a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009



  Gestion para-publique - Ces tours dans la tourmente!
  En douze mois - MK : la dette augmente de 500%, soit Rs 5,1 Md
  Post-Hedging Saga - La STC entre gros pois et pétrolier à double coque
  Rapport Deloitte : - CNT : des comptes peu fiables !
  Mouvements post-budgétaires - Rodrigues : consultations avant la prochaine manif
  Entre réalité et fiction - Alerte à Mumbai avec un avion russe venant de Diego
  Force policière - Le CP Rampersad: "On ne me déstabilisera pas"


Gestion para-publique

Ces tours dans la tourmente!

Une série d'institutions para-publiques se trouvent ces jours-ci projetées au-devant de l'actualité en raison des problèmes majeurs qui les secouent, pour ne pas dire qui les ébranlent. Le point commun est que des personnalités que le gouvernement a choisies pour diriger ces institutions ne parviennent plus à s'entendre.

La Banque de Maurice, la vitrine du pays pour les services financiers, connaît de véritables crises à répétition ; nombre de procédures semblent bloquées compte tenu de l'animosité grandissante entre le board et le management. Un nouvel épisode du feuilleton se jouera dans les jours à venir.

Air Mauritius, le porte-drapeau du pays dans le monde entier, doit se réconcilier avec la nouvelle réalité: le bilan financier 2008/09 place la direction devant ses responsabilités par rapport aux conséquences désastreuses de la "Hedging Saga".

La Corporation nationale de Transport (CNT), un symbole du "Network" de la population locale, montre ses véritables limites, et la firme de consultants Deloitte ne s'est épargnée aucun effort pour ce dur rappel à l'ordre en matière de gestion.

La State Trading Corporation (STC) se fait de nouveau taper sur les doigts avec des pratiques, qui sont contestées. L'allocation du contrat pour le "Double Hull Vessel" risque de rebondir au visage des responsables avec une séquence de contradictions ministérielles.

Les tranchées minées de la BoM Tower !

La guerre des tranchées minées au plus haut niveau de la Bank of Mauritius Tower (BoM Tower) est passée à une étape supérieure. Avec la résistance farouche qu'opposent des membres du board de la Banque centrale aux propositions budgétaires est venu se greffer une grave lacune par rapport aux principes de "Corporate Governance". Pour la première fois, dans les annales de la Banque de Maurice, qui vient de fêter ses 40 ans, le rapport annuel pour l'exercice financier se terminant au 30 juin 2008 n'a pas encore été rendu public, soit presque un an après. Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, avait levé le lièvre samedi dernier. Acculée, la direction de la banque est venue concéder le fait par le biais d'explications ayant trait aux problèmes survenus lors de l'exercice d'appel d'offres. Le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, est venu prendre à contre-pied la Banque de Maurice en affirmant ne pas être en mesure de déposer un rapport officiel, dont il ne détient pas de copie. D'autre part, par voie de lettre anonyme lors de la semaine écoulée, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été informé de huit points de litige empoisonnant les relations entre les membres du board et le management de la plus importante institution bancaire du pays. Dans cette correspondance, les auteurs font un pressant appel au chef du gouvernement "to find a solution to this perpetual inferno situation at the Bank of Mauritius".

En tout cas, depuis la fin de la semaine écoulée, la Banque de Maurice se trouve entraînée dans une crise de crédibilité au sujet de la publication du rapport annuel pour l'exercice financier se terminant au 30 juin de l'année dernière. Les dispositions du Bank of Mauritius Act 2004 stipulent que dans un délai maximal de quatre mois après la fin d'un exercice financier, une copie du bilan financier avec les comptes audités accompagné d'un rapport sur les opérations bancaires doit être soumise au ministre des Finances.

Sur son site web, en date du 17 juin, la Banque de Maurice annonce que "in terms of the provision of the law, the annual accounts of the bank for the financial year ended 30 June 2008 duly certified by the auditors of the Bank, were forwarded to the minister on 31st October 2008, i. e. within the statutory limit imposed by the law". La Banque centrale ajoute qu'en vertu de la section 32 (7) de la loi, ces comptes furent également publiés dans la Gazette du gouvernement en novembre 2008.

Or, à son retour de mission en Afrique du Sud, le VPM et ministre des Finances remet en question les explications de la Banque de Maurice en apportant un démenti catégorique à l'effet qu'il serait en présence du rapport annuel pour 2007/08. "The Bank of Mauritius has not submitted a copy of its report on its operations for that mentioned period to the Minister of Finance and Economic Empowerment", souligne un communiqué officiel des Finances. Fait rarissime : un ministre des Finances, qui prend à contre-pied la Banque centrale d'autant que cette dernière se retrouve en situation de récidive car le précédent rapport annuel pour 2006/07 avait été publié avec du retard.

La version des faits postée sur le "Website" ne laisse aucun doute quant à la non-publication du rapport annuel pour 2007/08. "The Bank regrets that due to a sequence of circumstances, several delays were occasioned during the tendering process which lasted up to 17th March 2009". Le contrat pour l'impression et la publication du rapport n'a été alloué que le 16 avril dernier car le premier exercice d'appel d'offres fut annulé en septembre 2008 en raison d'une réduction du nombre de pages de 200 à 170.

Subséquemment, un problème de "Binding" devait se poser le 30 décembre dernier, avec pour conséquence une nouvelle annulation de l'exercice d'appel d'offres. "Accordingly, on 12 January 2008 fresh tenders were again launched with the tender specifications providing for the annual report 2008 to be hot-glued instead of thread-sewn", note encore la Banque de Maurice.

Néanmoins, trois mois plus tard, volte-face ; le Tender Committee de la Banque de Maurice revient sur sa décision pour ce qui est du "Binding" après avoir pris connaissance des cotations soumises. "On 13th March 2009, the Tender Committee decided to recommend that the services of company C be retained for the printing of the annual report 2008 and that the thread-sewn option be preferred, in the light of recommendations of two printers which while quoting for the hot-glued option, have stated that for the number of pages in the annual report 2008, it was recommended that the report be thread-sewn so as to avoid pages coming out esaily".

Au niveau des milieux politiques autorisées, l'on s'accorde à dire que l'affaire du rapport annuel 2008 constitue un véritable coup dur à la réputation et à l'intégrité de la Banque de Maurice compte tenu des répercussions de la virulente sortie du VPM et ministre des Finances n'hésitant pas à démentir un communiqué officiel de la Banque centrale.

L'affaire du rapport annuel 2008 ouvre un nouveau front d'hostilité avec la BoM Tower comme cible. Le gouverneur de la Banque centrale, Manou Bheenick, sera-t-il en mesure de gérer les retombées de cette crise de crédibilité compte tenu de la posture du leader de l'opposition accumulant des munitions en prévision de l'assaut politique final ? Le compte-à-rebours aurait déjà été déclenché...


BoM : Un "manager" pour chaque quatre employés

Après une période de répit, cette semaine a vu le retour des allégations anonymes contre le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, et une demande adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l'effet que "Bheenick ek Googoolye bizin lev paké allé". Une des critiques est que dans le contexte de la mise en œuvre du plan de restructuration préconisée par le gouverneur, la Banque centrale se retrouvera avec un "manager" pour chaque quatre employés. "Air Mauritius fait école", dira l'autre. Pas moins de huit reproches sont formulés dans cette dernière correspondance ne portant aucune signature mais qui aurait été rédigée par un "Inside Man" à la BoM Tower, avance-t-on. La mise à l'écart du "Second Deputy Governor", le Dr Jamil Khadaroo, est également dénoncée de manière formelle.

"Governor Manou Bheenick and First Deputy Governor Googoolye, jointly and in solido, are the root causes of all mismanagement and bad governance at the Bank of Mauritius. An atmosphere of terror and fear is prevailing among bank employees and they are traumatised by the management of Bheenick and Googoolye, " invoque l'auteur de cette lettre au Premier ministre. Et ce, avant d'énumérer les huit principales controverses dans la conjoncture, soit

le "refus" du gouverneur de la Banque de Maurice de mettre à exécution les décisions du board en date du 19 novembre 2008 concernant la révision du rapport salarial par une "Independent Party" en vue de la mise en vigueur des nouveaux barèmes à compter de janvier 2009 ;

des explications et des éclaircissements sur les dépenses de Rs 25,9 millions pour les célébrations marquant le 40e anniversaire de la banque en dépit des demandes répétées des membres du board ;

la mise à l'écart du "Second Deputy Governor" Jamil Khadaroo, la répartition des responsabilités entre le "First" et "Second Deputy Governors" constituant une zone extrêmement floue ;

l'absence de détails et de précisions sur les missions officielles du gouverneur et du "First Deputy Governor" dans le dernier rapport annuel alors que pour le prochain exercice financier, le board a pris la décision de réduire le budget des missions officielles de Rs 16 millions à Rs 5 M ;

des "dépenses exorbitantes" pour les arrangements floraux lors des fonctions officielles malgré les objections des membres du board ;

les dépenses encourues pour des déjeuners et dîners officiels offerts par la Banque de Maurice et surtout, avance-t-on, les "Saturdays Wining and Dining …" ;

l'octroi allégué de 30 permis de "Money Changers" sans l'autorisation du board de la Banque centrale et

le "screening" quotidien des membres du personnel de la banque.

Le bras de fer entre le board et le management de la Banque de Maurice porte également sur la restructuration salariale, dont les premières recommandations avaient été rejetées par le board en novembre 2008. A ce titre, le clan de la contestation estime que "the machiavellic plan of Manou Bheenick has been rejected by the Board members of Bank. Bheenick and Googoolye have neither the support of the Board Members of the Bank nor the support of the staff. This is a clear and strong signal that they should leave the Bank now for the goodwill of the Bank of Mauritius and the general welfare of its employees".

La nomination de Bijaye Coomar Appanah, directeur du Pay Research Bureau (PRB), en tant que commissaire salarial avec des honoraires de Rs 175 000, est dénoncée avec véhémence. Les contestataires soutiennent que cette décision a été entérinée sans le consentement du board. "The terms of reference of reviewing the Hay's report by Mr Appanah has not been approved by the Board. The terms and conditions of employment as a salary consultant of Mr Appanah has not been approved by the Board", met-on en exergue à l'intention du Premier ministre en tant que "backgrounder" à la résistance du board pour approuver le budget 2009 de la Banque centrale, qui comprend en principe les recommandations salariales du directeur du PRB.

Un des principaux éléments de discorde budgétaire concerne les provisions de la restructuration envisagée par le gouverneur de la Banque de Maurice, où "à la manière d'Air Mauritius" avec "for every four employees, there is a manager" vu que le plan prévoit la nomination de "20 chefs de département et de 40 Chief Managers".

"All these appointments have never been approved by the Board of Directors. The vacancies for the posts of Head of Division and Chief Managers had no job description or schedule of duties and were not advertised properly by issue of bank circulars", soutiennent des sources autorisées, qui avancent des "irrégularités" dans les procédures de promotion et de recrutement.

A ce stade, la saga à la BoM Tower n'a fait que s'amplifier au fil des mois face à l'absence de décisions de la part de l'Hôtel du gouvernement...


En douze mois

MK : la dette augmente de 500%, soit Rs 5,1 Md

La réunion du board d'Air Mauritius, jeudi, a pris la mesure de l'envergure de la catastrophe financière que constitue la "Hedging Saga" par rapport à l'approvisionnement en carburant jusqu'au mois d'août 2010. Face au discours teinté d'optimisme et mobilisateur du Chief Executive Officer (CEO) de la compagnie aérienne nationale, Manoj Ujoodha, les faits et chiffres du bilan financier pour l'exercice se terminant au 31 mars dernier demeurent têtus. Ainsi, indépendamment des explications et justifications au sujet des pertes de Rs 10,5 millions par jour (Rs 3,8 milliards en une année), les "Borrowings and Financial Derivatives" (endettement) d'Air Mauritius ont connu une augmentation de 500%, pour passer de Rs 1 milliard en 2007/08 à Rs 5,1 Md en 2008/09.

D'autre part, la direction générale d'Air Mauritius concède que les trois principaux facteurs, qui ont plombé les finances de la compagnie en 2008/09, continuent à perturber le monde de l'aviation civile internationale. "Visibility as regards demand remains low, while volatility in fuel prices and exchange rates is high", souligne Air Mauritius dans un communiqué accompagnant la publication de l'"Audited Abridged Balance Sheet" au 31 mars dernier. Pour l'exercice financier 2009/10, la compagnie aérienne mise sur un rebond du cours mondial du pétrole et un renforcement de l'euro face au dollar américain en vue de conjurer les dernières séquelles de la "Hedging Saga" pour un montant de Rs 2,5 milliards (55 millions d'euros) et bénéficier d'une marge de manœuvre financière moins à risque qu'en 2008/09.

Néanmoins, le bilan financier à la fin de mars dernier porte des traces indélébiles de la "Hedging Saga" pour les contrats d'approvisionnement du pétrole. Ainsi, un premier indicateur déterminant reste les "Borrowings and Financial Derivatives" nécessaires pour assurer principalement le financement des "Hedging Commitments. A fin mars, l'endettement de la compagnie était de Rs 5,1 milliards (114,7 millions d'euros) contre Rs 1 Md il y a un an. Ce montant représente environ 25% des "Operating Revenues" annuels de la compagnie. Force est de constater en passant que la compagnie aérienne a confirmé sa décision de rembourser la somme de Rs 400 millions au Fonds national de Pension.

Sur les seules opérations de "Hedging", alors que pour 2007/08, Air Mauritius s'était retrouvé avec un solde positif de Rs 257 millions (5,8 M d'euros), le bilan est extrêmement lourd en 2008/09, soit des pertes de Rs 2,2 milliards (49,7 millions d'euros). Avec les opérations de débouclage de "Hedging", la compagnie se doit, par ailleurs, de gérer des engagements financiers de Rs 2,5 milliards (55 millions d'euros) pour 2009/10.

Les principaux paramètres de performance financière d'Air Mauritius sont comme suit :

pertes de Rs 3,8 milliards, soit un peu plus de Rs 300 millions par mois, contre des profits de Rs 750 millions l'année dernière ;

"Operating Revenues" stables de Rs 19,9 milliards en 2008/09, soit 448,6 millions d'euros sensiblement le même montant en euro qu'en 2007/08 ;

"Operating Expenses" en hausse de 8,5%, soit Rs 20,5 milliards (460 millions d'euros) au 31 mars contre Rs 17,8 milliards pour le précédent exercice financier. La compagnie affirme avoir réalisé des économies de Rs 979 millions (22,1 M euros) avec l'adoption de "Cost Saving Measures"

"Traffic Revenue" en baisse de 8,8% au 31 mars avec Rs 15,1 milliards contre Rs 16,6 Md pour l'année précédente ;

"Fuel Surcharge" en hausse de 33% avec des revenus de Rs 4,4 milliards en 2009 contre Rs 3 Md en 2008. La "Fuel Surcharge" représente environ 30% des revenus générés par le trafic chez Air Mauritius ;

Dépenses administratives en baisse de 13,5%, soit Rs 1,1 milliard en 2009

"Load Factor" en baisse de 1,6%, soit 75,2% contre 76,8% avec une réduction de 9% de passagers - un total de 1 192 158 en 2008/9 compte tenu d'une baisse de 7,1% des sièges avion offerts ; et

Fret en baisse de 15,6%, soit 31 085 tonnes.


Manoj Ujoodha (CEO) : "Effets de la baisse du trafic et du Hedging"

Le Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Manoj Ujoodha, qui avait à ses côtés des membres du conseil d'administration, a évoqué les effets conjugués de la baisse du trafic aérien en raison de la crise internationale et de la "Hedging Saga" pour expliquer les pertes record de Rs 3,8 milliards essuyées par la compagnie aérienne au 31 mars dernier. Les chiffres officiels rendus publics au cours de la semaine écoulée confirment que le deuxième semestre, soit la période d'octobre 2008 à mars 2009, a été des plus catastrophiques sur le plan financier.

"Les pertes du premier semestre, lequel est traditionnellement une période basse, ont tourné autour de 10 983 d'euros, soit quelque Rs 505 millions. C'est le deuxième semestre qui a été le plus dur avec des pertes de 73,36 millions d'euros, soit Rs 3,3 milliards. " Ce résultat est attribué à deux facteurs : la baisse du trafic des voyageurs et, surtout, le coût du hedging sur le carburant et son débouclage au dernier trimestre ", déclare le CEO d'Air Mauritius.

D'autre part, Manoj Ujoodha a tenu à mettre en exergue des points qualifiés de positifs, avec en toile de fond une industrie navigant en pleine crise économique. "Les seules pertes liées au hedging étant supérieures aux pertes totales, la compagnie serait restée bénéficiaire à hauteur de 16,18 millions d'euros, hors hedging, malgré la baisse dans la demande. La rentabilité opérationnelle a été améliorée. La stabilité du chiffre d'affaires malgré la diminution du nombre de passagers transportés traduit une amélioration des performances de la compagnie ; encourageante pour le court et moyen termes", écrit le CEO dans une note explicative au personnel.

Tout en saluant le soutien apporté par l'Etat à travers des garanties bancaires, le CEO d'Air Mauritius soutient que "la compagnie aborde le nouvel exercice dans de meilleures conditions possibles au regard du contexte, à la fois en termes de trésorerie et d'endettement. C'est essentiellement de la capacité de rebond de l'économie internationale et de l'attractivité de la destination Maurice, que dépendront le niveau des résultats pour 2009/10".

Manoj Ujoodha s'est appesanti sur les éléments du programme de maîtrise des coûts et d'optimisation du réseau en vue de dégager dix millions d'euros, soit Rs 450 millions, d'économies supplémentaires. Parmi les mesures entérinées, relevons jusqu'ici la baisse des salaires du CEO et des directeurs, le "leave without pay" de 127 employés, le gel des "increments", le retour d'un Airbus A 340 que la compagnie utilisait en location. Le personnel d'Air Mauritius, qui était de 2 673 employés, en 2005, est passé à 2 254 en 2009. Ce chiffre devrait passer à 2 000 dans deux ou trois prochaines années.


MK se débarrasse de son "Inflight Duty-Free"

La compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, a pris la décision d'avoir recours à une tierce partie pour la gestion de ses services de vente "Duty Free" à bord de ses avions. Le contrat, qui a été signé formellement au cours de la semaine écoulée, s'échelonnera sur une période de trois ans. Il prendra effet à compter du 1er août prochain.

Le choix d'Air Mauritius pour assurer son "Inflight Duty Free" s'est porté sur Tourvest Duty Free, une compagnie engagée dans ce genre d'activités pour le compte d'une série de compagnies aériennes internationales, dont Virgin Atlantic, Kenya Airways et South African Airways. Lors de la signature du contrat, le Chief Executive d'Air Mauritius, Manoj Ujoodha, a trouvé que "we are delighted to be working with Tourvest Duty Free and the new arrangement will provide our customers with an enhanced product offer and more choice".


Post-Hedging Saga

La STC entre gros pois et pétrolier à double coque

La State Trading Corporation (STC), avec le trésorier du Parti travailliste Ah Fat siégeant sur le conseil d'administration, ne semble jamais trop loin des controverses. Pourtant, jusqu'ici cette institution, qui brasse un chiffre d'affaires portant sur des milliards, bénéficie d'une "ceinture de protection en inox" ; l'expression transparence dans les affaires ne serait nullement de mise. Encore moins peut-on parler de sanctions quand il y a faute ? Les méthodes et le style propres à la STC sont remontés aux devants de l'actualité avec l'allocation dans des conditions quasiment orthodoxes, avance-t-on, d'un contrat pour l'achat d'un pétrolier à double coque (Double Hull Vessel). D'autre part, un parfum de scandale tend à se libérer au vu de l'affaire des gros pois avariés importés de Madagascar.

A ce stade, la STC traîne toujours le boulet de la "Hedging Saga" sur les importations de produits pétroliers, avec des pertes sèches de Rs 3 milliards. Contrairement à la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, qui a étalé sur la place publique les moindres détails de ses "Hedging Commitments" et les répercussions sur son bilan financier, la STC s'est gardée d'éclairer la population au sujet des dessous de ses "Hedging Losses".

Pourtant, depuis la fin de l'année dernière, le consommateur est appelé à contribuer une somme de Rs 3 par litre d'essence consommé en vue d'éponger les pertes de Rs 3 milliards dans les finances de la STC. Jusqu'ici, aucune sanction n'a été prononcée contre les responsables de cette décision lourde de conséquences. Le ministre de tutelle avait annoncé à l'Assemblée nationale une enquête. A ce jour, point de détail sur les conclusions sur la "Hedging Saga" à la STC.

L'affaire du contrat alloué à la compagnie Betonix Limited du groupe Bhunjun pour l'acquisition d'un pétrolier à double coque est venue remettre en perspective le style de gestion propre à la STC. Ce contrat, nécessitant des investissements de Rs 3,5 milliards et d'une importance stratégique de premier plan pour les 15 prochaines années, n'a fait l'objet d'aucun appel d'"Expression of Interest".

Le ministre des Affaires maritimes, Anil Baichoo, s'est même permis le luxe d'apporter un démenti formel à son collègue Mahen Gowressoo, qui était intervenu à l'Assemblée nationale le 21 avril dernier. "In fact, the expression of interest was not published. There was a meeting with the Mauritius Chamber of Industry and Commerce together with the officials of the Ministry as well as the then Minister responsible, and then it was communicated to the MCCI. Thereby they sent letters to all the 400 members. It was only after that the decisions were taken", a affirmé Anil Baichoo en réponse à une interpellation parlementaire du député Ajay Gunness, mardi dernier.

Les éléments de réponse du ministre sont venus dissiper tout doute autour d'une "Expression of Interest" pour l'acquisition d'un "Double Hull Vessel" par la STC avec plus de 400 participants. Le député Alan Ganoo n'a pas manqué de souligner la contradiction dans les deux réponses ministérielles. Le comble est que suite à l'exercice entrepris par la Chambre de Commerce et d'Industrie en mars 2008, il y avait une seule "Responsive Proposal" même si six firmes avaient démontré un intérêt particulier. Cette unique proposition émanait de Betonix, qui se verra octroyer le marché.

"Betonix Ltd was the only one to submit a responsive proposal, in partnership with Executive Ship Management (ESM) Private Limited of Singapore", a poursuivi le ministre Baichoo. Neuf mois après, le 12 janvier dernier, le conseil des ministres donnait son accord de principe à la proposition de cette compagnie du groupe Bhunjun pour l'acquisition et l'opération de ce double coque pour une période de 15 ans à partir de l'année prochaine.

Le principal avantage de cette décision est que la STC sera en mesure de réaliser des économies d'un peu moins de Rs 500 millions à l'item du fret pétrolier. L'engagement du consortium est que le financement de l'acquisition de ce "Double-Hull" ne bénéficiera d'aucun engagement financier de la part du gouvernement. "Freight rates to be charged in connection with the transportation of petroleum products would have to be jointly agreed between Betonix Ltd and ESM on one side and State Trading Corporation on the other and would be based on rebates available with regard to indicative market rate", avait décidé le conseil des ministres.

Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, se basant sur la performance de la STC concernant l'approvisionnement en farine, riz et produits pétroliers, s'est interrogé sur la capacité de cet organisme d'opérer en toute transparence avec le fret pétrolier. "I can give the guarantee to the House that the government will see to it that the deal which will be struck must be a transparent one and it has to be publicised. We will take all the time it requires, " tente de rassurer le ministre Baichoo.

Plus loin, répondant à une interpellation supplémentaire du député Joe Lesjongard, Anil Baichoo ne trouvait mieux que de déclarer que "The company having spent almost $100 million, nobody can become a charitable institution in this country. If somebody is investing, we have to be pragmatic and practical also".

Entre-temps, le projet d'un pétrolier de double coque de la STC fait face à ses premiers contre-temps. La mise en opération est prévue pour le mois d'août 2010 alors que le temps pour la construction de ce navire est de 24 à 30 mois. Le premier d'une série d'éventuels retards à gérer, avec le contrat formel pas encore signé également.

Les pois du Cap avariés importés de Madagascar continuent à hanter la STC. Le ministre Mahen Gowressoo a refusé mardi dernier de révéler les noms des responsables de la STC, qui s'étaient rendus en mission à Madagascar, pour cette cargaison de gros pois. "It would not be ethical to reveal the names of the officers who went to Madagascar to ascertain the quality of the broad beans", a-t-il répondu à une interpellation du député Ajay Gunness.

Paul Bérenger devait intervenir qu'au nom de la récente garantie au sujet de la transparence, le ministre Gowressoo se doit d'accéder à cette requête. "I thought we had been given some kind of a guarantee that there would be transparency and now, even the names of the three STC officers who went to Madagascar and made a mess which consumers are paying for in general is no transparency. Is it because the treasurer of the Labour Party is one of them ? " devait-il se demander.

Au député Ajay Gunness d'ajouter son grain de sel : "Can I know from the Minister whether the three persons who were there were Mr Ah-Fat, Mr Ali and Mr Soomaroah themselves who checked all the cargoes which were put on board the ship ? " Le ministre Gowressoo ne fléchit même pas avec le Speaker, Kailash Purryag passant à la PQ subséquente…


Star Maritime Ltd contredit le ministre Anil Baichoo

L'affaire du contrat de "Double-Hull Vessel" pour produits pétroliers sera relancée compte tenu de nouvelles révélations d'une compagnie internationale, qui avait soumis une offre au ministère des Affaires maritimes mais qui a été écartée de l'exercice. Des recoupements d'informations que Week-End a effectués contredisent des affirmations du ministre Anil Baichoo à l'effet que Betonix avait été le seul à avoir soumis une "Responsive Proposal".

La Star Maritime Limited, une compagnie internationale engagée dans le transport des produits pétroliers dans le monde et armateurs d'une flotte de pétroliers, avait constitué un "Joint Venture" avec la Mauritius Shipping Corporation (MSC), compagnie maritime appartenant au gouvernement, pour les besoins de cet exercice d'"Expression of Interest".

Les responsables de ce partenariat affirment avoir soumis une offre formelle au ministère dans les délais impartis, soit le 28 mars 2008. "The whole project would have been totally financed by Star Maritime Limites and professionnally managed and operated jointly with the Mauritius Shipping Corporation for the benefit of the country as a whole. No investment from the government of Mauritius would have been required", maintiennent les promoteurs.

La Star Maritime Ltd confirme avoir transmis au mois d'août 2008, par le truchement de la Mauritius Shipping Corporation, une "Letter of Reminder" au ministère pour réitérer son intérêt dans le projet. Cette lettre est restée sans réponse alors que toutes les tentatives pour de plus amples détails sont demeurées vaines jusqu'ici.

"The question is how, why and in whose interest such an ideal partnership was put aside and hidden to the detriment of the country ? Why a company such as the Mauritius Shipping Corporation which has appropriate profile for such a project has been rejected and discarded", soulignent-ils en faisant état du choix de Bétonix, compagnie, qui n'a aucune expérience en matière maritime.

Affaire à suivre...


BDM : une banque en sursis !

La Banque de Développement de Maurice (BDM), dont la mission initiale était celle d'une banque agricole, est une institution financière en sursis. Alors que d'autres banques commerciales réalisent des profits confortables au cours de ces derniers exercices financiers, la BDM s'est retrouvée avec des pertes de Rs 281,5 millions au 30 juin de l'année dernière alors que le montant "Waived" à l'item des créances douteuses s'élève à Rs 527 millions.

En prévision d'une opération de sauvetage et d'une restructuration de cette institution financière, une firme de consultants du Canada, l'International Financial Consulting, a été appelée au chevet de la Banque de Développement en vue de redresser la barre. Au cours de la première quinzaine de ce mois, un premier rapport des consultants a été soumis aux autorités compétentes. Les consultants canadiens ont promis de revenir très bientôt avec un volet encore plus détaillé du plan de restructuration de cette banque, qui constitue un guichet particulier pour soutenir les efforts du gouvernement dans la promotion des Petites et moyennes entreprises (PME).

Les livres de comptes de la BDM comportent un fort volume de créances douteuses. De sévères critiques de la part de la Banque de Maurice sont également relevées. Au 30 juin de l'année dernière, les crédits accordés par la BDM étaient de Rs 3,1 milliards alors que les dépôts se montaient à Rs 3,3 Md.


Rapport Deloitte :

CNT : des comptes peu fiables !

Les comptes de la Corporation nationale de transport (CNT) ne sont pas fiables. Ce pavé a été jeté dans la mare de la gestion des corps para-publics par des consultants de la firme d'experts-comptables, Deloitte, qui avait la tâche de se pencher sur l'état de santé financier de ce qui fut, à un certain moment, le fleuron des corps para-étatiques en termes de service au public. Ce volumineux rapport, dont une copie a été déposée à la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, dépeint un tableau des plus compromettants de la situation à la CNT, qui prévoit des pertes de plus de Rs 200 millions en 2008/09, soit trois fois celles du précédent exercice même si le public-voyageur paie rubis sur ongle. La CNT se trouve depuis plusieurs mois en état de cessation de paiements vu qu'elle n'est pas en mesure de rembourser ses dettes de Rs 386 millions au gouvernement.

Le rapport de Deloitte constate un véritable "Breakdown" des procédures et des contrôles au département des Finances de la CNT pour tirer ses conclusions sur la fiabilité des bilans et des comptes présentés officiellement. Premier manquement majeur : l'"Accounting Software" en utilisation à la CNT est désuet et remonte à plus de 20 ans; la soumission des données se fait dans un délai de plus de six mois.

"Cobol, as it stands, is not reliable", note le rapport, qui recommande que des mesures urgentes soient prises en vue de permettre au "management to have access to reliable accounts on a timely basis ; reduce the period between the year end and the issue of accounts. There is need to provide quarterly accounts for tax purposes". Plus loin, le rapport s'appesantit sur le fait que "due to lack of fully qualified personnel in the Finance Department, the accounts of the Finance Department of the National Transport Corporation would not be prepared on a timely basis. In addition, the accounts may not be reliable for management to act upon".

Une des zones d'ombre majeures relevées dans la gestion de la CNT se situe au niveau du "Traffic Department" de par son rôle de générateur de recettes financières. Mais pour les besoins de contrôle et de compilation des données, les "Senior Traffic Controllers" doivent se fier à différentes sources, qui sont considérées "not accurate and reliable" faute d'un système de coordination des données sur les "Electronic Ticketing Machines" (ETM) utilisées par les receveurs de la CNT.

Les conséquences de ces lacunes se reflètent sur les finances de la CNT vu que selon les conclusions du rapport Deloitte, "there is a difference of around Rs 40 million between the traffic revenue figure obtained from various depots and the accounts, based on daily bankings". Cette situation se corse en raison de problèmes sur la performance financière de la CNT sur certaines routes vu que "the data obtained from the Traffic Department is not complete as there are some routes missing, which may add up to the missing Rs 40 million in traffic revenue".

Une situation scandaleuse a été relevée en ce qui concerne les données sur le nombre de passagers bénéficiaires du "bus gratuit", en particulier les élèves et les personnes du troisième âge. Les chiffres fournis par la CNT ne sont nullement fiables vu que d'une année à l'autre, le nombre de passagers dans ces catégories a plus que décuplé.

Pour soutenir l'argumentation, Deloitte souligne que "Route 153 trips carry 5,8 million pensioners and students in 2008, compared to some 500 000 in 2006 and 2007. In comparison, route 3 (l'une des principales lignes desservies par la CNT) trips carry 3,4 times less pensioners and students in 2008 than route 197 even with 12,5 times more trips are covered". Un véritable casse-tête chinois pour ceux qui veulent mettre de l'ordre et rationaliser les comptes de la CNT et qui s'étonnent de la différence de culture de gestion entre la CNT et les autres opérateurs dans le secteur du transport en commun.

Une des mesures préconisées en vue de permettre à la CNT de sortir de cette situation de "Financial Distress" est le gel de tout recrutement dans les catégories de chauffeurs et receveurs d'autobus ou encore de mécaniciens. "Recruitment of lower level staff shall be frozen for the time being so as not to put additional stress on the financial burden of the Corporation", recommandent les consultants de Deloitte, avec une proposition en vue d'introduire des "One-Man Buses", en l'occurrence des autobus sans receveur, sur des lignes desservies par la compagnie.

Le rapport Deloitte dénonce les ingérences politiques dans la gestion comme un véritable fléau à la CNT. "Political interference has allegedly given way to a number of mismanagement of resources", lit-on à la page 42 du rapport. "Recruitment procedures are often tainted with such interference, to get specific candidates to be recruited. Whilst political nominees are assigned to specific positions such as that of the Chairman, recruiting such candidates to join the Establishment may do more harm than benefit to the Corporation".

Les autres manquements identifiés dans le domaine de la gestion des ressources humaines sont

le concept de "Punitive Transfers" pour des raisons bassement politiques ou encore un traitement de faveur aux "petits copains de la clique politique" ;

une absence de "Strong Leadership" susceptible d'assurer "a proper workflow amongst various departments by providing a vision for the organisation as departmental missions and strategies" et

une absence de communication effective entre les différents départements.

Pour conclure le chapitre des ressources humaines, le rapport des consultants affirme que "the National Transport Corporation is not seen to practice fair policies in recruitment and promotion. There are a number of cases whereby unqualified staff have been recruited and/or promoted. procedures are not seen to be transparent and/or based on merit. There are punitive transfers not linked to performance. " Les consultants de Deloitte proposent à la page 82 du rapport que "political and charitable donations should be clearly stated in the annual report". Une véritable boîte de Pandore...


Mouvements post-budgétaires

Rodrigues : consultations avant la prochaine manif

Les principaux animateurs du mouvement regroupant des forces vives en vue de faire en sorte que Maurice prenne conscience des répercussions de la crise économique à Rodrigues multiplient les consultations avant de s'engager dans une prochaine démonstration de force. La décision de principe a été arrêtée: la manifestation se tiendra à Port-Louis dans les premiers jours de juillet. De son côté, le chef commissaire de l'Assemblée régionale de Rodrigues (ARR), Johnson Roussety, saisira l'occasion d'une rencontre avec des membres du comité organisateur élargi pour leur faire comprendre que le problème doit dépasser le cadre de l'industrie touristique.

Dans le sillage de la marche pacifique à Port Mathurin, le week-end dernier, les organisateurs ont déjà soumis une lettre au chef-commissaire et au Minority Leader, Serge Clair, pour un rappel d'urgence de l'ARR en vue de faire adopter une résolution demandant au gouvernement de suspendre la Fuel Tax de Rs 3 000 sur le billet d'avion Maurice/Rodrigues. Er ce, en vue de relancer les activités touristiques dans l'île. Ils s'attendent à voir des développements à ce niveau dans les jours à venir.

"Nous avons déjà pris contact avec les autorités de l'Assemblée régionale de Rodrigues. Nous n'avons pas encore eu de précisions quant à la date pour la convocation de cette séance spéciale. Probablement, nous devrons être mieux informés après notre rencontre avec le chef-commissaire demain", a déclaré à Week-End Maxi André, un des membres du comité organisateur.

Interrogé au téléphone, hier matin, le chef commissaire a soutenu qu'il sera en meilleure position de se prononcer sur la question de séance spéciale de l'Assemblée régionale après les discussions de demain. "D'abord, je tenterai de mieux appréhender la démarche envisagée par les forces vives dans cette conjoncture socio-économique difficile. De mon point de vue, la question dépasse le seul cadre de l'industrie touristique pour embrasser toute la question de l'autonomie. Les revendications de Rodrigues doivent être globales", a-t-il fait comprendre.

Entre-temps, en vue de venir en aide aux opérateurs du secteur touristique, l'Executive Council de l'Assemblée de Rodrigues a pris la décision, lors de ses délibérations, vendredi, de réduire de 50% le loyer sur les baux pour les entreprises touristiques. Cette réduction, qui avait été annoncée dans le discours-budget du chef commissaire, sera en vigueur en 2009 et en 2010.

"The objective of this measure is to relieve the financial burden of hotels and tourism enterprises in this period of financial crisis and avoid the loss of employment as far as possible. It will also enable the hotels and tourism enterprises to use the amount saved to invest in the promotion of their enterprises and to attract more tourists, thus helping in conteracting the fall in the tourist arrivals being recorded", note l'Executive Council. Depuis le début de l'année, la baisse dans les arrivées touristiques à Rodrigues a été de 20%.

De leur côté, les responsables du comité organisateur des forces vives de Rodrigues se penchent sur la portée des réponses du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en réponse à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition, Paul Bérenger, à l'Assemblée nationale mardi dernier. Le sentiment unanime ressenti à Rodrigues en est une de déception suite à la prise de position du chef du gouvernement, qui avait rejeté la suggestion visant à enlever la Fuel Tax, temporairement du moins, sur le billet d'avion entre les deux îles.


Entre réalité et fiction

Alerte à Mumbai avec un avion russe venant de Diego

Tous les ingrédients d'un "James Bond 007" des grands jours avec un scénario des plus classiques signé Ian Fleming s'étaient mis en place dans le ciel indien dans la soirée de vendredi. Un Antonov-124, affrété par les Etats-Unis avec 18 membres d'équipage de nationalité russe et ayant décollé de la base américaine de Diego-Garcia au cœur de l'océan Indien, a été intercepté par les autorités indiennes. L'avion avait violé l'espace aérien indien. Néanmoins, le dénouement de cette affaire était loin des grandissimes scènes de "Tomorrow never dies". L'avion, qui transportait deux véhicules destinés à des militaires américains et des médicaments à destination de Khandahar dans l'ouest de l'Afghanistan, devait reprendre sa route de l'aéroport de Mumbai, hier soir. D'autres sources citées par la presse indienne ont soutenu que cet avion transportait des armes et munitions.

En tout cas, les autorités indiennes, notamment l'Indian Air Force (IAF), n'avaient rien laissé au hasard dans la soirée de vendredi car c'était la seconde fois en 15 jours qu'un Antonov-124 traversait l'espace aérien indien sans aucune permission. Dès que cet appareil, utilisé dans des opérations militaires d'envergure, a été repéré, vendredi soir, volant sans autorisation, la "Movement Liaison Unit" de la IAF's South Western Air Command avait déclenché les procédures pour intercepter l'Antonov-124.

Avec les sommations de l'armée de l'air indienne, le commandant de bord ne devait offrir aucune résistance et se plia aux directives pour atterrir à l'aéroport de Mumbai vers les 22 h 40 (heure indienne). Le porte-parole de l'armée de l'air indienne, le Wing Commander T. K. Singh, devait confirmer à la presse indienne que "No IAF fighter had scrambled to escort the intruding aircraft as it followed ATC radio calls and landed in Mumbai".

L'Antonov-124, qui appartient à la compagnie russe Volga Dnepr, fut placé sous haute surveillance avec une fouille minutieuse de l'intérieur alors que les 18 membres d'équipage, principalement des ressortissants russes, étaient soumis à un interrogatoire serré. Les résultats de l'enquête communiquée officiellement à la presse étaient que "the aircraft was apparently carrying military cargo for US armed forces personnel fighting Taliban under Operation Enduring Freedom. The aircraft, chartered by the US military, took off from Diego Garcia, a US military base, on an island near Mauritius in the Indian Ocean".

La confusion a surgi au niveau du "callsign" de l'appareil pour les besoins d'identification par les autorités aériennes. "The aircraft used a civilian aircraft callsign VDA 4466, whereas its original callsign was REACH 813, which implied it was a military cargo. Since obtaining a military clearance for using Indian air space by foreign military aircraft is cumbersome, the operator adopted a short-cut by obtaining a civilian callsign for the aircraft", soutiennent des officiels indiens sur la base des éléments de l'enquête.

Dès hier matin, les leviers diplomatiques américains et russes devaient être actionnés pour élucider les zones d'ombre et soumettre une demande au ministère des Affaires étrangères indien pour l'obtention d'une Air Operations Routine Authority en vue de survoler l'espace aérien.

Les autorités militaires indiennes, qui ont connu des frissons de la "realpolitik" aux confins du bassin de l'océan Indien, ont eu une occasion en or pour mettre à l'épreuve en situation réelle leur système de surveillance du territoire sans aucune bavure d'envergure...


Force policière

Le CP Rampersad: "On ne me déstabilisera pas"

Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, a, à travers son service de presse, vigoureusement réagi à l'information parue dans la presse, à l'effet que ses jours à la tête de la force policière sont comptés. Le Police Press Office (PPO) annonce, dans la foulée, qu'une enquête a été ouverte "au niveau du Police Headquarters" afin de trouver la source de cette tentative de "déstabilisation".

"Le commissaire de Police fait ressortir que les informations concernant son départ de la force policière et son éventuel remplacement, sont une tentative de déstabilisation qui est vouée à l'échec. Il ne se laissera pas déstabiliser. Le travail continue, avec la série de réformes déjà engagée au sein de la police. Ces réformes sont en train de porter leurs fruits. Une enquête a été ouverte au niveau du Police Headquarters afin de faire la lumière sur cette tentative de déstabilisation", a souligné le Police Press Officer (PPO), le sergent Lindsay Mirthil hier au nom du commissaire de Police.

De source proche des Casernes centrales, il ressort que l'enquête ouverte dès hier concernant ces allégations ont été confiées à la Central Criminal Investigation Division (CCID), dirigée par l'Assistant commissaire de Police (ACP) Suchidanund Lollbeeharry.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 juin 2009