a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 12 avril 2009



  Économie et budget - Sabre budgétaire pour "Cap" le déficit à 6/7%
  "Hedging Saga" - Des béquilles financières du NPF pour Air Mauritius
  Affaire MCB/NPF - Charge rayée contre Ameenah Rojoa
  Histoire et civilisation - Sept pyramides ont existé à Maurice


Économie et budget

Sabre budgétaire pour "Cap" le déficit à 6/7%

A six semaines de la présentation à l'Assemblée nationale du budget de transition de six mois, vendredi 22 mai, les premiers signes d'énervement et de tension budgétaire se font déjà sentir. Alors qu'aux Finances, l'on s'apprête à sortir le sabre budgétaire dans une tentative de contenir le déficit dans la fourchette maximale de 6 à 7%, le monde syndical prend la mesure de l'enjeu socio-économique et appelle à une mobilisation des salariés et à une démonstration de force à Beau-Bassin pour la manifestation du 1er mai. La Confédération syndicale de gauche (CSG-Solidarité) poursuit sa campagne sur le terrain à travers l'île en dénonçant la "sainte alliance" entre l'Etat et le secteur privé avec le Stimulus Package adopté depuis le 20 décembre dernier. De son côté, la Government Servants' Association, une des plus importantes associations syndicales dans le secteur public, a donné le mot d'ordre pour un soutien total à l'action de revendications envisagées dans la conjoncture.

L'une des préoccupations majeures au ministère des Finances demeure le taux du déficit budgétaire, qui pourrait épargner Maurice des diktats du Fonds monétaire international (FMI). Les effets de la crise économique internationale débouchant sur une "Fiscal Black Hole" de plus de Rs 2 milliards, selon les prévisions préliminaires, pourraient se traduire par un déficit dans la fourchette de 6 à 7% du Produit intérieur brut (PIB). Ce taux de déficit budgétaire remonte au début des années 2000, dont 6,7% en 2001. Mais au-delà de ce seuil, des craintes sont exprimées quant aux conséquences de ce dérapage.

Ainsi, la consigne des Finances lors des consultations avec les "Supervising Officers" des différents ministères demeure : la restriction des dépenses budgétaires est de rigueur. Même les dotations pour le "Training" devraient être réduites à leur plus simple expression pour le budget de transition. Un autre secteur où les coupes budgétaires devraient être plus conséquentes : les corps para-étatiques. A ce titre, les réductions de fonds pourraient être plus substantielles, soulignent des sources bien informées à l'Hôtel du gouvernement en attendant la confirmation des faits le 22 mai prochain.

La principale contrainte est constatée au niveau de la "Tax Buoyancy", qui essuie de plein fouet la récession mondiale. Il existe très peu de chances que le ministère des Finances puisse réaliser des recettes fiscales de Rs 28,7 milliards pour la période de juillet à décembre 2009. Concernant le présent exercice financier, les recettes générées par la TVA pourraient être difficilement au même niveau que celles de 2007/08, soit Rs 18,2 milliards. Pourtant, les prévisions établies étaient de Rs 20,2 milliards à l'item de la TVA.

Le "Summary of Revenue Projection", présenté dans les "Programme-Based Budget Estimates 2008/09", prévoyait pour le second semestre de 2009 des recettes suivantes:

- Rs 18,2 milliards à l'item des "Taxes on Goods and Services", dont la TVA, qui représente 66% de ce montant, les "Excise Duties" et les taxes sur les "Gambling Activities";

- Rs 7,2 milliards pour les "Taxes on Income, Profits and Capital Gains";

- Rs 2,3 milliards au titre des "Taxes on Property";

- Rs 500 millions pour les "Taxes on International Trade and Transactions" et

- Rs 454 millions pour les autres formes de taxe.

"Dans le cadre de l'exercice des préparatifs budgétaires, les estimations de recettes fiscales devront être révisées à la baisse de manière dramatique. Et ce, pour plusieurs raisons. La Corporate Tax ne pourrait plus être la même car la profitabilité des compagnies n'est plus la même. La baisse dans le nombre des arrivées touristiques aura des répercussions sur la TVA et il y a également les prévisions du Bureau central des statistiques (BCS) concernant un ralentissement dans la consommation, soit un taux de 4,9% en 2009 contre 7% l'année dernière", soutient-on dans les milieux bien informés sans vouloir s'aventurer sur la "composition des éléments pour le prochain tour de magie budgétaire".

Les milieux syndicaux, dont les dirigeants de la CSG-Solidarité, appréhendent que le prochain budget présenté par Rama Sithanen ne fera que consolider "cette mainmise du secteur privé sur le gouvernement". La riposte à cette éventualité réside dans une mobilisation à bloc des salariés tant du privé que du public en prévision de la prochaine Fête du Travail.

Un premier signe encourageant allant dans le sens d'une plus grande unité syndicale a été la décision de la Government Servants' Association de soutenir les revendications dans le secteur privé. "Nous avons pris la décision de participer de manière active à la mobilisation du 1er mai en donnant rendez-vous à tous nos membres à Beau-Bassin à cette occasion. Notre argument à nos syndiqués : il ne faut pas disperser nos forces avec les rassemblements politiques. Au cours de ces 25 dernières années, les différents gouvernements, qui se sont succédé, ont pratiqué la même politique économique avec les conséquences que nous subissons aujourd'hui. L'heure est à la mobilisation et à la revendication de nos droits acquis", a affirmé à Week-End Radakrishna Sadien.

Le président de la GSA a indiqué que les syndicalistes siégeant sur le National Pay Council (NPC) ont pris la décision de boycotter cette instance appelée à se prononcer sur le quantum de la compensation salariale. Le président du NPC, Kris Ponnusamy, a annoncé que cette instance se réunira au début du mois prochain pour déterminer le quantum de la prochaine compensation salariale. "Non seulement les salariés du privé ont été pénalisés avec les précédentes décisions du NPC, ils ont également à contribuer 1% de leur salaire mensuel. Nous sommes solidaires de cette revendication. D'autre part, les fonctionnaires commencent à se rendre compte de la nouvelle réalité où le nouveau mantra aux Finances est restriction budgétaire et réduction des dépenses", a-t-il poursuivi.

D'autre part, la GSA dénonce la volte-face au sujet de la réintégration de deux syndicalistes au sein du groupe Mauritius Telecom. "Ce qui s'est passé en fin de semaine est très grave. Mauritius Telecom s'est permis de ne pas tenir compte d'une décision du conseil des ministres. Nous devons comprendre ce qui se passe et le monde syndical doit faire preuve de mobilisation unitaire pour rectifier le rapport des forces avant qu'il ne soit trop tard", a conclu Radakrishna Sadien.


CSG-Solidarité: "Avec la crise, le GM se soumet au secteur privé"

"La semaine de travail réduite à 3/4 jours représente une réduction des salaires pour les employés"

Les dirigeants de la Confédération syndicale de gauche (CSG-Solidarité) mettent en garde contre une mainmise totale du secteur privé sur l'Etat dans la conjoncture de la crise économique internationale. Serge Jauffret, Atma Shanto, Alain Tolbize, Giandeo Peeharry et Ashok Subron énumèrent une série de décisions, dont la semaine réduite de travail à 3/4 jours, pour soutenir le fait qu'il y a une "subordination" de l'Etat aux intérêts du secteur privé. Ils soutiennent que la mobilisation syndicale demeure l'arme pour combattre "l'alliance secteur privé-gouvernement". Dans cette perspective, CSG-Solidarité prévoit trois manifestations, dont un rassemblement à Flacq samedi prochain, une marche du peuple le 24 avril et le rassemblement du 1er mai à Beau-Bassin.

"Le Stimulus Package Sithanen/Ramgoolam de Rs 10,4 milliards a eu pour unique conséquence la consolidation de l'alliance malsaine entre l'Etat et le secteur privé. La preuve de cette sainte alliance se trouve dans la cogestion gouvernement/secteur privé du Stimulus Package. Au nom de l'emploi, des fonds publics sont drainés dans le cadre du Stimulus Package vers le secteur privé sans aucune remise en question des privilèges des actionnaires et du Top Management. Nous assistons à une grave dérive de la gestion des affaires publiques. L'Etat est devenu prisonnier de sa propre réforme. L'Etat et le secteur privé conjuguent leurs efforts pour faire le salarié porter le fardeau de la crise", avance CSG-Solidarité dans une de ses dernières analyses sur la situation économique.

La décision du gouvernement, annoncée par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Jean-François Chaumière, au sujet de la semaine de travail réduite à 3/4 jours, est dénoncée de manière véhémente par les dirigeants de CSG-Solidarité. "Cette mesure imposée par le secteur privé représentera en fait une réduction de salaires pour les travailleurs de tous les secteurs concernés. Plus grave encore est la décision du gouvernement de puiser des fonds publics pour financer des programmes de formation au nom des employeurs. Ces fonds ont été constitués avec la réduction des subsides sur les prix de vente du riz et de la farine et la réduction du taux de compensation salariale depuis 2007, avec l'avènement du NPC", avance CSG-Solidarité.

La confédération maintient que la promulgation de l'Employment Rights Act stimule non seulement la vague de licenciements dans le contexte de crise mais constitue une arme redoutable entre les mains des employeurs. "Apre ki Leta finn met ERIA pou eliminn kontrol piblik avan enn lisansiman masif, aster Leta pe oblize finans sekter prive ek tom dan lipye sekter prive pu pa lisansye travayer. Aplikasyon ERIA dan kontex kriz pu non selman mortel pu drwa ek saler klas travayer, me fatal pu Leta ek fon piblik", soutiennent-ils.

En conclusion, CSG-Solidarité réitère le fait que "nous faisons face à un véritable paradoxe. La crise économique profite aux possédants. A aucun moment, les travailleurs ont accepté une telle injustice à Maurice. Jamais, ils n'accepteront une telle mainmise du secteur privé sur l'Etat".


"Hedging Saga"

Des béquilles financières du NPF pour Air Mauritius

Avec la conjugaison des effets des négociations engagées par les spécialistes du Hedging de Lazard Frères et la fin de l'exercice financier au 31 mars dernier, les répercussions de la "Hedging Saga" sur le bilan financier d'Air Mauritius se terminant au 31 mars dernier se montent à quelque Rs 4,7 milliards. C'est ce qu'indique un "Pre-Profit Warning" émis par le conseil d'administration au cours de la semaine écoulée sous forme de "Cautionary Announcement" pour les besoins de la Stock Exchange of Mauritius (SEM). Le vice-Premier ministre et ministre des Communications extérieures, Xavier-Luc Duval, a fait état d'une baisse de 20% dans les recettes de la compagnie aérienne en 2008/09 en raison d'un "Passenger Load Factor" réduit de 15% au cours de ces derniers six mois. En vue de contrebalancer ces paiements substantiels avec des effets néfastes sur le "Cash Flow", le board d'Air Mauritius a pris la décision de solliciter les béquilles financières du National Pensions Fund (NFP) sous forme d'un "Bridging Loan" de 35 millions d'euros (Rs 1,6 milliard) et de nouvelles "Stand-By Facilities" de 40 millions d'euros (Rs 1,9 milliard). D'autre part, le "N°1 Bis" d'Air Mauritius, André Viljoen, qui vient d'assumer ses nouvelles fonctions, a connu une première mise en jambe syndicale lors d'une séance de travail du comité Kishore Beegoo, vendredi dernier.

Six mois après les premiers séismes de la "Hedging Saga", le préjudice causé au bilan financier d'Air Mauritius est évalué jusqu'ici à quelque Rs 7,9 milliards, soit Rs 900 millions de plus que la précédente évaluation en janvier dernier. Ce montant représente sensiblement l'équivalent des provisions budgétaires annuelles à l'item des "Social Benefits" du ministère de la Sécurité sociale. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait déjà indiqué que l'inclusion d'une "Exit Clause" dans les "Hedging Contracts" pour l'approvisionnement en "Jet Fuel", négociés en juillet de l'année dernière, aurait nécessité le paiement d'une somme supplémentaire de Rs 1,7 milliard (50 millions de dollars américains). Ces données ont été révélées officiellement la semaine dernière par Air Mauritius à l'intention de ses actionnaires aux termes des dispositions du Securities Act 2005 et des "Listing Rules" de la Bourse de Maurice.

En effet, compte tenu des recommandations des experts de Lazard Frères pour un "Unwinding" de 40% des "Mark-to-Market Positions" sur le "Hedging" au 31 mars, Air Mauritius se retrouve dans l'obligation formelle de verser la somme de 52 millions d'euros (Rs 2,3 milliards) aux "Hedging Counterparties". Avec la conclusion de ces "Close-Out Transactions", la compagnie aérienne nationale se retrouvera encore avec une "Hedging Risk Exposure" sur le "Remaining Portfolio" évalué à Rs 3,2 milliards (72 millions d'euros).

Au 31 décembre de l'année dernière, Air Mauritius a dû encourir des "Collateral Disbursements" d'un montant de Rs 2,4 milliards pour honorer ses engagements sous les "Hedging Contracts" à 105 dollars le baril pour 90% des besoins en carburant d'Air Mauritius jusqu'au mois d'août 2010. Pour l'ensemble de ces opérations plombant de manière dramatique les comptes d'Air Mauritius, le gouvernement a dû fournir jusqu'ici des garanties bancaires de 135 millions d'euros (Rs 6,1 milliards).

D'autre part, des négociations sont toujours en cours avec les institutions financières, dont la "Leading Bank", Barclays International, en vue de restructurer les "Hedging Contracts" en suspens. L'exercice de restructuration confié à Lazard Frères comporte deux volets majeurs, en l'occurrence "reduce exposure and collateral risks associated with falling prices" et réduire les "monthly hedging settlements".

Face à ces dépenses substantielles, incontournables et non prévues dans le budget, Air Mauritius, avec la bénédiction du gouvernement, a soumis deux demandes d'emprunts d'un montant global de Rs 3,5 milliards auprès du National Pensions Fund, dont la principale source de revenus est la cotisation mensuelle des salariés à Maurice. Avec un encours de cette envergure, soit environ 6% de l'Investment Portfolio, Air Mauritius se retrouve aux premières loges des principaux clients-débiteurs du National Pensions Fund.

L'Investment Committee du NPF a déjà donné son aval pour le "Bridging Loan" de 35 millions d'euros (Rs 1,6 milliard), avec un premier déboursement d'un peu moins de Rs 400 millions en dollars américains déjà effectué en urgence. La balance réclamée en roupies mauriciennes devra être mise à la disposition d'Air Mauritius à la demande de celle-ci en vue d'alléger ses problèmes de "Cash Flow". La période de remboursement de cet emprunt est de six mois avec des intérêts de 250/300 points au-dessus du LIBOR.

Pour ce qui est de la seconde requête portant sur un montant de Rs 1,9 milliard (au taux de change en vigueur en fin de semaine), le National Pensions Fund procède actuellement à un examen du dossier avant de donner son feu vert. Cette demande se justifie dans le sillage d'Air Mauritius de s'engager dans des "Hedging Close-Out Transactions" à la fin de mars dernier. Une décision devra intervenir incessamment, affirme-t-on de sources officielles et dans les deux cas d'emprunts, la garantie financière du gouvernement sera engagée. "The first one (35 million euros) has been guaranteed by the government ; and the second one is being studied. I don't know what conditions the Investment Committee will place on Air Mauritius", a fait comprendre le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, à une interpellation supplémentaire du leader de l'opposition, Paul Bérenger.

Avec un tel niveau d'endettement en une si courte période, la question du financement de ces opérations financières devient encore plus pertinente, d'autant plus que les indications préliminaires avancent que la compagnie aérienne pourrait enregistrer une baisse de recettes de 20% suite à une réduction de 15% dans le nombre de passagers transportés par Air Mauritius au cours de ces derniers six mois. Tout en établissant la nuance entre les pertes subies par Air Mauritius dans le sillage de la "Hedging Saga" et les garanties fournies par le gouvernement, le VPM et ministre des Communications extérieures concédera au leader de l'opposition, mardi, que "how Air Mauritius is going to finance a loss is another issue".

Une première étape du plan de refinancement des dettes d'Air Mauritius devra intervenir à la mi-avril avec la date-limite pour la soumission des cotations dans le cadre du "Sale and Lease Back Exercise" pour le Paille-en-Queue Court. Le scénario optimiste mise sur des recettes de l'ordre de Rs 1 milliard alors que dans d'autres milieux on avance qu'une somme variant entre Rs 800 millions et Rs 900 M pour cette transaction immobilière serait plus réaliste dans la conjoncture économique.

Mais les parties concernées devront faire preuve de patience car l'ouverture des offres soumises est prévue pour 14 heures, mercredi prochain. Très peu d'indications étaient disponibles à la fin de la semaine dernière quant à l'intérêt suscité par cet exercice d'appel d'offres. Du côté de l'Hôtel du gouvernement très peu d'indications officielles ont transpiré quant à la forme que prendra l'intérêt des Finances dans le rachat du Paille-en-Queue Court, décidé dans le plan de redressement des finances de la compagnie aérienne.

Un autre aspect majeur de ce "Rescue Plan" sera la "Rights Issue" pour la souscription d'un capital supplémentaire de 35 millions d'euros. A ce stade, le board d'Air Mauritius se garde de faire état des détails en vue de ne pas se faire prendre à défaut par la SEM. Compte tenu du calendrier de remboursement des prêts contractés auprès du NPF, il faudra s'attendre à une période maximale de six mois pour cette émission d'actions adressée aux actionnaires existants.

Au vu de la reprogrammation des dessertes en tenant compte de la baisse dans le trafic aérien, Air Mauritius se penche sur un nouveau modèle de gestion de sa flotte d'avions, notamment les Airbus A-340. Les options envisagées sont une "Outright sale of A340 engine and sale and lease back of two A 340 engines" et également la possibilité d'un "Return of one A340 in October 2009 and leasing out of another A340 during the current financial year".

Entre-temps, il faudra passer par l'étape de la prochaine Assemblée générale des actionnaires, avec en toile de fond des pertes mensuelles prévues de Rs 100 millions, soit Rs 1,2 milliard en 2008/09 même si, comme l'affirme Xavier-Luc Duval, "the operating results which, as far as the figures we know, at the moment, are going to be positive"...


Relations industrielles

Le test de l'Intersyndicale pour André Viljoen

L'ancien Chief Executive Officer de la South African Airways (SAA) et "N°1 bis" d'Air Mauritius, André Viljoen, qui a pris ses fonctions en ce début de mois, a déjà subi le premier test de l'Intersyndicale Air Mauritius. C'était vendredi dernier lors d'une réunion du comité Kishore Beegoo, dont le mandat consiste à renouer le dialogue avec le personnel de la compagnie aérienne. Lors de cette séance de travail, le nom de l'ancien juge Robert Ahnee a été cité comme "Aimable Compositeur" même si le projet initial de la direction était de le voir confirmer la mission d'un conciliateur indépendant.

Les représentants de l'Intersyndicale Air Mauritius, comprenant l'Air Mauritius Staff Association, l'Air Mauritius Cabin Crew Association, l'Union of Employees of Air Mauritius Limited et la Private Transport Employees'Union, ont engagé un dialogue caractérisé par la franchise avec le nouveau Chief Finance Officer et Chief Information Officer de la compagnie, André Viljoen. Ce dernier a été confronté à des épisodes de son passage au sein de la SAA, notamment des pertes suite à des opérations de "Hedging".

Les dirigeants de l'Intersyndicale n'ont pas caché leurs inquiétudes devant la réputation anti-syndicale du nouveau "N°1 bis" d'Air Mauritius. "Nous avons jeté les bases d'un dialogue positif avec le nouveau Chief Finance Officer. Ce dernier a, lui, mis en avant qu'il n'est pas dans son style d'adopter une approche hostile face aux syndicats. Il a affirmé que dans sa perspective, les syndicats sont davantage des partenaires au sein de la compagnie que des adversaires", a fait comprendre à "Week-End" un des dirigeants de l'Intersyndicale.

Lors de la réunion du comité Beegoo de vendredi, les dirigeants de l'Intersyndicale Air Mauritius ont appris la nouvelle du recrutement sur un contrat à durée déterminée de Khemil Gobin pour la restructuration du "Human Resource Department". Ils ont sollicité des détails sur ce recrutement et la mission confiée à Khemil Gobin.

D'autre part, le nom de l'ancien juge Robert Ahnee a été proposé par la direction générale d'Air Mauritius pour assumer les fonctions de conciliateur indépendant en vue de résoudre les problèmes industriels. Les membres de l'Intersyndicale ont émis la suggestion que l'ancien juge Ahnee soit nommé "Aimable Compositeur". Ils ont également souligné que ce choix doit être effectué d'un commun accord entre direction et syndicats et il a été convenu que les échanges se poursuivront sur cette question.

Deux Executive Vice-Presidents d'Air Mauritius, notamment ceux du département de maintenance et du "Flight Operation Department" ont été la cible des animateurs de l'Intersyndicale. Ces derniers ont contesté la manière de procéder et les dernières décisions de ces Executive Vice-Presidents. "Nous avons pu constater que deux Executive Vice-Presidents étaient mal à l'aise lors de la réunion de vendredi. Dans l'ensemble, nous sommes satisfaits que le dialogue ait été renoué au sein de la compagnie. Mais ce qui est encore plus important pour déboucher sur un retour de la confiance demeure des actions concrètes allant dans le sens du redécollage d'Air Mauritius", a conclu un des dirigeants syndicaux présents à la réunion de vendredi.


Placements financiers - Le NPF préfère de loin la Banque de Maurice

Pour ses derniers placements financiers, avant de voler au secours d'Air Mauritius à coups de milliards, le National Pensions Fund (NPF) affiche une nette préférence pour la Banque de Maurice. Ce constat se fait indépendamment des investissements du NPF dans des Government Bonds et autres Treasury Bills à la Banque centrale. Au 31 mars dernier, le portefeuille d'investissements du NPF se montait à quelque Rs 55,7 milliards, représentant les contributions des salariés.

En 2008, sur des investissements de Rs 14,9 milliards, l'Investment Committee du NPF a pris la décision de placer un peu plus de Rs 7 milliards (46,9%) auprès de la Banque de Maurice. Les trois premières banques commerciales, qui ont bénéficié des placements du NPF en 2008, sont la Standard Bank of Mauritius Limited avec Rs 2,9 milliards, la Barclays Bank PLC avec Rs 1,7 Md et la State Bank of Mauritius avec Rs 1,1 Md.

Les autres placements bancaires opérés par le NPF sont à la Banque de Développement (Rs 331 millions), la State Bank of India - Mauritius (Rs 214 millions), l'Investec Bank - Mauritius (Rs 446 millions), la Banque des Mascareignes (Rs 300 millions). Le NPF a également procédé à des investissements de Rs 794 millions dans des opérations à la Bourse de Maurice. L'intérêt du NPF dans des fonds d'investissements est comme suit : Man Investment (Rs 19 millions), Union Bank Switzerland Funds (Rs 60 millions), Vendôme (Rs 5 millions), SBM Universal Fund (Rs 5 millions), NOT Local Equity Fund (Rs 33 millions) et NIT Global Opportunities Fund (Rs 17 millions).

Révélant ces détails suite à une interpellation du député Joe Lesjongard, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a soutenu que "the NPF expects a return of 9% per annum on these investments calculated on a weighted average basis. On the other hand, it expects an overall return of 11% on a total portfolio basis".

Au 31 mars dernier, la valeur nominale du "Portfolio of Investment" du NPF était de Rs 55,7 milliards, dont 25,68% sous forme de "Government Bonds and Sticks" et 26,93% pour des "Treasury Bills and Treasury Notes". Ces placements sont présentés par le VPM et ministre des Finances comme étant des "triple unless you believe the country will go bankrupt".

Les placements du NPF au 31 mars dernier, avant les prêts à Air Mauritius, s'établissaient comme suit :


Affaire MCB/NPF

Charge rayée contre Ameenah Rojoa

La magistrate Priscilla Veerabudren, siégeant en cour de District de Port-Louis, a rayé jeudi la charge de complot qui pesait contre Ameenah Rojoa dans l'affaire du détournement allégué de fonds MCB-NPF. Dans son Ruling, la magistrate n'y est pas allée de main morte, en accusant la poursuite et l'Independent Commission against Corruption (ICAC) de se moquer de la justice. "The court record shows clearly the laches on behalf of the prosecution authority and how ICAC officers have misled this court. I have no qualm in coming to the conclusion that the prosecution authority is making a mockery of our justice system and of the court", a fait ressortir la magistrate dans son Ruling. Elle est parvenue à cette conclusion étant donné le fait que les "court records" indiquent, à trois reprises, que l'enquête de l'ICAC allait être complétée "within three months". Or, la charge provisoire contre Ameenah Rojoa a été logée depuis six ans (février 2003), sans que le "Main Case" n'ait été logé contre elle en cour jusqu'ici.

Pour la magistrate, il ne fait aucun doute que l'ICAC a abusé des procédures de la cour. "The Court notes that there is an undue delay in having the case lodged against the present accused party, which is amounting to an abuse of process. The present case is therefore struck out on the ground of undue delay since the main case has not been lodged within a reasonable time", estime la magistrate Veerabudren. L'affaire, qui avait été appelée une nouvelle fois le 8 avril dernier devant la magistrate, avait vu le Principal State Counsel, Me Rashid Amine, déclarer que la présence de la poursuite en cour est une indication que le "main case" sera logé. Il a aussi souligné que "if there is a main case, there is a strong likelihood that there will be a main case against more accused parties".

Ameenah Rojoa était le dernier suspect contre qui pesait une accusation provisoire. En janvier, celle qui pesait sur Robert Lesage avait été rayée. Six ans plus tard, la justice n'a toujours pas puni ceux qui sont derrière le détournement allégué des Rs 880 millions du National Pensions Fund (NPF)...


Histoire et civilisation

Sept pyramides ont existé à Maurice

Dans un étonnant article publié le 29 mars dernier sous la plume de sa correspondante Antoine Gigal, un écrivain et chercheuse / égyptologue, le magazine français " l'Egypte", une publication spécialisée, affirme que sept pyramides ont été identifiées à l'île Maurice. La chercheuse soutient avoir retracé ces structures datant de l'ère des Pharaons d'Egypte dans des champs de cannes se trouvant dans le périmètre partant de la montagne Lion à la montagne des Créoles (dans la chaîne montagneuse de Grand-Port ) et se terminant au bord de mer, dans le Sud-Est de Maurice. Si les affirmations d'Antoine Gigal se confirmaient, elles bouleverseraient considérablement l'Histoire officielle notre pays en ce qu'elles prouveraient alors que les Portuguais n'auront pas été les premiers à poser les pieds sur notre sol en 1507 et qu'ils auraient, en fait, été devancés par une ou même plusieurs civilisations longtemps avant même que Jésus-Christ ne fût né ...

Il faut noter que c'est n'est pas la première fois qu'on entend évoquer l'existence des pyramides à Maurice. Comme le souligne Antoine Gigal elle-même, dans le passé personne n'y a crût et tout un chacun à Maurice affirme que ce qu'on prend pour des pyramides n'est que des pierres empillées (appelé ici des "meules" ). Mais, la chercheuse soutient que des structures identiques se retrouvent dans l' île espagnole de Tenerife (près de la côte nord-ouest africaine) et sur l'île italienne de Sicile permettant ainsi de penser que, bien longtemps avant les navigateurs Arabes, qu'on a toujours cru avoir été les premiers explorateurs de notre région du monde, une autre lointaine civilisation, probablement un peuple de la mer originaire d'Afrique ou du Moyen-Orient, est venue à Maurice et a construit ces pyramides.L'article d' Antoine Gigal commence par une description géographique correcte de l'île Maurice (61 kilomètres de long et d'une largeur de 47 kilomètres située à l'Est de Madagascar ) sauf qu'il place les montagnes Lion et Créoles dans les Plaines Wilhems alors qu'elles se trouvent, véritablement, dans la proximité de Plaine Magnien.Selon la chercheuse, les données historiques établissent que l'île Maurice était connue des Arabes et des marins austronésians (des Malais entre autres) depuis le 10ème siècle. Les marins portuguais se sont déclarés les premiers visiteurs dans l'île en 1507, mais dès 1502, l' île Maurice avait déjà été signalée sur une mappe monde dressée par l'Italien Alberto Cantino. Les Arabes donnèrent à l'île Maurice le nom de Dina Harobi ( l' île des Cygnes ), celui de Dina Margabin( la Grande île ) à la Réunion et Dina Mozare (l'île lointaine) à Rodrigues (par la suite, les trois îles seront désignées comme l'archipel des Mascareignes en l'honneur de Diégo Mascarenhas)Toujours selon Antoine Gigal, on suspecte que, bien avant les arabes, l' île Maurice était déjà connue de certains peuples africains riverains de l'Océan Indien, dont les fameux Peuples de la Mer, une confédération d'écumeurs des mers qui comprenait également des proto-Phoëniciens. Pour preuve, selon Antoine Gigal, Périple, le récit de voyages grec, conte l'histoire de Hannan, le navigateur carthaginois (qui vécut au 5ème siècle avant Jésus-Christ) et qui traversa le Détroit de Gibraltar avec sa flotte pour explorer les côtes africaines de l'Atlantique. Hérodote pour sa part a décrit une expédition de Phoëniciens qui quitta la Mer Rouge et s'enfonça dans les "Mers du Sud" et, ensuite, suivant les ordres de Pharaon égyptien Necho II ( 610 - 595 avant Jésus-Christ ) revint en mer Méditerranée en passant par le Détroit de Gibraltar. Ce qui veut dire que cette expédition avait contourné entièrement le continent Africain.

Ressemblances frappantes

Selon Antoine Gigal, les fondations des pyramides indentifiées à Maurice sont localisées sont rectangulaires et leur hauteur n'excèdent pas 12 mètres. Elles comportent entre 6 et 12 terraces. En apparence, elles sont semblables aux pyramides qu'on retrouve sur l'île espagnole, également volcanique, de Tenerife située hors de la côte Ouest de l'Afrique. D'autres structures semblables existent aussi sur l'île italienne de Sicile, en Méditerranée qui est aussi d'origine volcanique. D'après Antoine Gigal, il y a plusieurs parallèles entre les pyramides de Tenerife et celles de Maurice. Sur les deux îles, elles font partie d'un ensemble; une série de pyramides sont regroupées dans le même endroit. Elles sont faites à partir de roches volcaniques et leur construction n'a pas nécessité de mortiers ou d'autres agents de connection. Quelques-unes ont été partiellement démembrées et leurs pierres réemployées ailleurs. "Antoine Gigal, a constaté que les pyramides de Tenerife également ne dépassent pas 12 mètres et des détails photographiques de leur système de terracement établissent clairement que personne ne pourrait distinguer si elles se trouvent au Tenerife ou à l' île Maurice tellement elles sont identiques. Toutefois, dans le cas d'une des pyramides de Maurice, l'accès à la terrace la plus élevée se fait via un escalier central. L'accès a été restoré en pierres blanches et est donc plus visible. Selon Antoine Gigal, les aspects communs des pyramides de Tenerife et celles de l' île Maurice ne peuvent pas être que pure coïncidence.

Elles permettent d'observer deux couchers de Soleil

Toujours selon la chercheuse, certaines des pyramides mauriciennes dotées de plateformes pourraient avoir été utilisées pour des observations astronomiques comme auraient pareillement servi les pyramides de l'ensemble de Guimar à Tenerife. Ainsi, si on applique cet élément de corrélation, les pyramides de Maurice devraient être alignées au phénomène solaire et, plus specifiquement, les terraces de ces pyramides devraient être en ligne avec les deux solstices. Des calculs initiaux suggèrent que tel est effectivement le cas, bien que d'autres vérifications s'imposent encore. Les pyramides de Maurice s'aligneraient probablement avec le solstice d'été qui se manifeste le 21 décembre dans l'hémisphère sud où se situe l' île Maurice. Selon Antoine Gigal, on devrait, à partir des plateformes des pyramides de Maurice, observer le 21 décembre, deux couchers du Soleil. Le premier coucher surviendrait derrière la montagne des Créôles et le second derrière la montagne Lion. Or, toujours selon Antoine Gigal, pareil double couchers du Soleil sur un horizon montagneux peut aussi être observé à partir de l'ensemble de pyramides de Guimar à Tenerife.


Un potentiel touristique et scientifique négligé

Antoine Gigal exprime dans son article le souhait que le gouvernement mauricien mette en valeur les pyramides en exploitant leur potentiel touristiques, certes mais, en même temps, en favorisant la recherche scientifique qu'elles ne manqueront pas de susciter. En se fondant sur des recherches antérieures entreprises par un collègue, Stéphane Mussard, qui est déjà venu à Maurice, Antoine Gigal soutient que les Mauriciens croient tous que les pyramides ne sont que des meules empilées dans le temps pour faire de la place à la culture de la canne à sucre. Pareille négation, affirme-t-elle, vient aussi des habitants de l' île de Tenerife où on pense que ce sont des fermiers qui ont ainsi déblayé leurs terrains. Selon Antoine Gigal, si cela était vrai, il faudrait alors se demander pourquoi il existerait des panneaux datant de la première moitié du 20ème siècle qui indiquaient que quelque unes des pyramides mauriciennes étaient des sites protégés à des fins historiques? Elle remarque que, toutefois, ces sites ont aussi perdu leur statut avec les changements de gouvernement depuis l'Indépendance en 1968. La chercheuse attribue la perte de ces sites protégés au lobby exercé par certains agriculteurs qui préfèraient les détruire de crainte d'être dépossédés de leurs terres à cause des règlements qu'ils se verraient imposés dans le cadre de la protection des sites archéologiques.

Antoine Gigal rappelle que l'homme qui avait réussi à sauver l'ensemble de pyramides de Guimar n'était autre que le célèbre navigateur norvégien Thor Heyerdhal qui entreprit la fameuse expédition du Kon-Tiki. Thor Heyerdhal s'était toujours efforcé à démontrer que nos lointains ancêtres étaient capables de construire des bateaux et de naviguer sur de longues distances et il avait même fini par découvrir sur l' île de Gan, située à l'extrêmité Sud de nos îles voisines des Maldives, ... une pyramide alignée sur le soleil mesurant 8.5 mètres de haut. Les Maldiviens l'ont baptisé " Hawittas". Thor Heyerdhal a soutenu que l'archipel des Maldives, placées en plein coeur de l'Océan Indien se trouvait sur la route commerçante de nombreuses civilisations venant du Moyen-Orient.

Les flottes égyptiennes et phoëniciennes partaient sur de longues expéditions maritimes. Les Phoëniciens surtout construisaient des temples astronomiques parfaitement orientés sur les points cardinaux et sur le phénomène solaire. Il n'y a, selon Antoine Gigal, aucun doute que les pyramides identiques de l' île Maurice, de Tenerife et de Sicile sont les restes de passage d'un lointain peuple qui avait la maîtrise de la mer et qui a su laissé ses traces sur les îles situées hors des côtes de l'Afrique.

Portrait : Antoine Gigal

Corrrespondante du magazine "l' Egypte" Antoine Gigal a passé son enfance en Afrique et en Amérique du sud où son père a été journaliste et diplomate. Elle a fait le tour du monde en étudiant diverses cultures et civilisations. Elle a étudié à La Sorbonne (Paris III) et au National Institute of Oriental Languages and Civilisations (Inalco) où elle a décroché des degrés en Chinois et en Japonais.

Parlant couramment l'Arabe, l'Espagnol, l'italien et le Français, elle a vécu les vingt dernières années entre l' Egypte et Paris. Dôtée, dit-on, d'un oeil de détective, Antoine Gial s'est fait une solide réputation en France en apportant des informations inédites sur les mystères de l'ancienne Egypte et, en tant que telle, elle a co-fondée l'organisation Giza pour l'humanité au nom des plus fameuses des pyramides égyptiennes



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 12 avril 2009