f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009



  Triple accident jeudi à Ste-Croix - Yael Angtinghene, six ans, dans le coma
  Braquage à la SBM lundi - Cinq arrestations mais point de butin retrouvé
  Les Rs 22 millions "disparus" de la MPCB - Arrestations et interrogations...
  Immigration clandestine - Entre 600 et 700 étrangers soupçonnés de séjour illégal à Maurice
  Brèves


Triple accident jeudi à Ste-Croix

Yael Angtinghene, six ans, dans le coma

Il est un petit bout de chou de six ans, qui lutte actuellement entre la vie et la mort à l'Intensive Care Unit (ICU) de l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses. Yael Angtinghene a été fauché, jeudi après-midi, en compagnie de sa petite soeur, Ketia, deux ans, et leur grand-mère, Margaret, 54 ans, par une motocyclette folle. Yael n'a pas repris connaissance depuis et se trouve toujours luttant entre la vie et la mort, tandis que Margaret se remet lentement de multiples blessures à l'hôpital Dr Jeetoo, à Port-Louis. Quand à la petite Ketia, qui était dans les bras de sa grand-mère au moment de l'accident, elle est sortie de l'hôpital hier, après s'être remise de ses blessures heureusement superficielles. A hier soir, la police d'Abercrombie recherchait toujours l'auteur de l'accident, dont l'identité est connue de tout le quartier, à Sainte-Croix. L'oncle des enfants, Mike Angtinghene, 31 ans, témoin oculaire de l'accident, en a fait le récit à Week-End.

"Il était aux alentours de 18h30 quand l'accident est arrivé, près de la croisée Pravesh, à Sainte Croix. J'allais chez ma mère, qui habite dans le coin, quand un de mes amis m'a appelé et m'a demandé où je partais. Mo finn dir li mo pe alle kot mo mama. Au même moment, j'ai vu ma mère Margaret, qui arrivait, avec Ketia à son bras, et tenant Yael par la main. Je me dirigeais vers eux quand j'ai entendu un bruit terrible. C'était une moto qui arrivait à toute vitesse. Le chauffeur ne portait pas de casque. Il était passé là à deux reprises, à toute vitesse avant, et avait failli rater le virage par deux fois. Mo nek truv motocyclette la pran Yael, mo maman et Ketia, ki ti lor kote droite. Li finn tap ar zot dan droite net. Line traine mo neveu lor ene distance quatre mètres et mo niece lor trois metres par la", raconte Mike, d'une voix cassée.

Le sang coulait de partout. Il est accouru sur les lieux et a porté secours en premier à sa mère, Margaret, qui était le plus près de lui et qui saignait abondamment. Des bons samaritains, qui passaient par là, ont aidé les proches de Mike, entretemps accourus, à transporter les blessés à l'hôpital. Yael a été admis d'urgence à l'Intensive Care unit de l'hôpital de Pamplemousses. Il se trouve dans le coma depuis jeudi soir, et souffre de multiples blessures, notamment à l'arrière de la tête. La petite Ketia, également admise, a eu plus de chance que son frère, qui a été heurté en premier par l'engin. Ketia a également été protégée dans sa chute par sa grand-mère, qui la tenait dans ses bras au moment de l'accident.

Le père des enfants, Gervais, est consterné, mais a poussé hier un petit soupir de soulagement dans la mesure que Ketia est sortie de l'hôpital. Par contre, l'inquiétude perdure concernant l'état de Yael. En ce qu'il s'agit de Margaret, la grand-mère des enfants, elle se remet lentement de ses multiples blessures à l'hôpital Dr Jeetoo. Pour Mike et Gervais, "c'est un véritable calvaire que la famille est en train de subir. Mem ena la lumier dan nu lakaz, nu pe truv noir. Nu pa apel sa enn aksidan. Seki finn passer se enn crime!", clament-ils.

Mike insiste sur le fait qu'il connaît personnellement l'auteur de l'accident, qui roulait à tombeau ouvert dans le quartier, ce jour-là, et ce depuis 14h. Par contre, la police d'Abercrombie, qui enquête sur ce triple accident, laisse entendre qu'il s'agit d'un Hit and Run dont l'auteur est inconnu. Et pourtant, Mike affirme avoir déjà donné sa version des faits de l'accident à la police. En attendant, le sort de Yael est entre les mains des services de l'hôpital du nord, et des appareils qui le maintiennent encore en vie...


Braquage à la SBM lundi

Cinq arrestations mais point de butin retrouvé

La succursale de la State Bank of Mauritus (SBM) de la rue Labourdonnais, Port-Louis, a été braquée lundi, alors qu'il pleuvait à verse sur le pays, par quatre individus portant casques intégraux et cirés. Ces individus, dont un était armé d'un révolver, ont fait main basse sur une somme avoisinant Rs 2 millions. Des suites d'une enquête serrée menée par les limiers de la CID de Port-Louis Sud, cinq suspects ont été appréhendés dans cette affaire, en dépit d'un appel anonyme reçu aux Casernes centrales, dans le but de brouiller les pistes.

Lundi, aux alentours de 13h, alors qu'une pluie battante s'écrasait sur l'ensemble du pays, quatre individus, tous portant casques intégraux et des imperméables de couleur bleu foncé, font irruption à l'intérieur de la banque. L'un des bandits avait une arme à feu, un autre un sabre, tandis que les deux derniers avaient de longs batons en leur possession. "Donn Cash!", s'écria celui qui était muni du révolver. Deux des quatre bandits devaient alors se diriger à l'intérieur de la section des caisses, et faire main basse sur l'argent qui s'y trouvait, avant de se précipiter hors de la banque et enfourcher des motos qui étaient à l'extérieur.

Selon un premier exercice comptable effectué, il devait être établi que Rs 2 millions avaient été emportés. Alors que la police tentait, en vain, d'en savoir plus auprès des employés de la banque et de passer au crible l'enregistrement des caméras de surveillance, un appel anonyme parvient au Police information and Operations Room (PIOR) des Casernes centrales. La voix au bout du fil devait balancer les noms d'un habitant de Pailles, et d'un autre de Stanley, comme étant deux des suspects impliqués dans le Hold-Up.

Or, l'information obtenue par les limiers de la CID sur le terrain allait totalement dans le sens contraire à celui de l'informateur anonyme. Dans un premier temps, Dominique Max Rudy Noël, 40 ans, habitant cité Briquetterie, devait être appréhendé. Celui-ci refila à la police d'autres noms, à savoir : Ivan Desire Phillipe, 20 ans, Iyielin Levaillant, 52 ans, Steeve Anthony Babet, 21 ans, tous trois habitant cité Roches-Bois et Jacques Desire Degrasse, 33 ans, de cité La Cure. Tous les suspects susmentionnés ont été appréhendés.

Ces derniers nient en bloc toute participation au braquage. Cependant, dans le sillage de l'enquête, la police a également retrouvé des imperméables, qu'elle soupçonne avoir été utilisée par les malfrats. L'enquête suit son cours, dans la mesure qu'à hier, il n'y avait aucune trace des Rs 2 millions emportés à la banque. Il est aussi à noter que les enquêteurs tentent, par la même occasion, de savoir qui est celui qui a tenté de les conduire sur une fausse piste, à travers l'appel anonyme reçu aux Casernes centrales...


Les Rs 22 millions "disparus" de la MPCB

Arrestations et interrogations...

La "disparition" de Rs 22 millions, appartenant à la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB), qui fait l'objet d'une enquête serrée par la Central Criminal Investigation Division (CCID), a donné lieu à deux arrestations et de longues séances d'interrogatoires aux Casernes centrales durant la semaine. A ce stade de l'enquête cependant, aucun aveu, encore moins de trace de l'argent qui a subrepticement disparu, selon toute vraisemblance, alors qu'il était à l'aéroport international de Plaisance le 20 mars dernier. Week-End a suivi de près l'évolution de cette enquête policière et ce qui en a découlé...

Le premier suspect a avoir été arrêté est Annarouben Goornaden, 38 ans. Ce dernier est employé comme Shift Supervisor à Air Mauritius. Lors d'un interrogatoire serré, placé sous la supervision du surintendant Heman Jangi, il a nié en bloc les accusations portées contre lui. Son interrogatoire fait suite au visionnage des enregistrements des caméras de surveillance de l'aéroport de Plaisance. Lors de celui-ci, il a souligné avoir effectivement reçu le colis contenant les Rs 22 millions. Après en avoir accusé la réception, il dit l'avoir placé dans le Vault Room sans toutefois avoir tenté de l'ouvrir, ni de tamper avec celui-ci. Annarouben Goornaden fait l'objet, en cour de District de Mahébourg, d'une accusation provisoire de Larceny by persons in receipt of Wages. Il a été libéré contre une caution de Rs 20 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 100 000.

Le deuxième suspect à avoir été appréhendé par la CCID dans cette affaire est Abdool Amzaad Majie, 29 ans. Cet habitant de Plaine-Magnien est un attendant de profession, et travaille au Cargo Shed d'Air Mauritius à Plaisance. Lui aussi fait l'objet de la même accusation qu'Annarouben Sooben. Il est actuellement détenu au poste de police de Midlands, dans la mesure que la police a objecté à sa remise en liberté sous caution pour l'instant.

Deux autres personnes ont été entendues jusqu'ici dans le sillage de l'enquête. Il s'agit de Satiadeo Ramlochun, messenger de la compagnie Brinks, ainsi qu'Abdool Fareed Nunkoo, Cargo Driver à Air Mauritius. D'autres employés de ces deux compagnies devraient être aussi interrogés cette semaine. Satiadeo Ramlochun est un des trois employés de Brinks à avoir été présent lors du transport de l'argent du bureau du MPCB et ce jusqu'à Plaisance.

Dans le giron de l'enquête policière, il ressort que c'est le 23 mars dernier que la MPCB a officiellement informé la compagnie Brinks du transfert des Rs 22 millions à Plaisance. Le lendemain, la somme, en devises étrangères, devait être placé dans une boîte en carton scellée, qui, à son tour, a été mise dans un moneybag. Celui-ci était protégé par des cordages contenant trois balles de plomb.

Les trois officiers de Brinks ont ensuite pris possession du colis et y ont apposé une étiquette jaune portant le numéro SS 232514696 SE. Ce colis a été ensuite placé dans une boîte sécurisée dans le véhicule de la compagnie, afin d'être acheminé à Plaisance. La boîte en question a également été scellée et deux autres étiquettes y ont été apposés. Lorsque le véhicule de Brinks est arrivé à Plaisance, Mme Magalutchmee Manikon, Manager de la MPCB de Rose-Belle, a vérifié que les scellés étaient en parfait état et n'avaient pas été tampered with. Après avoir signé le document y relatif, elle a remis le colis à Annarouben Goornaden, le premier suspect à avoir été arrêté, et ce en attendant le départ du colis pour Singapour.

Que s'est-il passé ensuite? C'est après le visionnage minutieux des enregistrements des caméras de surveillance que les deux suspects arrêtés ont été interrogés et appréhendés. A la CCID, l'on estime que c'est peu avant le départ du colis pour Singapour que la substitution s'est faite. Dans ces mêmes milieux, l'on demeure confiant à l'effet que l'enigme sera résolue. La grosse inconnue est cependant la suivante: où sont passés les Rs 22 millions de la MPCB?

Il est également à noter que toute l'affaire fait l'objet d'une question à l'Assemblée nationale mardi. C'est le député de l'opposition, Fazila Jeewah-Daureeawoo, qui cherchera à savoir du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, où en est l'enquête policière à ce stade. Par ailleurs, le n° 1 du service postal à Maurice, Giandev Moteea, a tenu à préciser qu'il y a une différence entre le service de la poste et la MPCB. "Nous sommes actionnaires au sein de la MPCB certes, mais la poste et la MPCB sont deux entités différentes", a-t-il fait ressortir.


Immigration clandestine

Entre 600 et 700 étrangers soupçonnés de séjour illégal à Maurice

Maurice serait-elle devenu l'Eldorado rêvé pour des ressortissants étrangers? C'est ce que pense la police, à commencer par le Passport and Immigration Office (PIO). En effet, selon une enquête actuellement menée par le PIO, ils seraient entre 600 et 700 étrangers à être actuellement en situation illégale de séjour à Maurice. Dans cette optique, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad a officiellement émis un communiqué afin d'avertir ces derniers, ainsi que tous ceux qui emploieraient ces étrangers au noir.

En vertu des derniers chiffres disponibles au PIO, ils seraient entre 600 et 700 à être actuellement en situation illégale à Maurice. Cependant, laisse-t-on entendre au niveau du PIO, ce chiffre pourrait être plus conséquent, dans la mesure que les statistiques sont appelées à changer, à mesure que celles-ci sont mises à jour. Le communiqué du commissaire de Police, émis vendredi, lance un avertissement sans frais à ceux se trouvant en situation illégale, à ceux qui les hébergent, ainsi qu'à ceux employant ces étrangers au noir.

Le communiqué cite, en premier lieu, la section 13 (2) (b) du Passport Act de 1968, à l'effet que toute personne qui héberge quelqu'un en situation d'immigration clandestine, risque une amende ne dépassant pas Rs 1 000 ainsi qu'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à un an. Ensuite, le commissaire de Police rappelle que la section 3 (3) du Non-Citizens (Employment Restriction) Act (1970) stipule qu'aucune personne n'est autorisée à employer un ressortissant étranger sans permis de travail approprié. Tout contrevenant à cette section de la loi est passible d'une amende se situant entre Rs 25 000 et Rs 50 000, ainsi qu'une peine de prison ne dépassant pas deux ans.

En ce qu'il s'agit des ressortissants étrangers séjournant illégalement à Maurice, eux-aussi sont passibles de peines sous le règlement 25 (6) du Passport Regulations de 1969. Celui-ci stipule que tout contrevenant est passible d'une amende ne dépassant pas Rs 1 000, ainsi qu'une peine d'emprisonnement ne dépassant pas une année. "Any person who stays in Mauritius after the expiry of period for which he obtained a visa or entry permit, as the case may be, shall commit an offence. Any person who commits the above offence, shall, on conviction, be liable to a fine not exceeding Rs 1 000 and to imprisonment not exceeding one year". Par ailleurs, l'Immigration Act de 1970, section 9 (4), prévoit aussi que tout contrevenant à la loi sera considéré comme un prohibited immigrant et est passible de Rs 2 000 d'amende, ainsi qu'une peine de prison n'excédant pas six mois.

La police rappelle que tout étranger qui demeure à Maurice après l'expiration de son visa, dont le visa a été annulé, ou qui ne respecterait pas les conditions requises à l'obtention de son visa, sera également en situation irrégulière. La police invite également tous ceux qui auraient des informations au sujet d'étrangers en situation illégale à Maurice de les dénoncer au Police Information and Operations Room (PIOR), au 999, 208 0034, 208 0035, ou au Passport and Immigration Officer (PIO) sur le 727 6619.


Brèves

Crime de Wootun: Navin Dhurry passe aux aveux

La Major Crime Investigation Team (MCIT) a résolu le meurtre sanglant d'Asha Ramchurn, violée et tuée à Wootun la semaine dernière (voir Week-End dimanche dernier). Navin Dhurry, un infirmier de 29 ans, habitant Castel, a été arrêté et a avoué, sans toutefois piper mot de l'histoire du viol. Dans sa version des faits, Navin Dhurry affirme que c'est sa cousine qui lui aurait demandé de faire de sorte à ce qu'Asha n'ait plus de liaison avec son mari. C'est en procédant au décryptage du journal intime de la victime que les limiers de la criminelle ont pu remonter jusqu'à Navin Dhurry.

L'une des deux handicapées violées est enceinte

Il a été établi, cette semaine, que l'un des deux handicapées qui ont été violées, est enceinte. Cependant, cette victime de viol aurait également été abusée alors qu'elle était encore dans un foyer des Plaines-Wilhems. L'on se souviendra que Louis Roland Babet, un peintre de 52 ans, habitant Curepipe, a été apprehendé après avoir été dénoncé par les deux femmes. Cette fois, un autre suspect, Armelio Affock, un habitant d'Eau-Coulée âgé de 46 ans, a été arrêté mardi et libéré sous caution. Il est soupçonné d'être le père de l'enfant. La police a un autre écheveau à démêler concernant cette nouvelle affaire de viol.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009