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Échiquier politique
Un Attorney General sous le coup d'un "lev paké
alé" !
Depuis la fin de la semaine écoulée, le gouvernement
se retrouve dans un contexte politique particulier, avec un Attorney
General et secrétaire général d'un des partenaires
de l'Alliance Sociale, Rama Valayden, sous le coup d'une injonction
de "lev paké alé". Il est également
en passe de devenir le troisième parlementaire de l'Alliance
Sociale, après le ministre Asrtaf Dulull et le député
Ram Mardemootoo, à se voir servir une assignation formelle
à audition under warning se déroulant au
QG du Central CID. Des recoupements d'informations effectués
après les délibérations du conseil des ministres
de vendredi sous la présidence du Premier ministre, Navin
Ramgoolam, confirment que les explications entre les deux hommes
ont été vraiment chaudes et high pitched,
avec un mutisme subséquent forcé dans une tentative
de damage control pour ne pas ternir davantage l'image
du gouvernement à la veille du coup d'envoi de la mobilisation
pour les prochaines élections générales.
Si très peu de détails avaient transpiré
de la première convocation de l'Attorney General au Prime
Minister's Office dès le retour de Navin Ramgoolam au pays
jeudi, par contre, les langues commencent à se délier
quant à la teneur des remontrances du Premier ministre
à l'égard de Rama Valayden. Des sources concordantes
et bien informées affirment sans ambages que "l'Attorney
General est désormais sous le coup d'un lev paké
alé !"
"Il ne fait aucun doute que suite à ce qui s'est
passé en fin de semaine au sein du gouvernement, Rama Valayden
sait qu'il a été placé sous haute surveillance
politique au sein du gouvernement et, qu'à la moindre récidive,
il n'aura d'autre choix que de prendre la porte de sortie",
déclarent ces mêmes milieux, qui se montrent extrêmement
réticents à aller en détail au sujet de ces
échanges.
"Sur ce qu'on a entendu et vécu, il est clair que
l'ultime message du Premier ministre adressé au ministre
de la Justice est que pour la prochaine fois, il n'aura le choix
qu'entre offrir sa démission ou se voir administrer une
révocation", ajoute-t-on dans les milieux ministériels
concernés. Rama Valayden a tenté d'offrir une parade
pour justifier sa sortie lors du congrès du PMSD de lundi
dernier à Beau-Bassin en présence du vice-Premier
ministre et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval. Mais très
peu d'éléments semblent confirmer la thèse
qu'il s'était fait comprendre.
Pour le Premier ministre, l'Attorney General, en prenant fait
et cause publiquement en faveur du Franco-Mauricien Jean-Marie
Richard dans l'affaire des allégations d'actes de brutalité
policière à Grand-Baie, a commis un péché
de "lèse-Premier ministre". Lors des échanges
de vendredi, Rama Valayden avait été sermonné
en des termes pas moins précis et aussi bien catégoriques
que le portefeuille du Law and Order ou encore de la Sécurité
intérieure, donc la force policière, relève
du Premier ministre et de personne d'autre.
"S'il y a un problème relevant de la force policière,
la moindre des choses aurait été d'en entretenir
le Premier ministre avant d'aller en public pour des déclarations
et des commentaires de nature fracassante", a-t-il été
rappelé à l'Attorney General, qui s'est évertué
à soutenir qu'il ne s'était pas attaqué à
l'ensemble de la force policière, mais à des cas
spécifiques.
Le ton était monté d'un cran quand les allégations
de brutalité policière étaient teintées
de connotations communales et les risques de dérapages
et de violence dans le pays. Même si les sombres moments
des émeutes de février 1999, après le décès
en cellule au Alcatraz Detention Centre du seggaeman Kaya, avaient
été effleurés lors de cette "hair
dryer operation in the Cabinet's Room", aucune des sources
approchées par Week-End n'a voulu confirmer officiellement
si la responsabilité de ces graves incidents avait été
attribuée nommément et de manière brutale.
Mais tout au long de cette admonestation premier-ministérielle,
l'Attorney General n'a pas bénéficié de soutien
manifeste de ses autres collègues, tant l'autre était
rouge de colère. Mais une fois la page du nouvel épisode
de la "Valayden Saga" tournée, le ton devait
revenir à la normale pour la suite de la réunion
du conseil des ministres.
En effet, vendredi après-midi, aucun des deux protagonistes
n'a voulu s'aventurer pour faire des commentaires ou encore revenir
sur cette affaire. Le Premier ministre, qui participait à
une cérémonie à la mémoire de Lady
Ramgoolam à St-Aubin, a repoussé d'un revers de
la main les questions de la presse sur l'affaire Valayden. De
son côté, ce dernier s'est contenté de rappeler
à la presse, ce même vendredi après-midi,
qu'il était toujours membre du gouvernement.
Les premiers signes d'énervement et d'irritation au sein
du gouvernement par rapport aux commentaires du secrétaire
général du PMSD sur la couleur communale des actes
de brutalité policière étaient visibles dès
le lendemain de la réunion politique. Dans une tentative
d'atténuer les political ripples de cette déclaration
à très haut voltage, l'Attorney General devait soutenir
dans des déclarations de presse données à
la ronde qu'il avait été mandaté par le conseil
des ministres pour s'occuper de ces allégations impliquant
Jean-Marie Richard.
Mais, dès mercredi, soit à la veille du retour du
Premier ministre, il était devenu évident que l'affaire
avait pris une autre tournure avec d'énormes risques sur
tous les plans. Le Premier ministre par intérim, Rashid
Beebeejaun, qui avait présidé la précédente
réunion du Cabinet, déclarait, pour sa part, que
l'Attorney General allait devoir s'expliquer lors de la prochaine
réunion du conseil des ministres.
La convocation d'urgence de l'Attorney General pour des explications
devait intervenir dès jeudi matin aussitôt que le
Premier ministre était descendu de l'avion. Mais le plus
dur est à venir : des dirigeants de la Fédération
de la Police dont entre autres l'inspecteur Ranjit Jokhoo et le
sergent Rajen Chedumbrum-Pillay ont pris les devants en consignant
une déposition contre l'Attorney General accusant la police
d'actes de brutalité policière contre une section
de la population.
Cette enquête est menée sous la supervision du surintendant
Heman Jangi, le responsable du Central CID, avec la confirmation
que Rama Valayden sera interrogé under caution dans
cette affaire une fois les procédures préliminaires
bouclées.
Affaire à suivre dans un contexte politique hautement volatile
et sournois, même si la surface paraît des plus calmes
Paul Bérenger sur les propos de Rama Valayden
"Un dangereux pyromane qui récidive
"
"Un dangereux pyromane qui récidive. Ses propos
irresponsables peuvent mettre le feu aux poudres comme en 1999".
Les propos de Rama Valayden ont ainsi été commentés,
hier, par un Paul Bérenger "inquiet".
Il a aussi relevé que "c'est sans précédent
dans l'histoire de Maurice et du monde que la police enquête
sur le soi-disant ministre de la Justice et qu'elle réclame
son arrestation".
"Nous savons tous quel rôle Rama Valayden a personnellement
joué dans la mort de Kaya et nous avons tous lu le rapport
Matadeen sur les émeutes de 1999, lequel l'avait condamné,
lui et ses proches", a déclaré le leader
de l'opposition et du MMM. Il a, depuis, été rejeté
par l'électorat, rappelle-t-il, ajoutant que "si
Navin Ramgoolam était un Premier ministre qui avait le
sens de l'état et de l'histoire, il n'aurait jamais nommé
ce genre de personnes comme Attorney General". L'histoire
retiendra qu'il y a aussi eu la Subutex Saga.
Paul Bérenger a aussi souligné qu'à son retour
au pays, le Premier ministre a convoqué Rama Valayden mais
"qu'il n'a ni la capacité ni le courage de le révoquer.
Il se réfugie dans un silence coupable et honteux".
Cela dit, il a renchéri en affirmant qu'il faut condamner
tous les cas de brutalité policière et qui frappent
toutes les communautés, que ce soit Kaya, mort en prison,
Cehl Meeah, litéralement torturé, et Rajesh Ramlogun,
également décédé en cellule policière.
Ces descendants d'esclaves qui sont victimes de discrimination
et d'injustice
Lorsqu'on regarde les statistiques dans les pays qui ont connu
l'esclavage, comme Maurice et les États Unis, elles démontrent
que jusqu'aujourd'hui, ce sont les descendants d'esclaves qui
sont victimes de discrimination et d'injustice. Ils se retrouvent
proportionnellement en plus grand nombre dans les statistiques
de victimes de la brutalité ou de ceux qui sont en prison,
et cela, pour des raisons historiques et sociologiques. Une telle
situation exige des actions permanentes du gouvernement, a-t-il
dit.
Il a, par ailleurs, jugé coupable Rama Valayden d'avoir
proféré ses accusations contre l'ensemble de la
force policière et que c'est maintenant qu'il essaye de
corriger ses propos après qu'ils ont éclaboussé
toute la force policière, ce qui est "inacceptable
et dangereux". Le gouvernement et le PM qui est responsable
de la police auraient dû agir, prévenir les brutalités
et redresser la situation d'injustice et de discrimination héritée
de l'histoire, au lieu de faire de pareilles déclarations
et de tenir des propos incendiaires, a déclaré Paul
Bérenger.
Or, c'est "toujours l'inaction du côté de
Navin Ramgoolam", souligne-t-il, non sans avoir rappelé
qu'après le décès en cellule policière
de Rajesh Ramlogun, il avait été question d'une
poilice des polices. "Trois ans plus tard, rien, pas d'action,
mais des déclarations irresponsables de Rama Valayden couvertes
et soutirées par Navin Ramgoolam", déplore
Paul Bérenger qui juge tout cela dangereux.
Il est revenu à la période 1995/2000 et l'épisode
1999 sous le premier mandat de Navin Ramgoolam. Il a dit "prier
le ciel pour que, sous son deuxième mandat, il n'y ait
pas de répétitions de l'histoire par sa faute et
celle de Rama Valayden".
Le cas de Jean-Marie Richard: il faut une enquête indépendante
Venant aux graves allégations formulées contre la
police dans le cas de Jean-Marie Richard, il a dit que ce n'est
pas bon que la police soit juge et partie. Il faut une enquête
indépendante soit par la Commission des Droits de l'Homme,
si elle agit vite, soit par un ex-juge de la Cour suprême
nommé par le gouvernement pour faire la lumière
sur ce cas spécifique.
A l'heure des questions, il a répété que
non seulement Rama Valayden - directement responsable, dit-il,
de la mort de Kaya, après le concert gandia et après
qu'il l'ait abandonné en prison pour aller à Rodrigues
- aurait dû être révoqué sur le champ
après ses propos incendiaires, mais qu'il n'aurait jamais
dû être nommé à ce poste.
Quant au silence du Premier ministre, une nouvelle fois qualifié
de "coupable, honteux et dangereux", il a déploré
"ki éna sa kalité dimoune là à
la tête du pays. SSR, comme tout le monde y compris moi,
avons nos défauts, mais il n'aurait jamais toléré
quelque chose de semblable".
Paul Bérenger a aussi ajouté, ironique, "Navin
Ramgoolam et Rama Valayden se comprennent" après
que l'Attorney General a affirmé "li ine comprend
moi" suite à sa convocation par le PM. "Mo
bien tracassé pour Maurice avec banne dimoune ki enn dangereux
pyromane qui récidive et enn PM qui péna capacité
ni courage revoque li et mo supplié banne mauriciennes
et banne mauriciens, toutes communautés confondues, pas
laisse zot emporter par sa banne propos incendiaires-là,
nou pou fini comment en 1999".
De la haine pour lui, comme le prétend Valayden? "Je
n'ai de la haine pour personne, j'ai beaucoup d'amitié
pour beaucoup de personnes et peut être pitié et
mépris pour d'autres, mais pas de haine pour personne.
Valayden n'est dans aucune catégorie, c'est un danger public
permanent!" Répondant à une autre question
de la presse, il s'est dit étonné que de simples
citoyens qui ont repris les propos de l'AG ont été
arrêtés tandis que l'auteur n'a pas été
inquiété.
Autre dossier évoqué, hier: les casinos, maisons
de jeu et autres discothèques qui fonctionnent de manière
illégale. Pour le leader de l'opposition, il y a eu une
grande distribution de permis d'opérer de telles activités
depuis les dernières élections générales,
ce qui est en train, soutient-il, de causer beaucoup de dégâts
dans le pays et de nourrir la mentalité zugader.
"Pé zoué ar lavi dimoune!"
"Pé corrompre la jeunesse et pé ruine la
vie banne dimoune avec banne maisons de jeux qui fine implanté
sans ki éna parking et pé bloque l'entrée
dimoune. Li révoltant et li clair ki Gambling Regulatory
Authority ine faillir dans so devoir complètement. Li clair
ki fine éna beacoup corruption dan tout sa zafer-là
et, en temps et lieu, pou bizin mettre l'ordre et sa ki pou bizin
rende compte à la GRA va bizin rendre compte!",
a renchéri le leader de l'opposition.
S'agissant des discothèques, il y a, là aussi, eu
des patentes données "all the way" par
la Tourism Authority, a-t-il dit, ajoutant ne pas être sûr
que le gouvernement a eu raison d'enlever la responsabilité
d'octroyer de tels permis des administrations régionales
pour la mettre entre les mains de la Tourism Authority, organisme
qui avait "fané" en procédant à
la fermeture de Pizza Hut de Quatre-Bornes (la TA avait été
déboutée en Cour suprême).
En sus de la dénonciation du fonctionnement illégal
des discothèques, Paul Bérenger a déclaré
qu'elles peuvent mettre la vie des gens en danger, avec un début
d'incendie récent où il a été constaté
qu'il n'y avait pas de sécurité et de sortie de
secours. "Pé zoué ar la vie dimoune et mo
espéré ki pa pou attane ki éna la mort comme
pou banne accidents de la route pou ki éna encore après
la mort la tisane", a observé le leader de l'opposition,
qui a aussi dit qu'en sus d'être des nuisances pour les
voisins, ces discothèques sont dans un état d'insalubrité
avec des toilettes infectes. Aussi, il a invité le PM à
assumer ses responsabilités et à agir sans plus
tarder avant qu'un malheur n'arrive.
Invité à commenter le fait que le PM préside
un comité sur ces "gaming houses", le
leader de l'opposition a, sarcastique, dit ne pas savoir s'il
a vraiment le temps de s'en occuper, lui qui est pris dans des
rencontres avec les Rama Valayden, Asraf Dulull et James Burty
David pour préciser aussitôt que lorsque Navin Ramgoolam
préside un comité, "fini koné narien
pa pou éna".
Évoquant ensuite les célébrations des 40
ans du MMM, Paul Bérenger a parlé de "moment
extraordinaire" et de "deuxième jeunesse",
non sans s'être déclaré ravi et heureux du
retour à l'idéalisme qui a inspiré les premières
années de son parti.
Il y a déjà, ajoute-t-il, beaucoup de jeunes et
de femmes parmi les candidats présentés et il y
en aura d'autres qui le seront d'ici les élections générales.
Il revient sur les critères retenus par le MMM pour désigner
ses candidats, qui sont un bon équilibre entre les vétérans
et les jeunes, mais aussi les femmes, "autant que possible
parski pa kapav nek kozé kozé, après kan
bizin choisir faire comme Navin Ramgoolam!".
Avec de tels critères arrêtés par le MMM pour
désigner ses candidats en favorisant échanges et
consultations, il y aura inévitablement des remous, précise-t-il.
Et de se dire, en évoquant la démission de Kumar
Ramdin, toujours attristé lorsque quelqu'un quitte le MMM.
"Kumar Ramdin allé, Naveena Ramyead in. Pa la première
fois ki Ramdin allé, li déjà quitte MMM dans
les années 90 pou alle ek PTr, li ine reveni".
"Banne ki pa kapav suive nous ki egoiste, nou bien chagrin
pou zot ; nou, nou pou continer dans cette voie!", dit-il
en dénonçant ceux qui sont "obsédés
par une investiture" et ces "hypocrites qui viennent
au congrès-anniversaire, qui applaudissent et qui, le
lendemain, quittent le parti!"
Quant à savoir si on est déjà en campagne
électorale, Paul Bérenger a répondu par l'affirmative
et il en a profité pour se dire attristé que Navin
Ramgoolam utilise des plates-formes historiques et officielles
- comme la commémoration de l'anniversaire de son père
et un hommage à sa mère - pour faire de la politique
partisane. "C'est un manque de respect", a-t-il
déploré. Et d'annoncer qu'il travaille à
une conférence "objective et fair-play"
sur ce qui a influencé la vie politique de SSR.
Le dernier sujet évoqué hier était la piraterie
dans l'océan Indien. Le leader de l'opposition a demandé
au gouvernement de clarifier les choses après que la chargée
d'affaires ait évoqué l'emprisonnement de pirates
somaliens et l'organisation de leur procès sur le sol mauricien.
Il a aussi fait état de la visite d'un commandant américain
affecté dans la région qui aurait discuté
de cette question et de ses propres informations qui indiquent
qu'il y a eu une demande des Américains dans ce sens.
Il est évident que la petite île Maurice avec sa
vocation touristique ne peut pas accueillir de tels pirates sur
son territoire. Le leader de l'opposition a exigé du gouvernement
qu'il dise la vérité à la population et qu'il
la rassure qu'il n'y aura rien de tel sur le sol mauricien.
Les déclarations controversées de Valayden
L'enquête menée par la Central Criminal Investigation
Division (CCID), des suites de la déposition des membres
de la Fédération de la Police, sera axée
sur plusieures déclarations faites par l'Attorney General,
Rama Valayden, lors de rassemblements publics, mais aussi sur
les ondes des radios privées, dont Radio Plus. Les
enquêteurs sont déjà en présence de
la majorité de ces enregistrements ; ils les passent actuellement
au crible. Ci-dessous, les transcriptions verbatim des dernières
déclarations de Rama Valayden, en commençant par
celle qui a engendré la controverse.
Tout a commencé à Rose-Hill lundi dernier lors
d'un congrès du Parti Mauricien Social Démocrate
(PMSD) où le secrétaire général des
bleus, Rama Valayden, est intervenu en ces termes :
"Kamarad Jean-Marie Richard gayn problem avec lapolis, gayn
bater, selon bann allégations, avec lapolis. Eski ou lé
éna lanket, péna lanket ? Lapolis, kan li trouv
enn rasta, li kroir li trouv enn pied gandia ki pé marsé
(NDLR: interruptions et cris de la foule présente). Kan
li trouv sa kamarad-la pé marsé, li trouve sa, li
rod fouy sa kamarad-la, li rod aret sa kamarad-la. Et sa ine changer
? Boukou dimounn gayn britalité policière. Ena diféran
communauté, diféran castes, mais éna enn
group dimunn ki gayn baté plis ki lézot. Moi, mo
napa honté, mo napa communal. C'est communauté kreol
! Péna pou per! Bizin dir kouma les choses été".
Interrogé sur les ondes de Radio Plus au sujet
de cette déclaration une première fois, le ministre
persiste et signe :
"Si zot guet le discours dans le fond, zot pou al kompran
ki c'est enn discours d'enn point de vue de classe sociale. Dan
bann classes sociale, si enn komunauté, mo ti koz la communauté
kreol, ki pli defavorisé pou des raisons historiques, zot
gagne plis krazé. Et kan gayn plis krazé, et mo
ti pé koz pou la force policière, mo ti pou koz
pou ene section, li enn réalite ki fine éna, li
pa pou éliminé du jour au lendemain. C'est enn kiltir
ki bizin changer. Si éna certains dimounn ki finn senti
zot vizé lor la, mo pann dir ki éna enn équation
komunal au niveau de lapolis. Mo finn dir enn fait. Personn pa
kapav vinn rod dir lor sa sujet-la ki mo pa konn sa sujet-la,
etc. Éna kitchoz ki kapav défann, éna kitchoz
ki pa kapav défann."
Interrogé une deuxième fois, toujours sur les
ondes de Radio Plus, avec en filigrane l'affaire Jean-Marie Richard,
Rama Valayden ajoute :
"C'est pa enn action isolée de la part de l'Attorney
General. Le Cabinet ine déleg mwa pou dir séki mo
pé dir. Et mo pé kontiyn dir. Et c'est pa la première
fois. À chaque fois, hier dans le cas de Chinien (NDLR:
Nitin Chinien, l'animateur-radio et fils de feu Siven Chinien),
dans le cas de multiples personnes, nou finn touzour constant
kan nou finn koz brutalité policière. Kan nou koz
brutalité policiere, nou pa koz brutalite de la police
in toto. Nou koz brutalite de la part d'une section. Mais la li
ankor au stade d'enn lanket. C'est pa a moi pou tir bann conclusions.
Nou pé travay lor enn la loi, ki pou vinn enn forme de
police des polices. What's in a name, c'est différent.
L'affaire Ramlogun soutient la thèse que l'affaire ne tombera
pas aux oubliettes.
Vendredi, lors d'un congrès du PMSD à Mahébourg,
(voir compte-rendu plus loin), Rama Valayden est revenu sur le
contenu de ses déclarations, en prenant en toile de fond
l'arrestation de Marcelin Azie en marge du viol et du meurtre
de Nadine Dantier :
"Laisse mo dir zot enn phrase ek pense li bien. Séki
mo finn dir, tou dimounn inn tann mwa. Maurice entier finn tann
moi. Pas zordi mo pé dir sa. Amen li lakaz ek réflési
lor la. Kan ti éna enn garson, Marcelin Azie (...), mo
parti, Mouvement Républicain, ti dir moi pas rentre dan
zafer Marcelin Azie, tou dimounn pou zour toi. Amène Marcelin
Azie divan, tir so foto, péna personn pou defan li. Tout
dimoun dir limem ine touyé, ine violé, ine sodomisé.
Enn Rodriguais péna personne, péna naryen. Lerla
mo finn defann Marcelin Azie. Lerla mo ale la cour gramatin, éna
manifestation. Si mo pas ti apel Rama Valayden, mo fini gayn baté
kouma avocat. Kot Maurice entier ti dir moi pa bizin defann sa
dimounn-la, moi mo koné dan mo for intérieur, ler
mo diman li, ki sa dimounn la enn dimounn innocent. Mo finn défann
li kont l'île Maurice entier et, à la fin, finn prouvé
ki Marcelin Azie innocent. Marcelin Azie mo pa pran enn sou moi
et dépi dan mo tripe mo finn défann Marcelin Azie
(...) Laisse moi dir bien. Ou koné ki mo finn dir ? Monn
atak enn section. Mone dire parey kouma dan métier avocat,
parey kouma dan n'importe ki métier kot ena enn groupe
dimounn ki véreux, kan mo critik enn profeser ki finn bat
enn zanfan lékol, mo pa pé kritik tou profeser.
Mo pa pé kritik tou, ziska so ministre l'Éducation.
Mo pé kritik system kan baté. Écoute bien
séki mo pou dir zot. Enn sel phrase. Amène lakaz.
Si mo pé koz manti, fusille moi ! Mais si mone dir la vérité,
ler ou guet ou dan la glace, séki mone dir, ou trouvé
mo pé dir vrai. Si monn dir la vérité, pardonne-moi
si mo la vérité ine blesse ou et si mone koz manti,
fusille moi !"
Il est à l'origine des attaques de Valayden contre la
police... - Le "track record" de Jean-Marie
Richard devant la justice
Ce sont les incidents avec la police du directeur d'Imagine Communications,
le franco-mauricien Jean-Marie Richard, que Rama Valayden a fait
sa sortie contre la police. Il est loin d'en être à
ses premières démêlées avec la justice
et les policiers en service. Tout cela sera sans doute dans le
dossier à charge dans l'affaire de brutalité policière
alléguée. Week-End a enquêté et a effectué
les relevés suivants.
OB 3597/02 Grand-Baie Police : Assault.
Cas rapporté par Mme Patricia Joomun, épouse du
locataire de Jean-Marie Richard, habitant Grand-Baie.
L'affaire qui a été rayée en cour à
cause de l'absence prolongée de l'accusé, sera logée
incessamment.
OB 2598/03 Grand-Baie Police : Damaging Property
Cas rapporté par Kalam Azad Joomun, locataire de Jean-Marie
Richard.
Comme le précédant cas, l'affaire avait été
rayée pour la même raison et sera de nouveau logée
en cour d'ici peu.
OB 2956/04 Grand-Baie Police : Damaging Motor Vehicle
Cas rapporté par Kaviraj Boodhoo, habitant Goodlands.
Jean-Marie Richard a été condamné à
une amende de Rs 1 000 plus les frais de la cour.
OB 297/05: Grand-Baie : Assault
Police Case rapporté par Kalam Azad Joomun. Ce dernier
avait demandé que no further action ne soit prise
dans cette affaire.
OB 303/05: Grand-Baie : Assault
Cas rapporté par Rajjoo Jaddoo, habitant la localité.
L'affaire n'a pas eu de suites, à la demande du plaignant.
OB 364/05 Grand-Baie : Assaulting Police
Cas consigné à la police par le constable
3997 Camatee.
Le Directeur des Poursuites publiques devait suggérer que
"no further action" soit donnée à
cette affaire.
OB 197/05 Airport Police : Outrage against an agent of the
Civil Authority.
Cas rapporté par le constable 4798 Ramkaun. Jean-Marie
Richard devait être condamné à une amende
de Rs 2 000 plus les frais de l'affaire.
OB 1445/05 Port Mathurin Police : Insult
Déposition consignée à cet effet par Merge
Félicité, de Crève Coeur.
L'affaire devait être dismissed en cour.
OB 1561/05 : Port Mathurin Police : Assault
Cas rapporté par Johnson Roussety, alors Minority Leader
à l'Assemblée régionale de Rodrigues.
L'affaire devait être dismissed for want of prosecution.
OB 1626/05: Port Mathurin Police : Damaging Motor Vehicle
Déposition faite en ce sens par Johnson Roussety toujours.
L'affaire en cour devait être également dismissed
for want of prosecution.
OB 2300/06: Curepipe police : Damaging accessories of Motor
Vehicle
Déposition consignée par un chauffeur de taxi, Louis
Winsley Alexandre Rughoo.
Jean-Marie Richard devait être condamné à
Rs 3 000.
OBs 1486/08, 1825/08 et 1826/08 : Phoenix Police : "Dangerous
driving", "Insult" and "Failing to remain
stationary as long as required by a Police Officer in uniform"
Cas rapportés par le constable 5097 Victoire, affecté
à la Traffic Branch. Il avait tenté, selon l'accusation,
de "drive his vehicle on the constable".
Les trois cas susmentionnés devaient être rayés
en cour à cause de l'absence de l'accusé.
OB 2052/08 Vacoas Police : Molesting police
Déposition consignée en ce sens par le constable
8395 Seeraj, affecté à la Traffic Branch.
Le cas en question est toujours pending before court.
Il est également à noter que Jean-Marie Richard
est aussi poursuivi pour plusieurs Road Traffic Contraventions.
Brutalité policière
Nando Bodha : "Rama Valayden doit assumer entièrement
la responsabilité de ses propos"
Le MSM condamne tout acte de brutalité policière
et également toute incitation à la haine raciale.
Les récents propos de l'Attorney General qui alimente la
polémique ces derniers jours ont été commentés
par le secrétaire général du MSM, Nando Bodha,
qui animait une conférence de presse, hier, au Sun Trust
Building, dans le cadre de la série d'activités
qu'organise le MSM pour se rapprocher du peuple. Répondant
aux questions de Week-End, Nando Bodha soutient que "Rama
Valayden, ou tout autre Attorney Général, doit assumer
entièrement la responsabilité de ses propos."
Si l'enquête en cours détermine qu'il y a délit,
même s'il est Attorney General et donc responsable de la
loi, il n'est pas au-dessus de la loi. Et nous devrons répondre
à la loi et il devrait être sanctionné, a
soutenu le secrétaire du MSM.
Le parti réclame néanmoins une enquête dans
la transparence, rapide et indépendante. "Il y
a eu des plaintes, d'une part, concernant la violation des droits
de l'homme et, d'autre part, de la Fédération de
la police. Il y a une enquête mais, au MSM, nous estimons
que cette enquête doit être effectuée par une
autre institution indépendante que policière",
a indiqué Nando Bodha. Il confie que le leader du MSM,
Pravind Jugnauth, et d'autres membres du parti ont rencontré
le directeur d'Imagine Communication, Jean-Marie Richard, vendredi,
et ajoute que le MSM "condamne systématiquement
toute violation des droits et de la liberté des hommes".
Concernant les propos du ministre de la Justice, selon lesquels
la communauté créole serait particulièrement
victime de brutalité policière, le secrétaire
général du MSM s'interroge sur la fiabilité
de ces dires : "Sur quoi se base Rama Valayden pour avancer
cela? Avons-nous des statistiques fiables?", en insistant
pour dire que nul ne peut faire des déclarations au nom
d'un parti sans en mesurer les conséquences. Il ne faut
pas oublier, rappelle Nando Bodha, que Rama Valayden est le ministre
de la Justice. "Il est le seul ministère, avec
le Premier ministre, a être mentionné dans la Constitution.
C'est une lourde responsabilité et Rama Valayden ou tout
autre Attorney General doit assumer entièrement la responsabilité
de ses propos, quel que soit l'endroit ou l'audience."
Nando Bodha ne s'aventure, toutefois, pas à dire si le
ministre de la Justice doit être sanctionné, insistant
que toute décision concernant l'Attorney General - si l'enquête
établit quel est le fil conducteur de ses propos - doit
être prise au niveau du Conseil des ministres.
Nouveau slogan du MSM : "Your Dream, Our Vision"
Durant cette conférence de presse visant à annoncer
les activités du MSM, le secrétaire du parti a révélé
la stratégie qu'adopte le MSM pour se rapprocher de la
population. Ainsi, à partir de cette semaine, le MSM démarre
un pèlerinage autour de l'île. Cette marche, placée
sous le thème Your Dream, Our vision, s'étalera
sur plusieurs jours durant le mois d'octobre, les membres du parti
sillonnant différentes régions pour aller à
la rencontre du peuple, indique Nando Bodha. Onze endroits ont
été choisis, avec un thème qui sera abordé
dans chaque région. La série d'activités
démarrera le 9 octobre et prendra fin le 31 ocobre.
Les dirigeants du MSM seront, donc, le 9 octobre à Goodlands
pour parler de l'Économie et des Finances. Le 12, ils seront
à Mare Chicose, abordant le thème de la Préservation
de l'île et de son équilibre écologique, de
pair avec l'économie. A la Cité Anoska, 16e Mile,
le MSM parlera de la pauvreté. Le parti sera ensuite le
19 à Rivière-Noire pour parler de la mer et de ses
richesses. Le 21, il abordera, à Glen Park, l'avenir de
l'agriculture. Le thème Law & Order et la drogue sera
abordé le 22 à Plaine Verte. Et c'est plus particulièrement
à la jeunesse que le parti s'adressera le 24 au Sun Trust.
Le 25, le MSM sera à Mahébourg qui est destiné
à être le nouveau pôle de développement,
selon le parti. Les membres du MSM aborderont également,
à Highlands, le 28, le concept du Duty Free Island. L'île
Maurice et ses infrastructures seront à la municipalité
de Port-Louis, le 30, avant de finir ce mois d'activités,
en apothéose, le 31 octobre, lors d'une réunion
à l'auditorium Octave Wiehe pour parler des points capitaux
du projet politique du MSM pour le pays.
40 ans du MMM : le MSM, né du MMM, soutient être
le parti qui a réalisé le rêve militant
L'objectif de cette série d'activités est d'être
à l'écoute de la population et de lui présenter
les propositions du MSM qui se prépare à diriger
le pays, indique Nando Bodha. Il fait ressortir que pour son parti,
"le rêve du peuple, on en fait notre vision".
D'où ces réunions de discussions qui seront précédées,
à chaque reprise d'un défilé. Faisant un
clin d'il au ministre des Finances, le secrétaire
du parti rappelle que la prochaine présentation budgétaire
étant prévu pour dans pas longtemps, "c'est
à voir si le principal concerné souhaite considérer
certaines idées du MSM". Le parti, avance Nando
Bodha, souhaite apporter "un deuxième miracle économique".
Cela se fera avec la nouvelle génération d'idées
du MSM incarnée par son leader, Pravind Jugnauth, dit
Nando Bodha. Une jeunesse dont se targue le parti qui, aux questions
de Week-End pour connaître les vux du MSM au
MMM qui fête ses 40 ans, souhaite "bonne chance
au MMM avec sa deuxième génération."
Concédant que le MSM est né du MMM, Nando Bodha
fait, toutefois, ressortir que "c'est nous qui avons réalisé
le rêve militant. Nous sommes jeunes et nous avons beaucoup
de route à faire. Mais reste qu'après 40 ans, c'est
aujourd'hui que le MMM vient avec sa deuxième génération,
alors que celle du MSM vient après 20 ans". Toujours
aux questions de Week-End concernant les remous politiques
de ces derniers jours, notamment au niveau de la circonscription
No 12, Mahébourg-Plaine Magnien, ou encore des derniers
dissidents du MMM, Nando Bodha indique que le parti étudie
la situation de près. Il soutient, néanmoins, que
le MSM n'a pas encore entamé de campagne électorale,
ajoutant que les élections générales ne sont
prévues que pour 2010. "D'autant que Navin Ramgoolam
peut gouverner le pays jusqu'au mois de décembre 2010",
laisse entendre Nando Bodha.
"Dérapage communal" de Valayden
Guimbeau accuse le nouveau PMSD de vouloir "faire chanter"
le Premier ministre
Commentant, vendredi soir, la déclaration controversée
de Rama Valayden au sujet de la brutalité policière,
Eric Guimbeau, qui lançait officiellement son groupe de
réflexion baptisé Mouvement Mauricien Social Démocrate
(MMSD), a accusé le nouveau PMSD de vouloir "faire
chanter" le Dr Navin Ramgoolam. Aussi, le député
de Curepipe dit attendre pour voir si le PM ramènera publiquement
à l'ordre l'Attorney General, comme il l'avait fait dans
le cas d'un autre député de la Majorité qui
avait, lui aussi, fait un dérapage communal.
"Azordi, Valayden soi-disant grand défanser kréols!
Abé akot li ti été kan Kaya ti pé
mor dan prizon?", s'est-il demandé, avant d'accuser
le PMSD nouveau de s'engager sur la voie sectaire. Pour M. Guimbeau,
si cela se confirme que la brutalité policière ne
concerne qu'une communauté en particulier, ce ne peut être
le PM en tant que ministre responsable de la police qui doit porter
le chapeau. Aussi, pour lui, les commentaires du secrétaire-général
du PMSD sur le sujet ne sont, en fait, qu'un blâme pour
le chef du gouvernement.
Eric Guimbeau explique, par ailleurs, que c'est au nom de la dignité
et de l'amour-propre qu'il a réfusé de quitter l'Opposition
pour joindre la Majorité au sein du PMSD réunifié.
"Sat boire dilé so enn sel fois", dit-il.
Pour lui, ce sont par des agissements tels que celui de Maurice
Allet que des jeunes ne peuvent que demeurer loin de la chose
politique. Aussi, lui entend faire "de la politique autrement".
Ainsi, le MMSD, qui n'est encore qu'un groupe de réflexion,
n'entend pas se joindre, les yeux fermés, à toute
nouvelle alliance.
M. Guimbeau rappelle être le seul député qui
a mis sur pied une fondation dans laquelle toutes ses allocations
de parlementaire sont versées et servent à venir
en aide aux mandants. Il affirme avoir, en tant que député,
occupé chaque pouce de terrain à Curepipe/Midlands
et souligne le "bon travail" qu'il a accompli
en tant que PPS sous le précédent gouvernement.
Il trouve qu'en revanche, sous le gouvernement de l'Alliance Sociale,
la seule chose qui a été accomplie en quatre ans
à Curepipe est "le changement du nom du Stade Georges
V".
Eric Guimbeau inscrit la philosophie du MMSD dans le droit fil
de l'uvre de Jules Knig, Gaëtan Duval et Hervé
Duval, dont on ne souligne jamais assez la contribution, selon
lui. Il confirme, dans le même souffle, que le fils de ce
dernier, Hervé Duval jr, est au nombre de ceux qui soutiennent,
au sein d'un "think tank", le MMSD. Parmi les
autres anciens "vrai bleu" de l'équipe
du MMSD: Alain Barbier, ancien maire PMSD de Curepipe. Intervenant
vendredi, ce dernier - qui se fait fort d'avoir été
de l'équipe qui, avec sir Gaëtan Duval, avait mis
sur pied le PDG - révèle qu'il avait toujours la
conviction que Maurice Allet allait, un jour, "trahir".
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