s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009



  Témoignage - "Je suis un réfugié à la recherche d'un nouveau pays"
  Infrastructure routière - Affaire de surestimation du coût des travaux - Terre Rouge-Verdun : Beijing Construction ramène son offre à Rs 2,5 milliards
  Sécurité - Imminente entrée en opération de la CCTV à Flic-en-Flac
  Enfin mécontent du boycott publicitaire des journaux - Jean-Claude de L'Estrac démissionne de l'Empowerment Programme
  Au marché de Mahébourg - Les maraîchers se plaignent des conditions difficiles
  Des internautes du vieux Quatre-Bornes à MT: - "Réduisez la vitesse de notre connection internet"
  Inondations à Vallée des Prêtres - Pétition adressée au PM
  En ce Dimanche des Rameaux - Début de la Semaine Sainte menant au Dimanche de Pâques
  Religion - Amma à Maurice le 7 avril
  Contestation de l'interdiction de fumer en voiture si accompagné - 1er meeting d'explication du mouvement SDPP, le 16 avril à Beau Bassin
  Université de Maurice - Accusations à très haut niveau
  Manifestation le 18 avril à Grand Baie - Droit d'accès gratuit au patrimoine national
  Brèves


Témoignage

"Je suis un réfugié à la recherche d'un nouveau pays"

En novembre de l'année dernière, six ressortissants étrangers étaient arrêtés à l'aéroport juste avant qu'ils ne s'embarquent pour l'Australie. L'enquête policière devait révéler qu'il s'agissait de réfugiés irakiens qui avait quitté le pays et étaient arrivés à Maurice, dernière escale d'un périple qui devait les conduire en Australie où ils avaient l'intention de demander asile politique. Arrêtés pour utilisation de faux passeports ils furent, en attendant leur procès, emprisonnés à Beau- Bassin. Alerté par la branche locale d'Amnesty International et après enquête, le haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations Unies a attribué aux irakiens un statut de réfugiés politiques. Depuis, ils ont obtenu une libération sous caution et en attendant d'être fixés sur leur sort sont hébergés au Foyer Fiat de Petite Rivière. C'est là que nous avons rencontré Nasseem Gilbrael Toma, qui nous a raconté sa fuite en avant qui l'a conduit du Moyen-Orient à l'océan Indien, en passant par l'Europe, à la recherche d'un nouveau pays.

Jusqu'a l'année dernière Nasseem était, selon ses dires, un jeune Irakien sans histoire, né dans une famille chrétienne descendant des premiers chrétiens implantés dans les pays du Moyen-Orient au premier siècle de notre ère, avant l'arrivée des musulmans. Âgé de vingt-cinq ans, Nasseem étudiait la psychologie à l'université de Bagdad tout en dirigeant deux magasins de vêtements. "Mon père était commerçant, ma mère femme au foyer. Nous sommes cinq enfants : mon frère aîné était enseignant à l'université, mon frère cadet, étudiant comme moi et mes deux sœurs, faisaient des études secondaires. Nous étions une famille heureuse et paisible comme de millions d'Irakiens et d'Arabes du Moyen-Orient vivant dans une tradition de coexistence entre communautés et en dépit de la situation politique tendue dans cette partie du monde."Pouvait-on vraiment vivre paisiblement en Irak sous la dictature de Saddam Hussein ? " Je sais que ce que je vais vous dire, va vous surprendre, mais la réponse est oui. Mais il faut pour la comprendre vous placer dans le contexte des pays du Moyen-Orient ou le pouvoir est toujours très fort, soutenu par l'armée. Nous avons été habitués à vivre dans ce système dans les pays arabes qu'il ne faut pas juger avec des critères occidentaux. Bien sûr, le pays était une dictature militaire mais les gens vivaient en paix, avaient à manger, pouvaient travailler, envoyer leurs enfants à l'école et pratiquer librement leur culte religieux. " Devant ma surprise, Nasseem continue : " Les conditions de vie étaient beaucoup plus faciles pour les Irakiens, pour tous les Irakiens, du temps de Saddam Hussein. Oui, c'était un dictateur mais sous son règne il y avait de l'ordre dans le pays, les écoles étaient ouvertes, les gens travaillaient, les différentes communautés co existaient sans problème et il n'y avait pas la chasse aux minorités, plus particulièrement contre les chrétiens. Je ne me suis jamais senti menacé en tant que chrétien en Irak sous Saddam Hussein comme c'est le cas aujourd'hui. Nous pouvions pratiquer normalement notre religion, vivre selon les principes religieux de nos ancêtres sans aucun problème. Les chrétiens d'Irak toujours vécu au milieu d'Irakiens musulmans sans aucun problème pendant des siècles. "

"Je ne me suis jamais senti menacé en tant que chrétien en Irak sous Saddam Hussein comme c'est le cas aujourd'hui. "

De quand date les problèmes des chrétiens en Irak ? Avant de répondre, Nasseem souligne qu'il ne parle que de ceux de Bagdad, pas de l'ensemble des chrétiens d'Irak. "Les problèmes ont commencé après la chute de Saddam et l'arrivée des Américains. On n'avait plus de gouvernement, plus de lois, chacun faisait ce qu'il voulait et les groupes extrémistes ont commencé à se battre pour prendre le pouvoir par les armes. La violence et la terreur sont devenus le quotidien des Irakiens comme les attaques à la bombe et les commandos suicides. Quand on quittait sa maison le matin on ne savait pas si on allait pourvoir y revenir le soir ou si elle n'aurait pas été, entre-temps, la cible d'une attaque à la bombe. Puis, il y a un peu plus d'un an des groupes extrémistes étrangers sont entrés dans le pays et ont rejoint les extrémistes locaux. Ils ont commencé une campagne contre les chrétiens en disait que l'Irak était un pays purement musulman qui devait se débarrasser de tous ceux qui ne pratiquaient pas cette religion. Seuls les Irakiens musulmans pouvaient rester en Irak, disait cette lettre. Toutes les familles chrétiennes de Bagdad ont reçu ces menaces les poussant a quitter le pays. " Mais entre-temps un nouveau gouvernement avait été installé, des élections tenues, un président élu et l'ordre commençait à être rétabli avec l'aide des américains. Pourquoi est-ce que les chrétiens irakiens ne sont pas allés montrer les lettres de menaces à la police ? "Les élections, le nouveau président n'ont pas amélioré la situation et le respect des lois. A quoi cela aurait servi d'aller voir la police pour leur montrer les lettres de menaces ? Comment peuvent-ils me protéger alors qu'eux-mêmes ont besoin de protection non pas pour faire leur travail mais tout simplement pour pouvoir survivre ? " Mais même s'il ne va pas à la police Nasseem prend quand même quelques précautions, comme tous les habitants de Bagdad au quotidien, souligne-t-il. "Et puis, une deuxième lettre est arrivée, ensuite quelque jours plus tard un de mes magasins a été détruit par une bombe et j'ai compris que les menaces étaient sérieuses. Les menaces contre les chrétiens augmentaient et on parlaient de plus en plus d'assassinats, de maisons brûlées, d'églises fermées. A partir de ce moment, ma famille et moi avons commencé à réfléchir sur les moyens de quitter le pays avant qu'il ne soit trop tard. C'était le seul moyen de sauver nos vies, car la prochaine bombe pouvait être installée dans notre maison. Pour leur survie les chrétiens d'Irak doivent quitter leur pays parce que les extrémistes sont capables de tout dans un pays sens dessous dessus. Mais il n'y a pas que les chrétiens : tous les Irakiens souhaitent quitter leur pays, aller ailleurs pour avoir une vie normale. Car, comment peut-on vivre dans un pays où a n'importe quel moment on peut être victime d'une bombe, d'un attentat terroriste, d'un coup de fusil ou d'une attaque kamikaze ? Mais la majorité de ceux qui veulent partir n'a pas les moyens de le faire et c'est une tragédie que vivent des millions d'Irakiens et que le monde ne semble pas réaliser. "

"Des centaines de milliers d'Irakiens, de toutes les religions, ont fui l'Irak. Des centaines de milliers souhaitent pouvoir le faire mais ne disposant pas de moyens financiers suffisants sont condamnés à rester. "

Nassem est le premier membre de sa famille à prendre le chemin de l'exil en septembre de l'année dernière. " Les Irakiens n'ont pas besoin de visas pour aller en Turquie et en Syrie où ils peuvent faire des séjours d'un maximum de trois mois. J'ai réuni tout l'argent dont je pouvais disposer pour financer mon voyage. J'ai quitté Bagdad pour la Syrie où je suis allé voir quelqu'un pour me faire fabriquer un faux passeport pour pouvoir quitter le pays. Je n'étais pas le seul à faire cette démarche et ce n'était pas que les chrétiens qui le faisaient. Des centaines de milliers d'Irakiens, de toutes les religions, ont fui l'Irak. Des centaines de milliers souhaitent pouvoir le faire mais ne disposant pas de moyens financiers suffisants sont condamnés à rester. J'ai payé 7000 euros pour la passeport et l'itinéraire et les contacts pour quitter la Syrie. Je suis allé au Danmark avec le faux passeport et là-bas j'en ai fait faire un autre pour pouvoir aller en Australie pour demander asile politique en passant par Paris et l'île Maurice, dont j'ignorais totalement l'existence. Tout cela a été organisé par des contacts." Dans cette partie de la conversation, Nasseem ne donne pas de nom ou de renseignements sur la filière qu'il a utilisée. Que sont devenus ses parents qui devaient quitter l'Irak après lui ? "Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis septembre de l'année dernière. Chaque membre de ma famille a pris une direction différente pour fuir l'Irak. Nous ne pouvions pas partir en groupe pour ne pas nous faire remarquer. Je sais que la première étape de mes parents était Istamboul en Turquie. Mais je ne sais pas s'ils sont partis et s'ils sont bien arrivés. Depuis mon départ, j'ai essayé de contacter les membres de ma famille. Personne ne répond au téléphone. Je ne sais pas où ils sont actuellement, mais je crois - j'espère - qu'ils ont réussi à quitter l'Irak. Mais je ne sais pas où il sont. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela représente pour quelqu'un comme moi de se retrouver dans une telle situation. Jusqu'à l'année dernière j'avais une famille, des amis, un travail, je faisais des études et j'avais un pays. Depuis septembre de l'année dernière, je n'ai plus rien, je ne sais pas où sont les membres de ma famille, je ne sais pas où je vais et quel sera mon destin. Je suis un homme sans famille, sans pays, sans rien. Je suis un réfugié à la recherche d'un nouveau pays. "

"Nous avons c'est vrai violé la loi internationale en utilisant de faux passeports, mais c'était un cas de force majeure (...) Nous ne sommes pas des criminels mais des réfugiés. "

C'est dans cette quête que Nasseem se retrouve à Maurice en novembre 2008. "Je voulais aller en Australie où vit une communauté de chrétiens d'Irak dans laquelle j'ai des amis. Mes contacts qui avaient organisé le voyage m'avaient dit que j'allais peut-être rencontrer d'autres réfugiés irakiens dans le même cas que moi à Maurice. " C'est à l'hôtel où une réservation a été faite sur son faux nom danois que Nasseem rencontre ses compatriotes embarqués dans la même galère que lui. Il y a tout d'abord Mme Ameera Faraj Antoine qui a quitté l'Irak dans l'espoir d'aller rejoindre son fils qui vit depuis quelques années en Australie. Il y a ensuite Shukri Harmuz Aoroha et Hassam Ynus Yoma qui viennent également de Bagdad mais que Nasseer ne connaissait pas. Il y a finalement les jumeaux George et Martin Isaac, les plus jeunes du groupe qui ont un frère Gilbert qui a quitté l'Irak depuis dix ans et vit depuis quelques années en Australie. Cette petite communauté chrétienne d'Irak qui est par mont et par vaux depuis des semaines est heureuse de se rencontrer, de parler le langage du pays, de partager leurs expériences et surtout l'espoir que le voyage tire à sa fin. Ils passent quelques jours à Maurice, font un peu de tourisme et se reposent sans se faire remarquer. Ils pensent être au bout de leurs peines quand à l'aéroport, où ils étaient entrés sans problèmes quelques jours plus tôt, un officier de l'immigration perspicace trouve que pour des ressortissants danois, les six passagers sont quand même un peu basanés. Dès la première question, Nasseem se rend compte que le voyage ne se terminera pas comme prévu, tout au moins pas tout de suite, et raconte tout à ceux qui l'interrogent, car il est le seul membre du groupe à parler anglais. " Dès qu'on a été découvert j'ai avoué tout de suite que nous étions des réfugiés irakiens en quête d'asile politique, que nous avions fui l'Irak où nos vies étaient menacées. Nous avons c'est vrai violé la loi internationale en utilisant de faux passeports, mais c'était un cas de force majeure. Nous sommes de milliers d'hommes et de femmes à travers le monde obligé de fuir leur pays pour échapper à la mort. Nous ne sommes pas des criminels mais des réfugiés. Ici, malheureusement, nous avons été traités comme des criminels et on nous a même désigné comme des terroristes. On nous amis en prison avec des détenus de droit commun. Malgré tout ce qu'on a pu dire sur Saddam Hussein et son régime et sur ceux qui ont pris sa place, je n'avais jamais été mis en prison en Irak. J'ai fait cette expérience traumatisante à Maurice pendant quatre mois avec plus de vingt comparutions en cour de justice. " En prison Nassem et ses compagnons de voyage vont également découvrir qu'a Maurice comme dans tous les pays du monde entier " on croit que tous les Irakiens sont des terroristes musulmans, ce n'est pas vrai. La majorité des Irakiens, toutes religions confondues savent - comme tous les habitants du Moyen- Orient - qu'ils sont condamnés à vivre ensemble et le font depuis des siècles. Les terroristes ne représentent pas la majorité des Irakiens qui doivent les subir, mais ils ont les armes et n'hésitent pas à les utiliser. Il faut comprendre que nous n'avons pas tout quitté par plaisir mais parce que c'était une question de survie. Si nous étions restés en Irak, nous n'aurions pas vécu longtemps car les menaces augmentant comme l'action des groupes extrémistes. " Emprisonnés dans un pays étranger, dont ils ne parlent pas la langue et ignorent les lois les réfugiés irakiens sont au bord de la dépression lors des premières semaines. Jusqu'à ce que la branche locale d' Amnesty International s'empare de l'affaire et alerte le bureau régional du Haut Commissariat pour les Réfugiés de Nations Unies, à Nairobi.

"Nous n'attendons qu'une chose qu'un pays accepte de nous accueillir, n'importe quel pays au monde sauf l'Irak. "

" Heureusement qu'Amesty International s'est occupé de nous un mois après notre arrestation. Nous avons alors pu parler, nous expliquer et surtout commencer à comprendre ce qui se passait ici. " Suite aux démarches d'Amnesty, les six Irakiens obtiennent le statut de réfugiés politiques ce qui permet à leur avocat d'obtenir la mise en liberté sous caution qui leur avait été plusieurs fois refusée. Depuis dix jours, les réfugiés irakiens sont hébergés au Foyer Fiat de Petite Rivière en attendant d'être fixés sur leur sort. "Nous ne demandons qu'une chose pouvoir vivre sans être menacés de mort à cause de notre appartenance religieuse. Nous n'attendons qu'une chose : qu'un pays accepte de nous accueillir, n'importe quel pays au monde sauf l'Irak. " L'aboutissement des démarches risque de prendre du temps, car il y a malheureusement à travers le monde des milliers de personnes qui sont dans la même situation que les six occupants irakiens du Foyer Fiat : des apatrides ayant été obligés de quitter le pays de leur naissance et à la recherche d'une nouvelle patrie pour recommencer à vivre. Les deux jeunes frères Isaac et Mme Ameera Antoine qui ont des frères et un fils en Australie pourraient obtenir asile politique au pays des kangourou mais pas les trois autres réfugiés irakiens. Ils devront attendre que le HCR leur trouve un pays d'adoption dans un délai qui peut aller de quelques mois a une année. Ce n'est qu'à ce moment que ces exilés pourront enfin recommencer une nouvelle vie. " Pour cela, dit Nasseem avec un petit sourire triste, il faut avoir de la patience et il vaut mieux attendre a Maurice que tenter de survivre a Bagdad. Surtout si en 2009 vous êtes un irakien de foi chrétienne. "


Lindley Couronne, directeur d'Amenesty (Mtius): "Maurice a le devoir moral d'aider ces réfugiés irakiens"

Il semblerait que la branche locale d'Amnesty International n'est pas satisfaite de la manière dont les réfugiés irakiens ont été traités à Maurice ?

C'est vrai que la République de Maurice n'a pas signé la convention de Genève pour les réfugiés. Mais il y a le droit et les principes du droit humanitaire qui font que des réfugiés irakiens, et qui plus est des chrétiens, ne doivent pas être enfermés avec des prisonniers de droits communs.

Mais il ne faut pas oublier que ces réfugiés ont violé la loi internationale en voyageant avec de faux passeports. Savez-vous comment un Mauricien qui arrive disons en France avec un faux passeport est traité?

Ne comparons que ce qui est comparable. Je reproche au ministre des Affaires Etrangères et à l'Attorney General, qui sont supposés conseiller le gouvernement, d'avoir maintenu le silence total concernant les droits humanitaires des réfugiés irakiens.

Mais est-ce qu'en accordant un traitement cinq étoiles aux réfugiés irakiens le gouvernement n'aurait pas fait de Maurice une terre de transit pour tous les réfugiés de la planète ?

Le fait que le gouvernement n'ait pas signé la convention de Genève pour les réfugiés relève probablement de la crainte que vous venez d'exprimer. Certes, nous ne pouvons pas accueillir tous les réfugiés du monde, encore moins avec un traitement cinq étoiles, comme vous dites. Mais il ne faut pas oublier une chose : le Haut Commissariat pour les Réfugiés des Nations-Unies a donné à ces six Irakiens un statut de réfugiés politiques, ce qui aurait dû inciter les autorités locales à faciliter les démarches des réfugiés. Ils ne demandent qu'une chose : trouver une terre d'accueil selon l'article 14 de la convention des Droits de l'Homme. Au lieu de les aider, on les a gardés en prison pendant quatre mois.

Vous dites également que les Mauriciens ne connaissant pas grand- chose aux Droits de L'Homme et aux Droits Humains. Est-ce que ce n'est pas une claque autoadministrée dans la mesure où cette éducation relève surtout d'Amnesty et d'autres ONG similaires ?

C'est un fait que le Mauricien a, en général, une culture superficielle des droits humains. Les ONG ont leurs limites tout comme le gouvernement a des responsabilités dans ce domaine. Il ne suffit pas d'envoyer des ministres faire de grands discours dans les réunions internationales sur les droits humains. Il faut surtout les pratiquer à Maurice quand l'occasion se présente. Si on n'est pas d'accord avec le contenu des conventions internationales, il suffit de ne pas les ratifier. Les autorités ont la responsabilité de vulgariser toutes les conventions à l'intention des Mauriciens et elles ne le font pas. J'ai été estomaqué par les réactions suscitées par cette affaire sur certains blogs dans lesquels tout est mélangé. Je crois qu'il faut que beaucoup d'efforts soient faits à tous les niveaux, pour apprendre aux Mauriciens ce que sont le droit international et les droits humanitaires et pourquoi Maurice a le devoir moral d'aider ces réfugiés irakiens. Nous ne disons pas qu'il faut ouvrir toutes grandes les frontières mauriciennes, mais qu'il faut aider des réfugiés qui ont dû fuir leur pays pour échapper à la mort.


Qui sont les chrétiens d'Irak ?

Commençons par répondre à cette question par un extrait d'une lettre ouverte de l'académicien français Jean d'Ormesson adressée aux chrétiens de France en janvier de cette année

" Descendants des contemporains d'Abraham - partis d'Ur, en Chaldée -, héritiers d'une des premières communautés par lesquelles est parvenu jusqu'à nous le message du Christ, les chrétiens d'Irak parlent une langue dérivée de l'araméen, la langue de Jésus. Ils constituent une minorité d'environ un million d'individus. Mais ce qu'ils représentent pour le monde dépasse de loin leur nombre. A la croisée de l'Orient et de l'Occident, au cœur des guerres et des violences, ils rappellent la permanence de cette révélation vieille de 2000 ans: tous les hommes sont frères."

Les chrétiens d'Irak sont, pour la grande majorité, composée des descendants de populations qui vivaient en Mésopotamie antérieurement à l'ère chrétienne et, donc, bien avant la naissance de l'Islam au VII ème siècle. Ils peuvent revendiquer une filiation directe avec la terre de Mésopotamie. Au fil des siècles, les chrétiens d'Irak ont vécu plus ou moins en bonne intelligence avec les arabes musulmans qui sont devenus rapidement majoritaires dans le pays et la région. Ce qui n'a pas empêché des moments de tension, au cours desquels les chrétiens ont été considérés comme des citoyens de seconde zone, marqués par des exodes des chrétiens. A sa prise du pouvoir en Irak, dans les années soixante, Saddam Hussein et son parti font du nationalisme arabe la priorité du pays et décrètent la liberté religieuse sous contrôle strict du pouvoir. Les non-musulmans jouissent officiellement de la plénitude des droits civiques, sont électeurs et éligibles et participent à la vie intellectuelle, culturelle et politique du pays. Les choses changent en 1970 quand la république d'Irak reconnaît l'Islam comme religion d'État pour faire des concessions à la vague fondamentaliste qui commence à gagner les pays du Moyen Orient. Ces concessions iront en augmentant dans les années 90 avec la montée en puissance de Ben Ladden qui assure la promotion d'une idéologie islamiste radicale, dont le projet est de combattre " les croisés et les juifs ", quels que soient les dommages collatéraux subis par des musulmans n'adhérant pas à cette vision. Cette idéologie consiste a faire " faire table rase du passé " qui enseigne que le Moyen-Orient n'a jamais été composé d'une homogénéité religieuse et que ses périodes historiques les plus fastes sont celles où les régimes politiques ont su s'enrichir de la diversité de leurs peuples. D'autre part, le terrorisme contre les Chrétiens vise aussi à assimiler les Chrétiens d'Irak aux " croisés ", alors que ces communautés n'ont rien à voir avec les " croisés " puisqu'elles sont historiques et autochtones. Depuis l'invasion de l'Irak par les Américains, la chute de Saddam Hussein et le chaos qui s'en est suivi, l'amalgame idéologique entre les Chrétiens historiques d'Irak et la nation à dominante chrétienne que sont les États-Unis est fréquemment utilisé. Cette guerre de 2003 a relancé une sorte de processus de " purification ethnique ", comme ce pays en avait déjà connu, et dont les Chrétiens semblent les premières victimes.

Estimés en 1980 à un million, ce qui représentait 2% de la population, les Chrétiens d'Irak étaient moins de 500,000 l'an dernier et le nombre de ceux qui fuient leur pays et prennent le chemin de l'exil continue à augmenter substantiellement. Au nom de la "purification ethnique" a été relancé une sorte de processus de " purification ethnique ", comme ce pays en avait déjà connu, et dont les Chrétiens semblent les premières victimes.

Documentation

Gérard François Dumond

Professeur à l'Université de Paris-Sorbonne, Président de la revue Population & Avenir in No 6 La Revue Geostratégiques


Infrastructure routière - Affaire de surestimation du coût des travaux

Terre Rouge-Verdun : Beijing Construction ramène son offre à Rs 2,5 milliards

Les travaux pour le projet Terre Rouge-Verdun Link Road peuvent démarrer. Le gouvernement, qui a choisi de renégocier l'offre financière de ce projet avec la compagnie chinoise, Beijing Construction, au lieu de relancer le "tender" pour cause de surestimation du coût des travaux autour de 70%, a finalement alloué le contrat à la même compagnie pour Rs 2,5 milliards. Malgré cette décision, les opérateurs dans le secteur estiment que le gouvernement devrait perdre pas moins de Rs 700 millions sur ce projet au lieu d'opter pour un exercice de "retendering".

Pourquoi le gouvernement accepterait-il de perdre Rs 700 millions sur ce projet d'infrastructure routière ? La question reste sans réponse pour l'instant. Mais les chiffres ne semblent pas jouer en faveur de cette décision d'allouer finalement le contrat à Rs 2,5 milliards. Le comité mis en place pour renégocier le contrat avec Beijing Construction a au final obtenu un rabais de Rs 300 millions seulement. Beijing Construction à l'ouverture des "bids" soumis l'offre la moins chère, soit Rs 2,8 milliards. Les autres compagnies chinoise qui avaient coté est comme suit : China International Water and Electric Corporation (Rs 2,9 milliards), Beijing Zhuzong Group (Rs 3 milliards) et China Jiangsu International (Rs 3,2 milliards).

Le projet Terre Rouge-Verdun Link Road a été initié par le gouvernement dans le but de créer route alternative à Port-Louis pour se rendre ou quitter le Nord de l'île. Selon les experts, le projet a le potentiel de réduire jusqu'à 20% le nombre de véhicules qui utilisent le corridor Caudan-Quai D pour accéder au Nord de l'île.

Il faut rappeler qu'au lendemain de l'ouverture des offres pour ce projet, Week-End avait fait état les possibilités d'une surévaluation des coûts des travaux par les compagnies chinoises auxquelles l'appel d'offres était exclusivement réservé. Cela est une des conditions imposées par les autorités chinoises qui avaient consenti à financer le projet à travers un emprunt de l'Export Import Bank of China (EXIM Bank).

Or, en 2007, un an avant l'exercice d'appel d'offres lancé l'année dernière, le projet avait été évalué à Rs 1,2 milliard par la firme française BCEOM. Les offres chinoises avaient ainsi soulevé pas mal d'interrogations dans le milieu des opérateurs locaux, estimant qu'elles étaient "excessivement" élevées. "Les bids ne reflètent pas les tarifs qui sont actuellement pratiqués sur le marché. La surestimation avoisine le Rs 1 milliard. Le gouvernement ne peut se permettre de perdre Rs 1 milliard sur un seul projet", s'inquiétaient-ils tout en partageant leurs préoccupations avec des membres du cabinet ministériel.

Ils n'avaient pas tort. Une contre-expertise de l'offre de Beijing Construction avait conclu que le prix de Rs 2,8 milliards était effectivement élevé. Cela en tenant en compte la hausse des cours des matières premières sur le marché mondial et local. Pour le CPB, les travaux ne devaient ainsi pas dépasser le Rs 1,8 milliard. "Les travaux doivent coûter actuellement autour de Rs 1,6 milliard, d'autant plus que le cours du pétrole ont chuté", indique-t-on à la Road Developement Authority (RDA).

Le CPB souligne d'ailleurs dans une de ses correspondances adressée à Beijing Construction que son "bid price was 70% above estimated cost of the works." Conséquemment aux résultats de cette contre-évaluation, le CPB - selon les directives du gouvernement ? - se décide alors d'ouvrir les négociations avec les quatre soumissionnaires en leur demandant de réviser leur offre financière. Une invitation qui n'est pas au goût de Beijing Construction. En tant que "lowest tenderer" dans cet exercice d'appel d'offres, la compagnie chinoise loge une injonction en cour le 9 février pour contester la décision du CPB.

"The CPB has no power in law or right, title or capacity to invite all the bidders to make such revised financial proposals as all the bidders are aware of all the financial proposal of all the other bidders", est-il souligné dans la plainte logée en Cour Suprême. La compagnie s'appuie sur les dispositions du CPB Act pour réclamer un ordre intérimaire contre cette décision un jour de la date butoir pour la soumission des"offres revisées".

Dans le même milieu, la décision du CPB est interprétée comme un vice de procédure. "Such an invitation is contrary to the law, to all tender procedures and offends all rules of fairness in a tender process, and the CPB'proposed course of action is in breach of BCEG's right to have its bid retained as being the lowest one, unless the public body decides to cancel the bidding exercise", fait d'ailleurs ressortir la compagnie chinoise dans sa plainte.

Face à cette situation, la question d'annuler le "tender" est évoquée au CPB et discutée avec la RDA. Le CPB ne communique pas sa décision officiellement. La question est en même temps soulevée au cours d'une réunion du conseil d'administration de la Road Development Authority (RDA). Mais elle ne figure pas à l'ordre du jour. C'est d'ailleurs le responsable de la RDA qui informe le board que l'appel d'offres devrait être annulé. Mais, visiblement, les ficelles sont tirées ailleurs. Le CPB réserve sa décision en attendant les nouvelles instructions de l'hôtel du gouvernement.

Quelques jours plus tard, une équipe comprenant officiels du gouvernement, de la RDA et du CPB est mise sur pied pour négocier uniquement avec Beijing Construction qui, en contrepartie, retire son injonction. D'où le rabais de quelque Rs 300 millions accordé au gouvernement. La bonne affaire, serait-on tenté de dire. Reste que, basé sur les conclusions de l'exercice de contre-évaluation, le gouvernement perdra tout de même quelque Rs 700 millions sur ce projet. Sans doute à cause de son empressement pour réaliser ses projets. Mais aussi une belle preuve de générosité que la population devrait a priori comprendre après... le don de $ 150 millions et la ligne de crédit de $ 200 millions accordés par le gouvernement chinois dans le sillage de la visite de son président, Hu Jintao, en février dernier. Est-elle toutefois acceptable quand on parle de crise financière ; quand des travailleurs perdent leur emploi et qu'ils sont brutalisés parce qu'ils réclament leurs droits pour un salaire de Rs 3 500 ; quand les consommateurs et tax payers doivent casquer les milliards de roupies perdus dans les scandales de hedging chez Air Mauritius et à la STC ?


Sécurité

Imminente entrée en opération de la CCTV à Flic-en-Flac

En gestation depuis 2007, le projet d'installation de Close Circuit Television (CCTV), afin de combattre la criminalité, entre officiellement en opération à partir du 15 de ce mois. Le projet, au coût total de Rs 50 millions, sera officiellement inauguré par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, estime que cet outil "aidera grandement la police à combattre la criminalité à Flic-en-Flac". Ce sont l'assistant-surintendant de police (ASP) Lochee et le sergent Cheenatur qui ont été les chevilles ouvrières en vue de l'entrée en opération du projet.

Le projet de CCTV a officiellement reçu l'aval du gouvernement en 2007. Le ministère du Tourisme, des Loisirs et des Communications extérieures a financé celui-ci à hauteur de Rs 25 millions - soit la moitié du montant total du projet. À partir du feu vert gouvernemental, la police a conduit une étude de faisabilité et a produit le document d'appels d'offres. En décembre de l'année dernière, le tendering exercise a pris fin et, après étude des différents dossiers présentés par les soumissionnaires, le contrat pour les caméras de surveillance, leur installation et le commissioning du système a été alloué à Brinks Ltd.

Mauritius Telecom (MT) a été choisi comme partenaire du projet et s'occupera du réseau de communication qui relaiera les images de Flic-en-Flac à un sub-control centre sis au poste de police de la localité, ainsi qu'au main control centre, situé à la Police Information and Operations Room (PIOR) des Casernes centrales. La mise en place de la CCTV a démarré en décembre de l'année dernière et a pris fin au mois de mars de cette année.

Le système installé à Flic-en-Flac comprend 83 caméras, situées dans 72 emplacements. La superficie couverte par les caméras de surveillance commence à partir de la route de Rivière-Noire en direction de Flic-en-Flac jusqu'à l'hôtel The Sand. Une dizaine de caméras ont été placées, à elles seules, aux plages publiques de Flic-en-Flac et Wolmar. Toutes les images retransmises aux postes de police de Flic-en-Flac et aux Casernes centrales seront enregistrées sur un network video recorder se trouvant au PIOR. Ces images seront sauvegardées et maintenues dans une base de données pendant un mois avant d'être effacées automatiquement du système.

Cependant, les images qui seront de nature à intéresser la police seront sauvegardées pour les besoins de toute enquête et pourront être utilisées comme preuves en cour. Le personnel qui sera affecté à travailler avec la CCTV a reçu une formation nécessaire dans cette optique.

D'autre part, avec l'entrée en opération du nouveau système, une équipe d'intervention a été créée. Celle-ci, qui est composée de policiers de Flic-en-Flac, d'officiers de la police du Tourisme et de la National Coast Guard, aura le poste de police de Flic-en-Flac comme base. Cette unité sera celle qui interviendra en premier dès que des incidents seront visibles à l'écran.

Le commissaire de police a confié à ses proches collaborateurs sa satisfaction de voir le nouveau système entrer en opération bientôt. Il considère que la CCTV sera d'un apport conséquent dans la lutte contre la criminalité dans cette région. Selon les indications recueillies par Week-End, après Flic-en-Flac, la capitale et Grand-Baie pourraient être les prochaines régions à accueillir un tel système. Mais dans les milieux concernés, l'on ne sait encore quand cela se fera...


Enfin mécontent du boycott publicitaire des journaux

Jean-Claude de L'Estrac démissionne de l'Empowerment Programme

Le boycott publicitaire des principaux titres de presse indépendants par le gouvernement doit cesser. Pour mettre un frein à ce qu'il considère une "dérive dangereuse pour la démocratie", le directeur de La Sentinelle Ltée, Jean-Claude de l'Estrac, a servi, vendredi dernier, une mise en demeure au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Cette action, dit-il, l'oblige à abandonner ses fonctions de président de la National Empowerment Foundation (NEF). Il a soumis le même jour sa démission au Premier ministre.

Jean-Claude de l'Estrac a rencontré la presse, hier matin, pour expliquer son geste. "Depuis plusieurs mois le gouvernement a décrété un boycott publicitaire de l'express. Il a donné ordre aux responsables de la Goverment Information Services de ne plus faire passer les avis gouvernementaux dans ce journal", affirme-t-il. Cette décision, avance-t-il, a aussi été communiquée par certains ministres, par voie de lettre, à des responsables des organismes parapublics sous leurs tutelles. Pour le directeur de La Sentinelle, ce blocus a été décidé par le Premier ministre lui-même, qui ne serait pas content du contenu de certains articles de l'express. À l'exception de Week-End-qui fait les frais de la vendicte gouvernementale depuis 2005- Jean-Claude de l'Estrac, dit ne pas connaître pas d'autres titres victimes de boycott.

Comme souligné dans sa mise en demeure, ce dernier avance qu'il s'agit d'un abus de pouvoir. "Nous pensons que cela est une tentative d'influencer la ligne éditoriale d'un journal indépendant et non partisan. Une tentative de punir un journal qui est parfois critique de ses actions", explique-t-il.

Son action en cour, poursuit-il, ne relève pas "d'une guerre de sous, mais de principe". Elle concerne toute la presse et le pays tout entier. "Nos lois obligent le gouvernement à assurer sa communication dans des publications qui ont une wide circulation. Pour la raison bien simple qu'il a le devoir d'informer le plus grand nombre, pas que ses seuls partisans", indique Jean-Claude de l'Estrac. Il lance également un appel de solidarité aux différentes associations des professionnels du métier.

Expliquant sa démission de la NEF, il déclare : "Cette action en justice m'oblige à abandonner mes fonctions de président de la NEF. Je le regrette beaucoup."


Rama Sithanen se dit triste pour le départ de Jean-Claude de l'Estrac

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, se dit triste suite à la démission de Jean-Claude de l'Estrac de la tête de la "National Empowerment Foundation. "Il m'a informé au préalable de cette décision. Je suis triste de ce départ. Le travail continue," a-t-il déclaré en substance à une question de la presse. Pour ce qui est retombées du sommet du G-20 à Londres de cette semaine, l'une des satisfactions du vice-Premier ministre et ministre des Finances est "le classement de Maurice dans la liste blanche de l'OCDE au même titre que le Danemark, le Canada, l'Australie, l'Allemagne, le Japon ou les Etats-Unis. Nous ne sommes pas sur la liste noire des paradis fiscaux de l'ICDE. Ma position a été vindicated. Ce classement va améliorer l'intégrité et la crédibilité de notre centre offshore".


Au marché de Mahébourg

Les maraîchers se plaignent des conditions difficiles

Une pénurie d'eau qui perdure depuis dix jours au marché de Mahébourg provoque la grogne chez les maraîchers. Selon eux, plusieurs doléances ont été faites au responsable du marché sans qu'elle ne soient enregistrées officiellement. Or, ce dernier nie catégoriquement être au courant de ce problème majeur. Mais Week-End a été sur place. Pas une goutte d'eau ne coulait des robinets.

Dans son bureau, au premier étage du marché de Mahébourg, l'inspecteur Needhoo assure n'avoir rien reçu comme doléances. Il prétend et affirme d'un air sûr de lui: "Nu desan enbas nu gueté la. Tou robinet ou overt, delo pu coulé". Malgré ses dires, il ne nous accompagnera pas pour aller vérifier les faits. Pour en finir avec nous, il nous invite à prendre contact avec le Principal Health Inspector (PHI), M. Maunick, qui est basé au quartier général du District Council de Grand-Port.

Or, nous avons été sur place mercredi après-midi et jeudi matin. Notre descente au marché de Mahébourg nous a en effet permis de constater les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les maraîchers. Ils ne disposent d'aucune goutte d'eau. Pas une seule goutte d'eau ne coulait des robinets et les éviers secs témoignent de cette pénurie d'une dizaine de jours.

Afin d'éviter que la situation déja très difficile ne perdure, et entraîne une série de perturbations, les maraîchers tout comme les éboueurs tentent bien que mal de remplir des bouteilles d'eau. Certains comptent même sur la solidarité du voisinage pour s'approvisionner en eau dans toutes sortes de logements: gallons, poubelles et bouteilles. " Fatigué dir ki pena dilo, inspecter pane fine fair nanien. Kuma pu travay kan pena dilo ?(…) Koz hygiene are ou, ben kuma pu fer pu nettoye la table?" D'après le Government policy section 36: "The lessee shall be bound to have his stall, block, pillars and tables as well as the interior of his stall cleansed daily within half an hour after the ringing of the market bell", explique un marchand de poisson.

Ce dernier se dit révolté par la convention qui stipule qu'on ne peut couper un poisson, ni le nettoyer et encore moins être exposé avant l'aval d'un inspecteur sanitaire. Or, des marchands de poissons pullulent les rues de Mahebourg. "Nu nu paye bazar, nu travay dan propté ek gagne pu tire lizié lor la. Bane marchands lor lari la, personne pas coze pollution ni hygiene lerla", tempête-t-il, avant qu'un boucher n'ajoute: "nou la ene fois par semaine ek la osi zis pendan ene demi-journée. Nou bisin nettoye bœuf, bisin tire trippe. Situation la difficile san dilo".

Même les toilettes sont dans un état déplorable. Les éboueurs n'arrivent plus à faire leur travail correctement et assurent leur nettoyage avec de l'eau transportée en bouteilles.

"La semaine dernière, suite aux pluies diluviennes, les conduits ont été bouchés. L'eau stagnante et nauséabonde émane des drains", selon Georges Ah-Yan, conseiller au district Council. Ce dernier ajoute également que le problème de marchands ambulants pose problème à Mahébourg. Il soutient qu'il y a une politique de deux poids, deux mesures en raison du fait que certains opèrent librement sans permis. "Ce sont des agents politiques", allègue-t-il.

"Les actions sont prises à l'égard de ceux qui ne sont pas en règle. Ils ont à payer des amendes lorsqu'ils sont pris en contravention ", affirme pour sa part M.Needhoo.

Contacté au téléphone vendredi après-midi, M.Maunick affirme pour sa part qu'il était au courant du problème. Il déclare: "Problem la ine fini resoud. Ti ene problem technique, apré pas ti ena assez pression delo". Cette situation a paralysé tout le marché pendant dix jours. Mais en fin de semaine, les maraîchers nous ont confirmé que la situation était retournée à la normale.


Des internautes du vieux Quatre-Bornes à MT:

"Réduisez la vitesse de notre connection internet"

"Réduisez la vitesse de notre connection internet." C'est la surprenante demande que plusieurs internautes de Quatre- Bornes ont fait ces jours ci à Mauritius Telecom. Motif de cette demande: l'augmentation de vitesse de la connection que leur offre MT depuis le début de mars est erratique et "clignotante" et ne permet pas de surfer avec satisfaction.

Quand les nouveaux tarifs sur les télécommunications ont été promulgués par l'ICTA, selon la loi, au lieu de baisser le prix de ses services, MT a augmenté la vitesse de sa connexion. C'est ainsi que les abonnés ADSL ont reçu un courrier les avisant que Orange/MT " believe you should be getting more for your internet connection at home. That's why, since the 1st March 2009, we have doubled your internet speed from 512kbps to 1,024kbps " en maintenant le prix de départ. Mais ce qui semblait au premier une aubaine va vite se révéler une mauvaise affaire pour les habitants du Vieux Quatre-Bornes. Pourquoi les habitants de cette région particulière de la ville des fleurs? Parce qu'ils se trouvent dans une espèce de " no internet land" entre Candos et Rose- Hill pas encore raccordé au réseau avec fibres optiques. Ceux qui sont plus haut dans Quatre-Bornes sont reliés au centre de Candos, ceux plus bas à celui de Rose Hill ou la connextion et la vitesse est satisfaisante. Le problème des internautes du vieux Quatre Bornes qui inondent de complaintes leurs Tele Shop, c'est qu'il semblerait que l'ancien réseau supporte mal la nouvelle vitesse de connexion. Du coup ou bien cette connexion est erratique ou elle est " clignotante", c'est à dire qu'elle est saccadée, dure quelques secondes et qu'il arrive à des internautes de voir leur email être postés avant même qu'ils en aient terminé la rédaction. C'est pour cette raison que plusieurs abonnés ADSL ont décidé de faire cette demande surprenante pour un internaute à leur fournisseur d'accès: " Diminuez notre vitesse de connexion internet."


Inondations à Vallée des Prêtres

Pétition adressée au PM

Une fois de plus, les inondations provoquées par les récentes averses ont causé des dégâts importants à Vallée des Prêtres. Les rivières traversant cette région de la capitale sont sorties de leurs lits pour envahir des maisons tout en provoquant des problèmes d'érosion qui ont abîmé certains bâtiments. Des accumulations de boue et d'eau ont aussi affecté l'ensemble du quartier qui désespère. Cette fois, les forces vives de la région ont décidé de faire appel directement au Premier ministre dans l'espoir d'une solution. "Nombre de fois, des pétitions ont été adressées à différentes autorités pour trouver une solution au problème. Malheureusement aucune suite n'a été donnée. Et en attendant le problème s'est détérioré", précise Prem Dookee, président du Mouvement Civique de Vallée des Prêtres (MCVP).

En effet, cela fait plusieurs années depuis que les habitants de Vallée des Prêtres espèrent une solution des autorités. Les travaux entrepris dans la région n'ont toujours pas réglé le problème. Certaines maisons ont été, entre-temps, considérablement abîmées. La colère et la frustration générées par cette situation ont été à la base de plusieurs incidents dans le passé. Les habitants ayant plusieurs fois manifesté pour se faire entendre. En 2007, la député rouge Kalyanee Juggoo avait porté plainte contre ses voisins de Vallée des Prêtres pour séquestration. Elle était dans sa voiture quand elle y avait été bloquée par des personnes en colère qui déblayaient la route après d'importants dégâts causés par l'eau. Un mouvement de solidarité s'était plus tard organisé autour d'elle. Vallée des Prêtres avait attiré une fois de plus l'attention sur elle. Mais en vain, semble-t-il.

Hier, une rencontre entre les forces vives et les habitants était prévue. Une pétition sera circulée pour réclamer l'intervention des autorités compétentes. Des lettres seront aussi envoyées aux députés de la région - Kalyanee Juggoo, Joe Lesjongard et Mahen Jugroo - et au ministre Baichoo.


En ce Dimanche des Rameaux

Début de la Semaine Sainte menant au Dimanche de Pâques

En ce Dimanche des Rameaux, les catholiques commémorent l'entrée solennelle du Christ à Jérusalem à la veille de sa Passion. Cette commémoration inaugure aussi la Semaine Sainte qui culminera à la fête de Pâques devant être célébrée dimanche prochain, 12 avril. Lors des célébrations d'aujourd'hui, des Rameaux seront bénites à l'église.

Jeudi prochain, Jeudi Saint, jour de commémoration de l'institution de l'eucharistie, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat présidera la Messe Chrismale en la cathédrale Saint-Louis. Prévue à 10h00, cette messe sera retransmise en direct sur MBCtv I. Au cours de cette célébration, les Huiles Saintes servant aux sacrements durant toute l'année suivante sont bénites par l'évêque. Dans les paroisses lors des messes du Jeudi Saint, le prêtre célébrant procède à la cérémonie du lavement des pieds en mémoire du geste accompli par Jésus Christ "venu pour servir et non être servi".

Le Vendredi Saint, les fidèles commémorent la Passion du Christ et sa mort sur la croix. En ce jour, les fidèles sont plus particulièrement appelés au jeûne et à l'abstinence dans un souci de s'unir aux souffrances subies par le Christ. Les fidèles participent normalement en ce jour au Chemin de Croix et à la cérémonie de la vénération de la Croix. Sur MBCtv I ce vendredi, des paroissiens de Notre Dame de Lourdes de Rose-Hill présentent une émission intitulée "Un Vendredi Saint à Rose-Hill" à 21h15.

Dans la nuit du Samedi Saint au Dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ au cours de la veillée pascale. C'est généralement l'occasion de nombreux baptêmes dont ceux d'adultes. Cette année, la veillée pascale de l'église du Sacré-Coeur de Beau-Bassin célébrée par le père Eddy Coosnapen sera retransmise en direct à partir de 20h30. le dimcanche de Pâques, c'est la messe de la chapelle Marie-Etoile-de-la-Mer de Quatre-Soeur dite par le père Piotr Krystkowjak qui sera retransmise sur Radio Maurice à partir de 9h00.

Une émission intitulée "Célébrer la Vie avec Jésus ressuscité" avec la participation des paroissiens de Ste Thérèse de Curepipe est prévue sur MBC I après le message de l'évêque à 20h15.


Religion

Amma à Maurice le 7 avril

Sri Mata Amritanandamayi Devi, plus connue comme Amma que des millions de gens à travers le monde honorent comme leur Mère Divine, sera à Maurice, le 7 avril, pour des prières, des causeries et des darshans. Amma donne le darshan en serrant ses disciples contre elle pour leur souffler un mantra à l'oreille. C'est ainsi qu'elle répand son amour infini sur tous.

En 36 ans, Amma a pris dans ses bras et étreint plus de 26 millions de personnes à travers le monde. Elle parcourt le monde pour répondre à l'appel des êtres en quête de paix et d'harmonie. Amma propage un message d'amour et de service désintéressé. Elle a créé les temples Brahmasthanam où les dévots accomplissent des rituels afin de soulager les souffrances causées par les influences planétaires négatives.

Modèle d'humilité, de compassion, de simplicité et de patience, elle a aussi créé le Mata Amritanandamayi math, une institution de charité publique avec plusieurs branches à travers le monde et en Inde.

En 1999, Amma a participé au Parlement des Religions du monde, à Chicago où elle a été choisie comme un des présidents de l'assemblée des Religions. En 1995, elle a été invitée à prononcer une allocution lors des rencontres interconfessionnelles qui se sont déroulées à l'occasion du 50e anniversaire des Nations unies, à New-York.

Le 26 décembre 2004, lorsque le tsunami a frappé Amritapuri et les villages côtiers, Amma a organisé la distribution de nourriture et de vêtements. Elle a aussi procédé à la reconstruction de plus de 6 200 maisons, au Kerala. A Ajanta Nagar, Poona, le M.A. Math a relogé près de 1 800 familles vivant dans un bidonville.

Dans le domaine de l'éducation, des universités prestigieuses des Etats-Unis dont Harvard, Princeton, l'université de Californie et de Yale se sont associées à l'université Amrita pour rehausser le niveau de l'éducation universitaire. A propos de l'éducation, Amma précise: "Il existe deux sortes d'éducation: l'éducation qui permet de gagner sa vie et celle qui nous apprend à vivre. Quand nous étudions pour devenir médecin, avocat ou ingénieur, nous obtenons un métier. Mais pour vivre, il nous faut saisir les principes essentiels de la spiritualité et mieux comprendre le monde, notre mental, nos émotions et nous-mêmes".


Contestation de l'interdiction de fumer en voiture si accompagné

1er meeting d'explication du mouvement SDPP, le 16 avril à Beau Bassin

L'interdiction de fumer en voiture si accompagné d'un passager est une mesure anticonstitutionnelle et consiste une atteinte aux Droits de l'homme, affirme le Mouvement pour Sauvegarder le Droit à la Propriété Privée (SDPP). Les membres de ce mouvement ont déposé plaintes à cet effet à la Commission des Droits de l'Homme contre le ministère de la Santé et l'État. Un "Plaint of Summons" a aussi été déposé auprès de la justice contre l'État. Ce mouvement, visant à protéger la liberté individuelle, organise le 16 avril prochain, un premier meeting d'explications à la Place Taxi, Beau Bassin. L'objectif est d'alerter l'opinion publique sur ce qu'il estime "une entorse au Droit à la Propriété Privée de certaines dispositions des Public Health (Restrictions on Tobacco Products) Regulations 2008".

La section 3 (1) (c) du Public Health Act (PHA), stipulant que "No person shall smoke a tobacco product - while driving or travelling in a private vehicle carrying passengers… ", rencontre une forte opposition. Pour les membres du mouvement SDDP, qui se réfèrent à la section 3 du chapitre II de la Constitution, concernant " the right of the individual to protection for the privacy of this home and other property… ", cette nouvelle mesure est une violation de la Constitution et des droits de l'individu. Christian Némorin, initiateur du mouvement souligne que "notre voiture représente notre propriété privée. Et nous ne forçons personne à y entrer pour voyager avec nous. Nous ne pouvons pas laisser les autorités nous imposer des mesures au sein de notre propriété privée, alors même que la Constitution est claire sur ce point". Depuis la mise en vigueur des nouvelles règlementations du PHA, le SDPP a ainsi enclenché une série d'actions pour sauvegarder le droit à la propriété privé. "Le débat en lui-même n'est pas tant le tabac. Mais la liberté individuelle. Il est important de réagir afin qu'il n'y ait aucune entrave à cette liberté garantie par la Constitution et la Commission des Droits de l'Homme", fait ressortir notre interlocuteur. La Commission des Droits de l'Homme a déjà pris connaissance des plaintes déposées concernant cette nouvelle mesure de la PHA. Toutefois, précise Christian Némorin, nous ne sommes nullement satisfaits des réponses de la Commission. Cette dernière, dans un courrier envoyé aux plaignants indique en effet que "The State Law Office has been consulted on this issue and its has verbally informed this commission that it would not be an offence for a person to smoke while he is driving alone in a private vehicle". L'initiateur du mouvement SDPP fait ressortir que "là n'est pas la question. Nous avons souhaité savoir s'il y a effectivement, comme nous l'estimons, viole de nos droits constitutionnels à la vie privée et à la propriété privée. Si oui (ce que nous pensons être le cas), que fait la Commission pour nous rétablir dans nos droits?". Rappellant que la lutte enclenchée par le mouvement SDPP est une action visant à protéger la liberté individuelle, et non une lutte pour le tabac, puisqu'il aurait pu s'agir d'un autre produit, Christian Némorin appelle à la mobilisation citoyenne pour un rassemblement que tiendra ce groupement le 16 avril prochain, à Place des Taxis, Beau-Bassin. Le but de ce premier meeting, qui sera suivi par d'autres manifestations régionales, est d'alerter l'opinion publique sur "l'anticonstitutionnalité", que représentent, selon le mouvement, certaines dispositions du PHA. Le mouvement SDPP souhaite aussi expliquer à la population que "cette nouvelle mesure, comme telle, est une restriction à la liberté individuelle et à la liberté des personnes consentantes". Selon Jack Bizlall, dès lors que la liberté de l'individu est en jeu, celle de la communauté l'est également. Le mouvement SDPP lance un appel aux parlementaires de revoir cette loi du point de vue de la liberté de la personne, du droit constitutionnel de la personne. Il espère également que les autorités agiront davantage au niveau de la prévention et de l'éducation.


Université de Maurice

Accusations à très haut niveau

Une curieuse affaire fait la une des conversations des couloirs de l'université de Maurice. Il s'agit d'une accusation de "leakage" dans un exercice de promotion faite par la doyenne de la faculté de " Law and Management" contre le Pro Vice Chancellor de l'Université.

Cette curieuse affaire qui concerne un exercice de promotion interne à l'université de Maurice commence à la fin de l'année dernière. La doyenne de la faculté " Law and Management" est informée par un enseignant que sa femme venait d'être informée par le Pro Vice Chancellor qu'elle serait promue Associate Professor lors du prochain exercice de promotion. Cette conversation est faite en présence de trois témoins, enseignants à l'université. La doyenne fera état publiquement de cette conversation au mois de février de cette année quand son rapport d'évaluation sur les candidats à la promotion est contestée par le Vice Pro Chancellor lors d'une réunion. Invitée par le Staff Committee de l'université à répéter ses accusations par écrit la doyenne de la faculté de " Lax and Management" rédige une lettre de six pages adressée au président du Staff Committee avec copies au président de l'université de Maurice et à son Vice Chancelier. Dans cette lettre la doyenne renouvelle dans les détails ses accusations en les replaçant dans leur contexte. Cette lettre comprend également les signatures de témoins ayant entendu le mari d'une des candidates à la promotion annoncer que le Pro Vice Chancellor lui avait indiqué que sa femme ferait partie des promus. Une réunion discrète, mais survoltée - au cours de laquelle des arguments académiques et même communalistes ont été échangés - a eu lieu récemment sur cette affaire qui embarrasse la direction de l'université mais aucune décision n'a été prise ou en tout cas annoncée. Cette affaire est d'autant plus embarrassante pour l'université qu'elle survient à un moment où plusieurs importants changements dans sa hierarchie sont annoncés. Affaire à suivre.


Manifestation le 18 avril à Grand Baie

Droit d'accès gratuit au patrimoine national

L'accès aux différents sites faisant partie du patrimoine national doit être gratuit pour les mauriciens. C'est l'avis du Front Commun "Pa Touss Nu patrimoine", qui milite également pour la sauvegarde de notre héritage. Ce mouvement déplore les décisions de faire payer l'entrée aux Mauriciens à certains sites. Après le Jardin de Pamplemousses, l'Ile aux Aigrettes et l'Ilot Gabriel, le mouvement lutte actuellement contre le paiement des mauriciens pour visiter l'île Plate. "L'Île Plate fait partie de notre patrimoine national. Tous les mauriciens doivent pouvoir y aller. Il ne faut faire aucune distinction entre ceux qui peuvent payer et ceux qui n'ont pas les moyens", explique Georges Ah Yan, un des porte-parole du Front Commun. Dans cette optique, le mouvement appelle à une mobilisation nationale. Il organise, à cet effet, une première manifestation le 18 avril prochain, au Débarcadère, Grand Baie.

"Le patrimoine national appartient à chaque mauricien. C'est notre héritage. Et pour visiter un des sites, nous n'avons pas à débourser de notre poche", estime Georges Ah Yan. Depuis quelques mois déjà, l'accès à l'Île Plate est devenu payant, explique-t-il et les raisons avancées demeurent encore floues. C'en est trop pour le peuple mauricien, s'insurge le Front Commun. Selon le groupement "à cause de cette nouvelle politique, une grande partie des mauriciens, notamment les plus démunis, ne pourront pas accéder à ces sites par manque de moyens financiers". Avec l'augmentation du coût de la vie, encore plus de personnes sont touchées, avance le Front Commun. Déplorant le manque de loisirs dans plusieurs régions, les membres du mouvement s'insurgent que "kot ti ena enn de plass kot morisyen ti kapav ale detann en famille, zordi, sa oussi pou fermé pou nu, parski nu pena kass pou payé". Concédant qu'il faut nettoyer ces sites et veiller à la protection de l'environnement ce mouvement déplore méanmoins que "ce n'est pas aux visiteurs mauriciens de mettre la main à la poche". Georges Ah Yan rapelle que l'État dispose d'un budget pour cela. "Il y a des organismes publics qui sont mandatés avec l'argent des contribuables pour apporter ce service", fait-il ressortir. Le Front Commun "Pa Touss Nu patrimoine" souhaite alerter l'opinion publique à ce sujet. D'où l'organisation d'un premier meeting au Débarcadère de Grand Baie le samedi 18 avril prochain. D'autres rassemblements suivront. "Il est inacceptable qu'en raison de certaines décisions politiques ou autres, un groupe de mauriciens ne puissent accéder à son patrimoine. Si ces sites sont payants, ceux qui n'ont pas les moyens ne pourront jamais voir la richesse de leur pays", soulignent les membres du mouvement. Le Front Commun "Pa Touss Nu Patrimoine" envisage une action concrète pour mobiliser la population pour une visite prochaine "gratuite" sur l'île Plate. Le mouvement compte enclencher la même mobilisation qu'elle a faite pour l'accès à l'Îlot Gabriel. De même, durant leur rassemblement le 18 avril prochain, les intervenants au meeting lanceront un appel au vote d'une résolution visant à réclamer au gouvernement une loi pour le libre accès des mauriciens au patrimoine national.


Brèves

Audiovisuel - MBC : dénonciations présidentielles

Le nombre de lettres adressées au Premier ministre avec copies à l'ICAC et à la presse accusant le président du conseil d'administration de la MBC de conflits d'intérêt se multiplie. La toute dernière fait état des activités de deux compagnies de production audiovisuelle qui appartiendraient au président de la MBC : Viditech et Digi Pro. Selon cette lettre, "plusieurs productions privées sont montées dans les studios de Digi Pro" par trois employés de la MBC. Cette lettre fait également mention d'une série d'affaires impliquant le président de la MBC qui agirait plus souvent en tant que propriétaire d'un studio de production que comme gestionnaire de la corporation. Il est bon de rappeler que ces mêmes accusations ont été faites dans un affidavit juré en cour dans le cadre d'un procès en réclamation que l'animatrice Neelam Sharma intente à la MBC et au président de son conseil d'administration. Selon certaines sources, la dernière lettre de dénonciations ferait partie de la guerre sans merci qui oppose la haute direction de la MBC depuis 2005 et dans laquelle les uns et les autres font tout pour déstabiliser et décrédibiliser leurs adversaires.

C'est dans ce cadre que des accusations ciblées sur les pratiques et passe-droits des uns et des autres feraient leur apparition dans la presse à intervalles réguliers. Mais en tout état de cause et compte tenu que ces dénonciations mettent en cause l'utilisation des ressources de la MBC, il serait temps que le Premier ministre initie une enquête pour faire la lumière, une fois pour toutes, sur ce qui se passe à la rue Pasteur.

Radio One : suspension à cause d'un poisson d'avril

À Radio One on prend tout au sérieux, même les poissons d'avril. C'est la conclusion à laquelle on est obligé d'arriver après ce qui s'est passé mercredi dernier à la radio de la rue Brown-Séquard. L'histoire commence le matin avec le lancement du journal de la station concurrente, Radio Plus. En une elle annonce le prochain lancement d'une télé privée à Maurice. L'information paraît d'autant plus crédible que la rédaction travaillait là-dessus depuis quelque temps et que le sujet est assorti d'une déclaration du premier président de l'IBA. C'est dans cette perspective que le chef d'édition du jour inclut l'information dans le journal du matin lu ce mercredi par Karishma Beeharree. Cette reprise de " l'information" fait la joie de la rédaction de Radio Plus qui diffuse alors en boucle le texte repris par Karishma Beeharry en annonçant qu'il s'agissait en fait d'un poisson d'avril.

Dans la logique des blagues du premier avril, ceux qui ont été piégés félicitent le vainqueur et l'histoire se termine là. Ce n'est pas le cas à Radio One où dans la matinée du 1er avril Karishma Beeharree reçoit un coup de téléphone du bureau des ressources humaines du groupe La Sentinelle qui lui apprend sa suspension pour avoir repris une information de la station concurrente. Il faudra que la rédactrice en chef de la radio reçoive sa lettre de suspension pour découvrir qu'il ne s'agissait pas d'un autre poisson d'avril. La suspendue a été sommée de donner des explications par écrit en attendant de comparaître devant un comité disciplinaire.

Tout cela à cause d'un poisson d'avril...

Action commune: Une " marche du peuple " de Beau-Bassin à Port-Louis le 24 avril

Les confédérations syndicales du pays feront cause commune dans le projet d'organiser une marche pacifique de Beau-Bassin à Port-Louis le vendredi 24 avril. Ayant pour thème "la marche du peuple", cette manifestation, selon les dirigeants syndicaux, est une démonstration de force et de solidarité des travailleurs. "C'est un projet du peuple. C'est une marche qui invite pecheurs, chauffeur, ouvrier, machinistes, consommateurs ou employés de bureau à y participer", soutiennent les syndicalistes. Cette manifestation débutera à partir de Beau-Bassin à 15h30, explique Reeaz Chutto, et les participants convergeront vers Port-Louis. " L'objectif c'est que à mesure que nous avancerons la foule grandira, car ceux qui ont fini de travailler se joindront progressive à la foule. Ce sera la démonstration d'un soulèvement populaire contre la politique de démocratisation de la pauvreté que le Premier ministre a adoptée ", ajoute le président de la CTSP.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009