Notre invitée est le Dr Jaquemine Latham-Koenig, psychiatre
qui après avoir étudiée et exercée
à Paris est revenue vivre et travailler à Maurice.
Elle prépare actuellement un colloque international sur
le thème " Violences et identités" qui
aura lieu à Maurice l'année prochaine. C'est sur
ce thème que nous sommes allés l'interroger à
son domicile, à Tamarin, jeudi, après- midi. Voici
la transcription de l'essentiel de cette passionnante conversation.
Après des études de psychologie, vous avez fait
une psychanalyse, puis vous avez été formée
comme psychanalyste et avez exercé pendant des années
à Paris avant de décider de revenir à Maurice.
Pour quelle raison ?
J'avais un cabinet à Paris et je dirigeais un hôpital
de jour pour adolescents et en 2005 je suis venue à Maurice
organiser, avec l'association Analyse Freudienne dont je suis
toujours membre, un colloque sur l'inconscient et les langues.
Tout d'un coup cela m'est apparu comme une évidence qu'il
fallait que je vienne vivre ma retraite à l'île Maurice
et qu'introduise la psychanalyse ici, alors que toute ma vie j'avais
dit jamais je ne ferai ça. Je suis revenue, j'ai ouvert
un cabinet et j'ai commencé à travailler.
Pour que la suite de notre discussion soit claire, je pose
la question de base : à quoi ça sert la psychanalyse
?
C'est une écoute, pas du contenu, sans jugement ni conseil,
de ce qu'un patient se sent de dire à son praticien. Nous
sommes là pour laisser dire la personne qui ne voit pas
le praticien et qui se parle, en fait. Dans la cure, le patient
est allongé et ne voit pas l'analyste qui est derrière
lui. Cette absence de regard fait tomber certaines défenses
sociales, car quand on regarde l'autre, il y a toutes sortes de
projections imaginaires qui sont en jeu et qui dérangent
et orientent la parole. On pense que l'autre pense que, que son
expression fait penser que... etc. Le fait de ne pas voir l'analyste
élimine la fonction du regard et l'analyste devient une
sorte de surface de toutes les projections du patient dans le
cadre de ce que l'on appelle le transfert. L'analyste écoute
mais ne réagit pas, n'intervient pas. Une consultation
avec un psychanalyse n'est pas une conversation, pas un dialogue,
c'est une parole qui s'adresse et qui se reçoit. Chaque
patient vient faire un travail qui lui appartient singulièrement.
Dans la mesure où il faut compter beaucoup de séances
d'écoute et que cela se paye est ce que la psychanalyse
n'est pas un traitement réservé à ceux qui
en ont les moyens ? Plus directement : est-ce que ce n'est pas
un traitement pour riches ?
Effectivement, ça coûte cher. Maintenant cette écoute
analytique peut se proposer en France par exemple, dans des centres
de consultations et est remboursée par la sécurité
sociale. En France, des systèmes ont été
mis en place pour que les gens qui n'ont pas les moyens puissent
en bénéficier. Ce n'est malheureusement pas le cas
ici.
Comment est-ce que la psychanalyste que vous êtes réagit
à cette montée de violence qui semble s'être
abattue sur Maurice depuis quelque temps ?
Je trouve, effectivement, qu'il y a une montée des violences
à Maurice. Mais il y a un élément qui me
frappe : à quel point tout cela est aussi créé
par un discours. C'est-à-dire que lorsque toutes ces violences
sont dites médiatiquement, on a l'impression toujours que
ça ne fait qu'amplifier le phénomène. Comme
s'il y avait une espèce d'identification. Bien sûr,
il y a a eu augmentation des violences mais est-ce que sa médiatisation
ne fait pas amplifier le processus ?
Et quelle est votre réponse à cette question
?
Je ne connais pas la réponse. Je sais, par contre, que
l'humain est fait de telle sorte qu'à toutes les époques
il va exprimer son mal-être, ses préoccupations,
sa violence par des symptômes. Qui prennent la forme de
l'époque dans laquelle il est. C'est plus ou moins fort
selon que l'époque permette de tenir plus ou moins bien,
Je me demande s'il y a plus de violences qu'hier ou si on en parle
beaucoup plus aujourd'hui ? Le fait que l'on parle de ces violences
ne fait que développer ce type de symptômes. Je ne
sais pas s'il y a plus ou moins de violences aujourd'hui mais
elles s'expriment différemment et plus ou moins ouvertement.
Est-ce que c'est plus sain qu'on en parle plus ou moins ouvertement
ou alors est-ce plus vicieux ?
Ça dépend comment c'est dit et c'est très
important. Nous vivons dans une société de l'image,
du montré. Plus c'est dit dans le sensationnalisme avec
des images dites fortes, plus ça va être facteur
de violence. En France si c'est dit par Le Monde ce n'est pas
la même chose que si c'est dit par France Soir. Mais il
ne faut pas négliger que l'ignorance et l'inculture vont
faire que l'on va être plus attiré par une image
choc que par l'effort de lire des mots. Là aussi cela dépend
de l'état dans lequel se trouve la société
à ce moment précis.
Beaucoup disent que nous avons atteint ce stade parce que nous
avons rejeté les valeurs morales et religieuses qui agissaient
comme des barrières de protection au profit de la permissivité.
C'est une question compliquée dans la mesure où
la réponse est : c'est vrai et ce n'est pas vrai en même
temps. Je pense que c'est de la qualité des relations que
les parents ont pu établir avec leurs enfants que dépend
la capacité de vivre en société. Dire non,
n'est pas nécessairement être répressif et
sévère. L'autre chose est l'accord qu'il y a entre
ce que l'on dit et ce qu'on ressent et ce qu'on pense. S'il y
a écart entre ce que l'on dit, parce qu'il faut le dire,
et ce qu'on ressent et ce qu'on est profondément, ça
va être tout aussi catastrophique que de ne pas dire non
tout simplement. Ce que l'on appelle la permissivité va
plutôt fournir un alibi. Si des parents sont capables de
dire non à leurs enfants, ils vont s'adapter à tout
type de variation sociale à laquelle ils seront confrontés.
Donc, le plus important c'est la famille ?
Je ne dirais pas la famille, mais les relations entre adultes
et enfants
pourquoi vous ne voulez pas dire la famille ?
Parce que la famille traditionnelle n'est pas nécessairement
un modèle éternel. En Occident, à partir
du Moyen Age et jusqu'aujourd'hui, la famille a été
globalement le modèle. Mais il y a des sociétés,
des cultures, des civilisations ou ce n'est pas la famille au
sens papa, maman et enfants qui est le modèle.
Vous croyez que le règne de cette famille, qui a été
le modèle du monde occidental depuis le Moyen Age, est
terminé ?
Je ne le pense pas. Je pense que la religion judéo-chrétienne,
qui était porteuse de ces valeurs-là, comme la bourgeoisie,
a peut-être perdu de son essentialité dans la culture.
Je ne sais pas si ce règne est terminé, mais pour
l'instant il montre des signes d'essoufflement. Ce qui me frappe,
c'est que plus on avance et plus on se rend compte que rien n'est
acquis définitivement. La versatilité de l'humain
en collectivité est absolument inouïe.
Est-ce que le message religieux n'a pas permis quelque part
à ceux qui ne savent pas dire non de trouver une manière
de survivre ici, en attendant un meilleur dans l'au-delà
?
Mais bien entendu. Ce message les tenait, les tient debout, les
rend forts, c'est important pour eux. La croyance, et pas seulement
la croyance en Dieu, est quelque chose qui tient tout humain.
Cela veut dire que celui ne croit pas est faible ?
Non, celui qui ne croit pas est tout à fait exceptionnel,
car c'est dûr de ne pas croire, de ne pas suivre la rivière
et le courant. Mais on peut réduire la croyance à
peu de chose, à presque rien. Tout cela est lié
au désir, qui, par définition, n'a pas d'objet ou
une infinité d'objets qui ne satisfont jamais, et par définition,
le désir court toujours. Alors l'être humain a crée
le fantasme, ce que nous psychanalystes, appelons la possibilité
de soutenir le désir en créant des croyances, des
objets, des visions des choses
seriez-vous en train de dire que la religion serait un
fantasme ?
Oui, je le pense. En soulignant tout de suite que fantasme n'équivaut
pas à quelque chose qui n'a pas de valeur. Le fantasme
est une nécessité pour l'être parlant pour
pouvoir soutenir son désir.
Entrons dans l'actualité locale des faits divers. Quel
est le désir ou le fantasme qui peut pousser une bande
de jeunes hommes à violer une femme, qui aurait pu être
leur mère, pour se venger d'un différend avec son
fils ?
C'était un acte collectif. Je pense que ces jeunes auraient
eu de la difficulté à faire cet acte seuls. La définition
même du groupe, c'est de diluer la responsabilité
par identification réciproque. Cette identification aux
autres fait que certains peuvent aller jusqu'à des actes
extrêmement déshumanisants. C'est comme ça
que fonctionnent les bandes d'adolescents qui peuvent aller jusqu'aux
guerres rangées de gangs, aux viols collectifs. C'est une
manière de s'identifier à quelque chose qui déresponsabilise,
parce que tout seul on n'a pas le courage de s'opposer. Bien sûr,
un acte comme ça ne peut pas être commis par des
personnes qui sont bien dans leurs têtes et dans leurs vies.
Il y a quelque chose en eux quelque chose qui ne va pas, forcément.
Que faut-il penser de cette augmentation de dénonciations
de viols qui parfois sont imaginaires ou carrément mises
en scène ? Est-ce que cela fait aussi partie de cette médiatisation
que vous évoquiez ?
Je le pense. C'est un phénomène mondial accentué
par la télé réalité et les programmes
de télévision et de radio qui sont censés
aborder des problèmes de société à
travers des témoignage vécus, mais dont le but est
de conforter le souhait des personnes de passer à la télévision.
Les gens qui viennent participer à ce genre de programmes
viennent surtout pour avoir leur petite minute de gloire
pourquoi ont-ils besoin de cette petite minute de gloire
?
pour des tas de raisons qui sont différentes pour
chacun. On a une vie si insignifiante, parfois malheureuse, avec
des souffrances non écoutées, non entendues, venant
parfois de l'enfance. Tous ces gens qui sont peu entendus ont
une grande illusion qu'avec ce petit moment de gloire dans les
médias, ils seront enfin écoutés. Ils vont
enfin exister
Est-ce que ce petit moment d'exposition à la lumière
règle tous les problèmes antérieurs ?
Bien sûr que non, mais ça en donne l'illusion. Après,
souvent ceux qui en ont l'occasion racontent qu'après leur
passage dans les médias, ils ont été reconnus
dans la rue, qu'on leur a parlé. Il y a dans cela une reconnaissance
qui fait du bien, comme un ami fait du bien, avec l'illusion que
ce petit moment de gloire règle les choses. Ce n'est pas
le cas.
Est-ce que cette recherche du petit moment de gloire ne concerne
que ceux qui ont eu ou ont des problèmes ou concerne tout
le monde, même ceux qui en apparence n'ont aucune histoire,
aucun problème ?
La recherche de son petit quart d'heure de gloire est un phénomène
qui touche la majorité et fait partie de notre époque
qui est régie, je le souligne, par la dictature de l'image.
On fait beaucoup de choses pour être reconnu, ne serait-ce
qu'un bref instant. On raconte les choses les plus intimes. Quand
elles ne sont pas suffisamment originales pour attirer l'attention,
on les enjolive, on les met en scène. Parfois on les invente.
Est-ce à dire que pour faire tout cela, c'est nous sommes
profondément malheureux ou pas content de ce que nous sommes
?
Profondément malheureux ou insatisfaits de ce que nous
sommes, je ne sais pas, mais nous sommes peu construits.
Sommes-nous moins bien construits que ceux de la génération
précédente ?
Je ne peux pas le dire. Par contre, notre époque de l'image,
de la consommation immédiate, du tout, tout de suite, de
la mutation des valeurs, au fond, tout cela déstabilise.
Tout cela n'aide pas à la construction. Nous sommes si
fragiles parce que nous sommes l'espèce la plus immature
qui soit à la naissance. Quand nous naissons, notre cerveau
n'est pas fini, tout comme notre tube digestif et beaucoup d'autres
choses en nous. Cette immaturité totale de la naissance
fait que nous sommes entièrement dépendant de l'autre
pour notre survie - l'autre maternel en général
et de l'autre tout simplement. Tout cela doit être accompagné
par cet autre auquel nous nous identifions ce qui fait toute la
difficulté et la complexité du processus. Je résume
: nous sommes et nous restons incomplet
on peut donc dire que nous sommes foutus d'avance ?
Tout à fait. Donc, nous sommes éminemment vulnérables,
et quoi qu'on le veuille, manquant et divisé.
Vulnérables, manquants et divisés : quelle vision
pessimiste de l'être humain !!!
Pas du tout. C'est ça qui fait la beauté de la vie,
le malentendu dans la relation. Si je savais tout ce que vous
vouliez et vous tout ce que je souhaite quel intérêt
d'être en relation ? Quel intérêt ? L'énigme
et le passage à côté - car on passe toujours
à côté de l'autre - font partie de l'intérêt
de la vie, quand même.
Notre époque, que certains qualifient de permissive,
n'augmente-t-elle pas notre vulnérabilité ?
Je n'aime pas le terme permissivité, je préfère
dire l'impossibilité de dire non. C'est-à-dire qu'éduquer
un enfant c'est quand même, et je caricature exprès,
lui interdire de coucher avec sa mère ! Tout l'accompagnement
de l'enfant dont je parlais, c'est permettre à l'enfant
de se séparer de sa mère comme être humain.
Cette séparation, avec le fait d'assumer qu'on est manquant
avec le mélange de l'angoisse et du plaisir - Freud parle
de l'instinct de vie et de l'instinct de mort - c'est ce qui fait
la vie. Selon les époques, selon ce que propose le collectif,
selon l'état de la société, selon qu'on soit
en guerre ou en paix, cela permet la construction de l'humain
ou pas.
Que pensez-vous de la thèse selon laquelle la situation
actuelle est le résultat de trop de liberté?
C'est un peu facile de désigner un responsable : la liberté
ou la télévision. C'est tellement complexe et multifactoriel.
Bien sûr, tout donner et tout de suite n'aide pas quelqu'un
qui est fragile.
Je suis un peu étonné de ne pas vous entendre
parler du rôle du père dans le processus de la construction
de l'être humain.
C'est parce qu'il n'est pas aussi important que ça, le
père. Je veux dire le père de la réalité.
Il est important en tant que fonction, en tant que séparateur
de la mère et de l'enfant. Je ne vous en ai pas parlé
ici, puisqu'il intervient dans un deuxième temps. Dans
le premier temps, c'est la mère qui porte la parole paternelle,
c'est elle qui peut ou non indiquer à son enfant que son
désir est ailleurs et pas sur lui. Le père lui,
celui de la réalité, incarne le fait de dire non.
Inter-dire c'est dire de l'un à l'autre. Ses parents, ainsi
que son entourage et son environnement ont à construire
suffisamment un enfant pour lui permettre de se séparer
et de devenir un être humain à part entière.
Vous disiez que l'époque influence aussi la construction
de l'être humain. Sommes-nous, en ce début du 21ème
siècle, dans une bonne ou une mauvaise époque ?
Je ne vais pas vous répondre par oui ou non. Je tendrais
à penser que nous sommes dans une mauvaise époque,
mais personne ne sait ce qui va se passer par la suite.
C'est même curieux qu'en dépit des progrès
de la science, des inventions de la technologie et des avancées
de la médecine, nous soyons dans une mauvaise époque.
Les psychanalystes sont positionnés entre deux discours
: le religieux et le scientifique. Le premier fait que nous croyons
en Dieu et cela nous culpabilise. Le deuxième nous fait
croire à la possibilité de tout maîtriser,
c'est-à-dire de ne pas être manquant. Je crois que
le pire pour un humain, c'est le manque du manque. Si nous ne
manquions pas, nous ne parlerions pas. Je parle du manque à
avoir et du manque à être, quelque chose qui fait
qu'on ne sera jamais dans la maîtrise totale des choses.
Ces deux discours continuent
ce n'est pas important de penser que la possibilité
de tout connaître existe ? Est-ce que ce n'est pas cette
possibilité qui encourage à aller de l'avant, plus
loin encore ?
Je crois qu'il est préférable de dire plus ou mieux
connaître, mais pas TOUT connaître. Bien sûr,
il faut encourager à aller plus loin, mais je ne suis pas
sûre que la promesse de tout connaître soit nécessairement
un encouragement pour continuer à chercher.
Alors que doit-on faire - à la lumière du constat
sombre que nous venons de faire ?
Mais ce n'est pas un constat sombre, c'est la condition humaine
!
Vous trouvez que cet amoncellement de violences, ce mal-être
généralisé est normal ?
Il n'existe pas d'être humain complet, tout heureux, tout
satisfait. Il n'y a que des êtres humains manquants, insatisfaits,
parfois malheureux, soumis à une réalité
qui les dépasse. On se défend, plus ou moins bien,
de cet état de choses.
Finalement, êtes-vous optimiste pour l'avenir ?
Je prends acte de là où en est, de là où
je suis mais je pense que les seuls avancées de l'être
humain sont les progrès technologiques. Je ne suis pas
optimiste dans la mesure où je pense que c'est seulement
la technologie qui a évolué, l'humain restant le
même. Il utilise son époque et ses avancées
technologiques pour faire quelque chose pour lui. Mais il reste
un être incomplet, c'est la réalité tangible.
C'est pour cela qu'il parle.
Méditation
Swami Paramananda: "La Faire ressortir toutes les qualités
nobles"
Exercice spirituel pour atteindre la sagesse et l'illumination
pour certains, moyen d'échapper aux tensions quotidiennes
pour d'autres mais aussi recherche d'une plus grande capacité
de concentration dans le travail, de moins de stress et de plus
de tranquillité d'esprit, la méditation offre une
perception plus profonde de la vie et ouvre la voie à l'épanouissement
personnel. Le Swami Paramananda, qui diffuse les enseignements
sur la méditation à Dubreuil et à Bon Accueil,
nous parle de l'importance de la méditation et du rôle
du guide sur le chemin spirituel.
Qu'est-ce que la méditation et quelles sont les techniques
que vous enseignez?
La méditation est pour moi une science humaine qui doit
être pratiquée dès le plus jeune âge.
C'est un élargissement de la conscience. L'esprit est une
lumière très faible et la méditation aide
à l'accroissement de cette lumière jusqu'à
ce que l'individu devienne lui-même lumière. Il y
a des dizaines de techniques basées sur la respiration
ou le son, comme la rebirth therapy, qui est une technique
dynamique, le Vipassana, le deap breathing, le Bhastrika
- une technique rapide qui aide à éliminer les toxines,
les impuretés, le refoulement intérieur. D'autres
techniques existent aussi, basées sur le son, etc. La respiration
est la technique qui consiste à être conscient de
l'air qui pénètre le corps, qui en est expulsé,
qui pénètre encore.
Peut-elle avoir des effets psychologiques et physiologiques?
Certainement. Des recherches ont démontré que la
méditation a un effet positif sur la santé, par
exemple qu'elle renforce le système immunitaire. Chez beaucoup
de personnes des pensées négatives - et qui, à
bien voir, sont tout simplement superflues - engendre la fatigue
et le stress. Le stress, surtout s'il est intense et de longue
durée, contribue au développement d'un grand nombre
de maladies. Or, la relaxation, le calme et la méditation
sont des antidotes contre le stress. La méditation améliore
la qualité de vie des personnes en général
et ceux qui souffrent de divers troubles en particulier.
La pratique de la méditation peut-elle amener à
une meilleure relation aux autres?
Lorsqu'on pratique la méditation, l'esprit et le coeur
subissent une transformation intérieure. On devient plus
calme. La perception de la vie change. Le méditant devient
plus créatif, rempli d'amour. Amour et méditation
sont indissociables. La quiétude du corps et de l'esprit
lève les obstacles à l'expression de l'amour. Moins
de stress et plus de maîtrise de soi font ressortir les
qualités nobles chez chacun d'entre nous. Le méditant
réalise son unité avec la vie. Lorsqu'il atteint
cette unité, il est incapable de faire du mal. L'entraînement
méditatif est destiné à libérer l'esprit
des pensées stressantes et nuisibles - à soi et
aux autres.
Que recherchent généralement les personnes qui
vont vers la méditation?
La santé ou alors des réponses à des questions
liées à la vie, se connaître soi-même
et se comprendre, la recherche du calme intérieur, l'illumination,
etc.
Quel est le rôle d'un guru dans la pratique de la méditation?
Je n'emploierais pas le mot "guru". Je parlerais plutôt
de "guide". La méditation c'est comme s'embarquer
sur une terre inconnue. Nous avons besoin de quelqu'un pour nous
guider, écouter et conseiller, car il est plutôt
difficile d'amorcer seul une pratique méditative. Un guide,
c'est celui qui a d'abord su maîtriser pendant des années
toutes les techniques de la méditation et qui ensuite transmet
et partage son savoir à un débutant.
La méditation est-elle différente de la relaxation
et de la concentration? Si oui, comment?
La méditation est la relaxation profonde, une interruption
de pensée et des émotions. Notre esprit est comme
des vagues d'une mer turbulente et la méditation est le
calme retrouvé. En méditant, l'individu devient
maître de ses pensées.