é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009



Mercuriale des légumes

Un certain répit pour la ménagère mais…

Le giraumon et la bringelle à Rs 8.00 le demi-kilo; la pomme d'amour aux alentours de Rs 25.00: l'on n'est plus à la situation qui prévalait en avril, il y a deux mois, quand le prix au demi-kilo du très prisé fruit rouge du potager avait atteint la somme de Rs 80.00. Toutefois, alors que la saison hivernale est, officiellement, bien entamée, l'on se serait attendu à une mercuriale encore plus favorable.

A Rs 20.00 le demi-kilo au Marché Central, jeudi, le prix de la carotte paraissait tout à fait raisonnable. De même que celui du giraumon (Rs 8.00) et de la bringelle (Rs 8.00 également). En revanche, à Rs 30.00 le demi-kilo, les haricots verts semblaient encore à, au moins, le double du prix auquel ils auraient dû s'afficher à pareille période de l'année. Il en est de même du chou-fleur (Rs 40.00 à Rs 50.00), du chou (Rs 30.00) et du pâtisson (Rs 25.00). A Rs 15.00, voire, Rs 20.00 la tête, la laitue s'affiche encore, tout aussi, à un prix élevé. Et même la pomme d'amour (autour de Rs 25.00 le demi-kilo alors qu'à pareille époque, elle aurait dû se vendre aux alentours de Rs 15.00).

En fait, même si les étals des marchés sont, en général, bien achalandés, il semble que, globalement, la production soit déficitaire actuellement. Selon M. Eric Mangar, agronome et animateur du Mouvement Pour l'Autosuffisance Alimentaire (MAA), une série de raisons pourraient expliquer cela. Il y a, d'abord, des raisons climatiques. Cette année, en effet, nous avons tous constaté comme un prolongement de la saison d'été.

Selon M. Mangar, cela a eu certainement un effet, particulièrement, sur les légumes fins. Il cite le cas du thym - en quantité limitée, actuellement, dans les marchés - qui, dit-il, connaît, cette année, des difficultés au niveau de la germination en raison de l'arrivée tardive de l'hiver. En lui-même, ce dérèglement climatique favorise l'apparition de pestes végétales et animales soutient X, planteur de la région de Solférino.

Et les intrants de production - pesticides et engrais -, indispensables, dit-il, pour la bonne pousse des plantes se font de plus en plus chers. Ce qui influe, naturellement, au finale sur les prix aux marchés. X affirme que c'est l'augmentation conséquente des coûts de production - intrants et main-d'oeuvre - qui fait que nombre de petits planteurs dans la région ont préféré abandonner leurs champs.

Une deuxième raison susceptible d'expliquer le manque relatif de légumes dans les marchés et, par extension, expliquer les prix encore relativement élevés c'est la part de la production qui est, de plus en plus, dirigée vers les établissements hôteliers, les conserveries de légumes et les hypermarchés. X avoue, ainsi, qu'environ 50% de sa production revient au secteur touristique duquel il perçoit un prix d'au moins 20% supérieur à celui qu'il peut trouver dans le circuit commercial destiné au grand public.

Pour des solutions à long terme

Il semble aussi que le manque relatif de produits sur le marché découle d'un certain retard dans la production. Un planteur de Phoenix explique ce retard dans la production saisonnière par les incidences des inondations du mois d'avril qui ont fait que les champs ont dû être préparés sur une plus longue période. "Les institutions de recherche doivent se pencher sérieusement sur les changements qui s'opèrent, année après année, dans la production vivrière et proposer des solutions à long terme", estime Eric Mangar.

La prolifération de certaines pestes justifie, selon X, notre planteur de Solférino, que des champs soient traités, quotidiennement, aux pesticides. Cela à de quoi inquiéter. Compte tenu des coûts de plus en plus inaccessibles des intrants chimiques mais encore plus, par mesure de précaution sanitaire, M. Mangar estime nécessaire l'utilisation maximale du compost naturel. Il convient, de même, selon lui, d'adopter une nouvelle approche en matière de labourage des terres en vue, notamment, de ne pas détruire les micro-organismes.

X reconnaît que les prix actuellement pratiqués, même s'ils sont plus abordables qu'il y a quelques semaines demeurent élevés. Selon lui, tout cela ne répondrait qu'à la logique de l'offre et de la demande. Notre planteur cite le cas de la laitue. Il explique qu'alors que cette salade était, normalement, prête à la récolte après une trentaine de jours, il faudrait, dorénavant, compter sur une période de croissance de 45 jours.

Mais les prix encore relativement élevés, c'est aussi la conséquence des difficultés de la planification de la production. Un planteur de la région vacoissienne explique, ainsi, qu'il a, délibérément, évité de mettre en terre du chou-fleur en pensant qu'en hiver, le prix de ce légume allait baisser en raison d'une forte production. Or, il semble que, cette saison, la production ne soit pas aussi abondante. Avec pour conséquence que le prix de vente demeure élevé.

Quoi qu'il en soit, il est évident qu'au fur et à mesure des semaines à venir, les légumes se feront plus abordables sur les étals des marchés. Les mois d'hiver sont, en effet, plus favorables aux cultures vivrières en raison, notamment, de l'absence des intempéries plus souvent associées à la période cyclonique des mois d'été.



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