p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 28 juin 2009



  Le leader de l'opposition sur les derniers développements à la MBC - "Enfin, Bijaye Madhoo fine allé!"
  Grogne post-budgétaire - Rodrigues sollicite une rencontre avec le PM
  Assemblée nationale, mardi dernier - Match… amical Paul Bérenger/Rama Sithanen
  Ca va se savoir !


Grogne post-budgétaire

Rodrigues sollicite une rencontre avec le PM

Les principaux animateurs des Forces vives de Rodrigues, militant en vue d'une meilleure considération de Maurice à l'égard de la population de l'île aussi bien que de la suppression de la "Fuel Tax" dans une tentative visant à relancer l'industrie touristique, multiplient les contacts au niveau politique. La dernière initiative concerne une demande de rencontre avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la semaine du 4 juillet prochain. D'autre part, il n'est pas à écarter que l'option pour faire adopter une résolution à l'Assemblée régionale de Rodrigues au sujet de la "Fuel Tax" soit abandonnée faute de consensus entre les deux principales forces politiques.

"Nous avons prévu de faire le déplacement à Maurice au cours de la semaine du 4 juillet pour des consultations ; nous allons solliciter une rencontre avec le Premier ministre en vue d'aborder nos appréhensions quant au traitement que Maurice accorde à Rodrigues ", a déclaré à Week-End Maxi André, un des animateurs des Forces vives de l'île.

Les démarches relatives à la motion à être présentée à l'Assemblée régionale de Rodrigues n'auraient pas donné les résultats escomptés. C'est le sentiment qui se dégage dans les milieux des Forces vives après un premier round de contacts avec les dirigeants politiques de l'île. "Nous ne voulons pas que la motion pour l'enlèvement de la Fuel Tax vienne exacerber la division politique à Rodrigues. Nous avions envisagé cette initiative dans un élan de consensus", a-t-il fait ressortir.

Au cours de la semaine écoulée, les dirigeants des Forces vives ont eu des rencontres avec le chef-commissaire, Johnson Roussety, et avec le "Minority Leader", Serge Clair. "Les échanges avec les politiques ont été positifs. Le Minority Leader n'a pas refusé de soutenir la motion à l'Assemblée régionale. Mais il nous a également fait part de son intention de faire le déplacement à Maurice pour des discussions avec les autorités. Il s'est déclaré également intéressé à confirmer si une demande pour la suppression de la Fuel Tax avait déjà été présentée au gouvernement ou encore la réaction de ce dernier", a-t-il poursuivi.

Le porte-parole des Forces vives de Rodrigues a soutenu qu'aucune décision n'a encore été prise quant à la forme de la prochaine manifestation pour "faire entendre la voix de Rodrigues". "Nous voulons éviter tout risque de dérapage. Nous voulons faire prévaloir nos demandes de manière civilisée et pacifique", a-t-il conclu.


Le leader de l'opposition sur les derniers développements à la MBC

"Enfin, Bijaye Madhoo fine allé!"

"Enfin, Bijaye Madhoo fine allé! Ti enn la honte nationale!". C'est le commentaire fait par le leader de l'opposition, hier, en réaction à la démission la veille du directeur général de la MBC. Ceci dit, il a aussi observé que son remplacement par Dan Callikan, qui avait déjà occupé les mêmes fonctions dans le passé est "une occasion ratée" de mettre à la place du président et du directeur général de la MBC des professionnels indépendants, ce qui, dit-il, aurait permis à Maurice de faire un pas de plus dans la consolidation de la démocratie.

C'est en compagnie des deux nouveaux adhérents au MMM, Joe Lesjongard et Sekar Naidu que Paul Bérenger a tenu son point de presse hier. L'occasion pour le leader du MMM de dire qu'il a été "agréablement surpris" par le mood dans lequel les militants ont accueilli les nouveaux arrivants. "C'est un signe de bonne santé extraordinaire du MMM" a-t-il constaté.

Et de renchérir que depuis le 1er mai, "il y a une accélération du retour des militants qui avaient pris leurs distances du MMM et de l'arrivée de beaucoup de nouveaux et surtout de jeunes". Il dit aussi que la préparation de la liste de candidats progresse et que son parti sera fin prêt pour les élections générales si elles viennent en décembre comme le veulent la rumeur et certaines informations.

Invité à élaborer sur cet aspect, Paul Bérenger a évoqué certains signes qui tendraient à indiquer que les échéances sont imminentes comme l'heure d'été, impopulaire auprès de la population et que le Premier ministre a tenu à faire dire à son VPM Rashid Beebeejaun, au Parlement, que l'expérience ne sera pas renouvelée.

Sekar Naidu et Joe Lesjongard certains d'obtenir des investitures mauves? A cette question, le leader du MMM répond que toutes les candidatures seront annoncées en même temps et que le fait qu'ils étaient tous deux présents à ses côtés "veut dire ce que cela veut dire!". Il aussi tenu à préciser que la liste des candidats ne sera pas finalisée de sitôt que les consultations se poursuivent mais que s'il faut être prêt dans une semaine, le MMM le sera.

Pour les responsabilités qui seront octroyées aux deux nouveaux arrivants, ce sera en temps et lieu et pas de précipitation, les deux membres étant déjà parfaitement à l'aise au MMM. Un état de fait que les deux principaux concernés ont immédiatement confirmés Joe Lesjongard ajoutant même qu'il est content d'avoir rejoint "un grand parti dirigé par un leader qui a marqué l'histoire" et que son intégration ait été à l'unanimité acceptée par toutes les instances décisionnelles du MMM et qu'il continuerait à travailler dans la circonscription où il a été élu deux fois de suite.

Paul Bérenger a ajouté qu'il est sur la même longueur d'ondes que ses deux nouveaux collègues, qu'il y a un travail à faire pour le pays et qu'il n'y a "aucune amertume pour le MSM". ll faut aussi savoir que si Sekar Naidu a participé à son premier bureau politique lundi, Joe Lesjongard, retenu ailleurs, n'a pu le faire. Il devrait faire son baptême de feu demain.

Sondage: "pas crédible du tout!"

Interrogé sur Steve Obeegadoo, le leader du MMM a dit qu'il l'a encouragé à aller travailler pour la Banque Mondiale et ensuite, pour l'UNESCO et qu'il en a tiré "une expérience extraordinaire". Il précise aussi que l'ancien ministre de l'Éducation a fait le va et vient depuis son affectation à l'étranger, qu'il a conservé son poste de secrétaire général et qu'il se fait un devoir d'assister aux réunions du bureau politique lorsqu'il est au pays et qu'il a raté la dernière assemblée de délégués faute de place en avion. Il travaillera en tandem avec Rajesh Bhagwan comme dans le passé, a-t-il assuré.

Paul Bérenger a annoncé que Steve Obeegadoo rentre définitivement au pays très bientôt et qu'il sera candidat aux prochaines élections sans dire dans quelle circonscription il se présenterait, plusieurs possibilités s'offrant à lui. En tous cas, Il n'a pas confirmé qu'il sera au No 1.

Quant à un éventuel retour de Cassam Uteem dans le giron mauve, Paul Bérenger qui affirme entretenir un "très bon contact personnel avec l'ancien président" a dit qu'il n'y en pas eu ces derniers jours.

Interrogé sur la réforme électorale, le leader de l'opposition a dit que bien que sa réalisation soit "à portée de main", il n'a pas l'impression qu'elle le sera alors que, dans une lutte à trois, c'est souhaitable d'avoir un système plus juste qui réaliserait trois choses, la consolidation de l'unité nationale, celle de la démocratie et un plus grand rôle pour les femmes.

Sur le dernier sujet, il a dit être en train de faire le maximum pour qu'il y ait plus de femmes candidates mais a dit ses craintes, qu'avec le système électoral actuel, de "ne pas arriver à un bon chiffre". Quoi qu'il en soit, si une bonne réforme électorale n'est pas introduite, elle figurera en bonne place tout comme la télévision privée et une refonte de l'ICAC dans le programme gouvernemental du MMM, a déclaré Paul Bérenger.

Interrogé sur le dernier sondage réalisé par Sofres, Paul Bérenger, laconique, a dit "à l'évidence, li pas crédible du tout!". A une question sur le MSM, il a dit "qu'entre nous et le MSM, c'est fini" et que son parti briguera les élections avec ses partenaires l'Union Nationale et le PMSD, dans le cadre d'une lutte à trois et avec ou sans réforme électorale.

"On torture les enfants…"

Dans d'autres commentaires sur l'actualité, le leader de l'opposition et du MMM a déclaré que "le problème des leçons particulières n'est que le symptôme et que la vraie maladie c'est le système d'éducation élitiste que le PTr a réintroduit par pur fanatisme politique".

Il a démoli la démocratisaton et la régionalisation prônés par la réforme de Steve Obeegadoo qui visait à éliminer graduellement le crime qu'est le CPE, l'élitisme et le "rat race". "On torture les enfants et la seule façon d'éliminer cela est de revenir à la réforme Obeegadoo" a lancé Paul Bérenger.

S'agissant du DNA Identification Bill, il s'est dit pour et s'est réjoui que le Premier ministre a accepté le report de la considération du texte le temps pour l'opposition de se documenter davantage sur toute la question. Parlant de ses recherches, le leader de l'opposition a dit qu'il y a beaucoup de provisions qui auraient dues être dans la loi et qui ne le sont pas.

Il a ainsi fait état d'un jugement très dur de la Cour Européenne des Droits de la Personne datant de décembre 2008 et qui statue de manière catégorique que le prélèvement ADN de quelqu'un qui aura été innocenté doit être détruit et que le contraire constitue un viol des libertés fondamentales. Ce n'est pas le cas, dit-il, dans la loi qui est proposée au Parlement mauricien et qui sera débattu mardi.

Il y a aussi la supervision dans la loi anglaise qui est exercée par deux institutions distinctes dont le Science and Technology Select Committee tandis que le texte proposé ici met tout entre les mains du seul Forensic Science Laboratory sans aucune supervision.

Il faut prendre le temps nécessaire de faire une bonne législation, a préconisé Paul Bérenger en soulignant que, de toute façon, le FSL aura besoin de beaucoup de temps avant de s'équiper tant matériellement que humainement pour démarrer concrètement les prélèvements ADN. Il a aussi beaucoup insisté sur le fait qu'il faut dépolitiser ce dossier.

Revenant sur les dossiers qui ont monopolisé les débats à l'Assemblée Nationale cette semaine, à savoir la Banque de Maurice et la State Trading Corporation, il a dit que l'illégallité établie pour l'un et les abus, les scandales et l'incompétence dont la population fait les frais pour l'autre , il est évident, compte tenu de leur attitude, que pour le Premier ministre et son ministre des Finances, c'est "business as usual". "C'est déplorable et c'est à l'électorat de juger" a-t-il dit.

Après avoir, par ailleurs, récemment salué l'élection d'une femme comme Speaker du Lok Sabha, Paul Bérenger s'est également réjoui de celle d'une autre femme, désignée par bulletin secret et issue de l'opposition pour la toute première fois à la présidence de la House of Commons.

Il a aussi évoqué les positions prises par la nouvelle Speaker visant à restaurer les traditions démocratiques et à redonner son statut au Parlement comme le fait d'avoir demandé que les décisions gouvernementales (policy decisions) soient données en primeur au Parlement et a souhaité que Navin Ramgoolam s'en inspire. A l'heure des questions, il a dit qu'il était en faveur que ce soit un élu plutôt qu'une personne en dehors du Parlement qui soit désignée Speaker.

Autre dossier évoqué, la création de la International Renewable Energy Agency à côté de deux autres agences internationales sur l'énergie en général et le nucléaire. Pour Paul Bérenger, cette nouvelle agence qui va s'occuper d'énergies renouvelables a toute son importance à l'approche de la conférence de l'ONU de décembre prochain sur un accord post-Kyoto.

Maurice, dit-il, qui parle d'île durable, est en train de rater une occasion d'être au sein de l'IREA dès le départ alors même que 114 pays le sont déjà à l'instar de l'Inde, de la France et du Pakistan et que nos voisins les plus immédiats, Madagascar, les Seychelles, les Comores et les Maldives le sont aussi et que la Grande Bretagne a signé vendredi et que les États Unis et l'Australie annoncent leur signature pour bientôt.

C'est particulièrement choquant, a-t-il dit, que tous nos voisins ont signé alors que nous nous ne l'ayons pas fait avant d'inviter le gouvernement à faire en sorte que le pays soit présent à une conférence sur l'IREA qui se tient lundi et mardi à Charm El Chaikh en Égypte pour choisir le quartier général de l'organisation et son directeur général .

L'Allemagne qui a été à l'avant-garde du lancement de cette institution est en course pour le quartier général avec les Émirats Arabes Unis, a-t-il précisé avant de dire que l'idéal est que le "qg" aille aux EAU et la direction à l'Allemagne.

Il a d'ailleurs souligné que lors d'une réunion ministérielle de la Indian Ocean Rim, Organsiation for Regional Cooperation (IOR-ORC) qui s'est tenue jeudi dernier au Yémen, il a été décidé d'appuyer la candidature des EAU.


La médiation de Joaquim Chissano sur Madagascar: Que Maurice se propose pour la tenue des pourparlers

Paul Bérenger a, hier, demandé au Premier ministre de se mettre en relation avec l'ex-président du Mozambique Joaquim Chissano désigné par la SADC pour organiser des pourparlers avec Ange Razoelina, Mars Ravalomanana mais aussi avec les anciens présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy visant à trouver une solution à la situation de Madagascar l'informant que Maurice se tient prêt à accueillir les quatre personnalités. Cela nous ferait honneur, a dit le leader de l'opposition.

Tout comme le Premier ministre, il était absent de la célébration, vendredi, de la fête nationale de Madagascar où ce sont les députés Arianne Navarre-Marie et Joe Lesjongard qui représentaient le MMM et dit le regretter. Son souhait, dit-il, c'est que la situation retourne à la normale avant la célébration de la fête nationale malgache l'année prochaine.


Assemblée nationale, mardi dernier

Match… amical Paul Bérenger/Rama Sithanen

La coïncidence de l'ordre du jour a voulu que s'affrontent, en deux occasions, durant la même séance, le leader de l'opposition et le ministre des Finances. Mais loin de se transformer en belle empoignade, c'est à un match amical auquel on a eu droit tant sur la Banque de Maurice que sur la motion visant à annuler la dernière augmentation des prix des produits pétroliers. Lorsque Paul Bérenger réclame le départ de Manou Bheenick, Rama Sithanen ne répond pas et, pour cause, ce n'est pas lui qui l'a nommé et lorsque le premier fait le procès de la gestion de la STC, le second botte en touche et ne s'attache qu'à expliquer le mécanisme de la fixation des prix du carburant. Quoi qu'il en soit, cela n'a rien diminué à la qualité des échanges.

Sur la saga du rapport dont il a été finalement établi que c'est la faute à la banque centrale s'il n'a pas, jusqu'ici, été envoyé au ministre des Finances et qu'il n'a pas été déposé dans les délais, Rama Sithanen a bien essayé de citer des précédents a finalement dû reconnaître que la loi n'a pas été respectée. Ce rapport, a assuré le ministre, sera définitivement reçu durant la troisième semaine de juillet.

Paul Bérenger est revenu sur le communiqué-fleuve de la banque centrale et sur les imprimeurs qui auraient changé à l'issue de pas moins de trois appels d'offres et qui, soutient-il ne peuvent être attribuables qu'à "l'incompétence et à la corruption". Rama Sithanen a dû admettre qu'il n'est pas "happy about that" mais qu'il ne pensait pas qu'il y ait ce que le leader de l'opposition suggère.

Paul Bérenger s'étonne que le ministre n'ait pas recherché des renseignements plus précis auprès de la banque centrale alors qu'il l'a appelé juste après son retour, une déclaration qui a jeté comme un petit embarras dans les rangs de la majorité. Rama Sithanen dit avoir parlé tant avec lui qu'avec son collègue Jayen Cuttaree parce qu'il avait, en son absence, été "injustement attaqué" sur la non-soumission du rapport alors qu'il n'en était pas responsable.

Sur les placements des réserves qui seraient bien moins rémunérées comparés aux intérêts qui frappent nos emprunts à l'étranger, si le ministre ne veut pas y trouver une correlation directe, il n'en soutient pas moins que les taux sont avantageux, 5,39 et 4,35% pour les investissements à l'étranger contre un taux d'intérêt moyen sur les emprunts de 2,97%. Quant à la découverte du Gouverneur qu'il faut des placements plus rémunérateurs et plus risqués, le leader de l'opposition a observé qu'il est lui-même "un risque pour la banque". Une déclaration qui a suscité des rires même sur les bancs du gouvernement.

"He has to improve his bedside manners… "

S'agissant de l'excédent de profits que la banque de Maurice aurait versé au gouvernement et qui dépasserait la limite fixée par le Bank of Mauritius Act de 2004, le ministre des Finances a expliqué que le surplus vient du fait que les profits dus de l'année précédente n'avaient pas été initialement remis à la trésorerie de l'état.

Là aussi, Rama Sithanen a tenté de dresser un parallèle avec le passé mais l'opposition a vite fait de lui rappeler, qu'avant 2004, il n'y avait de provision légale fixant le maximum de profits à être remis au gouvernement à 85% de la somme totale réalisée dans une année.

S'agissant des abus dont Manou Bheenick est accusé et du non-respect des décisions du conseil d'administration et de l'épisode de la "boutique du coin ", le ministre a dit que la loi prévoit qu'il y ait une marge de manœuvre décisionnelle à ces deux niveaux mais il a concédé que "there is room for improvement".

Plus tard, il ajoutera, comme l'avait fait Navin Ramgoolam pour commenter les méthodes de son ministre des Finances Manou Bheenick en 1996 que "he has to improve his bedside manners". Paul Bérenger a, tour à tour, évoqué les Rs 25 millions dépensées pour les 40 ans de la banque, des fleurs qui coûtent chères, des parties de "wine and dine" et les 30 nouveaux permis de "money changer" délivrés.

Dans sa réponse qui va soulever un tollé dans les rangs de l'opposition MMM, le ministre va révéler que, si lui ne partage pas de repas avec Manou Bheenick, tel n'est pas le cas pour le MMM. Vives réactions du leader de l'opposition qui a mis Rama Sithanen au défi de donner le moindre nom. Après s'être excusé pour son innuendo, le ministre a dit qu'il ne s'agissait pas d'un élu du MMM mais d'un membre de son bureau politique.

Deux questions de Pravind Jugnauth sur la situation malsaine qui existerait entre le Gouverneur et le ministre des Finances et de Joe Lesjongard qui a soutenu qu'avec un budget de Rs 2,5 millions pour le "wine and dine", cela veut dire que la banque dépense Rs 10 000 par jour pour les 250 jours de travail dans l'année pendant que des pauvres tentent de survivre sur le dépotoir de Roche Bois avant que le leader de l'opposition ne conclue en réclamant du ministre qu'il demande au Premier ministre de renvoyer Manou Bheenick. "He knows what I think and he is trying to embarrass me", répondra Rama Sithanen avec un petit sourire.

L'autre gros morceau de la séance de mardi dernier a été la motion d'annulation de Paul Bérenger réclamant l'annulation de la dernière augmentation des prix du carburant. Pour l'auteur, l'opposition ne pourra accepter de telles majorations tant qu'il n'y aura pas une enquête complète sur la STC et tant qu'il n'y aura pas un nettoyage à la tête de cette corporation. C'est à un véritable "hold-up" des consommateurs que se livre la State Trading Corporation. Ces derniers ont été "détroussés" au fil des années, a-t-il martelé.

Et il revient sur l'évolution des prix sur le marché mondial, la baisse du fret et la non-répercussion de ces facteurs sur le marché local ainsi que les items qui entrent dans la structure des prix de même que l'absence de crédibilité de l'Automatic Pricing Mechanism pour étayer ses arguments.

La STC est devenue un "monstre"

Fortement soulignée aussi, l'absence de transparence et l'accumulation de fautes de la part de la STC qui, dit-il, est devenue un monstre dont ce sont les consommateurs qui font les frais comme les Rs 4 milliards perdues dans le "hedging". Il n'a pas manqué de revenir sur une information révélée plus tôt suite à une question de son collègue Ajay Gunness à l'effet que la STC aurait payé les frais de déplacement privé de deux étrangers aux Seychelles comme si la "STC avait aussi été transformée en agence de voyage".

Ça ne peut pas continuer ainsi, après le carburant, le gros pois, dénonce Paul Bérenger qui conclut en insistant qu'il est "très tard mais pas trop tard" et qu'il est temps de mener une enquête ou, à défaut, d'instituer un Select Committee pour se pencher sur cet organisme.

Rama Sithanen, qui lui donne la réplique, précise qu'il ne "défendra ps l'indéfendable", comme suggéré par le leader de l'opposition et il s'embarque ensuite dans un exercice d'explication des item qui composent la structure des prix du carburant. Le produit lui-même ne compte que pour 38,8% du prix à la pompe, précise-t-il.

Il affirme aussi que l'on ne peut pas répercuter la baisse de manière automatique, d'autre facteurs entrant dans le calcul du prix final et que, comme d'autres compagnies, dans l'aérien, Air Mauritius et la STC ont réalisé des opérations de "hedging" coûteuses avant de conclure que les prix pratiqués ici se comparent plutôt favorablement avec ceux de nos voisins.

Pravind Jugnauth, qui a soutenu la motion Bérenger, s'est lui aussi fait l'écho de "l'amertume des consommateurs", a dénoncé l'absence de transparence de la STC avant de préconiser un Independent Price Reguator en remplacement de l'APM. Shakeel Mohamed, qui a longuement consulté les ministres Gowressoo et Jeetah avant son intervention, a surtout critiqué l'auteur de la motion tant et si bien qu'il sera rappelé à l'ordre par le Speaker.

Les autres orareurs étaient Madan Dulloo, Rajesh Jeetah, également souvent recadré lui aussi par la présidence, Ajay Gunness qui a déposé des documents, chiffres à l'appui, pour démontrer que ce sont les consommateurs qui, à coup de milliards, financent la STC, Mahen Gowressoo, toujours aussi inintelligible avant que le leader de l'opposition ne résume les débats et ne s'attache qu'à répondre au seul Rama Sithanen, le seul qui mérite attention, dit-il. Il dira refuser de jouer au "bye looké" pour aller consulter le contrat passé avec Mangalore dans le bureau du ministre et insistera pour que le document soit déposé au Parlement. Mis au vote, la motion a été rejetée.

Avant l'ajournement des travaux, le Premier ministre, a, dans une démarche tout à fait louable, indiqué qu'à la demande de l'opposition, il ne présentait pas le DNA Bill.


Mardi prochain: La MBC ciblée une nouvelle fois

Même si elle a fini par avoir la peau de son directeur général, Bijaye Madhoo, l'opposition ne lâche pas prise et maintient la pression sur les dérives de la MBC financée par la redevance obligatoire des abonnés. C'est ainsi que le Premier ministre aura à répondre à cinq questions relatives à la gestion de la station de la Rue Pasteur.

Mahen Jhugroo ouvre le bal avec une question sur le paiement d'heures supplémentaires de plus Rs 50,000 de juillet 2008 à avril 2009. Il est immédiatement suivi de Rajesh Bhagwan qui a deux questions à la suite sur le rapport du Management Audit Bureau sur le programme Pepsi Hungama et sur les recettes publicitaires engrangées par la MBC depuis 2005. Pour clore la série sur la corporation, une question de Ajay Gunness sur le rapport du MAB qui fait état d'emplois surnuméraires à la corporation.

Les autres questions pour le Premier ministre portent sur le "law and order" en général, les décès en détention policière et dans les prisons et la réouverture de l'enquête sur le décès de Kaya, la consommation d'alcool, le trafic humain et l'interdiction de la publicité sur les jeux (gambling).

Les sujets d'intérêt que l'on relève dans la tranche des questions pour les autres ministres concernant les terres de l'état, les structures religieuses qui y ont été érigées, l'endettement national, les IRS, l'état des trottoirs, la privatisation du centre d'examen des véhicules, la violence domestique, le collège Basdeo Bissondoyal, l'affaire du navire à double coque, le duty-free qui n'existe qu'à sens unique de Rodrigues à Maurice, le Copyright Act, les fraudes à la CWA, la situation financière d'Air Mauritius et le récent incendie qui ravagé le magasin Manjoo de Rose Hill.

Des débats intéressants sont prévus sur le DNA Bill, texte qui implique combat contre la criminalité et respect des libertés individuelles. En deuxième lecture, il y a aura aussi le Notaries (Amendment) Bill et la Mauritius Land Transport Authority Bill et, en première lecture seulement, The Additional Remuneration Bill.


Ca va se savoir !

Un groupe mauricien s'intéresse à la privatisation de cinq sucreries au Kenya

Un important groupe sucrier mauricien est en compétition avec des investisseurs du Brésil et de la Turquie pour la privatisation de cinq sucreries au Kenya. C'est ce qu'annonce le ministre de l'Agriculture kenyan, qui confirme que les cotations soumises seront ouvertes mardi prochain.

Cette démarche de privatisation sucrière vise à réduire l'inefficience de cette industrie et à améliorer la compétitivité régionale. Ainsi, Nairobi s'attend à voir une réduction de 30% des coûts de production de la tonne de sucre, qui s'élève à 570 dollars américains, contre une fourchette de US$ 240 à 290 pour le sucre du Soudan ou encore celui de l'Égypte.

Le groupe mauricien attend avec impatience l'ouverture des offres de mardi afin de déterminer dans quelle mesure elle pourra envisager une nouvelle aventure dans le secteur sucre en Afrique. Le processus de privatisation est étalé sur 16 mois.

Thon : deux obstacles sur la voie d'un accord avec l'UE

Deux obstacles majeurs ont surgi lors des négociations entre Port-Louis et Bruxelles pour le renouvellement d'un accord de pêche, qui est parvenu à terme en décembre 2007. Jusqu'ici, les échanges avec l'Union européenne (UE) n'ont pas permis d'aplanir les difficultés même si le gouvernement maintient que les voies de communication demeurent ouvertes.

Dans le cadre du renouvellement de l'accord de pêche, Bruxelles a imposé à Port-Louis un plan d'action pour lutter contre l'"Illegal, Unregulated and Unreported" (IUU) Fishing, nécessitant des investissements de Rs 41 millions Néanmoins, la compensation prévue sous l'accord de pêche envisagé était de Rs 20 millions. Le gouvernement devait faire part de ses objections formelles à ce sujet.

L'autre point de litige concerne le tonnage de référence à être mentionné dans l'accord de pêche. Sous le précédent accord, le tonnage de référence était de 6 000 tonnes de thon pêchées dans les eaux mauriciennes. Dans l'accord en négociation, les Européens ont ramené cette référence à 3 000 tonnes. Maurice a contesté cette proposition. Affaire à suivre...

Voyages: les privilégiés de la Culture décriés en silence!

La politique de "serre ceinture" en situation de crise économique ne s'appliquerait pas à tous dans la fonction publique. Si les déplacements à l'étranger ont été réduits et que des officiers et autres hauts fonctionnaires ont dû mettre un trait sur des missions, en revanche certains n'auraient aucun souci à se faire. En tout cas, c'est ce qu'ont constaté des fonctionnaires du ministère de la Culture. Ces derniers, depuis quelques temps, observent sans pouvoir dénoncer des attributions, qu'ils jugent injustifiées, de mission à des collègues. A l'instar du récent départ d'une délégation menée par un officier en Inde dans le cadre d'un échange entre artistes des deux pays. Ils ne comprennent pas non plus, disent-ils, "comment ce sont les mêmes artistes qui sont choisis pour représenter Maurice à l'étranger?" D'autres interrogations ont été soulevées lorsque la délégation qui défendra les couleurs culturelles de Maurice au Liban pour les Jeux de la Francophonie, a été arrêtée. Elle aura, dit-on, à sa tête un officier qui aurait supplanté sa collègue, laquelle chargée des échanges pour la francophonie et aurait passé de longs mois a ficeler le dossier en question! Au grand désarroi de plus d'un fonctionnaire de la Culture, les critères de sélection à différents niveaux ne seraient pas transparents au ministère

Le ministre Satish Faugoo visite le chantier de la raffinerie de FRL

La raffinerie de FUEL Rafinery Ltd (FRL) sera prête à la fin du mois. Le ministre de l'Agro-industrie, M. Satish Faugoo a visité le chantier, mercredi dernier. Le projet lui a été présenté par M. Jean-Luc Harel, Manager de FRL et Estate Manager de FUEL. M. Jean-Noël Humbert, CEO du Syndicat des Sucres a, lui, rappelé au ministre la stratégie commerciale de Maurice pour le sucre raffiné et du partenariat entre le Syndicat du Sucre et le groupe européen, Sudzucker.

A l'issue de la visite, M. Faugoo s'est dit "impressionné" par cette installation industrielle. Il devait rappeler à la presse que le projet de FRL se situe dans le contexte de la réforme et participe à la création des "clusters" canniers. Il dit constater que FRL est dans les temps.

Exempté de procès, mais toujours arrogant !

Un justiciable, exempté de procès dans un very high profile case récent qui avait suscité beaucoup d'interrogations de par sa conclusion qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers temps dans un quartier huppé des basses Plaines Wilhems.

L' homme en question, un ancien haut-cadre, avait effectivement échappé à la justice en raison de son état de santé jugé tellement déplorable. Mais, non seulement, tout en étant censé incapable de se déplacer sans être assisté, il s'était permis de prendre immédiatement l'avion pour aller se promener dans un petit coin de France pendant que d'autres de ses co-accusés se débattaient en cour de justice pour s'en sortir, il se trouve qu'il fait toujours régner sa loi dans un syndic .

Ce justiciable, finalement très chanceux, affirment certains, est peut-être un homme encore physiquement diminué (il marche très lentement), mais ceux qui ont à subir ses foudres sont d'avis qu'il est loin d'avoir perdu toutes ses facultés mentales et intellectuelles, et surtout pas de son arrogance coutumier. Dans ce registre, un contractuel du groupe d'appartements en a fait les frais et s'est vu remercier de ses services pour une faute qui ne semblait pas justifier une telle sanction.

Il semblerait que l'homme présiderait lui-même le comité syndical qui se réunit le premier lundi et le 3ème mercredi de chaque mois. Mais depuis qu'il a eu vent que ses agissements post-procès sont connus du public, il a commencé à se faire petit. Mais, d'aucuns pensent que si les autorités compétentes souhaitaient vraiment lui faire rendre compte de ses actes antérieurs allégués, les procès- verbaux du syndic devraient établir au moins une criante vérité ; celle que l'homme qui était malade à un moment donné du procès ne l'est plus, alors là pas du tout au jour d'aujourd'hui. Ces procès verbaux en constitueraient la preuve éclatante.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 28 juin 2009