o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 23 août 2009



  Faits et effets - Le masque et le gant
  Humeur - Le cadeau d'anniversaire
  Pris sur le vif - Réveil


Faits et effets...

Le masque et le gant
Josie Lebrasse


Il y a un aspect dans les toutes dernières mesures prises par le gouvernement pour atténuer les risques de propagation de la grippe A HINI qui a de quoi surprendre même s'il est, bien entendu, loin d'être surperflu. L'annonce, jeudi, par le Premier ministre de la fermeture des écoles pour une semaine a été assortie de celle d'un grand nettoyage complet de tous les établissements éducatifs. Il y avait eu quelques cas de fièvre dengue recensés dans le pays il y a quelques semaines. Cela avait été accompagné d'un programme très ciblé et limité de démoustication qui n'avait, hélas, pas touché le milieu scolaire. On peut déjà s'interroger sur cette lacune lorsqu'on sait que les établissements publics ne sont pas des modèles de salubrité et d'hygiène. Et qu'il y encore des écoles où les élèves ne peuvent pas mettre les pieds dans les toilettes.

Il est maintenant établi que la grippe A HINI, qui affectait d'abord les porcs, d'où, d'ailleurs, son appellation initiale de grippe porcine, se transmet d'être humain à être humain. On peut être dans un milieu complètement aseptisé et croiser un malade de la grippe A HINI et attraper le virus si la personne ne s'est pas adéquatement protégée ou encore si elle ignore, elle-même, avoir été infectée. Après les cas de fièvre dengue, qui, comme le Chikungunya, est un virus qui se transmet par les moustiques d'un malade à un sujet sain, il était impératif de lancer une grande campagne de nettoyage.

Certaines administrations régionales l'ont fait mais la campagne n'était pas généralisée. Il faut aussi rappeler que les écoles étaient tout récemment en vacances et que, malgré, le nombre de cas de fièvre dengue recensés dans le pays, il n'avait pas été jugé utilé de procéder au nettoyage des écoles. Maintenant que le Chikungunya est chez nos voisins, il faut songer à mettre en place une campagne de nettoyage de fond en comble de nos institutions scolaires pendant les vacances. Et pas seulement lorsque des épidémies sont à nos portes. Tout cela démontre que le gouvernement a été, à un moment, complètement dépassé par les événements. Au lieu d'initier des actions vigoureuses de prévention et de sensibilisation, il n'a fait que réagir dans la panique et à parer au plus pressé.

Et s'il est vrai qu'il n'y a pas encore de véritable psychose, un sentiment de grande crainte anime la population. L'inconfiance dans les autorités n'est pas loin d'autant que l'on est pas certain d'avoir des chiffres réels et fiables sur l'ampleur de la maladie. C'est ce qui explique que certains prennent leurs précautions, telle cette dame rencontrée dans un supermarché qui se déambulait dans les rayons munie d'un masque et d'un gant en latex sur sa main droite. On touche à rien, on s'éloigne de ceux qui ont le moindre raclement de gorge. On prend les devants, on se prémunit et on s'arme comme on peut.

C'est pareil pour l'aéroport où, là aussi, on s'organise comme on peut. Voilà comment ça se passe lorsqu'on débarque au pays. On vous distribue un formulaire jaune dans l'avion que vous êtes censé remplir en révélant la vérité. Une espèce de déclaration sur l'honneur. Vous avez des cases à remplir concernant certaines données personnelles et, sur une autre page, il y a des petites cases à cocher, oui ou non, si vous avez ou avez eu la fièvre, la toux, etc. Sur un vol de 250 personnes, toutes déclarent non et, une fois que l'inspecteur sanitaire a visité l'appareil, vous descendez, vous passez l'immigration d'abord, puis le desk sanitaire où on lit rapidement ce que vous avec enregistré sur le formulaire jaune et on vous laisse tranquillement partir parce que vous avez déclaré ne présenter aucun symptôme de la maladie. C'est aussi simple que ça.

Si les appareils à détecter les températures élevées existent, elles ne sont, en tous cas, guère visibles et on ne voit pas comment ils peuvent être vraiment utiles ou efficaces. Faut-il faire plus ? On n'en sait vraiment rien dans la mesure où le premier cas détecté, celui d'un ressortissant français, avait passé le crontrôle de température, avait quitté l'aéroport et qu'il s'était rendu dans son hôtel. Ce n'est que lorsque ses amis Français qui étaient en sa compagnie lors de leur séjour commun en Argentine lui ont téléphoné pour lui dire qu'ils avaient contracté le virus qu'il s'est, de lui-même, rendu à l'hôpital pour des soins. Dès qu'il s'est senti mieux, il a pu regagner son hôtel puis son pays. C'est dire que sur certains fronts, la bataille n'est pas gagnée d'avance.

La grippe A HINI est, dans certains pays, à son stade le plus bénin, mais c'est un virus qui peut être fatal à des sujets particulièrement sensibles et qui présentent des pathologies récurrentes comme l'asthme, les bronchites et des difficultés respiratoires. Il faut constamment informer la population et la sensibiliser et ne prendre aucun risque ou tergiverser comme cela a été le cas avec les écoles. Lorsqu'on a pas tous les outils en main, le mieux que l'on ait à faire, c'est de dire la vérité et ne pas tromper les Mauriciens, l'Organisation Mondiale de la Santé et le monde entier. Ce n'est pas acceptable que l'on cache les chiffres sous prétexte que cela peut créer une panique. Il vaut mieux savoir même si ça fait mal.

Déjà certains de nos voisins ont utilisé cette confusion sur les chiffres que l'on dit donner un jour et que l'on ne fournit plus le lendemain pour pointer du doigt Maurice et mettre en doute nos déclarations. Nos avons déjà une bataille à livrer pour empêcher que l'épidémie ne se propage, nul besoin d'aller déclarer, en plus, la guerre aux voisins alors que, pour vaincre la grippe A HINI il faut une collaboration de tous les états.




Humeur

Le cadeau d'anniversaire
Jean-Claude Antoine


Certains observateurs politiques pensaient que le MMM allait profiter de la célébration de ses 40 ans d'existence pour organiser un congrès anniversaire casse paké. Une célébration arrivant à temps pour faire oublier les erreurs et les défaites politiques accumulées depuis 2005 et permettre de puiser des erreurs du passé pour offrir l'image d'un parti uni et regardant l'avenir avec confiance. C'est un peu dans cette veine que les conférences du leader sur les grandes dates du passé mauve avaient été organisées. Encore que le PTr ait sauté sur l'occasion pour utiliser la même formule en la retournant contre le MMM avec une conférence sur l'affaire Sheik Hossen ! Il avait été annoncé que, comme aux temps où les mauves avaient le monopole des idées, le MMM allait présenter dans le cadre de cette célébration de grands papiers sur la ligne du parti sur des grands sujets de société. La liste des lecteurs de ces papiers avait même été rendue publique lors d'une conférence de presse. Une de ces conférences de presse du samedi qui permettent à la télévision de Dan Callikan de montrer le leader du MMM perdu dans ses notes et ses papiers, tandis que ceux qui l'entourent semblent somnoler. Une anti-opération de communication très bien exploitée par la MBC.

Et puis il y a eu la constitution de la liste des 60 candidats MMM pour les prochaines élections qui, selon le leader, sera une lutte à trois, aucune alliance n'étant possible. Pour le moment, en tout cas. Et d'un seul coup le MMM s'est retrouvé dans la situation de tous les partis mauriciens à la veille de la publication de la liste des candidats : une foire d'empoigne. Dans un premier temps, les pressentis et les "ayant mari envie" d'un ticket électoral se sont affrontés dans les instances et officines du parti. Puis, le débat est devenu public. Vilain aussi. Car profitant de cet exercice, toutes les frustrations et rancœurs longtemps contenues ont explosé. Les anciens qui ne veulent pas bouger se sont fait remettre en question par les nouveaux venus aux dents longues et l'apparente unité du parti a volé aux éclats. En commençant par rien de moins que le président du parti, Sam Lauthan, qui, insatisfait d'un de ses possibles colistiers, a refait le coup de la démission de toutes les instances pour les réintégrer quelques jours après. Il a été suivi par Abdoolah Hossen, membre du BP, ancien lord-maire et député qui, mécontent de ne pas avoir un ticket au No 19, a claqué, une fois encore, la porte du MMM. En faisant ce que font tous ceux qui quittent leurs partis : une série de déclarations de presse pour dénoncer leurs anciens partis et dirigeants et révéler les manœuvres politiques dont ils avaient été partie prenante et agissante. Dont ils n'auraient jamais rien dit s'ils avaient obtenu ce qu'ils revendiquaient. En l'occurrence, un "safe" ticket pour se faire élire sur un plateau pour M. Abdoolah Hossen aux côtés de ce leader qui l'aurait souvent humilié et manipulé de son propre aveu.

Avec la publication de cette liste de candidats, qui se fait par tous petits morceaux, la direction du MMM s'est offert un curieux cadeau d'anniversaire pour ses quarante ans. Un cadeau qui est en train de se transformer en une série de petites bombes politiques qui permettent aux déçus de s'en aller en claquant bruyamment la porte. A la direction, on a beau dire qu'il vaut mieux que les départs aient lieu aujourd'hui plutôt qu'à la veille du Nomination Day, n'empêche que tout cela fait désordre. Bazar même. Et surtout le jeu du pouvoir qui n'a qu'à se baisser pour ramasser des munitions. Après avoir laissé les militants en colère lancer les premières salves. Car tous les noms des candidats et toutes les permutations que la direction essaye d'imposer sont loin de faire l'unanimité chez les militants. Et il y a de quoi. Non seulement il y a des vieux de la vieille qui s'accrochent à leur tickets mais il y a des anciens qui ont trahi, dénoncé le parti, vécu avec l'ennemi et qui reviennent aujourd'hui comme des fils prodigues à qui on garde les meilleures places. En termes de circonscription et de hiérarchie dans le parti ! Il y a aussi ceux qui ont quitté leurs partis pour se joindre au MMM et à qui il faut bien faire de la place sur la liste. Sans compter les lobbies de tous ordres de ceux qui ne parviennent pas à obtenir un ticket. C'est en raison des réactions des bases face à certaines impositions de la direction que seulement des bouts de liste de candidats ont été rendus publics. Les autres le seront au fur et à mesure que la direction parviendra à imposer ses choix aux militants de certaines régionales récalcitrantes. Si elle n'y parvient pas, elle accueillera les dissensions/démissions/dénonciations en utilisant la formule désormais consacrée : "A blessing in disguise. "

Ceux qui attendaient un ressaisissement, un renouvellement du MMM retournant à ses sources pour ses 40 ans devront repasser. Avec sa liste de candidats et les "ingrédients" qui ont été utilisés pour la mettre au point, le MMM ressemble de plus en plus au PTr. Celui du début des années 80.




Pris sur le vif

Réveil
Jean-Claude Antoine


-C'est pas possible toi. Comme dirait Bye Anerood, du temps où il parlait encore : ça ne peut plus se continuer !

-Qu'est-ce qui ne peut plus se continuer ?

-Ces affaires de vols, de viols, d'agressions là, toi… Tous les jours il y a trois ou quatre affaires comme ça dans les journaux et à la radio… on ne peut plus continuer comme ça, toi.

-Ça tu as parfaitement raison. Le monde est devenu bien mauvais même. Avant, il n'y avait pas ces affaires là… Tu crois que c'est la pollution qui rend les gens comme ça ?

-Sûrement, toi. Avec toutes ces affaires, tous ces engrais que l'on met dans les légumes pour les faire pousser vite et les poudres qu'on met dans le manger soi disant pour cuire plus vite et donner plus bon goût…il y a trop de produits chimiques toi…ça même on a toutes sortes de qualités de maladies et de virus…

-… c'est vrai… ça n'arrête pas…comme tu finis avec un, un autre prend tout de suite…c'est un derrière l'autre maintenant…tu n'as même pas le temps de guérir d'un virus que tu as attrapé un autre…

-… Mais il n'y a pas que les virus qui attaquent le corps, toi…il y a aussi des virus qui attaquent le cerveau et font les gens faire comme s'ils avaient perdu leur tête. Tu as entendu cette histoire de la dame du nord la ?

-Quelle histoire? Celle de la dame qui était dans la cuisine en train de cuire tranquillement son manger alors que le voleur était en train de dévaliser son salon ?

-Non. C'est pas cette affaire là.

-Ah, bon... On m'a aussi parlé d'une autre dame qui a été dévalisée par une femme qui était venue lui demander un petit cash pour acheter un pain pour sa petite fille. La femme a tiré un couteau avec elle et l'a obligé à lui donner son sac à main.

-Tu vois : il ne faut jamais ouvrir sa porte à quelqu'un qu'on ne connaît pas. Mais c'est pas de cette affaire là que je te dis.

-C'est tout ce qu'on m'a raconté. Mais il est vrai qu'il y a tellement de faits divers de nos jours !!! Alors qu'est-ce qui est arrivée à cette dame du nord là ?

-Figure toi qu'elle était en train de bien dormir, de dormir du sommeil du juste comme disaient les grandes personnes d'autrefois…

-…ah, je sais ce qui s'est passé… son mari n'était pas là et elle avait oublié de fermer la fenêtre… Moi, je ferme toujours toutes les fenêtres et mêmes les impostes. Même quand il faut chaud je ferme partout. Il vaut mieux avoir un peu chaud que de se retrouver face à face avec un malfrat. Moi, si ça m'arrive un jour je suis sûre que je vais avoir une crise cardiaque… je ne pourrais pas supporter ça… ça même je ferme partout chez moi à double tour. Qu'est-ce qui est arrivée à cette dame du nord…

-… son mari était la même.

-Ah bon. Il était la même ? Sans doute en train de ronfler comme mon mari, je parie.Tous les hommes sont pareils, je te dis. Ils sont supposés nous protéger et comme ils posent la tête sur l'oreiller ils ronflent tout de suite et c'est aux femmes de se débrouiller. Et après on ose dire que c'est le sexe fort.

- Je ne sais pas si le monsieur ronflait, mais en tout cas il dormait à côté de sa dame.

-Alors c'est elle qui a vu le voleur.

-Non, elle ne l'a pas vu. Elle l'a senti.

-Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Qu'est-ce qu'elle a senti comme ça, toi ?

-Elle raconte qu'à un moment dans son sommeil elle a senti une main qui la caressait.

-Elle s'est surement dit que c'était son bonhomme qui voulait faire un p'tit gâté… avec ce froid la c'est normal, toi.

-Ben justement ce n'était pas normal du tout. Son mari n'est pas du genre à costé, costé au milieu de la nuit pour faire un gâté. C'est ça même qui a réveillé la dame et elle a ouvert les yeux…

-… aio, tu me fais avoir des frissons d'horreur toi… et qu'est-ce qu'elle a vu ?!

-Il y avait à côté d'elle dans son lit un homme qui avait juste son slip et qui était en train de la caresser, toi.

-Quelle horreur… moi j'aurais eu une crise cardiaque… qu'est que la dame a fait.

-Elle a hurlé au voleur, le bougre a bourré par la fenêtre et le mari de la dame s'est réveillé.

-Quelle horreur! Mais quelle horreur!! Comment peut-on faire des choses pareilles. Comment... Dis moi, tu connais un bon ouvrier, toi?

-Pourquoi ?

-Il faut que je fasse souder toutes les fenêtres de ma chambre. Je ne pourrais pas supporter de me réveiller à côté de mon mari qui ronfle d'un côté et d'un homme juste avec son slip de l'autre côté. Ça je ne pourrais pas!!!!





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 23 août 2009