OBAMA, SUPERSTAR MALGRÉ LUI ?
Nous sommes très heureux que Barack Obama, le néophyte
président des Etats-Unis, se soit vu octroyer le prestigieux
Prix Nobel de la Paix, faisant de lui, le troisième président
américain en exercice à obtenir ce Nobel, après
Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson. Eux étaient Blancs,
tandis que lui est Noir... Est-ce suffisant pour faire la différence
? Nous sommes d'avis qu'il y a davantage dans ce choix des sages
d'Oslo.
Nous avons eu l'impression, à écouter le récipiendaire,
que lui-même était, quelque peu, embarrassé
de cet honneur, disant qu'il ne méritait ce Nobel de la
Paix, sachant, en son for intérieur, qu'il n'est locataire
de la Maison Blanche que depuis janvier dernier ; qu'il n'a pas
entrepris grand chose sur le plan diplomatique, que les grands
chantiers dans lesquels il s'était engagé n'ont
engrangé aucune finalité. Sauf que Barack Obama
s'est engagé à fermer la base infamante de Guantanamo,
à se désengager en Irak, à poursuivre le
dialogue avec l'Iran sur la question nucléaire, ou encore
le démantèlement des colonies en terre palestinienne...
Bien sûr, tout cela constitue tout un programme. Un programme
à l'opposé de la politique va-t-en guerre de George
W. Bush. Les notables d'Oslo, dépositaires du Nobel, ne
sont pas des cyniques, encore moins des masochistes. Nous ne pensons
pas qu'ils ont imposé sur Barack Obama cette couronne pour
le mettre à l'épreuve, pour l'intimer à résoudre
les problèmes inhérents à l'Irak et à
l'Afghanistan. Nous croyons que les notables d'Oslo ont voulu
offrir à l'africain-américain, Barack Obama l'occasion
de poursuivre sa politique d'ouverture et de dialogue. Contrairement
à la politique nombriliste du texan borné, George
W. Bush...
Obama est confronté à un véritable dilemme.
Il n'aura plus, avec ce Nobel de la Paix, droit à l'erreur.
Désormais, il devra jouer, comme on le dit dans le jargon
footballistique, en première division, aux côtés
des institutions, telles que l'Amnesty, l'Agence internationale
de l'énergie atomique, de Médecins sans frontières,
mais aussi de Yasser Arafat, de Henry Kissinger, faucon pendant
la guerre du Viet-Nâm, transformé en colombe, du
Dalaï Lama, de Mère Teresa, de Jimmy Carter, de Aung
San Su Kyi, de Martin Luther King, enfin, de Nelson Mandela...
Les nobles d'Oslo ont, donc, placé la barre très
haute en attribuant le Nobel de la Paix à Barack Obama.
Ils ne lui offrent pas de choix médian : réussir
ou entrer dans la spirale des nobélisés sans fleurs,
ni couronnes...
Mais nous sommes d'avis que Barack Obama mesure, déjà,
le poids de ce Prix, que ses conseillers travaillent, déjà,
sur son rayonnement international. Il sait qu'avec ce Prix, la
communauté internationale l'attend au tournant : tant de
chantiers à accomplir. A l'instar de la problématique
israélo-palestinienne ; en finir avec la guerre en Afghanistan
et la question climatique qui avait valu à Al Gore le Prix
Nobel de la paix... Non sans oublier qu'il envisage un monde libéré
d'armes nucléaires !
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009
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