f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009



  À Bray, Irlande - Un Français d'origine mauricienne abattu par balle
  Depuis fin janvier à fin mai - Deux dépositions pour "missing persons" consignées par jour à Maurice
  Entre samedi et mardi - Trois enfants périssent sur nos routes
  A l'hôpital Victoria vendredi - Un policier agressé par trois personnes
  Brèves


À Bray, Irlande

Un Français d'origine mauricienne abattu par balle

Charles Sinapayen, 32 ans, né de père Mauricien et de mère Réunionnaise, qui habitait depuis quelques années la ville balnéaire de Bray, en Irlande, a été abattu par balle dans son appartement dans la nuit du 28 au 29 mai dernier. Le coup de feu, tiré pratiquement à bout portant, l'a atteint à la tête. Il a rendu l'âme trois jours après, soit dans la nuit du 1er juin, à l'hôpital Beaumont, dans la région nord de Dublin, en dépit des soins intensifs qui lui furent prodigués. Sa petite amie, Mary Kinlan, qui était également dans l'appartement au moment des coups de feu, est quant à elle sortie indemne de ce qui paraît être un règlement de compte pour la police irlandaise, la Gardai. Un suspect, Declan Sheridan, 22 ans, a été arrêté et provisoirement accusé de meurtre.

La police irlandaise travaille actuellement d'arrache-pied afin d'élucider le meurtre de Charles Sinapayen. Pourtant, selon elle, notre compatriote n'a jamais eu de démêlés avec la justice durant les trois ans qu'il a passées dans la ville de Bray, sise sur la côte est de l'Irlande. Aux alentours de 1h du matin, le 29 mai dernier, deux hommes se sont présentés à la porte de l'appartement dans lequel vivaient Charles Sinapayen et sa petite amie Mary Kinlan. Les deux hommes étaient encagoulés. L'un des d'eux frappe à la porte. Celle-ci ne s'ouvre pas. Deux coups de feu retentissent alors à travers une des vites de l'appartement. L'une d'entre elles atteint Charles Sinapayen en pleine tête, alors qu'il regardait par la fenêtre. Des images filmées d'une caméra de surveillance montrent deux hommes encagoulés s'engouffrant à bord d'une voiture de couleur grise ou argentée et démarrant en trombe.

Conduit d'urgence à l'hôpital Beaumont, il y a été admis aux soins intensifs mais n'a pas survécu à ses blessures, en dépit des soins qui lui furent prodigués. Il a rendu l'âme le 1er juin, soit trois jours après avoir été grièvement blessé. Ce meurtre a plongé le quartier de Fassaroe, à Bray, ainsi que la région de Parempuyre, Gironde, France, où Charles Sinapayen a passé la majeure partie de son enfance, et où sa mère, Marie-Claire, vit toujours. Selon cette dernière, son fils était maintenu sous assistance respiratoire jusqu'à son décès. Interrogée par les médias français et irlandais, elle déclare ne pas comprendre les raisons de sa mort.

"Des caméras de surveillance ont filmé la scène (...) Il y avait deux hommes portant des cagoules. C'est tout ce que l'on sait", a-t-elle déclaré dans un premier temps. Avant d'ajouter que, huit jours avant son décès, elle avait parlé à son fils et ce que dernier lui avait alors dit qu'il évitait de sortir. "On se téléphonait souvent, soupire sa mère. Il m'avait dit avoir un peu peur et qu'il évitait de sortir."

Charles Sinapayen, né d'un père mauricien et d'une mère réunionnaise, avait 32 ans et des projets pleins la tête. Artiste de rue, passionné de littérature et de voyages, il avait découvert l'Irlande en 2007. Il y a rencontré une jeune femme et avait décidé de s'y établir. Peu de temps avant son décès, Charles, surnommé affectueusement Charly par ses proches, et "Tigana" par ses amis férus de football - il portait le n°6 dans son équipe de quartier à Parempuyre et jouait milieu défensif comme Jean Tigana au sein de l'équipe de France - avait aussi dit à sa mère qu'il reviendrait "dans quelques semaines" passer la fête des mères avec elle. Le jour du meurtre, Charly avait passé l'après-midi à la plage avec son amie. Ils avaient ensuite regagné leur domicile. Sa mère insiste pour que justice soit faite.

"Il faut que les coupables soient arrêtés et que la justice passe. Nous voulons savoir et comprendre pourquoi il est mort". Amateur de plats créoles, fan des Girondins de Bordeaux et fin guitariste, Charles Sinapayen était très apprécié dans le quartier où il habitait. Une de ses voisines, qui a été réveillée par la fusillade, le décrit comme étant "a gorgeous guy with a lovely nature". Son décès a été un choc pour tout le quartier.

Des suites de l'enquête policière menée par la Gardai, plusieurs suspects ont été arrêtés, puis libérés, mais pas Declan Sheridan. Lors de son interrogatoire par la police, le suspect s'est prévalu de son droit au silence. Lors de sa comparution au Cloverhill District Court, devant le juge Connellan, le sergent Derek Maguire, de la Gardai, a fait ressortir que la police avait toutes les raisons de croire que le suspect est mêlé de près à ce meurtre.

Declan Sheridan a été remanded to police cell jusqu'à sa prochaine comparution en cour ce mercredi, le 17 juin. À ce stade de l'enquête, deux hypothèses sont privilégiées. La première est que notre compatriote aurait déjà eu un accrochage avec un récidiviste de la région, mais la seconde, considérée comme étant plus plausible, est que Charly aurait eu parmi ses fréquentations, sans le savoir, un ami qui serait proche du milieu de la drogue irlandais. La famille du défunt récuse pour sa part les suppositions à l'effet que Charly pourrait être mêlé à une affaire de drogue.


Depuis fin janvier à fin mai

Deux dépositions pour "missing persons" consignées par jour à Maurice

Depuis le début de l'année, et ce jusqu'à la fin du mois de mai, la police a enregistré pas moins de 316 dépositions relatives à des missing persons, soit une moyenne de deux cas par jour. Selon les chiffres disponibles relativement à cette période, pratiquement un tiers de ces cas (100) ont été rapportés dans les postes de police situées au nord du pays. Si cette tendance semble inquiétante, il faut également savoir que ces statistiques ne tiennent pas en ligne de compte les personnes qui ont été retrouvées par la suite. Aux Casernes centrales, l'on insiste sur le fait que les recherches se poursuivent jusqu'à un résultat.

Durant les semaines écoulées, au moins trois cas de personnes portées manquantes ont tenu le haut du pavé de l'actualité. Le premier, qui s'est malheureusement mal terminé, concernait l'ancien directeur du musée de Mahébourg, Sunil Nosib, lâchement tué dans une maison désaffectée. Le second, celui de Koosraj Koravenciah, avait ému la population dans la mesure où tout portait à croire qu'il s'était donné la mort au Pont Colville Deverell, mais a été retrouvé quelques jours après à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses. Le troisième, celui de Clément Abudllah, avait également choqué dans la mesure où il avait disparu alors qu'il était un patient de l'hôpital Dr Jeetoo à Port-Louis. Fort heureusement, il a pu être retrouvé.

Selon ces chiffres, 100 personnes ont été portées manquantes dans le nord du pays, 49 dans l'est, 53 dans l'ouest, 31 dans la région centre, 40 dans le sud et 43 dans la région de Port-Louis. En fonction des chiffres disponibles, une chose est certaine : une moyenne de deux cas par jour est rapportée à la police. Ces cas sont pour la plupart élucidés. Mais un certain nombre d'entre eux ne l'est pas. Le plus mystérieux cas de disparition qui demeure non résolu à ce jour demeure sans conteste celui d'Akmez Aumeer, porté manquant depuis le 25 janvier 2003, soit plus de six ans.

Selon la procédure policière en vigueur, dès qu'un cas de missing person est rapporté dans un poste de police, l'alerte est donnée à travers l'île par le biais du Police Information and Operations Room (PIOR), qui se charge de communiquer à tous les postes de police le signalement de la personne recherchée, ainsi que ses derniers faits et gestes. Parallèlement, une photo de la personne manquante est relayée au Crime Records Office (CRO), qui se charge de reproduire la photo, pour être également relayée aux postes de police.

Le Police Press Office (PPO) a également un rôle important à jouer dans la chaîne, il a pour tâche de relayer l'information ainsi que la photo de la personne disparue aux médias, notamment la MBC Tv et les journaux. Très souvent, explique-t-on aux Casernes centrales, la famille de la personne disparue ne comprend pas la nécessité de faire publier ou de diffuser les photos de ces personnes portées manquantes. Pourtant, l'objectif derrière est capital. "Il se pourrait que ces personnes ont été aperçues et la publication de leurs photos pourrait aider à les retrouver", fait-on ressortir dans les milieux concernés.

Selon le sergent Lindsay Mirthil, du PPO, il existe une mauvaise perception à l'effet que les cas de disparitions non élucidés ne font plus l'objet d'aucune recherche. "Les recherches ne se terminent pas tant que la police n'obtient pas de résultat, même si plusieurs années se sont écoulées". Ainsi, selon le sergent Mirthil, tous les cas qui demeurent toujours en suspens sont toujours under investigation, y compris celui d'Akmez Aumeer. Même six ans plus tard.


Sewraj Raghoo porté manquant depuis février dernier

Sewraj Raghoo, 36 ans, habitant Puit Lane, Union Park, est porté manquant depuis le 10 février dernier. La dernière fois qu'il a été vu, il portait un short à carreaux, une chemise à manches courtes de couleur verte et jaune, et une paire de savates marron. Il mesure 1,75m, est de corpulence moyenne et a les cheveux noirs et courts. Toute information le concernant doit être communiquée au PIOR au 999, 208 0034, 208 0035 ou au poste de police le plus proche.

Durant la semaine écoulée, les proches du Sewraj Raghoo, ainsi que les limiers de Rose-Belle, emmenés par l'inspecteur Goolaup, ont eu une rencontre avec le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad. Selon nos renseignements, les proches du disparu ont soulevé de nombreuses interrogations quant aux recherches menées par la police. La garantie leur a été donnée que celles-ci sont toujours en cours et se poursuivront tant que cette affaire n'a pas été tirée au clair.


Entre samedi et mardi

Trois enfants périssent sur nos routes

La série noire avait débuté samedi dernier, avec le décès d'un habitant de Petite-Julie, un écolier de 10 ans, Doorgesh Kumar Bussant, victime, en fin d'après-midi d'hier, d'un Hit and Run. Deux autres accidents fatals impliquant des enfants sont survenus depuis, à savoir ceux de Vigessen Shungarrun, 7 ans, et de William Jaffar, six ans.

Dimanche dernier, le petit Vigessen Shungarrun, 7 ans, et son père, Sivadassen, 40 ans, ont été retrouvés tous les deux, gisant sur l'asphalte, à Mont Fertile, New Grove, peu avant 7h du matin. Ils avaient tous deux subi de sérieuses blessures. Ils devaient être tous deux transportés d'urgence à l'hôpital Jawaharlall Nehru, Rose-Belle. Sur place, il devait être constaté que Vigessen avait déjà rendu l'âme, tandis que son père devait être, quant à lui, admis à l'Intensive Care Unit (ICU).

En fonction d'éléments obtenus dans leur enquête, les limiers affectés au poste de police de Rose-Belle devaient apprendre que les Shungarrun père et fils avaient été renversés par un autobus qui ne s'était pas arrêté. Le même jour, la police s'est rendue à Rivière-du-Poste et y a retrouvé un autobus immatriculé 1565 AP 98, dont la devanture avait été endommagée. Le chauffeur et le receveur de l'autobus, Vicky et Vikash Goomany, âgés de 26 et 23 ans, devaient être longuement interrogés. Vicky Goomany devait être par la suite arrêté.

Mardi, c'est au tour d'un écolier de l'école de la Montagne, William Jaffar, 6 ans, de périr lors d'un accident de la route. Selon la version des faits de l'automobiliste, Mohamad Ibrahim Joomun, 33 ans, chauffeur de taxi de son état, il n'a pu éviter l'écolier, qui aurait traversé devant son véhicule, sur l'autoroute de Pailles, vers 7h45 ce jour-là.

Les funérailles de l'enfant, qui se sont déroulées en la chapelle de St-Vincent de Paul, Pailles, vendredi, ont ému plus d'un. La police continue d'enquêter sur ces trois cas de trop.


A l'hôpital Victoria vendredi

Un policier agressé par trois personnes

Après les blessures par balles reçues samedi dernier au SuperTote de Rose-Belle par le policier Ramessur (voir texte plus loin), un autre policier, le constable Rampargass, 36 ans, a été blessé dans l'exercice de ses fonctions. Il a été agressé par trois personnes vendredi soir, alors qu'il était en poste à l'hôpital Victoria, Candos. Les trois suspects, dont une femme, ont été arrêtés.

Il était aux alentours de 21h25, vendredi soir, dans le Casualty Ward, quand une altercation a opposé le policier et une femme qui parlait à haute voix sur son téléphone cellulaire. Dans un premier temps, le policier s'était approché et avait demandé à la femme, âgée de 28 ans et habitant Vacoas, de sortir à l'extérieur parce qu'elle faisait du bruit dans le Casualty. La femme se serait vexée, et se serait alors mis à abreuver d'insultes le policier. Surgirent alors deux hommes, âgés de 25 et de 29 ans, des proches de la femme. Ces derniers devaient également agresser le policier.

Des policiers affectés au poste de police de Quatre-Bornes, de même que ceux de l'Emergency Response Service (ERS) furent appelés en renfort. Les trois suspects devaient être subséquemment arrêtés. Le policier Rampargass qui a été légèrement blessé, a, durant l'échauffourrée, perdu sa plaque de matricule de même que sa Warrant Card. L'enquête policière se poursuit dans cette affaire.


Brèves

Fusillade au SuperTote de Rose-Belle: Le suspect Couronne libéré sous caution

Le récidiviste Angelo Couronne, fortement soupçonné d'être à l'origine des coups de feu de samedi dernier aux locaux de SuperTote de Rose-Belle, nie les faits qui lui sont reprochés. Selon les indications obtenues de source policière, il rejette en bloc le fait qu'il a tenté d'arracher son arme de service à un policier qui l'avait réprimandé parce qu'il fumait dans un lieu public. Le suspect a été libéré contre une caution de Rs 5 000, après avoir comparu en cour de Mahébourg. Ce dernier avait récemment terminé de purger une peine de trois ans d'emprisonnement pour un délit de drogue.

Pour rappel, lors de l'accrochage survenu entre Couronne et un policier, cinq coups de feu ont été tirés, dont deux atteignant un autre policier, le constable Ramessur, au tibia. Ce dernier, qui a subi une opération, se remet lentement de ses blessures, a appris Week-End de source proche des Casernes centrales.

Cambriolage de bijoux et d'articles d'une valeur de Rs 800 000

Des limiers de la CID de Port-Mathurin sont sur la brèche depuis vendredi après-midi suite à un d'importants cambriolages commis dans l'île. Une Mauricienne, âgée de 43 ans, habitant Plaisance, Rose-Hill, et propriétaire d'une maison à Rodrigues, a rapporté un cas de vol avec la disparition de bijoux, de montres, d'outils, de chaussures et de la literie, le tout d'une valeur de Rs 800 000. La victime a également communiqué à la police ses soupçons au sujet de l'identité du suspect, qui est activement recherché.

A Grand-Baie: Un quinquagénaire tué à cause d'un réveil

Louis Gérard Entresol, un pêcheur de 57 ans habitant route Sottise, Grand-Baie, a été mortellement agressé à cause d'un vulgaire réveil ne valant pas plus qu'une centaine de roupies.

Le vendredi 5 juin dernier, le pêcheur avait été découvert inconscient dans son lit, peu après 18h. Transporté d'urgence à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses, il devait y être admis à l'Intensive Care Unit (ICU), où son état ne devait jamais s'améliorer. Il devait finalement rendre l'âme une semaine plus tard, soit vendredi matin. L'autopsie effectuée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer (PPMO), devait attribuer le décès du quinquagénaire à des "cranio cerebral injuries".

Selon la teneur de l'enquête policière, il ressort que, la veille de son admission à l'hôpital, le pêcheur avait été agressé à coups de gourdin, aux alentours de 21h30 ce soir-là par un habitant de la localité, nommé Farook Battan, 44 ans. Le suspect, qui a été appréhendé par les éléments de la police de Grand-Baie, serait rentré dans une rage folle lorsqu'il a appris que le pêcheur avait repris un réveil que lui, Battan, avait au préalable vendu à un vigile. Battan avait effectué cette transaction dans le but de s'acheter des boissons alcoolisés avec l'argent de la vente du réveil.

Farook Battan se voit provisoirement accusé de Murder en cour de Mapou.



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