"La réincarnation de la canne à sucre":
c'est par cette image que le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam
a décrit, jeudi après-midi, le passage de l'industrie
sucrière traditionnelle à une industrie cannière
qui s'assurera, dorénavant, de l'optimisation du potentiel
de la canne à sucre. C'était à La Baraque,
L'Escalier à l'ouverture officielle de la "flexi-factory"
d'Omnicane Ltd (ex-Mon Trésor Mon Désert ltd).
"Omnicane" comme pour dire l'utilité industrielle,
désormais, multiple de la canne à sucre. Pour
la compagnie du sud, elle servira, dorénavant, outre à
la production du sucre, son raffinage; pour la production d'énergie
électrique; pour la production du bio-carburant (l'éthanol)
et la production du rhum agricole ainsi que pour la production
de fertilisants.
Aux investissements de l'ordre de Rs 6.3 milliards déjà
engagés, le CEO de la compagnie, M. Jacques d'Unienville
annonce des investissements additionnels de Rs 3.4 milliards sur
les trois prochaines années. Il parle, notamment, de l'amorce
de discussions avec la compagnie Alcodis Ltd en vue d'un partenariat
dans la production d'éthanol et, éventuellement,
du transfert de l'usine de Rose-Belle à St Aubin couplé
à sa modernisation.
Autre projet: la création d'une ferme éolienne à
Britannia vers la fin de 2010 alors qu'une étude sur le
potentiel de production de l'énergie éolienne est
en cours et devrait s'achever en février de l'année
prochaine. Aussi en projet: le lancement d'une fondation par Omnicane
Ltd en vue de s'acquitter de ses obligations en matière
environnementale et sur le plan social.
Pour M. Cyril Mayer, le pdg du groupe cannier, le lancement officiel
de la "flexi-factory" est la culmination d'un processus
visant à transformer un secteur qui se mourrait en un qui,
dorénavant, traite de questions d'intérêt
telles celles de l'environnement, du changement climatique, de
l'alimentation et de l'énergie.
Le chef du gouvernement, le Dr Navin Ramgoolam félicite,
lui, les responsables du groupe pour "une telle réussite
exceptionnelle" et souhaite que les autres du secteur "suivent
le pas". Le Premier ministre qui salue le fait que la part
devant revenir aux salariés et aux petits planteurs à
travers le Sugar Investment Trust (SIT) a été portée
par Omnicane Ltd à 35% se dit "heureux" de constater
que le processus de l'accord conclu avec les sucriers l'an dernier
"marche bien".
Cela dit, il n'a pas manqué, pour autant, de réitérer
que son gouvernement ne "permettra pas" que l'intérêt
national "soit subordonné à des intérêts
pécuniaires à courte vue". Il devait réitérer
sa philosophie pour la réforme du secteur, à savoir,
assurer son efficience économique tout en garantissant
que l'ensemble des parties concernées trouvent leur compte.
Navin Ramgoolam rappelle l'énergie investie en vue d'obtenir
l'assistance de Euros 250 millions de l'Union Européenne
(UE). Il salue particulièrement au passage pour son soutien
la déléguée de la Commission européenne
en poste à Port-Louis, Mme Claudia Weidley qui regagne
Bruxelles prochainement en vue d'assurer de plus hautes fonctions.
Pour le Dr Ramgoolam, l'ouverture de cette première "flexi-factory"
en cette année 2009 qui marque l'entrée en vigueur
de la dernière tranche de baisse globale de 36% du prix
garanti du sucre des ACP auprès du marché européen
marque le moment où l'on "tourne le dos au temps des
préférences et des privilèges".
Le chef du gouvernement qui rappelle que la culture de la canne
à sucre est "la raison première" de l'arrivée
dans notre île des esclaves et, plus tard, des coolies souligne
qu'il s'agit, là, d'une "richesse historique"
qui a "irrigué l'ensemble de l'économie"
et qui aura permis au pays de s'engager sur la voie de la diversification
économique vers le textile, le tourisme et le secteur financier,
notamment.
Il rappelle que les conditions climatiques favorables ayant prévalu
durant la présente saison laisse augurer une meilleure
récolte et cela, malgré le fait que la superficie
sous culture a diminué. Rappel aussi du présent
"environnement difficile" marqué, outre par la
baisse du prix garantit du sucre auprès du marché
européen mais aussi par la crise économique mondiale.
En dépit de cela, Navin Ramgoolam affiche sa confiance
que le pays pourra, malgré tout, surmonter les obstacles.
Il souligne que grâce à "linventivité"
de la nation, Maurice, condamnée au pire sort en 1960 par
les professeurs Titmus et Meade a pu réussir. Il souligne,
notamment, notre politique diplomatique "de grande ouverture".
Le Premier ministre rappelle, à cet effet, le choix diplomatique
de sir Seewoosagur Ramgoolam d'adhérer, en 1973, au protocole
nous liant aux Européens pour la vente de notre sucre.
Alors que, dit-il, le prix du sucre, à cette époque,
était supérieur sur le marché libre, SSR
avait assuré pour le pays un prix garanti à long
terme.
L'aviation face à la crise
British Airways appelle ses salariés à travailler
gratuitement
L'aviation bat de l'aile. Pour ne pas faire de vol plané,
les compagnies aériennes en appellent à la solidarité
et au soutien de leurs employés. C'est ainsi que British
Airways a demandé en début de la semaine dernière,
à ses employés de travailler gratuitement. Cet appel
requiert aux employés de la compagnie aérienne britannique
de se porter volontaires pour une période allant d'une
semaine à un mois de congé sans solde ou de travail
non payé. Une demande qui s'applique également au
personnel mauricien de BA.
Cette récente proposition de BA s'ajoute à une batterie
de mesures d'économies déjà proposées
l'entreprise à ses employés. Des mesures qui font
suite aux pertes opérationnelles de 220 millions de livres
sterling essuyées par le groupe annuellement. Dans le cadre
de la révision de la stratégie de la compagnie aérienne,
le directeur général de BA, Willie Walsh et le directeur
financier, Keith Williams, ont annoncé depuis mai dernier
leur intention de travailler sans solde. Ils ont déjà
donné l'exemple. Ils demandent aux employés de BA
de leur emboîter le pas, afin de contribuer à leur
manière à la bataille de la compagnie aérienne
pour sa survie dans des conditions de marché difficile.
Cette proposition a également été faite au
personnel de BA à Maurice, même si la situation reste
différente, indique le Country manager, Thierry Arekion.
"Il faut noter que cet appel a été lancé
à tous les employés, mais à un titre volontaire.
Il ne s'agit pas d'une obligation", souligne Thierry
Arekion. Et d'ajouter qu'un tel choix relèverait d'une
décision personnelle et confidentielle. "BA ayant
toujours été une entreprise à l'écoute
et aux côtés de ses employés, je ne vois pas
pourquoi on ne pourrait pas contribuer à sa survie",
confie le Country Manager. Ce dernier rappelle par ailleurs que
par rapport à Maurice, l'entreprise reste à l'écoute
du marché. Elle se prépare à accueillir à
partir du mois d'octobre un nouvel appareil, notamment le Boeing
777, en remplacement du Boieng 747-400 avec certes une capacité
moindre en termes de sièges, mais offrant plus de Première
classe sur la desserte Maurice-Londres. Thierry Arekion assure
que si BA revoit sa stratégie, comme toutes les autres
compagnies aériennes au monde face à la crise, "il
ne figure pas sur ses plans d'enlever Maurice de la carte de BA,
une desserte effectue depuis 47 ans".