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Assemblée nationale, mardi dernier
Match
amical Paul Bérenger/Rama Sithanen
La coïncidence de l'ordre du jour a voulu que s'affrontent,
en deux occasions, durant la même séance, le leader
de l'opposition et le ministre des Finances. Mais loin de se transformer
en belle empoignade, c'est à un match amical auquel on
a eu droit tant sur la Banque de Maurice que sur la motion visant
à annuler la dernière augmentation des prix des
produits pétroliers. Lorsque Paul Bérenger réclame
le départ de Manou Bheenick, Rama Sithanen ne répond
pas et, pour cause, ce n'est pas lui qui l'a nommé et lorsque
le premier fait le procès de la gestion de la STC, le second
botte en touche et ne s'attache qu'à expliquer le mécanisme
de la fixation des prix du carburant. Quoi qu'il en soit, cela
n'a rien diminué à la qualité des échanges.
Sur la saga du rapport dont il a été finalement
établi que c'est la faute à la banque centrale s'il
n'a pas, jusqu'ici, été envoyé au ministre
des Finances et qu'il n'a pas été déposé
dans les délais, Rama Sithanen a bien essayé de
citer des précédents a finalement dû reconnaître
que la loi n'a pas été respectée. Ce rapport,
a assuré le ministre, sera définitivement reçu
durant la troisième semaine de juillet.
Paul Bérenger est revenu sur le communiqué-fleuve
de la banque centrale et sur les imprimeurs qui auraient changé
à l'issue de pas moins de trois appels d'offres et qui,
soutient-il ne peuvent être attribuables qu'à "l'incompétence
et à la corruption". Rama Sithanen a dû admettre
qu'il n'est pas "happy about that" mais qu'il ne pensait
pas qu'il y ait ce que le leader de l'opposition suggère.
Paul Bérenger s'étonne que le ministre n'ait pas
recherché des renseignements plus précis auprès
de la banque centrale alors qu'il l'a appelé juste après
son retour, une déclaration qui a jeté comme un
petit embarras dans les rangs de la majorité. Rama Sithanen
dit avoir parlé tant avec lui qu'avec son collègue
Jayen Cuttaree parce qu'il avait, en son absence, été
"injustement attaqué" sur la non-soumission du
rapport alors qu'il n'en était pas responsable.
Sur les placements des réserves qui seraient bien moins
rémunérées comparés aux intérêts
qui frappent nos emprunts à l'étranger, si le ministre
ne veut pas y trouver une correlation directe, il n'en soutient
pas moins que les taux sont avantageux, 5,39 et 4,35% pour les
investissements à l'étranger contre un taux d'intérêt
moyen sur les emprunts de 2,97%. Quant à la découverte
du Gouverneur qu'il faut des placements plus rémunérateurs
et plus risqués, le leader de l'opposition a observé
qu'il est lui-même "un risque pour la banque".
Une déclaration qui a suscité des rires même
sur les bancs du gouvernement.
"He has to improve his bedside manners
"
S'agissant de l'excédent de profits que la banque de Maurice
aurait versé au gouvernement et qui dépasserait
la limite fixée par le Bank of Mauritius Act de
2004, le ministre des Finances a expliqué que le surplus
vient du fait que les profits dus de l'année précédente
n'avaient pas été initialement remis à la
trésorerie de l'état.
Là aussi, Rama Sithanen a tenté de dresser un parallèle
avec le passé mais l'opposition a vite fait de lui rappeler,
qu'avant 2004, il n'y avait de provision légale fixant
le maximum de profits à être remis au gouvernement
à 85% de la somme totale réalisée dans une
année.
S'agissant des abus dont Manou Bheenick est accusé et du
non-respect des décisions du conseil d'administration et
de l'épisode de la "boutique du coin ", le ministre
a dit que la loi prévoit qu'il y ait une marge de manuvre
décisionnelle à ces deux niveaux mais il a concédé
que "there is room for improvement".
Plus tard, il ajoutera, comme l'avait fait Navin Ramgoolam pour
commenter les méthodes de son ministre des Finances Manou
Bheenick en 1996 que "he has to improve his bedside manners".
Paul Bérenger a, tour à tour, évoqué
les Rs 25 millions dépensées pour les 40 ans de
la banque, des fleurs qui coûtent chères, des parties
de "wine and dine" et les 30 nouveaux permis de "money
changer" délivrés.
Dans sa réponse qui va soulever un tollé dans les
rangs de l'opposition MMM, le ministre va révéler
que, si lui ne partage pas de repas avec Manou Bheenick, tel n'est
pas le cas pour le MMM. Vives réactions du leader de l'opposition
qui a mis Rama Sithanen au défi de donner le moindre nom.
Après s'être excusé pour son innuendo, le
ministre a dit qu'il ne s'agissait pas d'un élu du MMM
mais d'un membre de son bureau politique.
Deux questions de Pravind Jugnauth sur la situation malsaine qui
existerait entre le Gouverneur et le ministre des Finances et
de Joe Lesjongard qui a soutenu qu'avec un budget de Rs 2,5 millions
pour le "wine and dine", cela veut dire que la banque
dépense Rs 10 000 par jour pour les 250 jours de travail
dans l'année pendant que des pauvres tentent de survivre
sur le dépotoir de Roche Bois avant que le leader de l'opposition
ne conclue en réclamant du ministre qu'il demande au Premier
ministre de renvoyer Manou Bheenick. "He knows what I
think and he is trying to embarrass me", répondra
Rama Sithanen avec un petit sourire.
L'autre gros morceau de la séance de mardi dernier a été
la motion d'annulation de Paul Bérenger réclamant
l'annulation de la dernière augmentation des prix du carburant.
Pour l'auteur, l'opposition ne pourra accepter de telles majorations
tant qu'il n'y aura pas une enquête complète sur
la STC et tant qu'il n'y aura pas un nettoyage à la tête
de cette corporation. C'est à un véritable "hold-up"
des consommateurs que se livre la State Trading Corporation. Ces
derniers ont été "détroussés"
au fil des années, a-t-il martelé.
Et il revient sur l'évolution des prix sur le marché
mondial, la baisse du fret et la non-répercussion de ces
facteurs sur le marché local ainsi que les items qui entrent
dans la structure des prix de même que l'absence de crédibilité
de l'Automatic Pricing Mechanism pour étayer ses arguments.
La STC est devenue un "monstre"
Fortement soulignée aussi, l'absence de transparence et
l'accumulation de fautes de la part de la STC qui, dit-il, est
devenue un monstre dont ce sont les consommateurs qui font les
frais comme les Rs 4 milliards perdues dans le "hedging".
Il n'a pas manqué de revenir sur une information révélée
plus tôt suite à une question de son collègue
Ajay Gunness à l'effet que la STC aurait payé les
frais de déplacement privé de deux étrangers
aux Seychelles comme si la "STC avait aussi été
transformée en agence de voyage".
Ça ne peut pas continuer ainsi, après le carburant,
le gros pois, dénonce Paul Bérenger qui conclut
en insistant qu'il est "très tard mais pas trop tard"
et qu'il est temps de mener une enquête ou, à défaut,
d'instituer un Select Committee pour se pencher sur cet organisme.
Rama Sithanen, qui lui donne la réplique, précise
qu'il ne "défendra ps l'indéfendable",
comme suggéré par le leader de l'opposition et il
s'embarque ensuite dans un exercice d'explication des item qui
composent la structure des prix du carburant. Le produit lui-même
ne compte que pour 38,8% du prix à la pompe, précise-t-il.
Il affirme aussi que l'on ne peut pas répercuter la baisse
de manière automatique, d'autre facteurs entrant dans le
calcul du prix final et que, comme d'autres compagnies, dans l'aérien,
Air Mauritius et la STC ont réalisé des opérations
de "hedging" coûteuses avant de conclure que les
prix pratiqués ici se comparent plutôt favorablement
avec ceux de nos voisins.
Pravind Jugnauth, qui a soutenu la motion Bérenger, s'est
lui aussi fait l'écho de "l'amertume des consommateurs",
a dénoncé l'absence de transparence de la STC avant
de préconiser un Independent Price Reguator en remplacement
de l'APM. Shakeel Mohamed, qui a longuement consulté les
ministres Gowressoo et Jeetah avant son intervention, a surtout
critiqué l'auteur de la motion tant et si bien qu'il sera
rappelé à l'ordre par le Speaker.
Les autres orareurs étaient Madan Dulloo, Rajesh Jeetah,
également souvent recadré lui aussi par la présidence,
Ajay Gunness qui a déposé des documents, chiffres
à l'appui, pour démontrer que ce sont les consommateurs
qui, à coup de milliards, financent la STC, Mahen Gowressoo,
toujours aussi inintelligible avant que le leader de l'opposition
ne résume les débats et ne s'attache qu'à
répondre au seul Rama Sithanen, le seul qui mérite
attention, dit-il. Il dira refuser de jouer au "bye looké"
pour aller consulter le contrat passé avec Mangalore dans
le bureau du ministre et insistera pour que le document soit déposé
au Parlement. Mis au vote, la motion a été rejetée.
Avant l'ajournement des travaux, le Premier ministre, a, dans
une démarche tout à fait louable, indiqué
qu'à la demande de l'opposition, il ne présentait
pas le DNA Bill.
Mardi prochain: La MBC ciblée une nouvelle fois
Même si elle a fini par avoir la peau de son directeur général,
Bijaye Madhoo, l'opposition ne lâche pas prise et maintient
la pression sur les dérives de la MBC financée par
la redevance obligatoire des abonnés. C'est ainsi que le
Premier ministre aura à répondre à cinq questions
relatives à la gestion de la station de la Rue Pasteur.
Mahen Jhugroo ouvre le bal avec une question sur le paiement d'heures
supplémentaires de plus Rs 50,000 de juillet 2008 à
avril 2009. Il est immédiatement suivi de Rajesh Bhagwan
qui a deux questions à la suite sur le rapport du Management
Audit Bureau sur le programme Pepsi Hungama et sur les recettes
publicitaires engrangées par la MBC depuis 2005. Pour clore
la série sur la corporation, une question de Ajay Gunness
sur le rapport du MAB qui fait état d'emplois surnuméraires
à la corporation.
Les autres questions pour le Premier ministre portent sur le "law
and order" en général, les décès
en détention policière et dans les prisons et la
réouverture de l'enquête sur le décès
de Kaya, la consommation d'alcool, le trafic humain et l'interdiction
de la publicité sur les jeux (gambling).
Les sujets d'intérêt que l'on relève dans
la tranche des questions pour les autres ministres concernant
les terres de l'état, les structures religieuses qui y
ont été érigées, l'endettement national,
les IRS, l'état des trottoirs, la privatisation du centre
d'examen des véhicules, la violence domestique, le collège
Basdeo Bissondoyal, l'affaire du navire à double coque,
le duty-free qui n'existe qu'à sens unique de Rodrigues
à Maurice, le Copyright Act, les fraudes à
la CWA, la situation financière d'Air Mauritius et le récent
incendie qui ravagé le magasin Manjoo de Rose Hill.
Des débats intéressants sont prévus sur le
DNA Bill, texte qui implique combat contre la criminalité
et respect des libertés individuelles. En deuxième
lecture, il y a aura aussi le Notaries (Amendment) Bill
et la Mauritius Land Transport Authority Bill et, en première
lecture seulement, The Additional Remuneration Bill.
Ca va se savoir !
Un groupe mauricien s'intéresse à la privatisation
de cinq sucreries au Kenya
Un important groupe sucrier mauricien est en compétition
avec des investisseurs du Brésil et de la Turquie pour
la privatisation de cinq sucreries au Kenya. C'est ce qu'annonce
le ministre de l'Agriculture kenyan, qui confirme que les cotations
soumises seront ouvertes mardi prochain.
Cette démarche de privatisation sucrière vise à
réduire l'inefficience de cette industrie et à améliorer
la compétitivité régionale. Ainsi, Nairobi
s'attend à voir une réduction de 30% des coûts
de production de la tonne de sucre, qui s'élève
à 570 dollars américains, contre une fourchette
de US$ 240 à 290 pour le sucre du Soudan ou encore celui
de l'Égypte.
Le groupe mauricien attend avec impatience l'ouverture des offres
de mardi afin de déterminer dans quelle mesure elle pourra
envisager une nouvelle aventure dans le secteur sucre en Afrique.
Le processus de privatisation est étalé sur 16 mois.
Thon : deux obstacles sur la voie d'un accord avec l'UE
Deux obstacles majeurs ont surgi lors des négociations
entre Port-Louis et Bruxelles pour le renouvellement d'un accord
de pêche, qui est parvenu à terme en décembre
2007. Jusqu'ici, les échanges avec l'Union européenne
(UE) n'ont pas permis d'aplanir les difficultés même
si le gouvernement maintient que les voies de communication demeurent
ouvertes.
Dans le cadre du renouvellement de l'accord de pêche, Bruxelles
a imposé à Port-Louis un plan d'action pour lutter
contre l'"Illegal, Unregulated and Unreported"
(IUU) Fishing, nécessitant des investissements de Rs 41
millions Néanmoins, la compensation prévue sous
l'accord de pêche envisagé était de Rs 20
millions. Le gouvernement devait faire part de ses objections
formelles à ce sujet.
L'autre point de litige concerne le tonnage de référence
à être mentionné dans l'accord de pêche.
Sous le précédent accord, le tonnage de référence
était de 6 000 tonnes de thon pêchées dans
les eaux mauriciennes. Dans l'accord en négociation, les
Européens ont ramené cette référence
à 3 000 tonnes. Maurice a contesté cette proposition.
Affaire à suivre...
Voyages: les privilégiés de la Culture décriés
en silence!
La politique de "serre ceinture" en situation de crise
économique ne s'appliquerait pas à tous dans la
fonction publique. Si les déplacements à l'étranger
ont été réduits et que des officiers et autres
hauts fonctionnaires ont dû mettre un trait sur des missions,
en revanche certains n'auraient aucun souci à se faire.
En tout cas, c'est ce qu'ont constaté des fonctionnaires
du ministère de la Culture. Ces derniers, depuis quelques
temps, observent sans pouvoir dénoncer des attributions,
qu'ils jugent injustifiées, de mission à des collègues.
A l'instar du récent départ d'une délégation
menée par un officier en Inde dans le cadre d'un échange
entre artistes des deux pays. Ils ne comprennent pas non plus,
disent-ils, "comment ce sont les mêmes artistes
qui sont choisis pour représenter Maurice à
l'étranger?" D'autres interrogations ont été
soulevées lorsque la délégation qui défendra
les couleurs culturelles de Maurice au Liban pour les Jeux de
la Francophonie, a été arrêtée. Elle
aura, dit-on, à sa tête un officier qui aurait supplanté
sa collègue, laquelle chargée des échanges
pour la francophonie et aurait passé de longs mois a ficeler
le dossier en question! Au grand désarroi de plus d'un
fonctionnaire de la Culture, les critères de sélection
à différents niveaux ne seraient pas transparents
au ministère
Le ministre Satish Faugoo visite le chantier de la raffinerie
de FRL
La raffinerie de FUEL Rafinery Ltd (FRL) sera prête à
la fin du mois. Le ministre de l'Agro-industrie, M. Satish Faugoo
a visité le chantier, mercredi dernier. Le projet lui a
été présenté par M. Jean-Luc Harel,
Manager de FRL et Estate Manager de FUEL. M. Jean-Noël Humbert,
CEO du Syndicat des Sucres a, lui, rappelé au ministre
la stratégie commerciale de Maurice pour le sucre raffiné
et du partenariat entre le Syndicat du Sucre et le groupe européen,
Sudzucker.
A l'issue de la visite, M. Faugoo s'est dit "impressionné"
par cette installation industrielle. Il devait rappeler à
la presse que le projet de FRL se situe dans le contexte de la
réforme et participe à la création des "clusters"
canniers. Il dit constater que FRL est dans les temps.
Exempté de procès, mais toujours arrogant !
Un justiciable, exempté de procès dans un very
high profile case récent qui avait suscité beaucoup
d'interrogations de par sa conclusion qui a fait beaucoup parler
de lui ces derniers temps dans un quartier huppé des basses
Plaines Wilhems.
L' homme en question, un ancien haut-cadre, avait effectivement
échappé à la justice en raison de son état
de santé jugé tellement déplorable. Mais,
non seulement, tout en étant censé incapable de
se déplacer sans être assisté, il s'était
permis de prendre immédiatement l'avion pour aller se promener
dans un petit coin de France pendant que d'autres de ses co-accusés
se débattaient en cour de justice pour s'en sortir, il
se trouve qu'il fait toujours régner sa loi dans un syndic
.
Ce justiciable, finalement très chanceux, affirment certains,
est peut-être un homme encore physiquement diminué
(il marche très lentement), mais ceux qui ont à
subir ses foudres sont d'avis qu'il est loin d'avoir perdu toutes
ses facultés mentales et intellectuelles, et surtout pas
de son arrogance coutumier. Dans ce registre, un contractuel
du groupe d'appartements en a fait les frais et s'est vu remercier
de ses services pour une faute qui ne semblait pas justifier une
telle sanction.
Il semblerait que l'homme présiderait lui-même le
comité syndical qui se réunit le premier lundi et
le 3ème mercredi de chaque mois. Mais depuis qu'il a eu
vent que ses agissements post-procès sont connus du public,
il a commencé à se faire petit. Mais, d'aucuns pensent
que si les autorités compétentes souhaitaient vraiment
lui faire rendre compte de ses actes antérieurs allégués,
les procès- verbaux du syndic devraient établir
au moins une criante vérité ; celle que l'homme
qui était malade à un moment donné du procès
ne l'est plus, alors là pas du tout au jour d'aujourd'hui.
Ces procès verbaux en constitueraient la preuve éclatante.
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