- Le propriétaire du colis, une femme de 28 ans, habitant
Chebel, arrêtée et écrouée
- Cette saisie porte le total à Rs 30 m (1,8 kilos d'héroïne)
intercepté en un peu plus d'un mois
Une stupéfiante robe de mariée qui vaut une petite
fortune. C'est en ces termes que l'on pourrait résumer
la trouvaille d'une opération anti-drogue rondement menée
par une équipe de l'Anti-Drug and Supporting Unit (ADSU),
emmenée par le Detective Inspector Jagai. En effet,
la brigade anti-drogue a découvert 500 grammes d'héroïne,
d'une valeur marchande située aux alentours de Rs 8 millions,
dissimulée dans un colis en provenance de l'île de
la Réunion. Le colis qui a été intercepté
à l'aéroport sir Seewoosagur Ramgoolam, Plaisance,
contenait une robe de mariée, des cousins et de l'encens.
C'est à l'intérieur de la doublure de la robe et
des autres items se trouvant dans le colis que la drogue a été
retrouvée. Le récipiendaire du colis, une habitante
de Chebel, âgée de 28 ans, a été arrêté
vendredi et écroué.
Selon les recoupements effectués par Week-End dans
les milieux de l'ADSU, il ressort que, depuis un certain temps,
les agissements de l'habitante de Chebel étaient under
very close scrutiny, dans la mesure que son époux serait
une figure connue dans les milieux de la drogue. Ainsi, les enquêteurs
devaient obtenir un "tuyau" à l'effet
qu'un colis suspect au nom de celle-ci, était arrivé,
vendredi, à l'aéroport international de Plaisance.
Le colis avait été acheminé à Maurice
par le truchement d'une compagnie spécialisée dans
les livraisons rapides de colis. La décision d'intercepter
le colis à l'aéroport devait être rapidement
prise. Ainsi, l'équipe de l'inspecteur Jagai, assistée
des éléments de l'ADSU de Plaisance, devaient procéder
à une fouille minutieuse du colis en provenance de l'île
sur.
Le colis devait être ouvert en présence d'officiers
de la douane. Au premier abord, rien ne semblait anormal. Le colis
renfermait une robe de mariée, deux petits coussins (comme
ceux qu'on utilise normalement dans les mariages pour des bagues),
des sous-vêtements féminins ainsi que deux boîtes
renfermant des batons d'encens. Cependant, la robe, de même
que les autres items contenus dans le colis semblaient être
anormalement lourds. Une fouille minutieuse devait alors permettre
aux enquêteurs de lever le voile sur le mystère:
six sachets d'une poudre blanchâtre, totalisant environ
500 grammes à la pesée, devaient alors être
découverts. Ces sachets étaient bourrés à
l'héroïne, et avaient été, entre autres,
soigneusement dissimulés dans la robe de mariée,
les coussins et les tubes d'encens. La valeur marchande de la
drogue devait être chiffrée aux alentours de Rs 8
millions.
Des suites de cette découverte stupéfiante, pour
dire le moins, les enquêteurs devaient alors monter une
opération de Controlled Delivery dans le but d'appréhender
le récipiendaire de la drogue. En dépit du fait
que la compagnie qui était chargée de livrer le
colis le fait habituellement à domicile, rendez-vous devait
être donné au récipiendaire à Quatre-Bornes
vendredi après-midi. Ce récipiendaire, à
savoir l'habitante de Chebel âgée de 28 ans, devait
effectivement se pointer au rendez-vous qui lui avait été
fixé dans le but de récupérer son colis.
Elle devait être alors arrêtée, puis écrouée.
Epinglé
Aux Casernes centrales, de même qu'au quartier-général
de l'ADSU, l'on se félicitait hier du bon travail qui aura
permis de porter une nouvelle fois un rude coup au trafic de stupéfiants.
L'on note également au passage, que c'est la deuxième
fois en l'espace de moins d'un mois, qu'une importante quantité
d'héroïne est saisie en provenance d'îles de
l'Océan-Indien. La différence notable, cette fois,
est que la drogue est arrivée sur le territoire Mauricien
par la voie postale. Le 29 juillet dernier, l'ADSU avait épinglé
deux passeuses opérant sur l'axe Maurice-Madagascar, à
savoir Mme Rasoarinantoandro, 55 ans, et sa fille, Marie Christine
Razafindranaly Rakotoarisoa, 35 ans. Les deux femmes avaient caché
environ 800 grammes d'héroïne dans des préservatifs,
qu'elles avaient dissimulées dans leurs parties intimes.
Il est aussi à souligner que deux semaines avant l'arrestation
des Malgaches, c'était au tour d'un Sud-Africain, Léon
Labuschagne, 47 ans, d'être arrêté à
sa descente d'avion. Le 16 juillet dernier, l'homme, qui était
arrivé à Maurice en provenance d'Afrique du Sud,
dissimulait un demi kilo d'héroïne dans ses chaussures.
Ces trois opérations couronnées de succès
- incluant celle de vendredi - ont permis à l'ADSU de retirer
pratiquement deux kilos de drogue du marché mauricien.
La valeur marchande actuelle de cette drogue tourne autour de
Rs 30 millions.
Meurtre de Reaze Nabeebux
Un pharmacien jugé beaucoup trop entreprenant...
L'histoire du meurtre du pharmacien Reaze Nabeebux, 49 ans,
a fait couler beaucoup d'encre durant la semaine. Les enquêteurs
de la Major Crime Investigation Team (MCIT) tenaient le bon bout
dès lundi, après avoir procédé à
l'arrestation de Salim et de Jasbeer Banon Sufraz. Le couple,
qui savait tout du meurtre du pharmacien, auront beau tenté
de dérouter les limiers de la Major Crime Investigation
Team (MCIT), placés sous la supervision du surintendant
Devanand Reekoye et emmenés par les inspecteurs Ranjit
Jokhoo et Dieudonné Gérard. Mais les complices du
couple, à savoir Alibhai Doomun et Yasveer Abdoolah ont
été néanmoins arrêtés.
Pourquoi a-t-on voulu mettre fin à la vie d'un pharmacien
a priori sans histoires et qui, en apparence, ne ferait
pas de mal à une mouche? Cherchez la femme. Lorsque les
limiers de la MCIT se sont plongé dans les moindres recoins
de cette enquête criminelle, le principal élément
de réponse qui a fait surface est la vengeance. L'histoire
qui suit est digne d'un scénario de polar hollywoodien.
Un mauvais polar qui réunit sexe, mensonge et... photos
compromettantes. Salim Surfraz est associé en affaires
avec le pharmacien. Mais ce dernier ne sait pas que son associé
a derrière lui une sulfureuse réputation d'escroc.
Il s'en rendra vite compte. Après avoir lancé tous
deux une compagnie - Salim Sufraz en est également l'employé
- ce dernier doit rapidement d'importantes sommes d'argent au
pharmacien. Cette dette se situe entre Rs 100 000 et Rs 300 000.
Ne pouvant régler ses dettes, Salim Sufraz décide,
en quelque sorte, de jeter sa femme en pâture en demandant
à cette dernière de travailler pour le pharmacien.
Celle-ci accepte, et, peu de temps après, Jasbeer Banon
Sufraz en devient la maîtresse. Pourtant, les Sufraz ont
un enfant de quatre ans. Surpris par la tournure des événements,
Salim Sufraz quitte momentanément son épouse. Pendant
ce temps, Jasbeer Banon elle, devient le centre des attentions
de Reaze Nabeebux. A un moment donné de cette relation
des plus compliquées, Salim et son épouse s'en iront
même vivre sous le toit du pharmacien, dans sa maison de
Plaine-Verte. Le pharmacien, éperdument amoureux, veut
Jasbeer Banon uniquement pour lui. Il se met alors à humilier
Salim Sufraz. Et ira même jusqu'à lui demander de
prendre des photos de ses ébats avec Jasbeer Banon.
Creuser davantage
Cette situation devient intenable pour Salim, mais aussi pour
Jasbeer, qui aurait fait comprendre à son époux
que cette situation ne peut plus durer. Le pharmacien est retrouvé
mort dans sa voiture dimanche dernier à Notre Dame, près
de Montagne-Longue. L'autopsie effectuée par le Principal
Police Medical Officer (PPMO), Maxwell Monvoisin, attribue
le décès à une Asphyxia following neck
compression. Le couple est subséquemment arrêté.
Mais leurs versions des faits respectives aux enquêteurs
sont loin d'être concordantes. Le surintendant Devanand
Reekoye, qui dirige la MCIT en l'absence du surintendant Yousouf
Soopun, actuellement en congé, demande alors aux enquêteurs
de creuser davantage, afin de tirer toute cette scabreuse histoire
au clair.
Durant leur enquête, les limiers finissent par découvrir
le pot-aux-roses. Le couple avait tenté, en vain, de cacher
deux autres suspects, à savoir Alibhai Doomun et Yasveer
Abdoolah, 28 ans et 21 ans respectivement, deux habitants de Vallée-des-Prêtres.
A l'issue d'un interrogatoire serré, ils ont avoué
avoir tué le pharmacien dans une maison à Plaine-Verte,
après l'avoir passé à tabac. Le pharmacien
a été étranglé avec un drap. Loin
d'être ce que Salim Sufraz leur avait déclaré,
à l'effet qu'il était celui qui avait étranglé
le pharmacien dans sa voiture à Notre-Dame, après
lui avoir donné rendez-vous au Champ de Mars. Des suites
de leurs arrestations respectives, les deux habitants de Vallée-Pitot
devaient faire ressortir qu'ils ont agi par amitié pour
Salim Sufraz, qui leur avait raconté que le pharmacien
le harcelait et l'humiliait, à travers une relation extra-conjugale
avec son épouse. Selon leur version des faits, la victime
aurait également fait chanter le couple à plusieurs
reprises.
Appat
Un plan machiavélique avait être ourdi afin d'attirer
le pharmacien dans une maison à Plaine-Verte. Jasbeer Banon
Sufraz était l'appat. Lorsque le pharmacien devait arriver
à la maison en question, au lieu d'y trouver Jasbeer Banon,
ce sont les deux habitants de Vallée-des-Prêtres
qu'il y trouve. Leur intention: donner "enn koreksyon"
au pharmacien. Ils devaient le passer à tabac et le rouer
de coups. Mais ce dernier leur aurait alors dit: "Zot
konn moi. Si mo sorte ladan, zot pa pu sapper". C'est
alors que les deux hommes auraient pris la décision de
l'étrangler au moyen d'un drap. Ils l'ont ensuite placé
dans une fourgonnette frigorifiée, utilisée habituellement
par Salim Sufraz pour la livraison d'articles surgelés,
et l'ont ensuite conduit à Notre Dame, Montagne Longue.
Là, ils devaient placer le pharmacien dans sa voiture et
l'abandonner sur place.
Des suites de ces révélations, le quatuor de suspects
a été traduit en cour, sous des accusations provisoires
de "Murder". Du côté de la famille
Nabeebux, l'on pleure ce frère, qui aura commis, pour seul
erreur, d'avoir été trop éperdument amoureux...
"Enquête" de l'ICAC
Arrestation du HR Manager d'Air Mauritius: la famille Sadien
demande que justice soit faite
Bernard Sadien, 38 ans, Human Resource Manager à
Air Mauritius, a été arrêté jeudi par
les limiers de l'Independent Commission Against Corruption
(ICAC). Il est accusé d'avoir favorisé deux
candidats, Yashwant Ravi Rogbeer et Gilles Appolon pour que ces
derniers obtiennent leur permis de pilote. Tout en disant "croire
dans la justice" du pays, Serge Sadien, père du
suspect, ancien maire et ancien syndicaliste, n'a pu cacher sa
douleur, ainsi que celle de sa famille devant la tournure des
événements. "Mon fils est un professionnel
qu'on a traité comme un vulgaire malfaiteur",
a-t-il déclaré à Week-End, les larmes
aux yeux, vendredi.
Jean Bernard Sadien a comparu en cour de District de Port-Louis
jeudi, sous une accusation provisoire de "public official
using his position for gratification". Il a été
remis en liberté contre une caution de Rs 25 000. Selon
l'ICAC, le délit remonterait entre février et mars
2006 au quartier général d'Air Mauritius à
Port-Louis. Le HR Manager aurait, selon l'ICAC, revu à
la hausse les points de deux candidats afin d'atteindre ceux requis
pour l'obtention d'un permis de pilote d'avion. Pour Serge Sadien,
qui n'est plus à présenter dans le domaine des relations
publiques, et qui a été ancien maire de Curepipe,
ce qui est arrivé à son fils est "une épreuve
terrible" pour sa famille.
"Mon fils a été arrêté sur
des présomptions. En tant que père de famille, je
peux vous dire que ma famille et moi sommes très bouleversés
par l'action de l'ICAC, d'autant plus que les dénonciations
dont mon fils a fait l'objet sont de nature anonymes",
dit-il. Son fils, a-t-il souligné, est un "professionnel
dans son domaine, qui est la psychologie, et qui a été
recruté il y a six ans par des head hunters européens.
Ce n'est pas un nominé politique, ni n'est-il à
la botte de personne".
Serge Sadien affirme que son fils allait être arrêté
comme "un voyou". "On l'a appelé
mercredi et on lui a dit qu'on venait l'arrêter chez lui.
Nu pu vinn aret ou kot ou la! Il a fallu l'intervention
de Me Guy Ollivry pour que les choses se passent autrement. Il
s'est rendu à l'ICAC jeudi, y a été interrogé
et a ensuite été arrêté. Il a pourtant
collaboré avec les enquêteurs et n'a rien à
cacher", ajoute le père éploré.
Le comble, pour la famille, aura été de regarder
le journal télévisé de la MBC du soir, à
19h30. "On a interrompu une fonction du Premier ministre
pour diffuser un communiqué de l'ICAC, à l'effet
que mon fils a été arrêté. Comme s'il
était un vulgaire malfrat. Ca a été vraiment
dur et nous a fait beaucoup de peine", a ajouté
Serge Sadien. Ce dernier dit toutefois avoir "pleinement
confiance en la justice et au directeur de l'ICAC. La justice
primera dans cet état de droit qu'est Maurice". Serge
Sadien a aussi lancé un appel à la direction d'Air
Mauritius afin qu'une "solution humaine" soit
trouvée. Il remercie également tous ceux "de
quels bords qu"ils soient, qu'ils soient collègues,
proches et amis" qui soutiennent sa famille dans ces
moments difficiles.
La prochaine comparution en cour de Jean Bernard Sadien est prévue
pour février 2010. "Cette attente sera longue",
soupire Serge Sadien.
Force policière
Le DASP Caussy, un des trois pilotes d'hélico, terrassé
par une crise cardiaque
La force policière a été subitement endeuillée
durant le courant de cette semaine. Le Deputy Assistant Superindant
of Police (DASP) Subodh Caussy, 39 ans, un des trois pilotes
d'hélicoptère que compte la police, a été
terrassé par une foudroyante crise cardiaque. Pilote hors
pair, il avait été, du reste, pressenti pour piloter
le DHRUV, nouvel hélicoptère qui assurera une meilleure
couverture de notre zone économique exclusive (ZEE).
Le DASP Caussy était particulièrement connu et apprécié
pour sa déxtérité en tant que pilote, ainsi
que sa modestie. Durant sa carrière de policier, il aura
été affecté à différentes unités
de la police, avant de tenter sa chance comme apprenti pilote
d'hélicoptère. Après avoir réussi
à ses examens, il devait être élevé
au rang de Cadet Inspector, puis à celui de DASP
en octobre 2001.
Le DASP Caussy a participé à maintes opérations
de sauvetage en tant que membre de l'Helicopter Squadron et
à plusieures opérations de recherche. Il y a deux
mois à peine, c'est lui qui pilotait l'hélicoptère
de la police, alors que la police recherchait un couple français
égaré aux Sept Cascades. Le couple avait été
secouru après avoir passé une nuit sur place.
Le DASP Caussy, de même que les DASP Danesh Jawaheer et
Sachin Santuck avaient été pressentis afin de piloter
le nouveau fleuron de la police, l'hélicoptère DHRUV.
Le gouvernement mauricien en a fait l'acquisition auprès
de la Hindustan Aeronautics Limited de l'Inde. Dans cette
optique, au début de cette année, le DASP Caussy
s'était rendu en Inde, pour une formation. Alors que l'arrivée
du DHRUV est attendu la semaine prochaine à Maurice, le
DASP Caussy est parti subitement, foudroyé par une crise
cardiaque, avant d'avoir pu étrenner le nouvel appareil.
Le DHRUV a pour particularités une rayon d'autonomie de
660 kilomètres, ce qui permettra la couverture des îles,
telles Agaléga et St-Brandon, entre autres. Sa vitesse
de croisière est de 250 km/h avec une maximale de 270 km/h.
Il est équipé de deux moteurs, est long de 15,87
m et dispose d'un rotor d'un diamètre de 1,20 m et d'un
habitacle de 7,33 m3, capable d'accueillir au moins quatorze passagers.
Les collègues et amis policiers du DASP Caussy ne lui connaissaient
aucun problème cardiaque. C'est avec choc et stupéfaction
qu'ils ont appris la triste nouvelle, et se sont rendus auprès
de sa famille afin de leur présenter leur sympathie. Le
DASP Caussy laisse derrière lui une épouse et deux
filles.
Policiers à l'honneur - Shirley Booluck ou ces femmes
dévouées de l'ombre