é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009

OBAMA, SUPERSTAR MALGRÉ LUI ?
Gérard Cateaux


Nous sommes très heureux que Barack Obama, le néophyte président des Etats-Unis, se soit vu octroyer le prestigieux Prix Nobel de la Paix, faisant de lui, le troisième président américain en exercice à obtenir ce Nobel, après Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson. Eux étaient Blancs, tandis que lui est Noir... Est-ce suffisant pour faire la différence ? Nous sommes d'avis qu'il y a davantage dans ce choix des sages d'Oslo.

Nous avons eu l'impression, à écouter le récipiendaire, que lui-même était, quelque peu, embarrassé de cet honneur, disant qu'il ne méritait ce Nobel de la Paix, sachant, en son for intérieur, qu'il n'est locataire de la Maison Blanche que depuis janvier dernier ; qu'il n'a pas entrepris grand chose sur le plan diplomatique, que les grands chantiers dans lesquels il s'était engagé n'ont engrangé aucune finalité. Sauf que Barack Obama s'est engagé à fermer la base infamante de Guantanamo, à se désengager en Irak, à poursuivre le dialogue avec l'Iran sur la question nucléaire, ou encore le démantèlement des colonies en terre palestinienne...

Bien sûr, tout cela constitue tout un programme. Un programme à l'opposé de la politique va-t-en guerre de George W. Bush. Les notables d'Oslo, dépositaires du Nobel, ne sont pas des cyniques, encore moins des masochistes. Nous ne pensons pas qu'ils ont imposé sur Barack Obama cette couronne pour le mettre à l'épreuve, pour l'intimer à résoudre les problèmes inhérents à l'Irak et à l'Afghanistan. Nous croyons que les notables d'Oslo ont voulu offrir à l'africain-américain, Barack Obama l'occasion de poursuivre sa politique d'ouverture et de dialogue. Contrairement à la politique nombriliste du texan borné, George W. Bush...

Obama est confronté à un véritable dilemme. Il n'aura plus, avec ce Nobel de la Paix, droit à l'erreur. Désormais, il devra jouer, comme on le dit dans le jargon footballistique, en première division, aux côtés des institutions, telles que l'Amnesty, l'Agence internationale de l'énergie atomique, de Médecins sans frontières, mais aussi de Yasser Arafat, de Henry Kissinger, faucon pendant la guerre du Viet-Nâm, transformé en colombe, du Dalaï Lama, de Mère Teresa, de Jimmy Carter, de Aung San Su Kyi, de Martin Luther King, enfin, de Nelson Mandela...

Les nobles d'Oslo ont, donc, placé la barre très haute en attribuant le Nobel de la Paix à Barack Obama. Ils ne lui offrent pas de choix médian : réussir ou entrer dans la spirale des nobélisés sans fleurs, ni couronnes...

Mais nous sommes d'avis que Barack Obama mesure, déjà, le poids de ce Prix, que ses conseillers travaillent, déjà, sur son rayonnement international. Il sait qu'avec ce Prix, la communauté internationale l'attend au tournant : tant de chantiers à accomplir. A l'instar de la problématique israélo-palestinienne ; en finir avec la guerre en Afghanistan et la question climatique qui avait valu à Al Gore le Prix Nobel de la paix... Non sans oublier qu'il envisage un monde libéré d'armes nucléaires !



é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009