a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 28 juin 2009



  ÉCONOMIE – Perspectives - Emploi : le plus gros défi pour les prochains mois
  Télévision nationale - MBCTv: Bijaye Madhou prend la porte de sortie
  Travaux d'infrastructure - Nouveau terminal : les Chinois débarquent


ÉCONOMIE - Perspectives

Emploi : le plus gros défi pour les prochains mois

Avec les clameurs budgétaires déjà estompées, la réalité sur le plan économique est caractérisée par les risques potentiels à l'emploi. Les dernières prévisions établies par le Central Statistical Office (CSO) et la Banque de Maurice au cours de la semaine écoulée ont quelque peu refroidi les ardeurs à l'Hôtel du gouvernement. Ces deux institutions ont mis en garde contre une reprise du taux de chômage en 2009, alors que pour les dernières années, le gouvernement se félicitait d'avoir pu renverser la tendance du taux de chômage. De son côté, Raj Makoond, en sa double capacité de directeur du Joint Economic Council (JEC) et de coprésident du comité de pilotage de la mise en œuvre de l'Additional Stimulus Package, réitère le potentiel de dérapage concernant le chômage. La performance de l'Export-Oriented Enterprises (EOE) au cours du premier trimestre, avec une baisse de 12% des emplois, laisse voir des appréhensions même si les principaux opérateurs dans ce même secteur affichent un optimisme prudent dans la conjoncture.

"Les pertes d'emplois constituent un risque important. Elles demeurent le plus grand défi pour les prochains six mois. Nous allons devoir élaborer des mesures pour éviter au maximum les pertes d'emplois. Tel est l'objectif principal désigné alors que nous entamons le second semestre", a fait comprendre à Week-End Raj Makoond, qui trouve que le secteur le plus vulnérable est les Petites et moyennes entreprises (PME).

Ainsi, au niveau du "Mechanism for Transitional Support to the Private Sector" (MTSP), appelé à se transformer en "Saving Jobs and Recovery Fund" (SJR Fund), les priorités consistent à mettre en opération et ce, dans les meilleurs délais, les facilités de "Leasing" pour la modernisation des équipements et outils de production des PME de même que de faire démarrer le guichet spécifique de financement bonifié en faveur des PME selon la formule de la "Mauritius Approach".

"Ces deux projets ont été annoncés par le VPM et ministre des Finances dans le Budget 2009. Nous devrons prendre le maximum de précaution pour assurer la survie des PME. En parallèle, nous travaillons sur le projet d'Export Credit Insurance Scheme (ECIS) afin de soutenir les efforts des exportateurs mauriciens dans la consolidation de leurs parts de marché à l'étranger", poursuit le directeur du JEC.

La conjoncture économique et budgétaire a également vu un certain ralentissement quant au recours aux ressources financières sous l'Additional Stimulus Package par des entreprises en difficultés dans le sillage de la crise économique internationale. Dans le cadre du Budget 2009, le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, avait élargi la gamme d'entreprises susceptibles de prendre avantage des possibilités d'assistance financière sous l'Additional Stimulus Package.

Mais force est de constater que le nombre de dossiers soumis au "Mechanism for Transitional Support to the Private Sector" n'a guère augmenté sensiblement. En cette fin de juin, le nombre de dossiers d'assistance financière à l'étude est toujours de 25, soit pratiquement le même que celui noté à la veille de la présentation du Budget. Les principaux animateurs du MTSP se veulent prudents dans leurs analyses au sujet du ralentissement ou du refroidissement. "Nous ne voulons pas tirer de conclusions hâtives au sujet de ce ralentissement. Nous sommes en présence d'au moins 25 demandes formelles alors qu'il a des contacts préliminaires venant d'un certain nombre d'autres entreprises. Nous devrons être en mesure d'annoncer des décisions officielles très bientôt dans deux autres dossiers. Nous préférons maintenir la vigilance du côté des PME et de l'industrie hôtelière", poursuit Raj Makoond. La main-d'œuvre engagée dans le secteur des PME est au nombre de 237 000, représentant 43% des emplois créés à Maurice.

Par ailleurs, les premières autorisations du ministère du Travail et des Relations industrielles pour le démarrage de la semaine réduite de travail, trois jours au minimum, devront être émises sous peu. C'est ce qu'a appris Week-End de sources concordantes autorisées deux mois après l'adoption de cette mesure. Le "Mix of Work and Training Programme" a été élaboré sous l'Additional Stimulus Package en vue de réduire au maximum les risques de licenciements dans le secteur manufacturier en raison de la crise économique internationale.

La coordination du programme de semaine de travail réduite est assurée conjointement par le ministère du Travail et la Mauritius Employers'Federation (MEF). En fin de semaine dernière, aucune des sources autorisées, que ce soit au ministère du travail et dans le privé, n'avait voulu s'aventurer pour confirmer le nombre d'entreprises ayant soumis des demandes ou encore le nombre d'employés concernés. Mais au ministère du Travail, l'on maintient que le feu vert pour le "Mix of Work and Training Programme" revient uniquement au chef de cabinet après examen des conditions arrêtées et annoncées.

Néanmoins, la direction de la Mauritius Employers'Federation se dit consciente que les prochains mois seront déterminants au plan du chômage en s'appesantissant sur le fait que sans les effets de l'Additional Stimulus Package, l'évolution de la situation au cours de ces premiers six mois aurait pu être plus compromettante. Se basant sur une enquête auprès de ses membres après la présentation du Budget 2009, la MEF n'écarte pas la possibilité d'une augmentation du taux de chômage dans les mois à venir.

Dans l'attente d'expliciter son analyse au sein du "Monetary Policy Statement" de demain, la Banque de Maurice se montre également pessimiste par rapport à l'emploi. "Economic conditions in Mauritius have been influenced by these global developments. The steadily declining growth in the last three quarters of 2008 is expected to have continued in the first two quarters of 2009 but the quarterly domestic growth rate is anticipated to rise as from the second half of 2009. Labour market developments are likely to reflect trends in the broader economy with some lag, suggesting a possible rise in unemployment in the coming quarters", note la Banque centrale en cette fin de juin.


Prévisions - CSO : taux de chômage féminin à 13,9% en 2009

Le taux de chômage devrait enregistrer un renversement de la tendance en 2009, soit une hausse après quelques années de répit. Cette situation pourrait intervenir même si le nombre d'emplois dans les différents secteurs économiques devrait atteindre 522 700 à fin 2009, soit une progression de 3 700 comparativement à 2008. Le nombre de chômeurs pourrait se situer à la hauteur des 45 200, soit 4 800 de plus qu'en 2008, le taux passant de 7,2% à 8%. C'est ce que prévoit le Central Statistical Office (CSO) en se basant sur les données recueillies lors du "Continuous Multi-Purpose Household Survey" entrepris entre janvier et mars de cette année.

Déjà le taux de chômage pour le premier trimestre de cette année a atteint les 8% : 44 900 sans-emploi, dont 27 100 femmes et 17 800 hommes. Néanmoins, le gouvernement soutient que malgré cette hausse, le taux est inférieur au 8,2% du premier trimestre de l'année dernière.

"Unemployment rate is expected to increase from 7,2% in 2008 to 8% in 2009", note le dernier rapport du Bureau central des statistiques. A fin mars dernier, le nombre de chômeurs a augmenté de 9 900 comparativement à la fin de décembre, où, semble-t-il, les possibilités d'emplois saisonniers étaient plus importantes. Toujours de décembre 2008 à mars 2009, le nombre d'emplois créés a régressé de 14 300 pour atteindre les 518 000.

Mais la caractéristique la plus inquiétante concerne le taux de chômage féminin, soit 13,9% pour la fin de cette année, ce qui constitue une augmentation de 1,2% par rapport à fin 2008.

Le taux de chômage chez les hommes devra descendre sous la barre des 5% d'ici la fin de cette année. Un autre facteur, qui suscite des appréhensions, est la durée de chômage pour une grande majorité. A la fin de mars, huit demandeurs d'emploi sur dix ont passé les douze derniers mois à chercher du travail. 12% des demandeurs s'étaient retrouvés sur le pavé suite à une compression de personnel dans les entreprises qui les employaient.

Des 44 900 chômeurs enregistrés à fin mars dernier, 60% étaient des femmes alors que deux sans-emploi sur cinq étaient âgés de moins de 25 ans. La radioscopie du problème du chômage à la fin du premier trimestre s'établit comme suit :

un chômeur sur deux (22 500) est célibataire, dont une grosse majorité (78%) chez les femmes ;

un demandeur d'emploi sur cinq ne détient pas un Certificate of Primary Education (CPE) ;

un sur deux pas de School Certificate (SC) ;

un sur trois se classe dans la catégorie des "First Job Seekers" ;

un sur huit un chef de famille ;

un sur six dans des familles où aucun membre n'est engagé dans des activités économiques ;

un sur trois a une expérience professionnelle dans le secteur manufacturier ;

un sur six a déjà travaillé dans l'industrie de la construction et

un sur huit dans l'hôtellerie et

un demandeur d'emploi sur trois s'étant fait enregistrer dans le bureaux de placements du ministère de l'Emploi en vue de trouver un "Job".

Sur les 518 000 emplois disponibles à la fin de mars dernier, la grande majorité, soit 61%, était engagée dans le secteur tertiaire couvrant le commerce, les hôtels, la restauration, le transport et le secteur des services en général ; 30% dans le secondaire avec le manufacturier, la construction, l'eau et l'électricité et moins de 10% dans le secteur primaire, soit les activités agricoles en général.


Effets de la crise - Exportations : perte de 8 280 emplois en un an

La performance du secteur des "Export-Oriented-Enterprises" (EOE) reste un facteur clé dans la résilience de l'économie face à la crise internationale. Les données officielles pour le premier trimestre de 2009 indiquent une contraction de 12,4% de la main-d'œuvre comparativement au niveau atteint en mars 2008. La valeur des importations de matières premières a également chuté de 34% au cours de ces trois premiers mois alors que celle des biens d'équipements a été réduite de plus de 50%. Face à des indicateurs inquiétants, des principaux opérateurs dans le secteur du textile se disent satisfaits d'avoir pu maintenir leurs parts de marché à l'étranger.

Sur les 8 280 emplois perdus à la fin de mars dernier dans le secteur des entreprises tournées vers l'exportation, les femmes ont été affectées deux fois plus que les hommes. 5 968 femmes ont perdu leur emploi contre 2 312 alors que le nombre de ressortissants étrangers a connu une hausse de 1 423 au cours de la même période. La filière du "Wearing Apparel" a été la plus touchée par le phénomène de réduction d'emplois, notamment de 7 380 postes, passant de 49 037 à 41 657.

L'horlogerie, la bijouterie et l'électronique ont été également frappés de plein fouet par la crise économique au plan international. Ces activités ont connu un délestage de 554 emplois d'une année à l'autre. Sur les 12 entreprises qui ont fermé leurs portes de janvier à mars dernier, quatre opéraient dans la ligne des "Jewellery and Related Articles" et cinq dans le "Wearing Apparel".

La valeur des exportations pour le premier trimestre a été de Rs 7,8 milliards, soit une progression nominale de 1,8% comparativement à mars 2008. Force est de constater que cette performance s'explique en partie par l'évolution du taux de change de la roupie, dont une dépréciation moyenne dans la fourchette de 14% à 15,6%, par rapport à la livre sterling et à l'euro durant ces douze derniers mois. Néanmoins, comparativement aux recettes d'exportations générées au cours du dernier trimestre de l'année, l'écroulement est plus significatif, soit de 16,9%.

Dans son analyse, le Bureau central des statistiques souligne que "exports of manufactured articles of apparel and clothing went down significantly by 18,5% of Rs 1,109 million during the first quarter 2009 to reach Rs 4,870 million. Other significant decreases were registered in Jewellery, Goldsmiths and Silversmiths Wares (- Rs 86 million or 41,7%) and Toys, Games and Sporting Goods (- Rs 17 millions or 39,5%). "

Les exportations alimentaires, notamment du poisson et autres préparations à base de poisson, ont tiré leur épingle du jeu dans cette conjoncture morose. La valeur des "Fish and Fish Preparations" a augmenté de 18,8% pour se retrouver à la hauteur de Rs 1,5 milliard à fin mars dernier. En 2008, les activités du "Seafood Hub" ont généré des recettes globales de Rs 6,2 milliards.

Si la valeur des exportations a augmenté de 21,9% sur le marché américain (Rs 903 millions), par contre, elle a connu une baisse de 11,7% vers la Grande-Bretagne et de 13,6% vers la France (respectivement de Rs 2,5 milliards et de Rs 1,2 Md). Sur le plan régional, les exportations vers l'Afrique du Sud a progressé de 58,7%, de Rs 334 millions à Rs 530 M, mais avec une baisse de Rs 20 millions (-7,4%) vers Madagascar, principalement en raison des troubles politiques ayant secoué ce pays.

Au cours de ces trois premiers mois de l'année, la situation n'avait été guère brillante au niveau des importations de matières premières et de biens d'équipements. La baisse globale a été de 18,1% avec les importations de matières premières en baisse de 34%, passant de Rs 5,5 milliards à la fin du premier trimestre de 2008 à Rs 3,6 Md en 2009, soit le plus bas niveau d'importation des matières premières depuis le début de 2008. Les investissements dans les équipements ont été réduits de moitié, soit seulement Rs 158 millions contre Rs 340 M.

En tenant compte des récents commentaires des principaux opérateurs dans le secteur du textile, il semblerait que des signes positifs ont été notés au cours du deuxième trimestre. Dans une dépêche au cours de la semaine écoule, l'agence de presse britannique, Reuters révèle que "textile firms in Mauritius that supply some of Europe's biggest high-streets stores say a steady depreciation of the local currency has shielded the sector from falling demand this year". La conséquence est que la confection et l'habillement se trouvent en meilleure posture pour le premier semestre de 2009.

Citant Harold Mayer, "Chief Executive Officer" de CIEL Textiles, qui approvisionne la chaîne de magasins du Marks & Spencer Group Plc et le groupe Next en Grande Bretagne et la chaîne espagnole Zara, Reuters rapporte que "we have steadied our sales and expect to break-even this year which given, the difficult circumstances is a good performance (...) Most of our customers are trading at 5 to 10 percent less than previously but we have held our market share, perhaps even increased it slightly, with no huge drop in turnover".

Le président de la Mauritius Exports Association (MEXA), Ahmed Parkar, qui s'est engagé dans le débat du "Managed Float" de la roupie, confie pour sa part à Reuters que "the shift in the exchange rate had already shored up orders in time for the key British market's peak buying period of March-June. Despite the slowdown, the UK market has not showed weakness. Indeed, it has been surprisingly stable and strong. Maybe there has been a softening of prices but if your product is strong, there will always be demand for clothing, unless the world is to go naked".

A l'œil nu, une cruelle vérité, qui ne laissera pas insensible en cette période où tout un chacun se plaint du manque de visibilité...


Télévision nationale

MBCTv: Bijaye Madhou prend la porte de sortie

Le feuilleton à la direction générale de la station de télévision nationale, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBCTv), avec entre autres le président du Board, Fareed Jangeerkhan, et l'ancien directeur général, Bijaye Madhou, à couteaux tirés a connu un dénouement dans la soirée de vendredi. Convoqué à l'Hôtel du gouvernement peu après 20 heures, vendredi, l'ancien directeur de la station de télévision, dont la "tête" avait été mise à prix non seulement par les parlementaires de l'opposition, MMM et MSM confondus mais également par des proches du pouvoir, a été contraint de soumettre sa lettre de démission selon les vœux du Premier ministre, Navin Ramgoolam, transmis par tierce partie. Le scénario de rechange était déjà préparé car aussitôt réception formelle de la lettre de démission Dan Callikan, "Special Adviser" au Prime Minister's Office, a été nommé en remplacement de Bijaye Madhou. Le tout était bouclé à 22 h 30, vendredi.

Pour les habitués des couloirs de la MBCTv et de l'Hôtel du gouvernement, le départ de Bijaye Madhou était programmé depuis quelque temps déjà compte tenu du cumul de scandales et de manquements dans la couverture de fonctions officielles du Premier ministre. Pour d'autres encore, l'événement de vendredi dernier à la direction générale de la MBCTv, cela malgré le poids de la personnalité dans la circonscription du chef du gouvernement, Pamplemousses/Triolet (N°5), confirme le fait qu'il y a des limites à ne pas franchir. Enfin, d'autres trouveront à redire à l'effet que l'application du couperet a pris plus de temps que nécessaire, donnant l'impression d'une décision entérinée dos au mur.

Les recoupements d'informations effectués par Week-End auprès des sources autorisées confirment que si la Saga Pepsi Sega Hungama, une émission produite localement, a constitué le catalyseur pour le départ forcé de Bijaye Madhoo, les conclusions du récent rapport du Management Audit Bureau (MAB) portant sur le non-respect des procédures et dénonçant des dépenses exagérées à la MBCTv ont pesé de tout leur poids.

D'autres gaffes administratives sont venues se greffer sur les problèmes de l'ancien directeur général de la MBCTv. Parmi l'on relève la succession de bévues accumulées par la MBCTv lors de la couverture des fonctions avec la présence du Premier ministre, dont l'une des dernières en date remonte à la cérémonie d'inauguration de la "Flexi-Factory" de MTMD à Savannah. Ensuite, le dernier incident retenu contre le directeur général serait la décision des trois chaînes de télévision nationale de faire l'impasse, vendredi, sur la mort du chanteur Michaël Jackson en renvoyant les téléspectateurs à la chaîne de TNT, nullement accessible à toute la population.

La Saga Pepsi Sega Hungama, dont le coût de Rs 500 000, prévu initialement, est passé à Rs 13 millions, continuera à hanter Bijaye Madhou. Mardi dernier à l'Assemblée nationale, suite à une interpellation du député du MMM, Rajesh Bhagwan, Navin Ramgoolam devait lever le voile sur ses intentions même si aucune indication sur le "Timing" de la mise à exécution n'était disponible.

"Following various allegations of mismanagement in the affairs of the MBC, including those made regarding the Pepsi Sega Hungama, if the Honourable Member, remembers, I took the initiative to ask the Management Audit Bureau to enquire into the matter. I have now received the report from the MAB and this report is being studied by my office. I shall certainly consider appropriate remedial measures in the light of the findings and recommendations of this report", avait soutenu le chef du gouvernement. De manière systématique, ce député du MMM avait réclamé lors du "Question Time" la démission de Bijaye Madhou en tant que directeur général de la MBCTv.

Lors des interpellations supplémentaires proposées par les députés Mahen Jhugroo et Ajay Gunness, le Premier ministre allait laisser voir que les ponts étaient coupés avec l'ancien directeur de la MBCTv ou encore que "the writings were on the wall". "I suppose that the Honourable Member is referring to the report that the Director-General made and that was praiseworthy on the MBC. Is that the report the Honourable Member is talking about ?" devait-il faire comprendre à une intervention du député Gunness.

Devant la montée en puissance des critiques de l'opposition contre la gestion de la MBCTv, le Premier ministre devait concéder que "I have already impressed upon the MBC the imperative mood for the Corporation to immediately redefine its policy regarding extra work and payment for such extra work as that performed during elections and by-elections, this with a view to better adhering to the principles of transparency and accountability, and for optimum utilisation of human and financial resources, without an iota of wastage of such resources". La gifle était encore plus sonnante dans le vacuum d'un ressaisissement.

Et le scandale des coûts de réparation de la voiture officielle de l'ancien directeur général de la MBCTv… La MBCTv a dû débourser Rs 490 315 pour les réparations de la voiture avec une autre facture de Rs 364 994 en suspens. Il faut ajouter également la somme de Rs 237 746 pour le servicing et une facture de Rs 48 444, qui n'avait pas encore été vérifiée ; soit des dépenses s'élevant à Rs 1,1 million.

Sur la base des extravagances financières relevées à la MBCTv, le MAB, même si le rapport n'avait pas établi des "Indictments" à la manière de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC), avait recommandé des mesures de redressement et des actions dans les plus brefs délais. D'autres sources affirment que sur la base des recommandations du MAB, d'autres employés de la MBCTv pourraient être visés par cette nouvelle version de "lev paké! allé!"...


La coïncidence du come-back de Callikan

Dan Callikan, qui avait initialement exercé à la MBCTv en tant que journaliste dans les années 70 et en tant que directeur général sous le gouvernement de sir Anerood Jugnauth de 1986 à 1988, effectue un nouveau come-back. A noter que le contexte politique est quasi similaire. En 1986, Dan Callikan s'était retrouvé à la tête de la MBCTv un an avant les élections générales de 1987. L'opposition MMM avait dénoncé la manière de procéder de Dan Callikan en tant que patron de la télévision nationale lors de la campagne électorale de 1987. Techniquement, des élections générales devraient avoir lieu au plus tard l'année prochaine, avec toujours Dan Callikan à la tête de la MBCTv.

Entre-temps, le nouveau directeur général de la MBCTv a déjà présidé à une première rencontre avec des membres du personnel dans la journée d'hier. Cette première prise de contact devra être suivie par des séances de travail ciblées pour expliciter "la philosophie et la méthode de travail prônées". Le message du nouveau directeur général est que "la MBCTv doit donner satisfaction à tout un chacun au sein de la population et que chacun des employés doit apporter sa contribution".

Il se chuchote que le conseil d'administration sera reconstitué sous peu en vue de faire oublier les "insultes, dénonciations et invectives", qui étaient devenues monnaie courante lors des réunions jusque-là.


Travaux d'infrastructure

Nouveau terminal : les Chinois débarquent

Au cours de la semaine écoulée, le projet de construction du nouveau "Passenger Terminal" au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport a franchi une nouvelle étape. Mardi et mercredi derniers, s'est déroulée une "Pre-Bid Conference" avec le déplacement à Maurice des représentants des trois firmes de la République populaire de Chine (RPC) présélectionnées par les autorités chinoises pour l'exécution des travaux à Plaisance lors des prochains 24 mois. Les représentants chinois ont eu également l'occasion de visiter le site, identifié pour accueillir l'un des plus importants chantiers nécessitant des investissements de quelque Rs 11 milliards.

Les trois firmes, qui participeront à cet exercice d'appel d'offres, sont la China State Construction Engineering Corporation Ltd, la China International Water and Electric Corporation et la Beijing Construction Engineering Group Co. Ltd. Après l'exercice de la semaine écoulée, ils disposeront d'un délai de deux mois, soit arrivant à échéance le 25 août prochain, pour soumettre leurs cotations.

Dans le meilleur des cas, l'octroi du contrat pourrait intervenir dans une période de deux semaines après la fermeture d'appels d'offres. Mais si la nécessité exige des consultations plus approfondies au sujet des détails des cotations, l'allocation du contrat pourrait prendre plus de temps. Mais cela ne devrait nullement empêcher les autorités de prévoir la cérémonie officielle de la pose de la première pierre du nouveau terminal le vendredi 18 septembre, coïncidant avec la date d'anniversaire de l'ancien Premier ministre et " père de la nation ", sir Seewoosagur Ramgoolam. Dans les milieux autorisés de l'Airports of Mauritius Limited, l'on prend le soin de répondre qu'à ce stade aucune décision n'a encore été entérinée par rapport à la cérémonie de la pose de la première pierre présidée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam.

"Vu que le projet du nouveau terminal de l'aéroport sera exécuté on a Turnkey Basis, plus particulièrement selon le concept d'Engineer, Procure and Construct (EPC), nous prévoyons des séances de présentation de chacune des trois firmes soumissionnaires au cours de la première semaine de septembre. Les représentants de ces firmes devront faire des exposés au sujet des Detailed Designs prévus", a déclaré à Week-End Deva Thancanamootoo, Deputy Chief Executive Officer d'Airport Terminal Operations Limited (ATOL). Le CEO de cette compagnie, dont les principales attributions sont de " secure the financing, manage the project during construction and ensure its commissioning and finally operate the new terminal ", est Bruno Mazurkiewicz. Les principaux partenaires sont Airports of Mauritius Limited (AML), avec 90% des actions, et Aéroports de Paris Management (ADPM) disposant de 10%.

Dans la journée de mardi dernier, le consultant des Aéroports de Paris Ingénierie (ADPi) a animé une présentation des composantes architecturales et structurelles du projet aux représentants des trois firmes chinoises. Ces derniers ont également eu l'occasion de faire des visites sur le terrain en vue de mieux appréhender la topographie. Ils ont également eu droit aux résultats des "Geotechnical Investigations" déjà effectuées pour le compte de l'Airports of Mauritius. Ces séances de travail se sont déroulées en présence du président du conseil d'administration d'Airports of Mauritius, Pazhany Rangasamy, du CEO d'AML, Serge Petit, et du CEO d'ATOL.

Les conclusions de l' "Environmental Impact Assessment" aussi bien que les "Mitigating Factors", inclus dans l'EIA Licence du projet de construction d'un nouveau terminal au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, ont également fait l'objet d'une présentation détaillée. Les représentants de la firme américaine de consultants, Louis Berger Group, recrutée pour assurer la supervision technique des travaux sur le chantier, se sont appesantis tant sur les "Mandatory Requirements" de l'exercice d'appel d'offres que le calendrier de travail à être respecté.

Le nouveau terminal à l'aéroport de Plaisance occupera une superficie de 57 000 m2. Les principales caractéristiques de cette infrastructure aéroportuaire, qui se déclinera sous la forme d'un ravenala (arbre du voyageur), sont les suivantes :

la nouvelle aérogare connectée à l'existante se développant en arc de cercle pour préserver les développements futurs ;

une capacité de quatre millions de passagers, avec une pointe horaire de 1 640 passagers au départ ;

cinq nouveaux postes avions au contact s'ajoutant aux trois postes existants, offrant ainsi un taux de contact exceptionnel ;

quatorze mouvements avions (départ et arrivée) à l'heure de pointe ;

réalisation des travaux dans une emprise dédiée sans impact sur les opérations dans le terminal existant ;

un terminal alliant modernité, fonctionnalité, haute qualité de service et répondant à tous les standards de sécurité et de sûreté le plaçant au rang des aéroports internationaux les plus récents et

un terminal à trois niveaux de trafic permettant une séparation des passagers au départ et à l'arrivée, ainsi qu'un circuit spécifique dédié au trafic vers Rodrigues.


Cette semaine: Délégation de Tianli attendue à Maurice

Le projet de construction d'une zone de coopération économique à Riche-Terre, la Tianli Economic Zone, pourrait connaître une nouvelle étape dans les jours à venir. Une délégation comprenant une quinzaine de représentants et d'officiels de ce groupe économique chinois est attendue à Maurice cette semaine.

L'objectif de ce déplacement consiste à approfondir les consultations avec les autorités locales au sujet de la mise en œuvre de cet important projet de coopération économique entre la République populaire de Chine et Maurice. Ce dossier d'investissements étrangers est suivi avec attention par le Board of Investment (BoI), dont les dirigeants se disent confiants de pouvoir le faire démarrer concrètement sur le terrain à compter de septembre prochain.

Les investissements sont estimés à Rs 20 milliards (700 millions de dollars américains). Cette zone économique, qui devra générer quelque 34 000 emplois, comporte une zone industrielle, une zone logistique, un hôtel pour clientèle d'affaires, un centre d'expositions et de conférences international, des complexes administratifs, une zone commerciale avec des facilités médicales, d'éducation et résidentielles. Les travaux à Riche-Terre s'étaleront sur cinq ans.

Le choix de Maurice pour accueillir ces investissements chinois a été décidé suite à des consultations menées au plus haut niveau de l'Etat chinois par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, en marge du premier sommet Chine-Afrique à Beijing en novembre 2006. Le projet Tianli est présenté comme un parc intelligent d'information et d'incubation, qui devra être exécuté en trois phases. La construction de la première phase devrait débuter en septembre. La deuxième étape portera sur le développement et l'installation des entreprises de haute technologie. Finalement, la troisième phase verra la création d'autres infrastructures et services nécessaires à la région.

Le projet de zone économique de Tianli vise à consolider la position de Maurice en tant que "Hub" économique entre l'Asie, en l'occurrence la République populaire de Chine et l'Afrique, avec Maurice bénéficiant d'un libre accès aux marchés des blocs régionaux du COMESA et de la Southern African Development Community (SADC).



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