Faits et effets
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Desaveu cinglant
Humeur
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Après la mort la tisane
Pris sur le vif
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Correspondant
Faits et effets...
Desaveu cinglant
Comme ces milliers de vaillants Mauriciens, ils ont quitté
tôt leur domicile ce mardi 8 septembre pour prendre la route,
faire ce trajet matinal et quotidien qui les emmène sur
leur lieu de travail. L'itinéraire obligé du gagne-pain.
Ils n'y sont pas arrivés parce que leur vie s'est arrêtée
sur l'asphalte de Montebello. Triste fin pour quatre Mauriciens
qui ne savaient sans doute pas que leur route sur terre s'achèverait
aussi brutalement en un matinal mardi d'hiver. Ils entrevoyaient,
pour certains, l'avenir en famille, avaient des projets plein
la tête et s'y appliquaient avec patience et espoir. Il
n'en sera rien. Bilan de l'accident de la route à l'entrée
de Port-Louis : des familles brisées et des blessés
traumatisés à vie.
Comme à chaque drame national, on a malheureusement eu
à déplorer le spectacle de ces vautours professionnels
qui se sont précipités pour se montrer à
la télévision - encore un peu plus exécrable
ce mardi dans la couverture de cet événement tragique.
Un élu local qui aspire à être candidat aux
prochaines élections générales, la ministre
de la localité et même un député de
l'opposition de la même circonscription ont tenu, soit à
se faire voir, soit à se faire entendre, même s'ils
n'avaient rien de bien original à présenter ou à
dire. Il y a mille manières d'exprimer sa solidarité
et sa sympathie à des familles endeuillées sans
verser dans la démarche partisane et espérer à
tout prix en tirer un capital politique. C'était tellement
grotesque que cela a provoqué un haut le cur même
chez ceux qui sont habitués à tous les coups tordus
des tenants du pouvoir et à toutes les bassesses dont la
MBC a le secret.
Les causes exactes de cet accident ne seront établies qu'après
la conclusion de l'enquête qui est en cours. Mais on peut
d'ores et déjà dire que l'anarchie sur nos routes
est, certes, la faute des gouvernements qui se sont succédé,
mais il est surtout le fait de celui qui est présentement
aux affaires. Il n'a rien fait, strictement rien. Pas une nouvelle
route construite, alors même que celles aménagées
par le gouvernement, comme à Ébène, sont
déjà saturées, des réasphaltages récents,
au compte-gouttes et tardifs. Comme "mesures urgentes",
on n'a eu droit qu'à des effets d'annonce, dream bridge
par ci, bus lane par là. Et dire que la décongestion
routière avait été présentée
comme une priorité par l'alliance sociale.
On ne s'attendait pas à des miracles ni à "une
solution dans poche", comme annoncée pour l'éducation
en 1995. Mais, au lieu de ne rien entreprendre, il aurait pu faire
aboutir des dossiers déjà bien avancés. Commençons
par les petites mesures qui ne coûtent pas grand-chose mais
qui permettent de rendre, un tant soit peu, plus fluide le trafic.
Aux Infrastructures publiques pendant quelques mois seulement,
Ajay Gunness, sur les recommandations des techniciens de son ministère,
avait réussi à réorganiser la circulation
dans le centre de Port-Louis avec le déplacement des taxis
de la Place Bissoondoyal et l'enlèvement de l'îlot
directionnel devant la municipalité de la capitale. C'est
pour ne citer que deux aspects du programme de facilitation de
l'entrée en centre-ville.
Parmi les mesures faciles à appliquer et qui ne coûtent
pas grand-chose aux contribuables avait aussi été
annoncé, début 2005, l'aménagement d'une
voie supplémentaire de La Louise à St Jean, soit
la conversion du parking en voie motorisée le matin. C'est
cette semaine que les travaux ont commencé, soit quatre
ans après que la décision a été annoncée.
Il avait même été question, en plaçant
des bornes sur la route St-Jean les après-midis, de permettre
à ceux qui empruntent la voie de gauche pour l'avenue des
Tulipes en direction du Morcellement St-Jean et Sodnac de le faire
directement au lieu d'avoir à être dans la file de
ceux qui vont en direction de La Louise. Rien de tout ça
n'a été fait, alors que l'entrée à
Quatre-Bornes est aussi chaotique que sa sortie le matin. Comment
voulez-vous que les techniciens et autres ingénieurs du
transport qui avaient planché sur le dossier des mesures
présentées comme immédiates ne soient pas
complètement frustrés de ne pas les avoir vu exécuter
dans le meilleur délai ?
Venons-en maintenant au projet qui aurait contribué à
régler durablement le problème de la circulation
entre les Plaines-Wilhems et la capitale : le métro-léger.
Le dossier avait atteint le stade de réalisation. Le secrétariat,
placé sous la responsabilité du Dr Baguant, un professionnel
respecté, avait initié les premières étapes
de la mise en uvre de ce projet sous la supervision de la
Banque mondiale et non un de ses courtiers de bas étage
qui hantent les couloirs des bureaux où se discutent les
gros projets. Tout a été stoppé après
les élections parce que le programme était de défaire
tout ce qui avait été auparavant fait. Avec quelles
conséquences, c'est aujourd'hui qu'on le voit : l'anarchie
et la dégradation partout avec des pertes de vie humaine
très (trop) souvent.
Le Premier ministre a présidé un comité après
l'accident de mardi. C'est après la mort, la tisane, mais
c'est quand même mieux que rien. Sa démarche constitue
un désaveu cinglant de deux de ses ministres, Rashid Beebeejaun
qui a été aux Infrastructures publiques pendant
trois ans et Anil Baichoo. Le premier n'a laissé aucun
bilan tandis que le second a quand même fait quelques efforts
pour rehausser le réseau existant. Navin Ramgoolam ne doit
pas s'arrêter là et il doit voir de plus près
comment fonctionne sa police sur les routes, la National Transport
Authority, dont la réputation n'est plus à faire,
le massacre routier dont sont capables et coupables les contracteurs
de la Wastewater Management Authority.
En matière de politique nationale d'aménagement
du territoire et de circulation routière, il n'y a pas
tout à refaire, mais tout à commencer. Pour cela,
il vaut mieux ne pas compter sur ceux qui, inconscients et incompétents,
ont joué aux abonnés absents depuis des années.
Et c'est ainsi que nous continuerons à compter nos morts
Humeur
Après la mort la tisane
C'est une habitude tellement ancrée dans les murs
mauriciennes qu'elle est en train de devenir une de ses caractéristiques:
c'est après un drame que l'on décide d'imposer les
mesures qui auraient pu l'avoir éviter. L'année
dernière, c'était la fermeture des écoles
pendant des pluies diluviennes, cette semaine c'est le drame de
jeudi dernier. Autrement dit, après la mort la tisane.
C'est exactement ce qui vient de se produire après le drame
de Montebello, mardi dernier. Il aura fallu que quatre Mauriciens
meurent et que quarante trois autres soient blessés, et
le pays paralysé pendant une matinée pour que les
autorités dites responsables décident que l'autoroute
soit interdite aux poids lourds entre 6 h 30 et 9 h 30. Il aura
fallu ce drame - que certains confrères ont qualifié
de carnage - pour que ces mêmes autorités décident
d'imposer de nouvelles limites de vitesse aux autobus et aux poids
lourds. Et pourtant, cela fait des mois que les Mauriciens se
plaignent de la manière dont certains chauffeurs de poids
lourds et d'autobus conduisent sur l'autoroute et les routes étroites
de Maurice transformées en circuit de formule un. Cela
fait des mois que ces pratiques sont dénoncées sur
les ondes des radios privées et dans le courrier des lecteurs
de la presse écrite sans susciter de réaction. Si
ces dénonciations avaient été écoutées
et les mesures nécessaires prises par les autorités
dites responsables, le drame de mardi dernier aurait peut être
été évité. Mais, à Maurice,
il faut que des vies soient perdues pour que les comités
ministériels de haut niveau soient constitués pour
étudier des problèmes qui ne datent pas d'hier et
prendre les décisions qui auraient dû avoir été
prises depuis des années. A Maurice, on ne prévoit
pas, on se contente de réagir. Pour faire oublier que les
mesures interviennent tardivement, on va taper sur la table, parler
haut et fort, menacer. Durant quelques semaines, des mesures seront
prises pour que les chauffeurs respectent les limites et puis,
la surveillance se relâchera et les chauffards recommenceront
à faire des courses poursuites sur les routes au péril
de la vie de leurs passagers et de ceux d'autres véhicules
ayant le malheur de se trouver sur leur trajectoire.
Ce qui est particulièrement choquant dans le drame de Montebello
est la publication des conclusions d'un étude réalisée
par les techniciens du ministère des Infrastructures Publiques
et du Transport intérieur en septembre de l'année
dernière. Cette information a été publiée
par notre confrère Bernard Saminaden dans l'express
de jeudi dernier. L'étude révèle qu'il existe
31 zones dangereuses pour les automobilistes aux quatre coins
du pays. Ces zones sont dangereuses, entre autres, en raison de
"la géométrie même de la route"
et de "l'infrastructure de certaines gares routières"
écrivent les techniciens du ministère des Infrastructures
publiques et du Transport intérieur. En oubliant une chose
fondamentale: c'est ce même ministère qui est censé
décider de la construction des routes et veiller à
ce qu'elles soient construites selon les normes. Pourquoi faire
des constats à postériori alors que c'était
à priori qu'il fallait s'assurer que les infrastructures
soient construites en respectant les règles de sécurité?
A quoi cela sert-il de dénombrer les zones et routes dangereuses
de Maurice si aucune mesure concrète n'est prise pour les
rendre plus sûres? Mais il y a pire : dans ce qui ressemble
à de l'irresponsabilité. Les conclusions du rapport
réalisé en septembre dernier rejoignent celles d'un
autre rapport sur le sécurité routière à
Maurice réalisée par une firme britannique il y
a... huit ans. Ce rapport avait déjà établi
à l'époque que "35% des routes mauriciennes
sont mal construites" pour une série de raisons dont
de trop nombreux contours et de monticules affectant la visibilité
des automobilistes. Dans la mesure où les conclusions
du rapport de l'année dernière rejoignent celles
faites il y a huit ans il faut, malheureusement, conclure que
les recommandations faites n'ont pas été mises en
pratique. Se pose alors la question de savoir pourquoi les gouvernements
mauriciens commanditent des rapports - celui fait il y a huit
était "volumineux" et a dû coûter
cher - s'ils ne mettent pas leurs recommandations en pratique?
Juste pour pouvoir dire qu'ils ne sont pas aussi irresponsables
qu'on le croit puisqu'ils étudiaient le problème?
Après Montebello, combien d'autres morts faudra-t-il pour
que les autorités prennent les mesures nécessaires
pour que les 31 routes et zone dangereuse répertoriées
dans le rapport de septembre derniers soient repérées
ou carrément refaites ?
Pris sur le vif
Correspondant
- Je suis sûre que tu as appris pour X ?
- Quelle X, la fille de Y, celle qui cause dans le bout de la
langue la ?
- Non, pas cette X la. Moi je te parle de la sur de W qui
avait épousé ce malheureux Z à qui elle a
fait voir de toutes les couleurs la ?
- Ah, bon cenla la. Celle qui dit tout le temps "Parrrluuis"
et "RivièrNoarrre" et croit qu'elle est en train
de parler un français impeccable la ?
- Elle-même.
- Tu sais, moi je ne peux pas avec ces gens qui conne tout sur
tout et causent sans arrêt. Je la voyais une fois de temps
en temps chez les cousins, mais bonjour, bonsoir ça même
tout. Qui fine arrive li ?
- M ne t'a pas dit ?
- On n'a pas eu occasion de voir ces jours-ci
qu'est-ce
qui est arrivé à X ?
-Elle a trouvé un correspondant
-
Elle a quoi ?
mais elle n'a pas dépassé
l'âge de la retraite depuis un bout de temps, non.
- Il n'y a pas d'âge pour l'amour toi.
- Arrête avec tes couillonnades. L'amour
pour une
grand-mère
et avec un correspondant encore
si tu m'avais dit qu'elle avait rencontré quelqu'un, par
hasard, dans un home pour troisième âge, ça
j'aurais pu comprendre
. Mais un correspondant
ça
veut dire que c'est elle qui a cherché
à son
âge ! Il y en a qui manquent d'occupation même. Alors
elle a réussi à trouver quelqu'un en France parce
que je suis sûre qu'elle n'a cherché que là-bas.
- La tu te trompes, c'est ici qu'elle a cherché.
- Ne me dis pas qu'elle a trouvé un correspondant ici même
?... elle qui croit qu'elle descend du roi de France chercher
un Mauricien, je n'aurais jamais cru.
- Non, c'est pas ça. Elle n'a pas cherché un correspondant
mauricien à Maurice mais un correspondant français
qui vit ici.
- Comment elle a fait ça ?
- Elle est passée par une agence matrimoniale locale.
- Ça existe ici, ça.
- Oui, toi. Enan deux, trois agences qui marient les gens à
Maurice. Alors elle a payé et on l'a mis en contact avec
un Français, un retraité je crois, qui cherchait
une Mauricienne pour amitiés et plus si affinités
comme on dit dans ces affaires-là.
- Ils se sont rencontrés ?
- Ils se sont parlés au téléphone pour commencer
et elle a dit qu'il parlait bien son français. Ils ont
décidé de se donner rendez-vous au Caudan. Elle
m'a raconté qu'elle a mis ses bigoudis pendant deux jours,
et s'est fait faire des mèches, un masque, la totale quoi.
- Elle a réussi à réparer les dégâts
? Parce que la dernière fois que je l'ai vue, elle avait
le visage un peu dans baize hein.
- Je crois qu'elle était satisfaite du résultat.
Alors, elle est allée au rendez-vous au Caudan. Mais quand
elle a vu son correspondant, elle a bourré en désordre.
- Pourquoi ?
- Elle m'a dit que c'était un petit vieux, avec très
peu de cheveux et qui boitait un peu.
- Ki li ti pé attane : George Clooney, Julio Iglesias ou
bien Brad Pitt !!!
- Je ne sais pas à quoi elle s'attendait, mais certainement
pas un petit vieux, plus court qu'elle je crois.
- Ça lui apprendra. A son âge elle devrait passer
sa journée à faire des prières ou à
veiller ses petits enfants au lieu d'aller chercher des correspondants.
Elle manque d'occupation, on dirait. J'espère qu'elle a
eu sa leçon.
- Ça oui toi, elle a eu sa leçon et bien même,
je peux te dire. Parce qu'elle est allée demander à
l'agence matrimoniale qu'on la rembourse parce qu'elle n'avait
pas rencontré le fameux correspondant.
- Elle a un toupet monstre même. C'est elle qui refuse de
voir le correspondant et elle demande le remboursement. Alors
on lui a rendu son argent.
- Non, toi.
- Pourquoi ?
- Parce qu'ils ont su qu'elle était allée au rendez-vous.
- Comment ils ont su ça ?
- Ils lui ont dit à l'agence que le correspondant était
venu avant elle et s'est plaint qu'il y avait tromperie sur la
marchandise.
- Pourquoi ?
- Il avait vu une femme se sauver au Caudan et avait deviné
que c'était X.
- Mais pourquoi il a parlé de tromperie sur la marchandise
?
- Ça même qui est terrible pour X qui, comme tu le
sais, se prend au moins pour Catherine Deneuve. Le correspondant
a dit à l'agence qu'il avait payé pour rencontrer
une femme d'âge mûr et que, tiens toi bien, on lui
avait envoyé une arrière grand-mère maquillée
comme une... tu sais quoi ! Quand X a entendu ça, elle
est partie sans regarder devant derrière et sans même
réclamer son argent.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 13 septembre 2009
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