Il est un petit bout de chou de six ans, qui lutte actuellement
entre la vie et la mort à l'Intensive Care Unit (ICU)
de l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses. Yael
Angtinghene a été fauché, jeudi après-midi,
en compagnie de sa petite soeur, Ketia, deux ans, et leur grand-mère,
Margaret, 54 ans, par une motocyclette folle. Yael n'a pas repris
connaissance depuis et se trouve toujours luttant entre la vie
et la mort, tandis que Margaret se remet lentement de multiples
blessures à l'hôpital Dr Jeetoo, à Port-Louis.
Quand à la petite Ketia, qui était dans les bras
de sa grand-mère au moment de l'accident, elle est sortie
de l'hôpital hier, après s'être remise de ses
blessures heureusement superficielles. A hier soir, la police
d'Abercrombie recherchait toujours l'auteur de l'accident, dont
l'identité est connue de tout le quartier, à Sainte-Croix.
L'oncle des enfants, Mike Angtinghene, 31 ans, témoin oculaire
de l'accident, en a fait le récit à Week-End.
"Il était aux alentours de 18h30 quand l'accident
est arrivé, près de la croisée Pravesh, à
Sainte Croix. J'allais chez ma mère, qui habite dans le
coin, quand un de mes amis m'a appelé et m'a demandé
où je partais. Mo finn dir li mo pe alle kot mo mama. Au
même moment, j'ai vu ma mère Margaret, qui arrivait,
avec Ketia à son bras, et tenant Yael par la main. Je me
dirigeais vers eux quand j'ai entendu un bruit terrible. C'était
une moto qui arrivait à toute vitesse. Le chauffeur ne
portait pas de casque. Il était passé là
à deux reprises, à toute vitesse avant, et avait
failli rater le virage par deux fois. Mo nek truv motocyclette
la pran Yael, mo maman et Ketia, ki ti lor kote droite. Li finn
tap ar zot dan droite net. Line traine mo neveu lor ene distance
quatre mètres et mo niece lor trois metres par la",
raconte Mike, d'une voix cassée.
Le sang coulait de partout. Il est accouru sur les lieux et a
porté secours en premier à sa mère, Margaret,
qui était le plus près de lui et qui saignait abondamment.
Des bons samaritains, qui passaient par là, ont aidé
les proches de Mike, entretemps accourus, à transporter
les blessés à l'hôpital. Yael a été
admis d'urgence à l'Intensive Care unit de l'hôpital
de Pamplemousses. Il se trouve dans le coma depuis jeudi soir,
et souffre de multiples blessures, notamment à l'arrière
de la tête. La petite Ketia, également admise, a
eu plus de chance que son frère, qui a été
heurté en premier par l'engin. Ketia a également
été protégée dans sa chute par sa
grand-mère, qui la tenait dans ses bras au moment de l'accident.
Le père des enfants, Gervais, est consterné, mais
a poussé hier un petit soupir de soulagement dans la mesure
que Ketia est sortie de l'hôpital. Par contre, l'inquiétude
perdure concernant l'état de Yael. En ce qu'il s'agit de
Margaret, la grand-mère des enfants, elle se remet lentement
de ses multiples blessures à l'hôpital Dr Jeetoo.
Pour Mike et Gervais, "c'est un véritable calvaire
que la famille est en train de subir. Mem ena la lumier dan nu
lakaz, nu pe truv noir. Nu pa apel sa enn aksidan. Seki finn passer
se enn crime!", clament-ils.
Mike insiste sur le fait qu'il connaît personnellement l'auteur
de l'accident, qui roulait à tombeau ouvert dans le quartier,
ce jour-là, et ce depuis 14h. Par contre, la police d'Abercrombie,
qui enquête sur ce triple accident, laisse entendre qu'il
s'agit d'un Hit and Run dont l'auteur est inconnu. Et pourtant,
Mike affirme avoir déjà donné sa version
des faits de l'accident à la police. En attendant, le sort
de Yael est entre les mains des services de l'hôpital du
nord, et des appareils qui le maintiennent encore en vie...
Braquage à la SBM lundi
Cinq arrestations mais point de butin retrouvé
La succursale de la State Bank of Mauritus (SBM) de la rue Labourdonnais,
Port-Louis, a été braquée lundi, alors qu'il
pleuvait à verse sur le pays, par quatre individus portant
casques intégraux et cirés. Ces individus, dont
un était armé d'un révolver, ont fait main
basse sur une somme avoisinant Rs 2 millions. Des suites d'une
enquête serrée menée par les limiers de la
CID de Port-Louis Sud, cinq suspects ont été appréhendés
dans cette affaire, en dépit d'un appel anonyme reçu
aux Casernes centrales, dans le but de brouiller les pistes.
Lundi, aux alentours de 13h, alors qu'une pluie battante s'écrasait
sur l'ensemble du pays, quatre individus, tous portant casques
intégraux et des imperméables de couleur bleu foncé,
font irruption à l'intérieur de la banque. L'un
des bandits avait une arme à feu, un autre un sabre, tandis
que les deux derniers avaient de longs batons en leur possession.
"Donn Cash!", s'écria celui qui était
muni du révolver. Deux des quatre bandits devaient alors
se diriger à l'intérieur de la section des caisses,
et faire main basse sur l'argent qui s'y trouvait, avant de se
précipiter hors de la banque et enfourcher des motos qui
étaient à l'extérieur.
Selon un premier exercice comptable effectué, il devait
être établi que Rs 2 millions avaient été
emportés. Alors que la police tentait, en vain, d'en savoir
plus auprès des employés de la banque et de passer
au crible l'enregistrement des caméras de surveillance,
un appel anonyme parvient au Police information and Operations
Room (PIOR) des Casernes centrales. La voix au bout du fil
devait balancer les noms d'un habitant de Pailles, et d'un autre
de Stanley, comme étant deux des suspects impliqués
dans le Hold-Up.
Or, l'information obtenue par les limiers de la CID sur le terrain
allait totalement dans le sens contraire à celui de l'informateur
anonyme. Dans un premier temps, Dominique Max Rudy Noël,
40 ans, habitant cité Briquetterie, devait être appréhendé.
Celui-ci refila à la police d'autres noms, à savoir
: Ivan Desire Phillipe, 20 ans, Iyielin Levaillant, 52 ans, Steeve
Anthony Babet, 21 ans, tous trois habitant cité Roches-Bois
et Jacques Desire Degrasse, 33 ans, de cité La Cure. Tous
les suspects susmentionnés ont été appréhendés.
Ces derniers nient en bloc toute participation au braquage. Cependant,
dans le sillage de l'enquête, la police a également
retrouvé des imperméables, qu'elle soupçonne
avoir été utilisée par les malfrats. L'enquête
suit son cours, dans la mesure qu'à hier, il n'y avait
aucune trace des Rs 2 millions emportés à la banque.
Il est aussi à noter que les enquêteurs tentent,
par la même occasion, de savoir qui est celui qui a tenté
de les conduire sur une fausse piste, à travers l'appel
anonyme reçu aux Casernes centrales...
Les Rs 22 millions "disparus" de la MPCB
Arrestations et interrogations...
La "disparition" de Rs 22 millions, appartenant
à la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB),
qui fait l'objet d'une enquête serrée par la Central
Criminal Investigation Division (CCID), a donné lieu
à deux arrestations et de longues séances d'interrogatoires
aux Casernes centrales durant la semaine. A ce stade de l'enquête
cependant, aucun aveu, encore moins de trace de l'argent qui a
subrepticement disparu, selon toute vraisemblance, alors qu'il
était à l'aéroport international de Plaisance
le 20 mars dernier. Week-End a suivi de près l'évolution
de cette enquête policière et ce qui en a découlé...
Le premier suspect a avoir été arrêté
est Annarouben Goornaden, 38 ans. Ce dernier est employé
comme Shift Supervisor à Air Mauritius. Lors d'un
interrogatoire serré, placé sous la supervision
du surintendant Heman Jangi, il a nié en bloc les accusations
portées contre lui. Son interrogatoire fait suite au visionnage
des enregistrements des caméras de surveillance de l'aéroport
de Plaisance. Lors de celui-ci, il a souligné avoir effectivement
reçu le colis contenant les Rs 22 millions. Après
en avoir accusé la réception, il dit l'avoir placé
dans le Vault Room sans toutefois avoir tenté de
l'ouvrir, ni de tamper avec celui-ci. Annarouben Goornaden
fait l'objet, en cour de District de Mahébourg, d'une accusation
provisoire de Larceny by persons in receipt of Wages. Il
a été libéré contre une caution de
Rs 20 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 100 000.
Le deuxième suspect à avoir été appréhendé
par la CCID dans cette affaire est Abdool Amzaad Majie, 29 ans.
Cet habitant de Plaine-Magnien est un attendant de profession,
et travaille au Cargo Shed d'Air Mauritius à Plaisance.
Lui aussi fait l'objet de la même accusation qu'Annarouben
Sooben. Il est actuellement détenu au poste de police de
Midlands, dans la mesure que la police a objecté à
sa remise en liberté sous caution pour l'instant.
Deux autres personnes ont été entendues jusqu'ici
dans le sillage de l'enquête. Il s'agit de Satiadeo Ramlochun,
messenger de la compagnie Brinks, ainsi qu'Abdool Fareed
Nunkoo, Cargo Driver à Air Mauritius. D'autres employés
de ces deux compagnies devraient être aussi interrogés
cette semaine. Satiadeo Ramlochun est un des trois employés
de Brinks à avoir été présent lors
du transport de l'argent du bureau du MPCB et ce jusqu'à
Plaisance.
Dans le giron de l'enquête policière, il ressort
que c'est le 23 mars dernier que la MPCB a officiellement informé
la compagnie Brinks du transfert des Rs 22 millions à Plaisance.
Le lendemain, la somme, en devises étrangères, devait
être placé dans une boîte en carton scellée,
qui, à son tour, a été mise dans un moneybag.
Celui-ci était protégé par des cordages
contenant trois balles de plomb.
Les trois officiers de Brinks ont ensuite pris possession du colis
et y ont apposé une étiquette jaune portant le numéro
SS 232514696 SE. Ce colis a été ensuite placé
dans une boîte sécurisée dans le véhicule
de la compagnie, afin d'être acheminé à Plaisance.
La boîte en question a également été
scellée et deux autres étiquettes y ont été
apposés. Lorsque le véhicule de Brinks est arrivé
à Plaisance, Mme Magalutchmee Manikon, Manager de
la MPCB de Rose-Belle, a vérifié que les scellés
étaient en parfait état et n'avaient pas été
tampered with. Après avoir signé le document
y relatif, elle a remis le colis à Annarouben Goornaden,
le premier suspect à avoir été arrêté,
et ce en attendant le départ du colis pour Singapour.
Que s'est-il passé ensuite? C'est après le visionnage
minutieux des enregistrements des caméras de surveillance
que les deux suspects arrêtés ont été
interrogés et appréhendés. A la CCID, l'on
estime que c'est peu avant le départ du colis pour Singapour
que la substitution s'est faite. Dans ces mêmes milieux,
l'on demeure confiant à l'effet que l'enigme sera résolue.
La grosse inconnue est cependant la suivante: où sont passés
les Rs 22 millions de la MPCB?
Il est également à noter que toute l'affaire fait
l'objet d'une question à l'Assemblée nationale mardi.
C'est le député de l'opposition, Fazila Jeewah-Daureeawoo,
qui cherchera à savoir du Premier ministre, le Dr Navin
Ramgoolam, où en est l'enquête policière à
ce stade. Par ailleurs, le n° 1 du service postal à
Maurice, Giandev Moteea, a tenu à préciser qu'il
y a une différence entre le service de la poste et la MPCB.
"Nous sommes actionnaires au sein de la MPCB certes, mais
la poste et la MPCB sont deux entités différentes",
a-t-il fait ressortir.
Immigration clandestine
Entre 600 et 700 étrangers soupçonnés
de séjour illégal à Maurice
Maurice serait-elle devenu l'Eldorado rêvé pour des
ressortissants étrangers? C'est ce que pense la police,
à commencer par le Passport and Immigration Office (PIO).
En effet, selon une enquête actuellement menée par
le PIO, ils seraient entre 600 et 700 étrangers à
être actuellement en situation illégale de séjour
à Maurice. Dans cette optique, le commissaire de Police,
Dhun Iswur Rampersad a officiellement émis un communiqué
afin d'avertir ces derniers, ainsi que tous ceux qui emploieraient
ces étrangers au noir.
En vertu des derniers chiffres disponibles au PIO, ils seraient
entre 600 et 700 à être actuellement en situation
illégale à Maurice. Cependant, laisse-t-on entendre
au niveau du PIO, ce chiffre pourrait être plus conséquent,
dans la mesure que les statistiques sont appelées à
changer, à mesure que celles-ci sont mises à jour.
Le communiqué du commissaire de Police, émis vendredi,
lance un avertissement sans frais à ceux se trouvant en
situation illégale, à ceux qui les hébergent,
ainsi qu'à ceux employant ces étrangers au noir.
Le communiqué cite, en premier lieu, la section 13 (2)
(b) du Passport Act de 1968, à l'effet que toute
personne qui héberge quelqu'un en situation d'immigration
clandestine, risque une amende ne dépassant pas Rs 1 000
ainsi qu'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à un an.
Ensuite, le commissaire de Police rappelle que la section 3 (3)
du Non-Citizens (Employment Restriction) Act (1970) stipule
qu'aucune personne n'est autorisée à employer un
ressortissant étranger sans permis de travail approprié.
Tout contrevenant à cette section de la loi est passible
d'une amende se situant entre Rs 25 000 et Rs 50 000, ainsi qu'une
peine de prison ne dépassant pas deux ans.
En ce qu'il s'agit des ressortissants étrangers séjournant
illégalement à Maurice, eux-aussi sont passibles
de peines sous le règlement 25 (6) du Passport Regulations
de 1969. Celui-ci stipule que tout contrevenant est passible
d'une amende ne dépassant pas Rs 1 000, ainsi qu'une peine
d'emprisonnement ne dépassant pas une année. "Any
person who stays in Mauritius after the expiry of period for which
he obtained a visa or entry permit, as the case may be, shall
commit an offence. Any person who commits the above offence, shall,
on conviction, be liable to a fine not exceeding Rs 1 000 and
to imprisonment not exceeding one year". Par ailleurs,
l'Immigration Act de 1970, section 9 (4), prévoit
aussi que tout contrevenant à la loi sera considéré
comme un prohibited immigrant et est passible de Rs 2 000
d'amende, ainsi qu'une peine de prison n'excédant pas six
mois.
La police rappelle que tout étranger qui demeure à
Maurice après l'expiration de son visa, dont le visa a
été annulé, ou qui ne respecterait pas les
conditions requises à l'obtention de son visa, sera également
en situation irrégulière. La police invite également
tous ceux qui auraient des informations au sujet d'étrangers
en situation illégale à Maurice de les dénoncer
au Police Information and Operations Room (PIOR), au 999,
208 0034, 208 0035, ou au Passport and Immigration Officer
(PIO) sur le 727 6619.
Brèves
Crime de Wootun: Navin Dhurry passe aux aveux
La Major Crime Investigation Team (MCIT) a résolu le meurtre
sanglant d'Asha Ramchurn, violée et tuée à
Wootun la semaine dernière (voir Week-End
dimanche dernier). Navin Dhurry, un infirmier de 29 ans, habitant
Castel, a été arrêté et a avoué,
sans toutefois piper mot de l'histoire du viol. Dans sa version
des faits, Navin Dhurry affirme que c'est sa cousine qui lui aurait
demandé de faire de sorte à ce qu'Asha n'ait plus
de liaison avec son mari. C'est en procédant au décryptage
du journal intime de la victime que les limiers de la criminelle
ont pu remonter jusqu'à Navin Dhurry.
L'une des deux handicapées violées est enceinte
Il a été établi, cette semaine, que l'un
des deux handicapées qui ont été violées,
est enceinte. Cependant, cette victime de viol aurait également
été abusée alors qu'elle était encore
dans un foyer des Plaines-Wilhems. L'on se souviendra que Louis
Roland Babet, un peintre de 52 ans, habitant Curepipe, a été
apprehendé après avoir été dénoncé
par les deux femmes. Cette fois, un autre suspect, Armelio Affock,
un habitant d'Eau-Coulée âgé de 46 ans, a
été arrêté mardi et libéré
sous caution. Il est soupçonné d'être le père
de l'enfant. La police a un autre écheveau à démêler
concernant cette nouvelle affaire de viol.