p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 4 octobre 2009



  Paul Bérenger/Jean-Claude de l'Estrac - Trêve brève ou plus encore si affinités confirmées…
  Congrès PMSD, vendredi, à Mahébourg - Rama Valayden : "Pareil kuma mo critik enn professer ki baté, mo pas pe critik tou professer, mai system baté-là"
  Commémoration de la naissance de lady Sushill Ramgoolam - Ambiance de campagne à St Aubin vendredi après-midi
  Rapport annuel - l'Histoire un peu édulcorée de l'institution de l'Ombudsman à Maurice
  Jocelyn Grégoire - "La FCM ne prendra pas position pour JM Richard"
  Ça va se savoir


Paul Bérenger/Jean-Claude de l'Estrac

Trêve brève ou plus encore si affinités confirmées…

Paul Bérenger et Jean-Claude de l'Estrac se saluant chaleureusement. Ces retrouvailles avaient provoqué un petit frémissement et beaucoup d'émotions à Quatre-Bornes, vendredi de la semaine dernière, là où se tenait l'exposition du MMM qui revient sur ses 40 années d'existence. À la direction comme au sein de la base, il y avait, manifestement, un franc désir de renouer, une envie de tourner la page sur seize ans d'embrouille, de distance et de froid.

Or, l'interview accordée à Week-End la semaine dernière par Jean-Claude de l'Estrac, ancien dirigeant du MMM et observateur avisé de la chose politique, a jeté un nouveau pavé dans la mare. Ce n'est certes pas de nouveau le froid polaire, mais c'est un gros couac qui a fait voler l'espoir d'un raccommodement tant souhaité par des dirigeants que des milliers de militants à travers le pays.

Mais, aux dires des uns et des autres dans les deux camps, tout n'est pas pour autant perdu. On saura à l'avenir si la trêve n'aura vraiment été que brève ou si ce ne fut qu'un malheureux intermède. Retour sur un week-end riche en rebondissements qui, s'il est vrai, ne passionnent pas le grand public, n'en ont pas moins alimenté cette semaine les conversations bien au-delà de la sphère militante.

Lorsque les organisateurs des célébrations des 40 ans du MMM, Rajesh Bhagwan et Ananda Rajoo en tête, s'engagent dans les préparatifs et qu'ils décident de tenir une exposition sur l'histoire du parti, ils se tournent vers les groupes de la presse nationale pour accéder à leurs archives. Comme d'autres, Jean-Claude de l'Estrac a, en tant que directeur exécutif de La Sentinelle, apporté son soutien à une œuvre qui se voulait plus historique que partisane.

C'est alors qu'au MMM certains discutent des invitations aux diverses activités organisées dans le cadre des 40 ans. Certains expriment des réticences quant à l'opportunité d'inviter ceux qui ont dénigré le MMM en le traitant de "parti de bérengistes". Il est néanmoins décidé de convier, en sus de certains anciens camarades, les directeurs des groupes La Sentinelle, Le Mauricien Ltée et de Business Magazine à l'ouverture de l'exposition du 25 septembre, celle du congrès étant réservée aux invités personnels de la direction du MMM, parmi lesquels Cassam Uteem.

C'est avec une certaine appréhension que Jean-Claude de l'Estrac et son épouse, Solange, se présentent à 17 heures tapantes à la Galerie d'Art de la mairie de Quatre-Bornes vendredi de la semaine dernière. Quel accueil leur sera-t-il réservé ? C'est leur grande interrogation. Or, lorsqu'ils pénètrent dans le lieu de l'exposition, le leader du MMM interrompt sa conversation avec ses amis pour aller les accueillir.C'est avec un enthousiasme débordant que Paul Bérenger lance un "welcome back !" à Jean-Claude de l'Estrac, à qui il serre chaleureusement la main. Avec son épouse, ça se passe encore mieux en raison de rapports plus détendus.

Tout pour l'ancien compagnon d'armes

Dans son discours d'ouverture, le leader du MMM parle des vétérans, mais il s'appesantit surtout sur un épisode auquel Jean-Claude de l'Estrac avait été étroitement associé, la conception, en 1985, d'une affiche particulièrement parlante sur la comparaison entre " les écuries d'Augias PTr/PMSD d'antan et les administrations régionales mauves post-79 " qui lui valut une arrestation toute une après-midi. On est dans les réminiscences et l'émotion. Ce qui ajoute à la détente entre anciens camarades.

C'est lorsque Cassam Uteem, en présence de Jayen Cuttaree, demande à Jean-Claude de l'Estrac s'il sera à l'ouverture du congrès le lendemain que la question de sa participation s'est posée. Après s'être informé auprès de Rajesh Bhagwan, c'est un "Il n'y a pas d'invitation formelle. Tu peux venir" qui est donné comme réponse à l'invité surprise de ces célébrations.

C'est ainsi qu'il s'est retrouvé à l'auditorium Octave-Wiehe le lendemain. Assis à la première rangée, non loin de ses anciens compagnons d'armes. Et Paul Bérenger qui remet ça. Il ne fait mention de personne dans son intervention, mais il trouve le moyen d'évoquer le rôle joué par Jean-Claude de l'Estrac en 1972 pendant que lui-même et ses amis avaient été jetés en prison.

Aussi, lorsque le leader du MMM prend connaissance des propos de l'invité du parti dans les colonnes de Week-End le lendemain, lui qui, en dépit des apparences, carbure à l'émotion et devient de plus en plus sentimental à mesure que les années passent, se sent trompé, trahi. Il en est, apparemment, blessé. Il considère le propos sur l'avenir du MMM le jour de la fête du cœur comme un véritable coup de jarnac.

Ses collègues ont bien essayé de le persuader de parcourir de plus près l'ensemble des propos tenus, plus ou moins favorables ailleurs et insistent sur le fait que l'on ne peut, du jour au lendemain, s'attendre à un revirement spectaculaire de quelqu'un qui a été un ancien adversaire d'il y a 16 ans, mais Paul Bérenger n'est pas convaincu. Et les choses en restent là.

Le téléphone a depuis beaucoup sonné. Des proches et des amis communs tentent de minimiser l'affaire, de laisser passer la vague en attendant des lendemains plus apaisés. Jusqu'à ce que le Mauricien demande à Paul Bérenger, mardi, à une conférence de presse-bilan des célébrations des précisions sur un éventuel rôle de Jean-Claude de l'Estrac au MMM. La réponse est directe et posée et celle du principal concerné plus incisive et personnelle (voir les deux déclarations plus loin). Jean-Claude de l'Estrac prend, en fait, moins ombrage de la critique de ses propos dans nos colonnes que la suggestion de son "ami retrouvé" à l'effet qu'il aurait quémandé une invitation au congrès. "Ine fer moi passe pou enn veyer séké", se plaint-il

Dès lors, les pronostics vont bon train sur la suite des événements. La trêve n'aura-t-elle été que de courte durée ou y aura-t-il plus encore si affinités ? Seul l'avenir nous le dira…


Le leader du MMM : "Mo rapel li pli fin ki ça ! "

À la question de savoir si la présence de Jean-Claude de l'Estrac à deux fonctions du MMM indique son retour dans son ancien parti, voilà la réponse de Paul Bérenger : "Bizin dimane li. Li fine aide énormément à la réalisation de l'exposition. Li ti logique, parski au MMM nou éna des manières, ki nou invite li. Li fine souhaité vine au congrès, nou fine invite li. Nous pas fine apprécié du tout so interview dans Week-End. Li fine donne sa avant le congrès. Mo rappel li pli fin ki ça. Séki li fine dire en déphasage total avec séki li fine vivre limem. Pou nou, les choses s'arrêtent là. Moi, mo content sa banne l'occasion kot retrouve banne vétérans et banne militants qui toujours avec nous ou qui fine allé. C'est toujours banne moments d'émotion. Mo ti heureux retrouve tout le monde, en particulier Cassam Uteem."


Jean-Claude de l'Estrac: "C'est triste et décourageant"

Nous avons demandé a Jean-Claude de l'Estrac de réagir sur la réaction publique de Paul Bérenger sur l'interview qu'il avait accordée à Week-End dimanche dernier.

"C'est triste et décourageant. Je n'ai pas envie de relancer la polémique. Je crois que cette réaction véhémente et incompréhensible situe mieux le personnage que la riposte que je pourrais avoir. Incompréhensible parce qu'après avoir été sur le mode de la séduction pendant 48 ans, Bérenger subitement tourne casaque. Ce n'est pas la première fois mais, dans ce cas, il n'y avait vraiment aucune justification. Et personne au sein de son propre parti ne comprend ce qui s'est passé dans son esprit. Comme toujours, il n'a écouté personne avant d'insulter et de chercher à humilier celui qui avait été perçu par tous comme étant l'invité d'honneur du MMM à son exposition."


Congrès PMSD, vendredi, à Mahébourg

Rama Valayden : "Pareil kuma mo critik enn professer ki baté, mo pas pe critik tou professer, mai system baté-là"

"Pareil kuma mo critik enn professer ki baté, mo pas pe critik tou professer, mai system baté-là". Tels sont les propos soutenus par l'Attorney General, Rama Valayden, vendredi à Mahébourg. Il fait ainsi référence à sa déclaration, justifiant sa perception de la brutalité policière, dont seraient atteints les Créoles de Maurice. Citant l'exemple de Marcelin Azie, Rama Valayden rappelle qu'il a été le seul à le défendre, dit-il, alors que toute l'île Maurice était contre lui. Rama Valayden a aussi fait appel à l'assistance présente et aux "militants" de venir les rejoindre au sein du PMSD. "MMM inn fini, MMM inn tassé. Inn ler pou PMSD. Peux importe kuma ou appelé, kot ou sorti, ki ou sorti Agalega, ki ou sorti dan zil, mo fer appel a bann militants pou vinn rezoine nou dan PMSD. Nou ki pou coze pou ou ek ki pou lev pou ou", déclare-t-il. Un nouveau bureau régional du PMSD verra le jour à la fin du mois à Mahébourg et cela permettra la présence régulière des dirigeants du PMSD. "Nu là, nu ki fer lavenir. Ki ti pou arriv Moris si pas ti ena Premier ministre, Dr Navin Ramgoolam?", dit-il, tout en évoquant la hausse du prix du pétrole, le chikungunya, la crise économique, entre autres.

Intervenant, le député de la circonscription, Richard Duval, a, pour sa part, souligné que le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree (également député du No 12), n'est pas un adversaire politique. Son seul adversaire, dit-il, n'est autre que le MMM. Citant ses projets réalisés à Mahébourg, notamment l'asphaltage des chemins et la réhabilitation du terrain de foot de Cité la Chaux, Richard Duval affirme qu'il sera une fois de plus candidat au No 12.

Maurice Allet, qui se dit être "un coq pur sang", a rappelé les grands moments de l'histoire du PMSD, dont le dernier rassemblement sous le leadership de feu Gaëtan Duval à Mahébourg en 1995, pour marquer les 30 ans de sa carrière politique. Il a aussi soutenu que malgré la crise économique mondiale qui a ébranlé Maurice, le gouvernement actuel s'est montré à la hauteur. Il a lui aussi exhorté l'assistance à se tourner vers le PMSD qui, dit-il, l'attend à bras ouverts. Annonçant les trois dates importantes pour son parti durant ce mois d'octobre : le 7, dévoilement d'un buste de Sir Gaëtan Duval à Rose-Hill ; le 9, dépôt de gerbes sur sa tombe au cimetière Saint-Jean suivi d'une messe, et le 11, congrès fêtant la réunification de la grande famille des bleus à Réduit.

Soulignons que d'autres membres de ce parti ont, à tour de rôle, exprimé leur soutien au secrétaire général du PMSD, Rama Valayden. "Rama dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", lance Yousouf Elahee. Les autres intervenants étaient, notqmment, Narain Seethiah, président du village ; Chetan Baboolall, Om Roodurmun et Anand Mackoon.


Commémoration de la naissance de lady Sushill Ramgoolam

Ambiance de campagne à St Aubin vendredi après-midi

La naissance de Lady Sushill Ramgoolam le 2 octobre 1922 a été marquée vendredi, à St Aubin, par la pose de la première pierre Lady Sushil Hindi School, le dévoilement d'une stèle et une exposition consacré à " cette dame de grande qualité", comme la souligné son fils, le Premier ministre Navin Ramgoolam, dans son discours prononcé à cette occasion.

La manifestation organisé par le Saint-Aubin Arya Samaj a réuni une foule d'adhérents et invités de la région sud du pays et en présence de plusieurs ministres et parlementaires. Navin Ramgoolam a rendu à cette occasion un vibrant hommage à sa mère qui, a-t-il insisté a tout fait "pour que SSR réussisse sa carrière politique". Il a longuement évoqué les qualités de sa mère qui, en tant qu'épouse de SSR, a aidé celui-ci à mener son combat pour l'indépendance. Navin Ramgoolam a observé que malgré le fait qu'elle était issue d'une famille fortunée, elle était toujours restée humble, discrète et sans prétention avec un sens de justice et de fair-play et avait beaucoup de patience.

Le vent de campagne électorale qui soufflait sur la cérémonie de vendredi pouvait cependant difficilement passer inaperçu. Le Premier ministre rappelé le rôle joué par l'Arya Samaj dans les années 1940 afin d'aider la population indienne à apprendre l'hindi et à écrire leur nom afin de pouvoir participer aux élections générales de 1948. C'est ce qui, selon lui, devait permettre au Parti Travailliste et à Sir Seewoosagur Ramgoolam d'obtenir une majorité aux élections générales. Ce qui a permis de commencer le combat pour l'indépendance.

Aussitôt la cérémonie terminée, Navin Ramgoolam et les membres de sa famille ont pris un bain de plus de près d'une heure en prenant la précaution de s'assurer qu'il était suivi par le caméra de la MBC.

Le Premier ministre n'a toutefois pas souhaité répondre aux questions de la presse afin d'éviter, a-t-il dit, que les médias accordent plus d'importance à sa déclaration qu'à la cérémonie de commémoration de l'anniversaire de la naissance de sa mère. Ce qui n'a pas empêché Navin Ramgoolam d'avoir une altercation avec le rédacteur en chef d'un hebdomadaire dominical au sujet d'une photo prise en compagnie de Barack Obama et de son épouse Michèle. Le Premier ministre fait comprendre que le journaliste en question n'est pas au courant des mesures de sécurité autour du président américain. Le PM visiblement irrité a fait quelques remarques au sujet des prises de positions de son journal.


Rapport annuel

l'Histoire un peu édulcorée de l'institution de l'Ombudsman à Maurice

On ne sait si c'est parce qu'il est vraiment trop discret que personne ne l'avait remarqué, M. Suleiman Hatteea, l'Ombudsman, vient de rappeler, dans son dernier rapport annuel sorti en aôut dernier, que son bureau est au service des citoyens de notre pays depuis maintenant plus de quatre décennies ! Le 40è anniversaire de l'Ombudsman est effectivement passé complètement inaperçu il y a un an de cela. Et pourtant, la création de cette institution fut l'aboutissement d'un grand combat politique que mena, personnellement, dans les années soixante feu Sookdeo Bissoondoyal, leader du défunt parti, le Independant Forward Block (IFB). Bissoondoyal insistait pour qu'il y ait une institution officielle afin de sauvegarder les citoyens de notre pays contre les abus parce que, secret de polichinelle, il ne faisait pas beaucoup confiance à Sir Seewoosagur Ramgoolam ...

En rendant compte du rapport annuel de M. Suleiman Hatteea, une observation s'impose d'emblée et nous espérons qu'il ne le prendra pas mal ; il ne faut pas trop entièrement se fier à l'évocation historique que publie ce rapport pour connaître toute la vérité autour des circonstances qui menèrent à la création du bureau. M. Hatteea - on le comprend aisément - est avant tout un grand commis de l'Etat qui, en plus de son naturel consensuel, a, sans doute, voulu éviter toute référence partisane. Mais, son texte titré " 40 years of Independance - 40 years of Ombudsmanship", à notre avis, occulte vraiment trop injustement la contribution importante de Sookdeo Bissoondoyal.

Comme le souligne très bien M. Hatteea lui-même, l'année 2008 marque d'une pierre blanche l'histoire de l'inplantation de l' Ombudsmanship à l'île Maurice. Le bureau fut créé l'année même où notre île devenait indépendante et son rôle fut enraciné dans le texte de la Constitution du pays. Ce texte y consacre d'ailleurs tout un chapitre.

Les recommandations d'Abel de Smith

Selon M. Suleiman Hatteea, avant l'accession de Maurice à l'Indépendance, il fut suggéré que soit mis sur pied un tribunal de haute instance pour enquêter sur les abus de pouvoir " by those in position of authority". La demande en faveur de ce tribunal fut faite lors de la Conférence constitutionnelle de Londres de 1961 et, éventuellement, le Professeur S. Abel de Smith fut nommé Commissaire Constitutionnel pour Maurice. Au cours d'une visite qu'il effectua chez nous, de Smith comprit que les promoteurs de l'idée du dit-tribunal se battaient, en fait, pour la désignation d'un Ombudsman. Toujours selon M. Hatteea, "le Professeur de Smith fit alors circuler un document intitulé " An Ombudsman for Mauritius" et il reçut les encouragements des ministres et d'autres public officials". Ce qui permis au Constitutionnal Commissioner de rapporter dans un Sessional Paper ( No. 2 de 1965 ) ses constats suivants ;

" Un Ombudsman pour Maurice serait essentiellement un officier public indépendant chargé de la mission d'enquêter et de rapporter sur les allégations des maladministration ( incluant les actes discriminatoires ) formulées contre les autorités publiques et leurs officiers. Il ne disposerait d'aucun pouvoir pour annuler ou modifier une décision, mais il sera autorisé à faire des recommandations aux autorités compétentes en vue de redresser la situation en faveur des plaignants. L'Ombudsman menerait son enquête de manière formelle et privément, il ne pourra montrer du doigt individuellement les fonctionnaires impliqués, il examinera en profondeur tout service public afin de l'exonorer de toute critique injuste et il recueillera des informations qui lui permettraient d'agir comme un conseiller impartial auprès de l'administration".

Toujours selon le concept qu'avait de Smith d'un Ombudsman, ce dernier serait en fait, " le lien entre le gouvernement et les citoyens qui manquait à l'île Maurice. Loin d'affaiblir le principe de la responsabilité ministérielle, il devrait, au contraire, le rendre plus efficace. Bien que sa fonction primaire serait d'obtenir redressement dans le cas de complaintes individuelles, l'Ombudsman aurait également à rassurer les minorités qui entretiennent des craintes d'être victimisées par une dicrimination injuste de la part du gouvernement".

Dans la même foulée, le professeur de Smith souligna que " the new constitutional guarantees of fundamental rights and freedom will have the effect of invalidating unfairly discriminatory laws and administrative acts. But they must first be pronounced invalid by the courts, and there would surely be an advantage in supplementing the judicial process by another process which may prove less obtrusive and swifter in action and will not depend for its efficacy on the initiative of individual litigants. And the very existence of an independant inquisitor should reduce any possibility that discriminatory practices will be perpetrated by those in authority".

Le malaise de Gunnard Lindh

Le rapport de M. Hatteea rappelle que le professeur de Smith compara plusieures modèles d'Ombudsman, nommément celui de la Suède, du Danemark et celui de la Nouvelle-Zélande (qui fut le premier pays du Commonwealth anglais à adopter le système) avant choisir celui de la Nouvelle-Zélande, tout en y apportant des variations pour le conformer au contexte et à la Constitution de Maurice. Il prit la précaution de préciser que " An Ombudsman cannot be bought off the peg ; he must be made to measure". Abel de Smith était aussi d'avis, rappelle M. Hattea, "que le succès du Bureau de l'Ombudsman dépendrait beaucoup du degré de confiance que le premier titulaire du poste jouirait auprès des politiciens, de la Fonction publique et du public en général". C'est pourquoi le Commissaire constitutionnel recommenda que le premier Ombudsman désigné soit un Suédois. Le gouvernement mauricien d'alors accepta la recommandation. Pourquoi Suédois? Parce que la Suède, inventeur du concept depuis 1809 avait acquis une vaste expérience dans le domaine de la gestion des complaintes citoyennes et était disposée à la partager. On peut donc concevoir le rôle de l'Ombudsman (mot d'origine suédoise) comme celui d'un redresseur de torts. Donnant suite à la recommandation du professeur de Smith, Sir Seewoosagur Ramgoolam et son gouvernement de coalition Ptr-IFB et C.A.M adoptèrent l'idée de l'Ombudsman en 1968 en l'incluant dans la Constitution. L'année suivante, un Ombudsman Act fut adopté par le Conseil législatif. Sookdeo Bissoondoyal eut tous les droits de se réjouir, lui qui se battit pour cela depuis 1961 et qui, lors de la Conférence constitutionnelle de Londres de 1965 fit de l'Ombudsman une des trois principales revendications de son parti pour une île Maurice indépendante plus respectueuse des droits des citoyens.

M. Suleiman Hatteea affirme que "la loi instituant le bureau de l'Ombudsman est restée virtuellement inchangée et a conservé sa pertinence quarante ans après". " Indeed the Ombudsman institution has stood the test of time mainly because at the very outset it incorporated the essential characteristics needed to successfully fulfill its mission, to wit; independance Office, wide powers of investigation, informal procedure for conducting an investigation, a non - adversarial approach to the resolution of problems and finally the power to make recommendations", écrit M. Hatteea .

C'est un peu édulcorer toute l'histoire. Le premier Ombudsman, le juge Gunnard Lindh, recommandé par le Premier ministre suédois lui-même à Sir Seewoosagur Ramgoolam, s'installa en 1970 et eut pour adjoint un avocat et ancien parlementaire travailliste, M. Seegobind Sharma dont l'intégrité était reconnu de tous. Cependant, Gunnard Lindh fit ses bagages très vite soit deux ans après son entrée en fonction. En réalité, malgré tout le tact diplomatique qui caractérisait sa personne, il n'arriva jamais à masquer un certain malaise dans l'exercice de ses fonctions et préféra démissionner deux ans avant l'expiration de son contrat...

" Depuis cette date historique ( 1970 ) l'Ombudsman de Maurice a réglé des milliers de doléances et a pu apporter du reconfort à des centaines de citoyens qui ont subi des injustices résultants de la maladministration ", conclut M. Hatteea. Voilà ce qu'on peut appeler positiver !


Jocelyn Grégoire

"La FCM ne prendra pas position pour JM Richard"

Il y a de la tension dans l'air au sein de la FCM entre Jean-Marie Richard, qui y représente la MMKA, et le président Jocelyn Grégoire. Sujet de la tension: le refus du président de prendre position publiquement en faveur de Jean Marie Richard dans le conflit qui oppose ce dernier à la police.

C'est lors d'une réunion de la FCM, vendredi, que la demande pour une prise de position en faveur de Jean Marie Richard, dans le conflit qui l'oppose à la police, est faite. Jocelyn Grégoire, le président, s'y oppose fermement en disant qu'il s'agit "d'un conflit personnel" dans lequel la FCM ne peut intervenir et qu'il faut laisser "la justice suivre son cours." Profitant d'un mail de remerciements à un message de soutien, Jean Marie Richard règle son compte au président de la FCM sur internet. Extraits de son "appréciation" du président de la FCM: "Jocelyn Gregoire nek en ti chef la choral sans aucun l'envergure… li préfère alle béni souval ek lekiri… li pénan oken sens ni sensibilité politique au sens classique grec… li domaz mais li kumsa… li pas konne aprésye konpétens ek lexpertiz ki pe met a so dispozisyon, li kozé kan pa bizin e kan bizin li observ silens cupab."

Ayant reçu le mail par les soins d'une âme charitable - qui lui voulait probablement du bien -, Jocelyn Grégoire a réagi dans la déclaration suivante faite à Week End hier. "Un email circule sur internet dans lequel Jean Marie Richard me traite de "ti chef la choral sans aucun l'envergure…" Cet émail fait suite à une réunion de la FCM qui a eu lieu vendredi et au cours de laquelle j'ai refusé que la fédération prenne position pour Jean Marie Richard contre la police. D'apres mes informations, il s'agit d'un problème d'éviction qui a mal tourné entre Jean Marie Richard et la police et je dis qu'il faut laisser la justice suivre son cours. Il n'est pas question que la FCM prenne position sur ce problème entre un individu et la police. J'avais dit dans une interview qu'il existe pas mal de gens qui tournent autour de la FCM pour leurs propres intérêts, pou gagne zotte propre boutte. Le comportement de Jean Marie Richard me donne à penser qu'il agit comme ces gens qui veulent utiliser le FCM. Je dis haut et fort: tant que je serai son président, la FCM ne sera pas utilisée pour des causes et des intérêts particuliers. Nous sommes là pour défendre la cause créole, pas des individus. Jean Marie Richard exige que la FCM prenne position pour lui contre la police, soutienne Rama Valayden et descende dans la rue parce que, selon lui, "énan problem dans pays." Je ne vois aucun problème dans le pays. Je ne vois qu'une personne qui a eu des problèmes avec la police. Il n'est pas question pour la FCM d'aller jeter de l'huile sur le feu en prenant des positions ou en faisant des déclarations qui pourraient créer des confusions et créer de vrais problèmes."


Ça va se savoir

N°12 : la guerre continue…

S'ils ne sont pas toujours du domaine public, comme ce fut le cas ces dernières semaines, il ne faut pas pour autant croire que la guerre est terminée à Mahébourg-Plaine Magnien entre les trois élus de l'alliance sociale, le duo rouge Bunwaree-Varma et le bleu Richard Duval. Les attaques et les mesquineries continuent de plus belle entre agents des deux factions. Il y a eu une bagarre rangée entre agents du ministre et ceux du PPS, des querelles sur la fourniture de matériaux de construction à Cité Tôle et tandis que le dirigeant d'une association socioculturelle proche du bon docteur fait un forcing pour être nommé à la tête d'un trust, son concurrent, proche, lui, du Premier ministre, qui a eu quelques problèmes liés à des irrégularités récemment, essaie de lui barrer la route.

Une affaire de protégé du ministre qui a obtenu un emplacement au Caudan a été référé à la SPDC pour décision et c'est le conseil légal de cet organisme, qui n'est autre que Yatin Varma, qui a étudié ce dossier et recommandé des eviction orders et une résiliation de patente. Last but not least, des critiques sont aussi formulées contre le traitement dont bénéficie une recrue du ministère de l'Éducation qui a été baptisée "chief of staff" et le fait qu'un de ses proches a aussi obtenu une patente de taxi. Raison du courroux des colistiers de Vasant Bunwaree : ces heureux bénéficiaires affichaient ouvertement leur sympathie pour le MSM aux dernières élections générales.

La campagne "nou bann"

a commencé au N°20

Tous les députés ont contribué à l'entreprise consistant à octroyer un repas aux enfants pauvres de Cité Barkly. Au lancement du programme hier, il n'y eut pourtant que les apparentés alliance sociale comme Xavier Duval et Danielle Turner. Une campagne "nou bann" a ainsi commencé. Cette visite du ministre du Tourisme a beaucoup amusé les habitants de la localité. Et, pour cause, ils se souviennent encore que le leader du PMXD avait été élu le 19 septembre 1999 à Beau Bassin-Petite Rivière et qu'il avait dû émigrer à Curepipe-Midlands un an après, avoir été chassé à coups d'œufs pourris à Albion.

Odeur nauséabonde

Le ministère de la Santé a émis un ordre d'arrêt à l'encontre de KFC de la Chaussée pour cause d'odeur nauséabonde. C'est bien. Parce que, selon une certaine logique propre à ce gouvernement, si la police s'est occupée d'Innodis, il allait de soi que la Santé s'intéresse à une filiale de FAIL. Sauf que d'odeur nauséabonde il y en a effectivement, mais elle émane surtout de cette eau glauque du pont du Ruisseau du Pouce. Ceux qui empruntent la rue La Chaussée tous les jours en savent quelque chose. Nous ne pouvons qu'espérer que la Santé émettra aussi un ordre en direction de la municipalité de Port Louis, l'enjoignant à nettoyer au Kärcher, comme dit l'autre, ce pont qui pue.

Nouvelles absences remarquées

Abu Kasenally a, dans un courrier adressé cette semaine à Week-End, expliqué que c'est le Premier ministre qui, en son absence, l'avait délégué à la fête officielle de l'Eid Ul Fitr le lundi 21 septembre et il nous assurequ'après les incidents de Phœnix, qu'il attribue à un "handful of politically motivated aided and abetted by a group of extremists who behaved in a most uncivilized and anti-islamic manner", il continue à aller librement dans sa circonscription. Toujours est-il que de nouvelles absences ont été remarquées hier à la fête, toujours dans le cadre des célébrations d'Eid, organisée par l'Union musulmane à Bel Air. Notamment celle de Rashid Beebeejaun, alors qu'étaient présents le ministre Lormesh Bundhoo, le leader de l'opposition, Paul Bérenger, Cader Sayed Hossen et Pravind Jugnauth. La MBC, qui a boycotté la conférence de presse de Mahmoud Labadi, de l'OLP, brillait, elle aussi par son absence hier à Bel Air. Ceci explique cela…



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