Faits et effets
-
Les komiko menacés
Humeur
-
Quelle «avancée notable » ?
Pris sur le vif
-
Tennis
Faits et effets...
Les komiko menacés
Le Premier ministre a, mardi dernier, à l'Assemblée
nationale, pris des accents vraiment solennels pour évoquer
la transparence du dossier des deux usines de son back-bencher
Ram Mardaymootoo. Le leader de l'opposition lui demandait une
commission d'enquête sur la manière dont les fonds
publics ont été utilisés depuis 2005 par
ces unités, mais lui répondait sur l'aide du Stimulus
Package. Même si cela a paru comme un dialogue de sourds
par moments, on aura toutefois retenu que Navin Ramgoolam a lourdement
insisté sur la notion de transparence dans l'attribution
des aides de l'état.
L'exemple est censé venir d'en haut. Mais non, il n'y a
qu'ici que cet adage est battu en brèche puisque deux heures
plus tard, le folklorique Mahen Gowressoo qui fait office de ministre
du Commerce nous sort une bien belle en matière de transparence.
Il est venu le plus sérieusement du monde dire à
l'auguste Assemblée que "it would not be ethical
to reveal the names of the officers who went to Madagascar to
ascertain the quality of broad beans". Plus rigolo et
plus ridicule que ça, tu meurs! Au nom de quelle éthique,
un ministre peut-il refuser de donner les noms de trois "officiers"
qui sont partis aux frais de la State Trading Corporation, et
des consommateurs donc, ceux-là mêmes qui paient
de grosses taxes pour financer les "operating expenses"
de la corporation ?
Or, s'il a refusé de donner les noms, ils ont quand même
été balancés par l'opposition en plein hémicycle
sans être contredits. Ces experts en gros pois qui se sont
avérés de mauvaise qualité et sur lesquels
il y a même eu "hedging" ne sont autres que l'inénarrable
directeur de la STC, Ranjitsing Soomaroah, le trésorier
du PTr, Ah Fat Lan Hing Choy et M. Ali. Il y a comme ça
des questions simples et dont les réponses sont refusées
au nom de l'éthique, de celle qu'ont inventé, dans
leur désir et leur délire de tout cacher, les ministres
de l'Alliance sociale. Bonne gouvernance, tu parles! On l'a archidit
et répété, la STC est un modèle mondial
d'opacité et c'est un système mis en place et développé
à grande vitesse par le gouvernement. Pas étonnant
que ce soit le même qui veuille enfanter d'autres STC, de
triste référence, avec son projet de Road Development
Company.
Rama Sithanen se gargarisait hier de sa grande gestion et de ses
succès au point où un voisin qui touche Rs 12 200
par mois s'est demandé si, avec ce tableau idyllique dressé
de la situation économique mauricienne qui ne connaîtrait
pas la crise, il ne devait pas s'attendre à une compensation
salariale en juillet prochain. Le ministre, si volubile sur les
grandes capacités gestionnaires de son équipe a,
hélas, très peu parlé de la CNT, de la MBC,
de la BDM, d'Air Mauritius, où des pertes de Rs 4 milliards
sont présentées d'une manière telle que l'on
aurait pu croire que la compagnie avait réalisé
des profits du même ordre et de la Banque de Maurice.
La banque centrale est, pourtant, en elle-même, une saga
bien particulière. On sait que Rama Sithanen se baladait
avec sa lettre de démission en poche au moment de la nomination
de Manou Bheenick et qu'il a finalement dû rentrer dans
le rang devant la ferme intention de Navin Ramgoolam de maintenir
le choix de son Premier ministre des Finances de la période
95/2000 pour diriger la Banque Centrale. On a, depuis, droit au
feuilleton dont les épisodes se suivent et s'égalent
en pitreries les unes plus grotesques que les autres. Pas une
semaine sans que le régulateur n'étale ses guerres
intestines et ses frasques.
Et ce sont ces personnes qui ne ratent aucune occasion pour se
donner en spectacle qui sont censées aller discipliner
les banques commerciales. Qui peut les prendre au sérieux.
La Banque de Maurice n'est plus la boutique du coin mais carrément
la tabagie d'en bas. Imaginez les internautes étrangers
qui tombent sur le communiqué que la banque centrale a
posté sur son site pour des explications foireuses sur
la non-soumission du rapport annuel de ses activités au
ministre des Finances dans le délai qui lui ait imposé
par la loi. Et tout le monde se moque ainsi du pays et de ses
institutions.
Dans la série des fanfaronnades qui nous ont, par moments,
amusé cette semaine, il y a celles de la municipalité
de Port-Louis. Voilà une administration installée
depuis bientôt quatre ans, qui découvre subitement
que les marchands ambulants après que certains dans ses
propres rangs ont encouragé les marchands à utiliser
même la cour de la mairie pour leur activités et
ceux de la Rue Farquhar à ignorer les injonctions de la
Cour et qui ont autorisé que la Rue Desforges soit, à
la tombée de la nuit, transformée en snacks à
la belle étoile.
Pendant la même période, en quatre ans, d'autres
en leur temps avaient déjà commencé à
redessiner Port-Louis. Ont été réaménagés
et rénovés le Bâtiment du Trésor, le
bazar historique, incendié en 99 quelques semaines après
l'Amicale, la Gare Victoria, le Jardin de la Compagnie, entièrement
refait et qui est aujourd'hui défiguré par un mur
d'enceinte inachevé, le Jardin de Plaine Verte avec sa
piscine et la foire de Cité Martial sans compter la ceinture
verte de la capitale avec les Promenades de santé du Dauguet
et de la Montagne des Signaux. Le tout devait culminer avec le
règlement définitif du problème de marchands
ambulants avec le Hawkers Palace de la Rue La Poudrière.
Non, le projet a été dévoyé par ceux-là
mêmes qui viennent aujourd'hui oser parler de Hawkers Bazar.
Le ridicule ne tue vraiment pas. Et la pudeur et l'honnêteté
des vertus rares
Au gouvernement central, comme dans certaines administrations
régionales, on a affaire à une vraie bande de comiques.
Les komiko sont menacés. Nos humoristes devraient bientôt
aller se rhabiller. Mais lorsqu'on aura fini de rire, il faudra
aussi dire pleure ô mon pays bien-aimé.
Humeur
Quelle "avancée notable " ?
Un dimanche de 2007 s'étant levé du mauvais pied
- il ne se plaignait pas encore des doloks du kalimaye voisin
de sa demeure -, Navin Ramgoolam décida de déclarer
la guerre aux barons sucriers. Après avoir ratifié,
puis défendu en Europe le fameux MAAS, le plan de réforme
de l'industrie sucrière, il décida, au nom de la
démocratisation de l'économie de le dénoncer.
Pour accepter de la mettre en application, il fallait impérativement
que les sucriers donnent davantage de terres à l'Etat,
offrent 40% de l'actionnariat des usines et autres raffineries
et que les contrats des centrales thermiques fournissant de l'électricité
au CEB soient revus à la baisse. Ses lieutenants s'emparèrent
de ses revendications pour en faire une arme de combat politicien
en faisant appel, dans les meetings publics et autres réunions
privées nocturnes, à " l'argument " préféré
des travaillistes en campagne électorale. Soit la dénonciation
des colons maltraitant les pauvres laboureurs sur les propriétés
sucrières au temps jadis. Pendant cinq mois, Navin Ramgoolam
et une bonne partie de son gouvernement jouèrent de cette
partition qui faisait ouvertement appel au communalisme et instaurait
un climat de tension sociale dans le pays. Cinq mois après
cette campagne qui galvanisa les die hearts travaillistes,
mais fit prendre un considérable au pays sur le plan de
la mise en application des réformes, Navin Ramgoolam signa
un accord en parlant de " victoire historique " et de
" bataille gagnée. " La seule chose qu'il avait
gagnée en fait dans le bras de fer qu'il avait lui-même
provoqué était 500 arpents supplémentaires
sur le plan original gracieusement offerts par les sucriers. Des
40% des parts qu'il réclamait dans l'actionnariat des usines
aux petits planteurs, il n'obtint que les 35% déjà
offerts contre paiement. En ce qui concerne le tarif de l'électricité
vendue par les centrales thermiques au CEB, il accepta l'expertise
indépendante que le secteur sucrier avait proposée
dès le départ. Le fait de n'avoir rien obtenu dans
la bataille qu'il avait lui-même déclenchée
n'empêcha pas le chef du gouvernement de s'attribuer une
grande victoire. Ce que les barons sucriers, dont toutes les propositions
avaient été acceptées, se gardèrent
bien de démentir.
Jeudi dernier, à l'inauguration d'Omnicane, la première
flexy factory de Savanah qui fait partie de la réforme
consistant à passer d'une industrie sucrière à
une industrie de la canne, Navin Ramgoolam est revenu sur le sujet.
En interprétant les choses à son avantage et selon
sa perspective. Navin Ramgoolam a dit espérer que "
les malentendus qui ont surgi lors des négociations sur
la réforme entre le secteur sucrier et le gouvernement
sont dissipés. " Lesquels malentendus seraient
dus, selon le chef du gouvernement, à " une mauvaise
compréhension de la vision du gouvernement. " Là,
le chef du gouvernement se trompe : tout le monde avait compris
des le premier jour de la crise qu'elle était la vision
du gouvernement. Elle fut déclinée sur tous les
tons par Navin Ramgoolam et ses lieutenants et se résumait
ainsi : Ou bien le secteur sucrier donne au gouvernements des
milliers d'arpents de terre, offre 40% de l'actionnariat des centrales
et des raffineries et revoit à la baisse le prix de vente
de l'électricité au CEB. S'il y a eu incompréhension
de la parole gouvernementale à l'époque, il faudrait
la situer uniquement dans les rangs du gouvernement. Il faudrait
qu'un jour un des nombreux spins doctors qui peuplent les
couloirs du PMO fasse comprendre à Navin Ramgoolam qu'un
mauvaise compréhension repose toujours sur une mauvaise
explication. Surtout quand on confond intérêt national
et politique politicienne. Toujours à Savanah, Navin Ramgoolam
a déclaré le fait que les travailleurs et petits
planteurs possèdent 35% de l'actionnariat d'Omnicane qui
fait partie de Mont Trésor Mon Désert " est
une avancée notable " Déclaration que Mme Nita
Deerpalsing s'est empressée de reprendre en ajoutant que
" c'était une longue lutte qui a porté ses
fruits. ". Il faut dire à l'un et à l'autre
qu'ils se trompent. L'avancée notable qu'ils soulignent
- en essayant de faire croire que c'est une autre de leurs victoires
? - existe depuis quelques années déjà. En
effet, dans le cadre du Illovo Deal, les travailleurs et les petits
planteurs sont devenus propriétaires de 35% des actions
de MTMD à travers la Sugar Investment Trust que dirigeait
Joyti Jeetun. A tel point que l'on avait dit à l'époque
que le SIT était la sixième famille du deal Illovo.
Comment Navin Ramgoolam peut-il parler " d'avancée
notable " pour les travailleurs et les petits planteurs alors
que ces derniers n'ont que 35% de l'actionnariat d'Omnicane, soit
le même taux que celui obtenu par la SIT en 2001 dans le
cadre du deal Illovo ? Huit ans plus tard et malgré la
démocratisation de l'économie, le gouvernement PTR
n'a pas réussi à faire obtenir ne serait-ce qu'un
pour cent de plus aux travailleurs et petits planteurs. C'est
ça l'avancée notable de Navin Ramgoolam ?
Pris sur le vif
Tennis
- Hé toi, tu as entendu cette mauvaise nouvelle la, toi.
Moi je suis écrasée, je te dis.
-Quelle mauvaise nouvelle? Tu as une mortalité dans ta
famille?
-Non.
-Mais qu'est-ce qui se passe : qu'est-ce que ce gouvernement a
encore fait augmenter pour emmerder les contribuables?
-Mais non : il ne s'agit pas d'augmentation de prix...
-Mais alors pourquoi tu es écrasée comme ça?
-Il ne pourra pas jouer, toi.
- ????
-Mais tu n'es au courant de rien du tout, toi. A part la politique
et les augmentations de prix rien ne t'intéresse?
-Mais de quoi tu causes la. To pé faire rap ou bien slam?
-Qu'est-ce que c'est que ça?
-Ça même les nouvelles modes de chansons et de poésie
d'aujourd'hui. Les enfants disent que c'est génial et
moi je t'avoue ki mo napa comprend narien du tout.
-Ah bon. Ça existe ces affaires la?
-Mais ces affaires la, comme tu dis passionnent les jeunes. Demande
à tes enfants et tu verras toi-même. Et tu as le
culot de me dire que je ne suis au courant de rien !!! Comment
dire la mare moque la boue ça.
-Ayo toi et tes proverbes du troisième âge la.
-Ma chère, ne lève pas trop ton nez en l'air, dans
quelques années nous pou dans troisème âge,
nous aussi...Alors explique bien pourquoi tu es écrasée
et qui ne va pas jouer quoi?
-Hé, toi, Nadal ne va jouer à Wimbledon, toi.
-Pourquoi ? On a découvert qu'il avait pris de la cocaïne
sans le savoir comme l'autre joueur de tennis la?
-Hé toi la, arrête de cause n'importe, je te dis.
Nadal n'est pas comme ça. Lui c'est un vrai sportif.
-Mais alors s'il est un vrai sportif pourquoi il va pas jouer
à Wimbledon? Il fait un caprice de star?
-Mais pas du tout. Pas lui.
-Ah, je sais ce qu'il a.
-Ça m'étonnerait, mais dis toujours.
-Il n'a pas encore digéré sa défaite à
comment tu appelles ça
Grand Garros?
-Vraiment tu causes n'importe toi
D'abord c'est Roland Garros
qu'on dit... ensuite c'est un grand sportif, Nadal, il sait accepter
la défaite
-
pas ça que je voulais dire
-
alors dis, bonne femme
-
il n'a digéré que c'est Fédérer
qui a gagné le tournoi.
-
ayo, tu es d'une bassesse, toi!
on voit bien que
tu fréquentes des politiciens. Tu crois qu'il a du temps
à perdre avec les victoires des autres qu'il a déjà
battu? Nadal ne peut pas jouer à Wimbledon parce qu'il
a des problèmes avec ses genoux
-Il n'a qu'à aller voir un bon docteur. Avec tous ces dollars
qu'il a gagné la, il a les moyens de se payer le meilleur
spécialiste pour le remettre sur pied, non?
-Il l'a fait toi, mais il ne sera pas rétabli à
temps. C'est triste. Wimbledon ne sera pas pareil sans lui.
-J'ai envie de te dire que personne n'est irremplaçable,
mais tu as raison sur un point. Ton Nadal est vraiment unique
sur un court de tennis et même si le tennis n'est pas ma
tasse de thé, je ne rate aucun match quand il joue.
- Enfin tu commences à raisonner comme du monde civilisé,
toi. Qu'est-ce que tu aimes chez Nadal : son revers? sa rapidité?
sa concentration?
-Il y a une seule chose qui m'intéresse chez lui.
-Kiété ? Qu'est-ce que tu aimes comme ça
chez lui?
-Tu vas rire, toi. Moi j'aime la manière dont il tire sur
l'élastique de son slip pour le remettre droit sous son
short!!!!
|
o p i n i o n
|
WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009
|