o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 19 avril 2009



  Faits et effets… - La fatalité dynastique
  Humeur - Parallèles
  Pris sur le vif - Embouteillages
  Carnet - Le choix des urnes


Faits et effets...

La fatalité dynastique
Josie Lebrasse


C'est entendu, tous les partis dits traditionnels à Maurice se ressemblent. À peu de choses près, ils sont tous les mêmes. Il n'y a que les leaders qui diffèrent. Et encore, s'interrogeront à juste titre certains. Celui-ci, fils de celui-là, sait se faire charmeur pour mieux confondre ses interlocuteurs, l'autre porte l'histoire de ces derniers 40 ans sur ses épaules mais, lui, il est venu de nulle part. On ne sait rien de son père, si ce n'est qu'il a été un modeste fonctionnaire qui redoutait les risques d'un engagement aussi poussé que radical du fils, mais on finira quand même par connaître sa mère, bien obligée, par les circonstances dangereuses des années de braise, d'être engagée à ses côtés.

On ne savait rien de ce jeune homme providentiel en son temps qui, à 22 ans seulement et, de passage dans son pays, a écrit deux lettres dans l'express en 1967 qui ont fait date parce qu'elles allaient au cœur de la problématique post-indépendance, un pays coupé en deux politiquement et communalement. Et il appelait à un gouvernement d'unité nationale pour un nécessaire apaisement après une âpre campagne autour de l'indépendance. La suite, on la connaît. C'est de l'histoire contemporaine. Il y a un troisième leader, "fils de" également qui est aussi pressé de devenir Premier ministre. C'est, paraît-il, inscrit dans les gênes. Un patrimoine en plein essor, si l'on en croit les déclarations des plus ardents défenseurs de la dynastie en politique.

De tous les partis, il n'y avait que le MMM jusqu'ici qui a su résister à la fatalité dynastique pour des raisons qui sont inscrites dans sa propre histoire et celle de son leadership historique. Ne pas organiser la relève d'un parti et de toute autre organisation sur la seule base de la filiation est une valeur chère à la gauche. Tous les partis s'en réclamant, ici et ailleurs, ont observé scrupuleusement cette tradition parce que le contraire équivaut à nier à ceux qui n'ont aucun nom qui résonne de pouvoir accéder au top job. Pradeep Jeeha, qui après avoir totalement ignoré les valeurs intrinsèques du militantisme telles qu'elles ont toujours été reconnues et pratiquées, a commencé par proposer que le communalisme soit institutionnalisé dans son parti en décrétant que le Premier ministre désigné doit être d'une communauté et d'une caste spécifique, mais a affiné ses propositions. En termes de poste réservé, il a exposé sa petite idée sur le leadership du MMM. Il y voit le "fils de"… l'actuel leader.

Un premier constat : c'est effarant à quel point les camarades en qui Paul Bérenger dit avoir une bien belle confiance font comme s'il était sur le départ, à la veille de la retraite. On dispose de son poste dans le parti, on lui suggère l'abandon de ce qui lui reste de velléité d'aspirer à être de nouveau Premier ministre. C'est une opération liquidation qui ne dit pas son nom. En d'autres temps, pour tant d'écarts et pour moins que ce que Pradeep Jeeha a fait, un dirigeant du MMM aurait été, au pire, suspendu des instances et, au mieux, essuyé une motion de blâme. Mais, autres temps, autres mœurs. Aujourd'hui, on s'accommode de tout ou presque. Aux pires reniements en termes de valeurs. Il est néanmoins heureux que Paul Bérenger ait, hier, apporté deux mises au point tant sur le poste de Premier ministre que sur les dynasties.

Le 22 mars dernier déjà, voilà ce que nous écrivions dans ces mêmes colonnes : "Il y a bon nombre de Mauriciens qui ne sont pas intéressés par leur "bout" et qui veulent, tout simplement, voir progresser le pays sur tous les plans, surtout à celui de la méritocratie, pour que les "fils de" - vous avez remarqué, c'est rarement "fille de"- n'aient plus un droit de succession automatique au "top job" malgré une loi sur l'égalité des chances vendue comme un sésame censé ouvrir toutes les portes à tous et qui ne nous avance finalement à rien dans nos actions, dans le concret et dans nos réflexions au quotidien. Il y a des postes qui sont toujours réservés puisque certains et non des moindres décrètent qu'un tel ne peut se présenter comme Premier ministre en raison d'un accident de naissance et autres handicaps entretenus. Et cela se passe dans un pays où ses dirigeants se gargarisent de modernité !"

Et pendant que le nouveau grand penseur et stratège du MMM se répand en déclarations et interviews, les unes plus fracassantes que les autres, l'héritier politique d'une très grande famille indienne, Rahul Gandhi, déclarait, jeudi dernier, lors d'un rassemblement dans le Punjab, qu'il allait mettre une fin aux dynasties. Voilà ce que rapporte, jeudi dernier, Jeremy Page, le correspondant du Times de Londres en Inde pour couvrir les législatives qui s'y déroulent : "He is tipped to be Prime Minister within two years if Congress and its allies win, following in the footsteps of his father, his grandmother, Indira Gandhi, and his great-grandfather, Jawaharlal Nehru. Yet he came to this rally near the city of Bathinda with a seemingly contradictory message : Elect me and my friends, and we will dismantle the dynastic political system that we represent. The youth in India expect change in politics, change in the way we do politics. I think that's fundamental."

Au lieu d'avancer, certains s'organisent pour nous faire mieux reculer. Dans le privé, ce n'est que maintenant que le cartel des grandes familles commence à régresser. Ça ne va pas assez vite. En politique, il s'en trouve, malheureusement aujourd'hui, même parmi ceux qui ont révolutionné les esprits et la pratique, pour prôner la perpétuation d'un système qui est loin de correspondre à la méritocratie. À ce rythme, pour beaucoup de jeunes sans patronyme ni patrimoine ou génome connu, Maurice risque fort d'être une République des horizons bouchés. Ça, c'est vraiment triste…




Humeur

Parallèles
Jean-Claude Antoine


La légende du MMM racontait autrefois que le but du mouvement des étudiants devenu parti politique, par la force des événements, était de " reprendre le flambeau du Parti Travailliste des origines ". Flambeau que feu SSR avait abandonné en s'alliant avec le PMSD après l'indépendance pour faire le gouvernement de coalition qui allait suspendre la Constitution, proclamer l'état d'urgence, interdire les syndicats, renvoyer les élections et instaurer la censure de la presse. Quand on regarde attentivement ce qui se passe au sein du MMM, au cours de ces dernières semaines, on peut affirmer que les mauves ont atteint l'objectif politique établi à la fin des années 1960, ces fameuses années de braise de la légende. À la veille de ses 40 ans, et quoi que puissent déclarer ou écrire ceux qui l'ont quitté au fil des deux dernières décennies, le parti que dirige toujours Paul Bérenger a atteint au moins un de ses objectifs politiques. À une nuance près : ce n'est pas le flambeau du Parti Travailliste qu'il a repris, mais celui du début des années 1980. C'est-à-dire une formation politique usée par le temps, le non renouvellement des hommes, l'abandon des principes, une stratégie que personne ne comprend plus, une direction coupée de sa base, de ce qui en reste, ou chaque décision provoque son lot de protestations et de démissions. Il y a 40 ans, ceux qui démissionnaient du PTr étaient qualifiés de traîtres, aujourd'hui ceux qui quittent le MMM ont droit au titre de " roder bout ". La ressemblance entre le PTr du début des années 1980 et le MMM d'aujourd'hui est saisissante. Comme les mauves aujourd'hui, les Rouges étaient arrivés péniblement aux années 80. Refusant de voir les signes inscrits sur les murs, ils répétaient entre eux qu'ils étaient le plus grand parti du pays et avaient pour eux leur passé historique. En oubliant volontairement que du passé il ne restait pas grand-chose, en dehors de quelques slogans qui, à force d'avoir été répétés - et violés -, avaient fini par se dévider de leurs sens. Ce qui n'empêchait pas les dirigeants de les reprendre lors des grandes occasions symboliques. Comme le 1er-Mai.

Dans l'une comme dans l'autre formation politique, la guerre des clans avait remplacé celle des classes et le communalisme - scientifique dans le cas des mauves - remplacé les idéaux communistes et l'espoir que les lendemains allaient chanter, enseveli sous le béton de la realpolitik. Chez les rouges comme chez les mauves, au lieu de redescendre vers la base pour rechercher une nouvelle vigueur et du sang jeune pour revigorer le parti, ils s'étaient contentés de partager les responsabilités entre les caciques du parti et d'entonner le refrain connu " nou pli fort, nou pé gagné ". En dépit de la dégringolade manifeste dans l'opinion pour les rouges et les défaites électorales accumulées pour les mauves, aucune réflexion n'a été entamée, aucune analyse commanditée pour redresser la barre. On a gardé les mêmes, aux mêmes postes, pour continuer. Pour tenter de donner le change - à qui, puisque personne n'est dupe dans les deux cas ? -, on a rajeuni les instances dirigeantes par quelques nouvelles têtes nommées par le leader. Au début des années 80, le nombre de membres du bureau politique du PTr devint un sujet de raillerie au sein du MMM qui se vantait à l'époque du fonctionnement démocratique de ses structures. 40 ans après, les mauves imitent les rouges sur ce point. Depuis 2005, aucune élection interne n'a été organisée et tous ceux qui ont été nommés pour renforcer les structures dirigeantes du MMM et leur apporter ce sang neuf tant recherché sont des nominés du leader. Dont les noms ont été annoncés avant qu'ils ne soient ratifiés par les instances responsables. Il y a eu tellement de nouveaux nominés, disent les mauvaises langues mauves - qui sont plus nombreuses qu'on ne le croit - qu'en raison de l'exiguïté des locaux du MMM, les membres du CC et du BP devront travailler selon un shift system. Au fil des alliances électorales conclues dans le ventre de l'histoire, on a pu entendre des lyriques proclamer que le MMM était le petit frère du PTr. Ce qui se passe aujourd'hui chez les mauves pourrait laisser penser que le MMM est le clone du PTr. Des années 1980, bien sûr.

Si le MMM n'y prend garde - mais est-ce qu'il est encore capable de le faire alors qu'il est englué dans ses contradictions, ses alliances faites, défaites et à venir, ses alliées qui étaient hier ses ennemis et qui peuvent rapidement le redevenir ? - il va finir comme le PTr des années 1980. Balayé par une vague de mécontents, soutenue par ses adversaires, et l'abandon de ses troupes qui se reconnaissent de moins en moins en lui. Si cela arrive, Navin Ramgoolam aura, lui aussi, atteint son objectif déclaré " mo pou fini MMM ! " Avec une énorme nuance : c'est que la direction du MMM aura tout fait pour lui faciliter la tâche.




Pris sur le vif

Embouteillages
Jean-Claude Antoine


- Hé toi là, qu'est-ce qui t'arrive ? On dirait que tu vas éclater.

- Tu as raison, je suis comme un tempo sur le point d'exploser, je te dis.

- Ki fine arrive toi encore ?

- Je suis plein avec ce pays, de ses personnalités et de ses policiers

- Qu'est-ce qu'il y a encore encore ?

- On ne peut plus circuler dans ce pays. Je suis plein de ces chemins qu'on bloque, je ne sais pas pourquoi, et il te faut prendre un autre chemin supposé casse contour pour retrouver la bonne voie.

- Ah, je vois ce que tu veux dire. Tu veux parler de la route d'Ebène qu'on a fermé parce qu'on fait des travaux de tout à l'égout là-bas. Ecoute bonne femme, il faut bien qu'on fasse des travaux pour placer ces tuyaux-là. Sinon, un de ces jours, on va étouffer avec tu sais quoi !!! Ça va se déverser sur nous. Il y a un prix à payer pour le progrès, toi.

- Ça, je suis d'accord. Mais si tout le monde paye pareil.

- Mais je ne comprends rien du tout à ce que tu dis. Si tu as quelque chose à dire, cause carré, carré bonne femme.

- Laisse-moi te raconter ma journée et après tu vas me dire…

-… allez, expliz to ka…

-…si tu vas prendre ton ton de docteur conne tout là, moi je ferme ma bouche.

- Ce que tu peux être susceptible, foutour ! Allez cause, je t'écoute.

- Sans remarques foutan, s'il te plaît. Je ne suis pas en état de supporter aujourd'hui.

- Faire moi pensé envoye toi un peu sensisive… non, non sorry… je ne ne vais rien dire, je te promets… alors.

-Comme la route de Réduit est fermée je suis passée par Vandermeersch. Et là, on a été bloqué pendant plus d'un quart d'heure. Tu sais pourquoi ? Parce que les motards bloquent les feux et dégagent le trafic pour que le vice-Premier ministre ne soit pas bloqué. La police crée un embouteillage qui bloque tout Rose-Hill et Beau-Bassin juste pour que le vice-Premier ministre ne soit pas pris dans un embouteillage.

- C'est pas vrai, toi.

- Demande à tous ceux qui passent par là: c'est comme ça tous les matins, toi. Et en plus, pendant qu'on attendait, tu sais ce que l'on entendait à la radio, le policier de la route lisait un communiqué pour informer le public que tout le vieux Port-Louis allait être fermé vendredi à partir de 13 heure.

- Pourquoi? Le président chinois est revenu en visite chez nous ?

- Pas du tout. J'ai appris ça après, la police a bloqué la circulation pour laisser passer le cortège de mariage d'un député du gouvernement.

- Mais toi tu n'as rien à faire dans le vieux Port Louis, toi.

- Et alors. Parce que ça ne me concerne pas, je ferme ma bouche ! Belle mentalité, ma chère. Ça même le patriotisme dont tu parles tout le temps là, ça ? Et après, on s'étonne que le pays soit en train de reculer sur tous les plans… mais c'est pas fini... en sortant du travail, je suis allée un coup au supermarché où soi-disant il y a des promotions…

- Il n'y avait pas.

- Rien de bien excitant en tout cas. J'ai brûlé mon essence pour rien, je te dis. Et quand je sors dehors, il y a une pluie ça, je te dis dis, on ne voyait pas à un mètre devant et il y avait une circulation sur l'autoroute. Comme tous les soirs. Et voilà que des motards arrivent et poussent tout le monde des deux côtés de l'autoroute pour laisser passer le cortège du président de la République. Zotte pas capav sorti un peu bonheure zot lakaz pou alle dans zotte fonctions au lieu d'emerder les gens sur la route un soir de pluie…

- …Ecoutes, tu as eu un peu de malchance…

-… un peu !!! mais c'est pas fini…

-… ah bon...

-… Mais oui. Quand j'ai réussi à atteindre la bretelle de la Cyber cité, il y avait déjà un embouteilage monstre avec tous les gens allant vers Beau- Bassin, Rose-Hill sous la pluie. Et je ne te parle pas de ces mal élévés d'automobilistes qui ne respectent pas la priorité et font du slalom entre les files au risque de rayer ta voiture pour avancer d'une place.

- Ces resquilleurs-là sont terribles. Ils peuvent provoquer des accidents...

- Et ça jure ta maman fort fort même quand tu oses seulement les regarder de travers. Et je ne te parle pas des femmes qui veulent toujours passer devant toi. Elles sont toujours plus pressées que tout le monde, elles. Ecoute cela faisait vingt minutes qu'on roulait demi centimètre par demi centimètre, quand tout à coup des motards sont arrivés avec leurs feux et leurs sirènes tout ça.

- Ah je sais. Il y avait eu un accident, ça même le chemin était bloqué

- Pas du tout. Ces motards étaient là pour pousser les automobilistes dans l'embouteillage des deux côtés de le route…

- ...pour régler la circulation?

-… pas du tout, ils étaient là juste pour faire passer le vice-Premier ministre qui rentrait chez lui. Lui, il a besoin de rentrer chez lui, toi non. Ils ont poussé tout le monde des deux côtés pour faire un passage pour la voiture du vice-Premier Ministre et son cortège.

- C'est pas vrai, toi.

- C'est la vérité vraie. Des centaines d'automobilistes sont témoins. Après cette journée, je sais quel est le travail des motards de la police mauricienne.

- ???

- Pas gérer le trafic, mais créer des embouteillages. Et j'ai compris une autre chose.

- ???

- Pourquoi un automobiliste peut avoir parfois envie de kidnapper un policier…




Carnet

Le choix des urnes
Patrick Jean-Louis


"L'important c'est de tirer une leçon de chaque échec", aimait dire le redoutable tennisman John McEnroe quand on lui parlait de ses défaites, qui ne montraient pas toujours l'Américain sous un bon angle. Mardi dernier à l'heure du choix des urnes pour l'assemblée générale élective du Comité National Olympique Mauricien (CNOM), Jean-Michel Giraud est certes tombé en ne récoltant que 8 voix, soit une de moins pour provoquer un deuxième tour face à Elvis Bonne (9 voix). P ar contre, il a eu le mérite d'avoir pu percer la citadelle de Philippe Hao Thyn Voon par le biais de l'élection de Koomaren Chetty,. Les urnes ont parlé mardi dernier. Pour Philippe Hao Thyn Voon, le président sortant, comme pour Jean-Michel Giraud le challenger. Il s'agit, pour l'un comme pour l'autre, de tirer les leçons de cette élection, qui, il faut l'avouer, ne ressemble en rien aux précédentes consultations 'olympiques'.

D'abord loin des sempiternels "dinosaures" qui ont toujours caractérisé ce rendez-vous, cette élection a permis l'émergence d'un certain nombre de nouvelles têtes , dans l'opposition comme dans l'équipe déjà au pouvoir, qui mérite d'être mentionnée. Le judo par exemple s'est débarrassé d'un Cyril Godère - qui a lutté jusqu'à la dernière minute pour avoir son ticket et qui a pendant longtemps symbolisé l'immobilisme au CNOM - pour faire de la place à Lindsay Paul. La natation a trouvé en Doreen Tiborcz (présidente), une dirigeante animée, déterminée, efficace et tout à la fois capable de redonner vie à une fédération restée amorphe pendant deux ans. Le handball, par l'entremise d'Elvis Bonne, prend un nouveau souffle après la gestion catastrophique de Dario Chavrimootoo. Tandis que le cyclisme, avec Berty Appadoo, témoigne une fois de plus son choix pour des gens dotés de bonnes intentions envers le sport mauricien. C'est plutôt bon signe pour le paysage sportif mauricien qui se renouvelle.

Malheureusement la culture, désormais folklorique, autour des élections du CNOM veut que pour qu'un dirigeant soit élu, il a l'obligation d'être dans la bonne équipe. Et comme il n'y a que neuf fauteuils pour 19 candidats, on a, de ce fait, beaucoup d'appelés, mais très peu d'élus. Ce qui veut aussi dire que les places sont chères et qui explique également l'émergence de deux équipes chaque quatre ans. Ce n'est pas toujours bon pour le sport mauricien, mais c'est ainsi que les choses sont faites à Maurice . Et visiblement beaucoup n'ont pas compris qu'en agissant ainsi, c'est la voie de la division qui s'installe. Dans cette guerre qui opposait deux hommes d'affaires au choix professionnel différent, c'était avant tout une question de choix.

Le choix entre un Philippe Hao Thyn Voon qui a placé sa confiance en des dirigeants dont la grosse majorité était déjà membre du CNOM, et un Jean-Michel Giraud, qui, faute de mieux, a dû composer avec des dirigeants au sein desquels figuraient trois "controversial figures". Comme ceci peut bien expliquer cela: le vote à l'intérieur même du groupe de l'opposition a dévoilé au grand jour que l'équipe n'était pas aussi soudée que l'on cherchait à faire croire. Qu'indéniablement l'intérêt supérieur du sport n'a pas eu raison des "intérêts personnels" de certains. Comme nous le disons la semaine dernière dans cette même rubrique, il ne faut pas croire que tout est possible et que très probablement Jean-Michel Giraud l'a appris à ses dépens.

Tirer les leçons de la victoire pour Philippe Hao Thyn Voon comme celles de la défaite pour Jean-Michel Giraud: un exercice à faire avec beaucoup de recul pour les deux leaders puisque c'est d'une importance capitale pour l'un comme pour l'autre. Aujourd'hui que cette élection est chose du passée , il s'agira pour PHTV de montrer durant les quatre années à venir sa volonté de léguer à la communauté sportive un CNOM encore plus transparent. Il doit aussi se dire et surtout se mettre en garde que malgré sa confiance et son optimiste il n'a pas LA MEILLEURE équipe. Nous savons toujours que lorsque sonnera l'heure de se mettre au travail, on ne se bousculera pas au portillon au 2e étage du Labourdonnais Court. PHTV est le premier à être conscient de cette triste réalité. S'il veut donc s'entourer de la compétence, quitte à la trouver dans "l'opposition", il ne faut pas qu'il hésite une seule seconde à en faire appel.

La politique d'ostracisme qui fut pratiquée pendant de nombreuses années au CNOM n'a plus le droit de cité. Et ce n'est certainement pas Vivian Gungaram qui nous le dira le contraire. "Pour gagner, il faut risquer de perdre", avait dit Jean-Claude Killy, champion olympique du ski alpin et aussi membre du CIO. Jean-Michel Giraud a tenté "un coup" avec le mouvement olympique. Son message n'a pas convaincu la majorité. Cependant, le sport trouve toute sa beauté et sa splendeur quand le perdant encaisse la défaite sportivement. Avec recul, on peut comprendre que ses propos - assez durs envers le nouveau président du CNOM qui était venu lui serrer la main et lui proposer de travailler avec lui- ont probablement dépassé sa pensée dans l'amertume de la défaite. Mais Alain Prost disait: "J'ai toujours fait une différence entre l'homme et le pilote. Si la réputation du pilote n'est plus idéale, ce n'est pas grave. Seule celle de l'homme est essentielle." À méditer…

A l'équipe de PHTV, nous souhations bonne chance pour les quatre années à venir et que ce slogan "Putting Athletes First" ne soit pas vain dans les mois à venir. Au cas contraire, Week-End sera là pour le rappeler.






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 19 avril 2009