é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009



  Crise économique - Recettes touristiques en baisse de 20,3% en avril
  Réforme sucrière - Omnicane Ltd (ex-MTMD Ltd) lance sa "flexi-factory"
  L'aviation face à la crise - British Airways appelle ses salariés à travailler gratuitement


Crise économique

Recettes touristiques en baisse de 20,3% en avril

Alors que les prévisions indiquaient de meilleures perspectives en termes de recettes touristiques pour le mois d"avril, les dernières statistiques officielles publiées par la Banque de Maurice en fin de semaine indiquent une baisse de 20,3% comparativement à la période correspondante en 2008. Néanmoins, les données sur le nombre d'arrivées touristiques, données plus facilement accessibles au niveau de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), n'étaient pas disponibles.

En effet, les recettes touristiques sont descendues sous la barre des Rs 3 milliards en avril dernier, pour se retrouver à Rs 2,9 milliards contre Rs 3,7 milliards en avril 2008. Pour la période de juillet 2008 à avril 2009, la baisse dans les revenus générés par l'industrie touristique a été de 11,8%, soit Rs 32,3 milliards contre Rs 36,6 milliards. Tout compte fait, les recettes touristiques brutes pour l'exercice financier se terminant au 30 juin prochain pourront difficilement se hisser au-dessus de la barre des Rs 40 milliards ou encore moins se retrouver à la hauteur des Rs 43,1 milliards de 2007/08.

D'autre part, un autre indicateur intéressant à plus d'un titre, soit les placements des étrangers à la Bourse de Maurice, se retrouve également dans une position inquiétante. Pour la période allant de janvier à mai de cette année, le désinvestissement des étrangers sur la Bourse a été de Rs 906,2 millions alors que pour les trois dernières années, le solde était positif avec le milliard pas très loin en vue vu la tendance boursière qui se confirme.


Réforme sucrière

Omnicane Ltd (ex-MTMD Ltd) lance sa "flexi-factory"

"La réincarnation de la canne à sucre": c'est par cette image que le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam a décrit, jeudi après-midi, le passage de l'industrie sucrière traditionnelle à une industrie cannière qui s'assurera, dorénavant, de l'optimisation du potentiel de la canne à sucre. C'était à La Baraque, L'Escalier à l'ouverture officielle de la "flexi-factory" d'Omnicane Ltd (ex-Mon Trésor Mon Désert ltd).

"Omnicane" comme pour dire l'utilité industrielle, désormais, multiple de la canne à sucre. Pour la compagnie du sud, elle servira, dorénavant, outre à la production du sucre, son raffinage; pour la production d'énergie électrique; pour la production du bio-carburant (l'éthanol) et la production du rhum agricole ainsi que pour la production de fertilisants.

Aux investissements de l'ordre de Rs 6.3 milliards déjà engagés, le CEO de la compagnie, M. Jacques d'Unienville annonce des investissements additionnels de Rs 3.4 milliards sur les trois prochaines années. Il parle, notamment, de l'amorce de discussions avec la compagnie Alcodis Ltd en vue d'un partenariat dans la production d'éthanol et, éventuellement, du transfert de l'usine de Rose-Belle à St Aubin couplé à sa modernisation.

Autre projet: la création d'une ferme éolienne à Britannia vers la fin de 2010 alors qu'une étude sur le potentiel de production de l'énergie éolienne est en cours et devrait s'achever en février de l'année prochaine. Aussi en projet: le lancement d'une fondation par Omnicane Ltd en vue de s'acquitter de ses obligations en matière environnementale et sur le plan social.

Pour M. Cyril Mayer, le pdg du groupe cannier, le lancement officiel de la "flexi-factory" est la culmination d'un processus visant à transformer un secteur qui se mourrait en un qui, dorénavant, traite de questions d'intérêt telles celles de l'environnement, du changement climatique, de l'alimentation et de l'énergie.

Le chef du gouvernement, le Dr Navin Ramgoolam félicite, lui, les responsables du groupe pour "une telle réussite exceptionnelle" et souhaite que les autres du secteur "suivent le pas". Le Premier ministre qui salue le fait que la part devant revenir aux salariés et aux petits planteurs à travers le Sugar Investment Trust (SIT) a été portée par Omnicane Ltd à 35% se dit "heureux" de constater que le processus de l'accord conclu avec les sucriers l'an dernier "marche bien".

Cela dit, il n'a pas manqué, pour autant, de réitérer que son gouvernement ne "permettra pas" que l'intérêt national "soit subordonné à des intérêts pécuniaires à courte vue". Il devait réitérer sa philosophie pour la réforme du secteur, à savoir, assurer son efficience économique tout en garantissant que l'ensemble des parties concernées trouvent leur compte.

Navin Ramgoolam rappelle l'énergie investie en vue d'obtenir l'assistance de Euros 250 millions de l'Union Européenne (UE). Il salue particulièrement au passage pour son soutien la déléguée de la Commission européenne en poste à Port-Louis, Mme Claudia Weidley qui regagne Bruxelles prochainement en vue d'assurer de plus hautes fonctions.

Pour le Dr Ramgoolam, l'ouverture de cette première "flexi-factory" en cette année 2009 qui marque l'entrée en vigueur de la dernière tranche de baisse globale de 36% du prix garanti du sucre des ACP auprès du marché européen marque le moment où l'on "tourne le dos au temps des préférences et des privilèges".

Le chef du gouvernement qui rappelle que la culture de la canne à sucre est "la raison première" de l'arrivée dans notre île des esclaves et, plus tard, des coolies souligne qu'il s'agit, là, d'une "richesse historique" qui a "irrigué l'ensemble de l'économie" et qui aura permis au pays de s'engager sur la voie de la diversification économique vers le textile, le tourisme et le secteur financier, notamment.

Il rappelle que les conditions climatiques favorables ayant prévalu durant la présente saison laisse augurer une meilleure récolte et cela, malgré le fait que la superficie sous culture a diminué. Rappel aussi du présent "environnement difficile" marqué, outre par la baisse du prix garantit du sucre auprès du marché européen mais aussi par la crise économique mondiale.

En dépit de cela, Navin Ramgoolam affiche sa confiance que le pays pourra, malgré tout, surmonter les obstacles. Il souligne que grâce à "linventivité" de la nation, Maurice, condamnée au pire sort en 1960 par les professeurs Titmus et Meade a pu réussir. Il souligne, notamment, notre politique diplomatique "de grande ouverture".

Le Premier ministre rappelle, à cet effet, le choix diplomatique de sir Seewoosagur Ramgoolam d'adhérer, en 1973, au protocole nous liant aux Européens pour la vente de notre sucre. Alors que, dit-il, le prix du sucre, à cette époque, était supérieur sur le marché libre, SSR avait assuré pour le pays un prix garanti à long terme.


L'aviation face à la crise

British Airways appelle ses salariés à travailler gratuitement

L'aviation bat de l'aile. Pour ne pas faire de vol plané, les compagnies aériennes en appellent à la solidarité et au soutien de leurs employés. C'est ainsi que British Airways a demandé en début de la semaine dernière, à ses employés de travailler gratuitement. Cet appel requiert aux employés de la compagnie aérienne britannique de se porter volontaires pour une période allant d'une semaine à un mois de congé sans solde ou de travail non payé. Une demande qui s'applique également au personnel mauricien de BA.

Cette récente proposition de BA s'ajoute à une batterie de mesures d'économies déjà proposées l'entreprise à ses employés. Des mesures qui font suite aux pertes opérationnelles de 220 millions de livres sterling essuyées par le groupe annuellement. Dans le cadre de la révision de la stratégie de la compagnie aérienne, le directeur général de BA, Willie Walsh et le directeur financier, Keith Williams, ont annoncé depuis mai dernier leur intention de travailler sans solde. Ils ont déjà donné l'exemple. Ils demandent aux employés de BA de leur emboîter le pas, afin de contribuer à leur manière à la bataille de la compagnie aérienne pour sa survie dans des conditions de marché difficile. Cette proposition a également été faite au personnel de BA à Maurice, même si la situation reste différente, indique le Country manager, Thierry Arekion. "Il faut noter que cet appel a été lancé à tous les employés, mais à un titre volontaire. Il ne s'agit pas d'une obligation", souligne Thierry Arekion. Et d'ajouter qu'un tel choix relèverait d'une décision personnelle et confidentielle. "BA ayant toujours été une entreprise à l'écoute et aux côtés de ses employés, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas contribuer à sa survie", confie le Country Manager. Ce dernier rappelle par ailleurs que par rapport à Maurice, l'entreprise reste à l'écoute du marché. Elle se prépare à accueillir à partir du mois d'octobre un nouvel appareil, notamment le Boeing 777, en remplacement du Boieng 747-400 avec certes une capacité moindre en termes de sièges, mais offrant plus de Première classe sur la desserte Maurice-Londres. Thierry Arekion assure que si BA revoit sa stratégie, comme toutes les autres compagnies aériennes au monde face à la crise, "il ne figure pas sur ses plans d'enlever Maurice de la carte de BA, une desserte effectue depuis 47 ans".



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009