o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009



  Faits et effets… - Triste équation
  Humeur - Déclarations
  Pris sur le vif - Immobilier


Faits et effets...

Triste équation
Josie Lebrasse


Ce pays est parfois à désespérer. On se targue d'être une démocratie mais, chaque jour nous apporte la preuve du contraire. L'exemple le plus patent étant la MBC. Mardi, l'intervention du leader de l'opposition qui avait, samedi dernier, refusé le gimmick de la réplique télévisée au discours sur le budget, est passé dans le bulletin du même jour après de nombreux item de la première importance comme les infections enregistrées dans les hôpitaux, les séminaires régionaux, les brèves et les chiens écrasés.

Le débat à Maurice, le vrai, est-il condamné? On a toutes les raisons de croire que tel est le cas. La MBC est un honte internationale, comme l'écrivent toutes les agences de notation internationales qui observent nos moeurs démocratiques. Les radios privées, elles mêmes, peinent à organiser des débats contradictoires et même, au Parlement, ce qui est censé être le temple de la confrontation d'idées, d'arguments et de propositions, est devenu le théâtre de stériles affrontements.

Le gouvernement a choisi sa politique économique. Il doit pouvoir la défendre sans tomber dans de sinistres travers tout comme l'opposition peut critiquer sans tomber dans la démagogie la plus primaire. Rama Sithanen veut voir les propositions de Paul Bérenger, qui n'est peut être pas son critique le plus féroce mais certainement le plus piquant, mais il épargne Pravind Jugnauth, son pire détracteur, sous prétexte qu'il est un insignifiant. C'est du moins ce qu'il a déclaré à une réunion de l'alliance sociale vendredi à Plaine Verte.

Rama Sithanen et ses amis du PTr étaient eux aussi dans l'opposition avant 2005 et nous n'avons pas souvenir qu'après chaque budget, ils soient venus avec leurs propositions alternatives. Après avoir boycotté le budget pour des raisons farfelues, ils ont, eux aussi, passé leur temps à critiquer sans rien suggérer. Il a fallu attendre le 1 er mai 2005, date à laquelle devait être annoncé le jour du scrutin pour que l'on ait droit aux dix mesures de Navin Ramgoolam, transport gratuit pour les écoliers et les personnes du troisième âge et autres engagements publics qui n'ont jamais vu le jour comme l'exemption de la taxe pour les salariés touchant Rs 25,000.

En terme de propositions alléchantes visant à influencer l'électorat, il n'y avait, malheureusement, pas eu l'annonce de la suppression du pain à l'école, la sélection, au sou près du salaire du parent, pour obtenir les subventions des frais d'examen, la National Residential Property Tax, la taxe sur la production des petits planteurs et sur les épargnes des ménages. Voilà ce que valent les propositions de l'opposition.

Mais tout cela n'est qu'illustration de la stérilité du débat à Maurice. Lorsqu'ils sont coincés sur leur politique jugée trop libérale et pas assez sociale, comme était le programme de l'ancien gouvernement en matière de logement, d'infrastructures et de démocratisation de l'éducation, le gouvernement n'a qu'un slogan à la bouche, la hausse de 50% de la TVA, une taxe qui, il faut peut être, de temps en temps, le rappeler, ne concerne pas les commodités de base. Ils sont là depuis quatre ans. Si cette hausse était vraiment insupportable, le gouvernement aurait pu la supprimer dans les années de son "early harvest" ou de son "bumper crop". Il n'en a rien été.

Mais ce qu'on oublie, c'est que c'est un gouvernement travailliste, un ministre de la même mouvance, Vasant Bunwaree, qui, en 1998, avait converti la Sales Tax de 5% en une TVA de 10%, une augmentation de 100%. Alors venir parler, à tout bout de champ de 50% d'augmentation de la TVA est un non-sens d'autant, comme le souligne l'ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth, les réalisations sociales de l'ancien gouvernement sont encore bien visibles aujourd'hui.

Dans la même veine, les références à 82 lorsqu'il s'agit de la compensation salariale. Si Rama Sithanen doit remonter aussi loin dans le temps pour défendre sa politique salariale, c'est qu'il est vraiment à court d'argument. L'année 82 marque un tournant historique. Le peuple, dans sa très grande majorité, avait envoyé le PTr, au bilan catastrophique, avec ses dévaluations, sa corruption, ses scandales, les voitures hors taxe de ses ministres et autres secrétaires parlementaires pendant que les 90,000 chômeurs faisaient queue devant l'hôtel du Gouvernement pour obtenir la faveur d'un ministre et d'un job de quatre jours à Paris ou un de ses 21,000 emplois illégaux d'arracheurs de mauvaises herbes sur les berges des rivières, dans le carreau cannes avec un 60/0 sans appel. C'est un pan de l'histoire qu'il ne faut pas remuer au risque de se voir administrer un auto-but.

Et c'est ainsi que cette semaine, on a eu droit aux arguments les plus incongrus. Dès qu'il s'est trouvé en difficulté, le ministre des Finances a sorti d'autres squelettes du placard comme le deal Illovo. Si c'est vraiment pire que le deal Lonrho du tandem Ramgoolam/Bunwaree de 1998, pourquoi ne pas avoir revu son contenu? Si c'est un accord vraiment aussi contestable qu'ils le disent, ils n'auraient pas du mettre les pieds à Ébène, à Bassin Loulou, ne pas donner suite au projet de Highlands, ne pas allouer ces terres infâmes d'Illovo au promoteur de la clinique Apollo. On pourrait continuer ainsi à exposer l'hypocrisie de certains discours.

Mais à Maurice, il n'y a pas de vrai débat. Prenons ce problème très symbolique du lieu de culte de St Paul qui est devenu, sur ordre du Premier ministre, du jour au lendemain, un "prohibited area". Imaginez un Paul Bérenger prenant une telle décision pour assurer la paix de son domicile et la tranquillité de son quartier. On aurait vu les Dulthumun et autres Krit Manohur descendre bruyamment sur les lieux et menacer le pays d'un soulèvement si l'on ne revenait pas en arrière. Mais le débat à Maurice commence avec "nou banne" pour se terminer avec "sa banne là". La triste équation perdure. Hélas…




Humeur

Déclarations
Jean-Claude Antoine


Ainsi donc, Paul Bérenger a finalement décidé de prendre une position claire sur une question qui lui a valu de nombreuses critiques justifiées. Après des années de tergiversations, il vient de prendre le taureau par les cornes pour annoncer qu'il sera le candidat du MMM - et de ses alliés - au poste de Premier ministre pour les prochaines élections. Cette déclaration officielle vient mettre fin à la politique des paravents qui consistait à proposer un candidat d'origine hindoue pour le poste alors que tout le monde savait que le véritable boss du parti - et du gouvernement en cas de victoire électorale - était et serait Bérenger. En faisant cet acte de candidature, Paul Bérenger vient de faire voler en éclats la règle non écrite, mais rigoureusement observée, de la politique mauricienne. Celle dite des réalités électorales, selon laquelle le poste de Premier ministre ne pouvait revenir qu'à un Mauricien d'origine hindoue, plus précisément de la caste des vaish. Une règle non écrite que tous les adversaires de Paul Bérenger ont utilisé jusqu'à l'outrance lors de toutes les campagnes électorales. Mêmes et surtout celles - comme la partielle de Moka-Flacq - où il n'était pas candidat. Il faut rappeler que le principal intéressé a lui-même tellement tergiversé sur cette question que les militants l'évoquaient avec réticence quand ils acceptaient d'en parler. Ils ont été tellement habitués à ne pas évoquer ce sujet dit sensible qu'un seul des membres de l'assemblée des délégués mauves s'est levé pour saluer dimanche cette déclaration historique. Encore que, soulignent les observateurs politiques, jamais totalement contents, Paul Bérenger ne soit pas allé jusqu'au bout de sa démarche en laissant une porte entrouverte pour un éventuel partage du poste de Premier ministre. Mais le fait à retenir est que cette déclaration officielle vient assainir un peu la politique mauricienne dominée par le communalisme.Une autre déclaration a fait la une de l'actualité politique ces derniers : celle de la lutte à trois pour les prochaines élections. Navin Ramgoolam aurait donné l'assurance au MMM, par intermédiaires interposés, qu'il n'avait aucune intention de conclure une alliance préélectorale avec le MSM. Cette déclaration vient ajouter aux difficultés du parti orange dont le leader est confiné dans l'opposition tout en ayant été élu grâce au soutien du gouvernement. Ce que certains parlementaires de la majorité se font un plaisir de rappeler à chaque fois qu'ils en ont l'occasion. Le MSM qui avait claironné pendant la campagne au N°8 qu'il allait prendre le gouvernement - entendez y entrer - devra encore patienter. Ce qui lui donnera peut-être le temps de faire oublier sa catastrophique manifestation contre les bureaux de l'express retransmise en direct sur Radio One. Mais, ce qui surprend dans la déclaration de lutte à trois, c'est que toute la classe politique, plus particulièrement le leader du MMM, semble avoir pris au sérieux l'engagement pris par Navin Ramgoolam à travers des intermédiaires. Il est difficile de croire à la parole de Navin Ramgoolam, surtout après certains de ses reniements publics. Le plus célèbre d'entre eux eut pour victime Gaëtan Duval lui-même. Cela s'est passé pendant la campagne pour les élections générales de décembre 1995. Allié avec le MMM depuis 1994, Navin Ramgoolam avait promis à Gaëtan Duval de lui donner quelques tickets sur son quota. Croyant dans la parole donnée de Navin Ramgoolam, Gaëtan Duval attendit jusqu'à pratiquement la veille de la Nomination Day qu'elle soit respectée. Quand enfin il se rendit compte qu'il avait été "mardayé" par son allié aux élections de 1991, Duval constitua, à la onzième heure, le Parti Gaëtan Duval et fit poser sous sa bannière ses amis, ses connaissances et mêmes certains de ses clients aux élections de décembre 1995. Ouvrons une parenthèse pour rappeler à ceux qui ne le sauraient pas qu'en 1995 Gaëtan Duval avait perdu légalement le droit d'utiliser le nom, la couleur et l'emblème du PMSD au profit de son fils Xavier Luc qui lui avait fait un procès. Ce qui avait valu au fils le nom de "voleur coq so papi". Ce même papi dont il se réclame aujourd'hui avec une tonitruante fierté. Fermeture de la parenthèse sur la basse cour.

Revenons à la déclaration de Navin Ramgoolam, faite par intermédiaires interposés, sur son intention de ne conclure aucune alliance pour les élections de 2010. La question est de savoir ce qui l'empêcherait de faire à Bérenger ce qu'il a naguère fait à Duval. D'autant plus qu'il a toujours dit que Duval était son ami alors qu'il n'a jamais caché son intention de "finir" le MMM et son leader. On me dira que Navin Ramgoolam a changé. J'ai de la difficulté à le croire. Tout comme je ne crois pas dans les promesses des hommes politiques qui, comme les engagements pris lors des campagnes électorales, n'engagent que ceux à qui on les fait.Pas ceux qui les font.




Pris sur le vif

Immobilier
Jean-Claude Antoine


- Allo… Ah ou sa, Mwasi… lotte jour même mo tipé dire longtemps pas gagne nouvelle Mawsi…

- … si to envi gagne mo nouvelle mo tifi, you just have to Rajesh ?

- To Rajesh ?

- You don't know the stupid joke ki to stupid cousin fine faire lors moi ?

- Non, ki joke sa ?

- To kone sa santé ki dire I just call to say I love you la…

- I just call ?

- Sa meme…. Ti koné ki to cousin dire… soi disant ki mo ti croire santé la dire Rajesh call !!! To capav croire to même ! "Your cousin is like his father : a stupid guy I tell you " !!! ene joke pou faire lor sa mama sa ? Respect népli énan mo dire toi. But tell me si to envi gagne mo nouvelle the best thing to do is to give me a phone call…

- … aio Mawsi, mo pas call ou parski mo peur pou déranze ou dans ou business… ou bien dans ou shopping…

- … shopping ? Sa népli faire ici, sa… now you go to buy only things you need at the shop… magasin népli kapav met néné... you can't imagine ki manière lavi népli kouma avant avec sa faye economic crisis la…

- … Aio Mawsi, Maurice ici meme zafer, mo dire ou… népli koné ki manier pou roule la cuisine, mo dire ou… chaque fois mo alle faire commission mo manqué gagne attaque quand mo ouvert mo porte monnaie… pas facile, mo dire ou…

- Ici plis terrible encore… and you know what is now the level of the pound sterling !!! … quand mo pensé ki bonhomme fine garde casse la case pou pas paye taxe la banque mo envi assizé mo ploré… mo la monnaie fine fone mo dire toi… nou pres pou revine misère kouma kan nou ti dans Maurice… mo croire it's time to come back…

- Pas dire moi… ou pé envi rétourne Maurice…

- I am thinking seriously about it… mo pankor dire bonhomme narien… de toutes les façons vaut dire pas dimane refléchi … akoz sa mem li fine garde pound sterling dans lakaz… kan po pense sa mo envi arrache mo sévé mo dire toi…

- Aio Mawsi, arrête pense sa… seki fine arrivé fini arrivé, ou pas pou capave sanze narien… sirment ti marké dans ou destin sa… ou kone sa kozé ki dire seki ou perdi lors la terre ou pou gagne li double la haut…

- Mé ki mo pou faire avec bane pound sterling quand mo pou mort… I need them know… nou arrête kot sa kozé pour mo tension napa monté… I am thinking seriously pou retourne Maurice, you know. La vie ici népli kouma avant, tout fine vine cher, tout pé augmenté… sa même mo pé téléphone toi… to pas kone ene bon tilakaz pas trop cher dans Sodnac à vendre ?

- Mais ou lakaz dans morcellement la ?

- Mo fine loué li avec sa bane cabris L'Inde for a long period… pas pou kapav casse contrat are zotte sinon mo pou perdi quite a big amount of money… non si mo retourné mo pou bizin asté enn ti lakaz pou mo resté...

-... Mais ou nek éna pou alle reste are ou garçon… éna mari place dans sa grand lakaz la : ou nek énan pou reste en bas, li ek so madam zot va resté lor l'étage…

- … alle reste dans même lakaz ki sa fam ki mo garçon pas fine alle marié la ? No way. Never.

- Bon, mon napa pou rentre dans zafer entre belle mere ek belle fille. Mo pou al rode en bon ti lakaz pou ou…

- … pas trop grand, hein… with a good living din ing, one well equipped kitchen, two or three bedrooms and a little garden. Komié kapave coûté ene ti lakaz koumsa now ?

- Mo croire ou kapav trouve ene dans les 5 ou 7...

- 500 000 ou 700,000 rupees that quite good….

- … Mawsi… pas mille… millions…

- What do you mean by pas mille, millions ?

- Mo pé dire ou ki prix lakaz la li pou entre 5 et 7 millions.

- Kiété… 5 ou 7 millions…. Mo tifi !!! On dirait ki ban prix lakaz dans Maurice plis cher ki ici. Bapre bap si li kumsa mo préfére stay in London même. Li pou coûte moi moins cher...





o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009