idée.
C) faut que j'y aille, désolé, truc urgent ....
Mais je vous fais entièrement confiance. Je relirai à
l'aube ce que vous m'aurez laissé sur mon bureau.
D) on est une équipe et on va y arriver. Vous êtes
tous avec moi?
Question 4/8 : Celui qui ressemble le plus à
votre boss :
A) Celui du fond. Le seul qui ne se donne pas la peine de sourire.
B) Le tout pâlichon, à droite, en gris. Celui qui
fait un sourire gêné.
C) La blonde en rouge, au milieu. Celle qui fait tout pour attirer
l'attention.
D) Le deuxième en partant de la droite. Pas rasé,
bronzé, brushé de frais... le touriste, quoi!
Question 5/8 : Mine de rien et sans le vouloir, simplement
l'oreille scotchée à la porte de son bureau, vous
avez entendu le Big boss de la boîte passer un savon à
votre vénéré chef et en sortant, ce dernier
:
A) convoque toute son équipe pour vous passer un savon
collectif. Il doit savoir qui a dit du mal de lui au grand chef.
B) boude en silence.
C) sourit de toutes ses dents, ambiance "même pas
mal".
D) vient vous voir pour tout vous raconter et se faire plaindre.
A vous ou un autre membre de l'équipe.
Question 6/8 : Pause déj au travail. Généralement,
où peut-on croiser Sa Seigneurie à midi?
A) Enfermé dans son bureau, il dévore un sandwich
en 5 secondes chrono tout en passant des coups de fil.
B) A la cantine. Parfois avec son équipe, parfois avec
d'autres chefs de service.
C) Jamais au même endroit. Et il revient toujours en claironnant
: "J'ai découvert un nouveau resto extra!"
D) Toujours dans la même brasserie, avec une clique de collaborateurs,
triés sur le volet.
Question 7/8 : Depuis ce matin, vous avez une rage de
dents épouvantable. Le dentiste vous recevra à 17h,
Vous prévenez donc votre boss : à 16h, vous vous
éclipserez.
A) Il vous demande, glacial : "Et vous comptez revenir
demain, ou vous mettre en arrêt maladie?"
B) Il marmonne un "oui, oui" d'un air accablé.
D) Il panique : "Ah, mais j'avais besoin de vous, je voulais
vous demander conseil..."
C) Il vous propose les coordonnées de son dentiste à
lui : "Dites-lui que vous venez de ma part, il est le
meilleur!"
Question 8/8 : Marre à la fin! Vous ne supportez
plus votre collègue, ses coups bas et ses mesquineries.
Vous en parlez à votre boss, qui répond...
A) Mais vous n'avez rien de plus urgent à traiter, franchement?
B) Débrouillez-vous entre vous, je ne veux pas m'en mêler.
Vous êtes grand, non?
C) Vous avez bien fait devenir m'en parler. Je gère. Enfin,
bientôt!
D) C'est vrai qu'il est pénible, votre collègue.
Et qu'il bosse mal.
Plus de A - Le tyran : autorité au travail
C'est le cauchemar sur pattes des salariés! Il veut tout
contrôler, use et abuse de son pouvoir. Parce qu'il veut
tout dominer, il a du mal à déléguer et à
partager les informations qu'il détient. Cette absence
de communication nuit souvent à la bonne marche d'un service.
Il ne supporte pas les esprits libres, il faut lui demander la
permission avant de faire ou dire n'importe quoi! On l'entend
souvent hurler, bref, tout le monde a peur de lui ou d'elle...
mais ne le respecte pas. Deux notions qu'il a tendance à
confondre. Son autre obsession? La montre. Il rêve d'une
pointeuse à l'entrée du bureau pour contrôler
que personne ne tire au flanc.
Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?
Il a peur! Peur de perdre sa place pour laquelle il a certainement
du ramer, peur de perdre la considération de sa hiérarchie
en étant "trop laxiste" et surtout peur
de la communication, qui est un instrument de contrôle à
double tranchant. Son interlocuteur peut en effet prendre la direction
de l'échange et donc la lui faire perdre. Une déchéance
que le chef-tyran ne saurait accepter. Il faut garder en tête
qu'une personne devient tyrannique si on la laisse faire. D'où
la nécessité urgente d'apprendre à lui dire
non. Il ne faut surtout pas craindre de mettre des limites dès
le départ et ne pas hésiter à lui répondre
fermement : "non, je ne travaille pas le week-end",
"je n'accepte pas que l'on me parle sur ce ton".
Mais surtout, sans élever le ton. Au contraire, plus il
ou elle s'énerve, plus il faut rester de marbre. C'est
la seule façon de le calmer. Et d'avoir la paix.
Plus de B - Le paumé, patron incapable
Son souci? Il n'a pas le niveau managérial requis pour
son poste. Il est là par hasard ou alors uniquement grâce
à ses qualités techniques. 9 fois sur 10, c'est
un "chiffreux", un besogneux qui analyse tout.
Privé de la moindre qualité relationnelle, ce n'est
pas un communicant, c'est un "sans-amis".
Il ne sait pas toujours où il va et propose des idées
souvent farfelues, en lesquelles il est le seul à croire.
Sans projet clair et sans décisions pertinentes, son équipe
risque la démobilisation rapide. Au début, elle
l'observe puis s'interroge et enfin se met à guetter la
faute. Dans le pire des cas, elle finit par rigoler ouvertement
de la situation sans qu'il ne remarque jamais rien. Dans son aveuglement,
le paumé est en grande souffrance : il sait mieux que quiconque
se tirer une balle dans le pied!
Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?
C'est un premier de la classe! Il ne doute de rien, il sait mordicus
que la raison se trouve de son côté. Ayant appris
à dominer intellectuellement les choses, il ne voit pas
pourquoi cela changerait dans un poste de manager.
C'est un 'cerveau gauche' qui passe tout au crible de l'analyse
mais sans jamais envisager les autres ingrédients que sont
la matière humaine, la politique, le plaisir, le bonheur,
le paradoxe, la poésie. Il ne faut surtout pas l'entreprendre
sur son terrain : la raison, les chiffres... Là, il est
meilleur que vous. Plutôt que de le contredire, commencez
par acquiescer de la tête pendant qu'il vous parle, pour
le mettre en confiance. Puis, amenez-le vers d'autres options.
Des suggestions sous forme de questions afin de lui laisser toujours
la main sans rien lui imposer : "Et que penseriez-vous
si ...". Ne l'oubliez pas, c'est un paumé mais
ce n'est pas un idiot. Si l'ouverture que vous proposez éclaire
sa lanterne, il vous en saura gré.
Plus de C - Le bluffeur, boss imposteur
Plutôt sympa au premier abord, souriant, il connaît
tout le monde et parle facilement de tout et de rien. Très
charismatique, toujours à la pointe de la dernière
tendance, tout le monde l'aime bien. Mais dès qu'un problème
- ou une surcharge de travail - se profile à l'horizon,
hop, plus personne! Trop occupé à faire reluire
son image, il oublie de ... bosser. Il délègue.
Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?
Il a un grand besoin d'être reconnu et aimé. Parfois
un peu mythomane, il n'hésite pas à s'autoriser
quelques petits arrangements avec la réalité pour
l'embellir et se donner le beau rôle. Il trouve peut-être
dans le monde professionnel l'attention qu'on ne lui accorde pas
dans sa vie perso. La bonne nouvelle, c'est : il n'est pas le
plus difficile des chefs. Inutile donc de vouloir le casser systématiquement
en le mettant face à ses mensonges.Vous le vexeriez et
en feriez un ennemi. En revanche, comme il n'est pas mal intentionné,
il faut oser lui parler franchement pour lui signifier votre inquiétude
quant à la non-avancée d'un dossier et le fait que
l'équipe soit débordée. Évitez de
le faire devant témoins : il supporte difficilement de
perdre la face devant un public.
Plus de D - Le névrosé, boss égocentrique
C'est un être complexe, caractériel, égocentrique,
pas facile, globalement! A la fois lunatique et extrémiste,
il déconcerte toute son équipe, mais aussi ses chefs
à lui. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il change
souvent de job. Avec le temps, il ou elle arrive souvent à
se constituer une garde rapprochée, en qui il a confiance.
Enfin, à peu près ... Ses chouchous : les gens discrets,
effacés, qui ne lui font pas d'ombre, surtout.
Qu'est-ce que ça cache et comment le gérer?
C'est un ou une parano. On est soit avec lui soit contre lui.
Il n'y a pas d'intermédiaire. "Il a beaucoup de
mal à faire la part des choses entre l'affect et le professionnel".
Dans sa tête, quiconque ne partage pas son avis est un traître.
Ne cherchez pas à le comprendre, laissez ça à
son psy! Refusez d'entrer dans son jeu, ne répondez pas
à ses provocations. Il faut essayer de rester impassible,
se contenter de faire son travail sans s'impliquer émotionellement.
En revanche, celles qui ont besoin d'un chef charismatique, d'un
gourou, s'entendront à merveille avec lui... pour un temps,
au moins!
Roman
Yoga Serge Palan
Se réapproprier l'histoire
Yoga Serge Palan est entré en littérature avec
un petit texte poétique Paroles d'un paiën,
publié en 1992 par la Maison des Mécènes.
Le passage au roman survient quinze ans plus tard avec L'Habitation
ou Saint-Julien des Champs (Editions de la Tour, 2009). L'immigration
indienne et la mort sont les grandes inspiratrices de ce premier
roman à caractère historique. Son intensité
tient à la libération de la parole par le récit
d'événements qui ont marqué la vie des immigrants
d'origine tamoule. Il faut le signaler, L'Habitation est
d'abord une aventure des mots, qui explique ce qui peut apparaître
comme des faiblesses de mise en forme du récit et autre
maladresses. Par une technique d'écriture particulière,
Serge Palan invente un moyen d'interroger la colonisation et ses
conséquences avec une spontanéité remarquable.
L'histoire : Goinsamy-Darmalingum, originaire de Madras en Inde,
quitte le territoire de ses ancêtres pour s'installer comme
ouvrier agricole dans une colonie anglaise de l'océan Indien.
Il nouera une complicité avec le colon blanc, trouvera
l'amour, tuera, avant de s'approprier sa terre d'exil. Les personnages
du roman sont de véritables chambres d'écho de l'immigration
indienne, de la présence tamoule et de ce qui s'est joué
dans les années 1860 à Saint-Julien des Champs (Saint
Julien d'Hotman). Un monde double mais aussi un monde qui meurt
et un monde qui naît à la fin du roman ("devant
lui, on apercevait les premiers contours de Quatre Bornes, le
lieu où allait s'inscrire l'histoire de Godefroy Goinsamy-Darmalingum
! dans cette île devenue désormais sienne !")
Le parcours de Goinsamy est une sortie hors du monde colonial
à la rencontre d'autres forces. Serge Palan est un auteur
intéressant pour cette approche post coloniale qui cherche
à échapper à la dualité Blanc/Indien.
Chez Palan les deux cohabitent, donnent la mort pour concrétiser
leurs rêves de liberté. C'est le rôle de la
littérature de prendre en charge ce monde où le
Blanc et l'Indien ont baigné dans le sang. Serge Palan
raconte l'ambivalence des personnages. A mesure que Goinsamy développe
ses stratégies, il gagne la sympathie de son maître.
On voit les forces qui nouent les actes humains. Les personnages
partent, meurent ou deviennent légendaires. Palan fait
émerger des légendes et montre la façon dont
certains hommes ont façonné leur destin. On peut
s'interroger sur la vision de l'Histoire que cette oeuvre narrative
véhicule. L'Habitation est vue par son auteur comme
une traversée par une figure chrétienne (Godefroy
a été baptisé par les missionnaires catholiques).
Ce qui donne au roman une dimension historique traversée
par la notion de salut. A bien des égards, l'Habitation
relève du roman historique. L'auteur se montre soucieux
d'apporter des informations de toutes sortes sur les aspects sociaux
et autres des principaux protagonistes. Il se donne le statut
de témoin qui veut attester la vérité des
faits. On peut lire en guise d'introduction au roman : "...
chaque détail de date, de lieu, de ville, de localité,
est restitué avec exactitude. Seule une partie de l'intrigue
a été élaborée en fiction pour illustrer
les faits de l'époque. Il y a eu effectivement un grand-prêtre
d'origine tamoule, qui a débarqué du Mascal, le
4 septembre 1865 au Port-Louis. L'auteur a donné le nom
de Goinsamy au personnage principal en signe de clin-d'oeil à
cet illustre ancêtre..." Saint-Julien des Champs
est le contexte historique qui sert de cadre à la fiction.
L'histoire de Goinsamy rappelle par certains aspects celle de
Ram (Namasté de Marcel Cabon) qui hérite
d'un lopin de terre et encourage les paysans à s'entraider
et à nouer des relations entre différentes communautés.
Elle perd parfois de son intérêt par les bon sentiments
qui reviennent et certaines scènes d'amour qui tournent
à l'eau de rose. Mais cela n'enlève rien au talent
de Serge Palan qui écrit avec pertinence son premier roman.
L'Habitation est suivie de Speranza Fortuna,
un roman policier qui permet à Serge Palan de s'intéresser
à une histoire de mort à travers le personnage de
Sana-Jana, journaliste d'investigation. Un autre récit
centré sur la mort et un autre point de vue sur les relations
entre communautés à Maurice.
Revue
La quatrième livraison de la revue l'Atelier d'écriture
donne à lire un texte célèbre de Savinien
Mérédac (Auguste Esnouf, 1880-1939) Polyte.
Savinien Mérédac se démarqua des auteurs
mauriciens de la 1ère moitié du XXème siècle
qui conçurent des oeuvres visant à restituer un
univers local, familier (Clément Charoux, Arthur Martial).
De ces textes convenus se détachent ceux de savinien Mérédac
qui tenta de souligner les préjugés raciaux et sociaux
s'exerçant à l'égard des humbles dans les
Pauvres bougres (1929). Polyte Lavictoire est un pêcheur
"créole" ayant beaucoup navigué. Sa femme
l'a laissé sans enfants, et son amour pour la terre. Il
épouse en secondes noces Becca qui le trompera. Polyte
nourrit alors un sentiment de vengeance.
Extrait choisi
Rébecca avait accepté sans déplaisir
cette union mal assortie; c'était son avenir assuré.
Ainsi, lorsque son grand-père Jacob fermait les yeux, elle
n'aurait pas à mendier de l'oncle Isaïe une racine
de manioc ou une bouchée de riz; elle se voyait même,
dans un avenir prochain, maîtresse de l'héritage
de Polyte !
Le vieux jacob Sandésir avait été plus
difficile à convaincre, car Polyte exigeait que le mariage
se fît à la chapelle Saint-Michel; or, les Sandésir
étaient presbytériens, de père en fils, comme
les Lavictoire étaient catholiques; et, à défaut
de convictions religieuses, le même sentiment d'honneur
traditionnaliste tirait de part et d'autre les deux vieillards.
Jacob aurait peut-être résisté jusqu'au bout
s'il fût agi d'un autre que Polyte; mais Polyte, lui, pour
parpaillot qu'il fût, n'eut jamais admis un mariage sans
la bénediction de Mon-père ! Comme toujours, grand-Guèle
l'emporta.
Becca n'est pas malheureuse. la vie lui a donné tout
ce qu'elle en attendait, et encore un peu plus. Elle mange à
sa faim ; et, pour ce qui est du plaisir d'amour, sa gourmandise
est satisfaite aussi : rien ne lui manque.
Livret sur l'engagement en vue du développement durable
La gestion des déchets : une attention et une diligence
accrues
Plus qu'une question technique, la gestion des déchets
est devenue un sujet de société, où se mêlent
considérations éthiques et politiques. Des solutions
techniques et autres existent pour tous les déchets. Elles
doivent être clairement expliquées. Les soeurs et
citoyennes Adi Teelock et Nalini Burn nous livrent une collection
d'articles parus dans le journal Le Mauricien, entre avril
et juillet 2009, dans la page Forum du journal (les textes envoyés
n'engageant que la responsabilité des auteurs). Eco-responsabilité
citoyenne! (Maurice 2009) : ces articles concernent les débats
et controverses autour du projet d'incinérateur de déchets
ménagers proposé par la firme Gamma Civic en partenariat
avec la multinationale américaine Covanta Energy à
la Chaumière. Il y a eu depuis la mobilisation des habitants
d'Albion, la naissance d'un collectif et l'engagement de deux
citoyennes dans le développement durable. C'est la conviction
d'une voie alternative durable et le bien-être de la population
mauricienne qui explique la publication sous forme de livret des
différents articles parus dans la presse en parallèle
avec l'engagement d'autres citoyens sur le terrain. Il s'agit
d'un travail d'explication (du point de vue du collectif) et d'un
témoignage écrit de la participation active de citoyens
mauriciens à la vie de leur pays. Adi Teelock a rappelé,
lors du lancement du livret à Port-Louis, que sans la vigilance
des citoyens mauriciens l'incinérateur serait déjà
en place. Elle les invite à présent à faire
preuve de responsabilité et à contribuer d'une certaine
manière à tous les aspects du développement
durable à Maurice. Le livret Eco-responsabilité
citoyenne ! Maurice 2009 (conception graphique originale sur
papier recyclé) est en vente dans toutes les librairies
à Rs 100. Les bénéfices iront aux projets
de compostage et de recyclage des déchets.
6e Jeux de la Francophonie
SR Dance, de l'or et de la reconnaissance pour
Naissance nou kiltir
C'est avec une médaille d'or et un trophée, remis
en mains propres par la Première Dame du Liban, Wafaa Michel
Sleiman, que la troupe de danse, SR Dance est rentrée
au pays, jeudi dernier. Heureux et fiers d'avoir honoré
le quadricolore dans la catégorie culturelle, les sept
danseurs du groupe et leur chorégraphe, Stephen Bongarçon,
sont encore-nous confie celui-ci-émus. Car, ce sont 15
groupes de danse de haut niveau venus des quatre coins du monde,
défendre leurs créations sur la scène artistique
au sixième Jeux de la Francophonie que les danseurs mauriciens
ont évincé sans mal
si ce n'est le malheureux
accident de Samuel Joseph lors de la première représentation
de Naissance nou kiltir. Répartis en différents
groupes, les pays représentés ont passé des
étapes de sélection avant celle de la finale, le
3 dernier. Et en lice pour la plus haute marche du podium, Maurice
s'est retrouvée en face de la France, le Rwanda, le Vietnam
et le Liban. "Nous étions tous jugés selon
des critères axés sur l'originalité, tant
au niveau des costumes, de la chorégraphie, des styles
choisis et le thème", explique Stephen Bongarçon.
Mélangeant des techniques développées-basées
sur la fusion entre le bharatnatyam et le modern jazz- au cours
de ses longues années de formation et de prestation en
France, il a inclus des pas évoquant le séga dans
sa chorégraphie. Faisant ainsi de Naissance nou kiltir,
une création complète autour de la diversité
mauricienne. Le Rwanda et la France se sont classés deuxième
et troisième respectivement. Cette récompense pour
SR Dance est significative à plus d'un titre. En
brillant dans un contexte international, la troupe s'attend à
ce que ses compétences soient reconnues et appréciées
au pays. "Même si je savais que mes danseurs touchaient
de près la médaille d'or, et que je ne me suis pas
trompé, ce qui est à venir à Maurice est
encore plus important pour nous. Comment réagiront les
autorités lorsque nous leur demanderons de l'aide pour
que nous puissions participer à des concours de haute facture,
ou encore pour l'avancement de la danse?" se demande
Stephen Bongarçon. Dans le passé bien des portes
sont restées fermées quand il a sollicité
du soutien. "J'espère présenter Naissance
nou kiltir aux Mauriciens en décembre prochain, pour
cela j'aurais besoin de sponsorship. Voudra-t-on m'aider maintenant?"
C'est l'appel lancé à bons entendeurs par un
médaillé d'or
Ballroom dancing
Des cours de perfectionnement
Le britannique David Cruwys donnera des cours de ballroom dancing
du 14 au 22 novembre à la David Academy of dancing. David
Cruwys, membre du grand jury lors de la National Ballroom Dancing
Competition est de retour pour partager ses connaissances dans
ce domaine. L'initiative revient à l'agence Immedia. Pour
les professeurs de danse, les niveaux de perfectionnement sont
le bronze level et le silver level. Le bronze
level d'une durée de 14h coûte Rs 8000 par couple,
le silver level d'une durée de 14h également
est à Rs 9000 par couple. Les "social dancers"
auront l'occasion de choisir le type de danse dans laquelle ils
voudraient se perfectionner. Chaque type de danse d'une durée
d'une heure sera facturé à Rs 600 par couple. Les
fiches d'inscription sont disponibles à l'agence Immedia
à Port-Louis.
Street Culture
Dancehall : le bâtard du reggae
Venu tout droit de la Jamaïque, le dancehall, longtemps
interdit d'antenne pour ses propos obscènes (ndlr : slackness
), est né dans le tourment culturel d'une île en
proie à des problèmes de société aigus
et complexes. Drogue, crime, sexualité libérée...
Le dancehall représentait une nouvelle génération
qui réclamait une musique à laquelle elle pouvait
s'identifier après dix ans de culture roots. Ce fils bâtard
du reggae a depuis connu une autre tournure en devenant plus consciencieux.
Bruno Raya, Don Panik, Kymai et Drik-C (France) nous entraînent
dans les avenues de cette sonorité jamaïquaine.
Il fallait trouver un fils rebelle pour que le reggae évolue
autrement et s'exprime sur des sujets qui ne cadrent pas forcément
avec son esprit et sa philosophie. Et c'est ainsi que le dancehall
a été lancé dans les années 80/90
avec des noms tels que Augustus Pablo, Yelloman, Sizzla, Buju
Banton... partisans du slackness, morceaux aux paroles grivoises,
classés X. Et même les femmes s'y mettent, notamment
Lady Saw, Ce'cile... La Jamaïque a évolué et
sa musique avec elle et toutes les négativités qui
l'accompagnent.
Comme le souligne Jérémie Kroubo Dagnini, chercheur
de la musique jamaïcaine, dans le magazine Reggae Story (Les
Inrockuptibles) : "le dancehall et ses dérives
slackness, est à la fois une rupture avec le reggae d'un
point de vue musical et thématique mais aussi une continuité
car il reflète son époque jamaïcain".
Bruno Raya, "le dancehall n'a fait que commenter la réalité
de la Jamaïque"
"Le dancehall est indéniablement le fils du reggae,
mais sa philosophie est différente. A la base, c'est une
musique pour danser et pour s'exprimer. Et souvent avec des messages
sales... c'était ça le dancehall au départ.
Avec la montée de la violence en Jamaïque et la venue
des drogues dures ainsi que de la vie de débauche des jamaïcains,
cette musique n'a fait que commenter la réalité
de l'île", explique Bruno Raya, leader d'OSB Crew.
Beaucoup parle de perversion, de perte de la musique roots avec
la venue du dancehall.
Le dancehall s'est établi à travers des personnages
patibulaires comme Yellowman, avec une tendance à la fainéantise,
à la nonchalance et des textes obscènes (slackness).
Le dancehall a opté pour une attitude nauséabonde
afin de ne satisfaire que les foules et des sonos mobiles. Véhiculant
des messages carrément sexuels et des propagandes homophobes,
le dancehall adopte un penchant très dangereux dès
son départ. Le maître du genre Buju Banton adoptant
cette mouvance fut parmi les premiers artistes jamaïcains
bannis en Europe pour ses propos. Malgré tout, cette tendance
gagne très vite, le vieux continent et trouve des émules.
"Beaucoup d'artistes européens font encore du dancehall
slackness", souligne l'arrangeur musical français
Drik-C.
Le dancehall a du s'adoucir pour être plus en phase avec
la musique de son père : le reggae. "Ce n'est point
acceptable pour le grand public d'écouter ou de tolérer
le slackness. C'est pourquoi le dancehall a changé de profil
pour devenir plus positif dans ses propos", souligne
Kymai, membre de NZH, actuellement à Maurice.
Ainsi avec la vague slackness qui perdure encore dans le
monde underground, les acteurs de cette sonorité ont changé
de parcours. Fini les histoires "d'anaconda d'Elephant man",
maintenant Sizzla, Capleton, Buju Banton composent des messages
de positivité. Et aujourd'hui les chansons populaires du
dancehall ont souvent le même type de messages à
faire passer que le reggae : militer contre Babylone pour la
légalisation de la marijuana mais aussi des revendications
sociales ou politiques plus diverses, ou simplement des chansons
d'amour...
Des sons et de la fusion pour Don Panik
Don Panik adepte du mouvement a grandi avec cette musique et n'a
pris que le bon côté. "C'est un mouvement
positif et énergique. A Maurice, on n'a pas encore trouvé
le mouvement et le concept de cette musique dans son intégralité.
Et c'est cela que je veux faire avec ma musique. J'adopte un dancehall
proche du reggae, (reggae dancehall) avec beaucoup de créations
et de liberté. Cette musique permet aussi des rencontres
sonores merveilleux et se mélange facilement".
Sur le marché local, même si beaucoup de soldats
militent pour ce courant musical, il "reste encore du
boulot à faire. Comme le reggae, le dancehall ne meurt
jamais. Et sa langue d'aujourd'hui est universelle, que ce soit
dans le chant et la danse", ajoute ce dernier.
Musicalement le dancehall ne stagne pas que dans le reggae, il
a évolué pour se greffer à d'autres tendances.
On retrouve aujourd'hui du dancehall house, electro, voir pop
pour un public plus clubbing ; le R&B des américains
à conduit à cet état de choses. "Le
dancehall a grandi avec son temps. Que ce soit le dancehall slackness
ou le dancehall consciencieux, les deux sont présents en
France. Aujourd'hui, il se melange aussi bien avec du pop qu'avec
du zouk ou encore de la house music... c'est une musique qui avance
avance dans son temps... Elle vient du reggae mais a grandi différement
avec une philosophie propre".
La grande tendance du reggae mondiale s'oriente aujourd'hui sur
deux axes principaux ; messages consciencieux et les côtés
festifs. "C'est cela qui fait qu'il est encore là.
Les gens se retrouvent plus dans ces genres là. Le dancehall
se devait de trouver une philosophie et une identité plus
propre qu'avant pour durer", ajoute Bruno Raya.
Brin d'histoire
Depuis l'apparition des sound systems férocement rivaux
qui, au cours des années 1950, se livraient des batailles
de décibels dans le centre de Kingston, l'histoire de la
musique jamaïquaine chemine à travers le ska, la naissance
du reggae, le dub, le roots reggae et l'influence de Bob Marley
sur ces nouvelles tendances plus dures ayant émergé
au cours des vingt dernières années : le dancehall,
le ragga et la jungle. Mais c'est le dancehall qui a duré,
pour des bonnes et mauvaises raisons.
Le style musical dancehall n'est pas précisément
définissable. A l'origine, il s'agit de toute musique jouée
dans un espace clos. Ce terme désigne plutôt une
connotation de groupe, d'ambiance, de rassemblement. Ainsi, le
dancehall peut aussi bien sonner digital ou hardcore que roots.
Dans les années 1990, il a parfois été associé
à un style qui s'est développé sur la base
de la musique indienne (voir le riddim Bam Bam créé
par Sly & Robbie) et du Hip-Hop. La grande révolution
du dancehall est l'arrivée des machines numériques.
Sean Paul a su distiller une version très "clean et
pop" de cette sonorité jamaïcaine, d'autre comme
Capleton ou Sizzla préfèrent l'aspect roots de cette
tendance et perpétue les messages divins du reggae à
travers le dancehall. Musique devenue internationale, le dancehall
se mélange à toutes les sauces, mais reste indéniablement
un produit jamaïcain.
Focus
Amitabh Bachchan qui célèbre aujourd'hui ses
67 ans est toujours le Big Boss du cinéma indien.
Amitabh Bachchan qui a aujourd'hui 67 ans reste un mythe. Une
légende vivante, un mouvement national dont la popularité
a longtemps dépassé les frontières de l'Inde.
Malgré son âge avancé, il est toujours sollicité
par les réalisateurs. Il termine actuellement le tournage
de Paa et d'Aladdin de Sujoy Ghosh où il
joue le rôle du génie de la lampe. Big Boss sera
également sa prochaine sortie. Acteur, producteur et chanteur,
il a été honoré des plus hautes distinctions
indiennes : Le Padma Shri et le Padma Bhushan. Il
a été le témoin sensible, impliqué
et passionné de l'évolution du cinéma indien
pendant plus de trois décennies. Il a incarné des
rôles saississants avec une vraie tension dramatique et
un élan romantique insoupconné. Une vie totalement
consumée par la passion du cinéma. Il lui suffit
de voir prononcer le mot Moteur! pour donner chair à
ses rêves les plus tenaces et les plus profonds.
Né le 11 octobre 1942 à Allahabad, il est marié
à l'actrice Jaya Bhaduri, père de Shweta et Abhisekh,
beau-père d'Aishwarya Rai. En 2007, il reçoit la
médaille d'officier de la légion d'honneur, la plus
haute distinction française pour sa contribution à
la vie culturelle indienne et internationale. Il est le premier
acteur indien à avoir sa statue de cire au musée
de Madame Tussauds à Londres. A 67 ans, Big B tourne à
plein régime.
Amitabh est le fils d'Harvansh Rai Bachchan, poète reconnu
pour avoir traduit Hamlet en hindi. Son premier rôle
dans Saat Hindustani en 1969 lui a voulu le trophée
de meilleur espoir masculin. Avec Anand, il se surpasse
dans le rôle d'un médecin s'occupant de son ami Rajesh
Khanna atteint d'une maladie incurable. Amitabh connaîtra
son premier succès avec Zanjeer (1973) où
il incarne la révolte d'un jeune homme en colère,
le angry young man partant en guerre contre la corruption
et l'exploitation des couches sociales défavorisées.
Il exprime cette révolte dans Namak Haram, Roti
Kapada Aur Makhan et Deewar. Big B va rencontrer un
immense succès avec Sholay (1975) et il sera encore
plus percutant dans les comédies dramatiques comme Amar
Akbar Anthony, Namak Halal ou l'amoureux transi dans
Kabhi Kabhi et Silsila. Il multiplie les doubles
rôles dans Don et The Great Gambler. En dépit
des rumeurs sur ses soi-disants relations amoureuses avec Parveen
Babi et Rekha, Amitabh a conservé un code d'honneur basé
sur la sincérité, la dignité et la compassion.
Amitabh est capable de transcender n'importe quel rôle et
malgré ses 67 ans, il est très sollicité
par les réalisateurs. Ses registres sont variés.
Il excelle dans les comédies aussi bien que dans les films
d'action.
Depuis Amar Akbar Anthony, il prête sa voix à
une vingtaine de films dont Laawaris où on dance
encore sur le rythme de Mere Angne Mein. Après son
mariage avec Jaya Bhaduri en 1973, il aura deux adorables enfants,
Abhisekh et Shweta. Il se blesse sur le plateau de Coolie
en 1983 et plonge dans le coma. L'Inde entier est en pleurs et
des prières sont dites partout dans la Grande Peninsule
pour sa guérison. En 1982, à l'âge de 42 ans,
il se lance dans la politique aux côtes des Gandhis. Il
est élu avec une majorité écrasante mais
démissionne au bout de trois ans pour une affaire de corruption.
En 2000, il est sacré star du millénium et il incarne
les patriaches inflexibles dans Mohabbatein et Kabhi
Khushi Kabhie Gham. Il surprend tout le monde en 2005 en levant
la palme de meilleur acteur dans Black. Malgré une
santé fragile, Big B multiplie avec Star Plus pour
l'émission Kaun Banega Crorepati. Son rôle
dans Bunty Aur Babli et Sarkar aux côtés
son fils Abhisekh et sa belle-fille Aishwarya est salué
par les critiques. Il surprend encore dans Nishabd et Cheeni
Kum aux côtés des actrices Jiah Khan et Tabu.
Les critiques n'ont pas épargné Amitabh pour son
rôle de méchant dans RGV Ki Aag, le remake
de Sholay de Ram Gopal Varma. Mais Sarkar Raj lui
permet de redorer son blason. Il est aussi très apprécié
pour son travail dans The Last Lear de Rituparno Ghosh.
A 67 ans, Big B prouve qu'il a encore des beaux jours devant lui.
Il n'est pas prêt à abandonner un art qui lui a tout
donné depuis 1969. Nous avons fait qu'un bref survol de
sa carrière de celui qui a marqué le cinéma
indien d'une pierre blanche.
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