|
En douze mois
MK : la dette augmente de 500%, soit Rs 5,1 Md
La réunion du board d'Air Mauritius, jeudi, a pris la mesure
de l'envergure de la catastrophe financière que constitue
la "Hedging Saga" par rapport à l'approvisionnement
en carburant jusqu'au mois d'août 2010. Face au discours
teinté d'optimisme et mobilisateur du Chief Executive
Officer (CEO) de la compagnie aérienne nationale, Manoj
Ujoodha, les faits et chiffres du bilan financier pour l'exercice
se terminant au 31 mars dernier demeurent têtus. Ainsi,
indépendamment des explications et justifications au sujet
des pertes de Rs 10,5 millions par jour (Rs 3,8 milliards en une
année), les "Borrowings and Financial Derivatives"
(endettement) d'Air Mauritius ont connu une augmentation de 500%,
pour passer de Rs 1 milliard en 2007/08 à Rs 5,1 Md en
2008/09.
D'autre part, la direction générale d'Air Mauritius
concède que les trois principaux facteurs, qui ont plombé
les finances de la compagnie en 2008/09, continuent à perturber
le monde de l'aviation civile internationale. "Visibility
as regards demand remains low, while volatility in fuel prices
and exchange rates is high", souligne Air Mauritius dans
un communiqué accompagnant la publication de l'"Audited
Abridged Balance Sheet" au 31 mars dernier. Pour l'exercice
financier 2009/10, la compagnie aérienne mise sur un rebond
du cours mondial du pétrole et un renforcement de l'euro
face au dollar américain en vue de conjurer les dernières
séquelles de la "Hedging Saga" pour un
montant de Rs 2,5 milliards (55 millions d'euros) et bénéficier
d'une marge de manuvre financière moins à
risque qu'en 2008/09.
Néanmoins, le bilan financier à la fin de mars dernier
porte des traces indélébiles de la "Hedging
Saga" pour les contrats d'approvisionnement du pétrole.
Ainsi, un premier indicateur déterminant reste les "Borrowings
and Financial Derivatives" nécessaires pour assurer
principalement le financement des "Hedging Commitments. A
fin mars, l'endettement de la compagnie était de Rs 5,1
milliards (114,7 millions d'euros) contre Rs 1 Md il y a un an.
Ce montant représente environ 25% des "Operating
Revenues" annuels de la compagnie. Force est de constater
en passant que la compagnie aérienne a confirmé
sa décision de rembourser la somme de Rs 400 millions au
Fonds national de Pension.
Sur les seules opérations de "Hedging",
alors que pour 2007/08, Air Mauritius s'était retrouvé
avec un solde positif de Rs 257 millions (5,8 M d'euros), le bilan
est extrêmement lourd en 2008/09, soit des pertes de Rs
2,2 milliards (49,7 millions d'euros). Avec les opérations
de débouclage de "Hedging", la compagnie
se doit, par ailleurs, de gérer des engagements financiers
de Rs 2,5 milliards (55 millions d'euros) pour 2009/10.
Les principaux paramètres de performance financière
d'Air Mauritius sont comme suit :
pertes de Rs 3,8 milliards, soit un peu plus de Rs 300 millions
par mois, contre des profits de Rs 750 millions l'année
dernière ;
"Operating Revenues" stables de Rs 19,9 milliards
en 2008/09, soit 448,6 millions d'euros sensiblement le même
montant en euro qu'en 2007/08 ;
"Operating Expenses" en hausse de 8,5%,
soit Rs 20,5 milliards (460 millions d'euros) au 31 mars contre
Rs 17,8 milliards pour le précédent exercice financier.
La compagnie affirme avoir réalisé des économies
de Rs 979 millions (22,1 M euros) avec l'adoption de "Cost
Saving Measures"
"Traffic Revenue" en baisse de 8,8% au 31 mars
avec Rs 15,1 milliards contre Rs 16,6 Md pour l'année précédente
;
"Fuel Surcharge" en hausse de 33% avec des revenus
de Rs 4,4 milliards en 2009 contre Rs 3 Md en 2008. La "Fuel
Surcharge" représente environ 30% des revenus générés
par le trafic chez Air Mauritius ;
Dépenses administratives en baisse de 13,5%, soit Rs 1,1
milliard en 2009
"Load Factor" en baisse de 1,6%, soit 75,2% contre
76,8% avec une réduction de 9% de passagers - un total
de 1 192 158 en 2008/9 compte tenu d'une baisse de 7,1% des sièges
avion offerts ; et
Fret en baisse de 15,6%, soit 31 085 tonnes.
Manoj Ujoodha (CEO) : "Effets de la baisse du trafic et
du Hedging"
Le Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Manoj Ujoodha,
qui avait à ses côtés des membres du conseil
d'administration, a évoqué les effets conjugués
de la baisse du trafic aérien en raison de la crise internationale
et de la "Hedging Saga" pour expliquer les pertes
record de Rs 3,8 milliards essuyées par la compagnie aérienne
au 31 mars dernier. Les chiffres officiels rendus publics au cours
de la semaine écoulée confirment que le deuxième
semestre, soit la période d'octobre 2008 à mars
2009, a été des plus catastrophiques sur le plan
financier.
"Les pertes du premier semestre, lequel est traditionnellement
une période basse, ont tourné autour de 10 983 d'euros,
soit quelque Rs 505 millions. C'est le deuxième semestre
qui a été le plus dur avec des pertes de 73,36 millions
d'euros, soit Rs 3,3 milliards. " Ce résultat est
attribué à deux facteurs : la baisse du trafic des
voyageurs et, surtout, le coût du hedging sur le carburant
et son débouclage au dernier trimestre ", déclare
le CEO d'Air Mauritius.
D'autre part, Manoj Ujoodha a tenu à mettre en exergue
des points qualifiés de positifs, avec en toile de fond
une industrie navigant en pleine crise économique. "Les
seules pertes liées au hedging étant supérieures
aux pertes totales, la compagnie serait restée bénéficiaire
à hauteur de 16,18 millions d'euros, hors hedging, malgré
la baisse dans la demande. La rentabilité opérationnelle
a été améliorée. La stabilité
du chiffre d'affaires malgré la diminution du nombre de
passagers transportés traduit une amélioration des
performances de la compagnie ; encourageante pour le court et
moyen termes", écrit le CEO dans une note explicative
au personnel.
Tout en saluant le soutien apporté par l'Etat à
travers des garanties bancaires, le CEO d'Air Mauritius soutient
que "la compagnie aborde le nouvel exercice dans de meilleures
conditions possibles au regard du contexte, à la fois en
termes de trésorerie et d'endettement. C'est essentiellement
de la capacité de rebond de l'économie internationale
et de l'attractivité de la destination Maurice, que dépendront
le niveau des résultats pour 2009/10".
Manoj Ujoodha s'est appesanti sur les éléments du
programme de maîtrise des coûts et d'optimisation
du réseau en vue de dégager dix millions d'euros,
soit Rs 450 millions, d'économies supplémentaires.
Parmi les mesures entérinées, relevons jusqu'ici
la baisse des salaires du CEO et des directeurs, le "leave
without pay" de 127 employés, le gel des "increments",
le retour d'un Airbus A 340 que la compagnie utilisait en location.
Le personnel d'Air Mauritius, qui était de 2 673 employés,
en 2005, est passé à 2 254 en 2009. Ce chiffre devrait
passer à 2 000 dans deux ou trois prochaines années.
MK se débarrasse de son "Inflight Duty-Free"
La compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, a pris
la décision d'avoir recours à une tierce partie
pour la gestion de ses services de vente "Duty Free"
à bord de ses avions. Le contrat, qui a été
signé formellement au cours de la semaine écoulée,
s'échelonnera sur une période de trois ans. Il prendra
effet à compter du 1er août prochain.
Le choix d'Air Mauritius pour assurer son "Inflight Duty
Free" s'est porté sur Tourvest Duty Free, une
compagnie engagée dans ce genre d'activités pour
le compte d'une série de compagnies aériennes internationales,
dont Virgin Atlantic, Kenya Airways et South African Airways.
Lors de la signature du contrat, le Chief Executive d'Air Mauritius,
Manoj Ujoodha, a trouvé que "we are delighted to
be working with Tourvest Duty Free and the new arrangement will
provide our customers with an enhanced product offer and more
choice".
Post-Hedging Saga
La STC entre gros pois et pétrolier à double
coque
La State Trading Corporation (STC), avec le trésorier
du Parti travailliste Ah Fat siégeant sur le conseil d'administration,
ne semble jamais trop loin des controverses. Pourtant, jusqu'ici
cette institution, qui brasse un chiffre d'affaires portant sur
des milliards, bénéficie d'une "ceinture
de protection en inox" ; l'expression transparence dans
les affaires ne serait nullement de mise. Encore moins peut-on
parler de sanctions quand il y a faute ? Les méthodes et
le style propres à la STC sont remontés aux devants
de l'actualité avec l'allocation dans des conditions quasiment
orthodoxes, avance-t-on, d'un contrat pour l'achat d'un pétrolier
à double coque (Double Hull Vessel). D'autre part,
un parfum de scandale tend à se libérer au vu de
l'affaire des gros pois avariés importés de Madagascar.
A ce stade, la STC traîne toujours le boulet de la "Hedging
Saga" sur les importations de produits pétroliers,
avec des pertes sèches de Rs 3 milliards. Contrairement
à la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius,
qui a étalé sur la place publique les moindres détails
de ses "Hedging Commitments" et les répercussions
sur son bilan financier, la STC s'est gardée d'éclairer
la population au sujet des dessous de ses "Hedging Losses".
Pourtant, depuis la fin de l'année dernière, le
consommateur est appelé à contribuer une somme de
Rs 3 par litre d'essence consommé en vue d'éponger
les pertes de Rs 3 milliards dans les finances de la STC. Jusqu'ici,
aucune sanction n'a été prononcée contre
les responsables de cette décision lourde de conséquences.
Le ministre de tutelle avait annoncé à l'Assemblée
nationale une enquête. A ce jour, point de détail
sur les conclusions sur la "Hedging Saga" à
la STC.
L'affaire du contrat alloué à la compagnie Betonix
Limited du groupe Bhunjun pour l'acquisition d'un pétrolier
à double coque est venue remettre en perspective le style
de gestion propre à la STC. Ce contrat, nécessitant
des investissements de Rs 3,5 milliards et d'une importance stratégique
de premier plan pour les 15 prochaines années, n'a fait
l'objet d'aucun appel d'"Expression of Interest".
Le ministre des Affaires maritimes, Anil Baichoo, s'est même
permis le luxe d'apporter un démenti formel à son
collègue Mahen Gowressoo, qui était intervenu à
l'Assemblée nationale le 21 avril dernier. "In
fact, the expression of interest was not published. There was
a meeting with the Mauritius Chamber of Industry and Commerce
together with the officials of the Ministry as well as the then
Minister responsible, and then it was communicated to the MCCI.
Thereby they sent letters to all the 400 members. It was only
after that the decisions were taken", a affirmé
Anil Baichoo en réponse à une interpellation parlementaire
du député Ajay Gunness, mardi dernier.
Les éléments de réponse du ministre sont
venus dissiper tout doute autour d'une "Expression of
Interest" pour l'acquisition d'un "Double Hull
Vessel" par la STC avec plus de 400 participants. Le
député Alan Ganoo n'a pas manqué de souligner
la contradiction dans les deux réponses ministérielles.
Le comble est que suite à l'exercice entrepris par la Chambre
de Commerce et d'Industrie en mars 2008, il y avait une seule
"Responsive Proposal" même si six firmes
avaient démontré un intérêt particulier.
Cette unique proposition émanait de Betonix, qui se verra
octroyer le marché.
"Betonix Ltd was the only one to submit a responsive proposal,
in partnership with Executive Ship Management (ESM) Private Limited
of Singapore", a poursuivi le ministre Baichoo. Neuf
mois après, le 12 janvier dernier, le conseil des ministres
donnait son accord de principe à la proposition de cette
compagnie du groupe Bhunjun pour l'acquisition et l'opération
de ce double coque pour une période de 15 ans à
partir de l'année prochaine.
Le principal avantage de cette décision est que la STC
sera en mesure de réaliser des économies d'un peu
moins de Rs 500 millions à l'item du fret pétrolier.
L'engagement du consortium est que le financement de l'acquisition
de ce "Double-Hull" ne bénéficiera
d'aucun engagement financier de la part du gouvernement. "Freight
rates to be charged in connection with the transportation of petroleum
products would have to be jointly agreed between Betonix Ltd and
ESM on one side and State Trading Corporation on the other and
would be based on rebates available with regard to indicative
market rate", avait décidé le conseil des
ministres.
Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, se basant sur
la performance de la STC concernant l'approvisionnement en farine,
riz et produits pétroliers, s'est interrogé sur
la capacité de cet organisme d'opérer en toute transparence
avec le fret pétrolier. "I can give the guarantee
to the House that the government will see to it that the deal
which will be struck must be a transparent one and it has to be
publicised. We will take all the time it requires, "
tente de rassurer le ministre Baichoo.
Plus loin, répondant à une interpellation supplémentaire
du député Joe Lesjongard, Anil Baichoo ne trouvait
mieux que de déclarer que "The company having spent
almost $100 million, nobody can become a charitable institution
in this country. If somebody is investing, we have to be pragmatic
and practical also".
Entre-temps, le projet d'un pétrolier de double coque de
la STC fait face à ses premiers contre-temps. La mise en
opération est prévue pour le mois d'août 2010
alors que le temps pour la construction de ce navire est de 24
à 30 mois. Le premier d'une série d'éventuels
retards à gérer, avec le contrat formel pas encore
signé également.
Les pois du Cap avariés importés de Madagascar continuent
à hanter la STC. Le ministre Mahen Gowressoo a refusé
mardi dernier de révéler les noms des responsables
de la STC, qui s'étaient rendus en mission à Madagascar,
pour cette cargaison de gros pois. "It would not be ethical
to reveal the names of the officers who went to Madagascar to
ascertain the quality of the broad beans", a-t-il répondu
à une interpellation du député Ajay Gunness.
Paul Bérenger devait intervenir qu'au nom de la récente
garantie au sujet de la transparence, le ministre Gowressoo se
doit d'accéder à cette requête. "I
thought we had been given some kind of a guarantee that there
would be transparency and now, even the names of the three STC
officers who went to Madagascar and made a mess which consumers
are paying for in general is no transparency. Is it because the
treasurer of the Labour Party is one of them ? " devait-il
se demander.
Au député Ajay Gunness d'ajouter son grain de sel
: "Can I know from the Minister whether the three persons
who were there were Mr Ah-Fat, Mr Ali and Mr Soomaroah themselves
who checked all the cargoes which were put on board the ship ?
" Le ministre Gowressoo ne fléchit même
pas avec le Speaker, Kailash Purryag passant à la
PQ subséquente
Star Maritime Ltd contredit le ministre Anil Baichoo
L'affaire du contrat de "Double-Hull Vessel"
pour produits pétroliers sera relancée compte tenu
de nouvelles révélations d'une compagnie internationale,
qui avait soumis une offre au ministère des Affaires maritimes
mais qui a été écartée de l'exercice.
Des recoupements d'informations que Week-End a effectués
contredisent des affirmations du ministre Anil Baichoo à
l'effet que Betonix avait été le seul à avoir
soumis une "Responsive Proposal".
La Star Maritime Limited, une compagnie internationale engagée
dans le transport des produits pétroliers dans le monde
et armateurs d'une flotte de pétroliers, avait constitué
un "Joint Venture" avec la Mauritius Shipping
Corporation (MSC), compagnie maritime appartenant au gouvernement,
pour les besoins de cet exercice d'"Expression of Interest".
Les responsables de ce partenariat affirment avoir soumis une
offre formelle au ministère dans les délais impartis,
soit le 28 mars 2008. "The whole project would have been
totally financed by Star Maritime Limites and professionnally
managed and operated jointly with the Mauritius Shipping Corporation
for the benefit of the country as a whole. No investment from
the government of Mauritius would have been required",
maintiennent les promoteurs.
La Star Maritime Ltd confirme avoir transmis au mois d'août
2008, par le truchement de la Mauritius Shipping Corporation,
une "Letter of Reminder" au ministère
pour réitérer son intérêt dans le projet.
Cette lettre est restée sans réponse alors que toutes
les tentatives pour de plus amples détails sont demeurées
vaines jusqu'ici.
"The question is how, why and in whose interest such an
ideal partnership was put aside and hidden to the detriment of
the country ? Why a company such as the Mauritius Shipping Corporation
which has appropriate profile for such a project has been rejected
and discarded", soulignent-ils en faisant état
du choix de Bétonix, compagnie, qui n'a aucune expérience
en matière maritime.
Affaire à suivre...
BDM : une banque en sursis !
La Banque de Développement de Maurice (BDM), dont la mission
initiale était celle d'une banque agricole, est une institution
financière en sursis. Alors que d'autres banques commerciales
réalisent des profits confortables au cours de ces derniers
exercices financiers, la BDM s'est retrouvée avec des pertes
de Rs 281,5 millions au 30 juin de l'année dernière
alors que le montant "Waived" à l'item
des créances douteuses s'élève à Rs
527 millions.
En prévision d'une opération de sauvetage et d'une
restructuration de cette institution financière, une firme
de consultants du Canada, l'International Financial Consulting,
a été appelée au chevet de la Banque de Développement
en vue de redresser la barre. Au cours de la première quinzaine
de ce mois, un premier rapport des consultants a été
soumis aux autorités compétentes. Les consultants
canadiens ont promis de revenir très bientôt avec
un volet encore plus détaillé du plan de restructuration
de cette banque, qui constitue un guichet particulier pour soutenir
les efforts du gouvernement dans la promotion des Petites et moyennes
entreprises (PME).
Les livres de comptes de la BDM comportent un fort volume de créances
douteuses. De sévères critiques de la part de la
Banque de Maurice sont également relevées. Au 30
juin de l'année dernière, les crédits accordés
par la BDM étaient de Rs 3,1 milliards alors que les dépôts
se montaient à Rs 3,3 Md.
Rapport Deloitte :
CNT : des comptes peu fiables !
Les comptes de la Corporation nationale de transport (CNT)
ne sont pas fiables. Ce pavé a été jeté
dans la mare de la gestion des corps para-publics par des consultants
de la firme d'experts-comptables, Deloitte, qui avait la tâche
de se pencher sur l'état de santé financier de ce
qui fut, à un certain moment, le fleuron des corps para-étatiques
en termes de service au public. Ce volumineux rapport, dont une
copie a été déposée à la Bibliothèque
de l'Assemblée nationale, dépeint un tableau des
plus compromettants de la situation à la CNT, qui prévoit
des pertes de plus de Rs 200 millions en 2008/09, soit trois fois
celles du précédent exercice même si le public-voyageur
paie rubis sur ongle. La CNT se trouve depuis plusieurs mois en
état de cessation de paiements vu qu'elle n'est pas en
mesure de rembourser ses dettes de Rs 386 millions au gouvernement.
Le rapport de Deloitte constate un véritable "Breakdown"
des procédures et des contrôles au département
des Finances de la CNT pour tirer ses conclusions sur la fiabilité
des bilans et des comptes présentés officiellement.
Premier manquement majeur : l'"Accounting Software"
en utilisation à la CNT est désuet et remonte à
plus de 20 ans; la soumission des données se fait dans
un délai de plus de six mois.
"Cobol, as it stands, is not reliable", note
le rapport, qui recommande que des mesures urgentes soient prises
en vue de permettre au "management to have access to reliable
accounts on a timely basis ; reduce the period between the year
end and the issue of accounts. There is need to provide quarterly
accounts for tax purposes". Plus loin, le rapport s'appesantit
sur le fait que "due to lack of fully qualified personnel
in the Finance Department, the accounts of the Finance Department
of the National Transport Corporation would not be prepared on
a timely basis. In addition, the accounts may not be reliable
for management to act upon".
Une des zones d'ombre majeures relevées dans la gestion
de la CNT se situe au niveau du "Traffic Department"
de par son rôle de générateur de recettes
financières. Mais pour les besoins de contrôle et
de compilation des données, les "Senior Traffic
Controllers" doivent se fier à différentes
sources, qui sont considérées "not accurate
and reliable" faute d'un système de coordination
des données sur les "Electronic Ticketing Machines"
(ETM) utilisées par les receveurs de la CNT.
Les conséquences de ces lacunes se reflètent sur
les finances de la CNT vu que selon les conclusions du rapport
Deloitte, "there is a difference of around Rs 40 million
between the traffic revenue figure obtained from various depots
and the accounts, based on daily bankings". Cette situation
se corse en raison de problèmes sur la performance financière
de la CNT sur certaines routes vu que "the data obtained
from the Traffic Department is not complete as there are some
routes missing, which may add up to the missing Rs 40 million
in traffic revenue".
Une situation scandaleuse a été relevée en
ce qui concerne les données sur le nombre de passagers
bénéficiaires du "bus gratuit",
en particulier les élèves et les personnes du troisième
âge. Les chiffres fournis par la CNT ne sont nullement fiables
vu que d'une année à l'autre, le nombre de passagers
dans ces catégories a plus que décuplé.
Pour soutenir l'argumentation, Deloitte souligne que "Route
153 trips carry 5,8 million pensioners and students in 2008, compared
to some 500 000 in 2006 and 2007. In comparison, route 3 (l'une
des principales lignes desservies par la CNT) trips carry 3,4
times less pensioners and students in 2008 than route 197 even
with 12,5 times more trips are covered". Un véritable
casse-tête chinois pour ceux qui veulent mettre de l'ordre
et rationaliser les comptes de la CNT et qui s'étonnent
de la différence de culture de gestion entre la CNT et
les autres opérateurs dans le secteur du transport en commun.
Une des mesures préconisées en vue de permettre
à la CNT de sortir de cette situation de "Financial
Distress" est le gel de tout recrutement dans les catégories
de chauffeurs et receveurs d'autobus ou encore de mécaniciens.
"Recruitment of lower level staff shall be frozen for
the time being so as not to put additional stress on the financial
burden of the Corporation", recommandent les consultants
de Deloitte, avec une proposition en vue d'introduire des "One-Man
Buses", en l'occurrence des autobus sans receveur, sur
des lignes desservies par la compagnie.
Le rapport Deloitte dénonce les ingérences politiques
dans la gestion comme un véritable fléau à
la CNT. "Political interference has allegedly given way
to a number of mismanagement of resources", lit-on à
la page 42 du rapport. "Recruitment procedures are often
tainted with such interference, to get specific candidates to
be recruited. Whilst political nominees are assigned to specific
positions such as that of the Chairman, recruiting such candidates
to join the Establishment may do more harm than benefit to the
Corporation".
Les autres manquements identifiés dans le domaine de la
gestion des ressources humaines sont
le concept de "Punitive Transfers" pour des raisons
bassement politiques ou encore un traitement de faveur aux "petits
copains de la clique politique" ;
une absence de "Strong Leadership" susceptible
d'assurer "a proper workflow amongst various departments
by providing a vision for the organisation as departmental missions
and strategies" et
une absence de communication effective entre les différents
départements.
Pour conclure le chapitre des ressources humaines, le rapport
des consultants affirme que "the National Transport Corporation
is not seen to practice fair policies in recruitment and promotion.
There are a number of cases whereby unqualified staff have been
recruited and/or promoted. procedures are not seen to be transparent
and/or based on merit. There are punitive transfers not linked
to performance. " Les consultants de Deloitte proposent
à la page 82 du rapport que "political and charitable
donations should be clearly stated in the annual report".
Une véritable boîte de Pandore...
Mouvements post-budgétaires
Rodrigues : consultations avant la prochaine manif
Les principaux animateurs du mouvement regroupant des forces
vives en vue de faire en sorte que Maurice prenne conscience des
répercussions de la crise économique à Rodrigues
multiplient les consultations avant de s'engager dans une prochaine
démonstration de force. La décision de principe
a été arrêtée: la manifestation se
tiendra à Port-Louis dans les premiers jours de juillet.
De son côté, le chef commissaire de l'Assemblée
régionale de Rodrigues (ARR), Johnson Roussety, saisira
l'occasion d'une rencontre avec des membres du comité organisateur
élargi pour leur faire comprendre que le problème
doit dépasser le cadre de l'industrie touristique.
Dans le sillage de la marche pacifique à Port Mathurin,
le week-end dernier, les organisateurs ont déjà
soumis une lettre au chef-commissaire et au Minority Leader, Serge
Clair, pour un rappel d'urgence de l'ARR en vue de faire adopter
une résolution demandant au gouvernement de suspendre la
Fuel Tax de Rs 3 000 sur le billet d'avion Maurice/Rodrigues.
Er ce, en vue de relancer les activités touristiques dans
l'île. Ils s'attendent à voir des développements
à ce niveau dans les jours à venir.
"Nous avons déjà pris contact avec les autorités
de l'Assemblée régionale de Rodrigues. Nous n'avons
pas encore eu de précisions quant à la date pour
la convocation de cette séance spéciale. Probablement,
nous devrons être mieux informés après notre
rencontre avec le chef-commissaire demain", a déclaré
à Week-End Maxi André, un des membres du
comité organisateur.
Interrogé au téléphone, hier matin, le chef
commissaire a soutenu qu'il sera en meilleure position de se prononcer
sur la question de séance spéciale de l'Assemblée
régionale après les discussions de demain. "D'abord,
je tenterai de mieux appréhender la démarche envisagée
par les forces vives dans cette conjoncture socio-économique
difficile. De mon point de vue, la question dépasse le
seul cadre de l'industrie touristique pour embrasser toute la
question de l'autonomie. Les revendications de Rodrigues doivent
être globales", a-t-il fait comprendre.
Entre-temps, en vue de venir en aide aux opérateurs du
secteur touristique, l'Executive Council de l'Assemblée
de Rodrigues a pris la décision, lors de ses délibérations,
vendredi, de réduire de 50% le loyer sur les baux pour
les entreprises touristiques. Cette réduction, qui avait
été annoncée dans le discours-budget du chef
commissaire, sera en vigueur en 2009 et en 2010.
"The objective of this measure is to relieve the financial
burden of hotels and tourism enterprises in this period of financial
crisis and avoid the loss of employment as far as possible. It
will also enable the hotels and tourism enterprises to use the
amount saved to invest in the promotion of their enterprises and
to attract more tourists, thus helping in conteracting the fall
in the tourist arrivals being recorded", note l'Executive
Council. Depuis le début de l'année, la baisse dans
les arrivées touristiques à Rodrigues a été
de 20%.
De leur côté, les responsables du comité organisateur
des forces vives de Rodrigues se penchent sur la portée
des réponses du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en réponse
à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l'opposition,
Paul Bérenger, à l'Assemblée nationale mardi
dernier. Le sentiment unanime ressenti à Rodrigues en est
une de déception suite à la prise de position du
chef du gouvernement, qui avait rejeté la suggestion visant
à enlever la Fuel Tax, temporairement du moins, sur le
billet d'avion entre les deux îles.
Entre réalité et fiction
Alerte à Mumbai avec un avion russe venant de Diego
Tous les ingrédients d'un "James Bond 007"
des grands jours avec un scénario des plus classiques signé
Ian Fleming s'étaient mis en place dans le ciel indien
dans la soirée de vendredi. Un Antonov-124, affrété
par les Etats-Unis avec 18 membres d'équipage de nationalité
russe et ayant décollé de la base américaine
de Diego-Garcia au cur de l'océan Indien, a été
intercepté par les autorités indiennes. L'avion
avait violé l'espace aérien indien. Néanmoins,
le dénouement de cette affaire était loin des grandissimes
scènes de "Tomorrow never dies". L'avion,
qui transportait deux véhicules destinés à
des militaires américains et des médicaments à
destination de Khandahar dans l'ouest de l'Afghanistan, devait
reprendre sa route de l'aéroport de Mumbai, hier soir.
D'autres sources citées par la presse indienne ont soutenu
que cet avion transportait des armes et munitions.
En tout cas, les autorités indiennes, notamment l'Indian
Air Force (IAF), n'avaient rien laissé au hasard dans la
soirée de vendredi car c'était la seconde fois en
15 jours qu'un Antonov-124 traversait l'espace aérien indien
sans aucune permission. Dès que cet appareil, utilisé
dans des opérations militaires d'envergure, a été
repéré, vendredi soir, volant sans autorisation,
la "Movement Liaison Unit" de la IAF's South
Western Air Command avait déclenché les procédures
pour intercepter l'Antonov-124.
Avec les sommations de l'armée de l'air indienne, le commandant
de bord ne devait offrir aucune résistance et se plia aux
directives pour atterrir à l'aéroport de Mumbai
vers les 22 h 40 (heure indienne). Le porte-parole de l'armée
de l'air indienne, le Wing Commander T. K. Singh, devait confirmer
à la presse indienne que "No IAF fighter had scrambled
to escort the intruding aircraft as it followed ATC radio calls
and landed in Mumbai".
L'Antonov-124, qui appartient à la compagnie russe Volga
Dnepr, fut placé sous haute surveillance avec une fouille
minutieuse de l'intérieur alors que les 18 membres d'équipage,
principalement des ressortissants russes, étaient soumis
à un interrogatoire serré. Les résultats
de l'enquête communiquée officiellement à
la presse étaient que "the aircraft was apparently
carrying military cargo for US armed forces personnel fighting
Taliban under Operation Enduring Freedom. The aircraft, chartered
by the US military, took off from Diego Garcia, a US military
base, on an island near Mauritius in the Indian Ocean".
La confusion a surgi au niveau du "callsign"
de l'appareil pour les besoins d'identification par les autorités
aériennes. "The aircraft used a civilian aircraft
callsign VDA 4466, whereas its original callsign was REACH 813,
which implied it was a military cargo. Since obtaining a military
clearance for using Indian air space by foreign military aircraft
is cumbersome, the operator adopted a short-cut by obtaining a
civilian callsign for the aircraft", soutiennent des
officiels indiens sur la base des éléments de l'enquête.
Dès hier matin, les leviers diplomatiques américains
et russes devaient être actionnés pour élucider
les zones d'ombre et soumettre une demande au ministère
des Affaires étrangères indien pour l'obtention
d'une Air Operations Routine Authority en vue de survoler l'espace
aérien.
Les autorités militaires indiennes, qui ont connu des frissons
de la "realpolitik" aux confins du bassin de
l'océan Indien, ont eu une occasion en or pour mettre à
l'épreuve en situation réelle leur système
de surveillance du territoire sans aucune bavure d'envergure...
Force policière
Le CP Rampersad: "On ne me déstabilisera pas"
Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, a, à travers
son service de presse, vigoureusement réagi à l'information
parue dans la presse, à l'effet que ses jours à
la tête de la force policière sont comptés.
Le Police Press Office (PPO) annonce, dans la foulée, qu'une
enquête a été ouverte "au niveau du Police
Headquarters" afin de trouver la source de cette tentative
de "déstabilisation".
"Le commissaire de Police fait ressortir que les informations
concernant son départ de la force policière et son
éventuel remplacement, sont une tentative de déstabilisation
qui est vouée à l'échec. Il ne se laissera
pas déstabiliser. Le travail continue, avec la série
de réformes déjà engagée au sein de
la police. Ces réformes sont en train de porter leurs fruits.
Une enquête a été ouverte au niveau du Police
Headquarters afin de faire la lumière sur cette tentative
de déstabilisation", a souligné le Police
Press Officer (PPO), le sergent Lindsay Mirthil hier au nom du
commissaire de Police.
De source proche des Casernes centrales, il ressort que l'enquête
ouverte dès hier concernant ces allégations ont
été confiées à la Central Criminal
Investigation Division (CCID), dirigée par l'Assistant
commissaire de Police (ACP) Suchidanund Lollbeeharry.
| ||||||||||||