Faits et effets…
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Et notre stimulus à nous…
Humeur
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Sauter pour mieux reculer
Pris sur le vif
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Sacrifice
Faits et effets...
Et notre stimulus à nous
L'Assemblée nationale sera, mardi prochain, appelée
à débattre et à voter l'Additional Stimulus
Package (Miscellaneous Provisions) Bill. Pour ce que l'on
a déjà enregistré comme commentaires, cela
risque de chauffer et constituer un singulier contraste avec la
séance de mardi dernier, marquée par un calme exceptionnel.
L'opposition loyale, comme elle se décrit elle-même,
applaudira le ministre des Finances. Eh oui, c'est possible, on
en a eu un avant-goût déjà sur le Insolvency
Bill avec une intervention "soft" de Pravind Jugnauth.
Ce n'est que la deuxième fois qu'il est au Parlement et
la première fois qu'il siège dans l'opposition,
faut le comprendre, il cherche encore ses marques. Pas toujours
facile ni commode, d'ailleurs, d'assumer ce grand écart
qui consiste à avoir été élu avec
les votes massifs de l'électorat du gouvernement et de
siéger dans l'opposition.
L'opposition réelle s'éveillera pour dire ses quatre
vérités au gouvernement et dénoncer surtout
le "cadeau" - expression chère, jadis, au leader
du MSM du temps où il pourfendait les largesses de Rama
Sithanen au secteur privé -, le seul point focal relevé
par le MMM dans ce fouillis de mesures, anciennes et rebaptisées
pour la circonstance dans cette enveloppe visant à stimuler
une économie gravement menacée.
Stimulus surtout pour le secteur privé et rien pour le
salarié. Contrairement aux autres pays qui ont agi sur
plusieurs fronts pour relancer leur économie et protéger
les plus bas salaires, comme en Guadeloupe, en Martinique et à
La Réunion, ici, ce sont les salariés et les consommateurs
qui, après avoir hier porté seuls le fardeau de
la réforme, assurent encore aujourd'hui presqu'exclusivement
celui de la relance souhaitée.
Nul besoin de revenir sur la flambée des prix ces dernières
années. On nous avait annoncé la baisse de 4 000
produits dans le dernier budget. On est à quelques semaines
du prochain et on n'a toujours rien vu venir de ce côté-là
! Face à cette constante érosion du pouvoir d'achat
des plus pauvres et de la classe moyenne, jamais rattrapée
avec des compensations salariales bien en deçà du
taux d'inflation à deux chiffres. Au lieu d'améliorer
le pouvoir d'achat et de donner un petit coup de pouce à
la consommation, on a fait mieux, on a ponctionné 1% des
salaires des employés pour financer leur propre mise à
pied.
Ajoutés à cela la National Residental Property
Tax, la taxe sur l'épargne et les frais d'examen revenus
à la charge de la majorité des parents parce que
la barre des Rs 7 500 par mois exclut des familles également
dans le besoin comme ces ménages qui touchent Rs 8 000
mensuellement. Lorsqu'il vous arrive d'excéder de peu la
limite de vitesse, ce n'est plus Rs 500 mais Rs 2 000 d'amende
qui vous attend. C'est normal, ceux qui votent ce genre de texte
se déplacent, pour la plupart, dans des limousines conduites
par des officiers de police. Ils ne connaissent pas les petites
misères du grand public voyageur.
Comme si ce n'était pas assez, un drôle de Père
Noël est passé fin décembre. La légende
n'a pas été respectée. Ce n'est pas par la
cheminée que le visiteur du 24 décembre est passé
mais par les compteurs du CEB qui semblent avoir tourné
de manière tellement folle que cela s'est reflété
après par un doublement et un triplement même, dans
certains cas, de la facture d'électricité. Selon
certaines victimes de ce dérèglement resté
jusqu'ici sans explication valable, il faudrait maintenant inclure
le paiement de l'électricité dans le Hire Purchase
Act.
La saga des prix des produits pétroliers est, elle, encore
plus scandaleuse. Alors que ce 1er avril, le gaz a, en France,
baissé de 10%, ce qui n'est pas négligeable en termes
d'aide au pouvoir d'achat, ici, c'est le contraire, les produits
augmentent parce que ce sont les consommateurs qui doivent payer
pour les mauvais choix de "hedging" des seuls cadres
de la State Trading Corporation et qui ont coûté
la bagatelle de Rs 2,8 milliards.
Même irresponsabilité et même légèreté
qu'à Air Mauritius, sauf que nous ne sommes ni en Europe
ni aux États-Unis où, en ces temps de crise, ceux
qui fautent ou qui plaisantent avec l'argent des actionnaires
et des contribuables sont carrément renvoyés ou
exposés à la critique, à la vindicte populaire
et à la sanction des autorités gouvernementales
ou régulatrices. Ici, rien de tout ça, business
as usual à la STC comme à Air Mauritius, ce
sont les usagers de la route comme des cieux qui trinquent. Et
certains continuent à se gargariser de slogans sur la bonne
gouvernance et la gestion prudentielle. Franchement écurant
!
Si, ailleurs, on part en guerre contre les parachutes dorés,
les stocks-options et les généreux bonus, ici, la
discipline salariale c'est que pour les petits et moyens salariés.
Aussi, il est difficile, en ces temps de vaches maigres, pour
le plus grand nombre de faire accepter les Rs 800 000 mensuelles
de Manoj Ujodha, les Rs 700 000 du Sud-Africain viré pour
gestion catastrophique du "hedging" à la South
African Airways et miraculeusement repêché à
la direction financière d'Air Mauritius et les Rs 350 000
du secrétaire financier Ali Mansoor.
Vous avez dit démagogie ? Non, pas du tout, parce qu'on
pourrait tout aussi bien ressortir tout ce qui a été
dit par Navin Ramgoolam et Rama Sithanen entre 2000 et 2005 et
revenir sur les promesses de leurs alliés aussi, comme
celle de ne plus faire payer le "dilo sale", ces frais
de connexion au tout-à-l'égout qui, non seulement
n'ont pas été abolis comme promis, mais sensiblement
augmentés depuis mars 2008. Alors, faites gaffe
Humeur
Sauter pour mieux reculer
Le gouvernement de l'Alliance sociale maîtrise au moins
une chose : la capacité de prendre une décision
sans réfléchir à ses éventuelles conséquences.
En courant le risque d'avoir à l'annuler ou l'amender après
que ses conséquences négatives non anticipées
aient été mises en exergue. Mais, en dépit
de quelques expériences désastreuses que nous allons
recenser, il continue de plus belle à sauter pour mieux
reculer. Commençons par la plus coûteuse de ces
mesures, décréter gratuit le transport scolaire
en 2005. Dans le principe, c'était une bonne mesure mais,
dans l'application, ce fut une véritable catastrophe. Cette
mesure, surtout destinée à rendre populaires le
gouvernement et son
Premier ministre, fut prise sans aucune étude sur le nombre
de passagers concernés, leurs horaires de déplacement,
le nombre d'autobus nécessaires, un système de contrôle
et, surtout, son coût. Ce n'est qu'après l'avoir
proclamé que le gouvernement se rendit compte que cette
décision allait coûter Rs 600 millions, générer
des problèmes à n'en plus finir et désorganiser
la vie scolaire. Il se rendit également, et tardivement,
compte que sans un système de contrôle, sa mesure
allait surtout profiter aux collégiens qui avaient la possibilité
d'aller faire l'école buissonnière aux quatre coins
du pays et aux propriétaires d'autobus individuels qui
faisaient payer le prix fort pour un service qui était,
soyons polis, loin d'être satisfaisant. La réalité
obligea bien vite le gouvernement à faire ce qui aurait
dû avoir été fait au préalable : étudier
le problème.
Pensez vous que cet insuccès, c'est encore une formule
de politesse, poussa le gouvernement à plus de prudence
dans ses plans, à analyser les possibles conséquences
avant de prendre une décision? Pas du tout. L'année
dernière, il imposa l'heure d'été en annonçant
que c'était une formule miracle qui allait permettre au
pays et à ses habitants de faire de substantielles économies
d'énergie. Comme à chaque fois que le gouvernement
prend une décision, tous les ministres et la plupart des
députés vantèrent la mesure. Une vague d'experts
soutinrent la mesure dont le président du conseil d'administration
du CEB. Comme pour le transport scolaire gratuit, ce n'est que
lorsque l'heure d'été fut appliquée que l'on
se rendit compte de ses nombreuses failles et du fait que son
principal argument de vente - l'économie d'énergie
- était une plaisanterie. Elle a été tellement
mauvaise cette heure d'été qu'on ne parle plus de
faire un bilan de l'énergie que cette mesure miracle a
permis de réaliser. Preuve que le bilan est loin d'être
positif : le président du CEB a même dit que l'initiative
de cette mesure n'avait pas été proposée
par ses services. Entre-temps, une autre mesure à la va-vite
avait été prise dans l'Education. Le précédent
ministre, qui avait réintroduit et vanté le concept
de la protection des élites, prit une bonne décision
: augmenter d'une demi heure les heures des classes des collèges.
Mais, comme il s'était mis à dos le corps enseignant,
les syndicats, les parents et les élèves par son
arrogance, il se retrouva face à un mur infranchissable.
L'alliance profs, élèves, syndicats - et, on le
dit moins mais son rôle fut déterminant dans l'affaire
: les donneurs de donneurs de leçons particulières
- obligea le gouvernement à exiger de son ministre de l'Education
d'annuler sa mesure à toute vitesse. Il le fit la queue
entre le jambes avant de changer de portefeuille lors du remaniement
ministériel qui suivit. La dernière mesure dans
la série sauter pour mieux reculer du gouvernement
concerne les nouvelles lois contre le tabac. Dans l'absolu, le
gouvernement a raison : la cigarette est nocive pour la santé,
son odeur indispose ceux qui ne fument pas et il n'est pas juste
de la leur imposer. Mais, dans son désir de légiférer,
pour respecter - pour une fois - les conventions internationales
qu'il a signées, le gouvernement a fait rédiger,
voter et promulguer une loi dont on commence seulement à
découvrir les incohérences. A tel point qu'on peut
se demander à quoi pensaient ses rédacteurs en la
rédigeant ! Des confrères ont relevé les
oppositions entre certaines clauses de la nouvelle loi, les modifications
apportées par le ministère de la Santé dans
la dimension des designs sur les paquets de cigarettes, etc. Évoquons
deux points incompréhensibles de cette nouvelle loi. Le
premier autorise quelqu'un à fumer chez lui avec sa femme,
mais lui interdit de le faire dans SA voiture avec sa même
femme. Depuis quand une voiture privée est considérée
comme une voie publique dans ce pays ? Ce qui est plus choquant,
c'est que la nouvelle loi interdit de fumer sur la voie publique
dans les villes et villages du pays, mais autorise les fumeurs
à se livrer à leur passion - qu'on a de plus en
plus tendance à qualifier de vice - sur les plages publiques
!!! Quel est donc le message que véhicule cette clause
de la loi votée par un gouvernement dont les membres ne
ratent pas une occasion pour parler de défense de l'environnement,
de développement durable et autres slogans écologiques
qui font joli dans un discours ? Ne polluez pas nos villes, mais
transformez nos plages en cendriers !!! Comme dirait l'autre :
marqué gardé, un de ces jours un écologiste
va entrer une affaire en Cour sur ce point précis et comme
il le fait généralement, le gouvernement va bourrer
en désordre. Ou, pour écrire plus poliment, va encore
une fois reculer après avoir trop rapidement sauté.
PS : Mardi dernier, des ouvrières qui viennent de perdre
leur emploi ont manifesté devant le Parlement. Elles ont
été maltraitées par la police et certaines
d'entre elles ainsi que des syndicalistes arrêtés
et traduits en justice. L'incident semble avoir totalement échappé
à la ministre de La Femme. Si dans pareil cas le ministre
de la Femme ne se sent pas interpellée, à quoi sert-elle
? A essayer de faire joli au Parlement ?
Pris sur le vif
Sacrifice
- Tu n'as pas bonne mine, du tout, toi. Tu es malade ou bien
to fine blié mette to make-up ce matin ?
- Non, toi
je viens juste de boire deux jus de tamarin
pour faire baisser ma tension
-
qu'est-ce qui t'arrive encore
ton bonhomme
-
toi, comme tu entends dire que j'ai un problème,
tu penses automatiquement à mon mari
si tu n'étais
pas ma meilleure amie, je commencerais à me poser des questions
-
aiooo
comment tu peux causer n'importe comme ça,
toi
tu sais que tu es plus qu'une sur pour moi
-
ne dis surtout pas ça, toi
surtout que tu
sais très bien ce que ma garce de sur est capable
de faire et de dire !!!!
- Mais alors pourquoi tu as bu deux verres de jus tamarin en pleine
journée?
- C'est à cause du journal.
- Ah bon
j'ai pas eu le temps de jeter un coup
quel
est le scoop ?
-
au Parlement le ministre des Finances a donné
le salaire du secrétaire financier
-
ce mauricien qui a quitté le Fonds Monétaire
je ne sais pas trop quoi la ou une grande banque, pour venir
travailler à Maurice ?
- Li même.
- Il parait qu'il touchait des fortunes à l'étranger
et a décidé de tout quitter pour venir aider le
pays. C'est bien ça, non! Moi je ne connais pas beaucoup
de gens qui feraient ce sacrifice-là.
- En tout cas, je peux te dire une chose : si c'est un sacrifice,
c'est un sacrifice très bien payé
- Oui, mais lui, il a les compétences et puis l'expérience
internationale. Alors combien il touche comme ça ?
- Laisse moi te dire d'abord qu'il a droit en plus de son salaire,
de ses salaires parce que c'est tellement gros ki bizin mette
ça au pluriel, à son téléphone est
payé, il a une car allowance et deux billets d'avions en
business class, s'il te plaît, pour aller aux Etats-Unis.
- Écoute, toi, c'est un peu normal non. Il s'est sacrifié
pour aider le pays non? Il lui faut quelques compensations quand
même. D'après ce que j'ai compris, il gagnait deux,
trois fois plus, dehors et que comparé à ce que
certains touchent dans le secteur privé, ce n'est pas grand-chose.
- Pas grand-chose ? Le problème c'est que c'est toi et
moi qui payons le prix de son sacrifice. Et, crois moi, c'est
un sacrifice mari lourd à porter. Et après je ne
comprends pas une affaire: si tu acceptes de faire un sacrifice,
tu l'acceptes totalement sans demander des compensations ou alors
on ne parle pas de sacrifice. Un point c'est tout.
- Ok, ok et dis moi combien il touche comme ça comme salaire
?
-Rs 335, 000 par mois.
- Tout ca ?
- Effectivement, c'est une grosse somme. Ca fait combien ça
?
- Comment ça fait combien ça ? Ca fait 335,000 roupies
par mois. Bizin dire toi ça en anglais pou to comprend.
- Laisse moi t'expliquer : je sais que c'est une grosse somme,
mais je ne vois pas ce que ça représente. Tu sais,
dans ma famille on n'a pas l'habitude de jongler avec l'argent.
Alors il me faut un élément de comparaison : qu'est-ce
qu'on peut acheter avec Rs 335,000 ?
- Ah d'accord! Dis moi combien tu dépenses pour tes commissions
par mois au supermarché.
- Toutes les affaires pour un mois full, avec tout ce qu'il faut
pour la maison, la mangeaille tout ça ? Un dans l'autre,
on va dire facilement Rs 15,000 pour un caddie.
- Très bien donne moi une seconde je vais faire le calcul
pour toi. 335,000 divisé par... non... c'est pas assez...
335,000 par... la c'est trop beaucoup. Voila... je l'ai... Avec
le salaire mensuel du secrétaire financier tu peux acheter
des commissions pour presque deux ans, plus exactement pour 23
mois et demi à Rs 15,000 le mois.
- Deux ans de commissions de la maison ? Deux ans de caddies.
Tu es sûre?
- Regarde toi-même.
- To capave donne moi ene grand verre jus tamarin ?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009
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