a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009



  Méga-scandale politico-financier\ - MCB/NPF: deux semaines à Lesage pour convaincre
  Hygiène alimentaire - L'ordre d'interdiction sur le KFC de Port-Louis levé vendredi après-midi
  Armements nucléaires - Le Nobel Obama rappelé au bon souvenir des Chagos
  Force policière - Le DCP Servansingh Acting CP jusqu'à lundi matin


Méga-scandale politico-financier

MCB/NPF: deux semaines à Lesage pour convaincre

A partir de demain matin, le "Main Case" de réclamations suite au méga-scandale politico-financier MCB/NPF avec le détournement de Rs 881,6 millions entamera une nouvelle étape. En effet, les juges Paul Lam Shang Leen et Nirmala Devat consigneront la version des faits de l'ex-Chief Manager de la Mauritius Commercial Bank (MCB), Robert Lesage. Ce développement intervient avec la conclusion de la déposition et du contre-interrogatoire du Group Chief Executive de la MCB, Pierre-Guy Noël, qui a passé une vingtaine de jours dans le "Witness Box" de la Commercial Court. La principale thèse défendue par la MCB dans cette affaire de détournements de fonds est que Robert Lesage, de concert avec Teeren Appasamy, avait escroqué la banque sur une quinzaine d'années. La MCB a pris la décision de ne se fier qu'au seul témoignage de son "Group Chief Executive" en abandonnant l'idée d'assigner d'autres témoins comme signifié initialement.

Techniquement, le début de la déposition de Robert Lesage aurait dû être entamée depuis vendredi. Mais l'admission depuis vendredi matin à l'Intensive Care Unit de la Cardiac Unit de Candos de Me Ashley Hurhangee, dont les services ont été retenus par l'ex-Chief Manager de la MCB, a bouleversé le calendrier de la Cour. Déjà la veille, en tentant de solliciter vainement un délai, l'homme de loi avait fait part du fait qu'il était à bout suite au contre-interrogatoire de Pierre-Guy Noël.

Vendredi matin, après des consultations entre Me Kris Valaydon, qui assiste Me Hurhangee, Me Balmick Gokulsingh (avoué) et Robert Lesage, il fut décidé que ce dernier commencera dès demain sa "Deposition in Chief" en l'absence de son "Leading Counsel" et en présence de Me Valaydon. Les recoupements d'informations effectués par Week-End indique que Robert Lesage aura besoin d'au moins deux semaines pour étayer ses dires devant la Cour avant de subir le contre-interrogatoire des avocats de la MCB, menés par Eric Ribot.

"Nous allons prendre sensiblement le même nombre de jours que le principal témoin de la banque en vue de permettre à Robert Lesage d'exposer les faits dans cette affaire", nous a déclaré, hier, Me Valaydon. De ce fait, les deux prochaines semaines seront monopolisées par Robert Lesage au vu du contre-interrogatoire de la MCB pour la dernière semaine d'octobre et la première semaine de novembre.

De son côté, Me Antoine Domingue, "Leading Counsel" pour Donald Ha Yeung, a signifié formellement son intention de procéder à un contre-interrogatoire serré de l'ex-Chief Manager de la MCB pour confirmer la défense à l'effet que le mandataire de Teeren Appasamy n'avait tiré aucun bénéfice personnel des détournements de fonds. Donald Ha Yeung sera l'autre principal témoin à déposer devant les juges Lam Shang Leen et Devat après Robert Lesage et la vingtaine de témoins, dont le président du conseil d'administration de la MCB, Gérard Hardy, assignés par l'ex-Chief Manager de la MCB pour sa défense.

Au cours de la semaine écoulée et lors de la dernière partie de son contre-interrogatoire, Me Hurhangee a balisé différents volets de l'affaire MCB/NPF allant de l'auteur des instructions pour émettre des "Office Cheques" aux opérations de la trésorerie de la MCB en passant par un document des "External Auditors" de DCDM sur des "Discrepancies" entre les décisions de l'Executive Committee de la MCB et les décaissements des facilités bancaires des compagnies. Les hauts faits de la semaine sont comme suit :

Auteur des instructions: Confrontant Pierre-Guy Noël à une série de documents, dont des chèques où les instructions venant de Robert Lesage étaient visiblement absentes, Me Hurhangee devait souligner avec force : "Where did the cheques come from? Who gave the instructions? You have only elaborated on Robert Lesage's instructions. You did not say anything about the top".

"Cette personne à la banque avait déjà effectué le calcul pour la répartition des dépôts fixes dans les Internal Accounts aussi bien que pour les besoins de réinvestissements. There was already a plan. Ce plan avait été déjà préparé et élaboré pour être mis en œuvre. This was not done by Robert Lesage…", devait-il s'appesantir tout au long de la séance de lundi matin.

Me Hurhangee: A la MCB, qui donnait des instructions pour ces opérations?

Pierre-Guy Noël: Certainly, not me…

Q: The Bank?

R: I certainly did not….

Q: There must be an instruction given to Robert Lesage…

R: Not by me…

Q: Il y a plusieurs volets (Limbs) à cette affaire d'Internal Accounts. Le premier a trait à ceux qui ont pris la décision d'instituer cette formule d'Internal Accounts. Le deuxième concerne ceux qui opéraient ces mêmes Internal Accounts et ensuite ceux qui étaient appelés à effectuer des paiements à partir des Internal Accounts (…) Qui a donné des instructions au sujet des dépôts dans les Internal Accounts?

R: Vous me demandez si c'est moi qui ai donné des instructions en ce sens? Je dirai que ce n'est pas moi?

Q: The Bank?

R: The Bank through someone…

Q: Qui?

R: Je ne peux répondre pour les autres…

Rôle du Treasury Committee:

Cette instance de la MCB, qui se réunit chaque semaine pour suivre l'évolution de la liquidité au sein de la banque, a été l'autre principal volet du contre-interrogatoire de la semaine écoulée. Les membres du Treasury Committee étaient en l'occurrence André Wong, trésorier de la banque, et redevable au Top Management, Robert Lesage en tant que responsable du Fixed Deposits Department, M. Provençal et Philippe Lesage du Foreign Department.

L'objectif de cette partie du contre-interrogatoire était de s'assurer si les membres du Top Management étaient informés des délibérations et des conclusions. A des questions de Me Hurhangee et du juge, Pierre-Guy Noël a soutenu que "le Treasury Committee s'occupe du Cash Flow de la banque et nullement de la gestion des Loans and Deposits".

Le juge : Ce comité serait-il au courant des remboursements des dépôts d'envergure ou encore si des clients avaient formulé des demandes de remboursement?

Pierre-Guy Noël: Globalement. Ils étaient au courant des remboursements d'envergure.

Me Hurhangee: Ce comité dressait-il des procès-verbaux?

R: Tout comité dispose de "Minutes of Proceedings" où sont consignées les décisions entérinées ou encore la marche à suivre. Mais je ne suis pas en présence de ce document.

Q: Ce document était-il remis aux membres du Top Management?

R: Je ne suis pas en présence de ce document.

Le juge: A qui à la banque ce procès-verbal était-il destiné?

R: It did not come to me. Probablement aux membres de cette instance.

Me Hurhangee: Mr Noël, I put it to you that you were a member of the Treasury Committee?

R: This is denied.

Q: I put it to you that the Top Management of the MCB was fully aware of the minutes of proceedings of the Treasury Committee?

R: This is not the case.

Q: It did also go to Mr Desvaux?

R: Je ne sais pas. Je ne peux répondre à la place de quelqu'un d'autre. I know it did not come to me.

Document Cugnet (DCDM): Ce document signé d'un des "External Auditors" à la MCB, Priscilla Cugnet, remontant à avril 1994, hante littéralement les séances à la Commercial Court. Ce rapport confirme des "Discrepancies" entre les décisions arrêtées par l'Executive Committee de la MCB sur des prêts sanctionnés et le décaissement. L'External Auditor de DCDM avait relevé que les prêts déboursés au nom de Handsome Investment, Magarian Cie Ltée et Advance Engineering et au moins six autres gros clients de la MCB, dont les noms ne peuvent être révélés compte tenu du secret bancaire, ne figuraient pas dans les procès-verbaux de l'Executive Committee.

Me Hurhangee: Le 1er avril 1994, Mme Cugnet était venu rencontrer Robert Lesage en vue de réquisitionner les dossiers de ces clients?

Me Ribot: Comment le témoin peut-il répondre à une telle question?

Le juge Lam Shang Leen: Let him answer.

La juge Devat: Avait-elle réclamé ces dossiers?

Pierre-Guy Noël: I'm not aware.

Q: Êtes-vous au courant que Mme Cugnet avait procédé à des vérifications en vue de confirmer si ces prêts avaient été déboursés en respectant les procédures établies?

R: I'm not aware of what Mrs Cugnet did.

Q: Je vous confronte au fait que les dossiers de ces trois compagnies avaient été pris de Robert Lesage par Mme Cugnet pour des besoins de vérifications?

R: Je ne sais pas.

Q: Que les dossiers furent retournés à Robert Lesage après examen?

R: I did not know what she did in the first place. How can I answer for what happened afterwards.

Q: Je vous dit que les conclusions du rapport Pougnet…

Me Ribot: J'objecte à cette question…

Intervention du juge Lam Shang Leen, qui rappelle à Me Hurhangee des éléments de base d'un contre-interrogatoire en ajoutant que le bench ne peut mener cet exercice en son nom.

Pierre-Guy Noël: I'm not aware that she made a report. Techniquement, le rapport aurait dû être soumis à la Mauritius Commercial Bank Finance Corporation (MCBFC), avec Robert Lesage comme responsable.


Lesage : omission de la MCB sur les "Authorised Signatories"

Le Group Chief Executive de la MCB, Pierre-Guy Noël, a soutenu que l'emploi rémunéré de Robert Lesage à la MCB, après l'âge de la retraite, était de deux mois, soit jusqu'en juin 2001. Mais le nom de l'ex-Chief Manager de la MCB était resté sur la liste officielle des "Authorised Signatories" jusqu'au 28 juillet 2003.

"Ce n'est pas la pratique d'informer les autres banques des départs à la retraite. Normally, the name of Robert Lesage should have been removed from the list of Authorised Signatories of the bank. This was not done by omission. This was an error", devait concéder Pierre-Guy Noël.

Robert Lesage avait été payé ses salaires pour les mois de mai et de juin 2001. Par la suite, il n'a bénéficié que de sa pension même s'il continuait à venir à la banque pour mettre de l'ordre dans les dossiers qui avaient été sous sa responsabilité.

L'ex-Chief Manager de la MCB a logé des réclamations de Rs 3,7 millions pour des ajustements de salaires et des bonis "impayés". Ces réclamations sont contestées par la MCB.


La fraîcheur de l'exemple des "Juniors" de Me Domingue

Un véritable vent de fraîcheur a soufflé sur la Commercial Court, jeudi. Me Ashwin Ramdin et Me Atma Rambaruth, qui assistent Me Antoine Domingue, dont les services ont été retenus par Donald Ha Yeung, ont fait preuve d'un véritable professionnalisme lors du contre-interrogatoire de Pierre-Guy Noël.

Tous ceux présents dans la salle d'audience, entre autres les "Seniors", y compris les membres de la "Legal Team" de la MCB, ont reconnu un travail bien préparé, méthodique et précis. Faits puisés du volumineux dossier à l'appui, ils ont fait la démonstration claire et nette que Donald Ha Yeung n'a tiré aucun bénéfice personnel des fonds détournés de la MCB car le bénéficiaire n'a été autre que Teeren Appasamy. "Il n'a agi qu'en tant que mandataire suivant les instructions données", devaient-ils faire ressortir.


Agacement du juge Lam Shang Leen

Si depuis le début du procès, le juge Paul Lam Shang Leen a fait preuve de patience, il a littéralement explosé en fin de séance de lundi suite à une intervention de Me Ashley Hurhangee en vue d'apporter des amendements à la défense de Robert Lesage. Il a été littéralement très cinglant à l'égard de l'homme de loi, qui devait tenter à plusieurs reprises d'obtenir des renvois.

"I don't want to be nasty. Mr Hurhangee, during cross-examinations, when you ask a question, you already know the answer. Ce que je vous dis n'est qu'élémentaire. You don't go on a fishing expedition during cross-examinations. Don't waste the time of the Court… You must bear in mind whether you hold a plea for defendant No 8 (Teeren Appasamy) or defendants No 2 to 7 (les compagnies satellites de Teeren Appasamy). If you have nothing to say, you just sit down…", devait-il faire comprendre, s'étonnant des échanges réguliers de Me Hurhangee avec Me Doorgesh Ramsewak, QC, avocat de Teeren Appasamy.


Me Hurhangee s'interroge sur l'authenticité des instructions

En au moins deux occasions, Me Hurhangee, qui contre-interrogeait le Group Chief Executive de la MCB, s'est interrogé sur l'authenticité des inscriptions "instructions Robert Lesage" sur les documents. Il est avancé que ces inscriptions n'ont pas été écrites par Robert Lesage. Cette insinuation devait provoquer des objections de la part des hommes de loi de la MCB.

Me Hurhangee: I put it to you that these instructions may have been written well after the fraud was discovered?

Pierre-Guy Noël: Quand selon vous?

Me Hurhangee: After 2003...

Pierre-Guy Noël: You mean in 2003 for a document dated in 1997.…

Me Hurhangee: I put it to you that this was added well after?

Pierre-Guy Noël: I deny that.

Me Ribot: Is my learned friend suggesting a fraud….


Hygiène alimentaire

L'ordre d'interdiction sur le KFC de Port-Louis levé vendredi après-midi

La décision ministérielle attendue demain pour la réouverture des autres succursales

Après la viande d'Innodis, c'est le groupe Food & Allied Ltd (FAIL), à travers sa chaîne de restaurants KFC, qui a été pris en grippe par le ministère de la Santé. Le restaurant KFC de La Chaussée, à Port-Louis, a été le premier à être frappé d'interdiction, depuis le 29 septembre dernier, en raison d'une mauvaise odeur émanant de la salle de transformation des produits. Il a été ordonné à l'entreprise d'effectuer des travaux de réparation des canalisations défectueuses dans les plus brefs délais pour satisfaire les normes d'hygiène du Food and Regulations Act. À jeudi, KFC de La Chaussée s'était plié aux exigences de la Santé et, après une inspection, le ministère, ayant obtenu satisfaction, a levé, vendredi après-midi, l'ordre d'interdiction sur ce restaurant. Mais, selon nos informations, à hier après-midi, le restaurant n'avait pas encore ouvert ses portes et aucune indication n'a été communiquée en ce sens au niveau de KFC. Par ailleurs, le 14 succursales de KFC, également frappées d'un Prohibition Order depuis mercredi dernier, en raison de la salmonelle décelée dans certains produits, en l'occurrence le poulet, mis en vente, attendent toujours la décision du minitère de la Santé, concernant leur sort. KFC ayant fait appel contre cette décision, doit s'assurer que les mesures correctives sont prises, avance-t-on à la Santé, avant de le prohibition order ne soit levé.

Après 26 ans d'opération à Maurice, c'est la première fois que les succursales de Kentucky Fried Chicken (KFC) sont pointées du doigt au grand jour. Depuis une semaine, le doute grandit au sein de la population concernant l'hygiène alimentaire de cet établissement par rapport aux produits qu'il met en vente. Pour cause, un prohibition order émis par le ministère de la Santé après la découverte de la présence de salmonelle - bactérie qui représente un risque pour la santé - dans des échantillons des poulets des restaurants KFC. De même, les inspections faites dans les différents points de vente KFC ont mené à la découverte de produits dont l'étiquetage n'était pas conforme au Food Act, indique la Santé. Les 14 restaurants ont ainsi été frappés d'interdiction depuis mercredi dernier. Contestant cette décision avec une 2e analyse (à son actif) indiquant aucune anomalie des produits incriminés, la direction de KFC réclame que les ordres d'interdiction soient levés. À ce stade, selon nos informations, les représentations faites au ministère de la Santé sont à l'étude. D'ici demain, apprend-on, une décision sera communiquée. Entre temps, depuis une semaine, les volets restent tirés et les quelque 350 employés de KFC sont en chômage technique.

En effet, outre un problème d'étiquetage sur les produits, non conforme au Food Act, ainsi que des boissons périmées retrouvées lors d'une série de visites d'inspection initiée par le ministère de la Santé, la découverte de la présence de la salmonelle dans les produits d'un des restaurants KFC est venue s'ajouter aux déboires de la compagnie frappée immédiatement par un prohibition order. Une décision que conteste néanmoins KFC, la compagnie assurant elle que les produits livrés à sa clientèle sont de qualité et ne contiennent aucune bactérie pouvant nuire à leur santé.

La direction de KFC n'a, toutefois, pas souhaité commenter cette affaire, malgré notre insistance, nous renvoyant à son communiqué émis vendredi, dans lequel KFC fait un rappel des récents événements. Ainsi est-il indiqué qu'après la visite, les 1er et 2 octobre, de 52 officiers du ministère de la Santé dans 10 points de vente KFC, ces derniers ont placés sous scellés, certains produits "pour étiquetage incomplet". 8 bouteilles de jus ayant expiré le 29 septembre et 46 bouteilles de boissons gazeuses - que nous avions indentifiées pour renvoi, précise KFC - ont aussi été saisies, dit-elle. "Le lundi 5 octobre, c'est avec beaucoup d'étonnement que nous avons reçu l'ordre de fermeture des 10 KFC dans l'après-midi", souligne la direction. Elle dit que cette intervention du ministère de la Santé a été pour elle choquante. Insistant sur la qualité de ses produits, KFC fait ressortir que depuis plus de 26 ans qu'il opère à Maurice, il a toujours respecté "la promesse faite à ses consommateurs : un moment partagé autour d'un produit de qualité et selon les normes de niveau international". Qui plus est, soutient KFC, "chaque unité est soumise à des contrôles stricts", avec notamment "des visites techniques de KFC International, trois fois l'an", ainsi que "des visites des officiels du ministère de la Santé, deux fois par an". La direction rappelle également qu'une fois tous les ans, le renouvellement de sa certification HACCP par la firme anglaise Campden UK est effectué.

Contestant les résultats d'analyses effectuées par le ministère de la Santé par une deuxième analyse à son actif, la direction de KFC affirme que "les analyses effectuées sur les matières premières incriminées ne présentent aucune anomalie". Le son de cloche du ministère de la Santé est différent, ce dernier confirmant la présence de salmonelle dans les poulets vendus par KFC. "Nous avons fait notre travail et nos analyses confirment que ces produits étaient impropres à la consommation. KFC doit maintenant se plier aux exigences du Food and Regulations Act pour pouvoir à nouveau mettre ces produits sur le marché", indique le Dr Ahad Abdool, Regional Health Director à la Santé. Selon nos informations, les pourparlers entre KFC et la Santé concernant le sort des 13 autres restaurants se poursuivent. Si KFC, insistant sur le fait que ses produits sont tout à fait comestibles, maintient que les ordres de fermeture doivent être levés afin que la compagnie puisse recommencer à servir ses clients, il devra s'assurer que les mesures correctives sont prises avant de le prohibition order ne soit levé.


Armements nucléaires

Le Nobel Obama rappelé au bon souvenir des Chagos

Le nouveau Prix Nobel de la Paix, le président des Etats-Unis, Barack Obama a été rappelé au bon souvenir des Chagos à peine la citation du Nobel Committee complétée. Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC), qui se trouve actuellement à Washington, a exprimé le souhait que dans cette nouvelle conjoncture, le président américain soit en mesure de faire adopter des solutions en vue de remédier au problème de l'archipel. D'autre part, les indications recueillies de sources officielles à l'Hôtel du gouvernement confirment que des échanges sont en cours entre Port-Louis et Londres en vue d'arrêter les dates pour un troisième round de négociations sur la question des Chagos. Tout semble indiquer que ces discussions pourraient se dérouler à Londres d'ici la fin de cette année.

Olivier Bancoult compte saisir l'occasion de sa présence aux Etats-Unis, suite à l'invitation de la Washington University Law School pour des causeries sur le dossier des Chagos et de la base militaire de Diego-Garcia, pour tenter d'ouvrir un dialogue au plus haut niveau avec des membres de l'Administration américaine. Intervenant lors d'un débat sur la question des Chagos, vendredi, alors que le président des Etats-Unis venait de décrocher le Prix Nobel de la Paix 2009, il a exprimé le souhait qu'une solution soit proposée en faveur des membres de la communauté chagossienne.

"This is why we have been trying to see what we can do, and it gives me this opportunity to be here in the United States to just try to have an open dialogue with the new administration of President Barack Obama. And it's very important that on this day I've learned that President Barack Obama had been awarded Nobel Peace Prize. And I think that he will use it in order to solve the problems faced by Chagossian community since the uproot, their removal from their birthplace", devait souligner Olivier Bancoult à ce débat organisé par Democracy Now, avec comme autre participant David Vine, auteur du livre Island of Shame : The Secret History of the US Military Base on Diego Garcia.

A cette même occasion, David Vine devait revenir sur les circonstances de l'excision de l'archipel des Chagos du territoire mauricien. "It was - and this is one of the main points of my book Island of Shame - it was, from the beginning, a US plan. The US identified Diego Garcia as the site for a military base beginning in the late 1950s and approached the British to gain access to the islands and to remove the Chagossians. And with the help of a $14 million secret payment that we made to the British government, we secured their agreement to give us access to the island and then to forcibly remove all the Chagossians, which was ultimately done, again, on our orders", a-t-il poursuivi.

Les observateurs affirment la pertinence de la citation du Nobel Committee par rapport au président Obama et le dossier des Chagos. "Il est un fait que le Comité du Prix Nobel a fait état des efforts diplomatiques du nouveau président américain en faveur de l'élimination des armes nucléaires dans le monde. Mais il est également un fait que la base militaire de Diego Garcia au cœur de l'océan Indien est un maillon important dans le système militaire américain, notamment en Afghanistan ou encore en Iran. Une initiative du président Obama en vue d'apporter une solution permanente au différend anglo-mauricien sur les Chagos ne devrait apporter que la preuve concrète des intentions pacifistes du nouveau Prix Nobel de la Paix", indique-t-on dans ces milieux.

A Londres, les pressions politiques sur le gouvernement britannique pour une plus grande transparence quant à l'utilisation de la base militaire de Diego-Garcia par les Américains s'accentuent. Le président du "All-Party Parliamentary Group on Extraordinary Rendition", le parlementaire Andrew Tyrie, a écrit officiellement au président du Foreign Affairs Committee de la Chambre des Communes, Mike Gapes, en date du 23 septembre dernier pour réclamer des informations du gouvernement au sujet de Diego-Garcia.

"Specific issues of concern relating to UK/US relations include the use of Diego-Garcia for the rendition programme (programme de torture de la CIA), the apparent breach or inadequacy of Agreements between the United Kingdom and the United States concerning the use of Diego-Garcia ; the unreliability of US assurances on this issue, the withholding of information by the US about two unknown rendition flights through Diego Garcia and the implication for the US' use of Diego Garcia in the future", affirme le président de cette instance de la Chambre des Communes.

Sur le plan purement politique, les membres du Chagos All Party Parliamentary Group, qui se réuniront mardi à Londres, ont pris la décision de mener une campagne pour que le dossier des Chagos soit inclus dans le manifeste de tous les partis politiques britanniques en prévision des prochaines élections générales.

"It is vital to terminate this injustice, which is a blight on the integrity of the British people. Last December, the UK government celebrated the 60th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights, but, astonishingly, was blind to its flagrant breach in the case of the Chagos Islanders. I believe that repatriation will happen if there is sufficient political will. This can only come about by informed pressure from the British people. I therefore appeal to you to include a pledge in your forthcoming Manifesto, declaring your Party's support for the right of the Chagos Islanders to return ", soutient George Beckman, l'auteur de cette initiative.

Entre-temps, des échanges diplomatiques sont en cours entre Port-Louis et Londres en vue d'arrêter des dates communes pour un nouveau round du dialogue anglo-mauricien sur le dossier des Chagos. Le précédent round de discussions s'était déroulé à Port-Louis au mois de juillet et le prochain rendez-vous est prévu à Londres d'ici la fin de l'année. Les plus optimistes à l'Hôtel du gouvernement avancent que cette séance de travail au Foreign and Commonwealth Office pourrait être fixée pour le mois prochain.

L'un des principaux dossiers, qui devraient retenir l'attention, est la décision du gouvernement britannique d'aller de l'avant avec le projet de Chagos Archipelago Marine Park. La partie mauricienne compte soulever - de manière formelle avec les Britanniques - le dossier de ce projet de parc marin dans l'archipel des Chagos aussi bien que les répercussions au plan diplomatique, politique et environnemental compte tenu du souci de préserver l'intégrité territoriale.

De son côté, Londres a lancé des appels à candidatures pour le recrutement d'un "Outreach Manager for their Global Ocean Legacy (GOL) Project". Le libellé de cette annonce indique que "the position offers the unique chance to play a fundamental role in creating the one or more of the largest highly protected marine reserves in the world. GOL is looking for someone to establish, coordinate and manage the public outreach in the UK, to promote protection of irreplaceable marine ecosystems ; particularly the Chagos Archipelago - a remote and isolated group of more than 50 individual islands with vast and widely dispersed reefs, including the biggest atoll structure in the world. "


Force policière

Le DCP Servansingh Acting CP jusqu'à lundi matin

Le commandant de la Special Mobile Force (SMF), le Deputy Commissioner of Police (DCP) Khemraj Servansingh, est, depuis hier, le commissaire de Police par intérim, jusqu'à lundi matin. Il occupe cette fonction durant les absences conjuguées du commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, et du DCP Jean Bruneau, actuellement hors du pays.

Le CP Rampersad a quitté le pays hier matin pour une mission à l'étranger. Le DCP Jean Bruneau se trouve, pour sa part, aux Etats-Unis, également en mission officielle. Avec les absences des n°s 1 et 2 de la force policière, c'est tout naturellement que le DCP Servansingh, n° 3 dans la hiérarchie de la police, a été appelé à assurer la suppléance. Il demeurera CP p.i. jusqu'à demain, lundi, puisque le DCP Bruneau regagne le pays ce jour-là.

C'est la deuxième fois que le DCP Servansingh est appelé à occuper temporairement le poste de commissaire de Police. La toute première fois était intervenue alors que Ramanooj Gopalsingh occupait le fauteuil de commissaire de police. À ce moment-là, le DCP Servansingh, alors n° 4 au sein de la hiérarchie de la police, avait bénéficié des absences de Ramanooj Gopalsingh et des DCP Jean Bruneau et Rampersad, asurant la suppléance pendant 24 heures.

Le DCP Servansingh, fils d'un ancien surintendant de police, a joint la force policière comme Cadet Officer après avoir réussi à ses examens de Higher School Certificate (HSC) en tant qu'étudiant du collège St-Joseph. Il avait alors 19 ans. Durant son parcours, il fut Commanding Officer à la SMF à deux reprises, responsable de la Traffic Branch de même que chargé de l'informatique et de la planification aux Casernes centrales. Outre d'avoir effectué avec succès plusieurs stages de formation militaire à l'étranger, il est aussi un ingénieur qualifié reconnu par le Council of Professional Engineers (CPE). Il fut également le premier policier à décrocher un Masters in Business Administration (MBA) de l'université de Maurice.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009