s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009



  En vue de sortir de la pauvreté - Pour survivre, des familles se rabattent sur des déchets
  Innovation - Eco-Cleaner: La machine qui révolutionne la transformation des déchets
  Fièvre dengue - Le nombre de cas confirmés triple
  Traite humaine - Les efforts de Maurice reconnus par Washington
  Coopération policère - Les pays de la région s'organisent pour combattre plus efficacement le crime
  Sécurité - Partenariat public/police pour combattre la criminalité à La Tour Koenig
  Infrastructures: Affaire de surestimation des travaux - Appel d'offres relancé pour le projet T.Rouge—Verdun Link Road
  Un documentaire télévisé l'affirme - Maurice serait au cœur d'un trafic de faux médicaments
  Spectacle des chippendales au Indigo club hier - On en a pris plein les yeux
  Célébration - "SOS Village" souffle ses 60 bougies
  Zone franche: entre 2001 à ce jour - 2842 employés toujours sans indemnités de licenciement...
  Toxicomanie - 4 centres s'unissent pour plus d'efficacité
  Drogues et VIH/SIDA - La féminisation discutée à Port-Louis, ce vendredi
  Formation tertiaire - Vatel : "un cursus de grande école dédié à l'hôtellerie"
  Forum débat sur l'avortement - Le Fron Komin lor Lavortman : "Inn ler pou laloi la lev paké alé"
  Diocèse de Port-Louis - Marche Pour les Vocations dimanche prochain


En vue de sortir de la pauvreté

Pour survivre, des familles se rabattent sur des déchets

Le chômage, technique pour certains, et la pauvreté les contraints à trouver des alternatives en vue de subvenir aux besoins de leurs familles. C'est dans le dépotoir où convergent, quotidiennement, une centaine de camions à ordures, que ces hommes et ces nombreuses femmes, accompagnés d'enfants, récupèrent de quoi vendre pour nourrir les leurs. Ils sont sur place tous les jours dès 6 heures du matin. Pendant une journée, ils fouilleront dans des détritus les plus infects et nauséabonds et feront le tri des bouteilles en plastique, sans se protéger de la poussière et des insectes.

La scène est surréaliste. Elle choquerait, voire bouleverserait le regard de ceux qui ne connaissent les affres de la pauvreté que par des comptes rendus, des images et autres témoignages médiatisés ; ceux également qui n'ont, encore, jamais mis les pieds dans ces poches de pauvreté où les maisons ne sont en fait que des pièces en tôle montées dans l'urgence, et rafistolées à l'occasion, pour que leurs occupants se protègent des intempéries. Ces maisons dépourvues de services essentiels, dont un raccordement au réseau d'eau potable… où des enfants dorment à plusieurs sur des matelas à même le sol et où la promiscuité peut provoquer des situations de grossesse précoce. La scène n'est guère surréaliste ; elle ne l'est pas en effet pour ceux qui, de par leur engagement social et militantisme, côtoient et accompagnent de nombreuses familles enclavées dans la misère. Eux, tout comme les plus avertis, savent pourquoi ces quelques hommes et nombre de femmes, accompagnées de leurs petits, se ruent vers des camions déversant une masse de détritus. Ils se jettent littéralement sur ces déchets.

Hommes, femmes et enfants déambulent sur ce répulsif monticule qu'est le dépotoir

A l'entrée du dépotoir, une file de camions, tous remplis de déchets. Roulant au ralenti vers l'autre extrémité de la station de transfert, les véhicules y déversent au fur et à mesure ces ordures ménagères et celles provenant des commerces; celles-ci sont convoitées par des vécus de misère. Entre chaque arrivée de détritus, dont les plus infects, hommes, femmes et enfants déambulent sur ce répulsif monticule qu'est le dépotoir. Scrutant tous les produits pour ne pas passer à côté des "meilleurs", tels des clients ils s'approvisionnent dans ce marché à ciel ouvert au dessus duquel planent des groupes d'oiseaux à l'occasion. Cette "clientèle", d'un autre genre, sait précisément ce qu'elle veut. Jean (34 ans) et Cindy (22 ans) font partie de ceux qui cherchent de la nourriture. Michèle et Véronique (50 ans) et Francine (24 ans) sont comme la majorité des femmes, des habituées du dépotoir. Elles ne ramassent que des bouteilles en plastique et laissent les cannettes et le reste aux autres. Et quand la benne s'active pour se débarrasser de son contenu, une ruée vers les ordures, et non sans effervescence !

Devant la flopée de mouches survolant des crevettes avariées, Jean n'a pas le temps de se soucier de l'hygiène

Accroupi devant un amas de pains tranchés, entiers, jaunis, en partie consommés, Jean, casquette vissée sur la tête, fait le tri. "Ce n'est pas pour moi ! " assure-t-il. Plongeant ses mains dans du pain sale et humide, Jean ne porte pas de gants. D'ailleurs - hormis les chapeaux, pull-overs et sweat-shirts que tous portent -, se protéger de la poussière et des résidus portés par la brise, des odeurs nauséabondes, des moustiques et mouches, ne semble pas une priorité. Devant cette flopée de mouches survolant le petit tas de crevettes avariées, Jean n'a pas le temps de se soucier de l'hygiène. Il explique, "je viens ici tous les jours. Ici je trouve de quoi nourrir mes porcs". Pour des petits éleveurs comme lui, rencontrés sur place, la nourriture déversée au dépotoir est une alternative non négligeable. "On fait des économies ainsi. Chaque mois je dois trouver de l'argent pour acheter de la nourriture pour mes animaux. Avec ce que je trouve ici, je réduis mes dépenses", nous dit un autre jeune homme. Cindy, enceinte de plusieurs mois, en fait de même. En attendant le moment propice pour trier de la nourriture, elle confie qu'elle le fait à mains nues. "Mon compagnon est là aussi, il ne travaille pas", dit-elle. Puis en montrant des restes de nourriture "fraîchement" débarquée, elle lance, "sa manzé restoran sa ! " "Moi, intervient Jean, marié et père de deux enfants, je suis au chômage technique depuis trois semaines. Je suis machiniste. "

Au dépotoir, des règlements ont été instaurés par les habitués ; tous savent qu'ils ont intérêt à ne pas y déroger

Quand Mélanie a entendu dire que le tri et la vente des bouteilles en plastique pouvait lui rapporter quelques milliers de roupies, la jeune femme, qui vit dans une des poches de pauvreté de la région, s'est saisie de l'aubaine. Adossée contre la longue muraille qui délimite le dépotoir, elle attend l'arrivée de bouteilles usées. Contre cette même muraille, plusieurs hommes et femmes ont installé leur "quartier" fait de carton et de plastique, car au dépotoir il y a des règlements instaurés par les habitués et que tous savent qu'ils ont intérêt à ne pas y déroger. Néanmoins, cela n'évite pas pour autant bagarres et autres altercations où les plus forts repartent avec les déchets de leur convoitise. Aux abords de l'entrée de la station, une dizaine d'hommes a monté des abris de fortune et y ont élu domicile, depuis quelques années. Mélanie est convaincue qu'elle fera une bonne pêche dans cette mer d'ordures. Elle n'est pas venue seule. Son mari l'a accompagné. Il est au chômage. Son enfant de deux ans joue dans une boîte en carton. Par terre des biscuits à l'air libre, une "thermos" et une bouteille, l'aideront à passer la journée.

Selon les femmes rencontrées, elles gagnent entre Rs 1 000 et Rs 3 000, dépendant des semaines

Les bouteilles ramassées, qui sont entassées dans de grands sacs, sont récupérées par des camions pour être recyclées. "Nou bizin vey nou sak sinon kapav kokin zot. Selman pa tou létan ki éna vol", explique Véronique, en s'affairant entre de grands sacs. L'on ne voit que sa tête. Véronique vient de Rodrigues. Elle élève seule son fils de 3 ans. "Grâce aux bouteilles, j'ai pu améliorer ma maison, je peux payer quelqu'un pour veiller sur mon fils", soutient-elle. Selon les femmes rencontrées, elles gagnent entre Rs 1 000 et Rs 3 000, dépendant des semaines. "Je m'occupe de mon petit-fils qui est en Form I. Je dois trouver de l'argent pour subvenir à ses besoins. L'aide sociale de Rs 1 000 et quelques sous ne suffit pas", confie Michèle. Toutefois, le prix à payer pour cet argent comprend aussi de longues heures à passer dans le centre de transfert. "On arrive ici entre 6 et 8 heures pour repartir à midi, 13 heures ou plus tard, à 18 heures", indiquent d'autres femmes.

Quelques silhouettes d'enfants et d'adolescents circulent rapidement dans les amas de détritus. Sales et en haillons, ils sont occupés à trouver la moindre ferraille ou du cuivre, qui sera revendu. Mais ce commerce commence déjà à l'entrée du dépotoir. En bordure de route, d'un côté, de vieux appareils électroménagers que des hommes démontent en toute rapidité. De l'autre côté le feu réduit des matelas et d'autres effets en cendre. Les ressorts seront récupérés. Chaque métal compte ! Femmes et enfants s'y mettent aussi. Tout comme au dépotoir les conflits ne sont pas rares. Dans la rue, on hésite pas à sortir des armes tranchantes pour menacer celui qui osera lorgner sur le métal de l'autre.


Innovation

Eco-Cleaner: La machine qui révolutionne la transformation des déchets

Quelle alternative à l'incinération ou l'enfouissement des déchets? Quoi que ces deux filières sont indissociables à l'élimination des déchets ultimes - ce qu'on ne peut revaloriser -, les possibilités sont nombreuses. Les moyens et nouvelles méthodes innovantes, de surcroît écologiques, sont là pour consolider davantage le principe de réduire, de recycler et de réutiliser les déchets (3-R). Un entrepreneur, Serge Boohun, expose dans ce reportage la dernière technologie disponible pour transformer les déchets organiques et fermentescibles à petite ou à grande échelle - de 2kg à 1000kg - en sous-produits réutilisables. Cela en 24 heures! Il s'agit d'une machine capable de produire des engrais, de la nourriture animalière ou du compost à partir des ordures ménagères. Elle a pour nom: Eco-Cleaner.

Alors que les opposants au projet d'incinérateur de déchets à La Chaumière tentent de convaincre le gouvernement de ne pas aller de l'avant avec le projet waste-to-energy Gamma-Covanta; alors que le promoteur questionne les méthodes de l'enfouissement des déchets et assure que son projet est une solution durable pour le pays; alors que des citoyens avertis continuent à croire que le principe des 3-R reste la formule par excellence dans un programme de gestion de déchets; Serge Boobhun, lui, vient soutenir la cause des partisans des 3-R en proposant cette nouvelle machine révolutionnaire.

L'Eco-Cleaner s'appuie sur une technologie mise au point par un groupe d'ingénieurs australiens et français visant à réduire à 90% les déchets ménagers, du moments qu'ils soient organiques et fermentescibles. "Eco-Cleaner CS Series utilise la technologie de pointe fondée sur le principe de l'accélération de la fermentation bactérienne pour pour apporter une solution, écologiquement et économiquement durable, au traitement des différents types de déchets alimentaires", explique Serge Boobhun, ingénieur de profession, et directeur d'une entreprise engagée dans le secteur de la construction, Atlai International Investments Co. Ltd.

Les arguments ne manquent pas pour vanter les mérites de cette nouvelles machine que même Nicolas Hulot, écologiste reconnu et respecté en France et ailleurs, a reconnu les mérites. "Sur un point de vue économique, le coût pour le traitement d'un kilo ou une tonne de déchets est 1000 fois inférieur comparative aux dépenses actuelles du gouvernement dans le traitement des déchets", assure Serge Boobhun qui, sans vouloir jeter de l'huile sur le feu, sait pertinemment bien que le procédé utilisé l'éco-cleaner coûtera encore moins en comparaison aux techniques d'incinération. Il ne tiens pas à polémiquer sur le brûlant dossier d'incinérateur. Il effleure toutefois la question quand il parle des solutions que ces machines peuvent apporter au problématique des déchets, particulièrement sur le plan écologique.

40 tonnes de déchets = 1kg de fertilisants

Cette machine est présentée de façon explicite dans le document d'Atlai International Investments Co. Ltd. Le promoteur est ainsi d'avis que les technologies de l'éco-cleaner offre des solutions immédiates aux problèmes actuels. : "This new technology is of great importance for the safeguard of biodiversity of our planet and is based on accelerated bacterial fermentation during only 24 hours (...) Pollution of the environement by non-treated organic waste constitutes a major problem of our society. In 40 years, the production of waste doubled and reach 1kg a day and per person. The growing accumulation of our waste in dump sites is one of the main reasons of the pollution of underground water suppply. Incineration of organic waste generates a significant atmospheric pollution, especially dioxin emission (...) Burying of organic waste presents two major disadvantages like creating biogas and requires available space... Current technologies used in composting generate pollution and bad smells; moreover the decomposed material obtained by this process cannot be cleared of all undesirable components. In spite of the high cost of corrent techniques, attempts to provide "clean" methods of elimination of organic waste have failed; the research remains ongoing..."

Le caractère révolutionnaire de cette machine reste sans aucun doute sa capacité de transformer des déchets en fertilisants, produits animaliers ou compost dans un très court délai. Le processus de transformation dure 24 heures. Les équipements ont été conçus de façon à recycler une production journalière de déchets organiques variant entre 2kg à 1000kg (une tonne). Le traitement de 40 tonnes de déchets peut offrir un kilo de fertilisants. "Au-delà d'une tonne de déchets par jour, nous proposons des équipements adaptés à la demande du client. Notre technologie vise à vaincre le cercle vicieux de la pollution à travers le recyclage des déchets organiques et de nourriture directement à la source", soutient Serge Boobhun.

Pour le promoteur, qui a déjà commandé un prototype, les équipements eco-cleaner représente une solution durable pour les entreprises ou organismes engagés dans les domaines hôtelier, dans la restaurant, les cantines, les services hospitaliers; dans des lieux publics tels que les aéroports ou le port, ou encore dans les collectivités locales. "Un millier d'unités de transformation d'une capacité d'une tonne peut résoudre immédiatement l'importante charge de déchets organiques produits chaque année", souligne-t-il.

"Sa consommation électrique est équivalente à celle d'une ampoule de 40 watt"

Le calcul est juste. Le pays produit annuellement une moyenne de 400 000 tonnes de déchets. Et selon l'étude la plus récente conduite sur la composition des déchets, les déchets verts et ceux des ménages composent à eux seuls 70% du volume global, soit une moyenne de 280 000 tonnes par an.

Le Directeur d'Atlai International Investments Co. Ltd. a déjà présenté le projet au gouvernement et au Board of Investment (BOI) en vue d'obtenir des exonérations fiscales afin de rendre ces machines plus accessibles aux opérateurs économiques. Selon les premières estimations, une machine d'une capacité d'une tonne pourrait coûter entre Rs 8 à Rs 10 millions. Il a également eu l'opportunité de présenter et de faire des démonstration de la machine lors du dernier salon de HotelWorld Océan Indien, ouvert aux restaurants et hôtelier. "Ceux qui ont découvert le procédé ont été époustouflés", confie Serge Boobhun, qui ajoute que ce projet cadre également avec le concept de Maurice île durable et se place comme une "synthèse" au projet de tri sélectif de l'ONG Mission verte: "Les avantages sont tels que la machine, d'abord, a une "lifetime" de 10 à 15 ans. Elle consomme très peu d'énergie. Sa consommation électrique est équivalente à celle d'une ampoule de 40 watt. Elle ne produit ou n'émet aucun polluant. Elle est facile à opérer et elle est surtout environment friendly. De plus, elle élimine les mauvaises odeurs et réduit la quantité d'insectes ou autres nuisances qui que les déchets attirent. Elle permet le réduire les coûts pour la collecte et l'entrepossage des déchets et représente un avantage certain pour les agriculteurs. Mon souhait est que le pays profite de cette invention."

Entre-temps, cette innovation dans le domaine de traitement des déchets demeure une filière à explorer et qui, de par son potentiel, possède des arguments pour relancer le débat autour du projet d'incinérateur et les alternatives "propres" et moins coûteuses.


La technologie d'Eco-Cleaner selon le promoteur

- La technologie des équipements eco-cleaner est basée sur un contrôle permanent entre le taux d'humidité et de température ambiante pour réguler la vitesse optimale de la fermentation de la nourriture et des déchets organiques.

- L'élimination des mauvaises odeurs, conséquences inévitables de tout processus de fermentation, est effectuée grâce à un filtre doté de micro-organismes spécifiques pour ce genre de fonction

- 33 types de bactéries aérobies thermophiles sont présents dans les machines afin de réduire les déchets. L'origine naturelle de ces bactéries produisent les mêmes effets que ceux qui existent dans l'environnement naturel. En d'autres termes, cette technologie ne pas contaminer l'environnement.

- L'activité de micro-organismes décuplée par le contrôle de la température élevée des machines, au cours du processus de fermentation, amène la destruction complète des parasites, des œufs d'insectes et de divers microbes.- Les techniques conventionnelles de traitement des déchets organiques peut provoquer un processus de fermentation secondaire dans le sol avec des effets indésirables tels que la production de dioxyde de carbone, l'ammoniac et de méthane. Ces gaz nocifs détruisent les racines des plantes. L'ensemble des déchets avec de l'eau peut causer une nouvelle fermentation qui affaiblit et peut détruire des plantes situées à proximité de la substance restante. Par contre, les substances organiques produites par le procédé d'Eco-Cleaner ne pourra jamais provoquer la fermentation secondaire, car elles sont principalement composées d'azote, acide phosphorique, de glucose, d'acides aminés et de minéraux.


Fièvre dengue

Le nombre de cas confirmés triple

En une semaine, le nombre de cas de fièvre dengue recensés dans le pays a triplé. Le ministère de la Santé fait état de 208 cas confirmés sur 514 tests effectués. Au 12 juin, on comptait 72 cas, mais dans le privé, on s'avançait à dire que le nombre de cas de dengue était supérieur à ce chiffre. Après une réunion tenue vendredi dernier au ministère de la Santé avec les représentants des médecins privés et ceux des cliniques privés, cette instance indique que les derniers chiffres annoncés tiennent compte des cas enregistrés tant dans les hôpitaux, les cliniques privées qu'auprès des médecins du privé. La plupart ont été observés dans la région de Port-Louis, apprend-on, même si d'autres zones ont été touchées. D'autres analyses sont en cours. Toutefois, selon nos informations, il ressort qu'une stabilisation du nombre de cas se profile, d'autant qu'une baisse de la température a été notée. Mais les autorités ne souhaitent pas se prononcer avant d'en avoir la certitude. La prévention demeure la priorité du moment.

Si les autorités attendent les derniers résultats d'analyses effectuées ce week-end avant de se prononcer, des professionnels du secteur de la santé restent convaincus que la dengue, qui suscitait une préoccupation certaine il y a deux semaines, est en voie d'être contenue. Cela, en dépit du fait que les chiffres démontrent que le nombre de cas confirmés a triplé en une semaine. Cet optimisme relève, selon nos informations, du fait que suivant les analyses des deux derniers jours, la tendance s'oriente vers la baisse. D'une soixantaine de cas suspects, une dizaine seulement seraient des cas confirmés. De même, compte tenu de la baisse notée dans la température, qui ira s'accentuant selon les dernières informations de la météo, le climat ne serait plus propice à la prolifération des moustiques. Mais la Santé ne souhaite pas se prononcer sur la question. L'inquiétude reste donc de mise.

D'ailleurs, c'est en vue de s'assurer de la précision des chiffres que le ministère de la Santé a rencontré en fin de semaine les diverses parties concernées. Il ressort que la plupart des cas confirmés recensés proviennent des hôpitaux. Une trentaine de cas seulement seraient des patients du privé. Néanmoins, dans le privé, on indique que les chiffres exacts ne sont pas forcément compilés. "Certes, chaque médecin, de par le Public Health Act, a l'obligation d'informer le ministère de chaque cas privé recensé. C'est ce que nous avons fait. Mais nous devons tenir compte que certaines personnes souffrent peut-être de la dengue, sans toutefois avoir consulté un médecin. Voilà pourquoi nous devons rester prudents dans les statistiques", indique un médecin du privé. Toutefois, soutient-on par ailleurs dans le privé, Maurice a réagi à temps et a pris les mesures appropriées en vue de minimiser l'impact de cette maladie infectieuse virale. L'on affiche la confiance à l'effet que l'épisode de la dengue ne sera pas comme celui du chikungunya vu que le public mauricien y est mieux préparé.

Rajesh Jeetah, ministre de la Santé a pour sa part saisi l'opportunité de cette réunion de vendredi dernier pour réitérer son appel aux cliniques et aux médecins privés d'avertir le ministère de tout cas suspect. La maladie ne pourra être contrecarrer qu'avec la collaboration de tous, a-t-il affirmé. Et de rappeler au public d'appliquer les mesures de prévention. Au niveau de l'État, la fumigation et l'opération anti-moustique et anti-larve lancés par le ministère de la santé se poursuit dans différentes régions, même si Port-Louis reste le foyer de la fièvre dengue.


Traite humaine

Les efforts de Maurice reconnus par Washington

Le rapport du département d'Etat américain sur le "Trafficking in Persons" 2009 a amélioré le classement de Maurice, qui passe du "Tier 2" au "Tier 1", compte tenu des efforts déployés par les autorités en vue de lutter contre cette forme d'esclavage moderne. Une copie du rapport a été présentée officiellement à l'Attorney General, Rama Valayden, par la Chargée d'Affaires à l'ambassade américaine, Virginia Blaser, en présence d'Indranee Seebun, ministre des Droits de la Femme. La veille, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait procédé au lancement de ce rapport sur le plan international.

"Human trafficking is a clear and grave infringement on an individual's human rights. It is why Mauritius and the United States have worked so hard to improve our independent and mutual efforts against this problem. After six years of hard work, Mauritius is among the world's leading nations enjoying a position of Tier 1 ranking", a déclaré Virginia Blaser.

La Chargée d'Affaires américaine a retracé les différentes étapes ayant débouché sur cette reconnaissance des faits, dont la campagne de sensibilisation au sein de la population, des procédures pénales contre ceux impliqués dans ces activités illicites ou encore un monitoring systématique au niveau de l'immigration et un renforcement de la loi-cadre.

De son côté, l'Attorney General s'est appesanti sur le fait que Maurice n'avait d'autre choix que de prendre des mesures pour lutter contre la traite humaine. "Ce dossier était important pour moi. Je faisais partie de l'équipe ministérielle, qui avait présenté et défendu le dossier de l'Aapravasi Ghat. Ce fut la même chose pour Le Morne. Aujourd'hui, ils font partie du patrimoine de l'UNESCO. Ces deux sites représentent historiquement les pires affronts infligés à l'homme. La traite humaine est une forme moderne d'esclavage. Mauritius can't fail because of our History which is one of bondage and quasi-servitude", a déclaré Rama Valayden.

Poursuivant son intervention, l'Attorney General a soutenu qu'il n'était pas question de faire la sourde oreille aux problèmes de société. "Nous savons ce qui se passe avec les jeunes qui viennent de Rodrigues. Nous savons ce qui se passe à Grand-Baie, à Roche-Bois et à Rose-Hill et dans les salons de massage. Nous devons poursuivre nos efforts car il n'y a pas de place pour la complaisance. Nous allons renforcer les lois, notamment concernant le monde du travail et les gens de maison", a-t-il fait ressortir en se félicitant de l'engagement de la ministre Indranee Seebun et des Organisations non-gouvernementales dans cette lutte.

Pour sa part, Mme Seebun affirme que le changement intervenu dans le classement de Maurice est accueilli avec un soulagement vu qu'en 2005, Maurice figurait sur la "Watchlist" des Américains dans ce domaine.


Coopération policère

Les pays de la région s'organisent pour combattre plus efficacement le crime

La sécurité dans les pays de l'océan Indien ont été au menu des discussions, cette semaine, entre policiers des différents états membres de la Commission de l'Océan Indien (COI). Le terrorisme et la piraterie, entre autres, ont fait partie des sujets abordés durant cette réunion qui a eu lieu aux Casernes centrales. A l'issue de la réunion, il a été décidé qu'une base de données propre à chaque pays sera créé et que cette base de données pourrait être mise en commun entre les différentes forces policières des îles de la région. Manquait à l'appel: un représentant de la police de Madagascar; situation politique précaire oblige.

Lors de cette rencontre, où le surintendant Devanand Reekoye, n° 2 de la Central Criminal Investigation Division (CCID) représentait Maurice, tandis que le Colonel Remanjon représentait la partie réunionnaise/française, il a été décidé qu'une assistance mutuelle approfondie sera prodiguée entre pays de la région en cas de nécessité. Ainsi, chaque pays membre de la COI va créer une base de données criminelles, qui sera mise en commun par la suite. Cela permettra aux pays de la région de mieux se préparer en cas d'évasion de suspects vers l'un de ces pays. Les crimes trans-régionaux ont également été abordés lors de ce volet des discussions. La nécessité de renforcer le système juridique des pays membres de la COI afin de combattre de type de crimes a aussi été mise en relief.

En ce qui s'agit du Monitoring des mouvements de suspects entre les différentes îles, le contrôles des aéroports et des ports de la région sera renforcée. Pour ce qui est du terrorisme, un Pool de compétences sera mis en commun par chacun des pays membres afin de mieux se préparer à combattre ce fléau, qui peut aussi prendre la forme de prises d'otage, de crimes d'incendie, et des attentats, entre autres. Toujours dans le domaine de la coopération régionale en matière de police, les participants ont conclu qu'un traité d'extradition de prisonniers entre pays membres de la région devrait être paraphé au plus vite afin de faciliter le déplacement de ceux-ci vers leurs pays respectifs.

Les discussions ont également porté sur les moyens qui peuvent être mis en œuvre afin de faciliter l'établissement des commissions rogatoires.


Sécurité

Partenariat public/police pour combattre la criminalité à La Tour Koenig

Prôner un dialogue plus fréquent entre la police et les habitants d'une région. C'est le leitmotiv développé par l'Assistant-surintendant Navin Kumar Bhantooa, responsable des postes de police de La Tour Koënig et de Pointe-aux-Sables. C'est dans cette optique que l'ASP Bhantooa et ses hommes animent une série de réunions ces temps-ci avec les habitants de ces régions. En fin de semaine, ces policiers ont rencontré les habitants des appartements de la National Housing Development Company (NHDC). Ce dialogue franc, cordial et ouvert, qui a été salué par les habitants de ces complexes, a permis, selon l'ASP Bhantooa, de faciliter le travail de la police puisque le quartier co-opère bien mieux, mais aussi de conscientiser ces personnes à être "more aware" de ce qu'eux-mêmes peuvent faire afin d'aider la police dans son travail.

Ces réunions, qui ont duré environ une heure, ont permis aux habitants des quartiers susmentionnés de faire part de leurs inquiétudes, mais aussi des problèmes qui touchent directement la vie dans la région, à savoir la drogue, l'alcoolisme, et ceux que peuvent poser la circulation routière. Pour l'ASP Bhantooa, interrogé par Week-End hier au sujet de sa démarche, cette interaction est nécessaire afin d'instaurer un meilleur partenariat entre la police et le public, et aussi de montrer à celui-ci que les forces de l'ordre ne sont pas indifférents à leurs problèmes.

"Nous ne prétendons pas venir résoudre le problème de la drogue du jour au lendemain à La Tour Koënig, par exemple. Mais en travaillant en étroite collaboration avec le public, nous pouvons avoir de meilleurs résultats. Et nous avons déjà fait baisser le taux de criminalité dans la région. Ce que nous faisons, avec le public et en collaboration avec la police anti-drogue et l'Emergency Response Service (ERS), nous donne aussi de meilleures assises pour mieux agir et afin d'être plus efficaces", a-t-il fait ressortir.

Depuis quelques temps déjà, dit-il, un travail systématique a été fait auprès des boutiquiers de la localité, en ce qu'il s'agit des braquages. "Nous avons eu des sessions de travail avec les boutiquiers de la région, qui nous ont fait part de leurs problèmes. Comme je l'ai dit dans le courant de la semaine dans les réunions, ce n'est pas possible de mettre des patrouilles à surveiller le centre commercial 24h sur 24 par exemple. Mais, par contre, en conscientisant les boutiquiers à se responsabiliser eux-mêmes, ils ont développé le réflexe de nous avertir dès qu'il se passe quelque chose d'anormal. Ainsi, nous avons pu arrêter des suspects qui surveillaient une boutique, et élucider de tels cas de braquage", a-t-il cité en exemple.

Pas insensibles

En ce qu'il s'agit du fléau de la drogue dans la région, l'ASP a aussi souligné qu'à l'issue de telles réunions, certaines personnes l'ont approché pour lui faire part du fait qu'il y a des drogués dans leur famille, voire des vendeurs. Et que très souvent, dit-il, ces personnes ne savent pas à qui se confier. "C'est ce type d'interaction que nous voulons encourager et aussi faire comprendre aux gens que nous ne sommes pas insensibles à leurs problèmes", a-t-il insisté. Ainsi, avec la collaboration des habitants du quartier, un plan de travail encore plus systématique a été élaboré. "Notre travail se déroule encore mieux avec le support du public", a-t-il fait ressortir.

Toujours grâce à l'apport du quartier, les policiers de La Tour Koënig ont pu mettre un terme aux velléités d'une bande de jeunes, qui avait l'habitude de se regrouper dans les rues et de semer la pagaille. "Tout cela est rentré dans l'ordre", dit-il. Son équipe a aussi pu établir qu'une bande d'étudiants de la région s'adonnait, après les heures de classes, à toutes sortes d'activités suspectes à la Place de l'Immigration à Port-Louis.

Sous son impulsion, le poste de police de Pointe-aux-Sables a décroché l'Award de la fonction publique en ce qui concerne la qualité de son service. Depuis peu, l'ASP Bhantooa a obtenu la responsabilité du poste de police de La Tour Koënig. Et entend y faire la même chose.

Aux Casernes centrales, le bon travail accompli par l'ASP Bhantooa et ses hommes n'a pas manqué d'être salué. Pour le Police Press Officer (PPO), le sergenty Lindsay Mirthil, le Community Policing tel qu'il est pratiqué dans ces régions, est un motif de satisfaction. "Ce travail remarquable s'inscrit dans le cadre de la politique prônée par le Commissaire de Police, en favorisant une collaboration plus étroite entre le public et la police. C'est à ce prix que la bataille contre la criminalité sera gagnée", a-t-il fait ressortir.


Infrastructures: Affaire de surestimation des travaux

Appel d'offres relancé pour le projet T.Rouge-Verdun Link Road

Le gouvernement a finalement tranché dans ce que l'on pourrait appeler l'affaire de surestimation des travaux dans le projet d'infrastructure routière, la Terre Rouge-Verdun Link Road. L'appel d'offres initial et réservé au compagnies chinoises a en effet été annulé, selon les sources officielles. Le Premier ministre ne serait pas étranger à cette décision, car, d'après les différentes analyses, si le gouvernement avait retenu une des des offres des quatre compagnies chinoises sélectionnées, le pays aurait été contraint de dépenser près de Rs 1 milliard en plus sur ce projet. Week-End en avait fait état dans ses précédentes éditions en comparant les "rates" pratiqués sur le marché local et ceux proposés dans dans les offres chinoises. Le financement de ce projet du côté de la France est désormais d'actualité.

La décision du gouvernement d'annuler cet exercice d'appel d'offres est accueilli avec satisfaction dans le milieu des opérateurs économiques à Maurice. Le projet Terre Rouge-Verdun Link Road, piloté par la Road Development Authority (RDA), a suscité nombre d'interrogation depuis l'ouverture des offres l'année dernière au Central Procurement Board (CPB). Week-End avait alors fait état des possibilités d'une surévaluation des coûts des travaux par les compagnies chinoises auxquelles l'appel d'offres était exclusivement réservé.

Ceci résulte d'une des conditions imposées par les autorités chinoises qui avaient consenti à financer le projet à travers un emprunt de l'Export Import Bank of China (EXIM Bank). Parmi les quatre soumisionnaires sélectionnés par le CPB, c'est Beijing Construction Engineering Group qui avait soumis l'offre financière la moins élevée, soit Rs 2,8 milliard. Les trois autres compagnies avaient fait l'offre suivant: China International Water and Electric Corporation (Rs 3,9 milliards), Beijing Zhuzong Group (Rs 3 milliards) et China Jiangsu International (Rs 3,2 milliards).

Or, le projet avait été évalué à Rs 1,2 milliard par la firme française BCEOM une année avant l'exercice d'appel d'offres. Les offres chinoises avaient ainsi soulevé pas mal d'interrogations dans le milieu des opérateurs locaux, estimant que leurs offres étaient "excessivement" élevée. "Les "bids" ne reflètent pas les tarifs qui sont actuellement pratiqués sur le marché", indiquent-ils, "la surestimation avoisine le Rs 1 milliard". Certains opérateurs du privé auraient également rencontré le ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Anil Bachoo, pour partager leur désapprobation.

A un moment, le CPB avait d'ailleurs confirmé l'élément de surestimation dans une correspondance adressée à Beijing Construction en insistant que "its bid price was 70% above estimated cost of the works". Lors d'une des réunion du Conseil d'administration de la RDA, la question avait également été évoquée, même si elle ne figurait pas à l'ordre du jour de la réunion. Le directeur par intérim de la RDA avait alors indiqué que l'appel d'offres allait être relancé. Quelques semaines plus tard, le CPB, décida de renégocier les prix avec le "lowest bidder", Beijing Construction Engineering Group, en lui demandant de revoir à la baisse son offre financière. Une invitation qui n'était pas du goût du sousmissionnaire qui, quelques jours après, devait loger une injonction contre cette même décision. "The CPB has no power in law or right, title or capacity to invite all the bidders to make such revised financial proposals as all the bidders are aware of all the financial proposal of all the other bidders", est-il souligné dans sa plainte logée en Cour suprême.

Un nouvelle tentative de renégocier, cette fois, uniquement avec la compagnie chinoise devait se solder par un rabais de Rs 300 millions seulement. Face à cette situation, le CPB et la RDA ont fini par annuler l'appel d'offres, les nouvelles instructions venant, cette fois, d'un échelon plus haut à l'hôtel du gouvernement. Dans ce même milieu, on laisse entendre que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le ministère des Finances ne seraient pas étranger à ce développement, car même avec une révision de l'offre chinoise à la baisse, l'Etat risquait de perdre plusieurs centaines de millions de roupies dans ce projet.

Bachoo confirme lors d'une PNQ

L'annulation de l'appel d'offres se confirme d'ailleurs au travers de la réponse parlementaire du ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Anil bachoo. Répondant à une Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, le 1er juin de ce mois, il révèlera qu'une assistance financière de la France était recherchée pour le projet Terre Rouge-Verdun Link Road. Cela suite à des problèmes survenus avec la partie chinoise. Répondant aux interpellations supplémentaires du leader de l'opposition, le ministre devait apporter les éléments suivent dans sa réponse.

Bérenger : Dois-je comprendre que l'exercice d'appel d'offres sera exclusivement réservé à des firmes françaises ?

Bachoo : Je ne suis pas au courant des conditions imposées par la France.

Bérenger : Dans l'éventualité où le contrat est octroyé à une firme étrangère, veillera-t-il à ce que la main-d'œuvre mauricienne soit recrutée ?

Bachoo : Of course. Le Premier ministre ne rate jamais une occasion de faire un appel en faveur du recrutement de la main-d'œuvre mauricienne dans des contrats décrochés par des firmes étrangères.

Ce qui confirme que ce projet a pris du retard après plusieurs tentatives de renégocier les prix avec les chinois. Dans le milieu des opérateurs économiques, la décision du gouvernement d'annuler ce "tender" est interprété comme une "décision réaliste" compte tenu de l'offre "surréaliste" des compagnies chinoise et des doutes concernant la participation de la main-d'oeuvre locale dans les travaux de réalisation.

Pour rappel, le projet Terre Rouge-Verdun Link Road a été initié par le gouvernement dans le but de créer route alternative permettant aux automobilistes de se rendre ou quitter le nord de l'île sans avoir à passer par Port-Louis. Selon les experts, le projet est susceptible de réduire jusqu'à 20% le nombre de véhicules qui utilisent le corridor Caudan-Quai D pour accéder au nord de l'île. La deuxième phase des travaux reliera Verdun à Ebène. L'appel d'offres sera bientôt lancé.


Un documentaire télévisé l'affirme

Maurice serait au cœur d'un trafic de faux médicaments

Est-ce que Maurice serait au cœur d'un circuit de production et de distribution de faux médicaments ? Le journaliste français Patrice Dutertre répond par l'affirmative dans un document vidéo qu'il a réalisé en 2006. Intitulé "Trafic mortel, quand les médicaments tuent", ce documentaire de 52 minutes été diffusé en avril dernier sur la chaîne de télévision franco-allemande ARTE. Voici le texte de présentation de ce documentaire : "Une équipe de documentaristes, le réalisateur et Michel Koutouzis, spécialiste des poly-trafics pour l'Union européenne et l'ONU, ont suivi de l'Inde à la côte africaine toutes les étapes d'un trafic de faux médicaments, de la production à la revente. De Mumbai, ils nous emmènent en Tanzanie et au Kenya principalement, en passant par l'Île Maurice et Zanzibar. Le trafic de faux médicaments rapporte plus de 40 milliards d'euros, soit près de 10% du marché mondial du médicament, et touche le monde entier." Ce documentaire sera présenté mercredi prochain à Paris dans le cadre des activités du CEIAS (Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud).


Spectacle des chippendales au Indigo club hier

On en a pris plein les yeux

Ils ont été quatre - quatre hommes au bras de fer, au corps parfait et au coeur d'ange qui ont charmé et fait vibrer toute une assistance composée exclusivement de femmes. Tantôt en pompier, tantôt en marin, les quatre professionnels de danses exotiques ont conquis l'audience. Ils ont déchaîné la foule par leurs danses sensuelles et cette dernière est repartie émerveillée telles des étoiles qui brillaient.

Assise tranquillement sur des tabourets répartis çà et là dans la salle, l'audience attendait impatiemment le spectacle, mais aucun signe des chippendales ni de l'animateur Maista. Toutefois, aux environs de 21H35, une voix se fit entendre accompagnée d'une musique plutôt électrique. "Your first sex lesson is now opened". Le single "Let's get started" a dès lors commencé à battre son plein à la grande satisfaction de celles présentes, qui ont aussitôt commencé à frapper des mains vigoureusement. 21H55! Apparaît l'animateur Maista qui procède à des questions-réponses pour faire la promotion des sponsors. La soirée transpirait la convivialité de par les différentes musiques, l'atmosphère qui prévalait mais surtout les jeux qui se déroulait sous la tutelle de l'artiste Maista. La décoration principalement composée de larges papillons blancs avec les ailes écartées symbolisent la liberté ; liberté d'expression pour les chippendales et surtout pour les femmes venues en masse.

Enfin, après une trentaine de minutes, une lumière aveuglante se mit à étinceler à l'annonce de l'arrivée des chippendales sur scène. Les éclats de voix de l'assistance se mirent à se mélanger laissant place à un public "chaud" et excité par ces trois corps musclés dont deux des visages étaient à moitié cachés par des casquettes. Au son des musiques rythmées par le DJ féminin de la soirée, un des chippendales, Riaan Wyk, s'est jeté dans la foule.

Habillés différemment, les chippendales ont donné le vertige à celles présentes. Tântot en pompier tantôt en marin, les différents styles de danses interprétées ont grandement impressionné celles présentes. Tous les moyens étaient bons pour captiver la foule - spirale de feu, lampe de torche, éponge mouillée à l'eau de savon. Les pas et les mouvements des danses interprétées étaient principalement concentrés sur les fesses et les parties intimes pour accentuer la sensualité aux mélanges exotiques.

Participation de l'assistance

Les chippendales se jetaient non-seulement sur les femmes mais les propulsaient également sur la scène en guidant les mains de ces dernières. Wayne Pereira, le plus expérimenté de la troupe a alors rejoint la foule en bougeant de façon à simuler l'acte sexuel, geste grandement apprécié par plusieurs. Cette scène a plus tard été reproduite par deux filles dans l'assistance qui sont alors reparties avec des cadeaux offerts par les sponsors. La plupart des danses interprétées par les quatre étaient sobres à l'exception de certaines qui plus osées laissaient découvrir leurs strings et leurs fesses. Ce n'est qu'à la fin du spectacle après presque deux heures d'attente, que Wayne Pereira s'est finalement dévêtu en entier à la grande satisfaction de la foule excitée et émerveillée.

Transporter par les chippendales

Composée majoritairement de femmes de la trentaine et de la quarantaine, l'assistance a donné libre cours à ses sentiments sans aucune restriction. Elle s'est laissée emporter par les flots de lumière et transporter par la musique en se déhanchant au rythme sensuel des chippendales. La soirée a été l'occasion pour beaucoup d'entre elles de se retrouver entre copines rien que pour une soirée entre "filles". Par contre, d'autres étaient en groupe et on pouvait compter la maman, la fille et également les personnes âgées. "Nous sommes les fidèles d'Indigo car nous sommes à notre troisième spectacle. C'est mieux que maman soit à côté de ma soeur et moi car nous serons portées nous contrôler par respect pour elle", explique Rajshree mariée et âgée de 27 ans. La grosse majorité présente ont aussi affirmé se sentir en sécurité car explique-t-elle, "C'est moins risqué vu que le sexe masculin n'est pas admis". Même son de cloche de la part des gardes de sécurité qui eux affirment qu'ils seront en mesure de relâcher la surveillance et pourront de ce fait apprécier le spectacle. La soirée était exceptionnelle selon Corinne, Annielle et Sheila. "Il nous faut plus de soirées de ce genre à Maurice. On s'est amusée comme des folles. C'était trop cool même l'animation était trop cool. Chapeau à l'animateur!", déclare Annielle âgée de 40 ans.

Le spectacle, n'a fait que des heureux. Les chippendales interrogés après le spectacle, ont confié que les Mauriciennes qui étaient un peu réservées au début, se sont laissées aller au fur et à mesure que le show s'est chauffé et qu'ils ont été plus qu'impressionnés par la foule. "It was amazing. It was an electrified crowd", déclarent-ils.


Passion devenu métier

Ils sont grands, beaux, musclés et ont un coeur à vous faire fondre. Ils sont Paulo Barrote, Riaan Wyk, Fabio La Mantia et Wayne Pereira. Ces quatre passionnés et professionnels de danses exotiques sont en tournée à Maurice pour deux soirées où ils assurent un spectacle "hot" haut en couleur. Originaires d'Angleterre et d'Afrique du Sud, ils décrivent leur passion devenue leur métier comme "the best job in the world". Leur travail, disent-ils, leur apporte beaucoup. "We have performed in different countries where each has it's own culture which without doubt, we embrace", confient-ils. Et d'ajouter avec un sourire, "we get a sense of freedom when we are on stage and of course, we meet hot girls. Yeah!! In fact, in Mauritius there are hot girls". Les chippendales ont aussi une vie en dehors de leur shows, même s'ils sont très sollicités. Wayne Pereira qui compte quinze années comme chippendales et Fabio La Mantia qui lui n'a que trois ans d'expérience sont mariés. Si Fabio La Mantia affirme que sa femme est très compréhensible, Wayne Pereira confie quant à lui, que sa passion est souvent source de conflits dans son couple. Il est également à noter que ces messieurs ont tous un métier en dehors de se déhancher pour le plaisir de ces dames...


Célébration

"SOS Village" souffle ses 60 bougies

Placé sous le thème "A loving home for every child", l'organisation mondiale des "SOS Villages" célèbre ses soixante années d'existence. Hier, samedi, une journée sportive et récréative a été organisée au stade "Germain Commarmond" de Bambous pour les 141 enfants de "SOS Village" pour marquer l'évènement. Le ministre de la Femme, Indira Seeburn, a lors de son allocution, salué l'effort des ONG qui œuvrent pour le bien-être des enfants. "Si SOS pas ti rekeillir et pas ti donn soutient, accompagnement necesser à bann zenfan mo deman moi kot sa bann zenfan la ti pu ete zordi?", dit-elle. Elle a également lancé un appel pour que "SOS Village" continue de recueillir des enfants qui ont eu moins de chance dans la vie. A l'occasion, une maman et deux adolescents ont fait part de leurs réflexions sur ce que "SOS Village" les ont apporté dans leurs vies respectives. Le chant officiel de "SOS", "Here I am", a été lancé et a été interprété par deux adolescents. La chanson parle d'amour, de respect et de sécurité.


Zone franche: entre 2001 à ce jour

2842 employés toujours sans indemnités de licenciement...

Licenciés après plusieurs années de service au sein des entreprises de textile, ils sont 2842 personnes à attendre le paiement de leurs indemnités de licenciement entre 2001 à ce jour. Ces travailleurs sont regroupés au sein de sept usines de textile ayant fermé leurs portes au cours de cette période. Cette liste est cependant loin d'être exhaustive compte tenu des autres cas qui sont en suspense et qui n'ont pas été rapportés. Ce présent relevé a été effectué par la textile Manufacturing and Allied Workers Union (MAWU) en rapport avec les employés qui sont syndiqués au sein de cette même organisation.

"Dans le cas de ces 2,842 employés concernés, tous sont éligibles à percevoir une indemnité de licenciement. Il y en a qui compte 20 ans de service au sein d'une usine sans avoir obtenu, à ce jour, le moindre sou. Le cas de Corotez date par exemple de 2001. A ce jour aucune somme n'a été versée aux 668 travailleurs depuis la fermeture de leur usine en septembre 2001. Neuf travailleurs sont entretemps décédé sans jamais pouvoir profiter de leurs dues. Pour ce faire, il faut trouver Rs 15,6 millions", explique Faizal Ally Beegun, président de la MAWU, qui ne manque pas de souligner que ces dernier cas, ainsi que les autres travailleurs concernés, ont déjà obtenu un jugement en leur faveur devant la Cour industrielle. "Le "ruling" est en leur faveur. Ils méritent d'obtenir une compensation en tant que travailleur", soutient-il.

La plupart de ces cas de fermeture d'usine ont eu lieu entre 2001 et fin 2008. Les entreprises ont par la suite été placées sous administration judiciaire. Les travailleurs ne sont ainsi pas concernés par les nouvelles lois proclamées le 2 février de cette année, l'Employment Relations Act et l'Employment Rights Act, qui offrent des programmes pour venir en aide aux licenciés. A l'instar du Workfare Programme, qui permet à un employé licencié de bénéficier d'une formation tout en percevant une partie de son salaire pendant une année.

Hormis le cas de Corotex, selon le relevé de la MAWU, quelque 2,200 travailleurs font face à la même situation. Dans le cas de Texel par exemple, 1,135 travailleurs attendent toujours le paiement d'une compensation. Sur cette même liste, 105 employés de Bourgeon Garments Ltd, 138 chez City Knitwear, 239 chez Bentley Apparel, 3007 chez Southern Textile et 250 chez Job Textile/Palmeira Ltd attendent que leur cas soit considéré par les Receiver Managers nommés par les créanciers.

"La question a été discutée avec ceux concernés, ainsi que les autorités gouvernementales. Nous avons eu des réunions avec l'ex-ministre du Travail et des relations industrielles, le Dr Bunwaree, ainsi que les officiers du ministère de l'Industrie. Dans une des réunion avec le ministre Bunwaree, nous avions compris qu'il existait un fond crée par l'ancien gouvernement pour venir en aide aux licenciés. Ils avait confirmé qu'il y avait quelque Rs 22 millions dans ce fond. Or, ce même fond n'a jamais été utilisé. Pourquoi? Il aurait pourtant pu être utilisé pour alléger la souffrance de ces travailleurs," estime le syndicaliste.

Ce dernier évoque également le cas de Job textile et Palmeira, entreprise qui a été placée sous administration judiciaire, après que le propriétaire s'est envolé vers Madagascar, laissant l'usine avec plusieurs millions de dettes et ses employés sans salaires. Une enquête du Receiver Manager avait permis de conster un détournement de Rs 40 millions vers une autres entreprises basée dans la grande île. A ce jour, le propriétaire est toujours recherché, alors que les employés se sont retrouvé dans la rue sans le moindre sou.

Pour le président de la MAWU, le gouvernement devrait aider à trouver une solution pour ces travailleurs, même s'il se dit conscient que "nous sommes en situation de crise." "Ils ne peuvent être des laissés-pour-compte, car ils doivent être protégés contre ces risques autant que l'employeur", dit-il avant d'ajouter que la plupart de ces employés avaient retenu les service de Rama Valayden comme homme de loi avant qu'il ne soit nommé Attorney General: "il connaît ces dossiers. Sur une base humanitaire, le gouvernement se doit de considérer ces cas", avance-t-il.


Toxicomanie

4 centres s'unissent pour plus d'efficacité

"Ansam pou enn lil Moris san la Drog" tel sera le thème autour duquel le Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie, La Chrysalide, le Centre d'Accueil de Terre Rouge et Etoile d'Espérance rencontreront le public à la Place Raymond Chasle, Rose-Hill, le samedi 27 juin. La veille, le monde observera la journée internationale contre l'abus des drogues. Une occasion aussi pour ces centres engagés dans le traitement et la réhabilitation des personnes souffrant de dépendance aux drogues et à l'alcool de consolider leurs liens. Réunis au sein du Comité Inter Centres depuis 2007 ils ont décidé de joindre leurs efforts et connaissances pour professionnaliser le service et arriver à plus de respect.

L'aggravation du problème de la toxicomanie à Maurice exige un service mieux adapté de la part des ONG engagées. "On ne peut plus faire dans l'à peu près", dit Véronique d'Unienville, présidente de l'association Étoile d'Espérance. L'efficacité des actions passe par un service adapté à la situation, la formation, le partage des connaissances, la professionnalisation et la reconnaissance du métier et une meilleure coordination entre les partenaires. C'est pour atteindre ces différents objectifs que le Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie, La Chrysalide, le Centre d'Accueil de Terre Rouge et Etoile d'Espérance se rejoignent au sein d'un même comité depuis octobre 2007. Ces structures sont engagées dans le traitement, la réhabilitation et la réinsertion de personnes souffrant de dépendance aux drogues et à l'alcool. Ils fonctionnent selon le même mode en offrant une prise en charge résidentielle, un programme de rétablissement par l'abstinence et intègrent aussi les parents et les proches des patients dans leurs thérapies respectives. La mise en commun des efforts et des ressources étaient, de là, normale.

"Une meilleure vie sans produit, un rétablissement durable "

Alors que les circonstances l'ont amené à devenir un élément clé au sein de la société : "Le travailleur social n'est pas reconnu, il n'est vu ni comme une ressource humaine, ni comme un professionnel ", regrette Véronique d'Unienvielle. Vers la mise à niveau recherché et le respect, la création d'une école de formation pour les animateurs a été identifiée comme l'un des principaux besoins. Une réflexion a déjà commencé et des professionnels seront approchés pour aider à l'élaboration de ce projet. Le but sera de pourvoir les animateurs en connaissances et de leur permettre d'acquérir "les outils thérapeutiques les plus adaptés et qui ont fait leurs preuves." En attendant des ateliers de formation avec le soutien des experts de la Réunion ont déjà été organisées à l'intention des animateurs des centres. Le partage des expériences continue à travers le dialogue ouvert au sein du comité tandis

que échanges inter-centres ont commencé ce mois-çi. Le samedi 27 juin les membres de ces différentes structures sont à la place Raymond Chasle, Rose-Hill, pour mieux se faire connaître du public et surtout pour répondre aux questions et interrogations.

L'un des autres grands objectifs du Comité Inter Centre est de réunir les expériences pour "consolider le Drug Free Program. " A savoir une thérapie visant à libérer la personne de toute dépendance aux substances. "Nous avons choisi cette approche parce qu'elle fonctionne ", dit Nancy Veerayen, directrice du Centre de Solidarité. Elle permet : "Une meilleure vie, sans produit, un rétablissement durable ", précise Véronique D'Unienville. Ce qui contrairement à la Méthadone, qui lorsqu'utilisée dans le cadre d'une thérapie de substitution, ne guérit pas le patient de la dépendance. Directrice de La Chrysalide, Marlène Ladine rappelle qu'à travers cette approche le choix et la liberté sont donnés aux patients d'aller vers un programme mieux adapté à sa situation : "Nous voulons donner la possibilité à ceux qui veulent devenir indépendants de pouvoir le faire. " Le Comité Inter Centres compte désormais s'ouvrir davantage aux autres partenaires et développer des partenariats avec des organisations étrangères. Les quatre centres seront aussi réunis sur la même page WEB. Dans l'ensemble de leurs actions, elles espèrent le soutien des bailleurs de fonds et des autorités.


Drogues et VIH/SIDA

La féminisation discutée à Port-Louis, ce vendredi

Women in Networking (WIN) s'intéresse cette fois à la situation des femmes face à la drogue et au VIH. Principaux invités à la conférence, prévue à 17h30 le vendredi 26 juin à la municipalité de Port-Louis, Nicolas Ritter et Imran Dhannoo viendront surtout parler de l'urgence. Parce que de plus en plus de femmes sont exposées, ce qui les entraîne dans des conditions d'extrême vulnérabilité.

Imran Dhannoo du Centre Idrice Goomany et Nicoles Ritter, de PILS, parleront de la féminisation du problème de la consommation des drogues et de l'épidémie du SIDA, vendredi. Ce sera à la salle du conseil de la municipalité de Port-Louis dans le cadre d'une conférence de Women in Networking (WIN). Organisée dans le cadre de la Journée Internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues cette rencontre sera l'occasion de souligner un délicat problème souvent passé sous silence. En 2004, le Rapid Situation Assessment de la NATRESA estimait à plus de 6000 le nombre de femmes usagères de drogues injectables. Au fil des années, le nombre aurait augmenté, le phénomène frappant des femmes de plus en plus jeunes. Certaines en pleine adolescence. Parfois sous la pression des amis, souvent sous les encouragements de leurs conjoints ou partenaires eux-mêmes déjà toxicomanes. Une fois dépendantes, plusieurs d'entre elles sont poussées vers la prostitution, par exemple ou dans d'autres rouages inhumains.

C'est à travers ce mode que plusieurs femmes ont été contaminées par le VIH. Mais beaucoup plus l'ont été à travers des relations sexuelles non-protégées. Le plus souvent avec leurs époux ou conjoints respectifs. Il y a quelques années, les statistiques de la AIDS Unit indiquaient que plus de la moitié des femmes testées séropositives étaient des femmes au foyer sans histoire. Contrairement à leurs époux infidèles ou usagers de drogues. Depuis quelques années, c'est ainsi que l'on note une hausse de plus en plus importante du nombre de femmes positives aux VIH et aux hépatites.

Préjugés

Toxicomane ou/et séropositive, la femme se retrouve dans une situation davantage difficile. Ecrasée par les préjugés et la stigmatisation, elle est souvent contrainte de vivre sa situation dans la solitude et la clandestinité se retrouvant dans l'incapacité de se faire aider et soutenir. A Maurice, pour rappel, il n'existe qu'un centre exclusivement dédié et adapté au soin des femmes dépendantes aux drogues : La Chrysalide. Etoile d'Espérance prend, de son côté, en charge les femmes souffrant de dépendance à l'alcool. Depuis quelques temps, d'autres structures, dont le Centre Goomany, ont commencé à revoir leur système pour accomoder des femmes. L'implication des autorités gouvernementales face à ce problème reste minime. Elle se limite souvent au financement partiel des ONG.

Entre-temps, lorsqu'une femme est touchée par l'un ou l'autre de ces problèmes, en l'absence d'un encadrement adéquat l'impact et directement ressenti sur toute la famille. Il peut même contribuer à l'éclatement de la cellule et à une perte totale de repères pour les enfants. Chez la femme enceinte, cette situation réclame des mesures exceptionnelles. La prise de drogue ayant des répercussion sur le développement du foetus. Des précautions sont aussi nécessaires pour que le bébé ne soit pas contaminé par sa mère au moment de l'accouchement si cette dernière est séropositive. En 2008, 45 femmes enceintes ont été trouvées positives. Elles ont été testées dans le cadre des examens de routine qui leur ont été proposées par les services prénataux. Les résultats de ces tests auront permis aux futures mères de suivre un traitement visant à éviter la transmission du virus vers l'enfant à naître.

Album d'espoir

Mais des espoirs pour les femmes existent. Ils passent avant tout par la reconnaissance du problème et le soutien de la société civile en attendant un engagement réel et soutenu du gouvernement. D'où la pertinence de l'initiative de WIN. De son côté, c'est aussi un grand message d'espoir que lancera le Centre Goomany à la municipalité le 24 juin. Il s'associera au lancement de l'album d'une des femmes qu'il accompagne depuis quelque temps. Placée sous méthadone, encadrée par les animateurs du centre, cette dernière a appris à reprendre sa vie en main. Ce qui lui a permise de travailler sur ce projet d'album.

C'est aussi le 24 juin que l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime procèdera au lancement de son World Drug Report annuel à Washington. Ce rapport fait un état des lieux de la situation touchant à la production, au trafic et à la consommation des drogues dans les pays du monde. Depuis quelques années, il indique que Maurice a le plus haut taux de consommateurs d'opiacés en Afrique et est la deuxième plus haute prévalence mondiale. A souligner que le thème de la journée internationale est un message envoyé aux jeunes du monde :" La drogue contrôle-t-elle ta vie? Ta vie, ta communauté. Pas de place pour la drogue".


Formation tertiaire

Vatel : "un cursus de grande école dédié à l'hôtellerie"

"Le juste équilibre entre théorie universitaire et expérience professionnelle". C'est le concept pédagogique que propose Vatel - spécialiste français de la formation en hôtellerie. Dans le cadre de son développement dans l'Océan Indien, l'établissement s'est adossé à Intelissenses pour proposer ses formations sur le territoire mauricien. C'est ainsi que depuis mars dernier, Vatel dispense ses cours de formation de niveau international aux détenteurs du HSC, Bac ou autre diplôme équivalent. Cette formation - Bachelor Degree en Hôtellerie - d'une durée de trois ans a reçu l'accréditation de la Tertiary Education Commission (TEC). L'ambition de Vatel est d'instruire les jeunes pour défendre la réputation et maintenir le niveau d'excellence de l'hôtellerie mauricienne. Afin de mieux faire connaître l'institution et ses formations au public mauricien, Vatel prévoit une journée portes-ouvertes le 27 juin, de 9h à 17h dans ses locaux à Quatre Bornes.

Une meilleure formation pour une qualité de service supérieure. C'est l'objectif que s'est fixé Vatel en s'installant à Maurice. Cette ambition émane du constat dans le secteur, qui fait état d'une baisse dans la qualité des prestations offertes dans nos hôtels. Un constat établit par les hôteliers eux-mêmes, basé sur les commentaires des clients, indique le directeur de Vatel Maurice, Renaud Azéma. "Face aux enjeux de l'industrie, on s'aperçoit que le personnel est insuffisamment formé, voire - dans certains cas - pas formé du tout. Maurice a une réputation internationale que nous devons défendre et maintenir. C'est pourquoi nous devons miser sur la formation. Une formation de qualité. Et basée sur l'ouverture internationale", ajoute-t-il. C'est ainsi que depuis 2007, Vatel, approché par la Bank of Investment (BoI), s'est déplacé à Maurice. Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, dont l'accréditation de la TEC, Vatel a démarré ses cours en mars dernier. Une quinzaine d'étudiants, dont des étrangers suivent actuellement la formation menant à un diplôme de "Manager en Hôtellerie Internationale". Ces cours qui sont les mêmes dispensés par les 22 autres établissements Vatel dans le monde, comprennent un vaste choix de matières pour projeter l'étudiant au titre de Manager en Hôtellerie.

Apprentissage pluridisciplinaire

Le directeur de Vatel rappelle que l'un des atouts majeurs qui contribuent au succès de l'établissement réside dans son apprentissage pluridisciplinaire qui répond parfaitement aux attentes de la profession. Ainsi, l'enseignement dispensé par Vatel ne se limite pas à celui d'une école hôtelière. L'institution oriente sa formation vers les disciplines qui élèvent les étudiants au rang de cadres opérationnels et cadres dirigeants. Parmi les matières à l'étude : la gestion, le marketing, la finance, les ressources humaines, l'informatique, la culture professionnelle, la nutrition, une langue étrangère… Le concept d'enseignement de Vatel reste fondé sur le juste équilibre entre théorie universitaire (savoir) et expérience professionnelle (savoir-faire et savoir-être), souligne Renaud Azéma. Le cursus est ainsi composé de trois années d'études, dont la première année comprend un semestre académique de vingt semaines, dont dix semaines de cours théoriques et dix semaines en entreprise. Le deuxième semestre comprend lui un stage de quatre mois. L'enseignement pratique est assuré au sein des hôtels partenaires de Vatel Maurice. L'équipe pédagogique de Vatel est composée de dix formateurs, dont quatre étrangers. A partir de la deuxième année d'études, les étudiants peuvent effectuer des transferts à l'étranger, sous conditions d'échange. Les cours sont dispensés à plein temps. Toutefois, l'établissement mauricien se pense mettre sur pied un programme à temps partiel qui s'adressera aux professionnels. "Nous espérons le présenter avant la fin de l'année", confie Renaud Azéma.

Un recrutement basé sur la personnalité

Vatel s'est dotée pour mission de former des cadres opérationnels et dirigeants de l'hôtellerie et du tourisme dans un contexte mondialisé. Ainsi, les étudiants désireux de suivre l'enseignement de Vatel à Maurice sont conduits à suivre le même programme que leurs homologues des écoles françaises, celui-ci est cependant enrichi de certaines spécificités propre au contexte mauricien. C'est dans cette optique que l'établissement tertiaire de Quatre Bornes propose une série d'activités, notamment le cheval, l'initiation au golf, la voile, le tennis... en vue de mieux familiariser les futurs managers à leur environnement professionnel. Il existe deux possibilités de rentrée scolaire annuellement chez Vatel, l'une en mars et un autre en septembre. Actuellement, l'administration est en pleine phase de recrutement. 30 étudiants de six nationalités différentes seront recrutés en septembre pour la seconde rentrée. L'établissement se prépare aussi à accueillir les étudiants mauriciens. Le directeur de Vatel Maurice explique que le recrutement se déroule en plusieurs phases. Les intéressés doivent d'abord remplir un formulaire de candidature ou envoyer une demande de recrutement. Vient ensuite les étapes de sélection, qui comprend entre autres une série de quatorze tests en vue d'évaluer les connaissances des candidats par rapport à la culture générale, la maîtrise de la pression professionnelle, la communication... La totalité des frais pour ceux qui intègrent Vatel s'élève à Rs 472 000 pour trois ans. La première année d'études qui coute quelques Rs 165 500 doit être réglée en intégralité. Les étudiants mauriciens peuvent ensuite s'acquitter de leur frais sur une base mensuelle pour la deuxième et troisième année. Pour finaliser le recrutement pour la rentrée de septembre 2009, une journée portes-ouvertes est organisée le 27 juin, de 9h à 17h, dans les locaux de Vatel à Quatre Bornes. Les candidats intéressés et leurs parents auront la possibilité de rencontrer les étudiants actuels et d'échanger avec eux sur l'intérêt du programme d'études Vatel.

Participation mauricienne au Hospitality Concept Show

Dès le mois de septembre, six étudiants de Maurice partiront dans une autre école Vatel, à Dubai, Marrakech et Nîmes) pour le seconde année. "Il s'agit là de l'ouverture de Vatel au monde. Un concept qui privilégie l'importance d'une formation internationale dans le domaine de l'hôtellerie et du Tourisme", souligne Renaud Azéma. Ce dernier rappelle que les plus hauts représentants de la profession hôtelière internationale ont plébiscité la formation de Vatel, en décernant pour la 1e fois à une école, l'Hospitality Award dans la catégorie Meilleure programme de formation. Entre autres distinction, l'école a également été classée en 2007, à travers une étude Ifop menée auprès de 152 responsables hôteliers en Europe, 1ère école en Europe dans sa catégorie. Les étudiants du programme Vatel à Maurice auront prochainement l'occasion de recevoir les vainqueurs du premier Hospitality Concept Show, organisé lors de la 3e Convention Internationale de Vatel. Cette compétition, organisée au profit des étudiants de l'ensemble des écoles Vatel du monde, a couronné le travail des étudiants de Vatel Mexico. Les deux lauréats seront bientôt à Maurice pour une semaine. La seconde édition de ce concours se tiendra l'année prochaine à Marrakech et les étudiants de Maurice pourront y participer.


Forum débat sur l'avortement

Le Fron Komin lor Lavortman : "Inn ler pou laloi la lev paké alé"

tergiversations autour de la question de l'avortement n'ont que trop durées. "Inn ler pou laloi la lev paké alé", clame le Fron Komin lor lavortman. Lors d'un forum-débat organisé vendredi soir à la salle du Conseil de Beau-Bassin Rose-Hill, les différents orateurs se sont attardés sur la pertinence de la loi contre l'avortement - qui date de 1938 - dans le contexte actuel. Intervenant au téléphone, l'Attorney général, Rama Valayden, a laissé entendre qu'une nouvelle loi serait en préparation.

Après sa requête pour la suspension de la loi contre l'avortement en attendant la fin des débats parlementaires sur la question, le Front Komin lor lavortman a organisé vendredi dernier un forum débat autour de "The 1838 abortion law: Its relevance today". Une occasion pour les intervenants de s'attarder sur l'énoncé de cette loi qui "continue à faire des milliers de victimes parmi les mauriciennes". C'est ainsi que plusieurs points du Criminal Code 235 ont été décortiqués. L'avocat et ancien ministre de la Justice, Jean-Claude Bibi est ainsi revenu sur "ce problème qu'après tant d'années nos responsables politiques n'ont toujours pas pu adressé et qui cause la détresse de milliers de femmes". Il s'est appesanti sur le terme "crime" tel que le souligne la loi contre l'avortement, déplorant son "l'injustice". Me Kishore Perthab a lui insisté sur les deux versions, anglaise et française du code 235. Il a ainsi souligné la confusion que créent ces deux versions notamment avec la mention de "'quick with child' et de la fausse couche" et de "femme enceinte et d'avortement". Le Dr Ram Seegoobin a, lui, abordé, entre autres, le contexte dans lequel cette présente loi a été créée en 1938 en réponse à une situation où l'avortement correspondait à des méthodes barbares alors qu'aujourd'hui, avec l'avancement technologique, l'avortement est une pratique médicale.

Si plusieurs ambiguités de la loi contre l'avortement ont ainsi été mis en exergue, l'intervention au téléphone de l'Attorney General a suscité l'intérêt du Fron Komin lor Lavortman. Rama Valayden a en effet rappelé qu'un pas doit être fait en avant sur cette question qui a récemment provoquée une prise de conscience de part et d'autres. L'Attorney General a laissé entendre qu'une nouvelle loi serait en préparation et attendrait de passer devant le Cabinet. Il a également lancé un appel pour que ce débat ne soit pas sujet à un débat émotionnel ou religieux, mais placé dans la réalité. Ce forum sur la pertinence de la loi contre l'avortement a soulevé différentes réactions dans le public, composé également des protagonistes contre l'avortement. Certains d'entre eux, ont toutefois quitté la salle avant la fin du débat…


Diocèse de Port-Louis

Marche Pour les Vocations dimanche prochain

C'est dimanche prochain, 28 juin qu'a lieu la traditionnelle Marche pour les Vocations du diocèse de Port-Louis. Cette année, cette marche coïncidera avec l'ouverture, sur le plan diocésain de l'Année Sacerdotale proclamée par le Pape Benoît XVI.

"Konfians, leve… Zezi apel twa": tel est le thème 2009 de cette marche qui vise, explique-t-on à l'évêché, à "mobiliser les chrétiens sur l'urgent besoin des vocations dans l'Eglise". Elle vise aussi à recueillir des fonds pour, surtout, financer la formation des quatre séminaristes (dont deux Rodriguais) qui poursuivent, actuellement, leurs études en France en vue de devenir prêtres.

Encore une fois, la marche se déroulera en deux temps : l'accueil, le matin à partir de 9h30, au Collège St Mary's à Rose-Hill d'où les participants se dirigeront vers le Thabor à Beau-Bassin à partir de 12h45.

La messe présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, débutera à 14h00 dans les jardins du Thabor. C'est lors de cette célébration que l'évêque catholique procédera officiellement à l'ouverture pour le diocèse local de l'Année Sacerdotale qui s'achèvera en juin 2010 et qui sera l'occasion, dit l'Eglise, de "redécouvrir la beauté et l'importance du sacerdoce".

Cette année coïncide avec le 150e anniversaire du décès du Curé d'Ars, Saint Jean-Marie Vianney, prêtre français du 19e siècle que l'Eglise présente comme l'exemple même du prêtre par excellence.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009