f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009



  Admis depuis le 22 mai - Un patient disparaît de l'hôpital Jeetoo depuis une semaine sans laisser de traces
  Crimes sanglants - Sunil Nosib/Gérald Auguste : Etranges similitudes!
  En cour intermédiaire - Acquittement des quatre officiers poursuivis dans l'affaire Ramlugon
  Disparition - Koosraj Koravenciah retrouvé à l'hôpital SSRN hier
  Infanticide à Vacoas - Lorna Saminaden (deux mois) avait été référé à la CPU il y a deux semaines
  Pendant les heures de classe vendredi - Un étudiant de 14 ans retrouvé ivre et grièvement blessé
  A Pailles en fin d'après-midi d'hier - Un camion-remorque se renverse


Admis depuis le 22 mai

Un patient disparaît de l'hôpital Jeetoo depuis une semaine sans laisser de traces

L'affaire est des plus graves et mérite qu'on s'y attarde. Clément Abdullah, 54 ans, de Pailles, qui souffre de la maladie d'Alzheimer, a disparu de l'hôpital Dr Jeetoo, Port-Louis, dimanche, alors qu'il y avait été admis depuis le vendredi 22 mai. C'est en se rendant à l'hôpital, aux heures de visite, dimanche dernier (24 mai) que sa mère, Edmée Abdullah, 80 ans, ainsi que l'épouse et les enfants du disparu ont fait ce constat effarant. Sur le moment, raconte Edmée Abdallah à Week-End, les infirmiers de la salle B7 dans laquelle se trouvaient le patient, leur ont fait ressortir que "person napa finn trouv li sorti". En dépit de l'insistance de la famille Abdallah, ce n'est que deux jours après sa disparition (le mardi 26 mai) qu'un infirmier de ladite salle a officiellement consigné une déposition en ce sens au Police Post de l'hôpital. Vendredi, Week-End a longuement interrogé Edmée Abdullah, qui était venue se plaindre aux Casernes centrales de ce "je-m'en-foutisme" de l'hôpital concernant cette disparition choquante mais aussi pour y chercher de l'aide.

Lorsque Week-End a rencontré Mme Abdullah, cette dernière, écrasée par le poids de ses 80 ans, disait qu'elle ne savait plus à quel saint se vouer. Cela faisait pratiquement six jours depuis que son fils avait disparu de l'hôpital et elle ne savait plus quoi faire pour que les autorités, à savoir la police et l'hôpital, réagisse. "Mo garson ine disparet depi tou sa zour la. Oken recherche napa pe fer. Mo finn vinn dan Caserne zordi pu seye gueter si napa kapav koz sa zafer-là dan lagazet ek dan television", nous a-t-elle déclaré d'emblée, une voix essouflée. En dépit de son âge avancé, Mme Abdullah est déterminée. "Si personne napa pu fer narien, mo pu continier fer tou demars ki bizin fer, alle tous stations lapolis ki dan rezion Port-Louis pu koz sa zafer-là. Au moins enn dimunn ava bizin ekout mwa", ajoute-t-elle. Depuis la disparition de son Clément, elle nous affirme avoir passé en revue les gares routières de la capitale et tous les arrêts d'autobus se trouvant entre Port-Louis et Pailles, dans l'espoir que son fils a pu avoir la lucidité de retrouver le chemin de la maison. Mais elle n'y croit guère, dans la mesure où Clément souffre de la maladie d'Alzheimer depuis quatre ans, après avoir effectué une grave chute qui l'a blessé à la tête.

Clément Abdullah ne travaille plus depuis cette horrible chute. Ses facultés mentales et physiques s'en sont ressenties depuis. Et la semaine dernière, plus précisément le vendredi 22 mai, alors qu'il était en proie à une de ses crises qu'il a fréquemment en ce moment-ci, il s'est ouvert le bras des suites d'une chute d'une certaine hauteur. Mandé sur les lieux, le Service d'Aide Médical d'Urgence (SAMU) a transporté Clément Abdullah à l'hôpital Dr Jeetoo, où il devait être admis. Jusque-là, tout va bien. Mais deux jours après son admission, tout tourne au cauchemar. La famille Abdullah constate la disparition de Clément le dimanche 24 et notifie le Police Post de cette disparition. Ils ne croient pas leurs oreilles lorsque le policier qui s'y trouvait alors leur aurait sorti: "Ena dimunn aler vini tou le zour ici. Li pu retourner".

Voyant, de son côté, que l'hôpital ne comptait pas faire grand cas de cette affaire, la famille Abdullah ne s'épargne, elle, aucun effort. Ils décident de se rendre au poste de police de Pailles, près de leur domicile, pour rapporter le cas. Sur place cette fois, on leur aurait dit en ces termes: "Dir dan ou lenket ki line perdi dan lakaz mem. Pa bizin met lopital ladan". Edmée Abdullah est outrée : "Je suis une garde-malade de profession. Je n'ai jamais vu autant de manque de sérieux et de professionalisme, que ce soit à l'hôpital, au Police Post de l'hôpital, ou au poste de police de Pailles ce jour-là. C'est choquant qu'on fasse autant peu cas de gens qui souffrent. Je n'ai jamais vu autant de manque d'humanité de ma vie", fait-elle ressortir, les larmes aux yeux.

Unsound mind

Ce n'est que le mardi 26 que le Nursing Officer Buskatowa, 27 ans, consigne une déposition au Police Post de l'hôpital, à 16h35 précises, faisant état de cette mystérieuse disparition. Selon cette déposition, Clément Abdullah, qui mesure 1,70 m portait, au moment de sa disparition, un pantalon blanc pour tout vêtement et qu'il était "of unsound mind". Les recherches menées par la famille Abdullah ne donnent rien. La police, elle, met sa machinerie en branle après avoir reçu la déposition du Nursing Attendant. Or, deux jours se sont écoulés entre le constat de la disparition, et le reporting of the case to the police par les autorités de l'hôpital. En quarante-huit heures, dieu seul sait ce qu'il a pu advenir de Clément Abdullah.

Edmée Abdullah, elle, éprouve les pires appréhensions concernant son fils. "Il est malade, a un estomac fragile et a besoin de s'alimenter convenablement. Je souhaite de tout coeur qu'il ne lui est rien arrivé de mauvais", dit-elle. Elle estime que l'hôpital Jeetoo devrait être poursuivie pour son "incompétence", qu'elle qualifie de "choquante". "Malade perdi dan lopital. Zot napa pran kont. Humain inn vinn kuma dir zanimo pu zot. Eski zot realiser ki zot payer par l'état?", clame-t-elle. Après son passage aux Casernes centrales vendredi, Edmée Abdullah est repartie avec le coeur un peu plus léger, dans la mesure où elle devait recevoir la garantie du sergent Lindsay Mirthil que cette affaire sera traitée avec tout le sérieux voulu que la police ne s'épargnera aucun effort en ce qu'il s'agit des recherches. Ce dernier a, du reste, été consterné par le fait qu'une femme de cet âge se soit dérangé aux Casernes centrales: "C'est une histoire choquante", a-t-il dit.

Il était impossble, à hier, d'avoir une version des faits du ministère de la Santé concernant cette troublante disparition.


Crimes sanglants

Sunil Nosib/Gérald Auguste : Etranges similitudes!

La disparition de Sunil Nosib, que Week-End évoquait dans sa livraison de dimanche dernier, s'est avérée être un crime des plus odieux qui soit. A l'heure où ses parents consignaient, samedi matin, une déposition pour Missing Person au poste de Police de Sodnac, il était déjà mort, après avoir été torturé pour qu'il remette à ses agresseurs ses cartes bancaires et ses Personal Identification Number (PIN) Code. Les circonstances entourant le crime crapuleux de Sunil Nosib rappelle étrangement celui de Gérald Auguste, un employé de la Mauritius Commercial Bank (MCB), qui avait été sauvagement tué dans les mêmes circonstances et pour les mêmes raisons en octobre 2004. Les enquêteurs, qui, du reste, ont eux-mêmes retracé ces similarités, pourraient interroger l'un des suspects arrêtés dans l'affaire Nosib, en marge de ce crime de 2004, qui avait également choqué le pays tout entier. Le Modus Operandi des criminels, dans les deux cas, sont pratiquement les mêmes, à savoir faire partie du cercle intime de la victime, puis s'arranger à les torturer pour leur faire dire leur code PIN. C'est du reste, grâce aux caméras de surveillance des ATM que les suspects dans l'affaire Nosib ont pu être coffrés.

Des retraits bancaires de Rs 15 000 ponctionnés du compte en banque de Sunil Nosib, Rs 18 000 retirés de celui de Gérald Auguste en 2004. Tel est le premier point commun entre les deux affaires. Autre point commun entre les deux cas: les suspects avaient gagné la confiance de leurs victimes et/ou faisaient partie de leur cercle intime. Les deux hommes ont perdu leur vie à cause de l'argent, ou plutôt de l'appât du gain de leurs meurtriers. Ces derniers n'ont pas hésité une seule seconde à ôter des vies humaines pour assouvir leur soif de l'argent. C'est ce retrait effectué d'une succursale de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) dans la soirée du vendredi 22 mai dernier, et une tentative infructueuse d'en faire de même à un ATM de Bank One qui ont permis aux enquêteurs de la Central CID et de la Major Crime Investigation Team (MCIT) de Curepipe de tirer la disparition de Sunil Nosib au clair, et d'arriver à la conclusion macabre de cette affaire. C'est à partir des enregistrements des caméras de surveillance de ces ATM que des éléments de la MCIT de Curepipe et de la CID de Quatre-Bornes, menés par l'inspecteur Munowa et le sergent Bhurosah, ont ainsi procédé à l'arrestation d'un premier suspect, Kumar Gowrydoss, 33 ans, électricien habitant la route Vingta N°1, Solférino. Ce dernier devait alors balancer à la police le nom de son complice, Murugan Goindanappa, 30 ans, de Hollyrood N° 1, Vacoas.

C'est Gowrydoss qui devait conduire les enquêteurs sur les lieux du crime à La Brasserie. Il devait indiquer qu'ils avaient agressé mortellement le directeur du Musée de Mahébourg dans une serre d'anthuriums hors d'usage avant d'abandonner la victime dans une chambre à l'étage d'un chalet désaffecté sis à la route Royale à La Brasserie. Cet endroit, isolé à souhait, était idéal pour les meurtriers, dans la mesure qu'il aurait été difficile pour le directeur du Musée de se faire entendre. Sunil Nosib fut découvert gisant dans une mare de sang et était en partie dépouillé de ses vêtements. L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO) devait établir que l'ancien directeur du Musée avait été tué d'un coup de poignard au cœur dans cette même soirée du vendredi 22 mai, après avoir été torturé. Selon les indices décelés par le Dr Boolell lors de l'examen post mortem, Sunil Nosib avait été ligoté et roué de coups pendant un moment avant d'être libéré. Puis après avoir remis à ses agresseurs ses PIN Codes, il a été lardé de coups de poignard, avant d'en recevoir un, fatal celui-là, au coeur. Ceci afin qu'il ne dénonce pas ses agresseurs. Une coupure à la main, ainsi que d'autres blessures montrent que Sunil Nosib a essayé de se défendre, mais en vain.

Par autobus

Lors de la première phase de l'interrogatoire des deux suspects, sous la supervision du n° 1 de la MCIT, Yusuf Soopun, Kumar Gowrydoss a confirmé que dès la sortie du travail du directeur du Musée de Mahébourg vendredi, il s'était retrouvé en compagnie des deux suspects, qui étaient venus, par autobus, l'attendre à la sortie du musée. Les trois hommes auraient fait le trajet Mahébourg/La Brasserie à bord de la voiture à bord de la voiture de Sunil Nosib, immatriculée 3219. Et de là les suspects ont mis le cap sur La Brasserie, pour ce que Sunil Nosib pensait être une soirée tranquille entre amis. Mais il n'avait à aucun moment réalisé que ce traquenard avait été fomenté pour le dépouiller et le tuer. Après le meurtre, les suspects ont circulé dans sa voiture avant de l'abandonner à Solférino dimanche.

Les enquêteurs de la CID de Quatre-Bornes, dont faisait partie le surintendant Yousouf Soopun en 2004 et ceux de la MCIT, avaient travaillent d'arrache-pied, à partir du lundi 18 octobre 2004 sur le meurtre crapuleux de Gérald Auguste, 33 ans. Celui-ci avait été retrouvé mort, ligoté et baillonné, en son domicile de Quatre-Bornes. Un retrait de Rs 18 000 avait été effectué de son compte bancaire de la victime à 18h06, soit environ une heure avant sa mort. Gérald Auguste, pieux et serviable, a ensuite été tué, lui-aussi, pour qu'il ne puisse pas dénoncer ses voleurs. Les enquêteurs avaient eu rapidement la certitude que ce n'est pas Gérald Auguste qui avait effectué ce retrait puisque la fameuse carte, de même que l'argent s'étaient ensuite volatilisés, tout comme son téléphone cellulaire. En fonction du Time Line établi par les enquêteurs concernant la journée du 17 octobre 2004 de Gérald Auguste les dernières heures de sa mort, ce dernier serait rentré chez lui à pied, vers 16h après avoir lavé sa voiture, qui se trouvait garée à l'avenue Giraud, chez sa mère. C'est au moment de rentrer chez lui qu'il aurait constaté que des tierces personnes s'étaient introduites dans sa maison. Le même jour, aux alentours de 11h45, Gérald Auguste s'était rendu chez Mme Carmen Baya, une sexagénaire, enseignante à la retraite, avec qui, il s'était lié d'amitié depuis belle lurette. Après avoir pris congé de Mme Baya, Gérald Auguste a été déjeuné chez sa mère, comme c'était le cas tous les dimanches. C'est en ne le voyant pas arriver pour le dîner que les proches ont commencé à s'inquiéter. Ses proches se sont rendus à son domicile aux alentours de 19h pour voir de quoi il en retournait.

La radio jouait fort et les lumières de la maison étaient allumées. Mais puisqu'il semblait être là, ses proches ne se sont pas faits plus de soucis. Pour les enquêteurs, ce sont les meurtriers de Gérald Auguste qui ont fait en sorte que les décibels de la radio soient suffisamment forts afin de masquer les cris de leur victime alors qu'ils le torturaient. Les proches du défunt, qui s'étaient rendus sur place vers 19h, étaient loin de se douter qu'un drame se jouait au même moment dans ladite maison. Lorsque les proches reviennent, vers 20h, la maison est toujours allumée. Une musique en émane: elle est moins forte qu'à 19h. Ces proches se disent alors qu'il a dû sortir, puisque personne ne leur répond quand ils frappent à la porte. Autre élément non-négligeable de l'enquête policière: à 5h30 du matin, lundi, une sonnerie de téléphone retentit chez la mère de Gérald Auguste. Le numéro de portable de Gérald s'affiche sur l'écran Indis.

Au bout du fil, une voix masculine, prétendant être un ami de Gérald, demande à la mère de ce dernier de ne pas s'inquiéter. Il est avec des amis à Flic-en-Flac. Cet appel des plus intrigants ne fait qu'accentuer les craintes des proches de Gérald Auguste. C'est dans la mâtinée du lundi 18 que ses proches décident de faire appel à la police puisqu'en dépit de leurs multiples tentatives, ils n'arrivent pas à parler à Gérald. En présence des proches de la victime, la porte de la maison du caissier de banque est enfoncée. C'est là qu'ils découvrent l'horreur dans la salle de bains. Il avait les mains attachées derrière le dos, de même que ses pieds, tandis que son cou était relié à ses pieds par une autre corde. Dans le but de ligoter solidement la victime, les assassins n'ont pas fait dans la dentelle. Cordes, câble électrique, fil de téléphone, câble d'antenne de télévision ont été utilisées, afin de s'assurer que leur victime ne peut pas s'échapper.

Asphyxie par strangulation

Cet assemblage hétéroclite avait été soigneusement noué autour du vase des W.C. Autre précaution prise par les meurtriers pour que la victime ne puisse, à aucun moment, crier pour ameuter le voisinage. Une petite serviette avait été placée dans sa bouche, qui devait ensuite être recouverte de straps, de sparadrap et de bande adhésive. Sans oublier la radio qui jouait à pleins décibels. Lorsque la victime a été découverte, elle était ensevelie sous des vêtements lui appartenant. Il avait été aspergé d'une mixture d'essence, de pétrole et de mazout. L'autopsie effectuée par le Dr Satish Boolell, alors Senior Police Medical Officer (SPMO), avait attribué le décès de Gérald Auguste à l'asphyxie par strangulation. La mort de Gérald Auguste se situerait entre 19h et 20h dimanche soir. Si aucune trace de blessure majeure n'avait été décelée sur le corps de la victime, par contre, Gérald Auguste avait reçu plusieurs coups violents à la tête. Tout comme Sunil Nosib, le cercle d'amis de Gérald Auguste, était composé d'un certain nombre de homosexuels. Et c'est justement en cherchant dans le cercle d'amis de Gérald Auguste, ainsi qu'en essayant de retracer son portable que deux suspects, à savoir Manoj Boodhoo et Subiraj Conhye avaient été arrêtés. Des tests ADN avaient été effectués afin d'essayer d'obtenir des preuves concrètes contre eux. Voilà que cinq ans après, le dossier Gérald Auguste se pourrait être relancé. La police appréhende également que certains criminels ne tentent d'infiltrer certains groupes précis, sachant que ces personnes ont de l'argent.

Il est également à noter que le meurtre du Dr Yousouf Bahemia, commis dans son bureau à Rose-Hill l'année dernière, a, comme ces deux cas précis, la particularité d'être un "ATM Murder case".


En cour intermédiaire

Acquittement des quatre officiers poursuivis dans l'affaire Ramlugon

La force policière, dont l'image ne cessait ces dernières années d'être sérieusement dégradée par des faits avérés de brutalités policières - comme le confirmaient d'ailleurs les rapports annuels successifs de la Commission nationale des Droits de l'Homme - peut pousser cette fois un ouf de soulagement. Selon le verdict prononcé par la cour intermédiaire vendredi après-midi, les quatre officiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), en l'occurrence le sergent Vissiraj Jugdawoo, le caporal Rashid Madardux et les constables Kinsley Potié et Evans Levasseur n'ont été pour rien dans la mort de Rajesh Ramgulon, le suspect qui était sous leur responsabilité dans le cadre de l'enquête relative au double meurtre d'Indira et Geeta Jhurry commis à Lallmatie, le 5 janvier 2006.

Shameen Hamuth-Laulloo et Jane Lau Yuk Poon, les deux magistrates qui ont entendu le procès intenté à ces quatre officiers par le ministère public sous des charges "d'abus d'autorité" et de "complot", ont soumis un jugement comprenant deux dizaines de pages. Mais, selon elles, l'élément déterminant qui disculpe complètement les accusés demeure qu'à aucun moment le détenu Rajesh Ramlugon "n'a fait aucune plainte relative à un quelconque acte de brutalité sur sa personne durant sa détention". Qui plus est, toujours selon les deux magistrates, "les accusés ne pouvaient faire abus d'une autorité dont ils ne disposaient pas".

Mais, malgré ce jugement favorable aux quatre officiers de police, des questions restent posées… La mort de Rajesh Ramlogun avait, rappelons-le, fait grand bruit dès les premiers jours de l'année 2006. Et pour cause, déjà lourdement suspectée de recourir à la torture de détenus pour atteindre des résultats, les limiers de la MCIT, alors sous la férule l'atypique surintendant Prem Raddhoa, furent très vite montrés du doigt. D'autant plus que le détenu Ramlugon avait été arrêté en bonne santé chez lui, à Lallmatie, deux jours avant, à la suite d'un double crime crapuleux dont les deux victimes étaient ses proches.

Dans le cadre de ce crime, c'est Avinash Ramgutee, un étudiant de l'université de Maurice et neveu des deux victimes, que la police considère encore déjà comme le principal suspect. Rajesh Ramlugon n'était lui considéré que comme une personne susceptible d'aider à faire avancer l'enquête parce que les limiers avaient jugé contradictoires des versions qu'il avait données au sujet de ce crime.

Avinash Ramgutee répond depuis le 9 décembre dernier d'une accusation de double meurtre et plaide non-coupable. En attendant, la justice a eu à tirer au clair le rôle qu'avaient joué les quatre officiers précités de la MCIT dans la mort de Rajesh Ramlugon alors que ce dernier était entre leurs mains juste avant d'être admis à l'hôpital Jeetoo. Ce détenu avait été arrêté le jeudi 12 janvier, gardé en détention, interrogé dans l'après-midi du vendredi 13, transféré durant la nuit au centre de détention d'Alcatraz, situé dans l'enceinte des Casernes Centrales, admis ensuite à l'hôpital le lendemain, le samedi 14, et est décédé durant la journée après avoir effectué un scan. Selon ses médecins soignants, son visage était bouffi. C'était parce qu'il buvait trop avaient répliqué les enquêteurs de la police après une incursion dans son passé.

Au début de cette affaire de mort en détention, le directeur des poursuites publiques d'alors, Abdurrafeek Hamuth adopta la ligne dure, rejeta les explications données par les responsables de la MCIT et repoussa même des recommandations du Central CID qui prônaient, à ce moment-là, des charges réduites de meurtre à l'encontre des officiers de la MCIT incriminés. C'est ainsi que ce fut non-pas quatre officiers de la MCIT mais bien sept qui furent initialement poursuivis lors de l'enquête judiciaire préliminaire. Les trois autres accusés furent les constables Homadeven Manaroo - contre lequel une plus lourde accusation d'assassinat (murder) fut initialement envisagée -, Lutchmun et Arnasala.

Le DPP changea la nature des charges à plusieurs reprises : d'abord assassinat, ensuite meurtre, ensuite coups et blessures et opta finalement pour celle de "abus d'autorité" et "complot". À un moment donné, le cas du constable Manaroo fut jugé des plus délicats parce que ses explications n'arrivaient pas à convaincre. Le constable Manaroo avait été responsable de l'équipe qui avait escorté le détenu Rajesh Ramlugon à l'intérieur des Casernes Centrales, soit des bureaux de la MCIT jusqu'au centre de détention d'Alcatraz.

L'officier de service au Centre d'Alcatraz avait consigné dans son Dairy Book à 22h58, le vendredi 13 janvier, que Rajesh Ramlugon "portait des traces de blessures au visage". Dans son rapport, la Commission nationale des Droits de l'Homme - instance qui fut saisie par l'épouse de Ramlugon - souligna que le constable Manaroo "made an entry in the MCIT Dairy Book that Ramlogun bore no visible mark of violence." "At the Line Barracks Detention Centre (LBDC), PC Manaroo countersigned the entry made by the LBDC to the effect that Ramlugon bore red marks an a scratch at his left cheek. Did Ramlugon sustain injuries between 22.15 and 22.58 hours on Thursday 12 Junuary 2006 ? PC Manaroo's explanations about the entries he made at the MCIT and signed at Line Barracks Detention Centre are far from satisfactory".

Toujours est-t-il que, par la suite, le bureau du DPP abandonna toute accusation contre les constables Manaroo, Lutchmun et Arnasala. Ces derniers ne seront pas non plus inclus dans la liste des témoins devant êtres auditionnés durant le procès. Une démarche de dernière heure de la part de l'avocat de la poursuite, Me. Rashid Ahmine, visant à convoquer Manaroo comme témoin a été farouchement combattue par les avocats des officiers Jugdawoo et autres et ces derniers ont obtenu gain de cause. La cour a effectivement tranché que l'inclusion du constable Manaroo comme témoin "à ce stade du procès serait préjudiciable aux accusés".


Quelques questions d'un citoyen ordinaire

Le jugement de la cour intermédiaire étant maintenant rendu en faveur des quatre officiers de la MCIT, le bureau du Directeur des poursuites publiques dispose d'un court délai pour faire appel. À ce stade, il n'y a aucune indication de ce que compte faire le DPP. Néanmoins, pour le citoyen lambda, quelques interrogations demeurent. Certains esprits critiques se demandent si le détenu Ramlugon, probablement très peu versé en matière de droit, pouvait avoir le temps, entre son arrestation et son décès, pour porter plainte contre une quelconque brutalité policière ? D'autant plus que ce ne fut que le samedi 14 janvier que son épouse, Bindu Ramlugon, a pu retenir les services d'un homme de loi, et ce après qu'elle eut appris que son mari a été admis dans le coma à l'hôpital ? Et, qu'à l'hôpital ni l'homme de loi retenu, Me. Viredra Ramchurn, ni Bindu Ramlugon n'avaient eu l'autorisation des médecins pour accéder à un Rajesh Ramlugon dans un état comateux ? Il y a également la nécessité de savoir auprès de quelle instance, même en étant en pleine possession de ses moyens, Rajesh Ramlugon aurait pu porter plainte ? Il était en détention au centre de détention d'Alcatraz tandis que le Police Complaints Bureau se trouve… à Rose-Hill.

Il se pose aussi la question de savoir si Mme. Bindu Ramlugon aura à rembourser les 7 millions de roupies d'indemnités que sa famille a obtenu, par consensus, de l'État après avoir retiré un procès qu'elle avait intenté à ce dernier pour n'avoir pas su garantir l'intégrité physique de son époux alors que celui - ci était en détention policière ? Selon l'avocat de la famille Ramlugon, Me. Virendra Ramchurn, " il ne saurait être question de remboursement quelconque parce que l'affaire n'est pas la question de la cause de la mort de Rajesh Ramlugon, mais bien des droits constitutionnels de ce dernier d'être protégé par la police qui le détenait sous sa garde".


Disparition

Koosraj Koravenciah retrouvé à l'hôpital SSRN hier

Suicide, disparition ou kidnapping? Les rumeurs et les hypothèses les plus diverses couraient depuis jeudi quand à la disparition de Koosraj Koravenciah, 45 ans, dont la voiture avait été retrouvée jeudi matin non-loin du pont Colville-Deverell, avec une note de suicide à l'intérieur. L'inquiétude de ses proches de Koosraj Koravenciah ont pris fin hier, car celui-ci a été retrouvé par la police de Moka à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses. Il a été hospitalisé vendredi après avoir été récupéré à Solitude par une équipe de l'agence de sécurité Brinks. Il semblait souffrir de troubles et avait des blessures au cou.

Nantis de cette information à l'effet que le disparu se trouvait à l'hôpital du Nord, une équipe de policiers de Moka se sont rendus sur place hier matin et a effectivement constaté que Koosraj Koravenciah avait sa carte d'identité sur lui. La police a obtenu une confirmation que c'était bien le disparu en sollicitant sa famille pour les besoins de son identification.

Compte tenu de l'état de Koosraj Koravenciah, il n'avait pas encore été interrogé, à hier, par la police, quant à ses tribulations. Il devra aussi être examiné, dans les jours qui viennent, par un Police Medical Officer (PMO) pour les besoins de l'enquête.

Koosraj Koravenciah, qui habite la rue Charles Cheron, à Eau-Coulée, est introuvable depuis mercredi après-midi. Il avait quitté son domicile vers 7h30 ce jour-là afin de conduire sa fille au collège Queen Elizabeth, pour ensuite se rendre à un centre de réhabilitation pour jeunes délinquants, sis à Forest-Side. Koosraj Koravenciah est Senior Probation Officer de profession. Après son travail, il était supposé se rendre à Chemin-Grenier, afin d'y rendre visite à sa mère, mais il n'y s'est jamais rendu.

D'autre part, la police a lancé, cette semaine des avis de recherche concernant deux autres personnes, à savoir, Mme Renu Madia, alias Baba, âgée de 43 ans et habitant cité Roches-Bois. Cette dernière est portée manquante depuis le 23 avril dernier. Elle mesure 1m75, est de teint brun, a les cheveux courts et portait une blouse rose et une jupe à fleurs. Ashley Mooneesawmy, 46 ans, est quant à lui porté manquant depuis le 22 avril dernier. Il habite route Royale, Candos. Il est mince, mesure environ 1m70, a les cheveux noirs et les yeux marrons. Il portait un pantalon noir, un blouson de la même couleur et des chaussures vertes la dernière fois qu'il a été vu. Ils sont tous deux sain d'esprit. Tout renseignement à leur sujet devrait être communiqué au poste de police le plus proche ou à l'Information Room de la police au 999, au 208 0034, ou au 208 0035.


Infanticide à Vacoas

Lorna Saminaden (deux mois) avait été référé à la CPU il y a deux semaines

Le décès de la petite Lorna Saminaden impose des enquêtes policière et médicale en profondeur. C'est ce que Week-End est en mesure de dire. Déjà, il y a deux semaines, le bébé - qui a été maltraité à mort dans la nuit de lundi dernier - avait été conduit à l'hôpital Victoria, Candos, et une hémorragie à un œil avait été décelé. De source médicale autorisée, Week-End a appris que, déjà, il était clair que le bébé était maltraité, et avait été référé à au Moka Eye Hospital (MEH) et à la Child Protection Unit (CPU) pour une enquête sociale en profondeur sur le cas en question. Mais il est trop tard. Lorna a été brutalisée à mort lundi soir par son père, Gassen Saminaden, un maçon de 23 ans.

Selon la version de ce dernier aux enquêteurs de la Criminal Investigation Division (CID) de Vacoas, il souffrait de sinusite et depuis deux mois, les pleurs constants du bébé l'empêchaient de dormair. Dans la soirée de lundi, il l'a violemment projeté afin qu'elle cesse de pleurer. Résultat: Lorna s'est tue à jamais. Lorsque le petit corps inanimé de Lorna a été découvert par ses parents, ces derniers l'ont conduite à l'hôpital dans un premier temps, afin d'obtenir un acte de décès. A l'hôpital, cette demande des parents s'est heurtée à une fin de non-recevoir et les parents ont été recommandés d'aller chez un médecin privé pour obtenir cet acte. Les parents se rendent alors chez un pédiatre, qui constate que le bébé est mort. Lui, remettra une note aux parents, dans laquelle il déclare ne pouvoir délivrer un acte de décès, et que les parents doivent se rendre de nouveau à l'hôpital pour une autopsie.

C'est là que le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO), entre en scène. Dans un premier temps, il recommande une radiographie complète du corps. Celle-ci révèle que Lorna souffre d'une fracture du fémur, et d'une autre d'une côte. Le père lui aura tordu le fémur jusqu'à ce qu'il la lui casse. Chose pratiquement impossible chez un bébé à moins de subir de violentes maltraitances, et ce à répétition. A l'autopsie, il établit que Lorna est morte d'une hémoragie sub-durale, souffre d'un Shaken Baby Syndrome, ainsi que de multiples blessures au ventre, et porte de nombreuses hématomes à la tête.

Dans les milieux des enquêteurs, l'on soutient que si ce cas de maltraitance avait été pris à temps par les autorités, il aurait pu avoir été évité.


Pendant les heures de classe vendredi

Un étudiant de 14 ans retrouvé ivre et grièvement blessé

Un étudiant d'un collège d'état de la région de Port-Louis nord, âgé de 14 ans, a été retrouvé aux alentours de 12h30 vendredi après-midi, gisant sur l'asphalte à Baptiste Lane, Terre-Rouge. Il était inconscient, en état d'ébriété avancée, et portait des blessures à la tête. La police l'a conduit à l'hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam, Terre-Rouge, où il a été admis. Son état inspire de vives inquiétudes.

Selon la teneur de l'enquête policière, menée par la police de Terre-Rouge, l'étudiant avait séché les cours en compagnie de cinq autres amis, âgés entre 13 et 15 ans, qui se trouvaient sur les lieux lorsque la police est arrivée. Ces étudiants, qui étaient tous en uniforme, étaient également sous influence de l'alcool. Une enquête policière est menée sur toute cette affaire. Leurs parents ont été mis au courant de cette affaire.

L'on se souviendra qu'un étudiant du John Kennedy College (JKC), Akshav Krishna Ramuth, 17 ans, habitant Trèfles, est récemment décédé, des suites d'une chute effectuée mardi d'un bus de la Corporation Nationale de Transport (CNT). Il avait également séché les cours en compagnie d'amis de classe pour aller boire.

Par ailleurs, toujours vendredi, sept étudiants d'un collège de Mahébourg ont été interpellés dans un Pool House en compagnie de cinq adultes. Ils avaient aussi déserté l'école et s'étaient retrouvés à jouer au billard durant les heures de classe. Ils ont été tous verbalisés.


A Pailles en fin d'après-midi d'hier

Un camion-remorque se renverse

Un camion-remorque s'est renversé hier après-midi à la hauteur de l'échangeursur l'autoroute en direction de Petite Rivière au niveau de Pailles en face de Mauvillac , dans des circonstances qui restent à être élucidées par la police. Selon les indications de Week-End au moment de prendre la bretelle de sortie le chauffeur du camion aurait perdu le contrôle de son véhicule qui s'est renversé sur le flanc gauche. L'examen approfondi du véhicule par la police déterminera si ses freins ont lâché ou s'il s'agit d'une fausse manoeuvre du conducteur. De nombreux badauds s'étaient précipités sur les lieux mais heureusement il n'y avait aucun autre véhicule mêlé à cet accident qui a finalement fait plus de peur que de mal. Il est à noter que ce n'est pas le premier accident de ce type sur ces mêmes lieux. Week-End en avait déjà fait état l'année dernière lorsqu'un autre camion connut le même sort et avait encastré une BMW dont l'habitacle où se trouvait le chauffeur était resté intact.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009