p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009



  La Banque de Maurice étant dans l'illégalité - "The guy must go…"
  Pravind Jugnauth, leader du MSM: - "Il ne faut pas voir en la crise internationale comme un bouc-émissaire"
  L'intégration de Joe Lesjongard et de Sekar Naidu - La décision ratifiée hier par le Comité central du MMM
  Assemblée Nationale — Mardi dernier - Rodrigues au centre des préoccupations
  Beau Bassin/ Rose Hill - Les élus MR continuent à se déchirer


La Banque de Maurice étant dans l'illégalité

"The guy must go…"

"The guy must go". Le départ du Gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick a été réclamé hier par le leader de l'opposition qui dit avoir été induit en erreur par lui et maintenant qu'il a été établi que c'est la Banque de Maurice qui est dans l'illégalité et non pas le ministre des Finances. "C'est extrêmement grave et choquant que, malgré les provisions claires de la Bank of Mauritius Act, son rapport pour la période 2007/2008 se terminant au 30 juin 2008 n'ait pas été soumis au ministre des Finances et déposé sur la table de l'Assemblée nationale jusqu'ici, soit un an après. C'est unique au monde et c'est sans précédent qu'une banque centrale viole la loi" , a déploré Paul Bérenger.

Quant au communiqué "interminable", dont s'est fendu la Banque de Maurice pour s'expliquer sur la non-soumission du rapport de ses activités, c'est "adding insult to injury" a observé le leader de l'opposition qui souligne qu'il y a eu trois appels d'offres pour l'impression du rapport, que le premier a été estimé trop long, qu'il y a eu un deuxième exercice avec cette fois un problème de "binding" remplacé par la méthode "hot glued" et que le troisième, supposément le bon soumissionnaire retenu par la BOM, qui, lui, est venu dire qu'il doit faire effectuer le travail à l'étranger.

"Ça même li assez pour ki Bheenick allé!", s'est-il exclamé avant de s'interroger sur les compagnies concernées par les appels d'offres et, celle, étrangère qui est impliquée. "Soit éna scandale, soti éna corruption, soit éna incompétence qui pa kapav mesuré", a dénoncé Paul Bérenger qui, après être revenu sur le constat jugé tardif du Gouverneur quant au taux dérisoire de rémunération de nos placements à l'étranger alors que nos emprunts sont facturés à un coût bien supérieur, ce qui fait perdre des millions au pays, a évoqué tout ce qui, de son point de vue, aurait dû amener Manou Bheenick à partir.

"Avec toutes sortes de conflits, à la BOM, c'est le Far-West, il y a eu toutes sortes d'abus et la liste serait trop logue à énumérer", a constaté le leader de l'opposition qui a parlé des Rs 25 millions dépensées pour les 40 ans de la banque centrale, le fait que le Gouverneur passe systématiquement outre des décisions du conseil d'administration avec le dernier conflit en date culminant avec la déclaration de Manou Bheenick à l'effet que la Banque de Maurice n'est pas la "boutique du coin". Aussi, il a réclamé le départ du Gouverneur qui "nous fait honte et qui, après avoir fait perdre des centaines de millions au pays, est en train de faire de la banque centrale un véritable bazar".

A l'heure des questions, le leader de l'opposition s'est montré encore plus sévère vis-à-vis du Gouverneur l'accusant, lui, de transformer la banque centrale en "moins qu'une boutique du coin". Quant à l'affirmation selon laquelle la banque doit prendre des risques pour s'assurer que ses placements soient mieux rémunérés, il a dit que "le plus grand risque pour Maurice, c'est Bheenick lui-même!", rappelant que s'il dit ne pas toucher ses salaires, il refuse néanmoins de donner le détail des dépenses entourant ses déplacements à l'étranger.

Renchérissant, il déclare être incapable de répondre à la question de savoir pour quelles raisons le Premier ministre le maintient à son poste. Quant à savoir si ce n'est pas une anomalie que ce soit le PM qui nomme le Gouverneur et que ce soit au ministre des Finances de répondre de ses agissements au Parlement, Paul Bérenger a dit que c'est logique que ce soit le chef du gouvernement qui désigne le gouverneur qui est un des postes les plus importants du pays mais que c'est au ministre des Finances de répondre pour des détails techniques.

Tout en assurant ne pas en faire une affaire personnelle, il a ajouté que, pour la dépolitisation de la nomination à un tel poste il aurait été souhaitable que ce soit le président qui désigne le Gouverneur de la Banque de Maurice après consultations avec le Premier ministre et le leader de l'opposition.

Rodrigues: "Les positions du PM ont empiré une situation déjà explosive"

C'est, par ailleurs, avec tristesse que le leader de l'opposition a constaté la réaction très négative à Rodrigues après les prises de position adoptées par le Premier ministre suite à la Private Notice Question qu'il lui a adressée mardi dernier. "Cela a été très mal reçu et a empiré une situation déjà explosive", a déclaré Paul Bérenger soulignant qu'après que Navin Ramgoolam a lui-même reconnu que Rodrigues est la partie la plus affectée de la République par la crise économique, il fallait dégager un vrai Stimulus Package en sa faveur.

Le leader de l'opposition a aussi considéré comme "fausse et inacceptable" l'interprétation que le Premier ministre a de l'autonomie et les limitations qu'il lui trouve en dépit de la clarté de la loi votée par l'Assemblée nationale. Très mal reçue aussi, "la façon cavalière" dont le chef du gouvernement a répondu sur une prochaine visite dans l'île disant attendre les vacances parlementaires pour s'y rendre.

Paul Bérenger a, par ailleurs, estimé "dangereux" que Navin Ramgoolam ait menacé ceux qui pousseraient les Rodriguais à manifester leur colère sans donner de précisions sur les personnes visées avec pour résultat que tous se sentent menacés à Rodrigues.

Le leader du MMM est aussi étonné que le Premier ministre ait été inacapble de donner les noms des deux compagnies qui ont fait une demande pour desservir Rodrigues et qu'il n'ait pas été, non plus, en mesure, d'indiquer l'identité du partenaire sud-africain de Solit-Air. "Je demande au Premier ministre de se ressaisir sur le dossier de Rodrigues, d'agir et de s'y rendre vite. Il est encore possible de corriger le tir et c'est ce que je souhaite", a-t-il déclaré.

Répondant aux questions de la presse sur l'utilité d'avoir un ministre pour Rodrigues dans le cadre de l'autonomie, Paul Bérenger a dit que c'est un peu à contrecœur et pour faire du "fire-fighting" qu'il a évoqué cette possibilité et qu'il l'a fait parce que la situation est grave et qu'il y a un gouvernement qui a une mauvaise conception de l'autonomie et qui ne la respecte pas.

Il a aussi ajouté qu'après avoir écouté le Premier ministre, il a réalisé que le côté jacobin et centralisateur n'est pas le seul fait du ministre des Finances, mais celui de tout le gouvernement. C'est le contraire du MMM qui, au gouvernement, avait, après Rodrigues, également voté une loi pour la décentralisation de l'administration régionale, des municipalités et, surtout, des conseils de district.

Autre sujet évoqué au point de presse d'hier, Air Mauritius pour dire que trop c'est trop et qu'il faut en finir avec les zigzags et la confusion parce que les salariés, les actionnaires et la population veulent connaître la vérité sur ce qui est un patrimoine national. Le leader de l'opposition a ainsi critiqué le fait, qu'un jour, le ministre Duval vienne dire que la compagnie n'est plus dans le rouge et qu'elle a remboursé Rs 400 millions et que, quelques temps après, Air Mauritius vient dire qu'elle a réalisé des pertes catastrophiques de Rs 4 milliards à mars 2009.

Paul Bérenger s'est dit intéressé à connaître les chiffres tels qu'ils évoluent depuis avril dernier, de l'impact du taux de change entre euro et dollar, s'il y a eu des découverts et ce qu'il est advenu des réserves de la compagnie d'autant que si le CEO Manoj Ujodha affirme que la situation reste fragile, le ministre Duval, lui, s'obstine à vouloir créer un "feel good factor".

Interrogé sur les déclarations des responsables du dossier qui, en présentant un bilan qui fait état de Rs 4 milliards de pertes, font comme si c'était des profits, il a dit qu'à chaque fois que les résultats sont présentés, il y a une explication pour dire que si on exclut ceci ou cela, il y aurait eu des profits et que c'est le ministre Duval qui veut laisser cette impression non sans avoir relevé que si le Premier ministre lui a repris le dossier de Airports of Mauritius Ltd, il ne l'a pas encore fait pour Air Mauritius.


Le MMM demande au PM de ne pas proposer le DNA Bill ce mardi

Commentant, ensuite, le DNA BIll, "texte très important et qui peut avoir un impact considérable sur les libertés individuelles", il a dit que de telles législations ont, ailleurs, comme en Grande-Bretagne, été soumises à de longs débats avant leur adoption d'autant qu'il s'agit d'un sujet technique et très compliqué. Le texte proposé au Parlement, a-t-il, paraît correct mais il faut plus temps pour en étudier les détails, comme la responsabilité écrasante donnée au Forensic Science Laboratory pour le traitement des données avec la question de savoir si ce département dispose de toutes les compétences pour ce faire.

Le MMM, dit-il, demande au Premier ministre de ne pas proposer le DNA Bill en deuxième lecture ce mardi, une semaine seulement après sa circulation afin que les parlementaires aient le temps de consulter les spécialistes, les techniciens, les légistes et les défenseurs des droits de la personne. Répondant à des questions sur ce sujet, il s'est déclaré pour une telle législation qui, bien que comportant les précautions d'usage, doive être pleinement débattue au préalable. Il a aussi dit ne pas y avoir relevé des clauses qui sont contraires à la constitution.


Motion d'annulation des prix des produits pétroliers débattue mardi

"La STC est l'institution la plus scandaleuse…" affirme le leader de l'opposition

Non à toute augmentation tant qu'il n'y a pas une enquête complète sur la State Trading Corporation et tant que les directeurs actuels seront toujours en poste et qu'il n'y a pas de nettoyage à son pus haut niveau. C'est la position que compte adopter le leader de l'opposition lors de la présentation de sa motion d'annulation de la dernière augmentation des prix des produits pétroliers et qu'il a annoncé hier.

Paul Bérenger a, d'ailleurs, émis l'opinion que la "STC est l'institution la plus scandaleuse et la plus incompétente du pays et c'est la population qui en fait les frais". "Nous allons instruire un véritable procès de la STC au nom de la défense des intérêts des consommateurs et du public voyageur en général."


Pravind Jugnauth, leader du MSM:

"Il ne faut pas voir en la crise internationale comme un bouc-émissaire"

"Alors que le gouverneur de la BoM ne cesse de tirer la sonnette d'alarme, Sithanen continue, lui, de cacher la vérité"

"Alors que le gouverneur de la Banque de Maurice ne cesse de tirer la sonnette d'alarme, le ministre des Finances continue, lui, de cacher la vérité. Il ne faut pas trouver en la crise internationale comme un bouc-émissaire. Des indicateurs économiques se sont détériorés depuis longtemps"; ce sont là des propos de Pravind Jugnauth hier. Le leader du MSM qui ne démord pas et prend toujours pour cible favorite Rama Sithanen.

Malgré le fait que, explique M. Jugnauth, le gouverneur de la Banque de Maurice ne cesse de "tirer la sonnette d'alarme", le ministre des Finances continue, selon lui, à "cacher la vérité". Le leader du MSM se réfère à une déclaration de presse de M. Manou Bheenick parue dimanche dernier dans laquelle il déclare: "Je me suis fait taper sur les doigts pour des perspectives pessimistes".

Pravind Jugnauth salut "le courage" du gouverneur de la BoM dont les dernières publications, explique-t-il, attirent l'attention sur, notamment, des chiffres, selon lui, inquiétants, dont ceux du déficit du compte courant et du taux d'épargne. Il rappelle que selon M. Bheenick, la dette publique représente 60% du Produit Intérieur Brut (PIB).

Pour M. Jugnauth, avec l'emprunt de Rs 15 milliards auprès du Fonds Monétaire International (FMI), il est "clair" que le chiffre de la dette "dépassera les normes établies sous le Debt Management Act". "Si l'on continue ainsi, dit-il, l'on n'en sera pas loin des Rs 200 milliards de dette publique d'ici à fin décembre 2009". Cette situation au niveau d'un certain nombre d'indicateurs économiques qu'il juge "catastrophique", Pravind Jugnauth estime qu'elle ne "date pas d'aujourd'hui".

"Il ne faut pas, déclare le leader du MSM, toujours trouver en la crise internationale comme une sorte de bouc-émissaire. La situation est très grave. Il ne faut pas cacher la vérité". Or, déclare M. Jugnauth, voilà que le ministre des Finances, de passage en Afrique du Sud, déclare à Reuters que Maurice is not in trouble.

Evoquant encore l'Additional Stimulus Package (ASP), il réitère sa demande de "transparence" dans la manière dont l'argent des contribuables est distribué. Pravind Jugnauth allègue, en effet, que certains bénéficiaires feraient preuve, "de manière déguisée", de "certaines largesses" de l'argent public qui leur serait alloué.

Quant aux difficultés rencontrées par les entreprises d'exportation, il met en garde le ministre contre la tentation de "tomber dans la facilité" comme, dit-il, en 2006 quand la roupie a connu une dépréciation de 20%. M. Jugnauth accuse M. Rama Sithanen de ne pas faire grand cas de la perte "dramatique" du pouvoir d'achat des consommateurs.

Il se dit sur ce point aussi en accord avec le gouverneur de la BoM qui préconise le juste équilibre entre les impératifs des secteurs d'exportation en difficulté et l'intérêt des consommateurs "comme je l'avais fait quand j'étais ministre des Finances". Le leader du MSM précise, ainsi, qu'il n'est pas "contre l'aide aux entreprises".

Il rappelle avoir, à l'époque, suspendu, pendant une période, la taxe frappant l'huile lourde du CEB. Ce qui, dit-il, a profité à l'ensemble des consommateurs "dont les entreprises". Selon lui, une telle initiative pourrait, tout aussi, par exemple, être envisagée en vue de soulager notamment les entreprises en difficulté en diminuant leurs charges.

"Le MSM solidaire des Rodriguais dans l'angoisse"

Abordant la situation à Rodrigues, Pravind Jugnauth adhère au sentiment exprimé par le Premier ministre à l'effet que les Rodriguais font face, actuellement, à une situation "encore plus difficile". Il dit la solidarité de son parti avec "les Rodriguais dans l'angoisse" mais dit comprendre aussi les impératifs de l'Etat et, surtout, la situation financière d'Air Mauritius.

Il appelle au dialogue le gouvernement, l'Assemblée régionale et les opérateurs de la petite île "dans le respect de l'institution républicaine et l'autonomie rodriguaise". "Les dirigeants, dit-il, doivent être à l'écoute en vue d'un plan capable de venir à la rescousse de l'économie rodriguaise".

Quant aux pertes annoncées jeudi de Rs 3.8 milliards pour Air Mauritius pour l'exercice 2008//09, le leader du MSM dit vouloir connaître, en dépit de ce bilan négatif, les raisons de l'optimisme affiché par la direction de la compagnie aérienne. Il dit, en effet, ne pas s'expliquer cet "optimisme surprenant" et s'attend à ce que Air Mauritius annonce les mesures de redressement de la situation et établir une échéance de sortie de crise "dans l'entière transparence".

Aussi évoquée la situation "déplorable" à la Corporation Nationale de Transport (CNT), notamment, les "manquements" au niveau de la gestion. Pravind Jugnauth rappelle que pas plus tard qu'en 2006, la CNT avait réalisé des profits de Rs 37.8 millions. "Je comprends, dit-il, l'inquiétude des 3000 salariés. Il faut des mesures correctives".

Il se dit, d'autre part, "heureux" du dénouement pour ce qui concerne le "kalimaye" de St Paul. "C'est tant mieux qu'un accord ait été trouvé". Toutefois, M. Jugnauth explique qu'il existe, ailleurs, d'autres cas de tapage nocture susceptibles d'incommoder et pour lesquels il faut trouver des solutions. Quant aux constructions illégales de toute nature, particulièrement, sur les terres de l'Etat, elles sont inacceptables, estime le leader du MSM.

Pravind Jugnauth se dit aussi "préoccupé" par l'épidémie de fièvre dengue. Il veut, surtout, savoir si cette maladie a été "importée" ou si -"encore plus grave", dit-il - elle est survenue sur place, dans l'île. Il appelle les autorités à renouer avec les programmes intensifs de démoustication du passé et qui se sont révélés positifs tant dans la lutte contre la malaria dans le temps et le chikungunya bien plus récemment.

Le leader du MSM dit se joindre à la responsable de l'Apravasi Ghat Trust Fund, Mme Vijaya Teelock qui a dénoncé la démolition du Merchant Navy Club, un bâtiment datant du 19e siècle et qui se situe dans le buffer zone de l'Apravasi Ghat. Pravind Jugnauth juge cela grave dans la mesure où une telle chose peut remettre en question le statut de "patrimoine mondial" attribué l'Apravasi Ghat.


L'intégration de Joe Lesjongard et de Sekar Naidu

La décision ratifiée hier par le Comité central du MMM

Le Comité central du MMM, réuni, hier, a, à l'unanimité, ratifié la décision d'intégrer, en son sein, Joe Lesjongard et Sekar Naidu. Les deux députés, interrogés par Week-End, hier, à l'issue de cette réunion, se sont déclarés "heureux" de cette décision. Comme l'avait prévu, hier, le leader du MMM, la question de l'adhésion de ces deux nouveaux membres est passée comme "une lettre à la poste".

Paul Bérenger devait d'ailleurs, lors de sa conférence de presse d'hier matin, souligner que le "MMM, ce n'est ni le PTr ni le MSM, c'est une vraie démocratie et ajouter aussi avoir "été étonné" de la façon dont la réunion du comité régional du No 4, Port-Louis Nord/Montagne, circonscription de Joe Lesjongard, s'est déroulée mercredi dernier.

Lui-même et Rajesh Bhagwan s'attendaient, dit-il, à des interrogations serrées des militants mais qu'il n'en a rien été et que Joe Lesjongard a tout de suite été accepté, certains demandant même quand est-ce que leur nouveau collègue va commencer à travailler sur le terrain avec eux.

Dans le cas de Sekar Naidu, également bien accepté par le comité régional du No 20, Beau-Bassin/Petite Rivière, vu son éloignement plus ancien du MSM et sa proximité affichée avec les militants de la région, certains en étaient venu même à croire qu'il y était déjà depuis longtemps.

Joe Lesjongard et Sekar Naidu vont maintenant intégrer le bureau politique du MMM, les députés siégeant de facto à cette instance qui, lors de ses réunions hebdomadaires du lundi, débat aussi des travaux parlementaires.

Interrogé, hier après-midi par Week-End, après la ratification de son adhésion au MMM, le député du No 20 a déclaré que "ça me fait un immense plaisir et je suis très honoré et très fier d'avoir été accepté à l'unanimité par les militants. Maintenant que c'est fait, place au travail".

De son côté, Joe Lesjongard a déclaré qu'il est "content d'intégrer pleinement le MMM et que les choses se soient très bien passées au comité central". Cela démontre, dit-il, qu'au MMM, "il y a des consultations à tous les niveaux. Il a remercié le leader du MMM ainsi que l'équipe de la circonscription du No 4 qui l'a bien accueilli et qu'il faut maintenant travailler comme on l'a fait dans le passé".

Le député s'est aussi dit heureux de "se retrouver dans un parti qui a une vision pour l'île Maurice et une équipe qui est prête à implémenter cette vision, à un moment où le pays a besoin de personnes qui ont la volonté et l'expérience pour le sortir de ses difficultés avec la crise financière et l'incapacité du gouvernement de l'Alliance sociale à y faire face".

Pour Joe Lesjongard, "le MMM est en train de mettre toutes les chances de son côté en présentant une équipe forte autour de Paul Bérenger". Maintenant, il faut que le peuple reçoive le message, a-t-il dit, ajoutant que l'on a "plus de droit de perpétuer les dynasties" et "qu'il faut donner l'occasion à tous ce qui ont prouvé leur compétence de gérer le pays".


Assemblée Nationale - Mardi dernier

Rodrigues au centre des préoccupations

C'est Rodrigues qui était au centre des préoccupations, mardi dernier, à l'Assemblée Nationale avec la Private Notice Question du leader de l'opposition qui était consacré au ras le bol grandissant qui gagne l'île ces jours-ci. Malgré l'insistance de Paul Bérenger pour la suppression de la taxe sur le carburant qui frappe le trajet Maurice/Rodrigues et qui fait grimper le coût de la desserte, le Premier ministre a dit non expliquant que plusieurs initiatives sont en cour en vue de redynamiser l'économie rodriguaise. Navin Ramgoolam a, par contre, annoncé son intention de rendre dans l'île durant les prochaines vacances parlementaires et a aussi dit envisager un ministère à part entière pour Rodrigues.

Ton calme et bonne humeur apparente pour cette PNQ. Dans sa réponse initiale aux questions du leader de l'Opposition, le chef du gouvernement est revenu sur les subventions accordées en faveur de la desserte Rodrigues avec la suppression de la taxe aéroportuaire jusqu'à décembre 2010, ce qui représentera Rs 10 millions et les pertes de Rs 152,9 millions enregistrées par Air Mauritius ces derniers cinq ans.

Également mises en exergue les mesures plus récentes adoptées dans le cadre du Additional Stimulus Package, à travers diverses agences de l'état, comme le National Empowerment Fund, pour faire repartir l'économie rodriguaise dont Navin Ramgoolam a reconnu qu'elle est particulièrement affectée par la crise mondiale. Il a aussi évoqué les programmes plus ciblés visant, notamment les pécheurs.

Si Paul Bérenger a insisté sur le caractère dérisoire de Rs 150 de "travel tax" retirée alors qu'est maintenue la taxe carburant qui, a, elle seule, représente Rs 3,000, le Premier ministre s'en est tenu aux efforts déjà consentis par Air Mauritius pour assurer cette desserte après qu'un opérateur privé, Catovair a du cesser ses opérations en raison de pertes accumulées.

Il y eut un petit échange sur cet aspect, Paul Bérenger rappelant que Catovair avait aussi envisagé de desservir Agaléga et que faute de cette perspective la compagnie s'est retrouvée en difficulté tandis que Navin Ramgoolam a souligné qu'il n'y a que 300 habitants sur l'île et qu'il ne voyait pas en quoi cela aurait pu aider cette compagnie. Pour clore l'échange, le rappel du leader de l'opposition que la desserte d'Agaléga était liée au développement touristique de l'île.

En matière de desserte, le Premier ministre a confirmé que Solit-Air a effectivement fait une demande auprès de l'aviation civile pour opérer sur la route Rodrigues/Maurice et que celle-ci est toujours à l'étude et qu'il y a aussi deux autres demandes qui ont été formulées. Interrogé sur l'identité des demandeurs, Navin Ramgoolam n'a pu apporter plus de précisions.

"The mood is bad"

Autre volet des questions de Paul Bérenger, le respect de l'autonomie de Rodrigues et le contournement de ses prérogatives par certains institutions relevant de l'administration centrale comme la mention dans le dernier budget de Rama Sithanen de deux routes précises qui seront réasphaltées à Rodrigues. Pour le chef du gouvernement, qui a assuré qu'il en contact régulier tant avec le Chef-Commissaire Johnson Roussety qu'avec le leader minoritaire, Serge Clair, ce qui a été annoncé l'a été après discussions avec la partie rodriguaise.

"The mood is bad" a déclaré le leader de l'opposition pour décrire le sentiment qui prévaut à Rodrigues avant d'insister que le Premier ministre y envoie en signal fort en s'y rendant dans le meilleur délai. Là aussi, une passe d'armes plus sur le ton de la plaisanterie que de l'hostilité lorsque Navin Ramgoolam dira que son vis à vis ne s'y est rendu qu'une seule fois lorsqu'il était Premier ministre. Et Paul Bérenger de rappeler qu'il n'a été PM que "pendant deux ans" tandis que l'actuel titulaire occupe ce poste depuis neuf ans.

Même échange humoristique après la demande d'un ministère spécifique pour Rodrigues. "On dirait que tu as des échos de ce qui se discute au conseil des ministres" lance Navin Ramgoolam alors que Paul Bérenger lui assure ne pas avoir récemment parlé à ses ministres. Et lorsque, répondant à Joe Lesjongard, que le Chef-Commissaire n'a pas été invité à participer à un conseil des ministres et que cela n'avait pas été fait non plus sous l'ancien gouvernement, le leader de l'opposition lancera "ce n'était même pas nécessaire!". Les députés de Rodrigues ont, quant à eux, aussi insisté sur la baisse du coût du billet d'avion pour augmenter le trafic et faire repartir le tourisme dans leur circonscription.

Pleins feux ensuite sur la MBC. Le Premier ministre a, certes, répondu aux questions sur la base des éléments qui lui ont été fournis par la corporation mais il s'est, cette fois, bien gardé de défendre la direction de la station de Rue Pasteur. Sur l'affaire des allocations dues pour le travail effectué lors de la partielle du No 8, il a indiqué, en réponse à une question de Mahen Jhugroo que la liste des bénéficaires est en train d'être arrêtée et qu'il a insisté auprès de la corporation pour éviter le gaspillage.

Quant à savoir, comme le suggérait Ajay Gunness, s'il y a certains qui reçoivent des heures supplémentaires se chiffrant à Rs 50,000 Navin Ramgoolam a dit que les chiffres dont ils disposent sont que les réclamations vont de Rs 950 à Rs 24,350.

La saga de la voiture du directeur général de la MBC sera aussi l'occasion pour les parlementaires de l'opposition de réclamer la démission du titulaire. Le Premier ministre a rappelé en réponse à une question de Mahen Jhugroo que cette voiture a été impliquée dans cinq accidents et que le chauffeur a été muté, que les réparations ont totalisé Rs 671,958.

Un GPS sur la voiture du DG de la MBC…

Si Rajesh Bhagwan et Eric Guimbeau ont réclamé le renvoi de Bijaye Madhoo, le premier suggérant même l'installation d'un GPS (Global Positioning System) pouvoir localiser le véhicule et contrôler ses déplacements tandis que Sunil Dowarkasing n'a pas manqué de relever que la voiture affiche 216,000 kilomètres au compteur, ce qui laisse entrevoir 300 kms de déplacement quotidien. Autre dossier, l'achat de films au sujet duquel le député Rajesh Bhagwan a soutenu qu'il y aurait une mafia qui opère, une expression contestée par le Speaker alors que le Premier ministre a promis de s'y pencher.

Quant aux usines de Ram Mardaymootoo, si le Premier ministre a appelé à la prudence dans la mesure où le Development Bank of South Africa, une institution crédible est impliquée; le leader de l'opposition a précisé que la demande de commission d'enquête porte, en fait, sur l'utilisation des fonds publics depuis le démarrage des projets, Rajesh Bhagwan a, lui, carrément posé la question de conflit d'intérêts de la part de l'élu dans la mesure où il a bénéficie de l'aide de l'état, ce qui est contraire aux Standing Orders mais Kailash Purrag a rejeté ses questions.

Deux textes votés ce mardi, The Probation of Offenders (Amendment) Act et The Mauritius Institute of Training and Development Act. Plusieurs interventions aussi à l'ajournement des travaux.


Mardi prochain - Ordre du jour chargé

Un ordre du jour chargé attend, mardi, les parlementaires. En sus d'un Question Time étoffé, l'Assemblée Nationale sera aussi appelée à débattre de la motion du leader de l'opposition réclamant l'annulation de la dernière augmentation des prix des produits pétroliers et du texte qui introduit les analyses ADN.

Pour le Premier ministre, des questions portant sur un vaste éventail de sujets, la MBC, la police, la VIPSU, les viols, les piétons verbalisés, les acquéreurs de villas IRS, les étrangers qui ont obtenu un permis de résidence, la nomination d'un Visitor pour se pencher sur la mauvaise gestion de l'Université de Maurice, la situation conflictuelle qui prévaut à la Banque de Maurice, le harcèlement de ceux qui fréquentent les pistes de jogging, les accidents mortels survenus dans les crèches, les paris illégaux sur les courses et la tension autour du Centre Bouloux à Cassis, où la méthadone est distribuée.

Pour les autres ministres, les chances égales au niveau de l'éducation au primaire, l'étendu de la pratique de la césarienne, l'introduction d'une taxe sur la pomme de terre et l'oignon, le déplacement du directeur de la STC aux Seychelles, les conclusions du comité de haut niveau sur la Centrale Therlique du Sud , les conditions d'un bail accordé à la Société Pierre Bleue à Flic-en-Flac, les missions diplomatiques à l'étranger, la mise sur pied de la Independent Regulatory Authority et le projet Gamma Coventa et le prix estimé de vente de son électricité et ceux pratiqués par les producteurs indépendants et les missions entreprises par les ministres des Finances depuis septembre 2000.

Seront également évoqués les présidents à temps partiels d'organismes para publics qui bénéficient d'une voiture avec chauffeur et d'une allocation d'essence, les leçons particulières, le Hotel Reconstruction Scheme, les handicapés, la pêche au thon, les athlètes de haut niveau, l'augmentation des prix des médicaments, la fièvre dengue, le Airport City Project, l'évolution des projets IRS, le nombre d'abonnés du CEB qui ont été déconnectés depuis janvier 2006, l'interdiction du téléphone portable dans les écoles et les négligences médicales.

En sus de la motion d'annulation de Paul Bérenger, l'autre gros morceau à l'agenda est le texte que présentera le Premier ministre pour l'introduction, par la police, d'examens ADN (deoxyribonucleic acid) à Maurice dans des circonstances spécifiques en vue d'élucider certains crimes.

Cette loi prévoit le prélèvement de l'ADN d'un individu soupçonné d'une délit que sur un ordre d'un juge en Chambre. Cette provision ne s'appliquera pas à quelqu'un qui aura déjà été condamné d'un délit grave. Est aussi prévue la création d'un DNA Data Records, d'un DNA Population Statistical Database et d'une autre base de données pour les personnes portées manquantes.

Autres provisions de la loi, les conditions de collecte et de préservation des prélèvements ADN et la confidentalité qui doit entourer ces exercices effectués par le Forensic Science Laboratory.


Beau Bassin/ Rose Hill

Les élus MR continuent à se déchirer

La guerre continue de plus belle entre élus du Mouvement Républicain à la municipalité de Rose Hill. Cette semaine c'est Dean Tirvengadum, l'actuel adjoint au Maire, qui a du répondre à des questions de la police suite à une déposition faite par Varn Andee, l'ancien maire.

Toute cette histoire découle de la déposition faite à la police il y a plus de quinze jours par Jean Marie Laviolette, employé municipal mais surtout membre du MR. Il avait lors d'une réunion du MR fait des critiques contre l'ancien Maire Varen Andee, ce que ce dernier lui avait reproché lors d'une conversation téléphonique. Ce que l'ancien maire ne savait pas c'est que cette conversation avait été enregistrée et allait servir de preuve à une déposition à la police. Après avoir déclaré que l'enregistrement de la conversation avait été manipulée pour lui nuire, l'ancien Maire est allé donner une déposition à la police en début de semaine. Dans cette déposition il affirme qu'un tract de nature sectaire le dénigrant circule en ce moment à la municipalité et que selon ses renseignements l'adjoint au Maire, Dean Tirvengadum et l'employé municipal Jean Marie Laviolette auraient été impliqués dans sa préparation. . Suite à cette déposition la police a convoqué les deux personnes incriminées par l'ancien Maire et des fouilles de domicile entreprises. Les observateurs se demandent pourquoi le leader du MR ne convoque pas une réunion de ses membres pour régler le problème.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009