é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 23 août 2009

LA GÉNÉROSITÉ MOZAMBICAINE !
Gérard Cateaux


La main tendue par les autorités mozambicaines afin que la République de Maurice puisse dispenser de plusieurs hectares de terres, aux fins d'exploitations agricoles, constitue une aubaine pour notre île confinée dans les limites de son insularité.

Le groupe sud-coréen, Daewoo, avait recherché à racheter des milliers d'hectares à Madagascar afin d'y exploiter de la culture transgénique, du maïs en particulier, sous une forme nouvelle de 'colonisation', mais quand on sait l'attachement des Malgaches à la terre de ses ancêtres, nous pouvons comprendre que le projet sud-coréen - qui avait obtenu l'aval du président déchu, Marc Ravalomanana - ait foiré. Nous aurions pu faire la même chose, à Madagascar, comme les agriculteurs Réunionnais, qui, dans les années cinquante-soixante, exploitaient une région agricole connue comme la 'sakay', mot qui, en malgache voulait dire 'piment'. Est-ce que les Réunionnais n'y cultivaient que du piment ? C'est peu crédible ! Disons qu'ils cultivaient, entre autres légumes, du piment, pendant que les Mauriciens cultivaient la canne à sucre dans la région de Brickaville, qui était à mi-distance entre Tananarive et Tamatave.

Toute ces activités se situaient, à l'époque, dans une perspective de coopération inter-îles bien avant même que soient sur les fonts baptismaux la Coopération Régionale, instrument politique qui régit le bras armé de la coopération institutionnelle.

Mais, avec le Mozambique, en ce qui nous concerne, la coopération est d'ordre à la fois historique, culturelle, voire affective. On ne voit pas un pays disposer de ses terres si ces trois éléments réunis ne disposent pas d'une forte dose d'inter-dépendance. Et, c'est à ce titre que le ministre Arvin Boolell, homme de terroir, donc quelqu'un qui sait évaluer le potentiel agricole, pour avoir été le ministre de l'Agriculture de Navin Ramgoolam, avant d'être son ministre des Affaires étrangères, a su négocier avec le gouvernement mozambicain, le 13 août dernier, qu'en sus des 5000 hectares déjà octroyées à la République de Maurice, s'ajouteraient 10 000 autres dans le district de Marracuene, plus 5000 hectares à être négociées pour un surplus de 5000 hectares non loin de Maputo.

Ces négociations se situent dans la perspective de la politique devant mener à la 'Food Security and cross-border agricultural investments' au Mozambique, sous l'oeil bienveillant de notre ambassadeur à Maputo, SE Alain Laridon. Qui, il faille le souligner, en passant, a joué un rôle prépondérant lors des négociations impliquant les différentes factions malgaches, en conflit, qui ont conduit à l'accord de Maputo.

Toujours, dans le cadre de la coopération régionale, il est important de signaler le rôle que joue l'autre Mauricien, banquier-ès-Afrique, Azad Dhomun, qui supervise les investissements du prince saoudien Al Walleed à Madagascar. L'Arabie et Madagascar ont eu une longue histoire commune et ce n'est pas par hasard que les noms de semaine à Madagascar sont arabes... Nous y reviendrons !



é d i t o r i a l WEEK-END --- dimanche 23 août 2009