L'AFRIQUE ET NOUS !
La semaine dernière, la République de Maurice a
célébré (?) la Journée de l'Afrique
avec ses danses inesthétiques et son exposition de masques.
Une Journée dépourvue d'actions, qui auraient dû
témoigner des richesses culturelles et historiques, quand
on n'évoque pas ce pan essentiel qui nous entraîne
inexorablement à travers l'ethnophilosophie africaine et
son Histoire universelle.Pour nos décideurs culturels,
l'Afrique est le produit du statu quo frontalier hérité
de la Conférence de Berlin qui, en 1885, esquissa le tracé
des frontières coloniales. Ce faisant, les puissances coloniales,
à savoir la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Espagne
et le Portugal, décidèrent de se "partager"
le continent noir. Du jour au lendemain de cette date, des villes
et des villages étaient morcelés. Des gens d'un
même village se retrouvaient dans des pays différents.
Plus tard, l'Allemagne de l'Est, avec la création du Mur
de Berlin, reprendra le même exercice : le Mur traversera
des cours et des maisons. Ainsi, des membres d'une même
famille se retrouveront, qui à l'Est, qui à l'Ouest.
L'absurde aura gagné, comme une revanche sur l'Histoire,
le cur même où le morcellement de l'Afrique
s'était opéré...
Est-ce que les maux qui ont frappé le continent africain,
pourrait-on dire, ont-ils trouvé leur origine dans cette
caricature néo-coloniale ? En portant notre réflexion
sur la période post-coloniale, force est de constater qu'avec
la chute du Mur de Berlin, et avec la naissance d'un nouvel ordre
mondial, une nouvelle lecture de l'Afrique s'était imposée
au monde. Mais, très vite, l'afro-pessimisme devait avoir
pignon sur rue dans des conflits qui remontent à la nuit
des temps : les conflits tribaux voire ethniques se déclenchaient
à la faveur des seigneurs de la guerre (ces fameux war-lords)
qui écument des pans entiers du territoire africain, immensément
riche de son sous-sol. Ses terres sont la convoitise de la Chine
qui achète à tour de bras, en retour, l'Empire du
Milieu fait construire des stades et des buildings pour abriter
des... Assemblées nationales locales !Si seulement nos
décideurs politiques avaient une infime notion des décisions
prises lors des Assises de l'Afrique, organisées au siège
de l'UNESCO, en présence de Solé Wolynka et de Graça
Machel, entre autres, ils auraient compris que la marche en avant
de l'humanité en Afrique est déjà programmée
par une nouvelle génération d'africanistes, qui
ont pris Gorgias à témoin, selon lequel la philosophie
est le lieu, non de la vérité mais de la vraisemblance
Nous
avons connu, parmi nos politiques, des femmes et des hommes imprégnés
de culture africaine. On ne le dira jamais assez que le plus grand
d'entre eux fut sir Seewoosagur Ramgoolam. Seewoosagur ne fut
pas un africaniste par hasard : il jeta de tout son poids pour
que Maurice accueille les sommets de l'OCAMM (l'Organisation de
la Communauté Africaine Mauricienne et Malgache) et de
l'OUA (L'Organisation de l'Unité Africaine). Mais, auparavant,
à Londres, il avait frotté du coude avec ses contemporains
africanistes : Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Milton Obote, Kenneth
Kuanda ! Nous ne pensons pas que s'il était encore parmi
nous il aurait cautionné cette insipidité organisée
autour de l'Africa Day...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 31 mai 2009
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