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Social et emploi
Rs 9,1 milliards pour les trois priorités du budget
Le budget de transition 2009 identifie trois priorités
: préserver des emplois, assurer la protection sociale
de la population et se préparer à la reprise économique.
A ce titre, relevons des dotations budgétaires de Rs 9,1
milliards concernant la mise en uvre du plan d'action pour
la préservation des emplois et dans le domaine social sur
les 18 prochains mois, dont Rs 4 milliards au seul titre de préserver
des emplois.
Les mesures budgétaires annoncées à ce chapitre
sont :
- Rs 3 milliards, dont Rs 1 Md déjà engagé
sous l'Additional Stimulus Package de décembre dernier
sous le Saving Jobs and Recovery Fund ;
- Rs 500 millions à un guichet spécial de la State
Investment Corporation pour l'acquisition des avoirs des compagnies
en détresse en vue d'améliorer leur trésorerie
;
la création du Mauritius Business Growth Scheme
pour la promotion des Petites et moyennes entreprises avec une
aide financière et technique ;
- mise sur pied d'un Emergency Export Credit Insurance Scheme
en faveur de toutes les entreprises avec une souscription de Rs
1 milliard du gouvernement jusqu'à fin 2010 ;
- une ligne de crédits pour la modernisation des équipements
des PME, avec des crédits-baux à des taux concessionnaires
- une garantie jusqu'à 30% du gouvernement ;
- des fonds additionnels de Rs 300 millions des banques en sus
des Rs 500 M disponibles pour encadrer les PME - une garantie
de l'Etat à hauteur de 50% ;
- soutien financier de Rs 300 millions à des planteurs,
fermiers, éleveurs et pêcheurs pour le financement
de divers projets ;
- une assistance aux petits planteurs exploitant une superficie
maximale de 12 arpents, avec une réduction de 20% du CESS
pour les deux prochaines récoltes, soit Rs 30 millions
par an.
- un Micro-Enterprise Financing Scheme pour des femmes
entrepreneurs - aide financière jusqu'à Rs 40 000
par tête ou Rs 400 000 pour les femmes entrepreneurs regroupées
en société ;
un Work Cum Training Scheme de Rs 300 millions susceptible
de préserver quelque 6 000 emplois, avec des possibilités
de recyclage de deux jours par semaine ;
- un budget de Rs 200 millions pour les campagnes de promotion
de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) ;
- mise sur pied d'un Hotel Reconstruction Scheme jusqu'à
décembre 2010, avec possibilité de remboursement
de la "Lower 50% of the Wage Bill" ;
- Rééchelonnement des arriérés de
bail pour les hôtels, soit de cinq ans pour les petits établissements
à compter de janvier 2011 et de trois ans pour les autres
;
suspension des "Rental Payments" pour les hôtels
sur une superficie inférieure à un hectare et de
moins de 50 chambres ;
- autorisation à des étrangers et des Mauriciens
de faire l'acquisition des chambres d'hôtels et de villas
en vue de les mettre à la disposition des opérateurs
hôteliers ;
- financement jusqu'à hauteur de Rs 5 millions pour des
économies d'énergie dans les petits et moyens hôtels
;
- des prêts en roupies pour le financement des acquisitions
immobilières sous l'IRS/RES Scheme pour des montants supérieurs
à 500 000 dollars, avec remboursements en devises étrangères
; et
- amendements à la loi autorisant les "Non-Citizens"
de faire des acquisitions résidentielles hors IRS et ERS
sans les autorisations nécessaires.
Au chapitre du "Protecting People", le budget
alloué est de Rs 2,4 milliards et les mesures comprennent
- Rs 1,5 Md pour le regroupement sous un seul organisme de l'Eradicating
Poverty Programme, le Decentralised Cooperation Programme, le
Trust Fund et la National Empowerment Foundation ;
- Rs 300 millions pour le Decentralised Cooperation Programme
;
- Rs 240 millions pour le financement de projets intégrés
dans la production d'ufs et d'horticulture ;
- Rs 450 millions pour les bénéfices sociaux ;
- Rs 1,25 milliard pour le Law and Order, avec la confirmation
du recrutement de 550 constables ;
obligation aux promoteurs de projets de construction d'une valeur
supérieure à Rs 50 millions de consacrer 1% du budget
à des efforts artistiques ;
- un budget de Rs 2 millions couvrant la période jusqu'à
décembre 2010 en vue d'encourager les artistes locaux avec
des "Grants" de Rs 50 000 pour les déplacements
à l'étranger, de Rs 150 000 au titre de la collaboration
internationale et Rs 100 000 pour le marketing ;
- construction de logements sociaux à Cité-Lumière,
Grand'Baie, selon le modèle en place à La Vallette,
Bambous ;
- dérogation aux pénalités et intérêts
sur des prêts d'un maximum de Rs 50 000 à la Banque
de Développement, avec 50% du capital "Written
Off" lors du règlement.
Le volet consacré au "Preparing for the Recovery"
nécessitera des allocations financières de Rs 2,7
milliards et les principales mesures énoncées sont
comme suit :
- un budget de Rs 190 millions pour développer les expertises
nécessaires dans la mise en uvre de l'Additional
Stimulus Package ;
- de nouveaux critères pour l'allocation des contrats en
raison des goulots d'étranglement au niveau du Central
Procurement Board, avec le plafond des contrats susceptibles d'être
alloués par les ministères passant de Rs 15 milliards
à Rs 50 Md et pour les autres corps parapublics passant
de Rs 15 millions à Rs 50 M et de Rs 50 millions à
Rs 100 M ;
- mise sur pied d'une Road Development Company, dont la mission
sera d'établir des partenariats stratégiques en
vue d'assurer la décongestion du réseau routier,
avec la construction de routes et de ponts sous l'égide
de la Land Transport Authority en devenir ;
- recrutement des experts et des ingénieurs nouvellement
formés ;
- création d'un Espace des Métiers (Permanent
Job Fair Platform) ;
- démarrage des cours d'alphabétisation et encouragement
des jeunes vers l'artisanat.
Mesures fiscales
Les banques et la téléphonie à la rescousse
Le budget de transition 2009 préconise une dizaine de mesures
fiscales en vue de soutenir les efforts pour préserver
des emplois, avec un appel à la solidarité et la
compassion envers ceux pouvant faire un effort nécessaire.
Ainsi, les banques commerciales et le secteur de la téléphonie
mobile seront appelés à la rescousse avec l'imposition
d'une "Solidarity Levy" sur les profits et les
chiffres d'affaires des entités.
Les mesures fiscales annoncées sont comme suit :
- Perception au cours des deux prochaines années financières
d'une "Solidarity Levy" de 5% sur les profits
et de 1,5% sur le chiffre d'affaires des compagnies profitables
engagées dans le secteur de la téléphonie
mobile et fixe ;
- une "Solidarity Levy" de 3,4% sur les profits
et de 1% sur les chiffres d'affaires des banques commerciales
profitables pour les deux ans à venir ;
- 2% des profits réalisés par des compagnies doivent
être consacrés à un budget consacré
à la "Corporate Social Responsibility"
pour financer des activités approuvées par le gouvernement
ou pour être transférés dans des fonds consacrés
à la lutte contre la pauvreté ;
- avec l'introduction de l'année financière civile
et une année fiscale de six mois (de juillet à décembre
2009), les contribuables auront un délai (jusqu'au 5 avril
2010) pour se mettre en règle avec le fisc ;
- le plafond pour les transactions des opérateurs du port
franc sur le marché local sera porté de 20 à
50%, avec la condition néanmoins que les profits réalisés
sur le marché local soient imposables à hauteur
de 15% ;
- la TVA sur les projets pour des programmes approuvés
par la National Empowerment Foundation sera remboursable aux ONG
;
- l'imposition de l'Excise Duty de Re 1 sur les "PET Bottles"
sera étendue sur les cannettes de boissons gazeuses ou
alcoolisées à compter du 23 mai ;
- réduction de moitié des taxes, y compris les Excise
Duties, Road Tax et autres frais d'enregistrement sur les voitures
électriques ;
- pour alléger la trésorerie des promoteurs de projets
IRS/RES, la Land Transfer Tax de 25% est payable à la signature
du contrat à condition qu'une garantie bancaire soit déposée
auprès du Registrar General et la balance payable en trois
tranches sur une période de 18 mois ;
- suspension jusqu'à décembre 2010 de la taxe additionnelle
de 5% lors des transferts fonciers avec la Land Transfer Tax de
10% réduite à 4% jusqu'à la fin de 2010 ;
- les compagnies opérant sous le régime de Category
2 Global Business Licence seront soumises à des règlements
plus rigides en termes d'informations sur le "Beneficial
Ownership" et
incorporation des micro-entreprises en vue de leur permettre de
bénéficier de certaines facilités disponibles
aux PME et avec des exemptions fiscales pour le transfert des
propriétés immobilières.
Investissements publics
Rs 27,4 milliards pour des projets d'infrastructure
L'ambition déclarée du budget 2009 consiste à
s'inscrire dans le plus ambitieux programme d'investissements
au sein du secteur public. Le vice-Premier ministre et ministre
des Finances annonce des dotations de Rs 27,4 milliards pour la
réalisation d'une panoplie de projets d'infrastructure,
dont le plus important demeure la modernisation du Sir Seewoosagur
Ramgoolam International Airport (Rs 13 milliards) ; les travaux
démarrent en septembre prochain. Nombre de ces projets
ont déjà figuré dans de précédents
budgets, dont l'Additional Stimulus Package du 20 décembre
dernier.
Le gouvernement mise également sur des projets de "Public
Private Partnership" pour un montant de Rs 126,3 milliards
au cours de ces dix prochaines années, dont le projet de
zone de coopération économique de Tianli, également
annoncé pour septembre 2009. Les autres projets identifiés
sous le PPP sont la ville nouvelle de Highlands, la ferme éolienne
de Bigara, une centrale thermique de 100 MW et un projet de développement
intégré à Rose-Hill.
Les principaux projets d'infrastructure figurant dans le budget
sont comme suit :
- le "Harbour Bridge" pour contourner les principaux
axes routiers traversant la capitale et aidant à la décongestion
de Port-Louis au coût estimé de Rs 8 milliards sur
une période de trois ans ;
- la "Ring Road", une voie alternative à
la traversée de Port-Louis au coût de Rs 6 milliards
sur une période de trois ans ;
- la "Link Road" entre Terre-Rouge/Verdun (Rs
2 milliards) ;
- la "Link Road" Verdun/Ebène (Rs 800
millions) ;
- le "Bus Rapid Transit System" (Rs 5 milliards);
- la "Bus Lane" sur l'autoroute (de Pailles au
Caudan) au coût de Rs 210 millions avec les travaux démarrant
à la mi-2010 ;
- la modernisation de l'aéroport de Plaisance (coût
de Rs 11 milliards) ;
- construction d'une nouvelle piste d'atterrissage d'urgence (Rs
2 milliards) ;
- Extension du terminal des conteneurs dans le port (des investissements
de Rs 5 milliards en 42 mois) ;
- la "East-West Connector" au coût de Rs
4 milliards ;
- un "Dual Carriageway" reliant Pamplemousses
à Grand'Baie au coût de Rs 700 millions - début
des travaux en 2010 ;
- la "Goodlands By-Pass" au coût de Rs
300 millions, avec la fin des travaux prévue pour 2010
;
- la "Triolet By-Pass" au coût de Rs 210
millions et fin des travaux l'année prochaine ;
- la troisième voie entre Phnix et Trianon au coût
de Rs 150 millions ;
- projet de Tianli, qui comprend des investissements de Rs 20
milliards ;
- réalisation du projet de Ville nouvelle à Highlands
- une enveloppe de Rs 100 milliards en dix ans et le choix imminent
du "Master Developer" ;
- et un campus universitaire pouvant accueillir quelque 8 000
étudiants, ce qui nécessite des investissements
de Rs 600 millions.
Judiciaire : réduction du délai dans les affaires
Budget (six mois) : Rs 243,9 millions
Salaires : Rs 119,8 millions
Contraintes : manque d'infrastructure, pénurie de
personnel adéquat et des délais dans la "Delivery
of Judgment"
Objectifs pour 2009 : réduire de 36 à 34 mois le
délai pour entendre un procès au niveau de la Cour
suprême ;
- de 21 à 20 mois le délai pour une affaire devant
les autres instances judiciaires ;
- réduire de dix à neuf mois la durée pour
conclure un procès au criminel devant la Cour suprême
;
- de 19 à 18 mois pour les procès au pénal
devant les autres instances judiciaires ; et
- de 12 à 11 mois pour entendre des procès en appel.
Bureau du DPP : innovation budgétaire
Budget : Rs 25 millions
Salaires : Rs 13,9 millions
Ce nouveau département dans le budget comprendra un personnel
de 54 fonctionnaires, dont la création d'un poste de Deputy
Director of Public Prosecutions avec quatre Principal State
Counsels, cinq Senior State Counsels et 17 State
Counsels.
Au cours de l'exercice financier 2008/09, le DPP avait disposé
de 88 cas devant les Assises, tout en traitant de 21 776 cas devant
les différentes instances judiciaires. Le bureau du DPP
a également émis 41 937 certificats de moralité
Les principales contraintes demeurent le manque de personnel qualifié,
la nécessité de formation pour traquer les auteurs
de crimes à col blanc et le délai dans le mouvement
des dossiers entre le bureau du DPP et la police.
Police : recrutement de 550 constables
Budget : Rs 2,4 milliards
Salaires : Rs 1,7 milliard
Constat en 2008/09 : réduction du taux de criminalité
de 5,4% en 2007 à 5,2% en 2008,
mise sur pied d'une National Policing Strategic Framework,
informatisation des services au Passport and Immigration Office
et installation d'un circuit de caméras de surveillance
à Flic-en-Flac.
Les contraintes : un nombre élevé de policiers,
soit 250 par an, partant à la retraite et le délai
pour assurer les remplacements, la nécessité d'améliorer
l'efficience de la force policière avec des outils informatiques,
dont un "Crime Occurrence Tracking System" opérant
automatiquement dans les postes de police.
Les objectifs : réduire de 5% les cas de vol au domicile,
soit à hauteur de 2 900 pour les six prochains mois ;
- accroître le taux de détection des crimes de 35%
à 37% :
- réduire le nombre de victimes d'accidents de la route
et accroître le nombre de chauffeurs pris en contravention
pour des délits for "Dangerous Driving",
soit 810 pour les six mois (moyenne de quatre par jour) ;
- déraciner au moins 18 500 plants de gandia jusqu'en décembre
prochain contre 36 500 plants détruits pour les douze derniers
mois ;
- augmenter le nombre de perquisitions pour des délits
de drogue ;
et une présence accrue au niveau de la surveillance de
la Zone économique exclusive avec 350 sorties aériennes,
soit une moyenne de deux par jour, 785 "Seaborne Surveillance"
et quelque 7 850 patrouilles en bateau.
Infrastructure publique : réduire de 30 minutes le trajet
Cpe/PL
Budget : Rs 3 milliards
Salaires : Rs 247,7 millions
Constat : proclamation du Construction Industry Development
Board Act, adoption du Land Transport Authority Bill, construction
du pont de Macondé, entretien du tronçon de l'autoroute
entre Grewals et Caudan et de Riche-Terre à Pamplemousses,
réasphaltage de 40 kilomètres de route, construction
d'un Traffic Centre à Réduit et 145 campagnes de
sécurité routière.
Les contraintes : des délais dans les procédures
au Central Tender Board pour l'adjudication des contrats, des
délais dans l'acquisition obligatoire des terrains pour
la mise en uvre des projets et une pénurie d'expertise.
Les objectifs : réduire la durée du voyage de trente
minutes à l'heure de pointe entre Port-Louis et Curepipe
d'ici à 2011 ;
- accroître le pourcentage d'usagers du transport en commun
de 45% en 2006 à 60% en 2010 ;
- réduire le nombre de victimes d'accidents de la route
de 5% ;
- construction de 40 kilomètres de route nouvelle d'ici
à 2010 ;
- entretien de 140 kilomètres de routes et de ponts ainsi
que d'une route alternative d'ici à 2011 pour entrer dans
la capitale en libérant l'autoroute pour le trafic se rendant
au centre-ville.
Logement et Terres : accès amélioré au
logement
Budget : Rs 370,7 millions
Salaires : Rs 65,3 millions
Constat : adoption de l'encadrement légal pour le
LAVIMS ;
construction de 553 logements sociaux type-Firinga à Bambous,
Chebel, Henrietta, Ville-Noire, Rivière-des-Anguilles et
Rose-Belle ;
- déboursement de Rs 148 millions à 2 778 bénéficiaires
sous le "Casting of Roof Slab Scheme", des relevés
techniques à Vallée-Pitot, Cité La-Cure et
Vallée-des-Prêtres en vue de la construction de logements
sociaux,
- des revenus de Rs 813 millions contre Rs 200 M au titre du Campement
Site Lease, avec un nouveau barème de bail pour les Pas
Géométriques et acquisition obligatoire de 275 arpents
de terrain pour des projets.
Contraintes : absence de coordination entre les différents
départements et agences engagés dans les procédures
pour les "Roof Slab Grants", une absence d'expertise
au State Law Office en vue de promouvoir un développement
foncier judicieux et des problèmes majeurs par rapport
à 138 Campement Site Lessees toujours en litige.
Objectifs : assurer un accès amélioré
au logement ;
- l'allocation de 533 maisons construites sur six sites ;
début des travaux pour la construction de 550 Low-Cost
Housing sur dix autres sites ;
- réduction du délai de neuf à cinq mois
pour les procédures sous le "Casting of Roof Slab
Scheme" ;
- réduction de sept à six semaines concernant l'octroi
des "Planning Clearances" de projets de développement
et des travaux d'infrastructure sur 242 "Service Sites"
à Ville-Noire, Souillac et Glen-Park.
Administrations régionales : remise en question du "Grant
In Aid"
Budget : Rs 2,5 milliards
Salaires : Rs 183,5 millions
Constat : standardisation des systèmes informatiques
dans les neuf municipalités et conseils de district ;
construction d'un nouveau marché à Rose-Belle,
- amélioration des marchés à Vacoas et Pailles
et des Sports/MultiPurpose Complex à Paillotte et Sodnac,
des travaux à Mare Chicose Landfill en vue d'augmenter
la capacité à 4,5 millions de tonnes de déchets,
fin des travaux à La Brasserie Transfer Station pour réduire
l'attente des camions de 45 à 15 minutes et élaboration
de "Guidelines" contre les incendies.
- Contraintes : remise en question de la formule de "Grant
In Aid" aux collectivités locales et appel d'offre
en juin pour le recrutement d'un consultant international en vue
d'une réforme, des tarifs d'électricité supérieurs
aux abonnés industriels imposés par le CEB pour
l'éclairage des routes et le fait que "hazardous
waste has been dealt in a haphazard manner in view of the lack
of infrastructural facilities" et ouverture programmée
en 2012 d'une "Interim Hazardous waste Storage Facility"
à La Chaumière.
- Objectifs : doter la Mare Chicose Landfill d'infrastructure
pour la "Capture of Landfill Gas" et réduire
l'émission de gaz à effet de serre ;
- mettre en place des facilités sportives à Ebène,
Plaisance, Rose-Hill,
éclairage des terrains de football de Bel-Ombre, La Gaulette,
Petite-Rivière-Noire, Beaux-Songes, St-Martin, Cascavelle
et Petite-Rivière ;
- construction de nouveaux marchés à Centre-de-Flacq,
Rivière-des-Anguilles, Chemin-Grenier, Grand'Baie et Abercrombie
;
construction de complexes sportifs à Sodnac, Vacoas, Souillac,
Résidences Vallijee, Bon-Accueil, Curepipe, Rivière-des-Créoles,
Mare d'Albert et Paillotte,
boucler à 75% l'élaboration d'une nouvelle "Grant
In Aid" Formula pour les Administrations régionales
et créer un "Enabling Environment" pour
une meilleure interaction entre l'Assemblée régionale
de Rodrigues et le gouvernement central.
Sécurité sociale : "Social Protection
Reform" à l'agenda
Budget : Rs 5,1 milliards
Salaires : Rs 167,9 millions
Constat : extension graduelle de l'âge de la retraite
de 60 à 65 ans au cours des dix prochaines années
;
- - informatisation du "Rodrigues Social Security System"
;
- mise en opération du centre pour personnes handicapées
du troisième âge à Pointe-aux-Sables ;
- première phase du "Mauritian Sign Language"
et démarrage d'une école maternelle consacrée
aux enfants avec des problèmes de vue ; et
- élaboration d'un "Extreme Poverty Profile"
comme une des composantes du "Social Register Project
of Mauritius".
Contraintes : nécessité de diriger l'aide
sociale vers ceux qui en ont le plus besoin et un manque de coordination
entre les agences engagées dans le "Delivering
of Social Services and Benefits".
Objectifs : développer une stratégie à moyen
terme pour une réorganisation et une rationalisation des
"Social Programmes and Safety Nets",
- une "Social Protection Reform" à l'agenda
;
- réduire à trois semaines le délai pour
le versement des prestations sociales à ceux qui en ont
le plus besoin,
- révision du Social Aid Act, et
- réduire le "Processing Time" pour le
paiement sous les "National Pensions".
Education : taux de réussite de 37% pour les ZEP en
2009
Budget : Rs 5,3 milliards
Salaires : Rs 1,8 milliard
Constat : "Enrolment Rate" de 92,2% au
préprimaire en 2009,
- taux de réussite avec un B en mathématiques au
CPE de 37,4% en 2008 contre 27,4% en 2007 ;
- baisse dans le taux d'absentéisme à 12,9% dans
les écoles ZEP ;
taux de réussite de 78,9% en 2008 aux examens de HSC et
"Gross Tertiary Enrolment Ratio" de 40% en 2008
contre 34% en 2007 alors que le "target" pour
2008 était de 36%.
Contraintes : des problèmes avec le calendrier
scolaire vu la concentration des activités avec la rentrée
en janvier, une absence de feedback venant de différents
organismes sous la supervision du ministère de l'Education,
absence d'engagement actif des "Major Stakeholders",
notamment les élèves, les recteurs, les instituteurs
ou les parents d'élèves dans le processus de formulation
et de prise de décisions dans le domaine éducatif
et la "Protracted Nature" des procédures
d'appels d'offres.
Objectifs : des "Pass Rates" de 69% au
CPE (69%) en 2009 ;
- de 76,2% en anglais au niveau du CPE ;
- de 37% au CPE pour les écoles ZEP ;
- de 78% aux examens du School Certificate ;
- de 79,5% pour ceux du Higher School Certificate et
- un "Gross Tertiary Enrolment Rate" de 43% en
2009.
Agriculture : la barre des Rs 8 milliards pour le poisson
Budget : Rs 870 millions
Salaires : Rs 489,5 millions
Constat : le secteur agricole et celui de la Pêche
semblent avoir géré jusqu'ici la crise internationale,
avec les recettes d'exportations de poisson demeurant au même
niveau qu'en 2007, alors que celles générées
par les exportations de sucre n'ont baissé que de 3,2%.
Le pays a bénéficié d'un apport financier
suite au respect par l'industrie sucrière des "Key
Performance Indicators" agréés avec l'Union
européenne ; le programme d'épierrage des champs
des petits planteurs a touché une superficie de 2 400 hectares
alors que la moyenne annuelle est d'un millier d'hectares ;
- un programme de sécurité alimentaire de Rs 987
millions a été élaboré, 200 hectares
de terre seront consacrés à la production vivrière
;
- distribution de quelque 200 000 "Prawn Juveniles"
en vue de donner un nouvel élan à ce secteur de
la pêche.
Contraintes : nécessité de réduire
le coût de production des petits planteurs de cannes, réforme
du "Cess" dans l'industrie sucrière et
risques de maladies.
Objectifs : la récolte sucrière dans les
limites des 150 jours,
maintien d'une "competitive export-oriented sugar industry",
avec la capacité d'honorer ses engagements contractuels
;
- des recettes d'exportations de poissons au-delà de la
barre des Rs 8 milliards pour la première fois ; des revenus
en hausse suite à l'octroi des permis à des bateaux
de pêche, soit de Rs 28 millions ;
- faciliter la mise en opération de deux nouvelles "Marine
Farms" en vue de positionner Maurice en tant que "Seafood
Hub".
Santé : projet-pilote d'un "Hospital Cost Efficiency
System"
Budget : Rs 3,3 milliards
Salaires : Rs 1,9 milliard
Constat : amélioration de l'espérance de vie à
67,4 ans pour les hommes et à 74,6 ans pour les femmes
;
baisse dans le taux de mortalité infantile,
- démarrage du National Multisectoral HIV and AIDS Strategic
Framework pour 2007-2011, avec des traitements spécifiques
pour quelque 600 malades ;
- adoption d'un nouvel encadrement légal pour lutter contre
le tabagisme et l'alcoolisme, et
une sensibilisation aux problèmes de maladies non-transmissibles.
Contraintes : difficultés pour une évaluation
de la "Unit Cost of Intervention", avec la nécessité
de démarrer un projet-pilote de "Hospital Cost
Efficiency System" au niveau de deux hôpitaux régionaux
compte tenu de son extension vers les autres centres hospitaliers
; 90% des femmes adultes et 75% des hommes ne pratiquent pas d'activités
physiques en vue de lutter contre les maladies non-transmissibles
sans oublier les habitudes alimentaires nullement appropriées
; les départements d'urgences des hôpitaux sont débordés
avec le nombre de patients s'y rendant et la nécessité
de transformer 12 Primary Health Care Centres afin d'encourager
la population à fréquenter ces centres de santé
en priorité.
Objectifs : réduire la durée des attentes
aux urgences à moins de cinq minutes,
à moins de 12 semaines pour un examen cardiaque complet,
à moins de quatre semaines pour une intervention cardiaque,
à moins de 24 heures pour une intervention neurochirurgicale
et
à moins de six semaines pour une intervention chirurgicale
non-urgente.
Statistiques budgétaires
Fonction publique : réduction de 917 postes
Le nombre de fonctionnaires accusera une réduction de 917
au cours des prochains six mois en raison principalement des départs
à la retraite. Ainsi, la Fonction publique comptera 68
717 employés excluant les "Advisers" contractuels
et le personnel des corps para-étatiques, contre 69 421
en 2008/09. D'autre part, les informations disponibles indiquent
qu'au moins un fonctionnaire sur deux touche des salaires inférieurs
à Rs 19 000.
Selon le "Payroll Data" pour avril dernier, 33
601 fonctionnaires se retrouvent dans la catégorie avec
des salaires jusqu'à un maximum de Rs 19 000 par mois alors
que la fourchette des salaires de Rs 19 000 à Rs 60 000
regroupe 25 760 personnes de la Fonction publique, avec 697 dans
le "club" des salaires supérieurs à
Rs 60 000.
Rodrigues : "Stimulus Package" de Rs 100 M
Les provisions budgétaires de Rs 100 millions aux termes
de l'Additional Stimulus Package pour Rodrigues sont diversement
commentées dans l'île. Pour Alain Tolbize, président
de la Rodrigues Government Employees'Association, cette mesure
constitue une remise en question de l'autonomie de Rodrigues.
Il met en avant que le vice-Premier ministre et ministre des Finances,
Rama Sithanen, a adopté une approche de "One cap
fits all" pour Maurice et Rodrigues.
"Les problèmes socio-économiques auxquels
fait face Maurice ne sont pas les mêmes à Rodrigues.
Le principal problème dans l'île demeure le chômage
et on ne peut parler de poches de pauvreté à Rodrigues
car plus d'un habitant sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté.
Les mesures envisagées dans la conjoncture économique
à Maurice ne sont pas appropriées à Rodrigues.
Nous ne pouvons nous empêcher de conclure à une réappropriation
par Maurice de l'autonomie de Rodrigues avec la complicité
de l'Assemblée régionale de Rodrigues",
soutient Alain Tolbize.
Le président de la RGEA soutient que le VPM et ministre
des Finances se retrouve pris à son propre piège.
"La fois dernière quand il avait occulté
Rodrigues, il avait trouvé comme parade que c'était
un respect pour l'autonomie. Aujourd'hui avec de longues références
identifiant des routes à être construites, est-ce
toujours par respect pour l'autonomie ?", se demande-t-il.
Les mesures spécifiques à Rodrigues annoncées
dans le budget 2009 sont comme suit :
Rs 100 millions sous le "Saving Jobs and Recovery Fund"
et une somme pour la sécurité alimentaire au NEF
pour un Stimulus Package ;
opération dans l'île d'une antenne pour le "SJR
Fund" et le "Food Security Fund" en
vue d'encourager les Rodriguais à prendre avantage de ces
facilités ;
suspension de la Travel Tax vers Rodrigues jusqu'en décembre
2010, avec le gouvernement compensant le manque à gagner
de Rs 10 millions à l'Airport of Rodrigues ;
les facilités mises à la disposition des planteurs
d'oignons de Rodrigues et de Maurice seront les mêmes ;
extension aux petits éleveurs de Rodrigues du "Scheme"
annoncé pour les éleveurs de cabris à Maurice
;
Rs 22 millions pour le financement de la construction d'une route
à Citron Donis et à Baie-Topaze ;
une révision de l'assistance de l'Agence française
de développement pour la fourniture d'eau dans l'île,
avec les options de dessalement ;
financement à partir du MID Fund du projet de ferme éolienne
à Rodrigues ;
des prêts de Rs 150 000 aux pêcheurs abandonnant ce
secteur pour s'engager dans d'autres activités économiques,
entre autres l'agriculture et l'artisanat ;
programme d'assistance communautaire, qui a vu le déboursement
de Rs 6,4 millions pour des projets de réservoirs d'eau
domestiques, de distribution de matériels scolaires ou
encore de construction de logements sociaux ; et
extension du "DBM Scheme" par rapport au règlement
des arriérés par des entrepreneurs à Rodrigues.
Budget - Réactions
M. Tulsiraj Benydin (NTUC): "Contraints de considérer,
sérieusement, l'option villes/villages morts"
M. Tulsiraj Benydin (NTUC) note, d'abord, une "contradiction"
avec, d'une part, la volonté déclarée du
ministre d'assainir la situation dans la Fonction publique en
favorisant, par exemple, le gel des recrutements ou la diminution
des missions à l'étranger et, d'autre part, la création
de nouveaux organismes, notamment, dans le secteur des infrastructures
routières. Il se demande si cela ne vise pas qu'à
"caser des nominés politiques".
Le syndicaliste s'inquiète de l'importance que l'on veut
accorder à l'Empowerment Programme qui, dit-il, au train
où évoluent les choses, est en passe de devenir
un "super ministère". Selon lui, plutôt
que d'accorder autant de responsabilité à cet organisme
en matière de formation, il aurait été plus
pratique "d'empower" les divers ministères pour
s'acquitter de cette tâche.
Mais la déception de Tulsiraj Benydin se situe surtout
au niveau de la compensation salariale. Il parle de "frustration"
et de "malaise" créés. Pour lui, en effet,
il est "inadmissible" que ceux touchant Rs 12,000 ou
plus ne seront pas compensés. Il rappelle que ceux-là
et leur familles représentent quelque 300 000 personnes.
Le porte-parole de la NTUC trouve "regrettable" que
le ministre ait entériné les recommandations du
National Pay Council (NPC) qui, dit-il, ne sont, en fait, que
celles du patronat.
Dans ces conditions, la classe syndicale, déclare M. Benydin,
se voit contrainte de considérer sérieusement l'option
de villes/villages morts comme voté, par résolution,
le 1er mai dernier. Le syndicaliste exprime, davantage, son irritation
devant le "mépris", selon lui, affiché
par le ministre à l'adresse des syndicalistes. Il rappelle
que le ministre ne leur a même pas adressé un accusé
de réception à la suite de la correspondance qu'ils
lui ont adressée pour solliciter une entrevue.
Cassam Kureeman (MLC): "Rs 12,000, c'est déjà
insuffisant pour une vie décente"
M. Cassam Kureeman (MLC) se demande comment les incitations accordées
au patronat dans le cadre du Stimulus Package sauraient protéger
l'emploi avec l'épée de Damoclèse que constitue
l'Employment Rights Act qui, dit-il,en substance, donne
toute la latitude voulue au patronat pour licencier comme bon
lui semble. Il s'interroge, de même sur ce qu'il estime
être l'absence de garde-fous pour prévenir des abus
à partir des fonds à être distribués
du Stimulus Package.
Préserver l'emploi, c'est aussi l'affaire des syndicats,
explique Cassam Kureeman. Il aurait, ainsi, souhaité que
des syndicalistes aient droit de regard sur les entreprises méritant,
réellement, l'aide de l'Etat "en vue d'une plus
grande transparence".
Pour le MLC aussi, la déception vient surtout de la compensation
salariale qui sera finalement accordée. "Nous nous
attendions à ce que le gouvernement fasse quelque chose
de plus. Un salaire de Rs 12 000, ce n'est, déjà,
pas suffisant pour une vie décente." Autre déception:
le fait que le seuil des exemptions des contribuables n'ait pas
été, cette année, augmenté.
Rajesh Buldee (MTUC): Compensation: "Une déception
de plus"
Même amertume de Rajesh Buldee (MTUC) par rapport à
la compensation salariale. Pour lui, il s'agit, en substance,
d'une déception de plus après celle des compensations
insuffisantes de 2006/07, 2007/08 et 2008/09. Selon le syndicaliste,
le gouvernement aurait bien pu, au moins, arrondir le chiffre
de la compensation intégrale pour ceux tout au bas de l'échelle
à Rs 400.
Déception, tout aussi, du maintien du National Residential
Property Tax (NRPT), "un double taxation, voire, un triple
taxation pour ceux habitant les villes", dit M. Buldee.
Regret aussi que la subvention universelle à hauteur de
50% pour les frais d'examens du SC et du HSC n'ait pas été
rétablie.
Pour le syndicaliste, le budget était aussi l'occasion
de revoir tout le système de transport gratuit pour les
vieux et les étudiants; le présent système,
dit-il, étant surtout au grand avantage des compagnies
d'autobus. Selon lui, il aurait, par exemple, été
plus équitable de rehausser plus substantiellement la pension
de vieillesse des personnes âgées quitte à
retourner à l'ancien système pour ce qui est du
transport des vieux par autobus.
Lui aussi trouve que trop de responsabilités sont attribuées
à l'Empowerment Programme alors que, selon Rajesh Buldee,
des organismes tels la HRDC, l'IVTB, le NPCC, l'University of
Technology ou UoM sont bien mieux taillés pour s'acquitter
de la tâche de coordoner et de dispenser la formation nécessaire
aux jeunes ainsi qu'aux salariés devant être recyclés
ou être, davantage, formés.
Radhakrisna Sadien (SEF): Stimulus Package: "C'est
la population qui paiera, en fin de compte"
Pour M. Radhakrisna Sadien (SEF), la population qui paiera, en
fin de compte, pour les sommes à être accordées
aux entreprises en difficulté dans le cadre du Stimulus
Package n'a "aucune garantie" que son argent sera utilisé
"à bon essient" et qu'il n'y aura, surtout pas,
malgré tout, pertes d'emplois. Il s'élève,
lui aussi, contre la création de la Road Development Company
alors que, déclare Radhakrisna Sadien, "l'on a
trouvé utile de fermer la Development Works Corporation
(DWC)".
Pour le syndicaliste, la décentralisation des services
à propos de laquelle on n'a pas entendu un mot aurait été
un moyen idéal pour, d'une part, décongestionner
les routes et, d'autre part, faire des économies. Le fait
de permettre, désormais, aux ministères, d'une part,
et aux corps para-étatiques, de l'autre, d'attribuer des
contrats sans appels d'offres pour des montants de Rs 50 millions
et Rs 100 millions respectivement ouvre, selon le syndicaliste,
"la voix aux abus".
Quant à la mesure de diminution par Rs 10 000 des salaires
des ministres, M. Sadien estime qu'il fallait, dans la foulée,
revoir aussi le nombre des conseillers du gouvernement ainsi que
les "fringe benefits" qui sont associés à
leurs fonctions. La présente situation de crise était
aussi l'occasion, selon lui, de jeter les bases de la participation
des salariés aux bénéfices des entreprises.
M. Sadien critique, lui aussi, la décision d'entériner
les recommandations du NPC pour la compensation salariale.
Ashok Subron (CSG-Solidarité): "Le nouveau budget
ne contiendra pas les licenciements massifs"
Pour Ashok Subron (CSG-Solidarité), les mesures du ministre
des Finances censées préserver l'emploi équivaut
à "étendre un feu à l'aide d'un sceau
profondément percé". Il note un aveu de
taille du ministre: 5000 pertes d'emplois durant les trois premiers
mois de l'année "malgré l'Additional Stimulus
Package de Rs 10.4 milliards". Ce qui, déclare le
syndicaliste, confirme qu'il y a "bel et bien licenciements
massifs" dans le sillage de l'adoption, début février
dernier, de l'Employment Righets Act.
Pour la CSG-Solidarité, cette nouvelle loi du Travail couplée
à la crise économique ont déclenché
une "spirale de licenciements". Selon cette confédération
syndicale, le nouveau budget ne pourra en rien ni contrôler
ni arrêter les licenciements. D'où l'allusion au
feu et au sceau profondément percé de M. Subron.
Pour lui, "l'unique moyen" pour contenir cette "spirale
de licenciements" c'est, d'une part, de geler l'Employment
Rights Act et de mettre en place un nouveau mécanisme
du type Termination of Contrac Service Board (TCSB). "A
court terme, il s'agira aussi d'élaborer un "rescue
plan" sous contrôle public et des travailleurs. Il
s'agit aussi de développer une stratégie de développement
qui ne dépende pas entièrement de secteurs fragiles
axés sur l'exportation".
Selon le syndicaliste, il serait "illusoire" de croire
qu'on en finira avec les licenciements massifs "tant que
l'on se sera pas défait de l'Employment Rights Act".
Il explique qu'alors que la période de croissance de 2007
à 2009 a été "financée par une
baisse des salaires réels", celle de crise "sera
encore financée par une baisse des salaires réels
et des licenciements massifs".
"Ce sont les travailleurs qui portent le fardeau de la
crise", déclare Ashok Subron. Pour lui, avec le
budget 2009, le gouvernement instaure un quasi-gel des salaires.
"Par le biais du National Pay Council (NPC), l'Etat contraint
les bas salaires à subventionner à hauteur de Rs
500 chacun le fardeau de la crise". Selon lui, déjà,
durant les trois années de croissance, les travailleurs
ont subventionné à hauteur de Rs 11 milliards le
patronat. "Et cela, sans compter le coût de la dépréciation
de la roupie et son effet sur le pouvoir d'achat".
Cette fois, dit-il, non seulement les travailleurs subventionnent,
de nouveau, le patronat "par la situation de quasi-gel de
salaires mais encore par la mise en place du concept 'mix of work
and training'". "Il y a une réduction des
salaires réels sans garantie qu'il n'y aura pas de licenciements".
Dans la conjoncture, déclare M. Subron, la CSG-Solidarité
réaffirme son adhésion à l'idée de
villes/villages morts comme approuvée par le Forum du Peuple
le 1er mai dernier et s'alignera sur toute décision en
ce sens dans les jours à venir.
Henri Favory (dramaturge et metteur en scène) "Toute
aide aux artistes est bienvenue..."
Henri Favory (Troupe Favory) réagit globalement aux aides
contenues dans le Human Resource Development, Knowledge and Art
Fund : "Toute aide aux artistes de théâtre
est bienvenue et positive mais il faut voir comment cela est appliqué
dans la pratique. L'expérience nous a montrés que
ça ne marche pas de manière idéale..."
Henri Favory trouve que les dotations budgétaires visant
à encourager le théâtre sont globalement positives
mais émet des réserves quant au déroulement
des choses sur le plan administratif. Si le gouvernement a pris
des engagements pour financer la location des salles de théâtre
partiellement (les trois dernières répétitions
et la soirée gala), il n'y a pas que les frais de salle,
déclare Henri Favory. Il y a aussi les frais des machinistes,
éclairagistes, les heures supplémentaires des technniciens.
Est-ce que tout cela sera pris en charge ? Pour son dernier spectacle
(L'Avare), la Troupe n'a pas pu payer les Rs 300 mille
pour les frais du théâtre et les heures supplémentaires
des techniciens. Elle a dû faire appel à des sponsors..."
S'il y a un encouragement global, nous dit Favory, il faudrait
aborder la question d'encouragement du théâtre à
Maurice en profondeur. "Nous avons été quelques
uns à créer le théâtre mauricien à
partir de l'indépendance mais il n'existe pas de politique
culturelle bien définie dans ce domaine... Il n'y a toujous
pas de directeur de théâtre à Maurice..."
Gaston Valayden (comédien, dramaturge)
Le directeur de la Troupe Sapsiway nous dit que l'aide aux troupes
de théâtre est globalement positive. C'est un fait
que le coût des salles est élevé. Nous avons
pu jouer dans le passé grâce à l'aide des
sponsors et aux concessions faites par les municipalités
pour le Théâtre de Port Louis et le Plaza. Autrement,
nous sommes amenés à jouer dans les petites salles.
Il est intéressant de vouloir promouvoir le théâtre
mauricien mais il faut voir les conditions derrière tout
ça et les porocédures à suivre. Dans le passé,
il y a eu des aides promises aux troupes théâtrales
qui ne sont jamais devenues une réalité.
RS 2 M pour le musée de la photographie : "Un
pan du patrimoine mauricien préservé"
Tristan Bréville, photographe et directeur du Musée
de la photographie se dit "agréablement surpris
et content que tout un pan du patrimoine mauricien sera préservé.
L'argent c'est le nerf de cette préservation... c'est la
première fois depuis 43 ans qu'un ministre des Finances
accepte de faire un pas vers un musée privé, pourtant
à chaque budget nous avons eu des rencontres..."
Selon Tristan Bréville, c'est un très bon signe
que l'état s'intéresse aux collections qui font
partie du patrimoine national. La somme est symbolique, poursuit
le directeur du Musée de la Photographie. "Nous
avons demandé à Rama Sitahnen d'entrer dans une
logique moderne (mettre Maurice sur la même voie que les
grands pays avec des archives et un Musée de la photo)..."
Tristan Bréville dit qu'il aurait aimé que le musée
de la photo soit accessible à tout le monde. La possibilité
de rendre le musée gratuit existe avec l'aide de la mairie
de Port Louis. Il y a des consultations en ce sens. Il y a énormément
de documents qui doivent être restaurés (collections
de documentaires sur Maurice, etc;) Tristan bréville évoque
parmi ses projets, Le Répetoire Culturel Mauricien, sur
support DVD. Un projet qui sera prêt d'ici décembre
2009, au coût estimé de RS 20M. Si l'Etat et le secteur
privé contribuent à ce projet, le patrimoine culturel
sera enrichi.
François de Grivel, vice-président de la MEF
: "Budget ambitieux, mais nécessaire"
"Dans une période de crise internationale, ce budget
est relativement ambitieux mais nécessaire pour la relance
de notre économie", estime le vice-président
de la Mauritius Employers Federation (MEF). Toutefois, dit-il,
il faut qu'il soit mis en place très rapidement car les
indications données par le ministre des Finances sont intéressantes.
Prévoyant que la crise actuelle sera d'autant plus conséquente
dans quelques mois à venir, François de Grivel fait
ressortir qu'il reste que "nous devons trouver avec le
gouvernement les mécanismes qui vont être mis en
place par rapport aux propositions qui vont être faites".
Il rappelle que ce budget fait provisions pour pouvoir faire face
aux risques de pertes d'emploi car l'objectif, dit-il, c'est de
permettre aux entreprises les finances nécessaires pour
tenir le choc et éviter les licenciements qui ne sont pas
souhaitables.
Patrice Legris (AHRIM) : "Le GM a compris les difficultés
et les enjeux du secteur touristique"
Les mesures annoncées par le Grand Argentier sont favorablement
accueillies par les hôteliers. Ils estiment que les recommandations
de l'Association des Hôteliers et des Restaurateurs de l'Île
Maurice (AHRIM) ont été prises en compte. Patrice
Legris, le CEO souligne que "le gouvernement a compris
les difficultés et les enjeux du secteur touristique pour
les prochains 18 mois qui seront extrêmement difficiles
pour tous les opérateurs du tourisme". Outre le
soutien aux entreprises vulnérables, notamment aux petits
et moyens hôtels et restaurants, la préservation
de l'emploi et la relance de l'investissement, les mesures annoncées
pour les petits et moyens hôtels constituent, selon lui,
une "bouffée d'oxygène". Ces mesures
réjouissent également les membres de la commission
des Petits et Moyens Hôtels. "Nous sommes heureux
que nos propositions aient été retenues tant pour
le loyer que pour l'investissement", indique Patrice
Legris. "L'AHRIM est heureuse des mesures annoncées
pour le secteur IRS qui connaît aussi des difficultés
en temps de crise", souligne-t-il. Les hôteliers
accueillent également positivement la rallonge budgétaire
accordée à la MTPA. Ceci, selon l'association, permettra
d'accroître la visibilité de la destination Maurice
auprès des touristes qui voyagent encore.
Raj Makoond (JEC) : "Un budget qui nous positionne
à faire face à une crise d'envergure exceptionnelle"
Considérant que l'approche du ministre des Finances de
présenter un budget s'étalant sur 18 mois est appropriée
dans la conjoncture actuelle, le directeur du Joint Economic Council
(JEC), Raj Makoond, souligne que "ce budget nous positionne
à faire face à une crise d'envergure exceptionnelle
pour pouvoir bounce back lorsque le cyclone passera".
Selon lui, ce budget a été préparé
dans des conditions difficiles sans perdre de vue les paramètres
macroéconomiques. Ainsi, l'ensemble du budget présenté
par le Grand argentier est positivement accueilli par le patronat
qui estime qu'a priori ce budget tient compte de la crise et son
aggravation en ce qui concerne la durée. Raj Makoond souligne
ainsi les points saillants de ce budget, dont les mesures en faveur
des PME, des investissements conséquents dans les infrastructures
et le développement du secteur des nouvelles technologies
de l'information et de la communication
Commentant l'injection
d'un montant additionnel de Rs 2 milliards dans le 'Saving
Jobs and Recovery Fund' (SJR Fund), le directeur du JEC fait
ressortir que le budget démontre le souci de préservation
d'emploi. Il salue également l'effort fait par rapport
à l'augmentation du soutien financier aux entreprises en
difficulté, toujours dans le but de protéger les
emplois. Le JEC est aussi d'avis que l'engagement des autorités
au niveau de la mise en uvre des projets de développement
d'infrastructures va certainement donner un coup de fouet au secteur
de la construction et va dans le sens d'une relance. Le secteur
privé salue également la performance par rapport
au déficit budgétaire qui reste, souligne Raj Makoond,
dans les normes du G20. Toutefois, le JEC souhaite que l'aspect
temporaire de la mesure concernant la levy sur les revenus et
profits des banques et compagnies de téléphonie
soit respecté par le gouvernement.
Harold Mayer (CIEL Textile) : "Un budget bien balancé"
Pour le CEO de CIEL Textile, Harold Mayer, ce budget démontre
qu'un gros travail a été fait en amont. Il est d'avis
que dans le contexte actuel, il est impératif de soutenir
les entreprises, ceci en vue d'éviter les pertes d'emplois.
"Ce budget est bien balancé", estime Harold
Mayer appuyant ses propos sur les différentes mesures qui
découlent du renforcement de l'Additionnal Stimulus Package.
Harold Mayer salue également les mesures préconisées
pour la relance, notamment dans le secteur touristique, le textile
et la construction.
Joe Lesjongard: "Sithanen donne l'impression d'être
perdu et essouflé"
Le quatrième budget du ministre des Finances, Rama Sithanen,
"ne dévoile rien de nouveau", estime le
député indépendant, Joe Lesjongard. Il estime
les mesures annoncées comme étant du "déjà-vu".
Ce gouvernement compte à son actif quatre budgets mais
les résultats ne sont guère palpables, dit-il. Il
cite en exemple, les projets d'infrastuctures énoncés,
ajoutant que ce sont les mêmes que ceux des années
précédentes. L'Additional Stimulus Package n'ayant
pas amélioré la situation selon Joe Lesjongard,
il reste dubitatif des mesures préconisées par le
gouvernement pour sauvegarder l'emploi. Pour l'ancien député
du MSM, "Rama Sithanen donne l'impression d'être
une personne essoufflée. Il semble perdu et peine à
avoir des idées pour nous sortir de cette situation sans
précédent".
Maurice Allet : "La population est amère. On
va arriver à une désobéissance civile"
Le PMSD est déçu du discours budgétaire de
Rama Sithanen. Pour Maurice Allet, ce budget est "un budget
de grand discours, que du blabla
Un discours d'intentions
sans rien de concret". Son parti déplore le manque
de considération pour le petit peuple, principalement avec
l'avalisation du gouvernement des recommandations du National
Pay Council. "C'est un gouvernement qui soutient 'put
people first'. Mais nous avons réalisé péniblement
durant ces quatre ans que ce même gouvernement a fait baisser
le pouvoir d'achat. La classe moyenne s'appauvrit et les pauvres
deviennent encore plus pauvres", souligne le leader du
PMSD. Il note ainsi de nombreuses lacunes dans ce budget relevant
que "pour le ministre des Finances, on dirait qu'il n'existe
que 30 familles pauvres à Maurice". Si des mesures
ont été prises pour la protection d'emplois, le
PMSD estime qu'en ce qu'il s'agit de l'aide aux PME, "tout
n'est toujours que discours". Selon lui, la mise en application
est une autre paire de manches. Quant aux projets d'infrastructures
énoncés par le Grand argentier, Maurice Allet est
d'avis que Rama Sithanen "essaye de berner la population
avec ses mesures". Selon lui, avec ce budget et le pouvoir
d'achat qui diminue jour en jour, "je crois que la population
est amère et on va arriver à une désobeissance
civile".
Anil Gayan : "Un non event budget. Pas d'imagination"
"Le body langage du ministre des Finances et des députés
de la majorité démontrent qu'ils savent dans quel
pétrin économique nous nous trouvons",
estime le leader du Front National Mauricien (FNM), Anil Gayan.
Ce dernier est d'avis que ce quatrième budget de Rama Sithanen
ne comporte rien en faveur du petit peuple. "C'est un
'non event budget', avec des fonds, des projets mais c'est
du rassi. Des projets depuis des années mais sur lesquels
ont n'a pas avancés. Il n'y a aucune imagination dans ce
budget", dit-il. Anil Gayan soutient que le gouvernement
a fait languir la population, mais au final, lorsqu'on prend en
compte les mesures, le peuple se sent lésé. Saluant
toutefois l'effort pour le budget autonome du DPP, le leader du
FNM indique que la même chose serait souhaitable pour le
Judiciaire.
Vinod Seegum (Government Teachers' Union) :
Ce "Chocolate-coated Budget" n'annonce rien de
nouveau dans le secteur éducatif. Rien n'a été
dit concernant le préscolaire et encore moins le primaire.
Nous ne savons pas grand-chose sur la répartition de l'argent
alloué à l'éducation primaire. Nos questions
portant sur la lutte contre l'échec scolaire, la formation
des enseignants, les enfants à besoins spéciaux,
le "Pupil-Teacher Ratio" et les infrastructures
entre autres restent sans réponse.
Sunil Jhugroo (General Purpose Teachers' Union) :
Le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, a mis l'accent sur
une réforme éducative axée sur les "extra
curricular activities". Nous constatons que ce budget
ne soutient pas les structures et ressources, qui sont indispensables
à la réalisation de cette axe de la réforme.
C'est dans cette optique que nous avions demandé durant
l'exercice prébudgétaire le recrutement de ICT
Teachers et d'instructeurs d'éducation physique.
Ashik Junglee (Association des Mentors/GPTU) :
Nous notons avec regret que l'éducation primaire reste
le parent pauvre du budget 2009. Ce dernier n'accorde pas assez
de ressources pour combattre la pauvreté et l'insécurité
dans le pays aussi bien qu'éradiquer les inégalités
sociales systématiques de l'éducation nationale
(
) Au lieu de recruter 2 000 nouveaux policiers et de construire
de nouvelles prisons on aurait dû renforcer davantage les
ressources humaines au niveau du primaire pour assurer le développement
humain et moderniser le système éducatif. Nous sommes
satisfaits des mesures visant à contenir la pauvreté
et la criminalité dans la société mais nous
trouvons que le budget s'attaque aux fléaux sans se soucier
des causes de la racine du mal.
Krishna Ramanah (Education Officers' Union) :
Nous nous attendions à une bouffée d'air frais.
Le secondaire d'Etat a besoin d'éducateurs dans ses collèges.
Il y a un manque sur ce plan, tout comme la nécessité
de recruter des recteurs, pour des postes qui sont toujours vacants,
et des adjoints. Malheureusement, le budget n'a rien préconisé
dans ce sens.
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