c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009



Barbarie

A quand et chez combien le courage de la vérité ?

Jean-Claude Antoine constate dans le Week-End du 7 mars que la barbarie s'est bien installée dans le pays. Le nombre de crimes sexuels s'accélère. Viols et violences perpétués en solo ou en gangs sont à la hausse. Tous sont exposés : les plus jeunes, le plus âgés, les plus solides. La gangrène infecte à tous les échelons de notre société car même les toutes jeunes filles n'envisagent pas leurs sorties sans leur dose d'alcool…

On peut certes constater et déplorer. Mais n'essayons pas de remonter aux sources pour expliquer certaines causes de cette décadence. Nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à faire face à certaines vérités et ne veulent pas entendre parler de moralité. On ne veut plus faire de différence entre le bien et le mal. Au nom de la sacro-sainte liberté, chacun doit être libre d'agir comme bon lui semble et être son propre maitre. Chacun a droit a ses pulsions et réactions. Pas question de lui dire qu'il doit apprendre à se responsabiliser et être capable de se gérer pour bien vivre en société.

Pour être crédible et accepté, il est de bon ton de ne pas faire de commentaires moralisateurs sur certaines pratiques : c'est se voir irrémédiablement étiqueté comme conservateur, rétrograde et hypocrite.

A propos de la permissivité sexuelle ambiante, il faut laisser croire aux jeunes que la virginité n'est plus à la mode, alors que c'est une richesse qui peut être un chemin de bonheur. On trouve normal qu'ils passent à l'acte sexuel dès leurs premières rencontres. Qu'importe les risques au niveau de leur santé et de leur avenir. Ils apprendront à leurs dépens que cette fête des corps avec des partenaires de passage laisse des déserts et créent des cœurs meurtris.

A propos de l'homosexualité, le Collectif Arc-en-Ciel veille au grain et gare à ceux qui ne tiennent pas le même langage qu'eux. Pour exemple, reprenons ce commentaire d'un psychologue clinicien dans l'Express Dimanche du 7 juin : " être homosexuel n'est ni mieux, ni moins bien qu'être hétérosexuel l'idée de norme n'a pas de sens. " Si un professionnel en arrive à une telle déclaration, qui ose encore avoir le courage de rappeler que l'avenir d'une société ne peut se construire que dans l'hétérosexualité avec un couple capable de fonder une vraie famille.

L'alcool et la drogue continuent à étendre leurs tentacules. Qui va alerter l'opinion publique mauricienne sur le nombre excessif de plus de cent étrangers -hommes et femmes - de toutes nationalités qui croupissent dans nos prisons aux frais de la société mauricienne ? Ceux qui les ont soudoyés pour transporter la drogue ont réussi à leur faire croire qu'ils courraient peu de risques d'être pris dans les filets de notre douane qui s'avère, heureusement, super vigilante. Maurice reste une plaque tournante importante de ce trafic sordide. Si d'autres étrangers continuent de mois en mois à se faire repérer et interner, combien d'autres réussissent à importer leur sale poison qui va servir à recruter de nouveaux adeptes parmi nos jeunes adolescents ? Ne nous leurrons pas. La drogue reste l'ennemi numéro un de la jeunesse mauricienne.

Quel langage de vérité autour du sida ? Bien sûr qu'il faut se mobiliser pour que tous les sidéens reçoivent des soins appropriés. Mais au niveau de la prévention, honni ceux qui auront le courage d'énoncer que les dépenses pour l'omniprésent préservatif (avec ou sans gel), et les seringues vierges ne peuvent tout protéger. Ceux qui veulent travailler auprès des jeunes en faisant surtout appel à leur sens de la responsabilité n'ont pas la côte de popularité et les moyens financiers nécessaires pour mettre en action les plans proposés.

Finalement c'est à propos de la sexualité, la plus belle richesse de l'humanité, que nous avons besoin d'un langage de vérité qui implique des balises et certaines exigences. Les adolescents ont besoin d'être accompagnés dans ce domaine. Le " tout, tout de suite ", peut mettre en péril santé physique et équilibre psychologique. La beauté de l'amour se creuse dans une certaine solitude intérieure et a besoin d'une aura de mystère pour se s'exprimer de façon plus durable. Le tout feu, tout flamme de la passion des premiers jours peut alors s'enraciner sur des fondations plus solides.

C'est là où notre responsabilité personnelle entre en jeu pour encadrer notre liberté.

C'est là où certains interdits n'ont d'autre but que de nous protéger.

C'est là où la religion nous fait comprendre que le mal veut s'installer chez nous et que nous avons les moyens de le dépister.

N'acceptons pas le relativisme ambiant qui nous fait croire que nous pouvons être notre propre maitre et que notre droit à la liberté nous permet de réaliser tous nos désirs.

Ne nous faisons aucune illusion.

Si nous avons " fauté " quelque part, notre société aura vite fait de nous mettre du côté des exclus, derrière les barreaux.

Des pénalités excessives ont été promulguées par le ministre de la Justice depuis décembre 2008 pour ceux qui sont trouvés coupables.

Dans ces domaine où la police et le judiciaire interviennent, il y a un besoin criant de vérités à faire connaitre. Le proclame-t-on suffisamment ?

Combien de jeunes ont compris l'importance d'un casier judiciaire vierge ?

Quand et où ont-ils l'occasion de découvrir, dans un contexte de prévention, les dures réalités d'une mise en cellule ou de la vie dans les prisons ? Il faut connaître les pénalités longues et douloureuses infligées à ceux qui, se permettant trop de libertés, empiètent sur celles des autres.

Ayons le courage de la vérité pour diagnostiquer notre " barbarie ".

Déclenchons avec courage les moyens de la freiner.

La politique de l'autruche, du silence et de l'indifférence n'empêcheront pas la situation de continuer à se détériorer.

Monique Dinan



c o u r r i e r WEEK-END --- dimanche 14 juin 2009