p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009



  Assemblée nationale - Les questions pour rompre la monotonie…
  L'aide de l'État à RS Denim de Ram Mardaymootoo - Paul Bérenger réclame une commission d'enquête
  Additional Stimulus Package - Ram Mardemootoo lâché par ses pairs politiques
  Relation Diplomatique - Visite du Prince Al-Walid bin Talal à Maurice
  Ça va se savoir


Assemblée nationale

Les questions pour rompre la monotonie…

Les années se suivent et se ressemblent. Ainsi va l'adage auquel il faut peut-être ajouter les débats sur le budget qui, chaque année, sont semblables, avec les collègues du ministre des Finances le congratulant et l'opposition le critiquant. Heureusement qu'il y a les questions pour briser cette monotonie. Quoi qu'il en soit, ces débats sur le budget se terminent mardi prochain avec l'intervention du Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le summing-up de Rama Sithanen.

Mardi dernier, jour du démarrage des débats sur le budget, pas de Private Notice Question du leader de l'opposition, ce dernier se concentrant sur l'allocution qu'il devait prononcer dans l'après-midi. Cela n'a pas empêché qu'il y ait une Question Time bien animée. On aura ainsi appris que le Premier ministre a, depuis la fin d'avril dernier, demandé au Management Audit Bureau une enquête sur l'organisation du concours Pepsi Hungama par la MBC. C'est ce qu'il a indiqué en réponse à une question du député du MMM Ajay Gunness. Il y eut de nombreuses questions supplémentaires des députés de l'opposition dont une sur le déplacement des responsables en Chine.

Rama Sithanen devait très vite se retrouver dans la ligne de mire de l'opposition. Alors qu'une voix évoquait une interview du ministre dans l'express du jour dans laquelle il critique Vishnu Lutchmeenaraidoo, le leader de l'opposition en profitera pour dire que Rama Sithanen en avait fait de même pour l'actuel Premier ministre lorsque ce dernier était ministre et que Navin Ramgoolam était leader de l'opposition. "Tigit zour toi li fine zour toi kouma li pé zour Vishnu zordi…" Une pique qui a amusé le chef du gouvernement.

"Ine faire toi éli dans N°8"

Pravind Jugnauth avait, lui, trois questions, la dette publique, l'aide de l'État aux entreprises en difficulté et l'exode de capitaux pour sa cible favorite, Rama Sithanen. Il a eu plusieurs questions supplémentaires pertinentes pour le ministre sur ces trois sujets. Mais lorsqu'il fait de l'esprit tout en posant une question tout à fait juste sur le seul grand projet que ce gouvernement a réalisé ces derniers quatre ans avec un tel niveau d'endettement, Lormesh Bundhoo ne peut s'empêcher de lui lancer : "Ine faire toi éli dans N°8 !"Rama Sithanen n'appréciera pas non plus que le leader du MSM lui dise qu'il y a eu un exode de capitaux depuis qu'il a imposé une taxe sur les intérêts obtenus sur les dépôts bancaires et lui répondra que c'est le contraire qui est vrai puisque le pays a enregistré un fort flux d'investissements.

Le MSM sera particulièrement présent lors de cette Question Time, comme en témoigne cette autre passe d'armes entre la député Maya Hanoomanjee et le ministre de l'Agro-Industrie sur le sort des métayers de Bel Ombre. Nita Deerpalsing en profitera pour faire une nouvelle fois le procès de la Mauritius Sugar Authority, carrément accusée d'avoir ignoré les conditions de l'accord intervenu entre le Premier ministre et la Mauritius Sugar Producers Association et de se comporter en agent de sucriers. Comme on le sait, quelques minutes plus tard, le directeur de la MSA, Gowreesunkur Rajpati, soumettait sa démission.

Nouvelle salve du MSM ensuite contre le ministre des Finances avec cette fois Nando Bodha s'intéressant à la ligne de crédit flexible du Fonds monétaire international (FMI). La pression des oppositions mettra à jour le fait que seulement trois pays ont accepté cet emprunt alors que la Turquie l'a rejeté. "To pa ine faire to homework !" lancera d'ailleurs Paul Bérenger à Rama Sithanen après que ce dernier a dit ne pas être au courant du "retainer fee" réclamé par le FMI. Réponse du ministre : "Kan mo dir mo konn tou, zot sorte pou moi !"

C'est la bonne humeur qui marquera le reste de la Question Time, même si la question de l'escapade hippique du directeur de la State Trading Corporation va donner lieu à quelques échanges abrupts entre le ministre Mahen Gowressoo, toujours très approximatif, comme d'habitude, et l'opposition. Un grand ricanement ponctuera ensuite une déclaration de Rama Sithanen indiquant qu'il y avait des erreurs dans les estimates, ce document circulé des heures après la présentation du budget.

Critiques teintées d'humour

Juste après le coup d'envoi des débats sur le budget par le leader de l'opposition, ce dernier, en sus d'arguments pour démonter la politique économique du gouvernement, a choisi l'humour pour dire son fait au régime. La compensation salariale pour les plus démunis, ces laissés-pour-compte, ce PPP qui n'est autre que "prozé pa pou éna", Maurice île durable avec les projets polluants et avec le Premier ministre qui, après avoir lancé la voiture propre, la Prius de Toyota, s'engouffre dans son Aston Martin.

Il a, plus d'une fois, amusé l'ensemble de l'hémicycle avec ses rappels de ce qui n'a pas été fait, même s'il est resté très critique vis-à-vis du gouvernement accusé d'être en déficit de crédibilité. À Rama Sithanen, il a rappelé qu'il avait choisi le "denial mode" alors que l'opposition avait prévenu que la crise était à nos portes. "You spoke of vaccine even before you became a doctor", ce qui a provoqué l'hilarité générale. Il a conclu en dénonçant l'incompétence du gouvernement de l'alliance sociale. Et les débats se poursuivront avec l'intervention du ministre de l'Éducation et ancien ministre des Finances, Vasant Bunwaree, et d'autres.

À la reprise mercredi, une vive tension marquera les échanges lors de la PNQ sur la compensation salariale, le ministre des Finances renvoyant Paul Bérenger à 1982. "Sheer propaganda, hypocrit, the country had gone bankrupt with the Labour Party et it was tighter than today", rétorque le leader de l'opposition, ce qui n'a pas du tout plu au Premier ministre qui a parlé des grèves et de la paralysie du pays par les syndicats proches du MMM.

Pravind Jugnauth se mettra de la partie pour rappeler que lorsqu'il était ministre des Finances, il avait porté le seuil des salaires recevant la compensation intégrale et que cela a été abaissé par l'actuel ministre. Ce qui n'a pas été du goût des élus de la majorité qui ont parlé de la hausse de la TVA. Après la PNQ, place aux débats.

Une minute de silence

pour Man United…

Jeudi, le talk of the corridor était la défaite 2-0 de Manchester United contre Barcelone la veille lors de la finale de la Champions League. Taquin comme à son habitude, le leader de l'opposition demandera à Rajesh Bhagwan, grand fan du club champion anglais, comme beaucoup de parlementaires : "Li vrai to pou demande Speaker garde enn minute de silence akoz Manchester ine perdi ?" Ce qui n'a pas manqué de faire rire les députés présents de tous les côtés de la chambre.

La PNQ portera sur les bénéficiaires du Stimulus Package. Rama Sithanen entonnera son refrain de la crise et fera le tour du monde, tant et si bien que le Speaker lui dira qu'il ressasse les mêmes choses depuis trois jours et qu'il ferait mieux de répondre directement à la question qui lui est posée.

L'atmosphère va très vite devenir pesante avec l'insistance du leader de l'opposition à connaître les tenants et les aboutissants du dossier de RS Denim du backbencher travailliste Ram Mardaymootoo. Pas de réaction dans les travées de la majorité qui suivent l'échange religieusement sans broncher.

La tranche de la PNQ épuisée, on verra Ram Mardaymootoo se précipiter à la Whip Room pour téléphoner tandis que le Premier ministre et le ministre des Finances vont avoir un long aparté dans les couloirs du rez-de-chaussée de l'hôtel du gouvernement.

Vendredi après-midi, en guise de préambule à la séance, il y a eu un aparté entre le Premier ministre et le leader de l'opposition. Il portait, selon nos renseignements, sur les nominations au Competition Commission et des réserves exprimées sur un des "political appointees" désigné.

La PNQ, ensuite, va viser les avantages fiscaux accordés à des compagnies profit-making comme Apollo-Bramwell et refusés à des ONG authentiques comme l'APEIM, un fait que Rama Sithanen, soumis pour le troisième jour consécutif à un feu roulant de questions, explique par les règlements en vigueur qui vont être amendés pour pouvoir étendre la facilité à des ONG. Pas content que Paul Bérenger insiste sur le projet Apollo, le ministre des Finances l'accusera d'en faire une fixation et fera référence au deal Illovo, ce qui lui vaudra un cinglant rappel de ce qui s'est passé lors de la vente de Lonrho.

La bonne prestation de Rashid Beebeejaun

Hier re-PNQ (voir plus loin) sur la production de l'énergie et les projets en cours. Ce fut en tout cas une bonne prestation du vice-Premier ministre et ministre Rashid Beebeejaun qui, contrairement, à certains de ses collègues, a été droit au but, a répondu à toutes les questions sans éluder aucune et qui est resté dans le ton tout au long de l'exercice. Très au fait de son dossier, le vice-Premier ministre a repoussé les notes que lui refilaient les techniciens de son ministère et du CEB.

Le reste des débats sur le budget a, hier, été marqué par la sortie des députés du MSM au moment où l'ancien président de ce parti Joe Lesjongard est intervenu, une position quelque peu inexpliquée dans la mesure où les députés du parti soleil étaient présents vendredi lorsque Shekar Naidu a commenté le budget. Pravind Jugnauth est parti après la pause déjeuner et on ne sait pas trop qui est à l'origine de cette action concertée visant le député du N°4.

À signaler aussi l'intervention de Maya Hanoomanjee qui a demandé qu'on situe bien les responsabilités dans l'affaire des métayers avant de désigner des coupables. Les débats reprennent lundi et se terminent mardi. Pas de questions ce mardi avec le démarrage de l'examen en comité des dotations budgétaires.

En sus du Premier ministre, les intervenants seront, dans l'ordre, Xavier Duval, Pravind Jugnauth, le vice-Premier ministre Rashid Beebeejaun et Jayen Cuttaree.

Mercredi, poursuite de l'examen en comité du budget. Le budget supplémentaire 2009-10 de Rs 4,2 milliards est réparti comme suit : Rs 500 millions pour le ministère des Infrastructures publiques, Rs 375 M pour le ministère des Administrations régionales, Rs 2,5 milliards pour le ministère de l'Industrie, des PME et des Coopératives et Rs 887 M pour les "centralised operations of Government".


L'aide de l'État à RS Denim de Ram Mardaymootoo

Paul Bérenger réclame une commission d'enquête

Le leader de l'opposition et du MMM a réclamé, hier, une commission d'enquête instituée sous le Commission of Inquiry Act et présidée par un ancien juge pour faire la lumière sur ce qui s'est passé de 2005 à aujourd'hui au niveau du dossier de RS Denim de Ram Mardaymootoo et a mis au défi le député travailliste de venir dire qu'il est en faveur d'une telle enquête.

"Vraiment éloquent que, des cinq premières usines qui ont reçu l'aide du Stimulus Package, deux, RS Fashion et RS Denim, appartiennent à un backbencher du PTr", a dénoncé Paul Bérenger. Revenant à la Private Notice Question qu'il a poséa à cet effet à Rama Sithanen jeudi dernier, il a considéré comme "révoltant et choquant" que ce dernier, qui "prétend tout savoir", a été incapable d'indiquer quelle est la valeur de la compagnie.

Le leader du MMM a reconnu que le projet, qui était bon sur le papier, a vu le jour en 2005 en soulignant que, contrairement au PTr qui pénalise tout ce qui vient du moindre sympathisant du MMM, le gouvernement d'alors l'avait approuvé. Après 2005 et le soutien financier apporté par la State Investment Corporation, le National Equity Fund et la Banque de Développement, tous gérant des fonds publics, le projet a, avec la bénédiction du gouvernement, changé de nature avec pour résultat qu'il y a eu un "véritable pillage".

"Terriblement triste". C'est ainsi que le leader de l'opposition a considéré l'absence de réaction et du Premier ministre et du ministre des Finances à l'appel qu'il leur a adressé pour que le taux de la compensation en faveur des pensionnés, veuves, orphelins, handicapés soit relevé de 5% à 7%, le taux de l'inflation au 30 juin 2009, et que le plafond de Rs 12 000 au-delà duquel il y a un gel des salaires soit revu.

Compensation salariale :

texte avec des "exceptions"

Paul Bérenger a aussi dit avoir noté que le ministre des Finances a refusé de donner la garantie qu'il y aura une compensation salariale le 1er janvier 2010 et qu'il n'a pas démenti que le prochain paiement de la compensation salariale n'interviendrait que le 1er janvier 2010. Autre point fort relevé des réponses de Rama Sithanen c'est que s'il viendra avec un texte pour donner force de loi au paiement de la compensation c'est qu'il sera aussi assorti "d'exception".

"C'est ambigu et c'est aussi bien dangereux", a-t-il estimé en se demandant si cela veut dire que certains secteurs seront autorisés à ne pas payer la compensation et que d'autres seront totalement exclus, ce qui serait, souligne-t-il, sans précédent, tout comme l'est le plafonnement à Rs 12 000 du gel des salaires.

Il a, d'une manière générale, dit condamner "le comportement arrogant, malhonnête et abject de Rama Sithanen" tout au long des débats sur le budget et surtout ses références à 1982 alors que c'est bien "lui qui, tout au long de sa vie, a le plus critiqué l'héritage travailliste et qui, maintenant, vient se déclarer plus travailliste que travailliste et qui vient nous attaquer sur 1982".

"C'est un type dégoûtant", a-t-il commenté, non sans avoir relevé le fait que Rama Sithanen a été systématiquement rappelé à l'ordre par le Speaker pour ses répétitions et autres déclarations "boring" comme jamais ne l'a été un ministre des Finances.

Paul Bérenger a aussi exprimé ses inquiétudes sur le fait que les estimates, circulés en retard et corrigés ensuite par le ministre des Finances, font état du paiement d'un de Rs 1,6 milliard au gouvernement par la Banque de Maurice alors que ceux, officiels de la banque centrale, évoquent un chiffre de Rs 1,885 milliard.

Citant le Bank of Mauritius Act, le leader de l'opposition rappelle que qu'il prévoit que la banque ne peut donner plus de 85% de ces profits et que les 15% qu'elle conserve sont destinés aux réserves pour les temps difficiles. Si la banque a versé Rs 1,885 milliard au gouvernement, c'est qu'elle aura réalisé des profits de Rs 2,2 milliards.

Où sont les comptes audités de la BOM ?

Il a considéré cela comme "bien louche et bien inquiétant" et a rappelé que le Bank of Mauritius Act prévoit que la banque doit avoir une copie de ces comptes annuels dûment certifiée par des auditeurs quatre mois après la fin de l'année financière, et que le ministre des Finances, lui, doit déposer à la première occasion copie de ce document à l'assemblée nationale.

Or, a ajouté le leader du MMM, ses renseignements sont qu'il n'y a pas eu de tel document déposé depuis juin 2008. Là aussi, c'est sans précédent et inquiétant, a-t-il commenté avant d'adresser un avertissement au gouvernement l'invitant à respecter la loi et pour qu'il "n'y ait pas d'autres trois à la Bheenick" et que les comptes audités soient enfin déposés sur la table de l'Assemblée nationale.

Paul Bérenger a par ailleurs dit ne pas être du tout convaincu par les arguments de Rashid Beebeejaun sur la fourniture d'électricité suite à la PNQ qu'il lui a adressée hier matin. "C'est un peu comme Rama Sithanen qui avait dit que la crise financière et économique internationale n'allait pas nous affecter. Pas de doute que Maurice est entrée dans la zone de danger avec les chiffres fournis par le ministre des Services publics, lui-même, indiquant un déficit de 11MGW cette année et 30 MGW en 2010 et, ce, alors que les deux nouvelles centrales de 15 MGW chacune du CEB, soit un total de 30 MGW, ne seront opérationnelles qu'à la fin de l'année prochaine."

Silence total sur le péage

Autre dossier évoqué, les grands projets d'infrastructure routière, Harbour Bridge, Ring Road, etc., pour dénoncer le fait que le ministre des Finances n'a pipé mot sur le péage alors même que son collègue des Infrastructures publiques a reconnu que cette éventualité est à l'étude. Il y aura bel et bien péage mais le gouvernement garde un silence total là-dessus.

Pour rester dans le même sujet, la création de la Road Development Company qui va construire les routes sans passer par le Central Procurement Board. "C'est éloquent que l'on fasse les deux choses en même temps, que l'on applique le péage pour des projets qui passeront par la RDC", a dit Paul Bérenger, qui compte venir de l'avant avec une PNQ sur toute cette affaire.

Autre source d'inquiétude pour le leader de l'opposition, les positions contradictoires exprimées par le ministre du Logement et le ministre des Finances sur le dossier de la réhabilitation des appartements de la NHDC où des "milliers de famille vivent l'enfer". Il rappelle que le 12 mai dernier, Abu Kasenally avait déclaré que les travaux de rénovation allaient bientôt commencer.

Dans son discours du budget, Rama Sithanen est venu dire que ces travaux seront cofinancés par le gouvernement et le CEB, la CWA et la Wastewater Management Authority, soit Rs 100 millions pour le GM et Rs 80 millions pour les organismes parapublics. Or, ces derniers sont tous en faillite avec des découverts bancaires et un endettement massif, a-t-il commenté en promettant de maintenir la pression sur ce dossier.

Pour un ministère distinct de la Peche

Il a aussi tenu à féliciter les quelques syndics de la NHDC qui fonctionnent et qui ont exprimé des appréhensions que le gouvernement ne s'occupe que des blocs où il n'y a aucune organisation de syndic. Pour le leader du MMM, il faut que le gouvernement fasse des travaux partout où c'est nécessaire qu'il y ait ou non un syndic.

Paul Bérenger a aussi dit qu'il sera attentif à la réaction du Premier ministre mardi prochain en réponse à la demande qu'il a formulée pour qu'il y ait un ministère à part entière pour la Pêche en conformité avec la demande faite, et justifiée, soutient-il, par la communauté des pécheurs. Si dans le temps il était acceptable que la pêche et l'agro-industrie soient couplés dans un seul ministère, la situation aujourd'hui, avec le seafood hub et la sécurité alimentaire, commandent un ministère distinct pour la pêche.

Également abordés les travaux de tout à l'égout qui accusent du retard et qui ont vu leurs coûts augmenter de Rs 2 milliards à Rs 8 milliards. Ces retards, dit le leader de l'opposition, sont non seulement une source d'inconvénients pour le public et les habitants mais aussi pour les stations d'essence, les commerces et les professionnels, qui sont hors d'activités pour un bon de temps, comme c'est le cas en ce moment dans le centre de Rose Hill.

Aussi, il a demandé au gouvernement de faire diligence, qu'il mette la pression sur les contracteurs de la WMA pour qu'ils terminent les travaux dans le meilleur délai et de venir en aide aux commerçants gravement affectés par ces travaux prolongés.

Aparté avec le PM autour de certaines nominations

Réagissant par ailleurs à l'article du Mauricien d'hier faisant état d'un aparté entre le Premier ministre et lui-même avant le début des travaux parlementaires de vendredi et qui aurait, selon lui, donné lieu à certaines interprétations, il a dit qu'en tant que leader de l'opposition, le Premier ministre l'avait consulté autour de certaines nominations et qu'il souhaitait préciser davantage sa positon.

Paul Bérenger a aussi dénoncé Mauritius Telecom/Orange après avoir cité la propre expérience qu'il a vécue hier matin. Il dit avoir à trois reprises appelé le 150 et qu'il a été indéfiniment mis en attente. Si le leader de l'opposition est ainsi considéré, qu'est-ce que ça doit être pour les autres abonnés ? s'est-il demandé avant de dire "c'est ça MT sous le PTr ! "

À l'heure des questions de la presse, il a dit que c'est pour avoir le numéro de téléphone d'une fleuriste de Curepipe qu'il avait appelé le 150 et qu'il avait commandé des fleurs pour sa mère et pour d'autres personnes dont il a tenu à préciser qu'il ne fallait pas demander lesquelles, à l'occasion de la fête des mères, qui est célébrée aujourd'hui.

Sur la situation à Rodrigues, le leader de l'opposition a dit qu'il y prévaut un profond mécontentement non seulement en raison de l'insatisfaction face aux mesures du budget mais aussi au niveau de la façon de faire, ressentie comme du mépris. Ils sont blessés et la déclaration du Chef Commissaire Johnson Roussety est inquiétante, a-t-il dit. Il a demandé que l'on respecte l'autonomie de Rodrigues et que le PM s'y rende et montre que le "caring government" s'y applique aussi.


Additional Stimulus Package

Ram Mardemootoo lâché par ses pairs politiques

Le backbencher de la majorité Ram Mardemootoo a passé la demi-heure parlementaire la plus difficile et la plus longue au sein de l'hémicycle jeudi dernier. Littéralement encastré dans son strapontin et en ligne de mire du leader de l'opposition, Paul Bérenger, il a encaissé sans broncher les attaques de celui-ci au sujet de la gestion de RS Denim. Et, à aucun moment, ses pairs de la majorité parlementaire ne sont-ils venus à sa rescousse contre les critiques et accusations à l'égard du député de Rivière-des-Anguilles/Souillac pendant le déroulement de la Private Notice Question (PNQ) axée sur l'Additional Stimulus Package. Paul Bérenger a exigé une "full inquiry" au sujet du cost overrun à Rs 1,2 milliard du projet industriel RS Denim avec en prime des allégations de détournements de fonds publics.

Des observateurs de l'échiquier politique avancent qu'après l'épisode des propos à relent communal à Réduit, Ram Mardemootoo est sur le point d'être lâché politiquement. S'il ne l'est pas déjà. Pour preuve, ils s'appuient sur la remarque du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, soulignant : "Maybe the Honourable leader of the opposition is right that we have to investigate the cause of the cost overrun."

Mais l'inquiétude est encore plus grande au sein du personnel de RS Denim, qui comprend quelque 325 employés. Malgré le fait que RS Denim a bénéficié d'une injection de Rs 30 millions sous l'Additional Stimulus Package, l'avenir est incertain pour ces employés après le 30 juin. Rama Sithanen l'a confirmé à l'Assemblée nationale : "Nous ne savons pas ce qui va se passer à partir de juillet." Ces fonds de Rs 30 millions ont été sollicités par la Development Bank of South Africa (DBSA), un des principaux bailleurs de fonds de RS Denim, en guise de ballon s'oxygène le temps de trouver un repreneur au lieu de mettre en liquidation cette unité industrielle "at a distressed price".

RS Denim, qui dispose d'avoirs de Rs 1,3 milliard, se retrouve également avec un endettement de l'ordre de Rs 800 millions et des factures d'électricité pour un montant de Rs 8 millions. "Placing the company into receivership now would have given the wrong signal to the international buyers of our textiles and clothing exports", avance le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Dans la perspective d'un effort de redressement, RS Denim a été placée sous la responsabilité d'un Interim Manager suite à une décision du Stakeholders' Committee. Le principal promoteur et actionnaire de la compagnie, Ram Mardemootoo, a été appelé à abandonner tous ses droits en tant qu'actionnaire et directeur au sein de la compagnie.

Égrenant ses interpellations supplémentaires face à une majorité parlementaire étrangement silencieuse, le leader de l'opposition a établi un foudroyant cahier des charges contre Ram Mardemootoo. Les réparties du Grand Argentier ont ajouté à l'inconfort du parlementaire de la majorité. La première supplémentaire sibylline de Paul Bérenger sur l'éventualité d'une évaluation des avoirs de RS Denim avant toute nouvelle injection financière déclenche une véritable cascade de controverses accablant Ram Mardemootoo.

D'emblée, Rama Sithanen avouera ne pas être en mesure de confirmer si des terres de l'État ont été fournies en tant que garanties pour des prêts bancaires. Puis, il dévoilera que le National Equity Fund a injecté dans RS Denim une somme de Rs 100 millions en mai 2005, la Banque de Développement une somme de Rs 50 millions en octobre 2004 et la State Investment Corporation Rs 75 millions en septembre 2005.

"We can see it was a good project. Both the former government and this government have supported it", devait s'appesantir Rama Sithanen, qui ajoutera que RS Denim a bénéficié de Rs 150 millions sous l'ancien gouvernement et Rs 75 millions sous l'actuel.

Avec de telles munitions, notamment l'utilisation des fonds publics, le leader de l'opposition ne s'est pas fait prier pour tirer à bout portant. "Des millions de roupies venant du National Equity Fund, de la BDM et de la SIC ont été englouties dans RS Denim. Le ministre a fait état de massive project cost escalation. Mes informations sont que l'évaluation du projet est passée de Rs 800 millions à plus de Rs 1,3 milliard", soutient-il.

Paul Bérenger enchaînera avec une demande pour une "full inquiry" sur ce gonflement de coût à Rs 1,3 milliard. Cette enquête devra également confirmer si des équipements et machines de seconde main ont été achetées et surévaluées, ouvrant la voie à des transactions illégales. "Therefore, there have been illegal transactions, there has been diversion of funds of SIC, DBM and NEF", dira-t-il.

La réponse du vice-Premier ministre et ministre des Finances est encore plus révélatrice. "Let me be very candid as the Honorable leader of the opposition very often teases me. I am not happy with the way it has happened… Maybe the leader of the opposition is right that we have to investigate the cause of the cost overrun", concédera-t-il. C'était comme donner l'estocade au backbencher.

Rama Sithanen poursuivra en faisant ressortir que "the Development Bank of South Africa is carrying out an investigation and we will support the DBSA in order to find out exactly what has happened". Au leader de l'opposition d'enfoncer le clou avec les factures du CEB impayées de RS Denim.

Le Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag, aura apprécié pendant ces 35 minutes d'échanges la sérénité de l'ambiance dans l'hémicycle et la sobriété du ton des échanges entre le leader de l'opposition et le vice-Premier ministre et ministre des Finances. Cela ne se répète pas à toutes les occasions parlementaires car la veille il avait eu fort à faire pour la PNQ portant sur la compensation salariale.


RS Denim et RS Fashion parmi les cinq premières

Deux entreprises industrielles ayant pour promoteur principal le backbencher de la majorité gouvernementale Ram Mardemootoo se trouvent parmi les cinq premières à bénéficier de l'Additional Stimulus Package comme l'avait annoncé Week-End dans l'édition du dimanche 17 mai dernier. Les détails ont été rendus officiels à l'Assemblée nationale jeudi.

Les premières compagnies bénéficiant de l'aide financière du gouvernement sont les suivantes et aucune d'entre elles n'a procédé à des licenciements jusqu'ici :

World Knits avec 1 700 emplois pour une injection de Rs 40 millions sur un total de Rs 100 millions ;

Beachwear Exports Company : 160 emplois préservés avec une injection de Rs 15 millions sous forme de debentures et l'acquisition du bâtiment de la compagnie au coût de Rs 50 millions plus les charges et les banques fournissant des facilités additionnelles de Rs 15 millions ;

RS Fashion : 300 emplois préservés avec une garantie de Rs 3 millions sur le financement bancaire en vue de régler un problème de working capital jusqu'au 30 juin. Cette compagnie avait soumis une requête pour une injection de Rs 100 millions mais un package intérimaire de Rs 8 millions, soit une injection de Rs 2 millions des actionnaires et Rs 6 millions des banques avec une garantie de Rs 3 millions de la SIC a été retenu ;

RS Denim : 325 emplois préservés avec la SIC assurant le financement du working capital de la compagnie jusqu'à la fin de juin. Cette requête soumise par la DBSA fait partie d'une action concertée pour vendre cette compagnie "on an on-going concern" en vue de préserver des emplois. L'injection de Rs 30 millions puisées des fonds publics est protégée car ces fonds sont privilégiés par rapport aux autres dettes.

Avant (Mauritius) : 298 emplois préservés avec des investissements de Rs 10 millions sous forme de debentures et Rs 4 millions de garanties et Rs 10 millions de financement additionnel des banques commerciales.

Les firmes d'experts-comptables ont été approchées pour agir en tant que consultant aux honoraires réduits de Rs 4 000 par heure. Les firmes concernées sont Baker Tilly, BDO/DCDM, Deloitte, Ernst & Young, Grant Thornton et KPMG. Pour encadrer les PME, les services d'un consultant indépendant, Michael Lim, avec une expérience au sein d'Enterprise Mauritius et de la State Bank, ont été retenus contre paiement de Rs 75 000 par mois pour six mois.


Ram Mardemootoo : "; Le dossier RS Denim approuvé avant 2005 "

Ram Mardemootoo, député de la majorité et principal promoteur de la compagnie RS Denim, a soutenu que le dossier de RS Denim avait été examiné et approuvé avant les élections de 2005, soit par le précédent gouvernement mené par Paul Bérenger en tant que Premier ministre et Shailendra Gokhool à la tête de la SIC. Il répondait vendredi aux critiques et dénonciations formulées par le leader de l'opposition lors de la PNQ de jeudi.

"Le projet RS Denim a été approuvé par toutes les parties concernées - banque, SIC et NEF - sous le précédent gouvernement. Dans le projet, il y a une mixité de machines de seconde main et de machines neuves. La proportion est de 55-45", fait-il comprendre en révélant que les institutions financières avaient nommé un expert en Inde pour une vérification de toutes les machines et équipements de seconde main.

"En 2006, le député Mahen Jhugroo, de l'opposition MSM, avait posé une question parlementaire. Pourquoi, à cette époque, Paul Bérenger n'a-t-il pas proposé d'interpellations supplémentaires ? Comment Paul Bérenger peut-il trouver, quatre ans après, que ce projet est un scandale ?" s'est demandé Ram Maredmootoo en ajoutant : "Mo pa koné si Paul Bérenger pé rev moi, fer kosmar. Kantité kas mo pé investi dan RS Denim ti kapav met labank é manz lintéré."


Compensation salariale: Refus de Sithanen de réviser les recommandations du NPC

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a rejeté catégoriquement une demande du leader de l'opposition, Paul Bérenger, pour une révision des recommandations du National Pay Council (NPC) au sujet de la compensation salariale à partir du 1er juillet prochain. Il a également refusé de se prononcer sur l'éventuel paiement d'une compensation salariale à partir du 1er janvier 2010 avec la présentation du budget de novembre 2009.

Rama Sithanen est également resté de marbre devant la plaidoirie de Paul Bérenger pour une révision du quantum d'augmentation de la pension de vieillesse et des autres prestations sociales. "Le vice-Premier ministre et ministre des Finances va-t-il nous faire croire qu'une augmentation supplémentaire de 2% aux 5,1% déjà accordés aux bénéficiaires de la pension de viellesse et des prestations sociales va mener le pays à la banqueroute ?" a demandé le leader de l'opposition face à un Grand Argentier sourd comme un pot en la circonstance.


Relation Diplomatique

Visite du Prince Al-Walid bin Talal à Maurice

Un des membres de la famille Royale d'Arabie Saoudite, le prince Al-Wahid bin Talal, était en visite à Maurice la semaine dernière. Une visite courte de trois jours, durant laquelle toutefois, de nouvelles possibilités d'investissements entre le Moyen-Orient et Maurice ont été discutées. Le prince saoudien a été accueilli par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, qui l'avait rencontré lors d'un roadshow organisé par son ministère en mars dernier au Moyen-Orient. Le prince Al-Wahid bin Talal est reparti à bord de son jet privé jeudi dernier après avoir rencontré plusieurs personnalités mauriciennes, dont le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, ainsi que le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Rappelons que le Prince Al-Wahid bin Talal fait partie des personnalités les plus riches. Il est, entre autres, propriétaire du Kingdom Hotels Investments qui détient des parts importantes de Movenpick et Four Seasons.


Ça va se savoir

Rififi au MR

Jean Marie Laviolette, membre du MR, a fait une déposition à la police contre Varen Andee, autre membre du MR et conseiller municipal à Rose Hill, vendredi matin. Selon la déposition, Varen Andee n'aurait pas apprécié que des critiques aient été faites contre sa performance comme conseiller lors d'une réunion des activistes de l'Alliance Sociale. Il aurait appelé Jean Marie Laviolette à son domicile à onze heures du soir jeudi pour lui demander des explications. La demande d'explication de l'ancien maire, injurieuse selon ceux qui l'ont entendue, a fait l'objet d'un enregistrement qui a été soumis à la police avec la déposition.

Dénonciations en tous genres à la MBC

La MBC semble passer par un cycle de dénonciations. Après la plainte de Neelam Sharma contre le président du conseil d'administration et le directeur de la corporation, plusieurs lettres ont circulé dénonçant les uns et les autres et révélant certaines pratiques délictueuses. Comme " l'organisation" de l'émission Pepsi Hungama qui devait coûter quelques centaines de milliers de roupies à l'origine, mais qui a dépassé les Rs 10 millions au final. Les dernières dénonciations concernent la manière dont les achats de films sont faits par la MBC. Il paraît qu'il est courant de racheter un film dont il possède déja une copie ou d'acheter des copies sur des formats techniques que la corporation ne peut pas décoder. Le tout dans des budgets à plusieurs millions. La toute dernière dénonciation émane d'une lettre d'un directeur d'agence de publicité dont la voix et l'image sont interdits de diffusion à la MBC pour non paiement de dettes. Dans ce courrier, ce directeur-animateur allègue qu'il aurait été obligé d'offrir un téléphone et des billets d'avion à des employés de la MBC et se dit prêt à présenter les preuves de ses allégations. Est-ce qu'une nouvelle enquête sera ouverte sur cette dernière affaire en attendant les conclusions de toutes celles ouvertes sur d'autres dénonciations?

Discrimination à la VIPSU

Des officiers de la Very Important People Security Unit sont mécontents de ne pas avoir reçu l'allocation qui leur est habituellement versée lorsqu'ils sont à pied d'oeuvre dans le cadre d'une campagne électorale. C'est ainsi que certains d'entre eux qui ont été sur le terrain tout au long de la campagne pour la partielle du No 8 ont été surpris de n'avoir rien touché ces dernière semaines en terme d'allocation, contrairement à d'autres, ceux qui sont dans un certain giron.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009