La liste des 39 candidats aux législatives approuvée
hier par le comité central du MMM comprend une vingtaine
de têtes qui vont briguer pour la première fois les
suffrages pour un poste de député sous la bannière
du MMM. Ainsi, Reza Uteem, avocat et fils de l'ancien président
de la République, Cassam Uteem, est confirmé comme
candidat dans la circonscription N°2. Autre nouveau venu
dans cette circonscription sous les couleurs du MMM : Hossen Atchia,
directeur de compagnie et travailleur social.
Au N°5, dans la circonscription du Premier ministre, le MMM
confirme à ce stade deux autres nouveaux venus : Sham Mathura,
comptable et qui avait été candidat indépendant
au N°20 lors des dernières élections, et Anil
Seeruttun, enseignant et membre du comité central du MMM.
Dans la circonscription voisine du N°6, le nouveau venu dans
l'arène a pour nom Vinay Sobrun. Il est légiste
et a été président du conseil des districts
du Nord.
Au N°7, le MMM alignera Vinay Koonjul, directeur de compagnie
et autre ancien président de conseil de districts, et Vishwanee
Boobhonee, légiste. Cette dernière est issue des
rangs de l'Union nationale (UN). Deux autres nouvelles têtes
au N°9 : Viren Ramchurn, avocat et ancien président
du Sugar Investment Trust (SIT), et Gaytree Dayal, avocate.
Au N°10, c'est un médecin et ancien conseiller de
village de Bel Air Rivière Sèche qui est aligné
en la personne du Dr Swaleh Nauzeer. Shailendra Gokhool, économiste
et ancien directeur de la State Investment Corporation (SIC),
sera candidat du MMM aux côtés de Dave Kissoondoyal,
informaticien et président de l'Internet Society, lui aussi
nouveau venu comme candidat à la députation.
Dans la circonscription N°12, l'on relève les noms
de Tony Appollon, directeur de compagnie dans le secteur touristique
et travailleur social, et Kishore Peertab, avocat qui assure aussi
des cours à l'université de Maurice. Me Peertab
avait été, en 2005, candidat du MSM au N°13
où le MMM a, à ce stade, confirmé les candidatures
de Vishnu Lutchmeenaraidoo, ancien ministre des Finances, et de
Prem Aumeer, médecin et ancien PPS dans la même circonscription.
Au N°14, le MMM accueille une nouvelle venue en la personne
de Sundee Beedassy, directrice de compagnie et ancienne conseillère
à la mairie de Curepipe. Au Numéro 15, c'est le
chirurgien-dentiste Raffick Sorefan, ancien maire de Quatre-Bornes,
qui défendra les couleurs du MMM. Au N°17, le MMM
aligne Naveena Ramyad, enseignante et ancienne conseillère
au ministère de l'Éducation.
Au N°18, confirmation de la candidature de Vijay Makhan,
diplomate de carrière, ancien secrétaire aux Affaires
étrangères et ancien secrétaire général
adjoint de l'OUA. Il aura, notamment, pour colistier Kavi Ramano,
notaire et ancien maire de Quatre-Bornes et ancien président
de la Mauritius Freeport Authority.
Confirmation aussi au N°19 de la candidature de Lysie Ribot,
enseignante et présidente du syndicat des enseignants des
collèges confessionnels, et de celle de Deven Nagalingum,
ancien maire des villes surs et ancien PPS, aux côtés
du leader du MMM, Paul Bérenger.
Par ailleurs, si la candidature du leader de l'Union nationale,
Ashock Jugnauth, est confirmée dans la circonscription
N°8, celle du leader du PMSD, Maurice Allet, au N°20
ne l'est pas. Dans cette circonscription, à valeur du jour,
seule la candidature du député sortant MMM Rajesh
Bhagwan est confirmée. En revanche, Éric Guimbeau
du PMSD sera positivement aligné au N°17 dont il est
le député sortant.
Lors de la présentation de cette liste de 39 candidats
confirmés à la presse hier après-midi, le
leader du MMM devait affirmer qu'elle a été approuvée
"à l'unanimité" par le comité
central de son parti. Si, explique-t-il, le critère général
aura été "la méritocratie",
il souligne que le choix d'un maximum de femmes a aussi été
fait, de même que le maintien d'un certain équilibre
entre les nouveaux venus et les militants d'expérience.
Il devait confirmer que trois candidats de la communauté
musulmane seront alignés au N°2 et qu'un de la communauté
chinoise devrait être présenté ailleurs. Éventuellement,
le MMM se réserve le choix de garder, en cas de victoire,
le poste d'Attorney General à un membre de la communauté
chinoise. Paul Bérenger se dit "très satisfait"
d'avoir pu, déjà, aligner sept femmes, "dont
cinq nouvelles". Ce qui, dit-il, est formidable. Il en
permet d'autres encore.
Dans le cas du leader du PMSD, il explique que si ce dernier a
"évidemment" souhaité être
candidat au N°20 qu'il sert déjà "et
l'a fait savoir", d'autres considérations, explique
M. Bérenger, doivent aussi être tenues en ligne de
compte. Pour ce qui concerne Reshad Soyfoo qui, rappelle M. Bérenger,
a été tour à tour MSM, PTr puis MMM, il affirme
qu'il n'a jamais été "pressenti pour être
candidat". "Il y a eu des remous. Aucun problème
: il y en aura d'autres, inévitablement. C'est la démocratie."
Quant à la répartition des candidatures entre les
trois partenaires, Paul Bérenger a expliqué que,
dans le cas du PMSD, il a été "entendu de
logue date" que ce parti disposera de deux tickets. Dans
le cas de l'Union nationale qui a à ce stade déjà
deux candidatures confirmées, M. Bérenger devait
dire qu'il n'est "pas bloqué" sur le nombre
de tickets additionnels devant être attribués à
cet autre partenaire.
Le leader du MMM n'impose pas une échéance pour
la finalisation de cette liste de 60 candidats de l'Alliance MMM-UN-PMSD.
Il explique que, "probablement", les noms des
candidats restants seront communiqués "par lots".
Il explique encore que la confirmation finale de la liste est
sujette à un éventuel "bouleversement"
découlant du redécoupage électoral en cours.
Le cas de Shekar Naidu sera discuté, a expliqué
Paul Bérenger, au retour de ce dernier de l'étranger.
Shekar Naidu, explique-t-il, qui est un candidat potentiel, se
retrouve "dans la même situation que Steve Obeegadoo",
soit que leur "posting" final est encore en discussion.
Le leader du MMM annonce qu'il poursuivra sa tournée des
comités régionaux de son parti en vue "d'expliquer
les critères" ayant présidé au choix
des différents candidats.
Outre Sam Lauthan, confirmé au N°3, il annonce deux
autres "candidats canons" issus de la communauté
musulmane dans cette circonscription.
Conférence de presse du MSM
Pravind Jugnauth : "Il faut un comité permanent
pour agir en cas de crise"
"Un comité permanent doit être mis en place
pour parer à d'autres cas similaires à l'avenir".
Tels sont les propos soutenus par le leader du MSM, lors d'une
conférence de presse hier. Une occasion pour le parti orange
de passer en revue les mesures prises liées à la
grippe A (H1N1). Commentant par ailleurs le dernier bilan économique
dressé pour ce premier semestre par le ministre des Finances,
Pravind Jugnauth trouve que les propos de Rama Sithanen, sont
contradictoires par rapport à la situation réelle.
Un comité permanent, dit le leader du MSM, saurait agir
en temps de crise, comme c'est le cas actuellement avec la grippe
A (H1N1). Il maintient toujours, comme c'était le cas lors
de sa dernière conférence de presse, que le public
ne doit pas céder à la panique, mais doit cependant
prendre toutes les précautions nécessaires en tant
qu'un peuple "averti".
Toutefois, il affirme que la peur qui habite les parents et les
étudiants est justifiée. En raison de la vulnérabilité
et vu que les enfants sont des vecteurs potentiels du virus, selon
les experts, il estime que les autorités ne doivent pas
rester figées sur le passé, mais doivent au contraire
prendre des mesures appropriées au plus vite. "Fermtir
lekol dan lozik ki bann zanfans vilnerab. Li imperatif ki bizin
suiv sa sitiasion-la de pre", dit-il.
Selon Pravind Jugnauth, les cours de rattrapage sont nécessaires
car, dit-il, être dans une salle de classe et faire des
devoirs à la maison ne représente guère la
même chose. "Faudre sirtou pa penaliz zanfan ki
pou compose CPE, SC ek HSC. Nou tou koné kouma sa bann
lexamen-la importan", fait-il ressortir. Il affirme cependant
que les autorités ne doivent prendre aucun risque et dire
toute la vérité sur l'évolution de cette
pandémie.
Le leader du MSM lance aussi un appel à la population pour
qu'elle fasse confiance à ceux qui évoluent dans
le milieu médical. "C'est bannla ki competan et
koné kouma pou fer face a sa sitiasion-la", affirme-t-il.
Toutefois, il soutient que les informations liées à
la grippe A (H1N1) doivent être véhiculées
de façon appropriée pour rassurer la population.
Pravind Jugnauth s'interroge par ailleurs sur les 50 000 doses
de Tamiflu : "Eski 50 000 doses Tamiflu disponib ? Eski
ena bann générik ? Si oui, ki so l'efficacité
?" Selon lui, le gouvernement ne doit en aucun cas lésiner
sur les moyens et estime qu'il faut un budjet additionnel pour
l'achat d'équipements. "Si le besoin se fait sentir,
le gouvernement doit augmenter le personnel soignant, même
si c'est uniquement sur une base temporaire."
Commentant le dernier bilan économique dressé pour
ce premier semestre par le ministre des Finances, le leader du
MSM a, comme à l'accoutumée, tiré à
boulets rouges sur Rama sithanen, trouvant que les propos de ce
dernier sont contradictoires par rapport à la situation
réelle. Selon Pravind Jugnauth, le ministre des Finances
bluffe et continue à berner le peuple ainsi que ses collègues.
Citant une phrase de Rama Sithanen lors d'une conférence
samedi dernier - "Grace a nou bann reformes economik ek
stimulus package ki lekonomi pe al dan korek" - Pravind
Jugnauth conteste ces propos soutenus, arguant que les réformes
économiques ont été la cause majeure ayant
contribué à l'appauvrissement de la population.
"Bann dimoun ki au bas de l'échelle inn appauvri.
La classe moyenne mem inn affecté. Tigit-tigit Morisiens
pou vinn lokater dan zot prop pays. Nou nek ena pou guet seki
pe arive Rivière Noire, bann étranzer pe akerir
bann biens immobiliers, ena pe mem servi bann lacunes ki ena dan
bann lalwa mauriciennes", dit-il.
Evoquant les différentes affirmations de Rama Sithanen,
Pravind Jugnauth soutient que la LandBased Oceanic Industry n'est
pas un pilier économique. "Croissance economik
6% lamem zamé finn atenn", dit-il. Toujours selon
Pravind Jugnauth, le stimulus package de 2007-2008 ne révèle
rien de concret car, dit-il, "li donn limpression pe zis
cut and paste certains fonds kre soi-disant pou booster mais bilan
zero."
"Dan Rs 4 milliards stimulus package zis Rs 9 millions
finn depense. Kouma kapav dir asterla ki stimulus packagef inn
rann pays resilient ?" Pravind Jugnauth se basant sur
les dernières statistiques publiées par le Central
Statistical Office (CSO). La recette touristique a connu une baisse
de 17,7% alors que l'emploi dans le secteur touristique a aussi
connu une baisse de 6,4%. Toutefois, il se demande pourquoi auncun
chiffre n'a été publié depuis mars 2009.
"Rama Sithanen ena le culot dire situation pe ameliore
alor ki statistik pe demontre le contraire", avance-t-il.
Selon le leader du MSM, le ministre des Finances débite
des propos mensongers car il manipule les chiffres. "Bann
chiffres-la erone. De 2001 à 2005, 12 000 lemplois finn
kre et non 3 500 kouma li fer krwar", déclare-t-il.
Même son de cloche en ce qu'il s'agit de l'inflation. Selon
Pravind Jugnauth, le taux d'inflation qui s'élève
à 7% ne reflète pas la situation actuelle. Ce chiffre
ne cessera d'augmenter à l'avenir. Or, dit-il, Rama Sithanen
affirme que le taux d'inflation connaîtra une baisse. "Li
pe manipil paniers ek poids bann produits finn baissé.
Li donc kler ki l'inflation pou monté en raison depreciation
roupie", déclare-t-il.
Pravind Jugnauth a aussi rappellé que la dette publique
en 2005 s'élevait à Rs 118 milliards dont, dit-il,
Rs 42 milliards ont été allouées à
des projets d'infrastructures de grande envergure alors qu'en
2009 la dette s'élève à Rs 170 milliards
sans aucun projet d'envergure.
Redécoupage électoral
L'Union Chrétienne préconise la création
de quatre nouvelles circonscriptions
Dans le cadre de l'exercice de redécoupage électoral
- exercice qui doit obligatoirement être fait chaque dix
ans, selon la Constitution du pays -, le groupe de réflexion
l'Union Chrétienne a soumis, dans les délais prescrits
la semaine dernière, à l'Electoral Boundaries Commission,
un document de dix pages contenant ses propositions pour une réforme
constitutionnelle.
Le document, qui porte la griffe de l'historien Benjamin Moutou,
préconise la redéfinition des frontières
des circonscriptions de façon à créer quatre
nouvelles circonscriptions et de porter le nombre de députés
à l'Assemblée nationale à 71 élus
(contre 60 actuellement en excluant les Best Losers).
Selon l'Union Chrétienne, la section 39 alinéa 3
de la Constitution, souligne que, "the number of inhabitants
of each constituancy is as nearly equal as reasonably praticable
to the population". Or, si en 1966, ce critère
fut plus ou moins respecté (le nombre moyen d'électeurs
était de 14 000 dans les diverses circonscriptions) des
disparités criantes existent aujourd'hui dans certaines
circonscriptions et cela, au détriment de la resprésentativité
des minorités chrétiennes, estime l'Union Chrétienne.
Bien que l'alinéa 3 prévoie une révision
décennale (chaque dix ans), les limites des 20 circonscriptions
que la Commission Harold Banwell avaient instituées pour
remplacer celles des 40 circonscriptions préalablement
en vigueur aux élections de 1959 et 1963, "n'ont
été que légèrement modifiées
en quarante ans".
Pour l'Union Chrétienne, la nécessité d'une
refonte des circonscriptions se justifie d'autant plus que, depuis
1967, il y a eu d'importantes mutations internes et externes au
point de changer drastiquement l'équilibre ethnique dans
bon nombre de circonscriptions. Ces mutations ont eu un impact
négatif sur la représentativité des ethnies
chrétiennes. A titre d'exemple, alors que le groupe dit
"hindi speaking hindoo" détient une majorité
absolue dans pas moins de 10 circonscriptions électorales
et que le groupe " Hindoo Mauritian Hindu", dans son
ensemble, détient la majorité absolue dans 13 circonscriptions
électorales, le groupe chrétien - largement composée
de créoles - ne détient une majorité absolue
que dans deux circonscription (nos. 1 et 21) et demeure l'ethnie
la plus importante que dans 3 autres circonscriptions seulement
(nos. 17, 19 et 20). Selon, l'Union Chrétienne, dans le
pire des scénarios, les chrétiens pourraient se
retrouver avec seulement 5 élus au Parlement. Il en est
de même pour la communauté musulmane qui ne peut
faire élire que 6 députés tout au plus sans
alliance électorale.
"Dans l'intérêt supérieur du pays"
L'Union Chrétienne a plaidé devant l'Electoral Boundaries
Commission que les amendements qu'elle propose "sont nécessaires
et ont été élaborés dans l'intérêt
supérieur du pays afin de renforcer la coexistence pacifique
et d'établir une meilleure entente entre les différentes
sections de la société mauricienne". Les
amendements, selon le groupe, "assuraient ainsi une vraie
paix sociale dans la justice et l'équité, ingrédients
essentiels à un développement soutenu et durable".
L'historien Benjamin Moutou, animateur-fondateur de l'Union Chrétienne,
prétend avoir recueilli 5000 signatures pour soutenir le
document, lequel demande à l'Electoral Boundaries Commission
les changements suivants :
- que l'actuelle circonscription no. 14 (Savanne-Rivière-Noire)
soit scindée en deux pour créer une nouvelle circonscription
qui permettrait aux candidats de dénomination chrétienne
de s'y faire éventuellement élire.
- que certaines parties des circonscription no. 3 (Port Louis
Est-Port Louis Maritime, no. 4 (Port Louis Nord-Montagne Longue),
no. 5
(Triolet-Pamplemousses) soient détachées pour permettre
ainsi de créer une nouvelle circonscription. Il devrait
en être de même avec le remodelage de la circonscription
no. 15 (Phoenix-La Caverne).
-enfin, toujours en ce qui concerne la redéfinition, d'après
l'Union Chrétienne, certaines parties des circonscriptions
no. 6 (Grand-Baie- Poudre d'Or) et no. 7 (Piton - Rivière
du Rempart) pourraient être regroupées sous une nouvelle
circonscription.
L'Union Chrétienne affirme que ses revendications se fondent
sur le strict respect de la section 16, alinéas 2 et 3
de la Constitution de Maurice en ce qui a trait à l'exclusion
de toute forme de discrimination. En effet, souligne de son document,
"la Commission Malcolm Trustam-Eve de janvier 1958 chargée
de redécouper les circonscriptions avait souligné
dans ses recommandations la nécessité que Each main
community be adequately represented in the Assembly according
to its weight in the country". En faisant une brève
analyse des circonscriptions électorales, l'Union Chrétienne
a rappelé que "c'est en 1886 qu'eurent lieu les
premières élections à Maurice pour le choix
des députés. Ces élections se firent sur
la base des districts jusqu'en 1958 quand, suite au découpage
des circonscriptions par Trustam-Eve, le pays fut divisé
en 40 circonscriptions électorales". En procédant
à son redécoupage, la tâche de la commission
Trustam-Eve souligna aussi que les main communities soient
adéquatement représentées à l'Assemblée
législative "according to their strength in the
country".
Les recommandations Trustam-Eve, base de la Constitution
Pour l'Union Chrétienne, les recommandations de Malcolm
Trustam-Eve "sont la base même de notre Constitution,
du moins dans le principe. Toutefois, son application dans la
pratique a démontré des failles qui font que les
ethnies minoritaires, particulièrement les chrétiens,
se trouvent de plus en plus absentes dans les instances de décision
du pays au point de créer une situation devenues insoutenable.
Et le malaise va grandissant".
Faisant une rétrospective, l'union Chrétienne note
que, "d'après le dernier recensement de la population
(celui de 2000) les chrétiens représentent environ
400 000 personnes, soit le tiers de la population et il y va de
l'intérêt national qu'ils soient à même
de jouer le rôle qui leur revient dans la République
de Maurice".
L'Union Chrétienne a également proposé d'autres
mesures de renforcement de tout le système de représentation
de la population. Soit, (i) l'introduction d'une dose de représentation
proportionnelle en fonction du poids des "main communities"
(ii) l'introduction d'un système de correctif variable
pour rétablir l'équilibre ethnique limité
à 5 nominations et de correctif constant en fonction des
votes exprimés en faveur des différentes formations
ayant participé aux élections (un plafond minimum
de 25% des votes pourrait être requis) (iii) un amendement
constitutionnel pour assurer un meilleur partage des responsabilités
dans les plus hautes instances du pays et (iv) l'institution du
principe de discrimination positive pendant une période
de 10 ans afin de faciliter l'embauche des ethnies minoritaires
dans certaines fonctions essentielles.
D'après le document de l'Union Chrétienne, si ses
propositions sont acceptées, la répartition des
membres de la nouvelle Assemblée nationale de 71 membres
sur une base communautaire pourrait se présenter comme
suit ; Hindous 35 élus, Chrétiens 22, Musulmans
12 et Chinois (sino- mauriciens) 2.
No 19: quand Tengur taquine Ribot
Le président, Suttyhudeo Tengur, de la Government Hindi
Teachers Union, était d'humeur taquine vendredi dernier.
Mêlant une pointe d'ironie à l'humour, il n'a pas
manqué de titiller Lysie Ribot, sa collègue de la
Secondary and Preparatory School Teachers Union, sur sa
nomination en tant que candidate du MMM au no 19 en vue des prochaines
élections générales. Alors que le ministre
de l'Education, Vasant Bunwaree, se faisait attendre par ses partenaires
du primaire et du sencondaire venus assiter à une réunion
au siège de la Culture, Suttyhudeo Tengur qui avait repéré
Lysie Ribot, assise quelques rangées plus loin, a fait
passer le temps comme il peut, entre autres en faisant des commentaires
qui ont dans un premier temps laissé la nouvelle candidate
du MMM de marbre avant de répondre par un sourire amusé!
Démissionnaire du MMM
Abdullah Hossen fustige son ex-leader
Depuis mardi dernier, Abdullah Hossen ne fait plus partie du
Mouvement Militant Mauricien (MMM). Il a soumis sa démission
de toutes les instances de ce parti tout juste après la
décision de Paul Bérenger, le leader, du MMM de
ne pas l'aligner au N°19 (Stanley/Rose-Hill) aux élections
de 2010.
Lors d'une conférence de presse jeudi dernier à
Port-Louis, Abdullah Hossen n'a pas été tendre avec
son ex-leaderPaul Bérenger. " Il est regrettable
que quelqu'un qui est candidat au poste du Premier ministre agisse
ainsi. Au lieu de jouer le rôle de rassembleur, il tourne
le dos à une importante composante de la population dans
sa propre circonscription. " La candidature d'un candidat
musulman au N°19, indique-t-il, est un droit acquis. En 1976,
le MMM, rappelle-t-il, a aligné Shirin Aumeeruddy-Cziffra.
Depuis, il y a toujours eu un candidat musulman, sauf en 1991,
quand Mme Aumeeruddy-Cziffra avait cédé sa place
à Paul Bérenger.
Quand Paul Bérenger annonce la candidature de trois musulmans
au N°2 (Port-Louis sud/Port-Louis central), note-t-il, il
bouscule aussi la communauté sino-mauricienne. Il avance
que les grands tribuns, dont sir Seewoosagur Ramgoolam du Ptr,
sir Abdool Razack Mohamed du Comité d'action musulman (CAM),
sir Veerasamy Ringadoo, Jules Knig du Parti mauricien social
démocrate (PMSD) et Sookdeo Bissoondoyal de l'Independent
Forward Block (IFB) n'étaient pas des imbéciles
pour rassurer toutes les composantes de la nation mauricienne.
" Sa edifis de Nation Building la li repoz lor kat pilie
: indou, mizilman, popilasion zeneral ek sino-morisyin. "
Sa décision de démissionner, avance-t-il, il l'a
prise après consultation avec toutes les composantes de
l'électorat mauricien. Il annonce une série de réunions
d'explications, ouvertes à tous, juste après le
mois du Ramadan.
Grippe A
"Black-out" sur le nombre de décès
enregistrés
"La population a droit à la vérité
d'autant que Maurice est le pays d'Afrique le plus touché.
Le devoir de transparence fait qu'elle a droit de savoir le nombre
de cas de grippe A (H1NI) enregistrés de même que
le nombre de décès": propos du leader de
l'Opposition et du MMM. M. Bérenger qui accuse le Premier
ministre d'avoir dit une chose "très grave",
à savoir, d'avoir, selon lui, remis en question le fait
qu'il n'y aurait eu aucun décès dû à
la grippe A à l'île de la Réunion. Selon le
leader de l'Opposition, en répondant, ainsi, à la
presse, le Dr Navin Ramgoolam aurait "accusé les autorités
réunionnaises, donc, françaises de ne pas oeuvrer
dans la transparence, de manipuler les faits". Ce qui, dit-il,
est "inacceptable" et "insultant".
Il explique qu'une décision "inacceptable" du
gouvernement allait suivre le lendemain ; à savoir, la
décision de "black-out" toutes les informations
sur les décès enregistrés. Selon Paul Bérenger,
cette décision a créé une "psychose"
dans la population qui "a droit à la vérité".
Cela est, selon lui, d'autant plus "inacceptable" que
Maurice est "le pays le plus touché d'Afrique".
Pour lui, le "devoir de transparence fait que la population
mauricienne à le droit de savoir le nombre de cas enregistrés
de même que le nombre de décès.
Dénonciation, par ailleurs, des "cafouillages"
et des "zig-zags" autour de la fermeture des écoles.
Il rappelle le large consensus autour d'une telle fermeture venant,
notamment, des syndicats de médecins, d'infirmiers, des
directeurs d'établissements secondaires et de l'Ombudsperson
for Children, entre autres. Selon M. Bérenger, le gouvernement
a mis trop de temps à prendre la décision de fermeture.
"En fait, affirme le leader du MMM, le gouvernement ne
voulait pas fermer les écoles". Selon lui, il
aura fallu de la décision des parents de ne plus envoyer
leurs enfants en cours et que l'absentéisme dépasse
les 50% pour que le gouvernement "se décide à
bouger". Il trouve aussi "inacceptable" que l'on
ait, selon Paul Bérenger, "victimisé"
le haut fonctionnaire de l'Education, M. Amode Taher pour avoir
émis la "bonne opinion" que les écoles
devaient être fermées. Au sujet du Tamiflu "expiré",
il réaffirme qu'il y a "doute généralisé"
dans le public. M. Bérenger regrette, de même, qu'il
n'y a, selon lui, "toujours rien" quant à l'achat
de nouvelles doses 'non expirées" de ce médicament.
Par rapport au vaccin, le leader de l'Opposition réaffirme
la nécessité, selon lui, d'une commande préalable.
Il estime qu'il fallait, à cette fin, entreprendre, notamment,
des démarches auprès de l'Inde de même qu'en
Australie où, dit-il, deux millions de doses vont commencer
à être administrés la semaine prochaine selon
les dernières informations.
Et revoilà le "chick"
Au plan local, Paul Bérenger est d'avis qu'en matière
d'administration du vaccin, priorité devrait être,
notamment, accordée au personnel soignant - médecins
et infirmiers - de même qu'aux femmes enceintes et aux personnes
ayant certaines prédispositions compte tenu de leur condition
de santé. Selon lui, il faut aussi en prévoir pour
les pèlerins qui se rendront en pèlerinage pour
le hadj. Au même chapitre de la Santé, le leader
de l'Opposition évoque le danger d'une resurgence du chickungunya
après la découverte d'un certain nombres de cas
cette semaine à l'île de la Réunion. Il souligne
que sur place les experts se sont dits "particulièrement
surpris et inquiets" d'une telle resurgence "en plein
hiver austral". Aussi, appelle-t-il les autrorités
locales à la vigilance et à prendre les mesures
de veille qui s'imposent en la circonstance, notamment, par le
biais d'un contrôle sanitaire accru sur les arrivées
de l'île de la Réunion.
En marge du pèlerinage du hadj qui interviendra après
le mois du Ramadan, Paul Bérenger appelle à la précaution.
Il estime que le gouvernement doit se tenir "informé"
des décisions prises, notamment, en Arabie Saoudite, en
Egypte ainsi que dans les pays du Golfe. Le leader du MMM en profite
pour réitérer sa demande de baisse du prix du billet
avion pour l'Arabie Saoudite en vue du hadj. Selon lui, en effet,
le gouvernement et Air Mauritius "ont la marge de manoeuvre"
nécessaire à une telle baisse de prix.
Il trouve qu'au lieu de cela, le gouvernement "permet"
à des officiers "condamnés" par l'ancien
juge, M. Ahmed dans son "damning report" sur le Centre
Culutrel Islamique (CCI) de "continuer à être
responsable de l'organisation du hadj".
Dénonciation, par ailleurs de nouveau de "la MBC de
Callikhan" qui, selon Paul Bérenger, est "plus
infecte et manipulatrice qu'avant". Ce qui, dit-il, constitue
"une grande atteinte à la liberté avant les
élections". Le leader du MMM affirme qu'à travers
le monde le comportement de la radio/télévision
d'Etat est "un des critères que des observateurs indépendants
tiennent en considération" en substance dans l'évaluation
du déroulement démocratique d'une campagne électorale.
Aussi, M. Bérenger appelle l'Electoral Supervisory Commission
qui a pour tâche de superviser la tenue des élections
à Maurice de, "dès à présent,
assumer ses responsabilités". Quant à lui,
le leader du MMM promet que l'une des priorités du programme
électoral de son parti sera de permettre l'émergence
de chaînes de télévision privées "après
avoir permis les radios privées".
Paul Bérenger adresse dans le même ordre d'idées,
une "sévère mise en garde" aux membres
de la National Security Service (NSS ex-NIU) de "prendre
conscience qu'ils ne sont pas des agents politiques". Selon
lui, les "manipulations" de la MBC et le "rôle
politique" du NSS font que "Maurice est très
loin d'une vraie démocratie". "Je suis sûr,
déclare Paul Bérenger que les membres du NEPAD qui
assure le 'peers review' en prendront bonne note".
Propagation de la Grippe A (H1N1)
Ashock Jugnauth : "Le ministère de la santé
est responsable !"
Le leader de l'Union nationale, Ashock Jugnauth, a lors d'une
conférence de presse vendredi , sévèrement
critiqué le ministre de la Santé sur les mesures
prises pendant cette situation. Pour lui, il n'y a aucun doute
: le ministre de la Santé a, par ses décisions tardives,
contribué à la propagation de la grippe A (H1N1)
à Maurice.
L'ancien ministre de la Santé Ashock Jugnauth se dit profondément
choqué d'apprendre que le Tamiflu soit toujours valide
jusqu'en 2011 soit, deux ans après sa date d'expiration.
Il a, dit-il, fait des recherches de son côté et
les médecins qu'il a côtoyés se disent dans
"un état de choc également". Selon
lui, le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, aurait dû
écrire à l'Organisation mondiale de la santé
(OMS), l'invitant à ouvrir une enquête et exiger
un document officiel du laboratoire avant de le rendre public.
Pour lui, les autorités ne jouent pas franc jeu en ce qui
concerne la réserve de Tamiflu. "Ena enn sanzman
langaz. Avan ti dir ki ena assez tamiflu mai aster minister pe
dir pena stock", dit-il. Par ailleurs, il estime aussi
que Rajesh Jeetah a failli dans ses fonctions en n'autorisant
pas le secteur privé à traiter ceux atteints de
la grippe A (H1N1). "Mo deman moi si kelke part nou pas
dan l'illégalité kan ampess dimoun tourne ver sekter
privé ?" s'interroge-t-il. Le leader de l'Union
Nationale, estime qu'il faudrait aussi donner au secteur privé
les moyens nécessaires pour une meilleure collaboration
et coordination.
"Pou normaliz situation, faudrait pas blié l'aeroport.
Ti bizin mett plis lapareil pou detecter temperature bann passagers
ki arive", déclare Ashock Jugnauth. Il soutient
que l'achat des équipements est primordial pour parer à
toute éventualité et mieux combattre la grippe.
"Pa ankor tro tard. Bizin aste lekipman mett dan airport.
Vaut mieux tard que jamais", dit-il.
Évoquant la décision du ministère en ce qu'il
s'agit d'effectuer des tests uniquement sur les femmes enceintes
et les cas suspects de grippe A (H1N1), le leader de l'Union
nationale, trouve cela inacceptable. "Dan enn certaine
fason koumadir pe dir dimoun kri-kri pena moyen pou fer tests.
Kouma eski enn pays kapav dir sa ?" s'insurge-t-il.
Ashock Jugnauth déplore également la décision
du ministère de la Santé en ce qu'il s'agit de ne
plus rendre public les statistiques de ceux ayant contracté
la grippe A (H1N1). "Pou ki rezon pe fer sa? Zot dir zot
pou raporte zis à l'OMS me nou Morisiens, nou pa pou kone
ki pe passe dan nou prop pays. Dan SkyNews ou DSTV ki nou pou
konn sa ?" se lamente-t-il.
Selon lui, une vraie pagaille règne au sein du système
hospitalier et, dit-il : "Depuis le début, les
personnes suspectes à avoir contracté le virus auraient
dû être isolées pour éviter la propagation.
Or, nous constatons que ce n'est que maintenant que les flu
clinics ont été aménagées."
Et d'ajouter : "10 à 15 second, la grippe lakav
propagé, me si finn melanz dimoun dan lopital depi komansman,
pa minis la Santé mem ki responsab sa propagation la ?"
Évoquant la situation ailleurs, Ashock Jugnauth dit être
en mesure de comprendre la panique qui règne au sein de
la population car, dit-il, "dir dimoun pa panike me selman
bann victimes pe ogmante mem".
Le leader de l'Union nationale soutient que si les autorités
n'arrivent pas à normaliser la situation jusqu'au 31 aout,
une décision tardive pourrait pénaliser les élèves.
Il soutient qu'il est primordial de veiller que les leçons
particulières soient interdites durant cette période.
"Il ne suffit pas de dire aux parents de prendre leurs
responsabilités, mais de veiller que les enseignants se
montrent également responsables", dit-il. "Sanctionnez-les
au cas contraire", conclut-il.