p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 23 août 2009



  En marge des prochaines Législatives - Le comité central du MMM confirme une liste de 39 candidats
  Conférence de presse du MSM - Pravind Jugnauth : "Il faut un comité permanent pour agir en cas de crise"
  Redécoupage électoral - L'Union Chrétienne préconise la création de quatre nouvelles circonscriptions
  No 19: quand Tengur taquine Ribot
  Démissionnaire du MMM - Abdullah Hossen fustige son ex-leader
  Grippe A - "Black-out" sur le nombre de décès enregistrés
  Propagation de la Grippe A (H1N1) - Ashock Jugnauth : "Le ministère de la santé est responsable !"


En marge des prochaines Législatives

Le comité central du MMM confirme une liste de 39 candidats

La liste des 39 candidats aux législatives approuvée hier par le comité central du MMM comprend une vingtaine de têtes qui vont briguer pour la première fois les suffrages pour un poste de député sous la bannière du MMM. Ainsi, Reza Uteem, avocat et fils de l'ancien président de la République, Cassam Uteem, est confirmé comme candidat dans la circonscription N°2. Autre nouveau venu dans cette circonscription sous les couleurs du MMM : Hossen Atchia, directeur de compagnie et travailleur social.

Au N°5, dans la circonscription du Premier ministre, le MMM confirme à ce stade deux autres nouveaux venus : Sham Mathura, comptable et qui avait été candidat indépendant au N°20 lors des dernières élections, et Anil Seeruttun, enseignant et membre du comité central du MMM. Dans la circonscription voisine du N°6, le nouveau venu dans l'arène a pour nom Vinay Sobrun. Il est légiste et a été président du conseil des districts du Nord.

Au N°7, le MMM alignera Vinay Koonjul, directeur de compagnie et autre ancien président de conseil de districts, et Vishwanee Boobhonee, légiste. Cette dernière est issue des rangs de l'Union nationale (UN). Deux autres nouvelles têtes au N°9 : Viren Ramchurn, avocat et ancien président du Sugar Investment Trust (SIT), et Gaytree Dayal, avocate.

Au N°10, c'est un médecin et ancien conseiller de village de Bel Air Rivière Sèche qui est aligné en la personne du Dr Swaleh Nauzeer. Shailendra Gokhool, économiste et ancien directeur de la State Investment Corporation (SIC), sera candidat du MMM aux côtés de Dave Kissoondoyal, informaticien et président de l'Internet Society, lui aussi nouveau venu comme candidat à la députation.

Dans la circonscription N°12, l'on relève les noms de Tony Appollon, directeur de compagnie dans le secteur touristique et travailleur social, et Kishore Peertab, avocat qui assure aussi des cours à l'université de Maurice. Me Peertab avait été, en 2005, candidat du MSM au N°13 où le MMM a, à ce stade, confirmé les candidatures de Vishnu Lutchmeenaraidoo, ancien ministre des Finances, et de Prem Aumeer, médecin et ancien PPS dans la même circonscription.

Au N°14, le MMM accueille une nouvelle venue en la personne de Sundee Beedassy, directrice de compagnie et ancienne conseillère à la mairie de Curepipe. Au Numéro 15, c'est le chirurgien-dentiste Raffick Sorefan, ancien maire de Quatre-Bornes, qui défendra les couleurs du MMM. Au N°17, le MMM aligne Naveena Ramyad, enseignante et ancienne conseillère au ministère de l'Éducation.

Au N°18, confirmation de la candidature de Vijay Makhan, diplomate de carrière, ancien secrétaire aux Affaires étrangères et ancien secrétaire général adjoint de l'OUA. Il aura, notamment, pour colistier Kavi Ramano, notaire et ancien maire de Quatre-Bornes et ancien président de la Mauritius Freeport Authority.

Confirmation aussi au N°19 de la candidature de Lysie Ribot, enseignante et présidente du syndicat des enseignants des collèges confessionnels, et de celle de Deven Nagalingum, ancien maire des villes sœurs et ancien PPS, aux côtés du leader du MMM, Paul Bérenger.

Par ailleurs, si la candidature du leader de l'Union nationale, Ashock Jugnauth, est confirmée dans la circonscription N°8, celle du leader du PMSD, Maurice Allet, au N°20 ne l'est pas. Dans cette circonscription, à valeur du jour, seule la candidature du député sortant MMM Rajesh Bhagwan est confirmée. En revanche, Éric Guimbeau du PMSD sera positivement aligné au N°17 dont il est le député sortant.

Lors de la présentation de cette liste de 39 candidats confirmés à la presse hier après-midi, le leader du MMM devait affirmer qu'elle a été approuvée "à l'unanimité" par le comité central de son parti. Si, explique-t-il, le critère général aura été "la méritocratie", il souligne que le choix d'un maximum de femmes a aussi été fait, de même que le maintien d'un certain équilibre entre les nouveaux venus et les militants d'expérience.

Il devait confirmer que trois candidats de la communauté musulmane seront alignés au N°2 et qu'un de la communauté chinoise devrait être présenté ailleurs. Éventuellement, le MMM se réserve le choix de garder, en cas de victoire, le poste d'Attorney General à un membre de la communauté chinoise. Paul Bérenger se dit "très satisfait" d'avoir pu, déjà, aligner sept femmes, "dont cinq nouvelles". Ce qui, dit-il, est formidable. Il en permet d'autres encore.

Dans le cas du leader du PMSD, il explique que si ce dernier a "évidemment" souhaité être candidat au N°20 qu'il sert déjà "et l'a fait savoir", d'autres considérations, explique M. Bérenger, doivent aussi être tenues en ligne de compte. Pour ce qui concerne Reshad Soyfoo qui, rappelle M. Bérenger, a été tour à tour MSM, PTr puis MMM, il affirme qu'il n'a jamais été "pressenti pour être candidat". "Il y a eu des remous. Aucun problème : il y en aura d'autres, inévitablement. C'est la démocratie."

Quant à la répartition des candidatures entre les trois partenaires, Paul Bérenger a expliqué que, dans le cas du PMSD, il a été "entendu de logue date" que ce parti disposera de deux tickets. Dans le cas de l'Union nationale qui a à ce stade déjà deux candidatures confirmées, M. Bérenger devait dire qu'il n'est "pas bloqué" sur le nombre de tickets additionnels devant être attribués à cet autre partenaire.

Le leader du MMM n'impose pas une échéance pour la finalisation de cette liste de 60 candidats de l'Alliance MMM-UN-PMSD. Il explique que, "probablement", les noms des candidats restants seront communiqués "par lots". Il explique encore que la confirmation finale de la liste est sujette à un éventuel "bouleversement" découlant du redécoupage électoral en cours.

Le cas de Shekar Naidu sera discuté, a expliqué Paul Bérenger, au retour de ce dernier de l'étranger. Shekar Naidu, explique-t-il, qui est un candidat potentiel, se retrouve "dans la même situation que Steve Obeegadoo", soit que leur "posting" final est encore en discussion. Le leader du MMM annonce qu'il poursuivra sa tournée des comités régionaux de son parti en vue "d'expliquer les critères" ayant présidé au choix des différents candidats.

Outre Sam Lauthan, confirmé au N°3, il annonce deux autres "candidats canons" issus de la communauté musulmane dans cette circonscription.


Conférence de presse du MSM

Pravind Jugnauth : "Il faut un comité permanent pour agir en cas de crise"

"Un comité permanent doit être mis en place pour parer à d'autres cas similaires à l'avenir". Tels sont les propos soutenus par le leader du MSM, lors d'une conférence de presse hier. Une occasion pour le parti orange de passer en revue les mesures prises liées à la grippe A (H1N1). Commentant par ailleurs le dernier bilan économique dressé pour ce premier semestre par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth trouve que les propos de Rama Sithanen, sont contradictoires par rapport à la situation réelle.

Un comité permanent, dit le leader du MSM, saurait agir en temps de crise, comme c'est le cas actuellement avec la grippe A (H1N1). Il maintient toujours, comme c'était le cas lors de sa dernière conférence de presse, que le public ne doit pas céder à la panique, mais doit cependant prendre toutes les précautions nécessaires en tant qu'un peuple "averti".

Toutefois, il affirme que la peur qui habite les parents et les étudiants est justifiée. En raison de la vulnérabilité et vu que les enfants sont des vecteurs potentiels du virus, selon les experts, il estime que les autorités ne doivent pas rester figées sur le passé, mais doivent au contraire prendre des mesures appropriées au plus vite. "Fermtir lekol dan lozik ki bann zanfans vilnerab. Li imperatif ki bizin suiv sa sitiasion-la de pre", dit-il.

Selon Pravind Jugnauth, les cours de rattrapage sont nécessaires car, dit-il, être dans une salle de classe et faire des devoirs à la maison ne représente guère la même chose. "Faudre sirtou pa penaliz zanfan ki pou compose CPE, SC ek HSC. Nou tou koné kouma sa bann lexamen-la importan", fait-il ressortir. Il affirme cependant que les autorités ne doivent prendre aucun risque et dire toute la vérité sur l'évolution de cette pandémie.

Le leader du MSM lance aussi un appel à la population pour qu'elle fasse confiance à ceux qui évoluent dans le milieu médical. "C'est bannla ki competan et koné kouma pou fer face a sa sitiasion-la", affirme-t-il. Toutefois, il soutient que les informations liées à la grippe A (H1N1) doivent être véhiculées de façon appropriée pour rassurer la population.

Pravind Jugnauth s'interroge par ailleurs sur les 50 000 doses de Tamiflu : "Eski 50 000 doses Tamiflu disponib ? Eski ena bann générik ? Si oui, ki so l'efficacité ?" Selon lui, le gouvernement ne doit en aucun cas lésiner sur les moyens et estime qu'il faut un budjet additionnel pour l'achat d'équipements. "Si le besoin se fait sentir, le gouvernement doit augmenter le personnel soignant, même si c'est uniquement sur une base temporaire."

Commentant le dernier bilan économique dressé pour ce premier semestre par le ministre des Finances, le leader du MSM a, comme à l'accoutumée, tiré à boulets rouges sur Rama sithanen, trouvant que les propos de ce dernier sont contradictoires par rapport à la situation réelle. Selon Pravind Jugnauth, le ministre des Finances bluffe et continue à berner le peuple ainsi que ses collègues. Citant une phrase de Rama Sithanen lors d'une conférence samedi dernier - "Grace a nou bann reformes economik ek stimulus package ki lekonomi pe al dan korek" - Pravind Jugnauth conteste ces propos soutenus, arguant que les réformes économiques ont été la cause majeure ayant contribué à l'appauvrissement de la population.

"Bann dimoun ki au bas de l'échelle inn appauvri. La classe moyenne mem inn affecté. Tigit-tigit Morisiens pou vinn lokater dan zot prop pays. Nou nek ena pou guet seki pe arive Rivière Noire, bann étranzer pe akerir bann biens immobiliers, ena pe mem servi bann lacunes ki ena dan bann lalwa mauriciennes", dit-il.

Evoquant les différentes affirmations de Rama Sithanen, Pravind Jugnauth soutient que la LandBased Oceanic Industry n'est pas un pilier économique. "Croissance economik 6% lamem zamé finn atenn", dit-il. Toujours selon Pravind Jugnauth, le stimulus package de 2007-2008 ne révèle rien de concret car, dit-il, "li donn limpression pe zis cut and paste certains fonds kre soi-disant pou booster mais bilan zero."

"Dan Rs 4 milliards stimulus package zis Rs 9 millions finn depense. Kouma kapav dir asterla ki stimulus packagef inn rann pays resilient ?" Pravind Jugnauth se basant sur les dernières statistiques publiées par le Central Statistical Office (CSO). La recette touristique a connu une baisse de 17,7% alors que l'emploi dans le secteur touristique a aussi connu une baisse de 6,4%. Toutefois, il se demande pourquoi auncun chiffre n'a été publié depuis mars 2009. "Rama Sithanen ena le culot dire situation pe ameliore alor ki statistik pe demontre le contraire", avance-t-il.

Selon le leader du MSM, le ministre des Finances débite des propos mensongers car il manipule les chiffres. "Bann chiffres-la erone. De 2001 à 2005, 12 000 lemplois finn kre et non 3 500 kouma li fer krwar", déclare-t-il. Même son de cloche en ce qu'il s'agit de l'inflation. Selon Pravind Jugnauth, le taux d'inflation qui s'élève à 7% ne reflète pas la situation actuelle. Ce chiffre ne cessera d'augmenter à l'avenir. Or, dit-il, Rama Sithanen affirme que le taux d'inflation connaîtra une baisse. "Li pe manipil paniers ek poids bann produits finn baissé. Li donc kler ki l'inflation pou monté en raison depreciation roupie", déclare-t-il.

Pravind Jugnauth a aussi rappellé que la dette publique en 2005 s'élevait à Rs 118 milliards dont, dit-il, Rs 42 milliards ont été allouées à des projets d'infrastructures de grande envergure alors qu'en 2009 la dette s'élève à Rs 170 milliards sans aucun projet d'envergure.


Redécoupage électoral

L'Union Chrétienne préconise la création de quatre nouvelles circonscriptions

Dans le cadre de l'exercice de redécoupage électoral - exercice qui doit obligatoirement être fait chaque dix ans, selon la Constitution du pays -, le groupe de réflexion l'Union Chrétienne a soumis, dans les délais prescrits la semaine dernière, à l'Electoral Boundaries Commission, un document de dix pages contenant ses propositions pour une réforme constitutionnelle.

Le document, qui porte la griffe de l'historien Benjamin Moutou, préconise la redéfinition des frontières des circonscriptions de façon à créer quatre nouvelles circonscriptions et de porter le nombre de députés à l'Assemblée nationale à 71 élus (contre 60 actuellement en excluant les Best Losers).

Selon l'Union Chrétienne, la section 39 alinéa 3 de la Constitution, souligne que, "the number of inhabitants of each constituancy is as nearly equal as reasonably praticable to the population". Or, si en 1966, ce critère fut plus ou moins respecté (le nombre moyen d'électeurs était de 14 000 dans les diverses circonscriptions) des disparités criantes existent aujourd'hui dans certaines circonscriptions et cela, au détriment de la resprésentativité des minorités chrétiennes, estime l'Union Chrétienne. Bien que l'alinéa 3 prévoie une révision décennale (chaque dix ans), les limites des 20 circonscriptions que la Commission Harold Banwell avaient instituées pour remplacer celles des 40 circonscriptions préalablement en vigueur aux élections de 1959 et 1963, "n'ont été que légèrement modifiées en quarante ans".

Pour l'Union Chrétienne, la nécessité d'une refonte des circonscriptions se justifie d'autant plus que, depuis 1967, il y a eu d'importantes mutations internes et externes au point de changer drastiquement l'équilibre ethnique dans bon nombre de circonscriptions. Ces mutations ont eu un impact négatif sur la représentativité des ethnies chrétiennes. A titre d'exemple, alors que le groupe dit "hindi speaking hindoo" détient une majorité absolue dans pas moins de 10 circonscriptions électorales et que le groupe " Hindoo Mauritian Hindu", dans son ensemble, détient la majorité absolue dans 13 circonscriptions électorales, le groupe chrétien - largement composée de créoles - ne détient une majorité absolue que dans deux circonscription (nos. 1 et 21) et demeure l'ethnie la plus importante que dans 3 autres circonscriptions seulement (nos. 17, 19 et 20). Selon, l'Union Chrétienne, dans le pire des scénarios, les chrétiens pourraient se retrouver avec seulement 5 élus au Parlement. Il en est de même pour la communauté musulmane qui ne peut faire élire que 6 députés tout au plus sans alliance électorale.

"Dans l'intérêt supérieur du pays"

L'Union Chrétienne a plaidé devant l'Electoral Boundaries Commission que les amendements qu'elle propose "sont nécessaires et ont été élaborés dans l'intérêt supérieur du pays afin de renforcer la coexistence pacifique et d'établir une meilleure entente entre les différentes sections de la société mauricienne". Les amendements, selon le groupe, "assuraient ainsi une vraie paix sociale dans la justice et l'équité, ingrédients essentiels à un développement soutenu et durable".

L'historien Benjamin Moutou, animateur-fondateur de l'Union Chrétienne, prétend avoir recueilli 5000 signatures pour soutenir le document, lequel demande à l'Electoral Boundaries Commission les changements suivants :

- que l'actuelle circonscription no. 14 (Savanne-Rivière-Noire) soit scindée en deux pour créer une nouvelle circonscription qui permettrait aux candidats de dénomination chrétienne de s'y faire éventuellement élire.

- que certaines parties des circonscription no. 3 (Port Louis Est-Port Louis Maritime, no. 4 (Port Louis Nord-Montagne Longue), no. 5

(Triolet-Pamplemousses) soient détachées pour permettre ainsi de créer une nouvelle circonscription. Il devrait en être de même avec le remodelage de la circonscription no. 15 (Phoenix-La Caverne).

-enfin, toujours en ce qui concerne la redéfinition, d'après l'Union Chrétienne, certaines parties des circonscriptions no. 6 (Grand-Baie- Poudre d'Or) et no. 7 (Piton - Rivière du Rempart) pourraient être regroupées sous une nouvelle circonscription.

L'Union Chrétienne affirme que ses revendications se fondent sur le strict respect de la section 16, alinéas 2 et 3 de la Constitution de Maurice en ce qui a trait à l'exclusion de toute forme de discrimination. En effet, souligne de son document, "la Commission Malcolm Trustam-Eve de janvier 1958 chargée de redécouper les circonscriptions avait souligné dans ses recommandations la nécessité que Each main community be adequately represented in the Assembly according to its weight in the country". En faisant une brève analyse des circonscriptions électorales, l'Union Chrétienne a rappelé que "c'est en 1886 qu'eurent lieu les premières élections à Maurice pour le choix des députés. Ces élections se firent sur la base des districts jusqu'en 1958 quand, suite au découpage des circonscriptions par Trustam-Eve, le pays fut divisé en 40 circonscriptions électorales". En procédant à son redécoupage, la tâche de la commission Trustam-Eve souligna aussi que les main communities soient adéquatement représentées à l'Assemblée législative "according to their strength in the country".

Les recommandations Trustam-Eve, base de la Constitution

Pour l'Union Chrétienne, les recommandations de Malcolm Trustam-Eve "sont la base même de notre Constitution, du moins dans le principe. Toutefois, son application dans la pratique a démontré des failles qui font que les ethnies minoritaires, particulièrement les chrétiens, se trouvent de plus en plus absentes dans les instances de décision du pays au point de créer une situation devenues insoutenable. Et le malaise va grandissant".

Faisant une rétrospective, l'union Chrétienne note que, "d'après le dernier recensement de la population (celui de 2000) les chrétiens représentent environ 400 000 personnes, soit le tiers de la population et il y va de l'intérêt national qu'ils soient à même de jouer le rôle qui leur revient dans la République de Maurice".

L'Union Chrétienne a également proposé d'autres mesures de renforcement de tout le système de représentation de la population. Soit, (i) l'introduction d'une dose de représentation proportionnelle en fonction du poids des "main communities" (ii) l'introduction d'un système de correctif variable pour rétablir l'équilibre ethnique limité à 5 nominations et de correctif constant en fonction des votes exprimés en faveur des différentes formations ayant participé aux élections (un plafond minimum de 25% des votes pourrait être requis) (iii) un amendement constitutionnel pour assurer un meilleur partage des responsabilités dans les plus hautes instances du pays et (iv) l'institution du principe de discrimination positive pendant une période de 10 ans afin de faciliter l'embauche des ethnies minoritaires dans certaines fonctions essentielles.

D'après le document de l'Union Chrétienne, si ses propositions sont acceptées, la répartition des membres de la nouvelle Assemblée nationale de 71 membres sur une base communautaire pourrait se présenter comme suit ; Hindous 35 élus, Chrétiens 22, Musulmans 12 et Chinois (sino- mauriciens) 2.


No 19: quand Tengur taquine Ribot

Le président, Suttyhudeo Tengur, de la Government Hindi Teachers Union, était d'humeur taquine vendredi dernier. Mêlant une pointe d'ironie à l'humour, il n'a pas manqué de titiller Lysie Ribot, sa collègue de la Secondary and Preparatory School Teachers Union, sur sa nomination en tant que candidate du MMM au no 19 en vue des prochaines élections générales. Alors que le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, se faisait attendre par ses partenaires du primaire et du sencondaire venus assiter à une réunion au siège de la Culture, Suttyhudeo Tengur qui avait repéré Lysie Ribot, assise quelques rangées plus loin, a fait passer le temps comme il peut, entre autres en faisant des commentaires qui ont dans un premier temps laissé la nouvelle candidate du MMM de marbre avant de répondre par un sourire amusé!


Démissionnaire du MMM

Abdullah Hossen fustige son ex-leader

Depuis mardi dernier, Abdullah Hossen ne fait plus partie du Mouvement Militant Mauricien (MMM). Il a soumis sa démission de toutes les instances de ce parti tout juste après la décision de Paul Bérenger, le leader, du MMM de ne pas l'aligner au N°19 (Stanley/Rose-Hill) aux élections de 2010.

Lors d'une conférence de presse jeudi dernier à Port-Louis, Abdullah Hossen n'a pas été tendre avec son ex-leaderPaul Bérenger. " Il est regrettable que quelqu'un qui est candidat au poste du Premier ministre agisse ainsi. Au lieu de jouer le rôle de rassembleur, il tourne le dos à une importante composante de la population dans sa propre circonscription. " La candidature d'un candidat musulman au N°19, indique-t-il, est un droit acquis. En 1976, le MMM, rappelle-t-il, a aligné Shirin Aumeeruddy-Cziffra. Depuis, il y a toujours eu un candidat musulman, sauf en 1991, quand Mme Aumeeruddy-Cziffra avait cédé sa place à Paul Bérenger.

Quand Paul Bérenger annonce la candidature de trois musulmans au N°2 (Port-Louis sud/Port-Louis central), note-t-il, il bouscule aussi la communauté sino-mauricienne. Il avance que les grands tribuns, dont sir Seewoosagur Ramgoolam du Ptr, sir Abdool Razack Mohamed du Comité d'action musulman (CAM), sir Veerasamy Ringadoo, Jules Kœnig du Parti mauricien social démocrate (PMSD) et Sookdeo Bissoondoyal de l'Independent Forward Block (IFB) n'étaient pas des imbéciles pour rassurer toutes les composantes de la nation mauricienne. " Sa edifis de Nation Building la li repoz lor kat pilie : indou, mizilman, popilasion zeneral ek sino-morisyin. "

Sa décision de démissionner, avance-t-il, il l'a prise après consultation avec toutes les composantes de l'électorat mauricien. Il annonce une série de réunions d'explications, ouvertes à tous, juste après le mois du Ramadan.


Grippe A

"Black-out" sur le nombre de décès enregistrés

"La population a droit à la vérité d'autant que Maurice est le pays d'Afrique le plus touché. Le devoir de transparence fait qu'elle a droit de savoir le nombre de cas de grippe A (H1NI) enregistrés de même que le nombre de décès": propos du leader de l'Opposition et du MMM. M. Bérenger qui accuse le Premier ministre d'avoir dit une chose "très grave", à savoir, d'avoir, selon lui, remis en question le fait qu'il n'y aurait eu aucun décès dû à la grippe A à l'île de la Réunion. Selon le leader de l'Opposition, en répondant, ainsi, à la presse, le Dr Navin Ramgoolam aurait "accusé les autorités réunionnaises, donc, françaises de ne pas oeuvrer dans la transparence, de manipuler les faits". Ce qui, dit-il, est "inacceptable" et "insultant".

Il explique qu'une décision "inacceptable" du gouvernement allait suivre le lendemain ; à savoir, la décision de "black-out" toutes les informations sur les décès enregistrés. Selon Paul Bérenger, cette décision a créé une "psychose" dans la population qui "a droit à la vérité". Cela est, selon lui, d'autant plus "inacceptable" que Maurice est "le pays le plus touché d'Afrique". Pour lui, le "devoir de transparence fait que la population mauricienne à le droit de savoir le nombre de cas enregistrés de même que le nombre de décès.

Dénonciation, par ailleurs, des "cafouillages" et des "zig-zags" autour de la fermeture des écoles. Il rappelle le large consensus autour d'une telle fermeture venant, notamment, des syndicats de médecins, d'infirmiers, des directeurs d'établissements secondaires et de l'Ombudsperson for Children, entre autres. Selon M. Bérenger, le gouvernement a mis trop de temps à prendre la décision de fermeture.

"En fait, affirme le leader du MMM, le gouvernement ne voulait pas fermer les écoles". Selon lui, il aura fallu de la décision des parents de ne plus envoyer leurs enfants en cours et que l'absentéisme dépasse les 50% pour que le gouvernement "se décide à bouger". Il trouve aussi "inacceptable" que l'on ait, selon Paul Bérenger, "victimisé" le haut fonctionnaire de l'Education, M. Amode Taher pour avoir émis la "bonne opinion" que les écoles devaient être fermées. Au sujet du Tamiflu "expiré", il réaffirme qu'il y a "doute généralisé" dans le public. M. Bérenger regrette, de même, qu'il n'y a, selon lui, "toujours rien" quant à l'achat de nouvelles doses 'non expirées" de ce médicament. Par rapport au vaccin, le leader de l'Opposition réaffirme la nécessité, selon lui, d'une commande préalable. Il estime qu'il fallait, à cette fin, entreprendre, notamment, des démarches auprès de l'Inde de même qu'en Australie où, dit-il, deux millions de doses vont commencer à être administrés la semaine prochaine selon les dernières informations.

Et revoilà le "chick"

Au plan local, Paul Bérenger est d'avis qu'en matière d'administration du vaccin, priorité devrait être, notamment, accordée au personnel soignant - médecins et infirmiers - de même qu'aux femmes enceintes et aux personnes ayant certaines prédispositions compte tenu de leur condition de santé. Selon lui, il faut aussi en prévoir pour les pèlerins qui se rendront en pèlerinage pour le hadj. Au même chapitre de la Santé, le leader de l'Opposition évoque le danger d'une resurgence du chickungunya après la découverte d'un certain nombres de cas cette semaine à l'île de la Réunion. Il souligne que sur place les experts se sont dits "particulièrement surpris et inquiets" d'une telle resurgence "en plein hiver austral". Aussi, appelle-t-il les autrorités locales à la vigilance et à prendre les mesures de veille qui s'imposent en la circonstance, notamment, par le biais d'un contrôle sanitaire accru sur les arrivées de l'île de la Réunion.

En marge du pèlerinage du hadj qui interviendra après le mois du Ramadan, Paul Bérenger appelle à la précaution. Il estime que le gouvernement doit se tenir "informé" des décisions prises, notamment, en Arabie Saoudite, en Egypte ainsi que dans les pays du Golfe. Le leader du MMM en profite pour réitérer sa demande de baisse du prix du billet avion pour l'Arabie Saoudite en vue du hadj. Selon lui, en effet, le gouvernement et Air Mauritius "ont la marge de manoeuvre" nécessaire à une telle baisse de prix.

Il trouve qu'au lieu de cela, le gouvernement "permet" à des officiers "condamnés" par l'ancien juge, M. Ahmed dans son "damning report" sur le Centre Culutrel Islamique (CCI) de "continuer à être responsable de l'organisation du hadj".

Dénonciation, par ailleurs de nouveau de "la MBC de Callikhan" qui, selon Paul Bérenger, est "plus infecte et manipulatrice qu'avant". Ce qui, dit-il, constitue "une grande atteinte à la liberté avant les élections". Le leader du MMM affirme qu'à travers le monde le comportement de la radio/télévision d'Etat est "un des critères que des observateurs indépendants tiennent en considération" en substance dans l'évaluation du déroulement démocratique d'une campagne électorale.

Aussi, M. Bérenger appelle l'Electoral Supervisory Commission qui a pour tâche de superviser la tenue des élections à Maurice de, "dès à présent, assumer ses responsabilités". Quant à lui, le leader du MMM promet que l'une des priorités du programme électoral de son parti sera de permettre l'émergence de chaînes de télévision privées "après avoir permis les radios privées".

Paul Bérenger adresse dans le même ordre d'idées, une "sévère mise en garde" aux membres de la National Security Service (NSS ex-NIU) de "prendre conscience qu'ils ne sont pas des agents politiques". Selon lui, les "manipulations" de la MBC et le "rôle politique" du NSS font que "Maurice est très loin d'une vraie démocratie". "Je suis sûr, déclare Paul Bérenger que les membres du NEPAD qui assure le 'peers review' en prendront bonne note".


Propagation de la Grippe A (H1N1)

Ashock Jugnauth : "Le ministère de la santé est responsable !"

Le leader de l'Union nationale, Ashock Jugnauth, a lors d'une conférence de presse vendredi , sévèrement critiqué le ministre de la Santé sur les mesures prises pendant cette situation. Pour lui, il n'y a aucun doute : le ministre de la Santé a, par ses décisions tardives, contribué à la propagation de la grippe A (H1N1) à Maurice.

L'ancien ministre de la Santé Ashock Jugnauth se dit profondément choqué d'apprendre que le Tamiflu soit toujours valide jusqu'en 2011 soit, deux ans après sa date d'expiration. Il a, dit-il, fait des recherches de son côté et les médecins qu'il a côtoyés se disent dans "un état de choc également". Selon lui, le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, aurait dû écrire à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'invitant à ouvrir une enquête et exiger un document officiel du laboratoire avant de le rendre public.

Pour lui, les autorités ne jouent pas franc jeu en ce qui concerne la réserve de Tamiflu. "Ena enn sanzman langaz. Avan ti dir ki ena assez tamiflu mai aster minister pe dir pena stock", dit-il. Par ailleurs, il estime aussi que Rajesh Jeetah a failli dans ses fonctions en n'autorisant pas le secteur privé à traiter ceux atteints de la grippe A (H1N1). "Mo deman moi si kelke part nou pas dan l'illégalité kan ampess dimoun tourne ver sekter privé ?" s'interroge-t-il. Le leader de l'Union Nationale, estime qu'il faudrait aussi donner au secteur privé les moyens nécessaires pour une meilleure collaboration et coordination.

"Pou normaliz situation, faudrait pas blié l'aeroport. Ti bizin mett plis lapareil pou detecter temperature bann passagers ki arive", déclare Ashock Jugnauth. Il soutient que l'achat des équipements est primordial pour parer à toute éventualité et mieux combattre la grippe. "Pa ankor tro tard. Bizin aste lekipman mett dan airport. Vaut mieux tard que jamais", dit-il.

Évoquant la décision du ministère en ce qu'il s'agit d'effectuer des tests uniquement sur les femmes enceintes et les cas suspects de grippe A (H1N1), le leader de l'Union nationale, trouve cela inacceptable. "Dan enn certaine fason koumadir pe dir dimoun kri-kri pena moyen pou fer tests. Kouma eski enn pays kapav dir sa ?" s'insurge-t-il.

Ashock Jugnauth déplore également la décision du ministère de la Santé en ce qu'il s'agit de ne plus rendre public les statistiques de ceux ayant contracté la grippe A (H1N1). "Pou ki rezon pe fer sa? Zot dir zot pou raporte zis à l'OMS me nou Morisiens, nou pa pou kone ki pe passe dan nou prop pays. Dan SkyNews ou DSTV ki nou pou konn sa ?" se lamente-t-il.

Selon lui, une vraie pagaille règne au sein du système hospitalier et, dit-il : "Depuis le début, les personnes suspectes à avoir contracté le virus auraient dû être isolées pour éviter la propagation. Or, nous constatons que ce n'est que maintenant que les flu clinics ont été aménagées." Et d'ajouter : "10 à 15 second, la grippe lakav propagé, me si finn melanz dimoun dan lopital depi komansman, pa minis la Santé mem ki responsab sa propagation la ?"

Évoquant la situation ailleurs, Ashock Jugnauth dit être en mesure de comprendre la panique qui règne au sein de la population car, dit-il, "dir dimoun pa panike me selman bann victimes pe ogmante mem".

Le leader de l'Union nationale soutient que si les autorités n'arrivent pas à normaliser la situation jusqu'au 31 aout, une décision tardive pourrait pénaliser les élèves. Il soutient qu'il est primordial de veiller que les leçons particulières soient interdites durant cette période. "Il ne suffit pas de dire aux parents de prendre leurs responsabilités, mais de veiller que les enseignants se montrent également responsables", dit-il. "Sanctionnez-les au cas contraire", conclut-il.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 23 août 2009