f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009



  Meurtre de Florise Ross - Un troisième suspect arrêté tôt hier matin
  Rs 1,8 million emportées chez le bookmaker Vythilingum - Ruhomatally et Robbie Sham arrêtés un an après
  L'industriel français Jacques Bénichou rattrapé 15 ans après par la justice mauricienne - La Cour commerciale le condamne à rembourser 80 millions de commissions perçu au détriment de la défunte usine Woventex
  Pour possession de drogue - Le chanteur Ras Natty Baby écope de 30 mois de prison


Meurtre de Florise Ross

Un troisième suspect arrêté tôt hier matin

Un troisième suspect dans l'affaire du meurtre de Florise Ross a été appréhendé aux aurores hier matin à Roches-Bois, à l'issue d'une opération policière minutieuse et une filature qui aura duré au moins deux jours. Cependant, les indications recueillies par Week-End indiquent que l'identité de ce suspect sera jalousement tenu confidentielle par les enquêteurs, dans la mesure où deux autres personnes soupçonnées d'être mêlées de près à ce Murder Case sont aussi dans le collimateur des enquêteurs. Cette troisième arrestation fait suite à celle de Vishwal Thodda, un vigile de 31 ans, survenue jeudi. Florise Ross, 51 ans, avait été mortellement asphyxiée à son domicile sis à la rue Ratsitatane, Plaisance, à l'aide d'un oreiller.

Trois arrestations en l'espace d'une semaine, et d'autres ne sauraient tarder. C'est ce qui ressort, à hier soir, de la progression de l'enquête policière menée par les limiers des Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Hill, emmenée par le Chef Inspecteur (C.I) Taleb Sulyman, de Stanley et de la Major Crime Investigation Team (MCIT), sous la férule du surintendant Yousouf Soopun. De sources policières concordantes, Week-End a appris hier qu'un troisième suspect a été appréhendé tôt hier matin à Roches-Bois en marge de cette enquête. Cependant, afin de réunir le maximum de chances de leur côté, la police a choisi de ne pas révéler la teneur des Particulars de ce suspect arrêté. Cette arrestation fait suite à celles, jeudi, d'un vigile de 31 ans, Vishwal Thodda, et dimanche dernier, de l'époux de la victime, Gordon Ross, âgé de 54 ans.

Selon les informations qui ont transpiré dans le cadre de cette troisième arrestation, il ressort que le suspect en question a fait l'objet d'une filature minutieuse depuis deux jours et que cette personne se savait traquée par la police. La piste devait finalement conduire les enquêteurs tôt hier matin à Roches-Bois et leur intervention a été courronnée de succès. Ce suspect devrait être traduit en cour de Rose-Hill lundi, sous une accusation provisoire de Murder. Deux autres suspects sont également dans le collimateur des enquêteurs.

Déjà jeudi, les limiers de la CID de Rose-Hill avaient procédé à l'arrestation de Vishwal Thodda, un vigile de 31 ans. Ce dernier est considéré comme suspect par les enquêteurs dans la mesure où il aurait été aperçu à plusieurs reprises récemment dans les parages de la demeure de Florise Ross. Vishwal Thodda, qui n'a pas encore été interrogé par les enquêteurs, devrait être appelé à donner sa version des faits relativement à ce Murder Case dans l'après-midi de lundi. Les enquêteurs ont saisi un Jacket portant une capuche en son domicile, ainsi que son véhicule, qui a été passé au crible par les éléments du Forensic Science Laboratory. Le suspect, qui a comparu en cour vendredi, est provisoirement accusé de Murder. Il est défendu par Me Ashik Toorabally. Interrogé par Week-End hier, l'homme de loi s'est refusé à tout commentaire concernant son client, faisait simplement ressortir qu'"une enquête est en cours" et qu'il "laisse le soin à la police de faire son travail".

Offensive

Dimanche dernier, les enquêteurs avaient passé à l'offensive en procédant à l'arrestation de Dickson Holden Gordon Ross, 54 ans, habitant Morcellement Flic-en-Flac. Ce dernier, qui n'est autre que l'époux de la victime, mais qui vivait séparé d'elle puisque le couple est en instance de divorce, est jusqu'à ce jour, considéré comme étant le suspect n° 1 dans cette affaire. Gordon Ross, qui est défendu par Mes Gavin Glover et Lactive, est également provisoirement accusé de Murder et serait celui qui aurait commandité le meurtre de son épouse. Les enquêteurs soupçonnent fortement Gordon Ross d'avoir voulu se débarrasser de son épouse, dans la mesure où il aurait bientôt dû partager sa fortune personnelle avec elle dans le cadre de leur divorce.

Déjà, dans le sillage de l'enquête, les limiers travaillant sur ce dossier avaient, dès dimanche, établi que les relations entre le couple, qui vivait séparé, était houleuse. De plus, la police a aussi, dans ses dossiers, des détails relatifs à une précédente tentative de meurtre contre Florise Ross, par empoisonnement, il y a environ une année de cela. Le couple vivait alors encore sous le même toit à Flic-en-Flac à cette époque. Une substance nocive avait été introduite dans un breuvage que prenait Florise Ross chaque matin. Une déposition en bonne et due forme avait été consignée au poste de police de Flic-en-Flac et le contenu du flacon avait été envoyé au Forensic Science Laboratory (FSL) à des fins d'analyses. Outre cette affaire, les enquêteurs ont aussi passé au crible plusieurs incidents entre le couple, et ayant poussé Florise Ross à rechercher une Protection Order.

Encagoulés

Mais que s'est-il exactement passé dans la soirée de samedi dernier au domicile de Florise Ross? Dans cette optique, le témoignage d'Arielle Dubois, 21 ans, fille de Florise Ross, est considéré comme étant d'importance "cruciale" aux besoins de l'enquête policière. Selon sa version des faits, il était aux alentours de 21 h 30 samedi dernier quand quelqu'un a sonné à la porte d'entrée de la maison. Lorsqu'elle a été ouvrir, il y avait une femme sur le pas de la porte. Dès qu'elle ouvre la porte afin de s'enquérir de quoi il s'agit, trois hommes encagoulés surgissent de nulle part et font irruption à l'intérieur de la maison. Trois des hommes masqués la ligotent rapidement à une chaise. Un quatrième homme, également masqué, devait, quant à lui, concentrer toute son attention sur Florise Ross, qu'il contraint à entrer dans une des chambres de la maison, tout en lui assénant plusieurs coups. Les cris des deux femmes devaient, cependant, alerter le voisinage.

Malgré les tentatives de résistance de Florise Ross, elle devait être étouffée à l'aide d'un oreiller (smothering asphyxia), selon les conclusions du Dr Maxwell Monvoisin, Police Medical Officer (PMO), qui a pratiqué l'autopsie. Lorsque les secours arrivent, il est déjà trop tard. Les quatre agresseurs et la femme avaient déjà pris la poudre d'escampette. Des voisins, de même que la police, ont dû enfoncer la porte principale de la maison, tandis qu'Arielle Dubois tentait, pour sa part, de ramper jusqu'à la chambre de sa mère. Lorsque la porte de la chambre dans laquelle se trouvait Florise Ross fut forcée, tous ceux présents ne purent que se rendre à l'évidence. Elle avait été tuée.

Dans la pagaille indescriptible qui régnait sur le Scene of Crime, il a été cependant établi que les meurtriers ont emporté quelque chose avec eux. Et non des moindres, puisqu'il s'agit de deux téléphones cellulaires qui se trouvaient au domicile de la victime. Depuis samedi dernier, ces téléphones cellulaires ont été passés au crible par la police. En attendant que l'écheveau soit complètement démêlé...


Rs 1,8 million emportées chez le bookmaker Vythilingum

Ruhomatally et Robbie Sham arrêtés un an après

L'affaire avait fait grand bruit il y a un an. Le samedi 24 mai 2008, après une journée de courses, le Bookmaker Vega Vythilingem et son épouse étaient attaqués alors qu'ils rentraient chez eux à Beau-Bassin, au complexe du Palm Plaza, après une journée de courses. Des bandits, au nombre de quatre, avaient alors fait main basse sur une somme de Rs 1,8 million. Un an plus tard, deux suspects - et non des moindres - à savoir Jiawed Ruhomatally et Devram Nushib, ont été arrêtés par la police. Par contre, toujours aucune trace de l'argent volé.

Ruhomatally et Nushib, considérés par la police comme étant les Prime Suspects dans cett affaire ne sont plus à présenter dans les annales de la criminalité à Maurice. Les deux suspects ont un casier judiciaire et ont notamment, pour le premier nommé, été arrêté en marge de l'affaire Gorah Issac et pour une affaire de séquestration à La Chaumière, entre autres, tandis que le second, alias Robbie Sham, avait été arrêté au même titre que Ruhomatally concernant le vol de Rs 51, 8 millions du Main Vault de la Mauritius Commercial Bank (MCB) le 11 février 2005. Un Customer Service Supervisor, Gérald Lagesse, avait trouvé la mort lors de ce vol.

Dans sa livraison du dimanche 25 mai 2008, l'épouse de Vega Vythilingem avait raconté les circonstances de cette attaque. Alors que le couple se trouvait encore dans sa voiture, qui venait de faire son entrée sur l'aire de stationnement du complexe résidentiel, quatre hommes devaient surgir de nulle part et encercler la voiture. "Donne cash!", hurlaient-ils.

"Zot ti ena revolver ek sabres avec zot. Enn parmi zot finn ouvert box pu pran valise cash ki ti la dan. Letan sa, bann lezot ti pe tape cout sabre lor pare-brise ek vitres l'auto", avait alors poursuivi Mme Vythilingem, visiblement éprouvée par le choc. Le véhicule devait être endommagé, tandis que le couple était encore à l'intérieur. Une fois la valise contenant l'argent en possession des bandits, ils devaient disparaître dans la nature, laissant le couple complètement tétanisé sur place. Le gardien du complexe avait également été blessé, selon notre interlocutrice.

"Pourtant, cela ne fait pas longtemps depuis que nous habitons ce complexe résidentiel et je peux vous assurer que personne dans le complexe ne sait que mon époux est un bookmaker. De toute évidence, les bandits avaient des renseignements bien précis (...) Tout finn passe telma vite. Dans Moins ki 5 minit. Pane mem gayn letan trouv zot aller", devait-elle aussi dire.

Ruhomatally et Robbie Sham ont été Remanded to police cell jusqu'au mercredi 24.


L'industriel français Jacques Bénichou rattrapé 15 ans après par la justice mauricienne

La Cour commerciale le condamne à rembourser 80 millions de commissions perçu au détriment de la défunte usine Woventex

Jacques Bénichou, l'industriel français du secteur textile qui avait fait scandale en 1994 avec l'affaire dite Woventex, fait de nouveau parler de lui ces jours-ci, bien que, manifestement, il ne semble pas que ce soit demain la veille qu'il remettrait les pieds à l' île Maurice.En effet, quinze années après, M. Bénichou a été rattrapé, mardi dernier, par la justice mauricienne ; la nouvelle Cour commerciale présidée par le juge Lam Shang Leen l'a condamné à rembourser la somme de 80 millions de roupies à Woventex, compagnie qu'il avait menée à la mise en liquidation judiciaire en 1992 .

La justice, dit-on, est lente mais une fois qu'elle a été saisie d'une affaire, elle va jusqu'au bout. C'est la leçon qu'on doit tirer de cette affaire Woventex versus Jacques Bénichou. Cette affaire remonte au 24 novembre 1992. Toutefois, c'est deux années plus tard qu'une pétition devait être logée par Woventex, par l'intermédiaire de ses administrateurs judiciaires (des Receiver managers) réclamant à M. Bénichou 120 millions de roupies. Pour justifier cette réclamation, un des administrateurs judiciaires, M. Wahed Abbasakoor, avait soutenu en cour que l'ancien directeur de la compagnie, en l'occurence, M. Bénichou, avait perçu d'énormes commissions sur l'achat d'équipements et de machines auprès du fournisseur allemand Monforts. Bénichou avait toujours nié.

M. Abbasakoor avait été enquêter en Allemagne pour remonter la filière des commissions et il devait apprendre que des 4, 850,000 Deutschmarks ( DM ) que Montforts avait obtenu comme paiements de Woventex pour l'achat d'équipements, 1, 457, 000 avaient été transféré en guise de commissions à un compte gardé à la Discount Bank and Trust Company en Suisse et dont le bénéficiaire ne serait autre que Jacques Bénichou. Le liquidateur judiciaire de Woventex a également pu établir en cour que d'autres commissions ont également été payées à Jacques Bénichou en Suisse au nom d'une compagnie dénommée Aureus Investment. Le juge Lam Shang Leen a constaté que la défense de M. Bénichou n'a pas réfuté ces accusations.

Pour rappel, au plus fort de ses démêlées avec ses créditeurs locaux et les autorités mauriciennes en juin 1994, Jacques Bénichou avait été recouru à une injonction en chambre devant l'ex-juge Vinod Boolell afin d' empêcher que Woventex, à l'époque la plus grosse unité de la Zone franche, ne soit pas mise en vente. Autorisé à quitter Maurice contre le versement d'une caution d'un million de roupies, donc avec obligation de se soumettre en temps et lieu devant la justice, il prit l'avion dans les heures qui suivirent et jamais ne retourna au pays.

Sévère, le juge Lam shang Leen a qualifié Jacques Bénichou de " person who gives the impression of being more apt at employing merceneries to do his shadow boxing than to engage himself in manty fight".

On doit aussi conclure que M. Bénichou a définitivement beaucoup de mal à convaincre la justice de sa bonne foi ; précédemment en 2007, en l'espace de deux semaines, il avait perdu deux procès en appel devant le Conseil Privé de la reine. Le plus embêtant des deux jugements avait été la décision des Law Lords d'entériner trois arrêts ; saisies effectuées par la Mauritius Commercial Bank sur ses biens alors estimés à 133,6 millions.


Pour possession de drogue

Le chanteur Ras Natty Baby écope de 30 mois de prison

Dans un jugement rendu, vendredi, la Cour intermédiaire a condamné Joseph Nicolas Emilien à purger une peine de prison de trente mois. Plus connu sous son nom d'artiste, Ras Natty Baby, Joseph Emilien avait plaidé coupable sous la charge de possession de 50 doses d'héroïne. Il a présenté ses excuses à la cour, a reconnu avoir fauté, et Ras Natty Baby a également fait appel à la clémence du magistrat Raj Seebaluck en jurant qu'il n'a plus rien à faire avec la drogue et qu'il bénéficie de l'encadrement de ses proches et amis. Ras Natty Baby a aussi affirmé que ses démêlés avec la justice ont porté un rude coup à sa carrière d'artiste tant au plan local qu'international.

Ras Natty Baby fut arrêté par des éléments de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Port-Louis, dans une ruelle située à l'arrière de l'ancienne salle de cinéma Majestic. A l'arrivée des policiers, il avala toutes les doses d'héroïne, mais les membres de l'ADSU surent faire preuve de ténacité. Ils le soumirent à une purge et attendirent avec patience toute une nuit pour qu'il les restitue à l'hôpital Jeetoo.

C'est un Ras Natty Baby résigné à son sort qui a confronté la justice. Son cas était difficile à défendre pour l'avocat, Me Jean-Claude Bibi. Le chanteur était surveillé de près par l'ADSU surtout que cette section de la police n'avait pas digéré, soutient-on, un retentissant échec enregistré face à lui auparavant. En avril 2004, Ras Natty Baby avait été interpellé lors d'une opération montée à Grand-Baie en 2004. Il fut accusé d'avoir tenté de prendre possession de 652 grammes d'héroïne (d'une valeur marchande de 6,5 millions de roupies) qu'une chanteuse ougandaise avait introduites dans le pays. Devant la Cour suprême, le principal témoin de l'ADSU, qui avait lui déjà été condamné à une longue peine, s'était rétracté après avoir désigné Ras Natty Baby comme étant le "cerveau" de l'opération d'importation. Des responsables de l'enquête policière s'étant montrés très approximatifs dans leurs dépositions, la juge n'eut d'autre choix que de l'acquitter. Ras Natty Baby avait, néanmoins, eu à passer 42 mois en détention préventive avant de retrouver la liberté.

Pour beaucoup de personnes, ici et ailleurs, qui ont suivi le parcours de Ras Natty Baby, la sentence prononcée cette semaine devrait l'inciter à méditer sur son orientation future. L'artiste Ras Natty Baby a effectivement un potentiel créatif fort intéressant comme l'a démontré son tout premier album intitulé Nuvel Vision. Beaucoup estime également qu'il s'est tiré, finalement à bon compte et "qu'il doit lui-même en prendre conscience".



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009