f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009



  Controverse autour de l'Italien Pietro Allata - Une balle de calibre 0.38 attend toujours de livrer ses secrets
  Brèves policières
  Accusé d'avoir ourdi un complot pour vol - Le policier Gunoory arrêté et incuplé pour propos séditieux
  Zone franche - Chentex Garments placée sous administration judiciaire


Controverse autour de l'Italien Pietro Allata

Une balle de calibre 0.38 attend toujours de livrer ses secrets

Sexe, mensonges et… balle. Ce qui pourrait être le scénario d'un thriller hollywoodien est, en fait, les quatre derniers mois de l'homme d'affaires italien Pietro Allata à Maurice. Ce dernier, richissime pour beaucoup, est aussi connu pour être un ami proche du Premier ministre italien Silvio Berlusconi, également actionnaire du célèbre club de football le Milan AC. Pietro Allata ne connaît que des déboires depuis quatre mois. Durant cette période, il a été arrêté, traduit en Cour et libéré sous caution à deux reprises pour allégations d'attentat à la pudeur et d'attouchements. Durant la semaine, un coup de feu a été tiré à Grand-Baie en direction d'une agence immobilière appartenant à l'Italien. Selon les recoupements effectués par Week-End, il ressort que la balle tirée proviendrait d'une arme de calibre 0.38, comme celles utilisées par la force policière, mais aussi par un certain nombre de boîtes de sécurité. Selon nos renseignements, cette balle a été soumise au Forensic Science Laboratory (FSL) pour une expertise approfondie.

Qui peut bien en vouloir à Pietro Allata ? C'est précisément la réponse à cette question que la police de Grand-Baie tente actuellement de trouver. Depuis quatre mois environ, l'homme d'affaires italien s'est retrouvé en face de deux allégations du même genre. Toutes deux proviennent de deux de ses ex-employées, toutes deux allèguent avoir été pelotées et tripotées par l'Italien, qui, lui, se défend en disant qu'il avait licencié les deux femmes parce qu'elles lui auraient volé des vêtements dans ses magasins. Le magnat italien possède, en effet, des magasins de vêtements griffés. Alors que les accusatrices de l'Italien et ce dernier se crèpent le chignon par voie de dépositions policières interposées, un coup de feu est tiré aux alentours de 0h25 dans la nuit de mardi à mercredi, en direction du bâtiment Prestige, sis à Sottise Road, Grand-Baie. Le bâtiment en question appartient à Pietro Allata. Le coup de feu a causé des bris de vitres. Selon la déposition consignée par Mathieu Eid François, 46 ans, veilleur de nuit à la police, au sujet de cet incident, alerté par le bruit, il devait se ruer hors du bâtiment. Dans la pénombre, il devait apercevoir une voiture roulant à toute vitesse en direction de Pointe-aux-Cannoniers.

Dans le giron de l'enquête policière, l'on espère avoir davantage de précisions au sujet de l'arme utilisée ce soir-là, et ce, à partir d'une balle de calibre 0.38 ramassée sur les lieux. Le 0.38 est notamment utilisé par la force policière, mais aussi par les compagnies de gardiennage et de surveillance. S'agirait-il d'une arme volée? A hier, aux Casernes centrales, personne ne voulait s'aventurer à formuler des hypothèses au sujet de cette arme. "La balle tirée par cette arme a été remise au FSL aux fins d'examens balistiques. C'est à partir des résultats que nous verrons plus clair dans cette affaire", a-t-on fait ressortir à Week-End hier.

Dans les milieux de l'enquête policière, l'on faisait également ressortir que le coup de feu tiré en direction d'une propriété appartenant à Pietro Allata peut être interprêté comme un "avertissement" ou un "coup de semonce" visant à faire peur. La police met actuellement les bouchées doubles afin de retrouver l'auteur du coup de feu. Interrogé par Week-End, son homme de loi, Me Samad Goolamaully, a déclaré: "Mon client a toute confiance en la justice mauricienne. Il fait complètement confiance à la police. La CID de Grand-Baie travaille correctement. Nous attendons des développements".

Il nous revient également qu'un haut dignitaire du gouvernement italien a fait personnellement le déplacement à Maurice pour suivre la situation relative à Pietro Allata de plus près…


Le controversé Pietro Allata a des projets pleins la tête pour le football mauricien

Pietro Allata, à l'image de son ami personnel Silvio Berlusconi, traîne derrière lui une image sulfureuse et controversée. Cela ne l'empêche pas de nourrir des projets plein la tête par rapport au développement du football à Maurice. Il ambitionne, ni plus ni moins, de voir Maurice prendre part à la coupe du Monde de 2014 ou de 2018 !

Pietro Allata a défrayé la chronique en Belgique en 2006 après avoir été impliqué dans un vaste scandale relatif à des matches truqués de la Jupiler League (championnat de 1ère division belge). Agent de joueurs de plusieurs équipes de la ligue belge, Allata avait été, à un moment, accusé d'avoir truqué des matches. Arrêté puis libéré par la justice belge, sa culpabilité n'a jamais été établie dans ce vaste scandale financier. Durant le déroulement de l'enquête, la police belge avait saisi plusieurs millions d'euros, pour lesquels Allata se bat encore.

Homme d'affaires connu pour être implacable, Pietro Allata est aussi actionnaire du Milan AC. Il a joué un rôle de premier ordre dans le transfert de la star mondiale Ronaldinho, qui est passé de Barcelone au Milan AC il y a un an. Son carnet d'adresses particulièrement fourni contiendrait les noms des plus importants hommes d'affaires européens de même qu'asiatiques.

Selon son homme de loi, Pietro Allata rencontrera d'ici peu le ministre des Sports, Devanand Rittoo. L'Italien souhaiterait la création d'un Bootcamp de football à Maurice et serait disposé à le financer entièrement, ainsi que d'obtenir le sponsorship d'un équipementier de classe mondiale pour la sélection nationale. À ne pas écarter, non plus, une tournée prochaine du Milan AC à Maurice…


Brèves policières

Un Srilankais kidnappé, tabassé et jeté dans la rue

Un ressortissant sri-lankais, Lallith Prashant Kanganike, 34 ans, fait actuellement l'objet d'une enquête policière serrée. Il a été retrouvé lundi matin gisant à même le sol, non loin d'un hôtel à Balaclava. Il avait été roué de coups et se trouve dans un état grave à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam de Pamplemousses. Interrogé, il devait faire ressortir que le même jour, alors qu'il se trouvait à son dortoir à Terre-Rouge, huit personnes l'ont forcé à entrer dans un van. Ces personnes sont celles qui l'ont passé à tabac avant de le jeter à la rue, à Balaclava.

À 14 ans, elle met au monde un fils

La police enquête actuellement sur le cas d'une fille-mère de 14 ans dans le nord du pays. Cette dernière a donné naissance à un fils lundi. Un suspect, qui serait un habitant de Trou-d'Eau Douce, est activement recherché.

Une adolescente grièvement brûlée

Une adolescente de 17 ans, Stéphanie Fortuno, habitant Quatre-Bornes, a été grièvement brûlée à son domicile. Son état de santé inspire de vives inquiétudes. La police de Quatre-Bornes, qui enquête sur cette affaire, privilégierait la thèse de l'incendie accidentel.

Un nourrisson de 2 ans périt dans un accident de la route

Darius Ramalingum, âgé de deux ans, est décédé dimanche dernier des suites d'un accident de la route survenu au Morne. Il avait été percuté par une voiture de maître alors qu'il traversait la route. L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO), a attribué le décès à un "traumatic subarachnoid haemorrage". La police de Rivière-Noire enquête sur ce tragique accident.

Une trentenaire se noie à la Flora

Vishwanee Tahazeea, 32 ans, a péri noyée dans un cours d'eau de la Flora dimanche dernier. Alors qu'elle avait été portée manquante à la police de Grand-Bois, son corps devait finalement être retrouvé vers 3h du matin dans la rivière. Le cadavre devait être extrait de l'eau par les membres du Groupement d'intervention de la police mauricienne (GIPM). L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell a attribué le décès à l'asphyxie par noyade.

Arrêté pour avoir attenté à la pudeur de sa fille

Un trentenaire, habitant le sud-est du pays, a été arrêté par la police. Il est soupçonné d'avoir attenté à la pudeur de sa fille de 11 ans. Selon la version de la fillette à la police, en présence des officiers de la Child Development Unit (CDU), elle était alors âgée de 10 ans lorsque son père aurait commis un acte indécent sur sa personne.

Elle accuse l'ami de son fils de viol

Une femme de 41 ans accuse l'ami de son fils de l'avoir violée. Selon sa version des faits au poste de police d'Abercrombie, la quadragénaire soutient qu'elle dormait à poings fermés quand elle sentit une présence dans son lit. L'homme, qu'elle croyait être son mari, l'aurait violée. Lorsqu'elle se réveilla et se rendit compte que ce n'était point son époux, il était trop tard. Le suspect, qui a été passé à tabac par l'époux en question qui dormait dans une autre chambre, est activement recherché par la police.

Une mineure accusée d'attentat à la pudeur sur un enfant de trois ans

Singulière enquête que celle menée actuellement par la police de Rivière-Coco. Une habitante de la localité y a consigné une déposition accusant sa nièce de 14 ans d'avoir attenté à la pudeur de sa fille de trois ans. Dans la version des faits de la mère, sa nièce de 14 ans était sous influence d'alcool et se serait enfermée dans une chambre avec le nourrison. Le lendemain, la mère dit avoir remarqué que les sous-vêtements du nourrison étaient déchirés, ainsi que des traces de morsures sur son cou. L'accusée est activement recherchée par la police.

Un sexagénaire périt brûlé

Lalcoomar Seechurn, 62 ans, handicapé physique habitant Route Bassin, Quatre-Bornes, a péri brûlé mardi lors de l'incendie de sa maison. L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell a attribué le décès à un "shock following extensive burns". La police de Quatre-Bornes enquête sur les circonstances de cet incendie.

Vol de crevettes d'une valeur de Rs 200 000

Des crevettes, d'une valeur de Rs 200 000, ont été volées jeudi dans une chambre froide sise à Rose-Hill. La police a ouvert une enquête. Aucune effraction n'aura été constatée sur place.

Une sourde-muette de 6 ans agressée sexuellement

La police a ouvert une enquête sur une agression sexuelle qu'a subie une sourde-muette âgée de six ans. Dans les milieux de l'enquête policière, il ressort que les soupçons pèseraient sur un autre enfant.


Accusé d'avoir ourdi un complot pour vol

Le policier Gunoory arrêté et incuplé pour propos séditieux

Le constable Acharyadeo Gunoory, affecté à la Police Information and Operations Room (PIOR) des Casernes centrales, a été arrêté par ses collègues de la police de Grand-Baie. Il est accusé d'avoir tenu des propos séditieux sur les ondes d'une radio privée, mais aussi d'avoir fomenté un complot de vol, ceci afin de toucher les primes d'assurance. La Central Criminal Investigation Division (CCID) a ouvert une enquête dans cette affaire afin de démêler l'écheveau.

Selon les renseignements obtenus par Week-End dans cette affaire, il ressort qu'en quatre occasions, le constable a consigné des dépositions au poste de police de Grand-Baie, pour des vols divers à son domicile et à son chantier. Il a été en partie indemnisé par l'assurance relativement à ces vols. Le 15 septembre dernier, il consigne une 5e déposition pour vol. Mais cette fois, le constable se voit lui-même accusé par un entrepreneur, Bharat Dhunny, 30 ans, au poste de police de Moka. Dhunny devait alléguer que le constable Gunoory lui aurait demandé de consigner une déposition relative à un vol sur son chantier et qu'en contrepartie, le policier lui aurait subséquemment remis Rs 100 000. Selon l'entrepreneur, il n'a pas accepté le marchandage proposé par le constable Gunoory. Ce dernier devait être arrêté par la police de Grand-Baie, emmené par le chef-inspecteur Mosafeer qui, lui, a été accusé de brutalité par Jean-Marie Richard.

Selon la version officielle disponible aux Casernes centrales, le constable Gunoory aurait été ivre au moment de son arrestation. Sur les ondes d'une radio privée, le constable ne devait pas aller de main morte envers ses collègues de la police de Grand-Baie et les a accusés de l'avoir arrêté arbitrairement. Les propos du constable sur les ondes ont immédiatement débouché sur une enquête de la CCID. Accusé en Cour de sédition, le constable a été libéré sous caution.


Zone franche

Chentex Garments placée sous administration judiciaire

Après plusieurs mois d'inactivité, mettant du coup plus d'une centaine d'employés au chômage technique et sans soldes, l'usine de textile Chentex Garments Ltd a, en fin de semaine, été placée sous administration judiciaire. La direction de l'usine - qui comptait plus d'une centaine de travailleurs étrangers, dont des Bangladais - a renvoyé une partie des ouvriers chez eux. À l'instar d'une trentaine de Mauriciens, d'autres ouvriers, toujours sur place, attendent d'être payés. Le mois dernier, 95 travailleurs ont été renvoyés au Bangladesh suivant les directives de la directrice de l'usine et des autorités locales, qui ont pour objectif de faire partir tous les expatriés bangladais du pays au plus tard le 31 décembre.

Les dettes et les difficultés financières de Chentex Garments ne datent pas d'aujourd'hui. Depuis la fin de l'année dernière, l'usine, en pleine crise financière, a commencé à sombrer. Les premiers à payer les frais étant les employés, ils n'ont, depuis décembre, pas obtenu la totalité de leurs salaires. La directrice de l'usine aurait fait appel au gouvernement, à travers le stimulus package, pour remettre son entreprise sur les rails. En vain.

Ainsi, depuis dix mois, plus d'une centaine d'expatriés du Bangladesh se retrouvent sans emploi et sans revenus, casernant dans leurs dortoirs en attendant d'être payés. Parmi les travailleurs concernés, un peu plus d'une trentaine sont Mauriciens. Il y a trois mois, en compagnie d'un groupe de Bangladeshis, il ont décidé de saisir les autorités de leur problème. Ils devaient manifester devant le siège du ministère du Travail et des Relations industrielles, Victoria House, Port-Louis. Une partie des ouvriers bangladais avaient entamé deux jours de grève avant d'être déportés chez eux. Ils réclamaient d'être payés avant de rentrer chez eux.Le mois dernier, un groupe de travailleurs a également été déporté par les autorités. Le traitement réservé à ces travailleurs est déploré par le président de la Textile Manufacturing and Allied Industries Workers' Union (TMAIWU), Fayzal Ali Beegun. "Il ont été renvoyés chez eux par force. Nous ne savons même pas s'il ont été payés ou pas, même si la directrice de l'usine leur a fait comprendre qu'il recevront leur salaire sur place. Le ministère du Travail et des Relations industrielles est au courant de cette situation. C'est aux officiers du ministère de veiller à ce que ces travailleurs reçoivent leur dû avant qu'ils ne quittent le pays", déclare le syndicaliste.Les dettes de l'usine s'élèveraient à plus d'une dizaine de millions de roupies, selon un premier état des lieux de sa situation financière. Le Receiver Manager Raj Gangoosirdar, nommé par la Mauritius Commercial Bank, a pris en charge les affaires de l'usine. La directrice de Chentex Garments avait, pour sa part, soutenu que son entreprise n'avait plus les moyens de poursuivre ses activités.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009