a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 24 mai 2009



  Recettes fiscales - Taxes directes: + Rs 2 Md TVA: baisse de Rs 1,6 Md
  Social et emploi - Rs 9,1 milliards pour les trois priorités du budget
  Mesures fiscales - Les banques et la téléphonie à la rescousse
  Investissements publics - Rs 27,4 milliards pour des projets d'infrastructure
  Rodrigues : "Stimulus Package" de Rs 100 M
  Budget - Réactions


Recettes fiscales

Taxes directes: + Rs 2 Md

TVA: baisse de Rs 1,6 Md

La baisse dans les recettes fiscales pour l'exercice financier se terminant au 30 juin ne sera que nominale. En effet, les revenus s'élèvent à Rs 50,2 milliards contre des prévisions initiales de Rs 50,7 Md, soit un "Fiscal Hole" de Rs 500 millions. Pour le second semestre de cette année, les recettes fiscales prévues sont de Rs 25,5 milliards. C'est ce qu'indiquent les chiffres officiels rendus publics en marge de la lecture du budget 2009 dans le "Programme-Based Budget Estimates 2009". Néanmoins, les effets de la crise économique se traduisent par une baisse de 8% des recettes de la TVA. Mais les recettes générées par les différentes taxes directes ont nettement compensé la performance en demi-teinte de la TVA. D'autre part, pour les prochains six mois, le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen compte récupérer Rs 800 millions avec le "Special Levy" sur les profits et chiffres d'affaires des banques commerciales et des compagnies opérant dans le secteur de la téléphonie cellulaire et fixe.

Les taxes directes, soit l'Income Tax, l'impôt sur les compagnies, les déductions à la source et la National Residential Property Tax (NRPT) représentent des revenus en hausse de Rs 13,5 milliards en 2008/09 contre des "Estimates" initiaux de Rs 11,5 Md, soit Rs 2 milliards en plus. Cette situation s'explique du fait que la Corporate Tax a rapporté Rs 8,5 Md alors que dans le budget présenté l'année dernière les prévisions étaient de Rs 6,8 milliards.

L'Income Tax imposée aux contribuables ont également généré des recettes supérieures aux estimations, soit Rs 4,1 milliards contre Rs 3,8 Md. Révision à la hausse également pour la "Tax Deduction at Source" alors que la tendance est inversée pour la National Residential Property Tax (NRPT), soit des revenus de Rs 114 millions contre des projections de Rs 130 M.

Pour les prochains six mois, les prévisions indiquent très peu de changement vu que les recettes fiscales sont estimées à Rs 6,8 milliards, quasiment la moitié de celles pour l'exercice financier 2008/09. Mais des observateurs économiques, se basant sur les derniers bilans financiers provisoires des principales compagnies, s'interrogent sur la possibilité pour la Mauritius Revenue Authority (MRA) de récolter Rs 4,1 milliards à l'item de la Corporate Tax pour les prochains six mois compte tenu des "Ripple Effects" de la crise économique sur la profitabilité des compagnies.

Le paiement de la taxe par les contribuables au cours de la période allant de juillet à décembre devrait rapporter Rs 2,4 milliards, soit une hausse de 20% comparativement à l'exercice financier 2008/09. Par contre, la "Tax Deduction at Source" est prévue en baisse à Rs 325 millions et la NRPT devrait se stabiliser à hauteur de Rs 115 M. C'est du moins ce qu'attend le VPM et ministre des Finances.

L'élément majeur de la gamme des recettes fiscales de l'Etat demeure la TVA. Les effets conjugués de la baisse dans les arrivées de touristes et un ralentissement dans la consommation ont eu pour effet une baisse de Rs 1,6 milliard dans les recettes de la TVA au 30 juin 2009. Les revenus de cette taxe indirecte seront de Rs 18,6 milliards alors qu'à la présentation du précédent budget en juin 2008, Ceux-ci s'élevaient à Rs 20,2 Md.

Le ministère des Finances a préféré adopter une approche conservatrice dans ses estimations de la TVA pour les prochains six mois. Les recettes budgétisées sont de Rs 9,4 milliards, soit la moitié de celles de 2008/09.

Les droits de douane n'ont également pas atteint les résultats escomptés, affichant une baisse de quelque Rs 250 millions, pour se situer à Rs 8,7 milliards. La taxe douanière a rapporté un peu plus de Rs 2 milliards sur les boissons alcoolisées privées de publicité médiatique et un montant sensiblement similaire pour la cigarette, soumise récemment à un régime très dur.

Les droits de douane sur les produits pétroliers sont en hausse comparativement à l'exercice financier 2007/08. Le ministère des Finances a épongé Rs 300 millions de plus de la poche des automobilistes avec des recettes nettes de Rs 2,2 milliards. Les "Excise Duties" sur les véhicules et les motocyclettes se retrouvent à Rs 1,8 milliard.

Les "Road Motor Vehicle Licences" n'ont pu dépasser la barre du milliard en 2008/09, se retrouvant avec un compteur bloqué à Rs 986 millions alors que les "Gambling Licences" progressent de Rs 64 millions à Rs 82 M. Les taxes sur divers types de "Gambling" et de loteries constituent un apport financier de Rs 2 milliards, avec comme principales sources les "Gaming Taxes" sur les maisons de jeu et des casinos (Rs 986 millions), les taxes sur les paris aux courses et sur les matches de football (Rs 553 millions).

Une autre source de revenus qui pourrait se tarir en raison des effets de la crise économique se rapporte aux dividendes versés par les compagnies de l'Etat dans les caisses publiques. En 2008/09, les rentrées d'argent à ce chapitre se montent à Rs 919 millions. Mais déjà Air Mauritius, Airports of Mauritius Limited et la Banque de Développement ne verseront aucun dividende au gouvernement dans la conjoncture.

D'autre part, les dividendes de Mauritius Telecom, qui s'élevaient à Rs 1,4 milliard en 2007/08, n'ont été que de Rs 425 millions en 2008/09. Même son de cloche du côté de la Banque de Maurice compte tenu d'un versement de Rs 500 millions contre Rs 1,9 milliard précédemment.

Une autre tranche de recettes non-négligeable reste le "Campement Site Lease" où le gouvernement mise sur un montant de Rs 550 millions en six mois alors que pour les douze derniers, les revenus à cet item se montaient à Rs 800 millions.

Finalement, l'imposition du "Special Levy" sur les profits et chiffres d'affaires permettra au gouvernement de bénéficier de Rs 800 millions, soit une contribution obligatoire de Rs 535 M venant des banques commerciales pour les prochains six mois. Au 30 juin, les banques, qui étaient sujettes à un "Levy", verseront Rs 320 millions au gouvernement. La part des compagnies opérant dans le secteur de la téléphonie est de Rs 265 millions d'ici à décembre prochain.

Ces recettes viendront compenser le manque à gagner de Rs 525 millions avec la suspension du "Temporary Solidarity Levy on Hotels" et "l'Environment Protection Fee" sur les compagnies hôtelières dans le cadre de l'Additional Stimulus Package.


En un an

Dette publique en hausse de Rs 14 milliards (+11,4%)

Un indicateur budgétaire et économique, qui suscite des appréhensions, demeure le niveau de l'endettement tant au plan local qu'à l'étranger. D'un exercice financier à un autre, le montant de la dette publique, sans tenir compte des garanties fournies par le gouvernement aux corps parapublics, augmente de Rs 14 milliards, soit 11,4%, pour atteindre Rs 136,2 Md au 30 juin prochain.

Le budget 2009 indique également que pour les prochains six mois, le niveau de l'endettement continuera à se dégrader en vue d'atteindre la somme de Rs 143,6 milliards. Le tableau ci-dessous récapitule les principales composantes de l'endettement public:

Au vu de l'adoption par l'Assemblée nationale du Public Management Debt Act, le gouvernement est tenu à désagréger les corporations publiques en des agences, les collectivités locales, l'Assemblée régionale de Rodrigues et la "Public Enterprise Debt". Cette dernière catégorie comprend les emprunts contractés auprès des "Resident Banks" en devises étrangères par la State Trading Corporation (STC), qui a enregistré des "Hedging Losses" de plus de Rs 3 milliards sur les importations pétrolières en 2008/09.

Pour l'exercice financier se terminant au 30 juin prochain, l'"External Debt Servicing" a nécessité une ponction de Rs 6,3 milliards, soit un "Debt Service Ratio" de 4,7%, alors que pour les prochains six mois, le remboursement de la dette externe sera de Rs 2,7 milliards. Concernant 2010 et 2011, les projections budgétaires pour le remboursement de la dette étrangère sont de Rs 5,5 milliards et Rs 5,9 Md respectivement.

Néanmoins, dans son discours du budget à l'Assemblée nationale, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a trouvé que "Government debt as a ratio of GDP would be 50 percent at end June 2009, 51 percent at end December 2009. For the same periods, public sector debt would be 59 percent and 60 percent, respectively. In fact, Government debt for July 2006 to December 2009 will average 50 percent of GDP as against 5 percent of GDP for the five preceding years. The public sector debt will average slightly below 60 percent of GDP annually compared to 71 percent of GDP in the preceeding five years".

Rama Sithanen ajoutera que ce recours à l'endettement relève des besoins de financement de l'Additional Stimulus Package et également d'une contribution de Rs 287 millions au Fonds monétaire international (FMI) suite à un appel lancé lors de la précédente réunion du G 20 à Londres.


Social et emploi

Rs 9,1 milliards pour les trois priorités du budget

Le budget de transition 2009 identifie trois priorités : préserver des emplois, assurer la protection sociale de la population et se préparer à la reprise économique. A ce titre, relevons des dotations budgétaires de Rs 9,1 milliards concernant la mise en œuvre du plan d'action pour la préservation des emplois et dans le domaine social sur les 18 prochains mois, dont Rs 4 milliards au seul titre de préserver des emplois.

Les mesures budgétaires annoncées à ce chapitre sont :

- Rs 3 milliards, dont Rs 1 Md déjà engagé sous l'Additional Stimulus Package de décembre dernier sous le Saving Jobs and Recovery Fund ;

- Rs 500 millions à un guichet spécial de la State Investment Corporation pour l'acquisition des avoirs des compagnies en détresse en vue d'améliorer leur trésorerie ;

la création du Mauritius Business Growth Scheme pour la promotion des Petites et moyennes entreprises avec une aide financière et technique ;

- mise sur pied d'un Emergency Export Credit Insurance Scheme en faveur de toutes les entreprises avec une souscription de Rs 1 milliard du gouvernement jusqu'à fin 2010 ;

- une ligne de crédits pour la modernisation des équipements des PME, avec des crédits-baux à des taux concessionnaires - une garantie jusqu'à 30% du gouvernement ;

- des fonds additionnels de Rs 300 millions des banques en sus des Rs 500 M disponibles pour encadrer les PME - une garantie de l'Etat à hauteur de 50% ;

- soutien financier de Rs 300 millions à des planteurs, fermiers, éleveurs et pêcheurs pour le financement de divers projets ;

- une assistance aux petits planteurs exploitant une superficie maximale de 12 arpents, avec une réduction de 20% du CESS pour les deux prochaines récoltes, soit Rs 30 millions par an.

- un Micro-Enterprise Financing Scheme pour des femmes entrepreneurs - aide financière jusqu'à Rs 40 000 par tête ou Rs 400 000 pour les femmes entrepreneurs regroupées en société ;

un Work Cum Training Scheme de Rs 300 millions susceptible de préserver quelque 6 000 emplois, avec des possibilités de recyclage de deux jours par semaine ;

- un budget de Rs 200 millions pour les campagnes de promotion de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) ;

- mise sur pied d'un Hotel Reconstruction Scheme jusqu'à décembre 2010, avec possibilité de remboursement de la "Lower 50% of the Wage Bill" ;

- Rééchelonnement des arriérés de bail pour les hôtels, soit de cinq ans pour les petits établissements à compter de janvier 2011 et de trois ans pour les autres ;

suspension des "Rental Payments" pour les hôtels sur une superficie inférieure à un hectare et de moins de 50 chambres ;

- autorisation à des étrangers et des Mauriciens de faire l'acquisition des chambres d'hôtels et de villas en vue de les mettre à la disposition des opérateurs hôteliers ;

- financement jusqu'à hauteur de Rs 5 millions pour des économies d'énergie dans les petits et moyens hôtels ;

- des prêts en roupies pour le financement des acquisitions immobilières sous l'IRS/RES Scheme pour des montants supérieurs à 500 000 dollars, avec remboursements en devises étrangères ; et

- amendements à la loi autorisant les "Non-Citizens" de faire des acquisitions résidentielles hors IRS et ERS sans les autorisations nécessaires.

Au chapitre du "Protecting People", le budget alloué est de Rs 2,4 milliards et les mesures comprennent

- Rs 1,5 Md pour le regroupement sous un seul organisme de l'Eradicating Poverty Programme, le Decentralised Cooperation Programme, le Trust Fund et la National Empowerment Foundation ;

- Rs 300 millions pour le Decentralised Cooperation Programme ;

- Rs 240 millions pour le financement de projets intégrés dans la production d'œufs et d'horticulture ;

- Rs 450 millions pour les bénéfices sociaux ;

- Rs 1,25 milliard pour le Law and Order, avec la confirmation du recrutement de 550 constables ;

obligation aux promoteurs de projets de construction d'une valeur supérieure à Rs 50 millions de consacrer 1% du budget à des efforts artistiques ;

- un budget de Rs 2 millions couvrant la période jusqu'à décembre 2010 en vue d'encourager les artistes locaux avec des "Grants" de Rs 50 000 pour les déplacements à l'étranger, de Rs 150 000 au titre de la collaboration internationale et Rs 100 000 pour le marketing ;

- construction de logements sociaux à Cité-Lumière, Grand'Baie, selon le modèle en place à La Vallette, Bambous ;

- dérogation aux pénalités et intérêts sur des prêts d'un maximum de Rs 50 000 à la Banque de Développement, avec 50% du capital "Written Off" lors du règlement.

Le volet consacré au "Preparing for the Recovery" nécessitera des allocations financières de Rs 2,7 milliards et les principales mesures énoncées sont comme suit :

- un budget de Rs 190 millions pour développer les expertises nécessaires dans la mise en œuvre de l'Additional Stimulus Package ;

- de nouveaux critères pour l'allocation des contrats en raison des goulots d'étranglement au niveau du Central Procurement Board, avec le plafond des contrats susceptibles d'être alloués par les ministères passant de Rs 15 milliards à Rs 50 Md et pour les autres corps parapublics passant de Rs 15 millions à Rs 50 M et de Rs 50 millions à Rs 100 M ;

- mise sur pied d'une Road Development Company, dont la mission sera d'établir des partenariats stratégiques en vue d'assurer la décongestion du réseau routier, avec la construction de routes et de ponts sous l'égide de la Land Transport Authority en devenir ;

- recrutement des experts et des ingénieurs nouvellement formés ;

- création d'un Espace des Métiers (Permanent Job Fair Platform) ;

- démarrage des cours d'alphabétisation et encouragement des jeunes vers l'artisanat.


Mesures fiscales

Les banques et la téléphonie à la rescousse

Le budget de transition 2009 préconise une dizaine de mesures fiscales en vue de soutenir les efforts pour préserver des emplois, avec un appel à la solidarité et la compassion envers ceux pouvant faire un effort nécessaire. Ainsi, les banques commerciales et le secteur de la téléphonie mobile seront appelés à la rescousse avec l'imposition d'une "Solidarity Levy" sur les profits et les chiffres d'affaires des entités.

Les mesures fiscales annoncées sont comme suit :

- Perception au cours des deux prochaines années financières d'une "Solidarity Levy" de 5% sur les profits et de 1,5% sur le chiffre d'affaires des compagnies profitables engagées dans le secteur de la téléphonie mobile et fixe ;

- une "Solidarity Levy" de 3,4% sur les profits et de 1% sur les chiffres d'affaires des banques commerciales profitables pour les deux ans à venir ;

- 2% des profits réalisés par des compagnies doivent être consacrés à un budget consacré à la "Corporate Social Responsibility" pour financer des activités approuvées par le gouvernement ou pour être transférés dans des fonds consacrés à la lutte contre la pauvreté ;

- avec l'introduction de l'année financière civile et une année fiscale de six mois (de juillet à décembre 2009), les contribuables auront un délai (jusqu'au 5 avril 2010) pour se mettre en règle avec le fisc ;

- le plafond pour les transactions des opérateurs du port franc sur le marché local sera porté de 20 à 50%, avec la condition néanmoins que les profits réalisés sur le marché local soient imposables à hauteur de 15% ;

- la TVA sur les projets pour des programmes approuvés par la National Empowerment Foundation sera remboursable aux ONG ;

- l'imposition de l'Excise Duty de Re 1 sur les "PET Bottles" sera étendue sur les cannettes de boissons gazeuses ou alcoolisées à compter du 23 mai ;

- réduction de moitié des taxes, y compris les Excise Duties, Road Tax et autres frais d'enregistrement sur les voitures électriques ;

- pour alléger la trésorerie des promoteurs de projets IRS/RES, la Land Transfer Tax de 25% est payable à la signature du contrat à condition qu'une garantie bancaire soit déposée auprès du Registrar General et la balance payable en trois tranches sur une période de 18 mois ;

- suspension jusqu'à décembre 2010 de la taxe additionnelle de 5% lors des transferts fonciers avec la Land Transfer Tax de 10% réduite à 4% jusqu'à la fin de 2010 ;

- les compagnies opérant sous le régime de Category 2 Global Business Licence seront soumises à des règlements plus rigides en termes d'informations sur le "Beneficial Ownership" et

incorporation des micro-entreprises en vue de leur permettre de bénéficier de certaines facilités disponibles aux PME et avec des exemptions fiscales pour le transfert des propriétés immobilières.


Investissements publics

Rs 27,4 milliards pour des projets d'infrastructure

L'ambition déclarée du budget 2009 consiste à s'inscrire dans le plus ambitieux programme d'investissements au sein du secteur public. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances annonce des dotations de Rs 27,4 milliards pour la réalisation d'une panoplie de projets d'infrastructure, dont le plus important demeure la modernisation du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport (Rs 13 milliards) ; les travaux démarrent en septembre prochain. Nombre de ces projets ont déjà figuré dans de précédents budgets, dont l'Additional Stimulus Package du 20 décembre dernier.

Le gouvernement mise également sur des projets de "Public Private Partnership" pour un montant de Rs 126,3 milliards au cours de ces dix prochaines années, dont le projet de zone de coopération économique de Tianli, également annoncé pour septembre 2009. Les autres projets identifiés sous le PPP sont la ville nouvelle de Highlands, la ferme éolienne de Bigara, une centrale thermique de 100 MW et un projet de développement intégré à Rose-Hill.

Les principaux projets d'infrastructure figurant dans le budget sont comme suit :

- le "Harbour Bridge" pour contourner les principaux axes routiers traversant la capitale et aidant à la décongestion de Port-Louis au coût estimé de Rs 8 milliards sur une période de trois ans ;

- la "Ring Road", une voie alternative à la traversée de Port-Louis au coût de Rs 6 milliards sur une période de trois ans ;

- la "Link Road" entre Terre-Rouge/Verdun (Rs 2 milliards) ;

- la "Link Road" Verdun/Ebène (Rs 800 millions) ;

- le "Bus Rapid Transit System" (Rs 5 milliards);

- la "Bus Lane" sur l'autoroute (de Pailles au Caudan) au coût de Rs 210 millions avec les travaux démarrant à la mi-2010 ;

- la modernisation de l'aéroport de Plaisance (coût de Rs 11 milliards) ;

- construction d'une nouvelle piste d'atterrissage d'urgence (Rs 2 milliards) ;

- Extension du terminal des conteneurs dans le port (des investissements de Rs 5 milliards en 42 mois) ;

- la "East-West Connector" au coût de Rs 4 milliards ;

- un "Dual Carriageway" reliant Pamplemousses à Grand'Baie au coût de Rs 700 millions - début des travaux en 2010 ;

- la "Goodlands By-Pass" au coût de Rs 300 millions, avec la fin des travaux prévue pour 2010 ;

- la "Triolet By-Pass" au coût de Rs 210 millions et fin des travaux l'année prochaine ;

- la troisième voie entre Phœnix et Trianon au coût de Rs 150 millions ;

- projet de Tianli, qui comprend des investissements de Rs 20 milliards ;

- réalisation du projet de Ville nouvelle à Highlands - une enveloppe de Rs 100 milliards en dix ans et le choix imminent du "Master Developer" ;

- et un campus universitaire pouvant accueillir quelque 8 000 étudiants, ce qui nécessite des investissements de Rs 600 millions.


Judiciaire : réduction du délai dans les affaires

Budget (six mois) : Rs 243,9 millions

Salaires : Rs 119,8 millions

Contraintes : manque d'infrastructure, pénurie de personnel adéquat et des délais dans la "Delivery of Judgment"

Objectifs pour 2009 : réduire de 36 à 34 mois le délai pour entendre un procès au niveau de la Cour suprême ;

- de 21 à 20 mois le délai pour une affaire devant les autres instances judiciaires ;

- réduire de dix à neuf mois la durée pour conclure un procès au criminel devant la Cour suprême ;

- de 19 à 18 mois pour les procès au pénal devant les autres instances judiciaires ; et

- de 12 à 11 mois pour entendre des procès en appel.

Bureau du DPP : innovation budgétaire

Budget : Rs 25 millions

Salaires : Rs 13,9 millions

Ce nouveau département dans le budget comprendra un personnel de 54 fonctionnaires, dont la création d'un poste de Deputy Director of Public Prosecutions avec quatre Principal State Counsels, cinq Senior State Counsels et 17 State Counsels.

Au cours de l'exercice financier 2008/09, le DPP avait disposé de 88 cas devant les Assises, tout en traitant de 21 776 cas devant les différentes instances judiciaires. Le bureau du DPP a également émis 41 937 certificats de moralité

Les principales contraintes demeurent le manque de personnel qualifié, la nécessité de formation pour traquer les auteurs de crimes à col blanc et le délai dans le mouvement des dossiers entre le bureau du DPP et la police.

Police : recrutement de 550 constables

Budget : Rs 2,4 milliards

Salaires : Rs 1,7 milliard

Constat en 2008/09 : réduction du taux de criminalité de 5,4% en 2007 à 5,2% en 2008,

mise sur pied d'une National Policing Strategic Framework, informatisation des services au Passport and Immigration Office et installation d'un circuit de caméras de surveillance à Flic-en-Flac.

Les contraintes : un nombre élevé de policiers, soit 250 par an, partant à la retraite et le délai pour assurer les remplacements, la nécessité d'améliorer l'efficience de la force policière avec des outils informatiques, dont un "Crime Occurrence Tracking System" opérant automatiquement dans les postes de police.

Les objectifs : réduire de 5% les cas de vol au domicile, soit à hauteur de 2 900 pour les six prochains mois ;

- accroître le taux de détection des crimes de 35% à 37% :

- réduire le nombre de victimes d'accidents de la route et accroître le nombre de chauffeurs pris en contravention pour des délits for "Dangerous Driving", soit 810 pour les six mois (moyenne de quatre par jour) ;

- déraciner au moins 18 500 plants de gandia jusqu'en décembre prochain contre 36 500 plants détruits pour les douze derniers mois ;

- augmenter le nombre de perquisitions pour des délits de drogue ;

et une présence accrue au niveau de la surveillance de la Zone économique exclusive avec 350 sorties aériennes, soit une moyenne de deux par jour, 785 "Seaborne Surveillance" et quelque 7 850 patrouilles en bateau.

Infrastructure publique : réduire de 30 minutes le trajet Cpe/PL

Budget : Rs 3 milliards

Salaires : Rs 247,7 millions

Constat : proclamation du Construction Industry Development Board Act, adoption du Land Transport Authority Bill, construction du pont de Macondé, entretien du tronçon de l'autoroute entre Grewals et Caudan et de Riche-Terre à Pamplemousses, réasphaltage de 40 kilomètres de route, construction d'un Traffic Centre à Réduit et 145 campagnes de sécurité routière.

Les contraintes : des délais dans les procédures au Central Tender Board pour l'adjudication des contrats, des délais dans l'acquisition obligatoire des terrains pour la mise en œuvre des projets et une pénurie d'expertise.

Les objectifs : réduire la durée du voyage de trente minutes à l'heure de pointe entre Port-Louis et Curepipe d'ici à 2011 ;

- accroître le pourcentage d'usagers du transport en commun de 45% en 2006 à 60% en 2010 ;

- réduire le nombre de victimes d'accidents de la route de 5% ;

- construction de 40 kilomètres de route nouvelle d'ici à 2010 ;

- entretien de 140 kilomètres de routes et de ponts ainsi que d'une route alternative d'ici à 2011 pour entrer dans la capitale en libérant l'autoroute pour le trafic se rendant au centre-ville.

Logement et Terres : accès amélioré au logement

Budget : Rs 370,7 millions

Salaires : Rs 65,3 millions

Constat : adoption de l'encadrement légal pour le LAVIMS ;

construction de 553 logements sociaux type-Firinga à Bambous, Chebel, Henrietta, Ville-Noire, Rivière-des-Anguilles et Rose-Belle ;

- déboursement de Rs 148 millions à 2 778 bénéficiaires sous le "Casting of Roof Slab Scheme", des relevés techniques à Vallée-Pitot, Cité La-Cure et Vallée-des-Prêtres en vue de la construction de logements sociaux,

- des revenus de Rs 813 millions contre Rs 200 M au titre du Campement Site Lease, avec un nouveau barème de bail pour les Pas Géométriques et acquisition obligatoire de 275 arpents de terrain pour des projets.

Contraintes : absence de coordination entre les différents départements et agences engagés dans les procédures pour les "Roof Slab Grants", une absence d'expertise au State Law Office en vue de promouvoir un développement foncier judicieux et des problèmes majeurs par rapport à 138 Campement Site Lessees toujours en litige.

Objectifs : assurer un accès amélioré au logement ;

- l'allocation de 533 maisons construites sur six sites ;

début des travaux pour la construction de 550 Low-Cost Housing sur dix autres sites ;

- réduction du délai de neuf à cinq mois pour les procédures sous le "Casting of Roof Slab Scheme" ;

- réduction de sept à six semaines concernant l'octroi des "Planning Clearances" de projets de développement et des travaux d'infrastructure sur 242 "Service Sites" à Ville-Noire, Souillac et Glen-Park.

Administrations régionales : remise en question du "Grant In Aid"

Budget : Rs 2,5 milliards

Salaires : Rs 183,5 millions

Constat : standardisation des systèmes informatiques dans les neuf municipalités et conseils de district ;

construction d'un nouveau marché à Rose-Belle,

- amélioration des marchés à Vacoas et Pailles et des Sports/MultiPurpose Complex à Paillotte et Sodnac, des travaux à Mare Chicose Landfill en vue d'augmenter la capacité à 4,5 millions de tonnes de déchets, fin des travaux à La Brasserie Transfer Station pour réduire l'attente des camions de 45 à 15 minutes et élaboration de "Guidelines" contre les incendies.

- Contraintes : remise en question de la formule de "Grant In Aid" aux collectivités locales et appel d'offre en juin pour le recrutement d'un consultant international en vue d'une réforme, des tarifs d'électricité supérieurs aux abonnés industriels imposés par le CEB pour l'éclairage des routes et le fait que "hazardous waste has been dealt in a haphazard manner in view of the lack of infrastructural facilities" et ouverture programmée en 2012 d'une "Interim Hazardous waste Storage Facility" à La Chaumière.

- Objectifs : doter la Mare Chicose Landfill d'infrastructure pour la "Capture of Landfill Gas" et réduire l'émission de gaz à effet de serre ;

- mettre en place des facilités sportives à Ebène, Plaisance, Rose-Hill,

éclairage des terrains de football de Bel-Ombre, La Gaulette, Petite-Rivière-Noire, Beaux-Songes, St-Martin, Cascavelle et Petite-Rivière ;

- construction de nouveaux marchés à Centre-de-Flacq, Rivière-des-Anguilles, Chemin-Grenier, Grand'Baie et Abercrombie ;

construction de complexes sportifs à Sodnac, Vacoas, Souillac, Résidences Vallijee, Bon-Accueil, Curepipe, Rivière-des-Créoles, Mare d'Albert et Paillotte,

boucler à 75% l'élaboration d'une nouvelle "Grant In Aid" Formula pour les Administrations régionales et créer un "Enabling Environment" pour une meilleure interaction entre l'Assemblée régionale de Rodrigues et le gouvernement central.

Sécurité sociale : "Social Protection Reform" à l'agenda

Budget : Rs 5,1 milliards

Salaires : Rs 167,9 millions

Constat : extension graduelle de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans au cours des dix prochaines années ;

- - informatisation du "Rodrigues Social Security System" ;

- mise en opération du centre pour personnes handicapées du troisième âge à Pointe-aux-Sables ;

- première phase du "Mauritian Sign Language" et démarrage d'une école maternelle consacrée aux enfants avec des problèmes de vue ; et

- élaboration d'un "Extreme Poverty Profile" comme une des composantes du "Social Register Project of Mauritius".

Contraintes : nécessité de diriger l'aide sociale vers ceux qui en ont le plus besoin et un manque de coordination entre les agences engagées dans le "Delivering of Social Services and Benefits".

Objectifs : développer une stratégie à moyen terme pour une réorganisation et une rationalisation des "Social Programmes and Safety Nets",

- une "Social Protection Reform" à l'agenda ;

- réduire à trois semaines le délai pour le versement des prestations sociales à ceux qui en ont le plus besoin,

- révision du Social Aid Act, et

- réduire le "Processing Time" pour le paiement sous les "National Pensions".

Education : taux de réussite de 37% pour les ZEP en 2009

Budget : Rs 5,3 milliards

Salaires : Rs 1,8 milliard

Constat : "Enrolment Rate" de 92,2% au préprimaire en 2009,

- taux de réussite avec un B en mathématiques au CPE de 37,4% en 2008 contre 27,4% en 2007 ;

- baisse dans le taux d'absentéisme à 12,9% dans les écoles ZEP ;

taux de réussite de 78,9% en 2008 aux examens de HSC et

"Gross Tertiary Enrolment Ratio" de 40% en 2008 contre 34% en 2007 alors que le "target" pour 2008 était de 36%.

Contraintes : des problèmes avec le calendrier scolaire vu la concentration des activités avec la rentrée en janvier, une absence de feedback venant de différents organismes sous la supervision du ministère de l'Education, absence d'engagement actif des "Major Stakeholders", notamment les élèves, les recteurs, les instituteurs ou les parents d'élèves dans le processus de formulation et de prise de décisions dans le domaine éducatif et la "Protracted Nature" des procédures d'appels d'offres.

Objectifs : des "Pass Rates" de 69% au CPE (69%) en 2009 ;

- de 76,2% en anglais au niveau du CPE ;

- de 37% au CPE pour les écoles ZEP ;

- de 78% aux examens du School Certificate ;

- de 79,5% pour ceux du Higher School Certificate et

- un "Gross Tertiary Enrolment Rate" de 43% en 2009.

Agriculture : la barre des Rs 8 milliards pour le poisson

Budget : Rs 870 millions

Salaires : Rs 489,5 millions

Constat : le secteur agricole et celui de la Pêche semblent avoir géré jusqu'ici la crise internationale, avec les recettes d'exportations de poisson demeurant au même niveau qu'en 2007, alors que celles générées par les exportations de sucre n'ont baissé que de 3,2%. Le pays a bénéficié d'un apport financier suite au respect par l'industrie sucrière des "Key Performance Indicators" agréés avec l'Union européenne ; le programme d'épierrage des champs des petits planteurs a touché une superficie de 2 400 hectares alors que la moyenne annuelle est d'un millier d'hectares ;

- un programme de sécurité alimentaire de Rs 987 millions a été élaboré, 200 hectares de terre seront consacrés à la production vivrière ;

- distribution de quelque 200 000 "Prawn Juveniles" en vue de donner un nouvel élan à ce secteur de la pêche.

Contraintes : nécessité de réduire le coût de production des petits planteurs de cannes, réforme du "Cess" dans l'industrie sucrière et risques de maladies.

Objectifs : la récolte sucrière dans les limites des 150 jours,

maintien d'une "competitive export-oriented sugar industry", avec la capacité d'honorer ses engagements contractuels ;

- des recettes d'exportations de poissons au-delà de la barre des Rs 8 milliards pour la première fois ; des revenus en hausse suite à l'octroi des permis à des bateaux de pêche, soit de Rs 28 millions ;

- faciliter la mise en opération de deux nouvelles "Marine Farms" en vue de positionner Maurice en tant que "Seafood Hub".

Santé : projet-pilote d'un "Hospital Cost Efficiency System"

Budget : Rs 3,3 milliards

Salaires : Rs 1,9 milliard

Constat : amélioration de l'espérance de vie à 67,4 ans pour les hommes et à 74,6 ans pour les femmes ;

baisse dans le taux de mortalité infantile,

- démarrage du National Multisectoral HIV and AIDS Strategic Framework pour 2007-2011, avec des traitements spécifiques pour quelque 600 malades ;

- adoption d'un nouvel encadrement légal pour lutter contre le tabagisme et l'alcoolisme, et

une sensibilisation aux problèmes de maladies non-transmissibles.

Contraintes : difficultés pour une évaluation de la "Unit Cost of Intervention", avec la nécessité de démarrer un projet-pilote de "Hospital Cost Efficiency System" au niveau de deux hôpitaux régionaux compte tenu de son extension vers les autres centres hospitaliers ; 90% des femmes adultes et 75% des hommes ne pratiquent pas d'activités physiques en vue de lutter contre les maladies non-transmissibles sans oublier les habitudes alimentaires nullement appropriées ; les départements d'urgences des hôpitaux sont débordés avec le nombre de patients s'y rendant et la nécessité de transformer 12 Primary Health Care Centres afin d'encourager la population à fréquenter ces centres de santé en priorité.

Objectifs : réduire la durée des attentes aux urgences à moins de cinq minutes,

à moins de 12 semaines pour un examen cardiaque complet,

à moins de quatre semaines pour une intervention cardiaque,

à moins de 24 heures pour une intervention neurochirurgicale et

à moins de six semaines pour une intervention chirurgicale non-urgente.


Statistiques budgétaires

Fonction publique : réduction de 917 postes

Le nombre de fonctionnaires accusera une réduction de 917 au cours des prochains six mois en raison principalement des départs à la retraite. Ainsi, la Fonction publique comptera 68 717 employés excluant les "Advisers" contractuels et le personnel des corps para-étatiques, contre 69 421 en 2008/09. D'autre part, les informations disponibles indiquent qu'au moins un fonctionnaire sur deux touche des salaires inférieurs à Rs 19 000.

Selon le "Payroll Data" pour avril dernier, 33 601 fonctionnaires se retrouvent dans la catégorie avec des salaires jusqu'à un maximum de Rs 19 000 par mois alors que la fourchette des salaires de Rs 19 000 à Rs 60 000 regroupe 25 760 personnes de la Fonction publique, avec 697 dans le "club" des salaires supérieurs à Rs 60 000.


Rodrigues : "Stimulus Package" de Rs 100 M

Les provisions budgétaires de Rs 100 millions aux termes de l'Additional Stimulus Package pour Rodrigues sont diversement commentées dans l'île. Pour Alain Tolbize, président de la Rodrigues Government Employees'Association, cette mesure constitue une remise en question de l'autonomie de Rodrigues. Il met en avant que le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a adopté une approche de "One cap fits all" pour Maurice et Rodrigues.

"Les problèmes socio-économiques auxquels fait face Maurice ne sont pas les mêmes à Rodrigues. Le principal problème dans l'île demeure le chômage et on ne peut parler de poches de pauvreté à Rodrigues car plus d'un habitant sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté. Les mesures envisagées dans la conjoncture économique à Maurice ne sont pas appropriées à Rodrigues. Nous ne pouvons nous empêcher de conclure à une réappropriation par Maurice de l'autonomie de Rodrigues avec la complicité de l'Assemblée régionale de Rodrigues", soutient Alain Tolbize.

Le président de la RGEA soutient que le VPM et ministre des Finances se retrouve pris à son propre piège. "La fois dernière quand il avait occulté Rodrigues, il avait trouvé comme parade que c'était un respect pour l'autonomie. Aujourd'hui avec de longues références identifiant des routes à être construites, est-ce toujours par respect pour l'autonomie ?", se demande-t-il.

Les mesures spécifiques à Rodrigues annoncées dans le budget 2009 sont comme suit :

Rs 100 millions sous le "Saving Jobs and Recovery Fund" et une somme pour la sécurité alimentaire au NEF pour un Stimulus Package ;

opération dans l'île d'une antenne pour le "SJR Fund" et le "Food Security Fund" en vue d'encourager les Rodriguais à prendre avantage de ces facilités ;

suspension de la Travel Tax vers Rodrigues jusqu'en décembre 2010, avec le gouvernement compensant le manque à gagner de Rs 10 millions à l'Airport of Rodrigues ;

les facilités mises à la disposition des planteurs d'oignons de Rodrigues et de Maurice seront les mêmes ;

extension aux petits éleveurs de Rodrigues du "Scheme" annoncé pour les éleveurs de cabris à Maurice ;

Rs 22 millions pour le financement de la construction d'une route à Citron Donis et à Baie-Topaze ;

une révision de l'assistance de l'Agence française de développement pour la fourniture d'eau dans l'île, avec les options de dessalement ;

financement à partir du MID Fund du projet de ferme éolienne à Rodrigues ;

des prêts de Rs 150 000 aux pêcheurs abandonnant ce secteur pour s'engager dans d'autres activités économiques, entre autres l'agriculture et l'artisanat ;

programme d'assistance communautaire, qui a vu le déboursement de Rs 6,4 millions pour des projets de réservoirs d'eau domestiques, de distribution de matériels scolaires ou encore de construction de logements sociaux ; et

extension du "DBM Scheme" par rapport au règlement des arriérés par des entrepreneurs à Rodrigues.


Budget - Réactions

M. Tulsiraj Benydin (NTUC): "Contraints de considérer, sérieusement, l'option villes/villages morts"

M. Tulsiraj Benydin (NTUC) note, d'abord, une "contradiction" avec, d'une part, la volonté déclarée du ministre d'assainir la situation dans la Fonction publique en favorisant, par exemple, le gel des recrutements ou la diminution des missions à l'étranger et, d'autre part, la création de nouveaux organismes, notamment, dans le secteur des infrastructures routières. Il se demande si cela ne vise pas qu'à "caser des nominés politiques".

Le syndicaliste s'inquiète de l'importance que l'on veut accorder à l'Empowerment Programme qui, dit-il, au train où évoluent les choses, est en passe de devenir un "super ministère". Selon lui, plutôt que d'accorder autant de responsabilité à cet organisme en matière de formation, il aurait été plus pratique "d'empower" les divers ministères pour s'acquitter de cette tâche.

Mais la déception de Tulsiraj Benydin se situe surtout au niveau de la compensation salariale. Il parle de "frustration" et de "malaise" créés. Pour lui, en effet, il est "inadmissible" que ceux touchant Rs 12,000 ou plus ne seront pas compensés. Il rappelle que ceux-là et leur familles représentent quelque 300 000 personnes. Le porte-parole de la NTUC trouve "regrettable" que le ministre ait entériné les recommandations du National Pay Council (NPC) qui, dit-il, ne sont, en fait, que celles du patronat.

Dans ces conditions, la classe syndicale, déclare M. Benydin, se voit contrainte de considérer sérieusement l'option de villes/villages morts comme voté, par résolution, le 1er mai dernier. Le syndicaliste exprime, davantage, son irritation devant le "mépris", selon lui, affiché par le ministre à l'adresse des syndicalistes. Il rappelle que le ministre ne leur a même pas adressé un accusé de réception à la suite de la correspondance qu'ils lui ont adressée pour solliciter une entrevue.

Cassam Kureeman (MLC): "Rs 12,000, c'est déjà insuffisant pour une vie décente"

M. Cassam Kureeman (MLC) se demande comment les incitations accordées au patronat dans le cadre du Stimulus Package sauraient protéger l'emploi avec l'épée de Damoclèse que constitue l'Employment Rights Act qui, dit-il,en substance, donne toute la latitude voulue au patronat pour licencier comme bon lui semble. Il s'interroge, de même sur ce qu'il estime être l'absence de garde-fous pour prévenir des abus à partir des fonds à être distribués du Stimulus Package.

Préserver l'emploi, c'est aussi l'affaire des syndicats, explique Cassam Kureeman. Il aurait, ainsi, souhaité que des syndicalistes aient droit de regard sur les entreprises méritant, réellement, l'aide de l'Etat "en vue d'une plus grande transparence".

Pour le MLC aussi, la déception vient surtout de la compensation salariale qui sera finalement accordée. "Nous nous attendions à ce que le gouvernement fasse quelque chose de plus. Un salaire de Rs 12 000, ce n'est, déjà, pas suffisant pour une vie décente." Autre déception: le fait que le seuil des exemptions des contribuables n'ait pas été, cette année, augmenté.

Rajesh Buldee (MTUC): Compensation: "Une déception de plus"

Même amertume de Rajesh Buldee (MTUC) par rapport à la compensation salariale. Pour lui, il s'agit, en substance, d'une déception de plus après celle des compensations insuffisantes de 2006/07, 2007/08 et 2008/09. Selon le syndicaliste, le gouvernement aurait bien pu, au moins, arrondir le chiffre de la compensation intégrale pour ceux tout au bas de l'échelle à Rs 400.

Déception, tout aussi, du maintien du National Residential Property Tax (NRPT), "un double taxation, voire, un triple taxation pour ceux habitant les villes", dit M. Buldee. Regret aussi que la subvention universelle à hauteur de 50% pour les frais d'examens du SC et du HSC n'ait pas été rétablie.

Pour le syndicaliste, le budget était aussi l'occasion de revoir tout le système de transport gratuit pour les vieux et les étudiants; le présent système, dit-il, étant surtout au grand avantage des compagnies d'autobus. Selon lui, il aurait, par exemple, été plus équitable de rehausser plus substantiellement la pension de vieillesse des personnes âgées quitte à retourner à l'ancien système pour ce qui est du transport des vieux par autobus.

Lui aussi trouve que trop de responsabilités sont attribuées à l'Empowerment Programme alors que, selon Rajesh Buldee, des organismes tels la HRDC, l'IVTB, le NPCC, l'University of Technology ou UoM sont bien mieux taillés pour s'acquitter de la tâche de coordoner et de dispenser la formation nécessaire aux jeunes ainsi qu'aux salariés devant être recyclés ou être, davantage, formés.

Radhakrisna Sadien (SEF): Stimulus Package: "C'est la population qui paiera, en fin de compte"

Pour M. Radhakrisna Sadien (SEF), la population qui paiera, en fin de compte, pour les sommes à être accordées aux entreprises en difficulté dans le cadre du Stimulus Package n'a "aucune garantie" que son argent sera utilisé "à bon essient" et qu'il n'y aura, surtout pas, malgré tout, pertes d'emplois. Il s'élève, lui aussi, contre la création de la Road Development Company alors que, déclare Radhakrisna Sadien, "l'on a trouvé utile de fermer la Development Works Corporation (DWC)".

Pour le syndicaliste, la décentralisation des services à propos de laquelle on n'a pas entendu un mot aurait été un moyen idéal pour, d'une part, décongestionner les routes et, d'autre part, faire des économies. Le fait de permettre, désormais, aux ministères, d'une part, et aux corps para-étatiques, de l'autre, d'attribuer des contrats sans appels d'offres pour des montants de Rs 50 millions et Rs 100 millions respectivement ouvre, selon le syndicaliste, "la voix aux abus".

Quant à la mesure de diminution par Rs 10 000 des salaires des ministres, M. Sadien estime qu'il fallait, dans la foulée, revoir aussi le nombre des conseillers du gouvernement ainsi que les "fringe benefits" qui sont associés à leurs fonctions. La présente situation de crise était aussi l'occasion, selon lui, de jeter les bases de la participation des salariés aux bénéfices des entreprises. M. Sadien critique, lui aussi, la décision d'entériner les recommandations du NPC pour la compensation salariale.

Ashok Subron (CSG-Solidarité): "Le nouveau budget ne contiendra pas les licenciements massifs"

Pour Ashok Subron (CSG-Solidarité), les mesures du ministre des Finances censées préserver l'emploi équivaut à "étendre un feu à l'aide d'un sceau profondément percé". Il note un aveu de taille du ministre: 5000 pertes d'emplois durant les trois premiers mois de l'année "malgré l'Additional Stimulus Package de Rs 10.4 milliards". Ce qui, déclare le syndicaliste, confirme qu'il y a "bel et bien licenciements massifs" dans le sillage de l'adoption, début février dernier, de l'Employment Righets Act.

Pour la CSG-Solidarité, cette nouvelle loi du Travail couplée à la crise économique ont déclenché une "spirale de licenciements". Selon cette confédération syndicale, le nouveau budget ne pourra en rien ni contrôler ni arrêter les licenciements. D'où l'allusion au feu et au sceau profondément percé de M. Subron.

Pour lui, "l'unique moyen" pour contenir cette "spirale de licenciements" c'est, d'une part, de geler l'Employment Rights Act et de mettre en place un nouveau mécanisme du type Termination of Contrac Service Board (TCSB). "A court terme, il s'agira aussi d'élaborer un "rescue plan" sous contrôle public et des travailleurs. Il s'agit aussi de développer une stratégie de développement qui ne dépende pas entièrement de secteurs fragiles axés sur l'exportation".

Selon le syndicaliste, il serait "illusoire" de croire qu'on en finira avec les licenciements massifs "tant que l'on se sera pas défait de l'Employment Rights Act". Il explique qu'alors que la période de croissance de 2007 à 2009 a été "financée par une baisse des salaires réels", celle de crise "sera encore financée par une baisse des salaires réels et des licenciements massifs".

"Ce sont les travailleurs qui portent le fardeau de la crise", déclare Ashok Subron. Pour lui, avec le budget 2009, le gouvernement instaure un quasi-gel des salaires. "Par le biais du National Pay Council (NPC), l'Etat contraint les bas salaires à subventionner à hauteur de Rs 500 chacun le fardeau de la crise". Selon lui, déjà, durant les trois années de croissance, les travailleurs ont subventionné à hauteur de Rs 11 milliards le patronat. "Et cela, sans compter le coût de la dépréciation de la roupie et son effet sur le pouvoir d'achat".

Cette fois, dit-il, non seulement les travailleurs subventionnent, de nouveau, le patronat "par la situation de quasi-gel de salaires mais encore par la mise en place du concept 'mix of work and training'". "Il y a une réduction des salaires réels sans garantie qu'il n'y aura pas de licenciements". Dans la conjoncture, déclare M. Subron, la CSG-Solidarité réaffirme son adhésion à l'idée de villes/villages morts comme approuvée par le Forum du Peuple le 1er mai dernier et s'alignera sur toute décision en ce sens dans les jours à venir.

Henri Favory (dramaturge et metteur en scène) "Toute aide aux artistes est bienvenue..."

Henri Favory (Troupe Favory) réagit globalement aux aides contenues dans le Human Resource Development, Knowledge and Art Fund : "Toute aide aux artistes de théâtre est bienvenue et positive mais il faut voir comment cela est appliqué dans la pratique. L'expérience nous a montrés que ça ne marche pas de manière idéale..." Henri Favory trouve que les dotations budgétaires visant à encourager le théâtre sont globalement positives mais émet des réserves quant au déroulement des choses sur le plan administratif. Si le gouvernement a pris des engagements pour financer la location des salles de théâtre partiellement (les trois dernières répétitions et la soirée gala), il n'y a pas que les frais de salle, déclare Henri Favory. Il y a aussi les frais des machinistes, éclairagistes, les heures supplémentaires des technniciens. Est-ce que tout cela sera pris en charge ? Pour son dernier spectacle (L'Avare), la Troupe n'a pas pu payer les Rs 300 mille pour les frais du théâtre et les heures supplémentaires des techniciens. Elle a dû faire appel à des sponsors..." S'il y a un encouragement global, nous dit Favory, il faudrait aborder la question d'encouragement du théâtre à Maurice en profondeur. "Nous avons été quelques uns à créer le théâtre mauricien à partir de l'indépendance mais il n'existe pas de politique culturelle bien définie dans ce domaine... Il n'y a toujous pas de directeur de théâtre à Maurice..."

Gaston Valayden (comédien, dramaturge)

Le directeur de la Troupe Sapsiway nous dit que l'aide aux troupes de théâtre est globalement positive. C'est un fait que le coût des salles est élevé. Nous avons pu jouer dans le passé grâce à l'aide des sponsors et aux concessions faites par les municipalités pour le Théâtre de Port Louis et le Plaza. Autrement, nous sommes amenés à jouer dans les petites salles. Il est intéressant de vouloir promouvoir le théâtre mauricien mais il faut voir les conditions derrière tout ça et les porocédures à suivre. Dans le passé, il y a eu des aides promises aux troupes théâtrales qui ne sont jamais devenues une réalité.

RS 2 M pour le musée de la photographie : "Un pan du patrimoine mauricien préservé"

Tristan Bréville, photographe et directeur du Musée de la photographie se dit "agréablement surpris et content que tout un pan du patrimoine mauricien sera préservé. L'argent c'est le nerf de cette préservation... c'est la première fois depuis 43 ans qu'un ministre des Finances accepte de faire un pas vers un musée privé, pourtant à chaque budget nous avons eu des rencontres..." Selon Tristan Bréville, c'est un très bon signe que l'état s'intéresse aux collections qui font partie du patrimoine national. La somme est symbolique, poursuit le directeur du Musée de la Photographie. "Nous avons demandé à Rama Sitahnen d'entrer dans une logique moderne (mettre Maurice sur la même voie que les grands pays avec des archives et un Musée de la photo)..."

Tristan Bréville dit qu'il aurait aimé que le musée de la photo soit accessible à tout le monde. La possibilité de rendre le musée gratuit existe avec l'aide de la mairie de Port Louis. Il y a des consultations en ce sens. Il y a énormément de documents qui doivent être restaurés (collections de documentaires sur Maurice, etc;) Tristan bréville évoque parmi ses projets, Le Répetoire Culturel Mauricien, sur support DVD. Un projet qui sera prêt d'ici décembre 2009, au coût estimé de RS 20M. Si l'Etat et le secteur privé contribuent à ce projet, le patrimoine culturel sera enrichi.

François de Grivel, vice-président de la MEF : "Budget ambitieux, mais nécessaire"

"Dans une période de crise internationale, ce budget est relativement ambitieux mais nécessaire pour la relance de notre économie", estime le vice-président de la Mauritius Employers Federation (MEF). Toutefois, dit-il, il faut qu'il soit mis en place très rapidement car les indications données par le ministre des Finances sont intéressantes. Prévoyant que la crise actuelle sera d'autant plus conséquente dans quelques mois à venir, François de Grivel fait ressortir qu'il reste que "nous devons trouver avec le gouvernement les mécanismes qui vont être mis en place par rapport aux propositions qui vont être faites". Il rappelle que ce budget fait provisions pour pouvoir faire face aux risques de pertes d'emploi car l'objectif, dit-il, c'est de permettre aux entreprises les finances nécessaires pour tenir le choc et éviter les licenciements qui ne sont pas souhaitables.

Patrice Legris (AHRIM) : "Le GM a compris les difficultés et les enjeux du secteur touristique"

Les mesures annoncées par le Grand Argentier sont favorablement accueillies par les hôteliers. Ils estiment que les recommandations de l'Association des Hôteliers et des Restaurateurs de l'Île Maurice (AHRIM) ont été prises en compte. Patrice Legris, le CEO souligne que "le gouvernement a compris les difficultés et les enjeux du secteur touristique pour les prochains 18 mois qui seront extrêmement difficiles pour tous les opérateurs du tourisme". Outre le soutien aux entreprises vulnérables, notamment aux petits et moyens hôtels et restaurants, la préservation de l'emploi et la relance de l'investissement, les mesures annoncées pour les petits et moyens hôtels constituent, selon lui, une "bouffée d'oxygène". Ces mesures réjouissent également les membres de la commission des Petits et Moyens Hôtels. "Nous sommes heureux que nos propositions aient été retenues tant pour le loyer que pour l'investissement", indique Patrice Legris. "L'AHRIM est heureuse des mesures annoncées pour le secteur IRS qui connaît aussi des difficultés en temps de crise", souligne-t-il. Les hôteliers accueillent également positivement la rallonge budgétaire accordée à la MTPA. Ceci, selon l'association, permettra d'accroître la visibilité de la destination Maurice auprès des touristes qui voyagent encore.

Raj Makoond (JEC) : "Un budget qui nous positionne à faire face à une crise d'envergure exceptionnelle"

Considérant que l'approche du ministre des Finances de présenter un budget s'étalant sur 18 mois est appropriée dans la conjoncture actuelle, le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond, souligne que "ce budget nous positionne à faire face à une crise d'envergure exceptionnelle pour pouvoir bounce back lorsque le cyclone passera". Selon lui, ce budget a été préparé dans des conditions difficiles sans perdre de vue les paramètres macroéconomiques. Ainsi, l'ensemble du budget présenté par le Grand argentier est positivement accueilli par le patronat qui estime qu'a priori ce budget tient compte de la crise et son aggravation en ce qui concerne la durée. Raj Makoond souligne ainsi les points saillants de ce budget, dont les mesures en faveur des PME, des investissements conséquents dans les infrastructures et le développement du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication… Commentant l'injection d'un montant additionnel de Rs 2 milliards dans le 'Saving Jobs and Recovery Fund' (SJR Fund), le directeur du JEC fait ressortir que le budget démontre le souci de préservation d'emploi. Il salue également l'effort fait par rapport à l'augmentation du soutien financier aux entreprises en difficulté, toujours dans le but de protéger les emplois. Le JEC est aussi d'avis que l'engagement des autorités au niveau de la mise en œuvre des projets de développement d'infrastructures va certainement donner un coup de fouet au secteur de la construction et va dans le sens d'une relance. Le secteur privé salue également la performance par rapport au déficit budgétaire qui reste, souligne Raj Makoond, dans les normes du G20. Toutefois, le JEC souhaite que l'aspect temporaire de la mesure concernant la levy sur les revenus et profits des banques et compagnies de téléphonie soit respecté par le gouvernement.

Harold Mayer (CIEL Textile) : "Un budget bien balancé"

Pour le CEO de CIEL Textile, Harold Mayer, ce budget démontre qu'un gros travail a été fait en amont. Il est d'avis que dans le contexte actuel, il est impératif de soutenir les entreprises, ceci en vue d'éviter les pertes d'emplois. "Ce budget est bien balancé", estime Harold Mayer appuyant ses propos sur les différentes mesures qui découlent du renforcement de l'Additionnal Stimulus Package. Harold Mayer salue également les mesures préconisées pour la relance, notamment dans le secteur touristique, le textile et la construction.

Joe Lesjongard: "Sithanen donne l'impression d'être perdu et essouflé"

Le quatrième budget du ministre des Finances, Rama Sithanen, "ne dévoile rien de nouveau", estime le député indépendant, Joe Lesjongard. Il estime les mesures annoncées comme étant du "déjà-vu". Ce gouvernement compte à son actif quatre budgets mais les résultats ne sont guère palpables, dit-il. Il cite en exemple, les projets d'infrastuctures énoncés, ajoutant que ce sont les mêmes que ceux des années précédentes. L'Additional Stimulus Package n'ayant pas amélioré la situation selon Joe Lesjongard, il reste dubitatif des mesures préconisées par le gouvernement pour sauvegarder l'emploi. Pour l'ancien député du MSM, "Rama Sithanen donne l'impression d'être une personne essoufflée. Il semble perdu et peine à avoir des idées pour nous sortir de cette situation sans précédent".

Maurice Allet : "La population est amère. On va arriver à une désobéissance civile"

Le PMSD est déçu du discours budgétaire de Rama Sithanen. Pour Maurice Allet, ce budget est "un budget de grand discours, que du blabla… Un discours d'intentions sans rien de concret". Son parti déplore le manque de considération pour le petit peuple, principalement avec l'avalisation du gouvernement des recommandations du National Pay Council. "C'est un gouvernement qui soutient 'put people first'. Mais nous avons réalisé péniblement durant ces quatre ans que ce même gouvernement a fait baisser le pouvoir d'achat. La classe moyenne s'appauvrit et les pauvres deviennent encore plus pauvres", souligne le leader du PMSD. Il note ainsi de nombreuses lacunes dans ce budget relevant que "pour le ministre des Finances, on dirait qu'il n'existe que 30 familles pauvres à Maurice". Si des mesures ont été prises pour la protection d'emplois, le PMSD estime qu'en ce qu'il s'agit de l'aide aux PME, "tout n'est toujours que discours". Selon lui, la mise en application est une autre paire de manches. Quant aux projets d'infrastructures énoncés par le Grand argentier, Maurice Allet est d'avis que Rama Sithanen "essaye de berner la population avec ses mesures". Selon lui, avec ce budget et le pouvoir d'achat qui diminue jour en jour, "je crois que la population est amère et on va arriver à une désobeissance civile".

Anil Gayan : "Un non event budget. Pas d'imagination"

"Le body langage du ministre des Finances et des députés de la majorité démontrent qu'ils savent dans quel pétrin économique nous nous trouvons", estime le leader du Front National Mauricien (FNM), Anil Gayan. Ce dernier est d'avis que ce quatrième budget de Rama Sithanen ne comporte rien en faveur du petit peuple. "C'est un 'non event budget', avec des fonds, des projets mais c'est du rassi. Des projets depuis des années mais sur lesquels ont n'a pas avancés. Il n'y a aucune imagination dans ce budget", dit-il. Anil Gayan soutient que le gouvernement a fait languir la population, mais au final, lorsqu'on prend en compte les mesures, le peuple se sent lésé. Saluant toutefois l'effort pour le budget autonome du DPP, le leader du FNM indique que la même chose serait souhaitable pour le Judiciaire.

Vinod Seegum (Government Teachers' Union) :

Ce "Chocolate-coated Budget" n'annonce rien de nouveau dans le secteur éducatif. Rien n'a été dit concernant le préscolaire et encore moins le primaire. Nous ne savons pas grand-chose sur la répartition de l'argent alloué à l'éducation primaire. Nos questions portant sur la lutte contre l'échec scolaire, la formation des enseignants, les enfants à besoins spéciaux, le "Pupil-Teacher Ratio" et les infrastructures entre autres restent sans réponse.

Sunil Jhugroo (General Purpose Teachers' Union) :

Le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, a mis l'accent sur une réforme éducative axée sur les "extra curricular activities". Nous constatons que ce budget ne soutient pas les structures et ressources, qui sont indispensables à la réalisation de cette axe de la réforme. C'est dans cette optique que nous avions demandé durant l'exercice prébudgétaire le recrutement de ICT Teachers et d'instructeurs d'éducation physique.

Ashik Junglee (Association des Mentors/GPTU) :

Nous notons avec regret que l'éducation primaire reste le parent pauvre du budget 2009. Ce dernier n'accorde pas assez de ressources pour combattre la pauvreté et l'insécurité dans le pays aussi bien qu'éradiquer les inégalités sociales systématiques de l'éducation nationale (…) Au lieu de recruter 2 000 nouveaux policiers et de construire de nouvelles prisons on aurait dû renforcer davantage les ressources humaines au niveau du primaire pour assurer le développement humain et moderniser le système éducatif. Nous sommes satisfaits des mesures visant à contenir la pauvreté et la criminalité dans la société mais nous trouvons que le budget s'attaque aux fléaux sans se soucier des causes de la racine du mal.

Krishna Ramanah (Education Officers' Union) :

Nous nous attendions à une bouffée d'air frais. Le secondaire d'Etat a besoin d'éducateurs dans ses collèges. Il y a un manque sur ce plan, tout comme la nécessité de recruter des recteurs, pour des postes qui sont toujours vacants, et des adjoints. Malheureusement, le budget n'a rien préconisé dans ce sens.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 24 mai 2009