Un troisième suspect dans l'affaire du meurtre de Florise
Ross a été appréhendé aux aurores
hier matin à Roches-Bois, à l'issue d'une opération
policière minutieuse et une filature qui aura duré
au moins deux jours. Cependant, les indications recueillies par
Week-End indiquent que l'identité de ce suspect
sera jalousement tenu confidentielle par les enquêteurs,
dans la mesure où deux autres personnes soupçonnées
d'être mêlées de près à ce Murder
Case sont aussi dans le collimateur des enquêteurs.
Cette troisième arrestation fait suite à celle de
Vishwal Thodda, un vigile de 31 ans, survenue jeudi. Florise Ross,
51 ans, avait été mortellement asphyxiée
à son domicile sis à la rue Ratsitatane, Plaisance,
à l'aide d'un oreiller.
Trois arrestations en l'espace d'une semaine, et d'autres ne sauraient
tarder. C'est ce qui ressort, à hier soir, de la progression
de l'enquête policière menée par les limiers
des Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Hill,
emmenée par le Chef Inspecteur (C.I) Taleb Sulyman, de
Stanley et de la Major Crime Investigation Team (MCIT), sous la
férule du surintendant Yousouf Soopun. De sources policières
concordantes, Week-End a appris hier qu'un troisième
suspect a été appréhendé tôt
hier matin à Roches-Bois en marge de cette enquête.
Cependant, afin de réunir le maximum de chances de leur
côté, la police a choisi de ne pas révéler
la teneur des Particulars de ce suspect arrêté.
Cette arrestation fait suite à celles, jeudi, d'un vigile
de 31 ans, Vishwal Thodda, et dimanche dernier, de l'époux
de la victime, Gordon Ross, âgé de 54 ans.
Selon les informations qui ont transpiré dans le cadre
de cette troisième arrestation, il ressort que le suspect
en question a fait l'objet d'une filature minutieuse depuis deux
jours et que cette personne se savait traquée par la police.
La piste devait finalement conduire les enquêteurs tôt
hier matin à Roches-Bois et leur intervention a été
courronnée de succès. Ce suspect devrait être
traduit en cour de Rose-Hill lundi, sous une accusation provisoire
de Murder. Deux autres suspects sont également dans
le collimateur des enquêteurs.
Déjà jeudi, les limiers de la CID de Rose-Hill avaient
procédé à l'arrestation de Vishwal Thodda,
un vigile de 31 ans. Ce dernier est considéré comme
suspect par les enquêteurs dans la mesure où il aurait
été aperçu à plusieurs reprises récemment
dans les parages de la demeure de Florise Ross. Vishwal Thodda,
qui n'a pas encore été interrogé par les
enquêteurs, devrait être appelé à donner
sa version des faits relativement à ce Murder Case
dans l'après-midi de lundi. Les enquêteurs ont saisi
un Jacket portant une capuche en son domicile, ainsi que
son véhicule, qui a été passé au crible
par les éléments du Forensic Science Laboratory.
Le suspect, qui a comparu en cour vendredi, est provisoirement
accusé de Murder. Il est défendu par Me Ashik
Toorabally. Interrogé par Week-End hier,
l'homme de loi s'est refusé à tout commentaire concernant
son client, faisait simplement ressortir qu'"une enquête
est en cours" et qu'il "laisse le soin à
la police de faire son travail".
Offensive
Dimanche dernier, les enquêteurs avaient passé à
l'offensive en procédant à l'arrestation de Dickson
Holden Gordon Ross, 54 ans, habitant Morcellement Flic-en-Flac.
Ce dernier, qui n'est autre que l'époux de la victime,
mais qui vivait séparé d'elle puisque le couple
est en instance de divorce, est jusqu'à ce jour, considéré
comme étant le suspect n° 1 dans cette affaire. Gordon
Ross, qui est défendu par Mes Gavin Glover et Lactive,
est également provisoirement accusé de Murder
et serait celui qui aurait commandité le meurtre de son
épouse. Les enquêteurs soupçonnent fortement
Gordon Ross d'avoir voulu se débarrasser de son épouse,
dans la mesure où il aurait bientôt dû partager
sa fortune personnelle avec elle dans le cadre de leur divorce.
Déjà, dans le sillage de l'enquête, les limiers
travaillant sur ce dossier avaient, dès dimanche, établi
que les relations entre le couple, qui vivait séparé,
était houleuse. De plus, la police a aussi, dans ses dossiers,
des détails relatifs à une précédente
tentative de meurtre contre Florise Ross, par empoisonnement,
il y a environ une année de cela. Le couple vivait alors
encore sous le même toit à Flic-en-Flac à
cette époque. Une substance nocive avait été
introduite dans un breuvage que prenait Florise Ross chaque matin.
Une déposition en bonne et due forme avait été
consignée au poste de police de Flic-en-Flac et le contenu
du flacon avait été envoyé au Forensic Science
Laboratory (FSL) à des fins d'analyses. Outre cette affaire,
les enquêteurs ont aussi passé au crible plusieurs
incidents entre le couple, et ayant poussé Florise Ross
à rechercher une Protection Order.
Encagoulés
Mais que s'est-il exactement passé dans la soirée
de samedi dernier au domicile de Florise Ross? Dans cette optique,
le témoignage d'Arielle Dubois, 21 ans, fille de Florise
Ross, est considéré comme étant d'importance
"cruciale" aux besoins de l'enquête policière.
Selon sa version des faits, il était aux alentours de 21
h 30 samedi dernier quand quelqu'un a sonné à la
porte d'entrée de la maison. Lorsqu'elle a été
ouvrir, il y avait une femme sur le pas de la porte. Dès
qu'elle ouvre la porte afin de s'enquérir de quoi il s'agit,
trois hommes encagoulés surgissent de nulle part et font
irruption à l'intérieur de la maison. Trois des
hommes masqués la ligotent rapidement à une chaise.
Un quatrième homme, également masqué, devait,
quant à lui, concentrer toute son attention sur Florise
Ross, qu'il contraint à entrer dans une des chambres de
la maison, tout en lui assénant plusieurs coups. Les cris
des deux femmes devaient, cependant, alerter le voisinage.
Malgré les tentatives de résistance de Florise Ross,
elle devait être étouffée à l'aide
d'un oreiller (smothering asphyxia), selon les conclusions
du Dr Maxwell Monvoisin, Police Medical Officer (PMO),
qui a pratiqué l'autopsie. Lorsque les secours arrivent,
il est déjà trop tard. Les quatre agresseurs et
la femme avaient déjà pris la poudre d'escampette.
Des voisins, de même que la police, ont dû enfoncer
la porte principale de la maison, tandis qu'Arielle Dubois tentait,
pour sa part, de ramper jusqu'à la chambre de sa mère.
Lorsque la porte de la chambre dans laquelle se trouvait Florise
Ross fut forcée, tous ceux présents ne purent que
se rendre à l'évidence. Elle avait été
tuée.
Dans la pagaille indescriptible qui régnait sur le Scene
of Crime, il a été cependant établi que
les meurtriers ont emporté quelque chose avec eux. Et non
des moindres, puisqu'il s'agit de deux téléphones
cellulaires qui se trouvaient au domicile de la victime. Depuis
samedi dernier, ces téléphones cellulaires ont été
passés au crible par la police. En attendant que l'écheveau
soit complètement démêlé...
Rs 1,8 million emportées chez le bookmaker Vythilingum
Ruhomatally et Robbie Sham arrêtés un an après
L'affaire avait fait grand bruit il y a un an. Le samedi 24
mai 2008, après une journée de courses, le Bookmaker
Vega Vythilingem et son épouse étaient attaqués
alors qu'ils rentraient chez eux à Beau-Bassin, au complexe
du Palm Plaza, après une journée de courses.
Des bandits, au nombre de quatre, avaient alors fait main
basse sur une somme de Rs 1,8 million. Un an plus tard, deux suspects
- et non des moindres - à savoir Jiawed Ruhomatally et
Devram Nushib, ont été arrêtés par
la police. Par contre, toujours aucune trace de l'argent volé.
Ruhomatally et Nushib, considérés par la police
comme étant les Prime Suspects dans cett affaire
ne sont plus à présenter dans les annales de la
criminalité à Maurice. Les deux suspects ont un
casier judiciaire et ont notamment, pour le premier nommé,
été arrêté en marge de l'affaire Gorah
Issac et pour une affaire de séquestration à La
Chaumière, entre autres, tandis que le second, alias Robbie
Sham, avait été arrêté au même
titre que Ruhomatally concernant le vol de Rs 51, 8 millions du
Main Vault de la Mauritius Commercial Bank (MCB) le 11
février 2005. Un Customer Service Supervisor, Gérald
Lagesse, avait trouvé la mort lors de ce vol.
Dans sa livraison du dimanche 25 mai 2008, l'épouse de
Vega Vythilingem avait raconté les circonstances de cette
attaque. Alors que le couple se trouvait encore dans sa voiture,
qui venait de faire son entrée sur l'aire de stationnement
du complexe résidentiel, quatre hommes devaient surgir
de nulle part et encercler la voiture. "Donne cash!",
hurlaient-ils.
"Zot ti ena revolver ek sabres avec zot. Enn parmi zot
finn ouvert box pu pran valise cash ki ti la dan. Letan sa, bann
lezot ti pe tape cout sabre lor pare-brise ek vitres l'auto",
avait alors poursuivi Mme Vythilingem, visiblement éprouvée
par le choc. Le véhicule devait être endommagé,
tandis que le couple était encore à l'intérieur.
Une fois la valise contenant l'argent en possession des bandits,
ils devaient disparaître dans la nature, laissant le couple
complètement tétanisé sur place. Le gardien
du complexe avait également été blessé,
selon notre interlocutrice.
"Pourtant, cela ne fait pas longtemps depuis que nous
habitons ce complexe résidentiel et je peux vous assurer
que personne dans le complexe ne sait que mon époux est
un bookmaker. De toute évidence, les bandits avaient des
renseignements bien précis (...) Tout finn passe telma
vite. Dans Moins ki 5 minit. Pane mem gayn letan trouv zot aller",
devait-elle aussi dire.
Ruhomatally et Robbie Sham ont été Remanded to
police cell jusqu'au mercredi 24.
L'industriel français Jacques Bénichou rattrapé
15 ans après par la justice mauricienne
La Cour commerciale le condamne à rembourser 80 millions
de commissions perçu au détriment de la défunte
usine Woventex
Jacques Bénichou, l'industriel français du secteur
textile qui avait fait scandale en 1994 avec l'affaire dite Woventex,
fait de nouveau parler de lui ces jours-ci, bien que, manifestement,
il ne semble pas que ce soit demain la veille qu'il remettrait
les pieds à l' île Maurice.En effet, quinze années
après, M. Bénichou a été rattrapé,
mardi dernier, par la justice mauricienne ; la nouvelle Cour commerciale
présidée par le juge Lam Shang Leen l'a condamné
à rembourser la somme de 80 millions de roupies à
Woventex, compagnie qu'il avait menée à la mise
en liquidation judiciaire en 1992 .
La justice, dit-on, est lente mais une fois qu'elle a été
saisie d'une affaire, elle va jusqu'au bout. C'est la leçon
qu'on doit tirer de cette affaire Woventex versus Jacques Bénichou.
Cette affaire remonte au 24 novembre 1992. Toutefois, c'est deux
années plus tard qu'une pétition devait être
logée par Woventex, par l'intermédiaire de ses administrateurs
judiciaires (des Receiver managers) réclamant à
M. Bénichou 120 millions de roupies. Pour justifier cette
réclamation, un des administrateurs judiciaires, M. Wahed
Abbasakoor, avait soutenu en cour que l'ancien directeur de la
compagnie, en l'occurence, M. Bénichou, avait perçu
d'énormes commissions sur l'achat d'équipements
et de machines auprès du fournisseur allemand Monforts.
Bénichou avait toujours nié.
M. Abbasakoor avait été enquêter en Allemagne
pour remonter la filière des commissions et il devait apprendre
que des 4, 850,000 Deutschmarks ( DM ) que Montforts avait obtenu
comme paiements de Woventex pour l'achat d'équipements,
1, 457, 000 avaient été transféré
en guise de commissions à un compte gardé à
la Discount Bank and Trust Company en Suisse et dont le
bénéficiaire ne serait autre que Jacques Bénichou.
Le liquidateur judiciaire de Woventex a également pu établir
en cour que d'autres commissions ont également été
payées à Jacques Bénichou en Suisse au nom
d'une compagnie dénommée Aureus Investment. Le juge
Lam Shang Leen a constaté que la défense de M. Bénichou
n'a pas réfuté ces accusations.
Pour rappel, au plus fort de ses démêlées
avec ses créditeurs locaux et les autorités mauriciennes
en juin 1994, Jacques Bénichou avait été
recouru à une injonction en chambre devant l'ex-juge Vinod
Boolell afin d' empêcher que Woventex, à l'époque
la plus grosse unité de la Zone franche, ne soit pas mise
en vente. Autorisé à quitter Maurice contre le versement
d'une caution d'un million de roupies, donc avec obligation de
se soumettre en temps et lieu devant la justice, il prit l'avion
dans les heures qui suivirent et jamais ne retourna au pays.
Sévère, le juge Lam shang Leen a qualifié
Jacques Bénichou de " person who gives the impression
of being more apt at employing merceneries to do his shadow boxing
than to engage himself in manty fight".
On doit aussi conclure que M. Bénichou a définitivement
beaucoup de mal à convaincre la justice de sa bonne foi
; précédemment en 2007, en l'espace de deux semaines,
il avait perdu deux procès en appel devant le Conseil Privé
de la reine. Le plus embêtant des deux jugements avait été
la décision des Law Lords d'entériner trois arrêts
; saisies effectuées par la Mauritius Commercial Bank sur
ses biens alors estimés à 133,6 millions.
Pour possession de drogue
Le chanteur Ras Natty Baby écope de 30 mois de prison
Dans un jugement rendu, vendredi, la Cour intermédiaire
a condamné Joseph Nicolas Emilien à purger une peine
de prison de trente mois. Plus connu sous son nom d'artiste, Ras
Natty Baby, Joseph Emilien avait plaidé coupable sous la
charge de possession de 50 doses d'héroïne. Il a présenté
ses excuses à la cour, a reconnu avoir fauté, et
Ras Natty Baby a également fait appel à la clémence
du magistrat Raj Seebaluck en jurant qu'il n'a plus rien à
faire avec la drogue et qu'il bénéficie de l'encadrement
de ses proches et amis. Ras Natty Baby a aussi affirmé
que ses démêlés avec la justice ont porté
un rude coup à sa carrière d'artiste tant au plan
local qu'international.
Ras Natty Baby fut arrêté par des éléments
de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Port-Louis,
dans une ruelle située à l'arrière de l'ancienne
salle de cinéma Majestic. A l'arrivée des policiers,
il avala toutes les doses d'héroïne, mais les membres
de l'ADSU surent faire preuve de ténacité. Ils le
soumirent à une purge et attendirent avec patience toute
une nuit pour qu'il les restitue à l'hôpital Jeetoo.
C'est un Ras Natty Baby résigné à son sort
qui a confronté la justice. Son cas était difficile
à défendre pour l'avocat, Me Jean-Claude Bibi. Le
chanteur était surveillé de près par l'ADSU
surtout que cette section de la police n'avait pas digéré,
soutient-on, un retentissant échec enregistré face
à lui auparavant. En avril 2004, Ras Natty Baby avait été
interpellé lors d'une opération montée à
Grand-Baie en 2004. Il fut accusé d'avoir tenté
de prendre possession de 652 grammes d'héroïne (d'une
valeur marchande de 6,5 millions de roupies) qu'une chanteuse
ougandaise avait introduites dans le pays. Devant la Cour suprême,
le principal témoin de l'ADSU, qui avait lui déjà
été condamné à une longue peine, s'était
rétracté après avoir désigné
Ras Natty Baby comme étant le "cerveau" de l'opération
d'importation. Des responsables de l'enquête policière
s'étant montrés très approximatifs dans leurs
dépositions, la juge n'eut d'autre choix que de l'acquitter.
Ras Natty Baby avait, néanmoins, eu à passer 42
mois en détention préventive avant de retrouver
la liberté.
Pour beaucoup de personnes, ici et ailleurs, qui ont suivi le
parcours de Ras Natty Baby, la sentence prononcée cette
semaine devrait l'inciter à méditer sur son orientation
future. L'artiste Ras Natty Baby a effectivement un potentiel
créatif fort intéressant comme l'a démontré
son tout premier album intitulé Nuvel Vision. Beaucoup
estime également qu'il s'est tiré, finalement à
bon compte et "qu'il doit lui-même en prendre conscience".