Jean-Claude Antoine constate dans le Week-End du 7 mars
que la barbarie s'est bien installée dans le pays. Le nombre
de crimes sexuels s'accélère. Viols et violences
perpétués en solo ou en gangs sont à la hausse.
Tous sont exposés : les plus jeunes, le plus âgés,
les plus solides. La gangrène infecte à tous les
échelons de notre société car même
les toutes jeunes filles n'envisagent pas leurs sorties sans leur
dose d'alcool
On peut certes constater et déplorer. Mais n'essayons pas
de remonter aux sources pour expliquer certaines causes de cette
décadence. Nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts
à faire face à certaines vérités et
ne veulent pas entendre parler de moralité. On ne veut
plus faire de différence entre le bien et le mal. Au nom
de la sacro-sainte liberté, chacun doit être libre
d'agir comme bon lui semble et être son propre maitre. Chacun
a droit a ses pulsions et réactions. Pas question de lui
dire qu'il doit apprendre à se responsabiliser et être
capable de se gérer pour bien vivre en société.
Pour être crédible et accepté, il est de bon
ton de ne pas faire de commentaires moralisateurs sur certaines
pratiques : c'est se voir irrémédiablement étiqueté
comme conservateur, rétrograde et hypocrite.
A propos de la permissivité sexuelle ambiante, il faut
laisser croire aux jeunes que la virginité n'est plus à
la mode, alors que c'est une richesse qui peut être un chemin
de bonheur. On trouve normal qu'ils passent à l'acte sexuel
dès leurs premières rencontres. Qu'importe les risques
au niveau de leur santé et de leur avenir. Ils apprendront
à leurs dépens que cette fête des corps avec
des partenaires de passage laisse des déserts et créent
des curs meurtris.
A propos de l'homosexualité, le Collectif Arc-en-Ciel veille
au grain et gare à ceux qui ne tiennent pas le même
langage qu'eux. Pour exemple, reprenons ce commentaire d'un psychologue
clinicien dans l'Express Dimanche du 7 juin : " être
homosexuel n'est ni mieux, ni moins bien qu'être hétérosexuel
l'idée de norme n'a pas de sens. " Si un professionnel
en arrive à une telle déclaration, qui ose encore
avoir le courage de rappeler que l'avenir d'une société
ne peut se construire que dans l'hétérosexualité
avec un couple capable de fonder une vraie famille.
L'alcool et la drogue continuent à étendre leurs
tentacules. Qui va alerter l'opinion publique mauricienne sur
le nombre excessif de plus de cent étrangers -hommes et
femmes - de toutes nationalités qui croupissent dans nos
prisons aux frais de la société mauricienne ? Ceux
qui les ont soudoyés pour transporter la drogue ont réussi
à leur faire croire qu'ils courraient peu de risques d'être
pris dans les filets de notre douane qui s'avère, heureusement,
super vigilante. Maurice reste une plaque tournante importante
de ce trafic sordide. Si d'autres étrangers continuent
de mois en mois à se faire repérer et interner,
combien d'autres réussissent à importer leur sale
poison qui va servir à recruter de nouveaux adeptes parmi
nos jeunes adolescents ? Ne nous leurrons pas. La drogue reste
l'ennemi numéro un de la jeunesse mauricienne.
Quel langage de vérité autour du sida ? Bien sûr
qu'il faut se mobiliser pour que tous les sidéens reçoivent
des soins appropriés. Mais au niveau de la prévention,
honni ceux qui auront le courage d'énoncer que les dépenses
pour l'omniprésent préservatif (avec ou sans gel),
et les seringues vierges ne peuvent tout protéger. Ceux
qui veulent travailler auprès des jeunes en faisant surtout
appel à leur sens de la responsabilité n'ont pas
la côte de popularité et les moyens financiers nécessaires
pour mettre en action les plans proposés.
Finalement c'est à propos de la sexualité, la plus
belle richesse de l'humanité, que nous avons besoin d'un
langage de vérité qui implique des balises et certaines
exigences. Les adolescents ont besoin d'être accompagnés
dans ce domaine. Le " tout, tout de suite ", peut mettre
en péril santé physique et équilibre psychologique.
La beauté de l'amour se creuse dans une certaine solitude
intérieure et a besoin d'une aura de mystère pour
se s'exprimer de façon plus durable. Le tout feu, tout
flamme de la passion des premiers jours peut alors s'enraciner
sur des fondations plus solides.
C'est là où notre responsabilité personnelle
entre en jeu pour encadrer notre liberté.
C'est là où certains interdits n'ont d'autre but
que de nous protéger.
C'est là où la religion nous fait comprendre que
le mal veut s'installer chez nous et que nous avons les moyens
de le dépister.
N'acceptons pas le relativisme ambiant qui nous fait croire que
nous pouvons être notre propre maitre et que notre droit
à la liberté nous permet de réaliser tous
nos désirs.
Ne nous faisons aucune illusion.
Si nous avons " fauté " quelque part, notre société
aura vite fait de nous mettre du côté des exclus,
derrière les barreaux.
Des pénalités excessives ont été promulguées
par le ministre de la Justice depuis décembre 2008 pour
ceux qui sont trouvés coupables.
Dans ces domaine où la police et le judiciaire interviennent,
il y a un besoin criant de vérités à faire
connaitre. Le proclame-t-on suffisamment ?
Combien de jeunes ont compris l'importance d'un casier judiciaire
vierge ?
Quand et où ont-ils l'occasion de découvrir, dans
un contexte de prévention, les dures réalités
d'une mise en cellule ou de la vie dans les prisons ? Il faut
connaître les pénalités longues et douloureuses
infligées à ceux qui, se permettant trop de libertés,
empiètent sur celles des autres.
Ayons le courage de la vérité pour diagnostiquer
notre " barbarie ".
Déclenchons avec courage les moyens de la freiner.
La politique de l'autruche, du silence et de l'indifférence
n'empêcheront pas la situation de continuer à se
détériorer.
Monique Dinan