p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009



  L'aide globale plutôt qu'individuelle au privé pour faire face à la crise - Le MMM insiste pour l'application de ses propositions
  Marmite politique - Démissions de Madhou et de Jangheerkhan réclamées par le PMSD
  À l'assemblée nationale, mardi prochain - Une Question Time animée en vue
  Administrations régionales - Une enquête votée sur tous les départements municipaux de Port-Louis
  Ça va se savoir
  Brèves


L'aide globale plutôt qu'individuelle au privé pour faire face à la crise

Le MMM insiste pour l'application de ses propositions

Le MMM a insisté, hier, sur l'application de deux des propositions qu'il a formulées depuis deux ans maintenant, la pratique d'un taux de change et de tarifs d'électricité raisonnables pour aider les secteurs, textile, tourisme, entre autres, à faire face à la crise. Paul Bérenger et Vishnu Lutchmeenaraidoo ont soutenu que, contrairement à ce que prétend le ministre des Finances, il y n'a pas de mesures fiables pouvant déterminer avec exactitude quelles sont les entreprises qui sont confrontées à des problèmes conjoncturels ou structurels à long terme et que, de ce fait, c'est une aide globale à l'ensemble des secteurs affectés qui est nécessaire et non un soutien financier au cas par cas apporté avec de l'argent public.

Pour soutenir les alternatives proposées qui sont une aide globale plutôt que l'injection d'argent public dans des entreprises individuelles du privé, le leader de l'opposition et du MMM a aussi invoqué les "accusations de favoritisme et de politique de petits copains qu'a, par exemple, suscité le fait que, sur les premières cinq entreprises qui ont bénéficié de l'aide financière du gouvernement, deux appartiennent au backbencher travailliste Ram Mardaymootoo". Au départ même, dit-il, il y a ce doute.

Aussi, pour éviter tout risque de favoritisme, le MMM a insisté pour des mesures qui touchent à l'ensemble des secteurs en difficulté plutôt que celle qui va au cas par cas. Élaborant sur les mesures que leur parti propose, Paul Bérenger et Vishnu Lutchmeenaraidoo ont dit qu'il faut maintenant un taux de change raisonnable, d'autant plus que l'inflation ralentit, après les zigzags qui ont marqué la politique monétaire et une appréciation de la roupie qui est intervenue au plus mauvais moment.

Quant aux tarifs, "plus élevés qu'ils auraient du l'être", pratiqués par le CEB, là aussi les dirigeants du MMM ont déploré que ce sont les consommateurs, les établissements hôteliers et les entreprises du textile qui font les frais du hedging, de l'incompétence et des scandales tant à la STC qu'au CEB. "Le gouvernement a failli à son devoir vis-à-vis du pays", a observé Paul Bérenger, avant de prévenir ceux qui décident d'aider une entreprise du privé plutôt qu'un autre qu'ils auront, en temps et lieu, à rendre compte sou pour sou de la manière dont l'argent public a été utilisé.

Le leader de l'opposition a ensuite entamé le volet de sa conférence de presse consacrée à "l'absence de transparence" du gouvernement à commencer par le fait "sans précédent et inacceptable" de la création de la Road Development Company sous le Companies Act pour gérer une enveloppe de Rs 25 milliards pour les infrastructures dans les quatre ans à venir. Paul Bérenger n'a pas manqué de rappeler qu'il y a eu le précédent de la State Trading Corporation qui, bien que régie par un texte voté par le Parlement, ne pratique aucune transparence sur ses transactions entourant l'acquisition des produits pétroliers, du gaz ménager, du riz et de la farine.

Et il y a non seulement cette situation, mais l'appétit vient en mangeant. Il rappelle que s'y est venue greffer la création de State Trading Corporation Management Ltd, sous le Companies Act, toujours sans aucune transparence, pour entreprendre toutes sortes de transaction dont celle du diamant.

Les Finances : goulot d'étranglement

L'autre précédent cité par le leader de l'opposition pour illustrer le track record du gouvernement en matière d'opacité de marchés publics : le CEB. Cet organisme, explique-t-il, a décidé de faire l'acquisition de deux moteurs de 15 Megawatts évalués par ses techniciens à Rs 1,2 milliard au total.

Or, après appel d'offres organisé par le Central Procurement Board, les prix cotés étant trop élevés, cette entité avait recommandé un nouvel exercice. Mais, au lieu de cela, le CEB a contourné le CPB et a utilisé le Emergency Procurement Procedure pour discuter directement avec un soumissionnaire avec pour résultat que le contrat a été alloué pour Rs 1,7 milliard, soit Rs 500 millions pour le pays et les consommateurs, a déploré Paul Bérenger.

Ce qui l'a amené à dire que ces deux précédents cités rendent encore plus inacceptable et révoltante une Road Development Company qui va gérer plus de Rs 25 milliards. "Il est faux de dire que c'est le CPB qui est responsable de la lenteur de l'exécution des projets, le blocage n'est pas à ce niveau mais à celui du ministère des Finances où on veut tout contrôler et tout centraliser jusqu'à Rodrigues", a aussi déclaré le leader de l'opposition. C'est là que se trouve le terrible goulot d'étranglement, a-t-il dit en annonçant par la même occasion une campagne intensive contre l'idée de la création de la RDC.

Venant à la State Investment Corporation, il a soutenu que cet organisme, un outil stratégique, avait été créé pour permettre une intervention de l'État et favoriser une certaine démocratisation de l'économie. Or, il a déploré qu'aujourd'hui que "tou pé bazardé !" Non sans avoir relaté la chronologie de la saga de la vente de casinos qui a commencé début 2008 avec un appel d'offres qui avait classé une firme britannique comme le premier choix mais, qu'après des visites en Afrique du Sud, tous les prétextes ont été utilisés pour laisser tomber les Britanniques et favoriser une firme sud-africaine qui prendra la majorité des casinos avec 51% de son actionnariat.

Paul Bérenger a aussi relevé que la firme en question est venue, elle-même, reconnaître qu'elle n'a aucune expérience et que c'est son premier "move offshore" en dehors du Botswana et, pire, elle est même venue dire que les casinos, ici, n'attirent que les résidents locaux et non les touristes. Ce qui est naturellement faux, a déclaré le leader du MMM, qui a dit son insatisfaction de la manière dont le gouvernement et la SIC ont géré ce dossier et il leur a demandé de faire bien attention puisque "tou ça pé marqué gardé".

Il a aussi rappelé qu'à part les casinos la SIC veut aussi vendre les restaurants et les terrains du Domaine Les Pailles de même que le centre de conférences Swami Vivekananda. Et de revenir sur les approximations de Rama Sithanen lorsqu'il avait été interpellé au Parlement sur ce dossier en 2007.

À la question de savoir qui sont ceux qui avaient répondu à l'exercice d'appel à manifestation d'intérêt, le ministre des Finances avait donné une liste qui comprenait "one Mr André, a person on behalf of a foreigner, a person through a lawyer in Mauritius", cite Paul Bérenger, qui souligne le caractère aussi ridicule qu'inacceptable de cet exercice opaque et qui réclame la transparence totale dans les deux cas.

Évoquant ensuite la construction d'un nouveau terminal à l'aéroport, le leader de l'opposition déclare ne plus comprendre si ce sera fait après un appel d'offres et si les Chinois se sont retirés de ce dossier. "C'est le cafouillage et, encore une fois, l'absence de transparence avec Aéroports de Paris qui est venu avec un communiqué indiquant que c'est lui qui va "finance, build and manage" cette nouvelle infrastructure qui va coûter des milliards de roupies." Il a exigé que l'on dise toute la vérité à la population sur ce dossier.

Rapport de la BOM : Sithanen en situation d'illégalité

Disant par ailleurs avoir une nouvelle fois vérifié, vendredi, auprès du secrétariat de l'assemblée nationale si Rama Sithanen a déposé les comptes audités de la Banque de Maurice comme l'y contraint le Bank of Mauritius Act, Paul Bérenger a affirmé que tel n'est pas le cas et que la Banque de Maurice a, elle, honoré ses engagements sous la loi et qu'elle a déjà remis les documents couvrant l'année financière 2007-08 dans les délais prévus.

La loi dit que le ministre "shall at the earliest" après réception des comptes audités et du rapport des activités de la banque centrale déposer copie au Parlement, souligne-t-il, ajoutant que l'on approche la fin de l'année financière 2008-09 sans que Rama Sithanen n'ait respecté la loi. Il est dans l'illégalité et c'est particulièrement choquant, a-t-il déclaré.

Pour rester dans le même sujet, il a aussi évoqué une déclaration du gouverneur Manou Bheenick qui, dit-il, s'est brutalement réveillé pour constater que les placements de nos réserves à l'étranger attirent des taux d'intérêt dérisoires de 0,5% et 1%. Et, pendant ce temps, Rama Sithanen, lui, montrant "des signes incroyables de panique", court à gauche et à droite pour rechercher des emprunts tantôt auprès du FMI et tantôt auprès de la Banque africaine de féveloppement pour Rs 1,5 milliard, et ce, après avoir emprunté $ 400 millions depuis 2005.

Paul Bérenger autant que Vishnu Lutchmeenaraidoo sont revenus sur les déficits des comptes courants, indicateurs de la santé d'une économie, qui représenteront cette année 50% de nos réserves et plus de 13% de notre PIB. Vishnu Lutchmeenaraidoo a aussi évoqué la dette, qui est passée de Rs 102 milliards et qui approche les Rs 200 milliards et, donnant la preuve que c'est au ministère des Finances que ça bloque, il a cité le don, en 2005, de Rs 513 millions de l'Union européenne pour la lutte contre la pauvreté et dont seulement Rs 55 M ont été jusqu'ici utilisées, soit 11%, avec le risque que l'UE reprenne cet argent. "Là aussi est-ce le CPB qui est fautif ?" s'est interrogé, ironique, le porte-parole du MMM pour l'économie.

Interrogé sur une possible action en justice, comme évoqué par Vishnu Lutchmeenaraidoo, contre la RDC, rebaptisée "fraud development company", Paul Bérenger a dit que son parti y travaille mais que ce n'est pas certain que l'on puisse saisir la Cour Suprême de ce cas. Répondant à d'autres questions, il a aussi qualifié Rama Sithanen de "personne très intelligente" mais aussi de "malhonnête intellectuel". Des critiques ont aussi été formulées contre les nominations d'Ali Mansoor et de sir Bhinod Bacha, sources de frustration pour les hauts fonctionnaires.


Bérenger aux Rodriguais : "Ne perdez pas espoir… "

"Ne perdez pas espoir". C'est ce qu'a demandé le leader de l'opposition et du MMM au peuple de Rodrigues, en lui donnant la garantie que le "prochain gouvernement s'engagera dans un partenariat véritable avec Rodrigues, son peuple et son assemblée régionale". Paul Bérenger a aussi évoqué la manifestation, hier, du "ras le bol vis-à-vis du manque de respect et de dialogue et du mépris du gouvernement central". Il a une nouvelle fois dit la solidarité totale de son parti avec le peuple rodriguais.


Kalimaye à St-Paul : "Heureux qu'il y ait eu un accord… mais il y a eu dérapage du PM"

"Heureux qu'il y ait eu un accord qui aurait dû d'ailleurs être intervenu depuis le début". C'est ainsi que le leader de l'opposition a commenté l'arrangement conclu vendredi entre le Premier ministre et les représentants du Kalimaye de l'avenue St-Paul. Cela dit, Paul Bérenger a néanmoins constaté "qu'il y a eu dérapage du Premier ministre dans cette affaire", ajoutant espérer que Navin Ramgoolam en tirera les leçons qui s'imposent. Il a aussi précisé que ce n'est pas "dans son style" d'agir de cette façon et a déploré que le Premier ministre est venu parler de "sacrifices d'animaux" et de "dimoune ki fine perdi la vie".


Marmite politique

Démissions de Madhou et de Jangheerkhan réclamées par le PMSD

Le PMSD réclame la démission du Directeur et du Président de la chaîne nationale, en l'occurrence Bijaye Madhou et Fareed Jangheerkhan. Intervenant lors d'une conférence de presse vendredi, le leader-adjoint du parti, Eric Guimbeau, a tiré à boulets rouges sur le président du conseil d'administration et le directeur de la radio-télévision nationale. Ce parti qualifie la MBC de "puppet show" avec ces deux nominés politiques du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, qui tiennent actuellement la barre de la direction. Eric Guimbeau, estime qu'il est temps pour que ces "petits copains" cèdent la place aux personnes qualifiées et indépendantes. "Bisin arret sa politique de petit copains là. Finn ler pou bann missie la aler ek laiss place a bann competences", déclare-t-il. Eric Guimbeau se dit également attristé et choqué par les précedents décès survenus dans les hôpitaux. "Lopital gratis inn vinn enn vrai labattoir", s'insurge-t-il. Il a alors évoqué la souffrance des mamans qui ont perdu leurs nourrissons et condamne les docteurs dont il qualifie de "bourreau". Le leader-adjoint a de ce fait lancé un appel au ministre de la Santé pour que ce dernier soutienne ces familles en détresse. Il déplore et s'insurge contre les enquêtes qui n'aboutissent à rien. "Tou letan nou tane lenket mai resilta koté?", se demande-t-il. Selon lui, la loi aurai dû être amendée pour sanctionner ces médecins qui, dit-il, ne font pas preuve de professionnalisme.Le leader-adjoint bleu a aussi commenté "le law and order" à Maurice qui, dit-il ,ne cesse de se dégrader. Selon lui, la recrudescence de la criminalité et de la violence est alarmante. Il déplore également ce qu'il a qualifié d'"intimidation des autorités" en ce qui concerne la presse, en faisait référence aux arrestations de deux journalistes qui menaient une enquête au kalimaye de St-Paul, et qui sont dit-il, extrêmement graves. "La presse est muselée. La dictature s'installe de jour en jour. C'est un état de terreur, qui entrave la liberté de la presse", déclare-t-il. En ce qui concerne les controverses entourant le kalimaye, Eric Guimbeau se demande ce qui serait advenu si le voisin de Navin Ramgoolam, en l'occurrence Paul Bérenger, avait osé soulever ce point (NDLR: voir compte-rendu autour du problème plus loin). Il se dit abasourdi par le silence des membres du Voice of Hindu (VOH) et Somduth Daltaman, Président du Sanathan Darma Temples Federation. Eric Guimbeau s'en ai aussi pris aux politiciens, qui dit-il, utilisent les différentes religions à des fins politiques.


À l'assemblée nationale, mardi prochain

Une Question Time animée en vue

Une Question Time animée en vue mardi à l'assemblée nationale après une semaine de pause pour les parlementaires. Les sujets sur lesquels le Premier ministre sera interrogé vont d'une commission d'enquête sur la gestion des deux usines de Ram Mardaymootoo, bénéficiaires de l'aide financière de l'État, à l'incitation à la haine raciale en passant par la MBC et l'ordre et la sécurité publics.

C'est le député du MSM Mahen Jhugroo qui donnera le coup d'envoi avec une question sur les employés de la MBC qui ont travaillé à la partielle du N°8 et qui n'auraient pas été rémunérés et une autre sur la saga de la voiture du directeur général. Le même député demandera aussi au ministre des Finances une enquête du Management Audit Bureau sur le déficit à l'item achats de films par la MBC, thème qui préoccupe également Rajesh Bhagwan.

Pour revenir au Premier ministre, pas moins de sept interpellations touchant au "law and order" comme le kidnapping, la drogue et une déposition d'étudiants relative au refus d'être embarqués dans un autobus et aux risques d'accident de la route à Cassis.

Il y a aussi ces questions de Rajesh Bhagwan sur une enquête visant les usines de Ram Mardaymootoo, de Maya Hanoomanjee sur les investisseurs à hauteur de Rs 15 millions qui ont obtenu le statut de résident permanent, de Showkutally Soodhun sur le nombre de cas d'incitation à la haine raciale enregistrés depuis juillet 2008 et d'Arianne Navarre-Marie sur la création d'une cour d'appel.

La STC sera par ailleurs de nouveau sur la sellette cette semaine avec une question sur l'achat de gros pois de mauvaise qualité de Madagascar. Ajay Gunness veut obtenir la liste des officiers qui s'y sont rendus pour vérifier la qualité du produit. En corollaire, une question du même député sur l'achat d'un navire à double coque pour le transport des produits pétroliers et une similaire de Joe Lesjongard.

Nando Bodha s'intéresse aux critères d'éligibilité à la pension d'invalidité et veut savoir si le seuil de 60% sera revu et à l'accès à internet tandis que le député Éric Guimbeau va demander des détails au ministre du Logement sur les baux industriels et commerciaux et s'ils sont eux aussi assujettis à la National Residential Property Tax et des précisions sur les dettes rayées de la State Bank of Mauritius et de la Banque de Développement.

Alan Ganoo recherchera des informations sur les transactions conclues dans le cadre de l'aide de l'État aux entreprises manufacturières et son collègue Rajesh Bhagwan sur l'endettement de la Wastewater Management Authority.

Un texte de loi en première lecture, The DNA Identification Bill, deux en deuxième lecture, The Probation of Offenders (Amendment) Bill et The Mauritius Institute of Training and Development Bill, et un en troisième lecture, The Supplementary Appropriation (2008-2009) Bill, le budget supplémentaire de Rs 4,2 milliards voté le vendredi 5 juin dernier.


Administrations régionales

Une enquête votée sur tous les départements municipaux de Port-Louis

Le lord maire Mahendra Goondeea entendait obtenir par voie d'une motion débattue en séance de conseil spéciale, mercredi dernier, l'institution d'une enquête sur la gestion des matériaux au sein de l'entrepôt municipal de Roche-Bois et sur les chantiers de travail de la municipalité. Les membres du conseil municipal ont réussi à le convaincre, par un amendement, que c'est l'ensemble des départements de la corporation municipale qu'il fallait passer au crible pour en déceler les dysfonctionnements. Les employés de la municipalité, qui protestaient dimanche dernier dans Week-End que la démarche du lord maire était trop sélective, voire ciblée, ont ainsi été entendus…

Le conseil municipal de Port-Louis, totalement contrôlé par l'Alliance sociale travailliste-PMXD depuis les élections d'octobre 2005, a approuvé à l'unanimité qu'une enquête devra être menée par une firme, comptable ou une institution du genre, qui reste à être désignée par appels d'offres. Les objectifs de cette enquête seront de faire un constat des lieux, d'identifier tout dysfonctionnement et de faire des recommandations susceptibles d'y remédier.

Mais, si l'on se fie à l'amendement déposé par le conseiller Mamade Khodabacus (PMXD), les enquêteurs devraient aussi pouvoir examiner l'usage fait des fonds municipaux depuis l'installation de la nouvelle équipe politique aux bénéfices des associations socio-culturelles ou religieuses et des clubs dont certains ne sont pas tous vraiment méritants, selon le conseiller Mamade Khodabbaccus. "Nous sommes sur le point d'entrer dans une année électorale et je ne sais si c'est politiquement correct de le dire, mais je crois que nous devons aussi réviser les erreurs de notre gestion sous cet aspect-là. Il y a du gaspillage", a affirmé le conseiller Khodabaccus.

Une situation d'arroseur arrosé…

Selon le lord maire, la nécessité d'une enquête fait suite, "à des descentes des lieux effectuées par le chef exécutif, des conseillers et moi-même les mercredi 3 et jeudi 4 juin dernier par rapport à des irrégularités constatées au niveau de matériaux et qui pourraient impliquer certains employés de la mairie". Il faut effectivement rappeler que, le mercredi 3 dernier, trois employés de la corporation affectés à l'entrepôt municipal de Roche-Bois avaient été suspendus de leurs fonctions après qu'un conseiller, M. Solamalay, eut signalé à l'attention du lord maire ce qui, selon lui, relevait "d'un vol de barres de fer" au préjudice de la corporation.

L'information du conseiller Solamalay devait d'ailleurs donner lieu à une course-poursuite engagée par le lord maire, le conseiller Raouf Khodabaccus et le Chief Executive de la municipalité, Jean-François Dorestan, entre Pointe-aux-Sables et le centre de la capitale, dans l'espoir de prendre en flagrant délit les suspects de ce vol allégué. Les trois employés suspects sont toujours suspendus, mais il semblerait qu'un contrôle des matériaux stockés dans l'entrepôt n'ait rien indiqué de compromettant à leur encontre.

Cependant, l'exercice de vérification des matériaux ordonné par la suite par le lord maire ayant continué sur d'autres chantiers municipaux, ce sont trois autres employés (un habitant de Vallée des Prêtres et deux habitants de Tranquebar, dont un notoirement connu pour sont allégeance aux travaillistes) qui se sont retrouvés dans l'incapacité d'expliquer certains manquements sur leur site de travail. Avec pour conséquence que deux parmi eux sont toujours en garde à vue policière.

Du coup, avec ce qui est perçu parmi beaucoup d'employés municipaux comme "une situation d'arroseur arrosé", un peu de gène régnait lors de la séance spéciale du conseil municipal, mercredi dernier, certains conseillers municipaux avouant, mais en secret, "qu'il est regrettable que nous ayons attrapé nos propres partisans, mais tant pis pour eux".

Mahen Goondeea est allé de l'avant avec sa motion - la seule d'ailleurs inscrite à l'ordre du jour - réclamant que des informations soient recueillies :

i. sur les procédés d'achat, de stockage, d'évaluation de la quantité de matériaux requis et de livraison de ces matériaux ;

ii. sur les procédés pour le transport des matériaux (acquisition et livraison) ;

iii. sur les ressources humaines et matérielles pour toute opération d'achat, de stockage, d'embarquement et de débarquement, de livraison ainsi que le contrôle à l'entrepôt municipal et sur les chantiers ;

iv. le gardiennage des sites où le stockage est effectué et des chantiers où les matériaux sont livrés et ;

v. le contrôle de l'entrée et de la sortie des véhicules municipaux au garage.

Élaborant sur sa motion, le lord maire a fait ressortir que "l'équipe municipale élue s'était engagée à apporter le changement pour le meilleur afin que la cité de Port Louis progresse". "Nous, les conseillers municipaux et les employés de la mairie, devons utiliser efficacement l'argent des contribuables dans leur intérêt et nous devons rendre compte de chaque sou dépensé. Malheureusement, nous avons constaté que des irrégularités existent de part et d'autre au niveau de certains secteurs, des services qui fonctionnent avec un système archaïque où le contrôle est inefficient".

Le lord maire a précisé que, pour l'année financière 2008-09, un montant de Rs 8,6 millions a été utilisé seulement pour l'achat de matériaux pour des travaux à travers la cité. "Il est inacceptable que des failles dans le système en place favorisent des irrégularités. Or, personne n'a le droit de prendre ce qui a été acheté avec l'argent des contribuables", a déclaré le lord maire. Et d'ajouter "qu'il faut revoir tout le système de fond en comble au moyen d'une enquête… afin d'établir un contrôle efficace qui garantirait une utilisation judicieuse de l'argent".

L'ancien lord maire MMM Abbass-Mamode s'indigne…

Malgré l'absence d'une réelle opposition politique au cours des débats qui ont suivi, on a assisté à un épisode cocasse. C'est ainsi que, lorsque le conseiller Raouf Khodabaccus (Ptr), pourfendait d'un bon nombre d'employés municipaux pour leurs performances, et qu'il a voulu blâmer pour ça les précédents conseils municipaux MMM des dernières 25 années, il a essuyé une remarque de son collègue Salim Abbas-Mamode (PMXD), indigné, qui lui a demandé d'arrêter de "koz nimport !". Et pour cause, le conseiller Abbas-Mamode a lui-même été un ancien lord maire MMM avant de rejoindre le camp de l'Alliance sociale !

Finalement, la séance spéciale s'est révélée un très bon exercice d'autocritique de la présente équipe politique en place à la mairie. "La motion du lord maire présentée dans les circonstances que l'on connaît est une occasion pour nous de rappeler à nous-mêmes que, quatre ans après notre installation dans ce conseil, nous n'avons pas toujours respecté les propres décisions que nous avons nous-mêmes votées. Combien de fois n'avons nous pas vu des conseillers intervenir pour que des marchands ambulants ne soient pas sanctionnés alors qu'ils étaient dans l'illégalité ? Combien de fois nous, conseillers, n'avons-nous pas vu des cadres municipaux se faire rabrouer alors qu'ils ne voulaient que faire respecter des règlements édictés par ce même conseil ?" a souligné le conseiller Jocelyn Gracieuse (PMXD).

Signalons que, d'autre part, le lord maire a annoncé que son adjoint et lui ont concédé de réduire leurs allocations mensuelles respectives de 10% en guise de solidarité en ces moments de difficultés économiques.


Ça va se savoir

Ces chiffres qui font peur

Cet organisme est sur la sellette depuis quelques temps déjà avec, en plus, ses principaux responsables se tirant publiquement ces derniers jours dans les pattes. Les chiffres qui illustrent l'incompétence de leur gestion font peur même à ceux qui sont dans le secret. On parle de la voiture achetée à Rs 1,9 millions réparée au coût de Rs 1,2 millions. Les réparations n'ont pas été payées et le concessionnaire a décidé de poursuivre l'organisme en justice. On évoque aussi certains achats coûteux effectués à l'étranger, la dilapidation des réserves, les frais de transport qui explosent sans raison valable et apparente ou encore des voyages d'une équipe qui ressemblait plus à une colonie de vacances qu'un déplacement professionnel.

Le PM annule une décision d'Air Mauritius

Mis au parfum d'une décision surprenante d'Air Mauritius d'octroyer une grande quantité de billets d'avion gratuits à une personnalité du MSM qui veut briller dans les affaires et l'événementiel, le Premier ministre a, tout simplement, demandé que cette décision soit annulée. Le contexte ne se prêtant pas à de telles largesses, Navin Ramgoolam a veillé, après le savon d'usage, que sa décision est scrupuleusement respectée.

Le chocolat et les magazines en… surstock

La boutique hors taxe ne sait plus où entreposer les importantes quantités de chocolat et de magazines qu'elle a en stock et qui sont invendues. Un mauvais calcul prévisionnel est à la base de ce qui ressemble à du gaspillage. C'est un autre haut fait de l'administration sous contrôle de la State Investment Corporation après la vente des casinos et la braderie du Domaine les Pailles et de son centre de conférences.

Présence contestée sur un panel de la PSC

Les aspirants éducateurs sont très remontés. Ils ne comprennent pas comment quelqu'un qui n'a ni le statut ni les qualifications requises s'est retrouvé sur un panel de la Public Service Commission pour les interviews des candidats présélectionnés. Pire, cette personne avait, dans un passé récent, été rétrogradée.

L'attaché écrit sur lui-même

Cocasse, le communiqué de l'attaché de presse du d'Arvin Boolell, Rishy Bukoree. Ce n'est pas des interventions du chef de la diplomatie qu'il était question mais d'une cérémonie dans sa circonscription, en son absence, pour promouvoir les "valeurs familiales". Le responsable de communication, Rishy Bukoree écrit " les invités d'honneur à cette fonction étaient le PPS Suttyadeo Moutia, le ministre de la Santé Rajesh Jeetah, et l'attaché de presse Rishy Bukoree, qui représentait le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, en mission au Zimbabwe ce jour-là". Pas mal non…

On se positionne au No 6

Certains notables estimant que l'échéance électorale n'est pas éloignée ont commencé à se positionner pour obtenir une investiture. Cela se passe ainsi au No 6. La succession de Madan Dulloo est ouverte et ils sont au moins trois à se bagarrer pour taper dans l'oeil du leader du PTr qui, paraît-il, a déjà sa petite idée sur la question.

Le nouveau QG du PMXD/MR…

C'est le leader de l'opposition qui a posé la question, hier, celle de savoir si l'école hôtelière était devenue le quartier général de l'entente PMXD/MR, toutes ses activités se tenant, en effet, à ce lieu dévolu à la formation du personnel de l'hôtellerie. Il l'a évoqué alors qu'il brocardait XLD pour avoir évoqué la santé financière d'Air Mauritius "à une assemblée partisane" à l'école hôtelière.

Air Mauritius: Le Board de vérité s'annonce pour bientôt

La prochaine réunion du conseil d'administration d'Air Mauritius s'annonce cruciale. A cette occasion, les Board Members devront prendre connaissance des détails du bilan officiel de la compagnie pour l'exercice financier se terminant au 31 mars dernier. La certitude : les comptes seront dans le rouge. Il n'y a pas à sortir de là. Les premières spéculations sont déjà sur la place publique. Mais les pertes devraient être nettement supérieures aux Rs 100 millions par mois en 2008/09. Le "Drafting of Comments" du conseil d'administration sur le bilan financier est considéré comme un exercice de haute voltige. Mais les initiés savent déjà que ce sera le Board de vérité avant la publication du bilan. L'une des rares satisfactions demeure le fait que l'un des principaux syndicats d'Air Mauritius, notamment l'Air Mauritius Cabin Crew Association, traverse une véritable zone de turbulence. Pas moins de trois de ses "Top" animateurs étaient annoncés en fin de semaine comme étant démissionnaires. Mais la chanson engagée ne dit-elle pas que "pou sak flambo ki pou teign éna mil pou alimé..."

Service Civil : 5 postes de SCE et 12 postes de PS vacants

Le rapport du Pay Research Bureau (PRB) sur les "Errors, Omissions and Clarifications" a gâté le gratin de la fonction publique avec des augmentations salariales entre Rs 2 500 et Rs 7 500 par mois. Mais tout n'est pas si rose dans cette partie du royaume de la fonction publique où l'on ne jure que par des suppléances.

Un dernier décompte indique que pas moins de cinq postes de Senior Chief Executive, dont celui de Secretary for Home Affairs et techniquement l'adjoint au chef du service Civil et du Secretary to Cabinet sont vacants. Sur les 45 postes de "Permanent Secretary", 12 sont assurés de manière temporaire, dont celui au ministère de la Fonction publique.

La most Senior des PS pour accéder aux fonctions de Senior Chief Executive est Mme V. Ramsamy. Avec l'avènement de l'Alliance Sociale à l'hôtel du gouvernement en juillet 2005, elle avait été transférée du Prime Minister's Office au ministère du Travail et des Relations industrielles pour faire de la place à la nouvelle équipe. Des fonctionnaires s'interrogent sur cet important retard accumulé pour la nominations des Senior Chief Executives, des PS ou encore des Principal Assistant Secretaries à moins que la priorité est différente. Affaire à suivre....


Brèves

Joe Lesjongard et Sekar Naidu au MMM

C'est fait. Les députés démissionnaires du MSM, Joe Lesjongard et Sekar Naidu vont très bientôt intégrer le MMM. Cette décision fait suite aux rencontres que les deux élus ont eu, séparément, ces derniers jours avec le leader de l'opposition et du MMM, Paul Bérenger, qui, interrogé, hier, par Week-End, a confirmé la nouvelle de cette prochaine double adhésion.

Sekar Naidu, député élu sous la bannière de l'alliance MSM/MMM aux élections du 3 juillet à Beau Bassin/Petite Rivière avait démissionné du MSM fin avril 2007 après un différent avec la direction de son parti. Il a siégé en indépendant depuis à l'Assemblée Nationale et il s'est beaucoup employé à reconstruire une passerelle entre le MMM et le MSM sans succès et a définitivement coupé les ponts avec le Sun Trust dans le sillage de la partielle au No 8 marquée par le soutien de l'alliance sociale à son ex-leader Pravind Jugnauth.

Élu lui aussi dans le cadre de l'alliance MSM/MMM à Port Louis Nord/Montagne Longue, Joe Lesjongard, ancien président du MSM a claqué la porte plus récemment en janvier dernier lorsqu'il était devenu évident pour lui que Pravind Jugnauth se présenterait à la partielle de Quartier Militaire/ Moka avec le soutien du gouvernement en place qu'il a farouchement combattu depuis les dernières élections. Le député avait, rappelons-le avait été boycotté le samedi 30 mai alors qu'il intervenait sur le budget 2009, démarche qu'il a mis sur le compte d'une "pure mesquinerie".

Arvin Boolell au Sommet du COMESA: "La piraterie est un acte de pur terrorisme"

"La piraterie est un acte de pur terrorisme" a déclaré, en début de semaine, le ministre des Affaire étrangères, de l'Intégration régionale et du Commerce extérieur, le Dr Arvin Boolell. Il représentait Maurice dimanche et lundi au Sommet des chefs d'Etat et de gouvernements du COMESA (Marché Commun de l'Afrique de l'Est et Australe) à Victoria Falls au Zimbabwe.

Pour le Dr Boolell, si cette menace qui pèse sur la région du Golfe d'Aden et une partie de la région de l'océan Indien n'est pas traitée de manière holistique, elle est susceptible de déstabiliser, non seulement, la paix et la sécurité de la région mais pourrait aussi avoir des conséquences sérieuses sur de petites économies vulnérables qui dépendent de manière significative sur le tourisme et la pêche.

"Maurice et les Seychelles sont au nombre des pays menacés dans la mesure où la plupart de nos importations transite par cette route "(NDLR: au large de la côte somalienne), a expliqué le ministre mauricien. Arvin Boolell devait poursuivre en appelant les organisations régionales et les partenaires de Maurice d'accorder l'attention nécessaire à cette urgente question.

Nouvellement nommée: L'ambassadrice de Chine souligne "l'amitié sincère" qui lie les peuples chinois et mauricien

"L'amitié sincère" liant les peuples chinois et mauricien a été soulignée, cette semaine, par Mme Bian Yan Hua, nouvelle ambassadrice de la République populaire de Chine à Maurice. Elle recevait des personnalités mauriciennes dont le président de la République, sir Anerood Jugnauth et le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam.

Arrivée au pays il y a un peu plus d'un mois, la nouvelle représentante diplomatique chinoise à Port-Louis a promis de faire de son mieux, durant son mandat, pour promouvoir le développement "sain et régulier" des relations entre la Chine et Maurice.

40 ans de relations diplomatiques France - Maurice: L'ambassadeur Maillard souligne notre "vision commune de l'avenir"

Dans un message publié dans Visa France, publication éditée par l'Agence LEACOM et consacrée aux 40 ans des relations diplomatiques France - Maurice, l'ambassadeur de France à Maurice, M. Jacques Maillard rappelle que sur 40 ans, la France a été "sur la durée" le premier partenaire économique et le premier partenaire de développement de Maurice.

M. Maillard qui présente Maurice comme "le lieu unique d'une rencontre apaisée entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie" trouve que la France et Maurice ont "une vision commune de l'avenir". Il cite, à cet effet, les initiatives mises en place par nos deux pays en vue d'atteindre les objectifs de développement durable.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009