Les années se suivent et se ressemblent. Ainsi va l'adage
auquel il faut peut-être ajouter les débats sur le
budget qui, chaque année, sont semblables, avec les collègues
du ministre des Finances le congratulant et l'opposition le critiquant.
Heureusement qu'il y a les questions pour briser cette monotonie.
Quoi qu'il en soit, ces débats sur le budget se terminent
mardi prochain avec l'intervention du Premier ministre, Navin
Ramgoolam, et le summing-up de Rama Sithanen.
Mardi dernier, jour du démarrage des débats sur
le budget, pas de Private Notice Question du leader de l'opposition,
ce dernier se concentrant sur l'allocution qu'il devait prononcer
dans l'après-midi. Cela n'a pas empêché qu'il
y ait une Question Time bien animée. On aura ainsi appris
que le Premier ministre a, depuis la fin d'avril dernier, demandé
au Management Audit Bureau une enquête sur l'organisation
du concours Pepsi Hungama par la MBC. C'est ce qu'il a
indiqué en réponse à une question du député
du MMM Ajay Gunness. Il y eut de nombreuses questions supplémentaires
des députés de l'opposition dont une sur le déplacement
des responsables en Chine.
Rama Sithanen devait très vite se retrouver dans la ligne
de mire de l'opposition. Alors qu'une voix évoquait une
interview du ministre dans l'express du jour dans laquelle
il critique Vishnu Lutchmeenaraidoo, le leader de l'opposition
en profitera pour dire que Rama Sithanen en avait fait de même
pour l'actuel Premier ministre lorsque ce dernier était
ministre et que Navin Ramgoolam était leader de l'opposition.
"Tigit zour toi li fine zour toi kouma li pé zour
Vishnu zordi
" Une pique qui a amusé le chef
du gouvernement.
"Ine faire toi éli dans N°8"
Pravind Jugnauth avait, lui, trois questions, la dette publique,
l'aide de l'État aux entreprises en difficulté et
l'exode de capitaux pour sa cible favorite, Rama Sithanen. Il
a eu plusieurs questions supplémentaires pertinentes pour
le ministre sur ces trois sujets. Mais lorsqu'il fait de l'esprit
tout en posant une question tout à fait juste sur le seul
grand projet que ce gouvernement a réalisé ces derniers
quatre ans avec un tel niveau d'endettement, Lormesh Bundhoo ne
peut s'empêcher de lui lancer : "Ine faire toi éli
dans N°8 !"Rama Sithanen n'appréciera pas
non plus que le leader du MSM lui dise qu'il y a eu un exode de
capitaux depuis qu'il a imposé une taxe sur les intérêts
obtenus sur les dépôts bancaires et lui répondra
que c'est le contraire qui est vrai puisque le pays a enregistré
un fort flux d'investissements.
Le MSM sera particulièrement présent lors de cette
Question Time, comme en témoigne cette autre passe d'armes
entre la député Maya Hanoomanjee et le ministre
de l'Agro-Industrie sur le sort des métayers de Bel Ombre.
Nita Deerpalsing en profitera pour faire une nouvelle fois le
procès de la Mauritius Sugar Authority, carrément
accusée d'avoir ignoré les conditions de l'accord
intervenu entre le Premier ministre et la Mauritius Sugar Producers
Association et de se comporter en agent de sucriers. Comme on
le sait, quelques minutes plus tard, le directeur de la MSA, Gowreesunkur
Rajpati, soumettait sa démission.
Nouvelle salve du MSM ensuite contre le ministre des Finances
avec cette fois Nando Bodha s'intéressant à la ligne
de crédit flexible du Fonds monétaire international
(FMI). La pression des oppositions mettra à jour le fait
que seulement trois pays ont accepté cet emprunt alors
que la Turquie l'a rejeté. "To pa ine faire to
homework !" lancera d'ailleurs Paul Bérenger à
Rama Sithanen après que ce dernier a dit ne pas être
au courant du "retainer fee" réclamé par
le FMI. Réponse du ministre : "Kan mo dir mo konn
tou, zot sorte pou moi !"
C'est la bonne humeur qui marquera le reste de la Question Time,
même si la question de l'escapade hippique du directeur
de la State Trading Corporation va donner lieu à quelques
échanges abrupts entre le ministre Mahen Gowressoo, toujours
très approximatif, comme d'habitude, et l'opposition. Un
grand ricanement ponctuera ensuite une déclaration de Rama
Sithanen indiquant qu'il y avait des erreurs dans les estimates,
ce document circulé des heures après la présentation
du budget.
Critiques teintées d'humour
Juste après le coup d'envoi des débats sur le budget
par le leader de l'opposition, ce dernier, en sus d'arguments
pour démonter la politique économique du gouvernement,
a choisi l'humour pour dire son fait au régime. La compensation
salariale pour les plus démunis, ces laissés-pour-compte,
ce PPP qui n'est autre que "prozé pa pou éna",
Maurice île durable avec les projets polluants et avec le
Premier ministre qui, après avoir lancé la voiture
propre, la Prius de Toyota, s'engouffre dans son Aston Martin.
Il a, plus d'une fois, amusé l'ensemble de l'hémicycle
avec ses rappels de ce qui n'a pas été fait, même
s'il est resté très critique vis-à-vis du
gouvernement accusé d'être en déficit de crédibilité.
À Rama Sithanen, il a rappelé qu'il avait choisi
le "denial mode" alors que l'opposition avait
prévenu que la crise était à nos portes.
"You spoke of vaccine even before you became a doctor",
ce qui a provoqué l'hilarité générale.
Il a conclu en dénonçant l'incompétence du
gouvernement de l'alliance sociale. Et les débats se poursuivront
avec l'intervention du ministre de l'Éducation et ancien
ministre des Finances, Vasant Bunwaree, et d'autres.
À la reprise mercredi, une vive tension marquera les échanges
lors de la PNQ sur la compensation salariale, le ministre des
Finances renvoyant Paul Bérenger à 1982. "Sheer
propaganda, hypocrit, the country had gone bankrupt with the Labour
Party et it was tighter than today", rétorque
le leader de l'opposition, ce qui n'a pas du tout plu au Premier
ministre qui a parlé des grèves et de la paralysie
du pays par les syndicats proches du MMM.
Pravind Jugnauth se mettra de la partie pour rappeler que lorsqu'il
était ministre des Finances, il avait porté le seuil
des salaires recevant la compensation intégrale et que
cela a été abaissé par l'actuel ministre.
Ce qui n'a pas été du goût des élus
de la majorité qui ont parlé de la hausse de la
TVA. Après la PNQ, place aux débats.
Une minute de silence
pour Man United
Jeudi, le talk of the corridor était la défaite
2-0 de Manchester United contre Barcelone la veille lors de la
finale de la Champions League. Taquin comme à son habitude,
le leader de l'opposition demandera à Rajesh Bhagwan, grand
fan du club champion anglais, comme beaucoup de parlementaires
: "Li vrai to pou demande Speaker garde enn minute de
silence akoz Manchester ine perdi ?" Ce qui n'a pas manqué
de faire rire les députés présents de tous
les côtés de la chambre.
La PNQ portera sur les bénéficiaires du Stimulus
Package. Rama Sithanen entonnera son refrain de la crise et fera
le tour du monde, tant et si bien que le Speaker lui dira qu'il
ressasse les mêmes choses depuis trois jours et qu'il ferait
mieux de répondre directement à la question qui
lui est posée.
L'atmosphère va très vite devenir pesante avec l'insistance
du leader de l'opposition à connaître les tenants
et les aboutissants du dossier de RS Denim du backbencher
travailliste Ram Mardaymootoo. Pas de réaction dans les
travées de la majorité qui suivent l'échange
religieusement sans broncher.
La tranche de la PNQ épuisée, on verra Ram Mardaymootoo
se précipiter à la Whip Room pour téléphoner
tandis que le Premier ministre et le ministre des Finances vont
avoir un long aparté dans les couloirs du rez-de-chaussée
de l'hôtel du gouvernement.
Vendredi après-midi, en guise de préambule à
la séance, il y a eu un aparté entre le Premier
ministre et le leader de l'opposition. Il portait, selon nos renseignements,
sur les nominations au Competition Commission et des réserves
exprimées sur un des "political appointees"
désigné.
La PNQ, ensuite, va viser les avantages fiscaux accordés
à des compagnies profit-making comme Apollo-Bramwell
et refusés à des ONG authentiques comme l'APEIM,
un fait que Rama Sithanen, soumis pour le troisième jour
consécutif à un feu roulant de questions, explique
par les règlements en vigueur qui vont être amendés
pour pouvoir étendre la facilité à des ONG.
Pas content que Paul Bérenger insiste sur le projet Apollo,
le ministre des Finances l'accusera d'en faire une fixation et
fera référence au deal Illovo, ce qui lui
vaudra un cinglant rappel de ce qui s'est passé lors de
la vente de Lonrho.
La bonne prestation de Rashid Beebeejaun
Hier re-PNQ (voir plus loin) sur la production de l'énergie
et les projets en cours. Ce fut en tout cas une bonne prestation
du vice-Premier ministre et ministre Rashid Beebeejaun qui, contrairement,
à certains de ses collègues, a été
droit au but, a répondu à toutes les questions sans
éluder aucune et qui est resté dans le ton tout
au long de l'exercice. Très au fait de son dossier, le
vice-Premier ministre a repoussé les notes que lui refilaient
les techniciens de son ministère et du CEB.
Le reste des débats sur le budget a, hier, été
marqué par la sortie des députés du MSM au
moment où l'ancien président de ce parti Joe Lesjongard
est intervenu, une position quelque peu inexpliquée dans
la mesure où les députés du parti soleil
étaient présents vendredi lorsque Shekar Naidu a
commenté le budget. Pravind Jugnauth est parti après
la pause déjeuner et on ne sait pas trop qui est à
l'origine de cette action concertée visant le député
du N°4.
À signaler aussi l'intervention de Maya Hanoomanjee qui
a demandé qu'on situe bien les responsabilités dans
l'affaire des métayers avant de désigner des coupables.
Les débats reprennent lundi et se terminent mardi. Pas
de questions ce mardi avec le démarrage de l'examen en
comité des dotations budgétaires.
En sus du Premier ministre, les intervenants seront, dans l'ordre,
Xavier Duval, Pravind Jugnauth, le vice-Premier ministre Rashid
Beebeejaun et Jayen Cuttaree.
Mercredi, poursuite de l'examen en comité du budget. Le
budget supplémentaire 2009-10 de Rs 4,2 milliards est réparti
comme suit : Rs 500 millions pour le ministère des Infrastructures
publiques, Rs 375 M pour le ministère des Administrations
régionales, Rs 2,5 milliards pour le ministère de
l'Industrie, des PME et des Coopératives et Rs 887 M pour
les "centralised operations of Government".
L'aide de l'État à RS Denim de Ram Mardaymootoo
Paul Bérenger réclame une commission d'enquête
Le leader de l'opposition et du MMM a réclamé, hier,
une commission d'enquête instituée sous le Commission
of Inquiry Act et présidée par un ancien juge pour
faire la lumière sur ce qui s'est passé de 2005
à aujourd'hui au niveau du dossier de RS Denim de Ram Mardaymootoo
et a mis au défi le député travailliste de
venir dire qu'il est en faveur d'une telle enquête.
"Vraiment éloquent que, des cinq premières
usines qui ont reçu l'aide du Stimulus Package, deux, RS
Fashion et RS Denim, appartiennent à un backbencher du
PTr", a dénoncé Paul Bérenger. Revenant
à la Private Notice Question qu'il a poséa à
cet effet à Rama Sithanen jeudi dernier, il a considéré
comme "révoltant et choquant" que ce dernier,
qui "prétend tout savoir", a été
incapable d'indiquer quelle est la valeur de la compagnie.
Le leader du MMM a reconnu que le projet, qui était bon
sur le papier, a vu le jour en 2005 en soulignant que, contrairement
au PTr qui pénalise tout ce qui vient du moindre sympathisant
du MMM, le gouvernement d'alors l'avait approuvé. Après
2005 et le soutien financier apporté par la State Investment
Corporation, le National Equity Fund et la Banque de Développement,
tous gérant des fonds publics, le projet a, avec la bénédiction
du gouvernement, changé de nature avec pour résultat
qu'il y a eu un "véritable pillage".
"Terriblement triste". C'est ainsi que le leader
de l'opposition a considéré l'absence de réaction
et du Premier ministre et du ministre des Finances à l'appel
qu'il leur a adressé pour que le taux de la compensation
en faveur des pensionnés, veuves, orphelins, handicapés
soit relevé de 5% à 7%, le taux de l'inflation au
30 juin 2009, et que le plafond de Rs 12 000 au-delà duquel
il y a un gel des salaires soit revu.
Compensation salariale :
texte avec des "exceptions"
Paul Bérenger a aussi dit avoir noté que le ministre
des Finances a refusé de donner la garantie qu'il y aura
une compensation salariale le 1er janvier 2010 et qu'il n'a pas
démenti que le prochain paiement de la compensation salariale
n'interviendrait que le 1er janvier 2010. Autre point fort relevé
des réponses de Rama Sithanen c'est que s'il viendra avec
un texte pour donner force de loi au paiement de la compensation
c'est qu'il sera aussi assorti "d'exception".
"C'est ambigu et c'est aussi bien dangereux",
a-t-il estimé en se demandant si cela veut dire que certains
secteurs seront autorisés à ne pas payer la compensation
et que d'autres seront totalement exclus, ce qui serait, souligne-t-il,
sans précédent, tout comme l'est le plafonnement
à Rs 12 000 du gel des salaires.
Il a, d'une manière générale, dit condamner
"le comportement arrogant, malhonnête et abject de
Rama Sithanen" tout au long des débats sur le
budget et surtout ses références à 1982 alors
que c'est bien "lui qui, tout au long de sa vie, a le
plus critiqué l'héritage travailliste et qui, maintenant,
vient se déclarer plus travailliste que travailliste et
qui vient nous attaquer sur 1982".
"C'est un type dégoûtant", a-t-il
commenté, non sans avoir relevé le fait que Rama
Sithanen a été systématiquement rappelé
à l'ordre par le Speaker pour ses répétitions
et autres déclarations "boring" comme
jamais ne l'a été un ministre des Finances.
Paul Bérenger a aussi exprimé ses inquiétudes
sur le fait que les estimates, circulés en retard
et corrigés ensuite par le ministre des Finances, font
état du paiement d'un de Rs 1,6 milliard au gouvernement
par la Banque de Maurice alors que ceux, officiels de la banque
centrale, évoquent un chiffre de Rs 1,885 milliard.
Citant le Bank of Mauritius Act, le leader de l'opposition rappelle
que qu'il prévoit que la banque ne peut donner plus de
85% de ces profits et que les 15% qu'elle conserve sont destinés
aux réserves pour les temps difficiles. Si la banque a
versé Rs 1,885 milliard au gouvernement, c'est qu'elle
aura réalisé des profits de Rs 2,2 milliards.
Où sont les comptes audités de la BOM ?
Il a considéré cela comme "bien louche et
bien inquiétant" et a rappelé que le Bank
of Mauritius Act prévoit que la banque doit avoir une copie
de ces comptes annuels dûment certifiée par des auditeurs
quatre mois après la fin de l'année financière,
et que le ministre des Finances, lui, doit déposer à
la première occasion copie de ce document à l'assemblée
nationale.
Or, a ajouté le leader du MMM, ses renseignements sont
qu'il n'y a pas eu de tel document déposé depuis
juin 2008. Là aussi, c'est sans précédent
et inquiétant, a-t-il commenté avant d'adresser
un avertissement au gouvernement l'invitant à respecter
la loi et pour qu'il "n'y ait pas d'autres trois à
la Bheenick" et que les comptes audités soient
enfin déposés sur la table de l'Assemblée
nationale.
Paul Bérenger a par ailleurs dit ne pas être du tout
convaincu par les arguments de Rashid Beebeejaun sur la fourniture
d'électricité suite à la PNQ qu'il lui a
adressée hier matin. "C'est un peu comme Rama Sithanen
qui avait dit que la crise financière et économique
internationale n'allait pas nous affecter. Pas de doute que Maurice
est entrée dans la zone de danger avec les chiffres fournis
par le ministre des Services publics, lui-même, indiquant
un déficit de 11MGW cette année et 30 MGW en 2010
et, ce, alors que les deux nouvelles centrales de 15 MGW chacune
du CEB, soit un total de 30 MGW, ne seront opérationnelles
qu'à la fin de l'année prochaine."
Silence total sur le péage
Autre dossier évoqué, les grands projets d'infrastructure
routière, Harbour Bridge, Ring Road, etc., pour dénoncer
le fait que le ministre des Finances n'a pipé mot sur le
péage alors même que son collègue des Infrastructures
publiques a reconnu que cette éventualité est à
l'étude. Il y aura bel et bien péage mais le gouvernement
garde un silence total là-dessus.
Pour rester dans le même sujet, la création de la
Road Development Company qui va construire les routes sans passer
par le Central Procurement Board. "C'est éloquent
que l'on fasse les deux choses en même temps, que l'on applique
le péage pour des projets qui passeront par la RDC",
a dit Paul Bérenger, qui compte venir de l'avant avec une
PNQ sur toute cette affaire.
Autre source d'inquiétude pour le leader de l'opposition,
les positions contradictoires exprimées par le ministre
du Logement et le ministre des Finances sur le dossier de la réhabilitation
des appartements de la NHDC où des "milliers de
famille vivent l'enfer". Il rappelle que le 12 mai dernier,
Abu Kasenally avait déclaré que les travaux de rénovation
allaient bientôt commencer.
Dans son discours du budget, Rama Sithanen est venu dire que ces
travaux seront cofinancés par le gouvernement et le CEB,
la CWA et la Wastewater Management Authority, soit Rs 100 millions
pour le GM et Rs 80 millions pour les organismes parapublics.
Or, ces derniers sont tous en faillite avec des découverts
bancaires et un endettement massif, a-t-il commenté en
promettant de maintenir la pression sur ce dossier.
Pour un ministère distinct de la Peche
Il a aussi tenu à féliciter les quelques syndics
de la NHDC qui fonctionnent et qui ont exprimé des appréhensions
que le gouvernement ne s'occupe que des blocs où il n'y
a aucune organisation de syndic. Pour le leader du MMM, il faut
que le gouvernement fasse des travaux partout où c'est
nécessaire qu'il y ait ou non un syndic.
Paul Bérenger a aussi dit qu'il sera attentif à
la réaction du Premier ministre mardi prochain en réponse
à la demande qu'il a formulée pour qu'il y ait un
ministère à part entière pour la Pêche
en conformité avec la demande faite, et justifiée,
soutient-il, par la communauté des pécheurs. Si
dans le temps il était acceptable que la pêche et
l'agro-industrie soient couplés dans un seul ministère,
la situation aujourd'hui, avec le seafood hub et la sécurité
alimentaire, commandent un ministère distinct pour la pêche.
Également abordés les travaux de tout à l'égout
qui accusent du retard et qui ont vu leurs coûts augmenter
de Rs 2 milliards à Rs 8 milliards. Ces retards, dit le
leader de l'opposition, sont non seulement une source d'inconvénients
pour le public et les habitants mais aussi pour les stations d'essence,
les commerces et les professionnels, qui sont hors d'activités
pour un bon de temps, comme c'est le cas en ce moment dans le
centre de Rose Hill.
Aussi, il a demandé au gouvernement de faire diligence,
qu'il mette la pression sur les contracteurs de la WMA pour qu'ils
terminent les travaux dans le meilleur délai et de venir
en aide aux commerçants gravement affectés par ces
travaux prolongés.
Aparté avec le PM autour de certaines nominations
Réagissant par ailleurs à l'article du Mauricien
d'hier faisant état d'un aparté entre le Premier
ministre et lui-même avant le début des travaux parlementaires
de vendredi et qui aurait, selon lui, donné lieu à
certaines interprétations, il a dit qu'en tant que leader
de l'opposition, le Premier ministre l'avait consulté autour
de certaines nominations et qu'il souhaitait préciser davantage
sa positon.
Paul Bérenger a aussi dénoncé Mauritius Telecom/Orange
après avoir cité la propre expérience qu'il
a vécue hier matin. Il dit avoir à trois reprises
appelé le 150 et qu'il a été indéfiniment
mis en attente. Si le leader de l'opposition est ainsi considéré,
qu'est-ce que ça doit être pour les autres abonnés
? s'est-il demandé avant de dire "c'est ça
MT sous le PTr ! "
À l'heure des questions de la presse, il a dit que c'est
pour avoir le numéro de téléphone d'une fleuriste
de Curepipe qu'il avait appelé le 150 et qu'il avait commandé
des fleurs pour sa mère et pour d'autres personnes dont
il a tenu à préciser qu'il ne fallait pas demander
lesquelles, à l'occasion de la fête des mères,
qui est célébrée aujourd'hui.
Sur la situation à Rodrigues, le leader de l'opposition
a dit qu'il y prévaut un profond mécontentement
non seulement en raison de l'insatisfaction face aux mesures du
budget mais aussi au niveau de la façon de faire, ressentie
comme du mépris. Ils sont blessés et la déclaration
du Chef Commissaire Johnson Roussety est inquiétante, a-t-il
dit. Il a demandé que l'on respecte l'autonomie de Rodrigues
et que le PM s'y rende et montre que le "caring government"
s'y applique aussi.
Additional Stimulus Package
Ram Mardemootoo lâché par ses pairs politiques
Le backbencher de la majorité Ram Mardemootoo a
passé la demi-heure parlementaire la plus difficile et
la plus longue au sein de l'hémicycle jeudi dernier. Littéralement
encastré dans son strapontin et en ligne de mire du leader
de l'opposition, Paul Bérenger, il a encaissé sans
broncher les attaques de celui-ci au sujet de la gestion de RS
Denim. Et, à aucun moment, ses pairs de la majorité
parlementaire ne sont-ils venus à sa rescousse contre les
critiques et accusations à l'égard du député
de Rivière-des-Anguilles/Souillac pendant le déroulement
de la Private Notice Question (PNQ) axée sur l'Additional
Stimulus Package. Paul Bérenger a exigé une "full
inquiry" au sujet du cost overrun à Rs
1,2 milliard du projet industriel RS Denim avec en prime des allégations
de détournements de fonds publics.
Des observateurs de l'échiquier politique avancent qu'après
l'épisode des propos à relent communal à
Réduit, Ram Mardemootoo est sur le point d'être lâché
politiquement. S'il ne l'est pas déjà. Pour preuve,
ils s'appuient sur la remarque du vice-Premier ministre et ministre
des Finances, Rama Sithanen, soulignant : "Maybe the Honourable
leader of the opposition is right that we have to investigate
the cause of the cost overrun."
Mais l'inquiétude est encore plus grande au sein du personnel
de RS Denim, qui comprend quelque 325 employés. Malgré
le fait que RS Denim a bénéficié d'une injection
de Rs 30 millions sous l'Additional Stimulus Package, l'avenir
est incertain pour ces employés après le 30 juin.
Rama Sithanen l'a confirmé à l'Assemblée
nationale : "Nous ne savons pas ce qui va se passer à
partir de juillet." Ces fonds de Rs 30 millions ont été
sollicités par la Development Bank of South Africa (DBSA),
un des principaux bailleurs de fonds de RS Denim, en guise de
ballon s'oxygène le temps de trouver un repreneur au lieu
de mettre en liquidation cette unité industrielle "at
a distressed price".
RS Denim, qui dispose d'avoirs de Rs 1,3 milliard, se retrouve
également avec un endettement de l'ordre de Rs 800 millions
et des factures d'électricité pour un montant de
Rs 8 millions. "Placing the company into receivership
now would have given the wrong signal to the international buyers
of our textiles and clothing exports", avance le vice-Premier
ministre et ministre des Finances.
Dans la perspective d'un effort de redressement, RS Denim a été
placée sous la responsabilité d'un Interim Manager
suite à une décision du Stakeholders' Committee.
Le principal promoteur et actionnaire de la compagnie, Ram Mardemootoo,
a été appelé à abandonner tous ses
droits en tant qu'actionnaire et directeur au sein de la compagnie.
Égrenant ses interpellations supplémentaires face
à une majorité parlementaire étrangement
silencieuse, le leader de l'opposition a établi un foudroyant
cahier des charges contre Ram Mardemootoo. Les réparties
du Grand Argentier ont ajouté à l'inconfort du parlementaire
de la majorité. La première supplémentaire
sibylline de Paul Bérenger sur l'éventualité
d'une évaluation des avoirs de RS Denim avant toute nouvelle
injection financière déclenche une véritable
cascade de controverses accablant Ram Mardemootoo.
D'emblée, Rama Sithanen avouera ne pas être en mesure
de confirmer si des terres de l'État ont été
fournies en tant que garanties pour des prêts bancaires.
Puis, il dévoilera que le National Equity Fund a injecté
dans RS Denim une somme de Rs 100 millions en mai 2005, la Banque
de Développement une somme de Rs 50 millions en octobre
2004 et la State Investment Corporation Rs 75 millions en septembre
2005.
"We can see it was a good project. Both the former government
and this government have supported it", devait s'appesantir
Rama Sithanen, qui ajoutera que RS Denim a bénéficié
de Rs 150 millions sous l'ancien gouvernement et Rs 75 millions
sous l'actuel.
Avec de telles munitions, notamment l'utilisation des fonds publics,
le leader de l'opposition ne s'est pas fait prier pour tirer à
bout portant. "Des millions de roupies venant du National
Equity Fund, de la BDM et de la SIC ont été englouties
dans RS Denim. Le ministre a fait état de massive project
cost escalation. Mes informations sont que l'évaluation
du projet est passée de Rs 800 millions à plus de
Rs 1,3 milliard", soutient-il.
Paul Bérenger enchaînera avec une demande pour une
"full inquiry" sur ce gonflement de coût
à Rs 1,3 milliard. Cette enquête devra également
confirmer si des équipements et machines de seconde main
ont été achetées et surévaluées,
ouvrant la voie à des transactions illégales. "Therefore,
there have been illegal transactions, there has been diversion
of funds of SIC, DBM and NEF", dira-t-il.
La réponse du vice-Premier ministre et ministre des Finances
est encore plus révélatrice. "Let me be
very candid as the Honorable leader of the opposition very often
teases me. I am not happy with the way it has happened
Maybe
the leader of the opposition is right that we have to investigate
the cause of the cost overrun", concédera-t-il.
C'était comme donner l'estocade au backbencher.
Rama Sithanen poursuivra en faisant ressortir que "the
Development Bank of South Africa is carrying out an investigation
and we will support the DBSA in order to find out exactly what
has happened". Au leader de l'opposition d'enfoncer le
clou avec les factures du CEB impayées de RS Denim.
Le Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag, aura
apprécié pendant ces 35 minutes d'échanges
la sérénité de l'ambiance dans l'hémicycle
et la sobriété du ton des échanges entre
le leader de l'opposition et le vice-Premier ministre et ministre
des Finances. Cela ne se répète pas à toutes
les occasions parlementaires car la veille il avait eu fort à
faire pour la PNQ portant sur la compensation salariale.
RS Denim et RS Fashion parmi les cinq premières