LE COMESA ET MADAGASCAR !
Et nous, et nous et nous...
La décision du COMESA d'intervenir militairement à
Madagascar afin d'en finir avec l'imbroglio militaro-politique
dans la Grande Ile relève d'une incongruité qui
nous dépasse. Comment la diplomatie mauricienne a pu se
laisser entraîner dans un débat qui ne devrait jamais
être le nôtre? D'abord, parce que nos relations avec
Madagascar ne devraient jamais être sujettes à des
aspirations guerrières. Ensuite, c'est, à notre
avis, ne jamais oublier que Madagascar fait partie des pays de
peuplement de notre île. Comment, demain, ce qui nous paraît
très hypothétique - envoyer notre armée guerroyer
- nous n'en avons pas les moyens, ne disposant pas d'une armée
de métier classique hors de nos côtes ?
On veut bien croire que les chefs d'Etat et de gouvernement -
ou leurs représentants - sont d'humeur guerrière,
parce que habitués à régler les conflits
par des conflits, mais, nous, à Maurice, nous ne possédons
pas cette culture de "la loi du Talion"...
Tournons-nous vers le texte fondateur du COMESA. On lit dans le
sous-titre des "Principaux objectifs du COMESA :
"Le Traité du COMESA qui définit le programme
de l'organisation, couvre un grand nombre de secteurs et d'activités...
Afin de garantir une plus grande efficacité à sa
mission en tant qu'institution, le COMESA a défini dans
le cadre de son mandat sa priorité qui est la promotion,
à moyen terme, l'intégration régionale par
le commerce et l'investissement... Le COMESA cherche à
devenir une communauté économique régionale
pleinement intégrée au niveau international ; une
communauté qui connaît une prospérité
économique démontrée par le niveau de vie
élevé de ses populations, avec une stabilité
politique et sociale ; une communauté où les biens,
les services, les capitaux et la main d'oeuvre circulent plus
librement à travers les frontières géographiques..."
Mais, où est-il question d'interventionnisme militaire
ou autre en cas de conflit à l'intérieur des frontières
d'un pays membre du COMESA ? Laissons le soin aux organisations
politiques régionales et internationales d'en découdre.
Si nous devons suivre la démarche du COMESA, demain, on
demanderait à la Commission de l'Océan Indien ou
à l'Indian Ocean Rim Association de s'ériger en
gendarmes agissants...
La France et les Nations unies ont déjà condamné
la démarche du COMESA. Et c'est de bonne augure ! Ce que
nos amis engagés dans ce bloc régional ignorent,
c'est que Madagascar a longtemps à travers son histoire,
disposé d'une capacité pour résoudre ses
problèmes, intra muros, et que tout apport étranger
est vu d'un mauvais oeil. Le Malgache est un introverti par nature.
Ne pas comprendre cela, c'est ne pas comprendre l'âme malgache,
sa fierté, ses coutumes, ses traditions - la cérémonie
du retournement des morts constitue un des temps forts du rituel
malgache - et l'attachement à la terre de ses ancêtres...
D'où la très forte opposition face au projet du
géant sud-coréen Daewoo de posséder 50% des
terres malgaches pour la cultivation du maïs transgénique...
Que Ravalomanana avait approuvé ! Ce qui a provoqué,
en quelque sorte, sa chute... Le Malgache n'a jamais bradé
sa terre, surtout celle de ses ancêtres ! Quand vous aurez
compris et assimilé tout ce que nous venons d'écrire,
vous comprendrez que la démarche du COMESA est nulle et
non avenue...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009
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