i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009



  Jacquemine Latham-Koenig, psychanalyste : - "Nous sommes dans une mauvaise époque"
  Méditation - Swami Paramananda: «La Faire ressortir toutes les qualités nobles»


Jacquemine Latham-Koenig, psychanalyste :

"Nous sommes dans une mauvaise époque"

Notre invitée est le Dr Jaquemine Latham-Koenig, psychiatre qui après avoir étudiée et exercée à Paris est revenue vivre et travailler à Maurice. Elle prépare actuellement un colloque international sur le thème " Violences et identités" qui aura lieu à Maurice l'année prochaine. C'est sur ce thème que nous sommes allés l'interroger à son domicile, à Tamarin, jeudi, après- midi. Voici la transcription de l'essentiel de cette passionnante conversation.

Après des études de psychologie, vous avez fait une psychanalyse, puis vous avez été formée comme psychanalyste et avez exercé pendant des années à Paris avant de décider de revenir à Maurice. Pour quelle raison ?

J'avais un cabinet à Paris et je dirigeais un hôpital de jour pour adolescents et en 2005 je suis venue à Maurice organiser, avec l'association Analyse Freudienne dont je suis toujours membre, un colloque sur l'inconscient et les langues. Tout d'un coup cela m'est apparu comme une évidence qu'il fallait que je vienne vivre ma retraite à l'île Maurice et qu'introduise la psychanalyse ici, alors que toute ma vie j'avais dit jamais je ne ferai ça. Je suis revenue, j'ai ouvert un cabinet et j'ai commencé à travailler.

Pour que la suite de notre discussion soit claire, je pose la question de base : à quoi ça sert la psychanalyse ?

C'est une écoute, pas du contenu, sans jugement ni conseil, de ce qu'un patient se sent de dire à son praticien. Nous sommes là pour laisser dire la personne qui ne voit pas le praticien et qui se parle, en fait. Dans la cure, le patient est allongé et ne voit pas l'analyste qui est derrière lui. Cette absence de regard fait tomber certaines défenses sociales, car quand on regarde l'autre, il y a toutes sortes de projections imaginaires qui sont en jeu et qui dérangent et orientent la parole. On pense que l'autre pense que, que son expression fait penser que... etc. Le fait de ne pas voir l'analyste élimine la fonction du regard et l'analyste devient une sorte de surface de toutes les projections du patient dans le cadre de ce que l'on appelle le transfert. L'analyste écoute mais ne réagit pas, n'intervient pas. Une consultation avec un psychanalyse n'est pas une conversation, pas un dialogue, c'est une parole qui s'adresse et qui se reçoit. Chaque patient vient faire un travail qui lui appartient singulièrement.

Dans la mesure où il faut compter beaucoup de séances d'écoute et que cela se paye est ce que la psychanalyse n'est pas un traitement réservé à ceux qui en ont les moyens ? Plus directement : est-ce que ce n'est pas un traitement pour riches ?

Effectivement, ça coûte cher. Maintenant cette écoute analytique peut se proposer en France par exemple, dans des centres de consultations et est remboursée par la sécurité sociale. En France, des systèmes ont été mis en place pour que les gens qui n'ont pas les moyens puissent en bénéficier. Ce n'est malheureusement pas le cas ici.

Comment est-ce que la psychanalyste que vous êtes réagit à cette montée de violence qui semble s'être abattue sur Maurice depuis quelque temps ?

Je trouve, effectivement, qu'il y a une montée des violences à Maurice. Mais il y a un élément qui me frappe : à quel point tout cela est aussi créé par un discours. C'est-à-dire que lorsque toutes ces violences sont dites médiatiquement, on a l'impression toujours que ça ne fait qu'amplifier le phénomène. Comme s'il y avait une espèce d'identification. Bien sûr, il y a a eu augmentation des violences mais est-ce que sa médiatisation ne fait pas amplifier le processus ?

Et quelle est votre réponse à cette question ?

Je ne connais pas la réponse. Je sais, par contre, que l'humain est fait de telle sorte qu'à toutes les époques il va exprimer son mal-être, ses préoccupations, sa violence par des symptômes. Qui prennent la forme de l'époque dans laquelle il est. C'est plus ou moins fort selon que l'époque permette de tenir plus ou moins bien, Je me demande s'il y a plus de violences qu'hier ou si on en parle beaucoup plus aujourd'hui ? Le fait que l'on parle de ces violences ne fait que développer ce type de symptômes. Je ne sais pas s'il y a plus ou moins de violences aujourd'hui mais elles s'expriment différemment et plus ou moins ouvertement.

Est-ce que c'est plus sain qu'on en parle plus ou moins ouvertement ou alors est-ce plus vicieux ?

Ça dépend comment c'est dit et c'est très important. Nous vivons dans une société de l'image, du montré. Plus c'est dit dans le sensationnalisme avec des images dites fortes, plus ça va être facteur de violence. En France si c'est dit par Le Monde ce n'est pas la même chose que si c'est dit par France Soir. Mais il ne faut pas négliger que l'ignorance et l'inculture vont faire que l'on va être plus attiré par une image choc que par l'effort de lire des mots. Là aussi cela dépend de l'état dans lequel se trouve la société à ce moment précis.

Beaucoup disent que nous avons atteint ce stade parce que nous avons rejeté les valeurs morales et religieuses qui agissaient comme des barrières de protection au profit de la permissivité.

C'est une question compliquée dans la mesure où la réponse est : c'est vrai et ce n'est pas vrai en même temps. Je pense que c'est de la qualité des relations que les parents ont pu établir avec leurs enfants que dépend la capacité de vivre en société. Dire non, n'est pas nécessairement être répressif et sévère. L'autre chose est l'accord qu'il y a entre ce que l'on dit et ce qu'on ressent et ce qu'on pense. S'il y a écart entre ce que l'on dit, parce qu'il faut le dire, et ce qu'on ressent et ce qu'on est profondément, ça va être tout aussi catastrophique que de ne pas dire non tout simplement. Ce que l'on appelle la permissivité va plutôt fournir un alibi. Si des parents sont capables de dire non à leurs enfants, ils vont s'adapter à tout type de variation sociale à laquelle ils seront confrontés.

Donc, le plus important c'est la famille ?

Je ne dirais pas la famille, mais les relations entre adultes et enfants…

…pourquoi vous ne voulez pas dire la famille ?

Parce que la famille traditionnelle n'est pas nécessairement un modèle éternel. En Occident, à partir du Moyen Age et jusqu'aujourd'hui, la famille a été globalement le modèle. Mais il y a des sociétés, des cultures, des civilisations ou ce n'est pas la famille au sens papa, maman et enfants qui est le modèle.

Vous croyez que le règne de cette famille, qui a été le modèle du monde occidental depuis le Moyen Age, est terminé ?

Je ne le pense pas. Je pense que la religion judéo-chrétienne, qui était porteuse de ces valeurs-là, comme la bourgeoisie, a peut-être perdu de son essentialité dans la culture. Je ne sais pas si ce règne est terminé, mais pour l'instant il montre des signes d'essoufflement. Ce qui me frappe, c'est que plus on avance et plus on se rend compte que rien n'est acquis définitivement. La versatilité de l'humain en collectivité est absolument inouïe.

Est-ce que le message religieux n'a pas permis quelque part à ceux qui ne savent pas dire non de trouver une manière de survivre ici, en attendant un meilleur dans l'au-delà ?

Mais bien entendu. Ce message les tenait, les tient debout, les rend forts, c'est important pour eux. La croyance, et pas seulement la croyance en Dieu, est quelque chose qui tient tout humain.

Cela veut dire que celui ne croit pas est faible ?

Non, celui qui ne croit pas est tout à fait exceptionnel, car c'est dûr de ne pas croire, de ne pas suivre la rivière et le courant. Mais on peut réduire la croyance à peu de chose, à presque rien. Tout cela est lié au désir, qui, par définition, n'a pas d'objet ou une infinité d'objets qui ne satisfont jamais, et par définition, le désir court toujours. Alors l'être humain a crée le fantasme, ce que nous psychanalystes, appelons la possibilité de soutenir le désir en créant des croyances, des objets, des visions des choses…

…seriez-vous en train de dire que la religion serait un fantasme ?

Oui, je le pense. En soulignant tout de suite que fantasme n'équivaut pas à quelque chose qui n'a pas de valeur. Le fantasme est une nécessité pour l'être parlant pour pouvoir soutenir son désir.

Entrons dans l'actualité locale des faits divers. Quel est le désir ou le fantasme qui peut pousser une bande de jeunes hommes à violer une femme, qui aurait pu être leur mère, pour se venger d'un différend avec son fils ?

C'était un acte collectif. Je pense que ces jeunes auraient eu de la difficulté à faire cet acte seuls. La définition même du groupe, c'est de diluer la responsabilité par identification réciproque. Cette identification aux autres fait que certains peuvent aller jusqu'à des actes extrêmement déshumanisants. C'est comme ça que fonctionnent les bandes d'adolescents qui peuvent aller jusqu'aux guerres rangées de gangs, aux viols collectifs. C'est une manière de s'identifier à quelque chose qui déresponsabilise, parce que tout seul on n'a pas le courage de s'opposer. Bien sûr, un acte comme ça ne peut pas être commis par des personnes qui sont bien dans leurs têtes et dans leurs vies. Il y a quelque chose en eux quelque chose qui ne va pas, forcément.

Que faut-il penser de cette augmentation de dénonciations de viols qui parfois sont imaginaires ou carrément mises en scène ? Est-ce que cela fait aussi partie de cette médiatisation que vous évoquiez ?

Je le pense. C'est un phénomène mondial accentué par la télé réalité et les programmes de télévision et de radio qui sont censés aborder des problèmes de société à travers des témoignage vécus, mais dont le but est de conforter le souhait des personnes de passer à la télévision. Les gens qui viennent participer à ce genre de programmes viennent surtout pour avoir leur petite minute de gloire…

…pourquoi ont-ils besoin de cette petite minute de gloire ?

… pour des tas de raisons qui sont différentes pour chacun. On a une vie si insignifiante, parfois malheureuse, avec des souffrances non écoutées, non entendues, venant parfois de l'enfance. Tous ces gens qui sont peu entendus ont une grande illusion qu'avec ce petit moment de gloire dans les médias, ils seront enfin écoutés. Ils vont enfin exister…

Est-ce que ce petit moment d'exposition à la lumière règle tous les problèmes antérieurs ?

Bien sûr que non, mais ça en donne l'illusion. Après, souvent ceux qui en ont l'occasion racontent qu'après leur passage dans les médias, ils ont été reconnus dans la rue, qu'on leur a parlé. Il y a dans cela une reconnaissance qui fait du bien, comme un ami fait du bien, avec l'illusion que ce petit moment de gloire règle les choses. Ce n'est pas le cas.

Est-ce que cette recherche du petit moment de gloire ne concerne que ceux qui ont eu ou ont des problèmes ou concerne tout le monde, même ceux qui en apparence n'ont aucune histoire, aucun problème ?

La recherche de son petit quart d'heure de gloire est un phénomène qui touche la majorité et fait partie de notre époque qui est régie, je le souligne, par la dictature de l'image. On fait beaucoup de choses pour être reconnu, ne serait-ce qu'un bref instant. On raconte les choses les plus intimes. Quand elles ne sont pas suffisamment originales pour attirer l'attention, on les enjolive, on les met en scène. Parfois on les invente.

Est-ce à dire que pour faire tout cela, c'est nous sommes profondément malheureux ou pas content de ce que nous sommes ?

Profondément malheureux ou insatisfaits de ce que nous sommes, je ne sais pas, mais nous sommes peu construits.

Sommes-nous moins bien construits que ceux de la génération précédente ?

Je ne peux pas le dire. Par contre, notre époque de l'image, de la consommation immédiate, du tout, tout de suite, de la mutation des valeurs, au fond, tout cela déstabilise. Tout cela n'aide pas à la construction. Nous sommes si fragiles parce que nous sommes l'espèce la plus immature qui soit à la naissance. Quand nous naissons, notre cerveau n'est pas fini, tout comme notre tube digestif et beaucoup d'autres choses en nous. Cette immaturité totale de la naissance fait que nous sommes entièrement dépendant de l'autre pour notre survie - l'autre maternel en général et de l'autre tout simplement. Tout cela doit être accompagné par cet autre auquel nous nous identifions ce qui fait toute la difficulté et la complexité du processus. Je résume : nous sommes et nous restons incomplet…

…on peut donc dire que nous sommes foutus d'avance ?

Tout à fait. Donc, nous sommes éminemment vulnérables, et quoi qu'on le veuille, manquant et divisé.

Vulnérables, manquants et divisés : quelle vision pessimiste de l'être humain !!!

Pas du tout. C'est ça qui fait la beauté de la vie, le malentendu dans la relation. Si je savais tout ce que vous vouliez et vous tout ce que je souhaite quel intérêt d'être en relation ? Quel intérêt ? L'énigme et le passage à côté - car on passe toujours à côté de l'autre - font partie de l'intérêt de la vie, quand même.

Notre époque, que certains qualifient de permissive, n'augmente-t-elle pas notre vulnérabilité ?

Je n'aime pas le terme permissivité, je préfère dire l'impossibilité de dire non. C'est-à-dire qu'éduquer un enfant c'est quand même, et je caricature exprès, lui interdire de coucher avec sa mère ! Tout l'accompagnement de l'enfant dont je parlais, c'est permettre à l'enfant de se séparer de sa mère comme être humain. Cette séparation, avec le fait d'assumer qu'on est manquant avec le mélange de l'angoisse et du plaisir - Freud parle de l'instinct de vie et de l'instinct de mort - c'est ce qui fait la vie. Selon les époques, selon ce que propose le collectif, selon l'état de la société, selon qu'on soit en guerre ou en paix, cela permet la construction de l'humain ou pas.

Que pensez-vous de la thèse selon laquelle la situation actuelle est le résultat de trop de liberté?

C'est un peu facile de désigner un responsable : la liberté ou la télévision. C'est tellement complexe et multifactoriel. Bien sûr, tout donner et tout de suite n'aide pas quelqu'un qui est fragile.

Je suis un peu étonné de ne pas vous entendre parler du rôle du père dans le processus de la construction de l'être humain.

C'est parce qu'il n'est pas aussi important que ça, le père. Je veux dire le père de la réalité. Il est important en tant que fonction, en tant que séparateur de la mère et de l'enfant. Je ne vous en ai pas parlé ici, puisqu'il intervient dans un deuxième temps. Dans le premier temps, c'est la mère qui porte la parole paternelle, c'est elle qui peut ou non indiquer à son enfant que son désir est ailleurs et pas sur lui. Le père lui, celui de la réalité, incarne le fait de dire non. Inter-dire c'est dire de l'un à l'autre. Ses parents, ainsi que son entourage et son environnement ont à construire suffisamment un enfant pour lui permettre de se séparer et de devenir un être humain à part entière.

Vous disiez que l'époque influence aussi la construction de l'être humain. Sommes-nous, en ce début du 21ème siècle, dans une bonne ou une mauvaise époque ?

Je ne vais pas vous répondre par oui ou non. Je tendrais à penser que nous sommes dans une mauvaise époque, mais personne ne sait ce qui va se passer par la suite.

C'est même curieux qu'en dépit des progrès de la science, des inventions de la technologie et des avancées de la médecine, nous soyons dans une mauvaise époque.

Les psychanalystes sont positionnés entre deux discours : le religieux et le scientifique. Le premier fait que nous croyons en Dieu et cela nous culpabilise. Le deuxième nous fait croire à la possibilité de tout maîtriser, c'est-à-dire de ne pas être manquant. Je crois que le pire pour un humain, c'est le manque du manque. Si nous ne manquions pas, nous ne parlerions pas. Je parle du manque à avoir et du manque à être, quelque chose qui fait qu'on ne sera jamais dans la maîtrise totale des choses. Ces deux discours continuent…

…ce n'est pas important de penser que la possibilité de tout connaître existe ? Est-ce que ce n'est pas cette possibilité qui encourage à aller de l'avant, plus loin encore ?

Je crois qu'il est préférable de dire plus ou mieux connaître, mais pas TOUT connaître. Bien sûr, il faut encourager à aller plus loin, mais je ne suis pas sûre que la promesse de tout connaître soit nécessairement un encouragement pour continuer à chercher.

Alors que doit-on faire - à la lumière du constat sombre que nous venons de faire ?

Mais ce n'est pas un constat sombre, c'est la condition humaine !

Vous trouvez que cet amoncellement de violences, ce mal-être généralisé est normal ?

Il n'existe pas d'être humain complet, tout heureux, tout satisfait. Il n'y a que des êtres humains manquants, insatisfaits, parfois malheureux, soumis à une réalité qui les dépasse. On se défend, plus ou moins bien, de cet état de choses.

Finalement, êtes-vous optimiste pour l'avenir ?

Je prends acte de là où en est, de là où je suis mais je pense que les seuls avancées de l'être humain sont les progrès technologiques. Je ne suis pas optimiste dans la mesure où je pense que c'est seulement la technologie qui a évolué, l'humain restant le même. Il utilise son époque et ses avancées technologiques pour faire quelque chose pour lui. Mais il reste un être incomplet, c'est la réalité tangible. C'est pour cela qu'il parle.




Méditation

Swami Paramananda: "La Faire ressortir toutes les qualités nobles"

Exercice spirituel pour atteindre la sagesse et l'illumination pour certains, moyen d'échapper aux tensions quotidiennes pour d'autres mais aussi recherche d'une plus grande capacité de concentration dans le travail, de moins de stress et de plus de tranquillité d'esprit, la méditation offre une perception plus profonde de la vie et ouvre la voie à l'épanouissement personnel. Le Swami Paramananda, qui diffuse les enseignements sur la méditation à Dubreuil et à Bon Accueil, nous parle de l'importance de la méditation et du rôle du guide sur le chemin spirituel.

Qu'est-ce que la méditation et quelles sont les techniques que vous enseignez?

La méditation est pour moi une science humaine qui doit être pratiquée dès le plus jeune âge. C'est un élargissement de la conscience. L'esprit est une lumière très faible et la méditation aide à l'accroissement de cette lumière jusqu'à ce que l'individu devienne lui-même lumière. Il y a des dizaines de techniques basées sur la respiration ou le son, comme la rebirth therapy, qui est une technique dynamique, le Vipassana, le deap breathing, le Bhastrika - une technique rapide qui aide à éliminer les toxines, les impuretés, le refoulement intérieur. D'autres techniques existent aussi, basées sur le son, etc. La respiration est la technique qui consiste à être conscient de l'air qui pénètre le corps, qui en est expulsé, qui pénètre encore.

Peut-elle avoir des effets psychologiques et physiologiques?

Certainement. Des recherches ont démontré que la méditation a un effet positif sur la santé, par exemple qu'elle renforce le système immunitaire. Chez beaucoup de personnes des pensées négatives - et qui, à bien voir, sont tout simplement superflues - engendre la fatigue et le stress. Le stress, surtout s'il est intense et de longue durée, contribue au développement d'un grand nombre de maladies. Or, la relaxation, le calme et la méditation sont des antidotes contre le stress. La méditation améliore la qualité de vie des personnes en général et ceux qui souffrent de divers troubles en particulier.

La pratique de la méditation peut-elle amener à une meilleure relation aux autres?

Lorsqu'on pratique la méditation, l'esprit et le coeur subissent une transformation intérieure. On devient plus calme. La perception de la vie change. Le méditant devient plus créatif, rempli d'amour. Amour et méditation sont indissociables. La quiétude du corps et de l'esprit lève les obstacles à l'expression de l'amour. Moins de stress et plus de maîtrise de soi font ressortir les qualités nobles chez chacun d'entre nous. Le méditant réalise son unité avec la vie. Lorsqu'il atteint cette unité, il est incapable de faire du mal. L'entraînement méditatif est destiné à libérer l'esprit des pensées stressantes et nuisibles - à soi et aux autres.

Que recherchent généralement les personnes qui vont vers la méditation?

La santé ou alors des réponses à des questions liées à la vie, se connaître soi-même et se comprendre, la recherche du calme intérieur, l'illumination, etc.

Quel est le rôle d'un guru dans la pratique de la méditation?

Je n'emploierais pas le mot "guru". Je parlerais plutôt de "guide". La méditation c'est comme s'embarquer sur une terre inconnue. Nous avons besoin de quelqu'un pour nous guider, écouter et conseiller, car il est plutôt difficile d'amorcer seul une pratique méditative. Un guide, c'est celui qui a d'abord su maîtriser pendant des années toutes les techniques de la méditation et qui ensuite transmet et partage son savoir à un débutant.

La méditation est-elle différente de la relaxation et de la concentration? Si oui, comment?

La méditation est la relaxation profonde, une interruption de pensée et des émotions. Notre esprit est comme des vagues d'une mer turbulente et la méditation est le calme retrouvé. En méditant, l'individu devient maître de ses pensées.


Après un premier centre connu comme Know Thyself Meditation Centre à Dubreuil, la société Satyam Gyanam Anandam (SGAS) dont le maître spirituel est le Swami Paramananda offre un autre espace de méditation à Beau-Climat, La Flora "afin de permettre notamment aux habitants du sud qui ne peuvent se déplacer pour Dubreuil de pratiquer la méditation mais aussi suite au nombre grandissant d'intéressés", explique le Swami Paramananda. L'ouverture a eu lieu le mois dernier. Le centre de Dubreuil compte actuellement quelque 1200 personnes.

Le maître spirituel anime régulièrement des séminaires sur la méditation, à Maurice mais aussi ailleurs. Il compte également un centre en Angleterre et au Canada où il s'y rend pour animer des causeries. Le Swami Paramananda est auteur de nombreux livres sur la spiritualité, la santé, le yoga, la psychologie, la science.



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