a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 4 octobre 2009



  Economie - Croissance : timidité du FMI dans ses prévisions
  Échiquier politique - Un Attorney General sous le coup d'un "lev paké alé" !
  Paul Bérenger sur les propos de Rama Valayden - "Un dangereux pyromane qui récidive…"
  - Les déclarations controversées de Valayden
  Brutalité policière - Nando Bodha : "Rama Valayden doit assumer entièrement la responsabilité de ses propos"
  "Dérapage communal" de Valayden - Guimbeau accuse le nouveau PMSD de vouloir "faire chanter" le Premier ministre


Economie

Croissance : timidité du FMI dans ses prévisions

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, qui participe actuellement à l'assemblée générale annuelle conjointe du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, à Istanbul, en Turquie, devra trouver à redire quant aux dernières prévisions de croissance économique pour Maurice. En effet, l'IMF Outlook for Sub-Saharan Africa fait preuve de grande timidité dans ses prévisions pour les deux prochaines années pour l'économie mauricienne avec un taux de croissance nettement inférieur aux 2,7% de la Banque de Maurice et du Central Statistical Office (CSO). Ce rapport du FMI a été publié officiellement hier après-midi. D'autre part, les statistiques compilées par le FMI indiquent une nette progression de la dette étrangère du PIB de Maurice d'ici à 2010, soit de 8,8% du Produit intérieure brute (PIB) en 2008 à 12,8% du PIB.

Les principaux indicateurs économiques élaborés par le FMI dans le sillage de la crise économique internationale représentent une véritable douche froide à l'hôtel du gouvernement où il était question de taux de croissance dans la fourchette de 5 à 6% l'année prochaine dans une tentative de doper la création d'emplois face au spectre du chômage. En pour 2009, le FMI prévoit une croissance économique de 2,1% contre 6,6% en 2008 avec des projections bien moins positives pour 2010 où le taux n'est que de 2%.

Le seul paramètre évoluant de manière positive pour le FMI au cours de ces deux ans demeure l'inflation avec des prévisions de 6,4% en 2009 contre 8,8% en 2008 et un taux de 4% en 2010. Du côté des investissements, le taux subira une baisse à 22,7% du PIB contre 29,8% en 2008 alors que le FMI constate un véritable écroulement du "Savings Rate" à Maurice, soit 8,6% en 2009 contre 16,1% en 2008. De son côté, la Banque de Maurice partage ces appréhensions quant à la tendance à la baisse de ce paramètres en faisant ressortir officiellement que "concern was also expressed about the low national saving rate forecast at 14,3 per cent of GDP for 2009 and which is expected to be revised further down".

Au chapitre de la dette extérieure, la situation établie pour Maurice dans l'IMF Outlook for Sub-Saharan Africa n'est guère brillante avec l'External Debt to Official Creditors, passant de 8,8% du PIB en 2008 à 12,8% en 2010 en transitant à 9,5% du PIB cette année. En ce qui concerne la dette locale, les dernières statistiques officielles publiées par la Banque de Maurice démontrent que du mois d'octobre de l'année dernière à août dernier, soit en dix mois, la "Central Government Debt" a augmenté d'au moins Rs 11 milliards pour atteindre Rs 119,1 milliards.

Au cours de ces dix derniers mois, les "Short-Term Obligations" (remboursables en moins de 12 mois) contractées par le gouvernement sur le plan local ont augmenté de Rs 8,5 milliards, soit Rs 54,9 milliards contre Rs 46,4 milliards en octobre 2008. La situation au niveau des "Medium-Term Obligations", (remboursables entre douze mois et cinq ans), représente un accroissement de l'ordre de Rs 2 milliards pour se retrouver à Rs 51,9 milliards. Par contre, l'on notera une baisse de Rs 1 milliard dans les "Long-Term Obligations" à Rs 12,2 milliard.

En guise de préambule aux prévisions du FMI, Antoinette Sayeh, directeur pour l'Afrique au FMI, trouve que "the global economic crisis has hit sub-Saharan Africa hard, reducing economic growth to just one percent in 2009 after a period of sustained high economic growth". Le FMI ajoute que "the crisis will likely slow, if not reverse, progress on poverty reduction. Unemployment and under-employment, already endemic, have likely risen across the region."

Dans ses perspectives, le FMI met en garde contre les "Downside Risks" aux économies d'Afrique sub-saharienne tout en faisant état de "Cautious Optimism". Cette institution recommande le maintien des politiques monétaires et budgétaires accommodantes. "Pourtant, les risques sont grands de voir la situation s'aggraver. Par conséquent, partout où cela est possible, les services du FMI recommandent de maintenir des politiques budgétaires et monétaires accommodantes jusqu'à ce que la reprise économique soit bien enclenchée. À mesure que la reprise montera en régime, il faudra que la politique budgétaire accorde moins d'importance aux objectifs de stabilisation au profit des considérations de moyen terme, notamment la viabilité de la dette", ajoute le rapport rendu public, hier.

De son côté, la Banque de Maurice souligne dans le "Monetary Policy Statement" émis mardi dernier que "the domestic economy continues to be constrained by weak demand in main export markets. Key export sectors are estimated to have contracted in the first semester while other economic sectors have slowed down significantly". A ce stade, la performance au cours du premier trimestre de 2009 indique que "the economy may have contracted by a full percentage point relative to the fourth quarter of 2008".

La Banque de Maurice, qui soutient que "the economy may have reached a trough in the first quarter of 2009 and may have begun to recover progressively thereafter", fait également état d'une "general decline in the growth rate of credit to the business and household sectors." Elle ajoute plus loin que "the low interest environment has not spurred strong demand for credit by the private sector. The expansion of credit to the private sector has continued to deline, attaining 9,6% in the year to July 2009, but still remains at a relatively comfortable level".

Justifiant l'éventualité d'un taux de croissance révisé légèrement à la hausse, soit 2,7% cette année, le communiqué de la Banque de Maurice note que "the Monetary Policy Committee anticipates a better performance of the economy in the second half of 2009. The Monetary Policy Committee is also of the view that the downside risks to the growth outlook have further diminished. It noted that fewer job losses than initially anticipated had been recorded. Although the labour makey may reflect trends in the borader economy with a lag, it is not expected to weaken much further".


Perspectives: Le sucre pour sauver la mise

A environ un mois de la présentation à l'assemblée nationale du budget 2010, les dernières prévisions sur l'économie formulées par le Central Statistical Office indiquent une révision nominale à la hausse du taux de croissance, soit de 2,5% à 2,7% en 2009. Cette révision se justifie par des possibilités d'exportation de sucre raffiné et de sucres spéciaux. Par contre, les "Export-Oriented Enterprises" et la filière du textile enregistreront une décélération de la croissance avec la confirmation de la régression d'au moins 95 000 touristes en 2009 par rapport à l'année dernière. Dans la conjoncture, les perspectives dans les principaux secteurs économiques sont les suivantes :

Sucre : Production d'au moins 490 000 tonnes et des perspectives positives pour le sucre raffiné et les sucres spéciaux avec une croissance de 18,2% contre 3,7% en 2008

Agriculture : Progression de 5% dans la production contre une régression de 0,4% en 2008, conséquence des efforts annoncés dans le cadre du "Food Security Programme"

Secteur manufacturier : Progression nominale de 0,9% contre 3,2% en 2008 avec une baisse de 4% dans la filière textile et de 0,8% pour l'ensemble des entreprises tournées vers l'exportation

Construction : Croissance à la baisse, soit 2,5% en 2009 contre 11,1% l'année dernière avec les projets d'infrastructures dans le public pesant de tout leur poids

Hôtels et restaurants : Baisse de 8,8% avec 835 000 touristes attendus, soit une baisse de 95 000 comparativement à l'année dernière. Les recettes brutes du tourisme devront être de Rs 36 milliards contre Rs 41,2 milliards l'année dernière

Transport et communications : Performance à la baisse, notamment 5,3% contre 6% l'année dernière

Secteur financier : Croissance réduite presque de moitié, 5,9% en 2009 contre 10,1% en 2008

Business Activities : Croissance de 8% prévue contre 10,8% en 2008

Consommation : Réduction dans la croissance de moitié à 3%.


Échiquier politique

Un Attorney General sous le coup d'un "lev paké alé" !

Depuis la fin de la semaine écoulée, le gouvernement se retrouve dans un contexte politique particulier, avec un Attorney General et secrétaire général d'un des partenaires de l'Alliance Sociale, Rama Valayden, sous le coup d'une injonction de "lev paké alé". Il est également en passe de devenir le troisième parlementaire de l'Alliance Sociale, après le ministre Asrtaf Dulull et le député Ram Mardemootoo, à se voir servir une assignation formelle à audition under warning se déroulant au QG du Central CID. Des recoupements d'informations effectués après les délibérations du conseil des ministres de vendredi sous la présidence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, confirment que les explications entre les deux hommes ont été vraiment chaudes et high pitched, avec un mutisme subséquent forcé dans une tentative de damage control pour ne pas ternir davantage l'image du gouvernement à la veille du coup d'envoi de la mobilisation pour les prochaines élections générales.

Si très peu de détails avaient transpiré de la première convocation de l'Attorney General au Prime Minister's Office dès le retour de Navin Ramgoolam au pays jeudi, par contre, les langues commencent à se délier quant à la teneur des remontrances du Premier ministre à l'égard de Rama Valayden. Des sources concordantes et bien informées affirment sans ambages que "l'Attorney General est désormais sous le coup d'un lev paké alé !"

"Il ne fait aucun doute que suite à ce qui s'est passé en fin de semaine au sein du gouvernement, Rama Valayden sait qu'il a été placé sous haute surveillance politique au sein du gouvernement et, qu'à la moindre récidive, il n'aura d'autre choix que de prendre la porte de sortie", déclarent ces mêmes milieux, qui se montrent extrêmement réticents à aller en détail au sujet de ces échanges.

"Sur ce qu'on a entendu et vécu, il est clair que l'ultime message du Premier ministre adressé au ministre de la Justice est que pour la prochaine fois, il n'aura le choix qu'entre offrir sa démission ou se voir administrer une révocation", ajoute-t-on dans les milieux ministériels concernés. Rama Valayden a tenté d'offrir une parade pour justifier sa sortie lors du congrès du PMSD de lundi dernier à Beau-Bassin en présence du vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval. Mais très peu d'éléments semblent confirmer la thèse qu'il s'était fait comprendre.

Pour le Premier ministre, l'Attorney General, en prenant fait et cause publiquement en faveur du Franco-Mauricien Jean-Marie Richard dans l'affaire des allégations d'actes de brutalité policière à Grand-Baie, a commis un péché de "lèse-Premier ministre". Lors des échanges de vendredi, Rama Valayden avait été sermonné en des termes pas moins précis et aussi bien catégoriques que le portefeuille du Law and Order ou encore de la Sécurité intérieure, donc la force policière, relève du Premier ministre et de personne d'autre.

"S'il y a un problème relevant de la force policière, la moindre des choses aurait été d'en entretenir le Premier ministre avant d'aller en public pour des déclarations et des commentaires de nature fracassante", a-t-il été rappelé à l'Attorney General, qui s'est évertué à soutenir qu'il ne s'était pas attaqué à l'ensemble de la force policière, mais à des cas spécifiques.

Le ton était monté d'un cran quand les allégations de brutalité policière étaient teintées de connotations communales et les risques de dérapages et de violence dans le pays. Même si les sombres moments des émeutes de février 1999, après le décès en cellule au Alcatraz Detention Centre du seggaeman Kaya, avaient été effleurés lors de cette "hair dryer operation in the Cabinet's Room", aucune des sources approchées par Week-End n'a voulu confirmer officiellement si la responsabilité de ces graves incidents avait été attribuée nommément et de manière brutale.

Mais tout au long de cette admonestation premier-ministérielle, l'Attorney General n'a pas bénéficié de soutien manifeste de ses autres collègues, tant l'autre était rouge de colère. Mais une fois la page du nouvel épisode de la "Valayden Saga" tournée, le ton devait revenir à la normale pour la suite de la réunion du conseil des ministres.

En effet, vendredi après-midi, aucun des deux protagonistes n'a voulu s'aventurer pour faire des commentaires ou encore revenir sur cette affaire. Le Premier ministre, qui participait à une cérémonie à la mémoire de Lady Ramgoolam à St-Aubin, a repoussé d'un revers de la main les questions de la presse sur l'affaire Valayden. De son côté, ce dernier s'est contenté de rappeler à la presse, ce même vendredi après-midi, qu'il était toujours membre du gouvernement.

Les premiers signes d'énervement et d'irritation au sein du gouvernement par rapport aux commentaires du secrétaire général du PMSD sur la couleur communale des actes de brutalité policière étaient visibles dès le lendemain de la réunion politique. Dans une tentative d'atténuer les political ripples de cette déclaration à très haut voltage, l'Attorney General devait soutenir dans des déclarations de presse données à la ronde qu'il avait été mandaté par le conseil des ministres pour s'occuper de ces allégations impliquant Jean-Marie Richard.

Mais, dès mercredi, soit à la veille du retour du Premier ministre, il était devenu évident que l'affaire avait pris une autre tournure avec d'énormes risques sur tous les plans. Le Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, qui avait présidé la précédente réunion du Cabinet, déclarait, pour sa part, que l'Attorney General allait devoir s'expliquer lors de la prochaine réunion du conseil des ministres.

La convocation d'urgence de l'Attorney General pour des explications devait intervenir dès jeudi matin aussitôt que le Premier ministre était descendu de l'avion. Mais le plus dur est à venir : des dirigeants de la Fédération de la Police dont entre autres l'inspecteur Ranjit Jokhoo et le sergent Rajen Chedumbrum-Pillay ont pris les devants en consignant une déposition contre l'Attorney General accusant la police d'actes de brutalité policière contre une section de la population.

Cette enquête est menée sous la supervision du surintendant Heman Jangi, le responsable du Central CID, avec la confirmation que Rama Valayden sera interrogé under caution dans cette affaire une fois les procédures préliminaires bouclées.

Affaire à suivre dans un contexte politique hautement volatile et sournois, même si la surface paraît des plus calmes…


Paul Bérenger sur les propos de Rama Valayden

"Un dangereux pyromane qui récidive…"

"Un dangereux pyromane qui récidive. Ses propos irresponsables peuvent mettre le feu aux poudres comme en 1999". Les propos de Rama Valayden ont ainsi été commentés, hier, par un Paul Bérenger "inquiet". Il a aussi relevé que "c'est sans précédent dans l'histoire de Maurice et du monde que la police enquête sur le soi-disant ministre de la Justice et qu'elle réclame son arrestation".

"Nous savons tous quel rôle Rama Valayden a personnellement joué dans la mort de Kaya et nous avons tous lu le rapport Matadeen sur les émeutes de 1999, lequel l'avait condamné, lui et ses proches", a déclaré le leader de l'opposition et du MMM. Il a, depuis, été rejeté par l'électorat, rappelle-t-il, ajoutant que "si Navin Ramgoolam était un Premier ministre qui avait le sens de l'état et de l'histoire, il n'aurait jamais nommé ce genre de personnes comme Attorney General". L'histoire retiendra qu'il y a aussi eu la Subutex Saga.

Paul Bérenger a aussi souligné qu'à son retour au pays, le Premier ministre a convoqué Rama Valayden mais "qu'il n'a ni la capacité ni le courage de le révoquer. Il se réfugie dans un silence coupable et honteux".

Cela dit, il a renchéri en affirmant qu'il faut condamner tous les cas de brutalité policière et qui frappent toutes les communautés, que ce soit Kaya, mort en prison, Cehl Meeah, litéralement torturé, et Rajesh Ramlogun, également décédé en cellule policière.

Ces descendants d'esclaves qui sont victimes de discrimination et d'injustice…

Lorsqu'on regarde les statistiques dans les pays qui ont connu l'esclavage, comme Maurice et les États Unis, elles démontrent que jusqu'aujourd'hui, ce sont les descendants d'esclaves qui sont victimes de discrimination et d'injustice. Ils se retrouvent proportionnellement en plus grand nombre dans les statistiques de victimes de la brutalité ou de ceux qui sont en prison, et cela, pour des raisons historiques et sociologiques. Une telle situation exige des actions permanentes du gouvernement, a-t-il dit.

Il a, par ailleurs, jugé coupable Rama Valayden d'avoir proféré ses accusations contre l'ensemble de la force policière et que c'est maintenant qu'il essaye de corriger ses propos après qu'ils ont éclaboussé toute la force policière, ce qui est "inacceptable et dangereux". Le gouvernement et le PM qui est responsable de la police auraient dû agir, prévenir les brutalités et redresser la situation d'injustice et de discrimination héritée de l'histoire, au lieu de faire de pareilles déclarations et de tenir des propos incendiaires, a déclaré Paul Bérenger.

Or, c'est "toujours l'inaction du côté de Navin Ramgoolam", souligne-t-il, non sans avoir rappelé qu'après le décès en cellule policière de Rajesh Ramlogun, il avait été question d'une poilice des polices. "Trois ans plus tard, rien, pas d'action, mais des déclarations irresponsables de Rama Valayden couvertes et soutirées par Navin Ramgoolam", déplore Paul Bérenger qui juge tout cela dangereux.

Il est revenu à la période 1995/2000 et l'épisode 1999 sous le premier mandat de Navin Ramgoolam. Il a dit "prier le ciel pour que, sous son deuxième mandat, il n'y ait pas de répétitions de l'histoire par sa faute et celle de Rama Valayden".

Le cas de Jean-Marie Richard: il faut une enquête indépendante

Venant aux graves allégations formulées contre la police dans le cas de Jean-Marie Richard, il a dit que ce n'est pas bon que la police soit juge et partie. Il faut une enquête indépendante soit par la Commission des Droits de l'Homme, si elle agit vite, soit par un ex-juge de la Cour suprême nommé par le gouvernement pour faire la lumière sur ce cas spécifique.

A l'heure des questions, il a répété que non seulement Rama Valayden - directement responsable, dit-il, de la mort de Kaya, après le concert gandia et après qu'il l'ait abandonné en prison pour aller à Rodrigues - aurait dû être révoqué sur le champ après ses propos incendiaires, mais qu'il n'aurait jamais dû être nommé à ce poste.

Quant au silence du Premier ministre, une nouvelle fois qualifié de "coupable, honteux et dangereux", il a déploré "ki éna sa kalité dimoune là à la tête du pays. SSR, comme tout le monde y compris moi, avons nos défauts, mais il n'aurait jamais toléré quelque chose de semblable".

Paul Bérenger a aussi ajouté, ironique, "Navin Ramgoolam et Rama Valayden se comprennent" après que l'Attorney General a affirmé "li ine comprend moi" suite à sa convocation par le PM. "Mo bien tracassé pour Maurice avec banne dimoune ki enn dangereux pyromane qui récidive et enn PM qui péna capacité ni courage revoque li et mo supplié banne mauriciennes et banne mauriciens, toutes communautés confondues, pas laisse zot emporter par sa banne propos incendiaires-là, nou pou fini comment en 1999".

De la haine pour lui, comme le prétend Valayden? "Je n'ai de la haine pour personne, j'ai beaucoup d'amitié pour beaucoup de personnes et peut être pitié et mépris pour d'autres, mais pas de haine pour personne. Valayden n'est dans aucune catégorie, c'est un danger public permanent!" Répondant à une autre question de la presse, il s'est dit étonné que de simples citoyens qui ont repris les propos de l'AG ont été arrêtés tandis que l'auteur n'a pas été inquiété.

Autre dossier évoqué, hier: les casinos, maisons de jeu et autres discothèques qui fonctionnent de manière illégale. Pour le leader de l'opposition, il y a eu une grande distribution de permis d'opérer de telles activités depuis les dernières élections générales, ce qui est en train, soutient-il, de causer beaucoup de dégâts dans le pays et de nourrir la mentalité zugader.

"Pé zoué ar lavi dimoune!"

"Pé corrompre la jeunesse et pé ruine la vie banne dimoune avec banne maisons de jeux qui fine implanté sans ki éna parking et pé bloque l'entrée dimoune. Li révoltant et li clair ki Gambling Regulatory Authority ine faillir dans so devoir complètement. Li clair ki fine éna beacoup corruption dan tout sa zafer-là et, en temps et lieu, pou bizin mettre l'ordre et sa ki pou bizin rende compte à la GRA va bizin rendre compte!", a renchéri le leader de l'opposition.

S'agissant des discothèques, il y a, là aussi, eu des patentes données "all the way" par la Tourism Authority, a-t-il dit, ajoutant ne pas être sûr que le gouvernement a eu raison d'enlever la responsabilité d'octroyer de tels permis des administrations régionales pour la mettre entre les mains de la Tourism Authority, organisme qui avait "fané" en procédant à la fermeture de Pizza Hut de Quatre-Bornes (la TA avait été déboutée en Cour suprême).

En sus de la dénonciation du fonctionnement illégal des discothèques, Paul Bérenger a déclaré qu'elles peuvent mettre la vie des gens en danger, avec un début d'incendie récent où il a été constaté qu'il n'y avait pas de sécurité et de sortie de secours. "Pé zoué ar la vie dimoune et mo espéré ki pa pou attane ki éna la mort comme pou banne accidents de la route pou ki éna encore après la mort la tisane", a observé le leader de l'opposition, qui a aussi dit qu'en sus d'être des nuisances pour les voisins, ces discothèques sont dans un état d'insalubrité avec des toilettes infectes. Aussi, il a invité le PM à assumer ses responsabilités et à agir sans plus tarder avant qu'un malheur n'arrive.

Invité à commenter le fait que le PM préside un comité sur ces "gaming houses", le leader de l'opposition a, sarcastique, dit ne pas savoir s'il a vraiment le temps de s'en occuper, lui qui est pris dans des rencontres avec les Rama Valayden, Asraf Dulull et James Burty David pour préciser aussitôt que lorsque Navin Ramgoolam préside un comité, "fini koné narien pa pou éna".

Évoquant ensuite les célébrations des 40 ans du MMM, Paul Bérenger a parlé de "moment extraordinaire" et de "deuxième jeunesse", non sans s'être déclaré ravi et heureux du retour à l'idéalisme qui a inspiré les premières années de son parti.

Il y a déjà, ajoute-t-il, beaucoup de jeunes et de femmes parmi les candidats présentés et il y en aura d'autres qui le seront d'ici les élections générales. Il revient sur les critères retenus par le MMM pour désigner ses candidats, qui sont un bon équilibre entre les vétérans et les jeunes, mais aussi les femmes, "autant que possible parski pa kapav nek kozé kozé, après kan bizin choisir faire comme Navin Ramgoolam!".

Avec de tels critères arrêtés par le MMM pour désigner ses candidats en favorisant échanges et consultations, il y aura inévitablement des remous, précise-t-il. Et de se dire, en évoquant la démission de Kumar Ramdin, toujours attristé lorsque quelqu'un quitte le MMM. "Kumar Ramdin allé, Naveena Ramyead in. Pa la première fois ki Ramdin allé, li déjà quitte MMM dans les années 90 pou alle ek PTr, li ine reveni".

"Banne ki pa kapav suive nous ki egoiste, nou bien chagrin pou zot ; nou, nou pou continer dans cette voie!", dit-il en dénonçant ceux qui sont "obsédés par une investiture" et ces "hypocrites qui viennent au congrès-anniversaire, qui applaudissent et qui, le lendemain, quittent le parti!"

Quant à savoir si on est déjà en campagne électorale, Paul Bérenger a répondu par l'affirmative et il en a profité pour se dire attristé que Navin Ramgoolam utilise des plates-formes historiques et officielles - comme la commémoration de l'anniversaire de son père et un hommage à sa mère - pour faire de la politique partisane. "C'est un manque de respect", a-t-il déploré. Et d'annoncer qu'il travaille à une conférence "objective et fair-play" sur ce qui a influencé la vie politique de SSR.

Le dernier sujet évoqué hier était la piraterie dans l'océan Indien. Le leader de l'opposition a demandé au gouvernement de clarifier les choses après que la chargée d'affaires ait évoqué l'emprisonnement de pirates somaliens et l'organisation de leur procès sur le sol mauricien. Il a aussi fait état de la visite d'un commandant américain affecté dans la région qui aurait discuté de cette question et de ses propres informations qui indiquent qu'il y a eu une demande des Américains dans ce sens.

Il est évident que la petite île Maurice avec sa vocation touristique ne peut pas accueillir de tels pirates sur son territoire. Le leader de l'opposition a exigé du gouvernement qu'il dise la vérité à la population et qu'il la rassure qu'il n'y aura rien de tel sur le sol mauricien.


Les déclarations controversées de Valayden

L'enquête menée par la Central Criminal Investigation Division (CCID), des suites de la déposition des membres de la Fédération de la Police, sera axée sur plusieures déclarations faites par l'Attorney General, Rama Valayden, lors de rassemblements publics, mais aussi sur les ondes des radios privées, dont Radio Plus. Les enquêteurs sont déjà en présence de la majorité de ces enregistrements ; ils les passent actuellement au crible. Ci-dessous, les transcriptions verbatim des dernières déclarations de Rama Valayden, en commençant par celle qui a engendré la controverse.

Tout a commencé à Rose-Hill lundi dernier lors d'un congrès du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) où le secrétaire général des bleus, Rama Valayden, est intervenu en ces termes :

"Kamarad Jean-Marie Richard gayn problem avec lapolis, gayn bater, selon bann allégations, avec lapolis. Eski ou lé éna lanket, péna lanket ? Lapolis, kan li trouv enn rasta, li kroir li trouv enn pied gandia ki pé marsé (NDLR: interruptions et cris de la foule présente). Kan li trouv sa kamarad-la pé marsé, li trouve sa, li rod fouy sa kamarad-la, li rod aret sa kamarad-la. Et sa ine changer ? Boukou dimounn gayn britalité policière. Ena diféran communauté, diféran castes, mais éna enn group dimunn ki gayn baté plis ki lézot. Moi, mo napa honté, mo napa communal. C'est communauté kreol ! Péna pou per! Bizin dir kouma les choses été".

Interrogé sur les ondes de Radio Plus au sujet de cette déclaration une première fois, le ministre persiste et signe :

"Si zot guet le discours dans le fond, zot pou al kompran ki c'est enn discours d'enn point de vue de classe sociale. Dan bann classes sociale, si enn komunauté, mo ti koz la communauté kreol, ki pli defavorisé pou des raisons historiques, zot gagne plis krazé. Et kan gayn plis krazé, et mo ti pé koz pou la force policière, mo ti pou koz pou ene section, li enn réalite ki fine éna, li pa pou éliminé du jour au lendemain. C'est enn kiltir ki bizin changer. Si éna certains dimounn ki finn senti zot vizé lor la, mo pann dir ki éna enn équation komunal au niveau de lapolis. Mo finn dir enn fait. Personn pa kapav vinn rod dir lor sa sujet-la ki mo pa konn sa sujet-la, etc. Éna kitchoz ki kapav défann, éna kitchoz ki pa kapav défann."

Interrogé une deuxième fois, toujours sur les ondes de Radio Plus, avec en filigrane l'affaire Jean-Marie Richard, Rama Valayden ajoute :

"C'est pa enn action isolée de la part de l'Attorney General. Le Cabinet ine déleg mwa pou dir séki mo pé dir. Et mo pé kontiyn dir. Et c'est pa la première fois. À chaque fois, hier dans le cas de Chinien (NDLR: Nitin Chinien, l'animateur-radio et fils de feu Siven Chinien), dans le cas de multiples personnes, nou finn touzour constant kan nou finn koz brutalité policière. Kan nou koz brutalité policiere, nou pa koz brutalite de la police in toto. Nou koz brutalite de la part d'une section. Mais la li ankor au stade d'enn lanket. C'est pa a moi pou tir bann conclusions. Nou pé travay lor enn la loi, ki pou vinn enn forme de police des polices. What's in a name, c'est différent. L'affaire Ramlogun soutient la thèse que l'affaire ne tombera pas aux oubliettes.

Vendredi, lors d'un congrès du PMSD à Mahébourg, (voir compte-rendu plus loin), Rama Valayden est revenu sur le contenu de ses déclarations, en prenant en toile de fond l'arrestation de Marcelin Azie en marge du viol et du meurtre de Nadine Dantier :

"Laisse mo dir zot enn phrase ek pense li bien. Séki mo finn dir, tou dimounn inn tann mwa. Maurice entier finn tann moi. Pas zordi mo pé dir sa. Amen li lakaz ek réflési lor la. Kan ti éna enn garson, Marcelin Azie (...), mo parti, Mouvement Républicain, ti dir moi pas rentre dan zafer Marcelin Azie, tou dimounn pou zour toi. Amène Marcelin Azie divan, tir so foto, péna personn pou defan li. Tout dimoun dir limem ine touyé, ine violé, ine sodomisé. Enn Rodriguais péna personne, péna naryen. Lerla mo finn defann Marcelin Azie. Lerla mo ale la cour gramatin, éna manifestation. Si mo pas ti apel Rama Valayden, mo fini gayn baté kouma avocat. Kot Maurice entier ti dir moi pa bizin defann sa dimounn-la, moi mo koné dan mo for intérieur, ler mo diman li, ki sa dimounn la enn dimounn innocent. Mo finn défann li kont l'île Maurice entier et, à la fin, finn prouvé ki Marcelin Azie innocent. Marcelin Azie mo pa pran enn sou moi et dépi dan mo tripe mo finn défann Marcelin Azie (...) Laisse moi dir bien. Ou koné ki mo finn dir ? Monn atak enn section. Mone dire parey kouma dan métier avocat, parey kouma dan n'importe ki métier kot ena enn groupe dimounn ki véreux, kan mo critik enn profeser ki finn bat enn zanfan lékol, mo pa pé kritik tou profeser. Mo pa pé kritik tou, ziska so ministre l'Éducation. Mo pé kritik system kan baté. Écoute bien séki mo pou dir zot. Enn sel phrase. Amène lakaz. Si mo pé koz manti, fusille moi ! Mais si mone dir la vérité, ler ou guet ou dan la glace, séki mone dir, ou trouvé mo pé dir vrai. Si monn dir la vérité, pardonne-moi si mo la vérité ine blesse ou et si mone koz manti, fusille moi !"


Il est à l'origine des attaques de Valayden contre la police... - Le "track record" de Jean-Marie Richard devant la justice

Ce sont les incidents avec la police du directeur d'Imagine Communications, le franco-mauricien Jean-Marie Richard, que Rama Valayden a fait sa sortie contre la police. Il est loin d'en être à ses premières démêlées avec la justice et les policiers en service. Tout cela sera sans doute dans le dossier à charge dans l'affaire de brutalité policière alléguée. Week-End a enquêté et a effectué les relevés suivants.

OB 3597/02 Grand-Baie Police : Assault.

Cas rapporté par Mme Patricia Joomun, épouse du locataire de Jean-Marie Richard, habitant Grand-Baie.

L'affaire qui a été rayée en cour à cause de l'absence prolongée de l'accusé, sera logée incessamment.

OB 2598/03 Grand-Baie Police : Damaging Property

Cas rapporté par Kalam Azad Joomun, locataire de Jean-Marie Richard.

Comme le précédant cas, l'affaire avait été rayée pour la même raison et sera de nouveau logée en cour d'ici peu.

OB 2956/04 Grand-Baie Police : Damaging Motor Vehicle

Cas rapporté par Kaviraj Boodhoo, habitant Goodlands.

Jean-Marie Richard a été condamné à une amende de Rs 1 000 plus les frais de la cour.

OB 297/05: Grand-Baie : Assault

Police Case rapporté par Kalam Azad Joomun. Ce dernier avait demandé que no further action ne soit prise dans cette affaire.

OB 303/05: Grand-Baie : Assault

Cas rapporté par Rajjoo Jaddoo, habitant la localité.

L'affaire n'a pas eu de suites, à la demande du plaignant.

OB 364/05 Grand-Baie : Assaulting Police

Cas consigné à la police par le constable 3997 Camatee.

Le Directeur des Poursuites publiques devait suggérer que "no further action" soit donnée à cette affaire.

OB 197/05 Airport Police : Outrage against an agent of the Civil Authority.

Cas rapporté par le constable 4798 Ramkaun. Jean-Marie Richard devait être condamné à une amende de Rs 2 000 plus les frais de l'affaire.

OB 1445/05 Port Mathurin Police : Insult

Déposition consignée à cet effet par Merge Félicité, de Crève Coeur.

L'affaire devait être dismissed en cour.

OB 1561/05 : Port Mathurin Police : Assault

Cas rapporté par Johnson Roussety, alors Minority Leader à l'Assemblée régionale de Rodrigues.

L'affaire devait être dismissed for want of prosecution.

OB 1626/05: Port Mathurin Police : Damaging Motor Vehicle

Déposition faite en ce sens par Johnson Roussety toujours.

L'affaire en cour devait être également dismissed for want of prosecution.

OB 2300/06: Curepipe police : Damaging accessories of Motor Vehicle

Déposition consignée par un chauffeur de taxi, Louis Winsley Alexandre Rughoo.

Jean-Marie Richard devait être condamné à Rs 3 000.

OBs 1486/08, 1825/08 et 1826/08 : Phoenix Police : "Dangerous driving", "Insult" and "Failing to remain stationary as long as required by a Police Officer in uniform"

Cas rapportés par le constable 5097 Victoire, affecté à la Traffic Branch. Il avait tenté, selon l'accusation, de "drive his vehicle on the constable".

Les trois cas susmentionnés devaient être rayés en cour à cause de l'absence de l'accusé.

OB 2052/08 Vacoas Police : Molesting police

Déposition consignée en ce sens par le constable 8395 Seeraj, affecté à la Traffic Branch.

Le cas en question est toujours pending before court.

Il est également à noter que Jean-Marie Richard est aussi poursuivi pour plusieurs Road Traffic Contraventions.


Brutalité policière

Nando Bodha : "Rama Valayden doit assumer entièrement la responsabilité de ses propos"

Le MSM condamne tout acte de brutalité policière et également toute incitation à la haine raciale. Les récents propos de l'Attorney General qui alimente la polémique ces derniers jours ont été commentés par le secrétaire général du MSM, Nando Bodha, qui animait une conférence de presse, hier, au Sun Trust Building, dans le cadre de la série d'activités qu'organise le MSM pour se rapprocher du peuple. Répondant aux questions de Week-End, Nando Bodha soutient que "Rama Valayden, ou tout autre Attorney Général, doit assumer entièrement la responsabilité de ses propos." Si l'enquête en cours détermine qu'il y a délit, même s'il est Attorney General et donc responsable de la loi, il n'est pas au-dessus de la loi. Et nous devrons répondre à la loi et il devrait être sanctionné, a soutenu le secrétaire du MSM.

Le parti réclame néanmoins une enquête dans la transparence, rapide et indépendante. "Il y a eu des plaintes, d'une part, concernant la violation des droits de l'homme et, d'autre part, de la Fédération de la police. Il y a une enquête mais, au MSM, nous estimons que cette enquête doit être effectuée par une autre institution indépendante que policière", a indiqué Nando Bodha. Il confie que le leader du MSM, Pravind Jugnauth, et d'autres membres du parti ont rencontré le directeur d'Imagine Communication, Jean-Marie Richard, vendredi, et ajoute que le MSM "condamne systématiquement toute violation des droits et de la liberté des hommes". Concernant les propos du ministre de la Justice, selon lesquels la communauté créole serait particulièrement victime de brutalité policière, le secrétaire général du MSM s'interroge sur la fiabilité de ces dires : "Sur quoi se base Rama Valayden pour avancer cela? Avons-nous des statistiques fiables?", en insistant pour dire que nul ne peut faire des déclarations au nom d'un parti sans en mesurer les conséquences. Il ne faut pas oublier, rappelle Nando Bodha, que Rama Valayden est le ministre de la Justice. "Il est le seul ministère, avec le Premier ministre, a être mentionné dans la Constitution. C'est une lourde responsabilité et Rama Valayden ou tout autre Attorney General doit assumer entièrement la responsabilité de ses propos, quel que soit l'endroit ou l'audience." Nando Bodha ne s'aventure, toutefois, pas à dire si le ministre de la Justice doit être sanctionné, insistant que toute décision concernant l'Attorney General - si l'enquête établit quel est le fil conducteur de ses propos - doit être prise au niveau du Conseil des ministres.

Nouveau slogan du MSM : "Your Dream, Our Vision"

Durant cette conférence de presse visant à annoncer les activités du MSM, le secrétaire du parti a révélé la stratégie qu'adopte le MSM pour se rapprocher de la population. Ainsi, à partir de cette semaine, le MSM démarre un pèlerinage autour de l'île. Cette marche, placée sous le thème Your Dream, Our vision, s'étalera sur plusieurs jours durant le mois d'octobre, les membres du parti sillonnant différentes régions pour aller à la rencontre du peuple, indique Nando Bodha. Onze endroits ont été choisis, avec un thème qui sera abordé dans chaque région. La série d'activités démarrera le 9 octobre et prendra fin le 31 ocobre.

Les dirigeants du MSM seront, donc, le 9 octobre à Goodlands pour parler de l'Économie et des Finances. Le 12, ils seront à Mare Chicose, abordant le thème de la Préservation de l'île et de son équilibre écologique, de pair avec l'économie. A la Cité Anoska, 16e Mile, le MSM parlera de la pauvreté. Le parti sera ensuite le 19 à Rivière-Noire pour parler de la mer et de ses richesses. Le 21, il abordera, à Glen Park, l'avenir de l'agriculture. Le thème Law & Order et la drogue sera abordé le 22 à Plaine Verte. Et c'est plus particulièrement à la jeunesse que le parti s'adressera le 24 au Sun Trust. Le 25, le MSM sera à Mahébourg qui est destiné à être le nouveau pôle de développement, selon le parti. Les membres du MSM aborderont également, à Highlands, le 28, le concept du Duty Free Island. L'île Maurice et ses infrastructures seront à la municipalité de Port-Louis, le 30, avant de finir ce mois d'activités, en apothéose, le 31 octobre, lors d'une réunion à l'auditorium Octave Wiehe pour parler des points capitaux du projet politique du MSM pour le pays.

40 ans du MMM : le MSM, né du MMM, soutient être le parti qui a réalisé le rêve militant

L'objectif de cette série d'activités est d'être à l'écoute de la population et de lui présenter les propositions du MSM qui se prépare à diriger le pays, indique Nando Bodha. Il fait ressortir que pour son parti, "le rêve du peuple, on en fait notre vision". D'où ces réunions de discussions qui seront précédées, à chaque reprise d'un défilé. Faisant un clin d'œil au ministre des Finances, le secrétaire du parti rappelle que la prochaine présentation budgétaire étant prévu pour dans pas longtemps, "c'est à voir si le principal concerné souhaite considérer certaines idées du MSM". Le parti, avance Nando Bodha, souhaite apporter "un deuxième miracle économique". Cela se fera avec la nouvelle génération d'idées du MSM incarnée par son leader, Pravind Jugnauth, dit Nando Bodha. Une jeunesse dont se targue le parti qui, aux questions de Week-End pour connaître les vœux du MSM au MMM qui fête ses 40 ans, souhaite "bonne chance au MMM avec sa deuxième génération."

Concédant que le MSM est né du MMM, Nando Bodha fait, toutefois, ressortir que "c'est nous qui avons réalisé le rêve militant. Nous sommes jeunes et nous avons beaucoup de route à faire. Mais reste qu'après 40 ans, c'est aujourd'hui que le MMM vient avec sa deuxième génération, alors que celle du MSM vient après 20 ans". Toujours aux questions de Week-End concernant les remous politiques de ces derniers jours, notamment au niveau de la circonscription No 12, Mahébourg-Plaine Magnien, ou encore des derniers dissidents du MMM, Nando Bodha indique que le parti étudie la situation de près. Il soutient, néanmoins, que le MSM n'a pas encore entamé de campagne électorale, ajoutant que les élections générales ne sont prévues que pour 2010. "D'autant que Navin Ramgoolam peut gouverner le pays jusqu'au mois de décembre 2010", laisse entendre Nando Bodha.


"Dérapage communal" de Valayden

Guimbeau accuse le nouveau PMSD de vouloir "faire chanter" le Premier ministre

Commentant, vendredi soir, la déclaration controversée de Rama Valayden au sujet de la brutalité policière, Eric Guimbeau, qui lançait officiellement son groupe de réflexion baptisé Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD), a accusé le nouveau PMSD de vouloir "faire chanter" le Dr Navin Ramgoolam. Aussi, le député de Curepipe dit attendre pour voir si le PM ramènera publiquement à l'ordre l'Attorney General, comme il l'avait fait dans le cas d'un autre député de la Majorité qui avait, lui aussi, fait un dérapage communal.

"Azordi, Valayden soi-disant grand défanser kréols! Abé akot li ti été kan Kaya ti pé mor dan prizon?", s'est-il demandé, avant d'accuser le PMSD nouveau de s'engager sur la voie sectaire. Pour M. Guimbeau, si cela se confirme que la brutalité policière ne concerne qu'une communauté en particulier, ce ne peut être le PM en tant que ministre responsable de la police qui doit porter le chapeau. Aussi, pour lui, les commentaires du secrétaire-général du PMSD sur le sujet ne sont, en fait, qu'un blâme pour le chef du gouvernement.

Eric Guimbeau explique, par ailleurs, que c'est au nom de la dignité et de l'amour-propre qu'il a réfusé de quitter l'Opposition pour joindre la Majorité au sein du PMSD réunifié. "Sat boire dilé so enn sel fois", dit-il. Pour lui, ce sont par des agissements tels que celui de Maurice Allet que des jeunes ne peuvent que demeurer loin de la chose politique. Aussi, lui entend faire "de la politique autrement". Ainsi, le MMSD, qui n'est encore qu'un groupe de réflexion, n'entend pas se joindre, les yeux fermés, à toute nouvelle alliance.

M. Guimbeau rappelle être le seul député qui a mis sur pied une fondation dans laquelle toutes ses allocations de parlementaire sont versées et servent à venir en aide aux mandants. Il affirme avoir, en tant que député, occupé chaque pouce de terrain à Curepipe/Midlands et souligne le "bon travail" qu'il a accompli en tant que PPS sous le précédent gouvernement. Il trouve qu'en revanche, sous le gouvernement de l'Alliance Sociale, la seule chose qui a été accomplie en quatre ans à Curepipe est "le changement du nom du Stade Georges V".

Eric Guimbeau inscrit la philosophie du MMSD dans le droit fil de l'œuvre de Jules Kœnig, Gaëtan Duval et Hervé Duval, dont on ne souligne jamais assez la contribution, selon lui. Il confirme, dans le même souffle, que le fils de ce dernier, Hervé Duval jr, est au nombre de ceux qui soutiennent, au sein d'un "think tank", le MMSD. Parmi les autres anciens "vrai bleu" de l'équipe du MMSD: Alain Barbier, ancien maire PMSD de Curepipe. Intervenant vendredi, ce dernier - qui se fait fort d'avoir été de l'équipe qui, avec sir Gaëtan Duval, avait mis sur pied le PDG - révèle qu'il avait toujours la conviction que Maurice Allet allait, un jour, "trahir".



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 4 octobre 2009