é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009



  Économie et finances - Le budget de transition présenté le 22 mai
  ZF : "Textile Bailing Out" - Rs 1 milliard insuffisantes !
  Corps para-étatiques - CEB : des pertes entre Rs 300 M et Rs 400 M
  Produits pétroliers plus chers - Jayen Chellum: "La STC exploite les consommateurs de manière inacceptable"
  Bourse: désinvestissements de Rs 325,7 M en trois mois


Économie et finances

Le budget de transition présenté le 22 mai

Comme déjà évoqué par Week-End, le "Budget Time" interviendra plus tôt que d'habitude à l'assemblée nationale cette année. Ainsi, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a annoncé hier que la lecture du discours du budget de transition de six mois se fera lors de la séance parlementaire du vendredi 22 mai avec son adoption intervenant bien avant le 30 juin prochain. Ce budget devra être l'occasion pour le gouvernement de dresser le bilan de l'additional stimulus package de Rs 10,4 milliards adopté le 20 décembre de l'année dernière et de prendre des mesures correctives nécessaires. Interrogé par Week-End au sujet du coût de l'opération de "bailing out of jobs" dans le textile, il a laissé entendre que les provisions initiales de Rs 1 milliard pourraient ne pas suffire. Lors d'un point de presse hier, il a fait un survol des principaux paramètres économiques et budgétaires en réitérant le fait que, dans la conjoncture, la baisse dans les recettes fiscales pour le prochain exercice financier devra être de l'ordre de 20%. Il a également répondu aux critiques du MMM sur la politique économique du gouvernement en parlant de "voodoo finance" pratiquée par les responsables de cette formation politique.

"Le prochain budget, soit le budget de transition de six mois, sera présenté à l'assemblée nationale le vendredi 22 mai. J'ai préféré avancé cette date pour pouvoir disposer d'un délai de six mois entre ce budget et celui qui doit être présenté en novembre prochain avec l'adoption de l'année calendaire. Il ne faut pas oublier que nous avions adopté un mini-budget avec l'Additional Stimulus Package et que mardi prochain l'assemblée nationale adoptera un mini-Finance Bill. Pour le budget de transition, nous allons build up sur l'Additional Stimulus Package alors que nous mettrons tout le paquet sur le budget de novembre prochain", a déclaré en substance le vice-Premier ministre et ministre des Finances.

"Pour ce budget de transition, nous dresserons un constat de l'évolution de la situation sur le plan international et les défis qui ont surgi avec la mise en application des dispositions de l'Additional Stimulus Package. Nos objectifs sont de protéger l'emploi en procédant au sauvetage au maximum des emplois existants et en créant de nouveaux emplois, et avec des investissements dans les infrastructures en prévision de la prochaine reprise économique sur le plan international", a poursuivi Rama Sithanen.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a fait un appel à la responsabilité et à la solidarité envers ceux au bas de l'échelle dans le cadre de cet exercice budgétaire. "Jamais n'avons-nous connu une crise de cette ampleur. Nous avons le devoir de nous assurer que nos décisions et démarches ne soient des coups d'accélérateur poussant l'économie mauricienne dans les griffes du Fonds monétaire international. Nous devrons agir de manière responsable pour éviter les conditions difficiles imposées par le FMI comme c'est le cas dans d'autres pays", a-t-il déclaré.

Toujours en ce qui concerne les préparatifs budgétaires, Rama Sithanen a indiqué que "le déficit budgétaire sera très élevé, même si jusqu'ici ce paramètre se maintient de manière honorable." "Mais il se dégrade. Les recettes fiscales, y compris celles générées par la TVA, sont en baisse. Les recettes en provenance de la Corporate Tax subissent également cet effet de contraction aussi bien que les dividendes versés au gouvernement. En face des recettes en baisse, les dépenses prennent l'ascenseur avec la mise à exécution de l'Additional Stimulus Package. Le déficit sera manageable cette année, mais difficile pour le prochain exercice financier".

À l'heure des questions, le Grand Argentier devait révéler que les dernières indications officielles sont qu'il faudra prévoir un "fiscal black hole" de l'ordre de 20% pour le prochain exercice financier. "Le taux de la tax buoyancy est en moyenne de 12% par an et avec les effets de la crise, cet élément s'estompe et nous aurons probablement à faire face à une réduction des recettes fiscales de l'ordre de 10%. Ce qui nous amène dans la fourchette d'une baisse de 20 à 22% des recettes fiscales", a-t-il fait comprendre.

Les autres paramètres économiques commentés par le Grand Argentier sont les suivants :

Dette publique : "manageable" ;

Balance des paiements : difficile ;

FDI : situation sous contrôle mais la prudence est de rigueur en attendant la mise en chantier des projets. En guise de précaution, le gouvernement a frappé à la porte de la Banque mondiale pour un Development Policy Loan de $ 100 millions (Rs 3,3 milliards) au lieu de $ 30 millions. "FDI is holding up. Mais pour combien de temps encore ? Je ne sais pas. Je ne vais pas révéler de chiffres. Mais ils sont rassurants", ajoute-t-il ;

Chômage : tendance à la hausse par rapport au taux de 7,2%enregistré de 2008. "Avec un taux de croissance de 2,5%, le chômage subira une hausse. Mais ce ne sera pas le taux que les longanistes avancent. Il sera bien moins que celui laissé par le précédent gouvernement. À décembre dernier, Maurice connaissait le frictional unemploymment masculin alors que le taux de chômage féminin est passé de 16% à 12%", commente-t-il ;

Inflation : tendance baissière amorcée.

Un autre volet du point de presse du vice-Premier ministre et ministre des Finances était consacré à la politique avec en point de mire les débats mardi prochain sur l'Additional Stimulus Package Bill. Il a demandé à l'opposition MMM de proposer un document de politique économique en 50 pages ou même 25 pages avec des "Alternative Economic, Social and Environmental Policies" de même que les détails du financement de ce programme.

"Avec un tel document, je serai prêt à confronter le leader de l'opposition dans un débat. Mais je crains fort que le MMM soit en mesure de faire de telles propositions car la compétence et la vision font défaut. Comme l'a dit le Premier ministre, zot pé rod vinn au puvwar lor kadav popilasyon. Les dirigeants du MMM pratiquent la voodoo finance. Zot konport zot kuma longanis ek zot bat kart sa mem tout", a déclaré Rama Sithanen en répliquant aux propos tenus par les animateurs de la Commission économie du MMM. Sans citer nommément l'ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraiddoo, il l'a pris pour cible lors des critiques les plus sévères.

Au début de son intervention, le vice-Premier ministre et ministre des Finances est revenu sur les commentaires de la Banque mondiale, du Fonds monétaire internationale et de la Commission européenne au sujet de l'Additional Stimulus Package, le taux de croissance de 5,3% en 2008 et la création de 16 800 emplois en une année. "Sept siklon ékonomik ine vinn lor nou en trwa zan et dépi ki nou au pouvwar. Nous avons fait mieux en période difficile que le précédent gouvernement alors qu'il n'y avait pas de récession économique", s'est-il félicité à la veille de la séance parlementaire sur l'économie et les répercussions de la récession internationale.


ZF : "Textile Bailing Out"

Rs 1 milliard insuffisantes !

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a concédé que les provisions de Rs 1 milliard sous l'Additional Stimulus Package du 20 décembre 2008 pourraient s'avérer insuffisantes en vue de sauvegarder des emplois dans le secteur du textile de la zone franche d'exportation. Cette éventualité a surgi dans le sillage des dernières données économiques disponibles avec le quatrième trimestre successif de décroissance dans ce secteur. Le tourisme devra essuyer son deuxième trimestre successif de décroissance après la baisse de 1,6% en décembre dernier. D'autre part, trois mois après l'adoption de ce mini-budget, quelque Rs 3 milliards des Rs 10,4 milliards prévus ont déjà été "committed" avec une injection financière de quelque Rs 400 millions dans l'économie depuis le début de l'année.

"C'est possible que l'enveloppe de Rs 1 milliard ne soit nullement suffisante pour sauvegarder des emplois dans le textile", a concédé le Grand Argentier suite à une question de Week-End compte tenu des récentes tendances dans la performance de ce secteur économique. Devant la dégradation de la situation économique sur le plan international, le textile, qui a connu une décontraction de 7 à 8% pour les deux premiers mois de cette année, s'apprête à subir son quatrième trimestre de baisse dans la croissance à la fin de mars.

Les derniers chiffres du Central Statistical Office publiés en début de semaine démontrent que le dernier trimestre où le textile avait connu une croissance réelle remonte à la période couvrant janvier à mars de l'année dernière. Il y a un an de cela, la croissance dans le textile était de 6,3%. Depuis, cette filière majeure des export oriented enterprises est entrée dans une spirale de décroissance, soit - 0,3% pour avril à juin 2008, -3,2% pour juillet à septembre et de -1,7% pour octobre à décembre. La tendance pourrait être difficilement renversée pour le premier trimestre de 2009 compte tenu des premières indications pour les mois de janvier et de février 2009.

"The global economic slowdown and falling demand in our main markets are already affecting the Mauritian economy - in particular the export-oriented sectors with spill-over effects to other sectors (...) The textile sector is technically in recession after real output contracted for two successive quarters", soutient officiellement la Banque de Maurice après analyse du dernier rapport du Bureau central des statistiques. Mais, interrogé à ce sujet, le vice-Premier ministre et ministre des Finances a évité de se laisser emporter dans la polémique d'une récession sectorielle.

Commentant les retombées de l'Additional Stimulus Package au Parlement mardi dernier, Rama Sithanen a révélé que pas moins d'une vingtaine d'unités industrielles envisagent de prendre avantage du bailing out programme avec quelque 5 200 emplois à sauvegarder à la clé.

"In addition to World Knits, another 10 companies have already submitted applications for assistance. A further nine companies have contacted the Help Desk at Enterprise Mauritius but have not yet submitted their applications. These firms, taken together, account for some 5 200 jobs and are collectively seeking additional financing of some Rs 800 millions", a-t-il soutenu suite à une interpellation parlementaire de Maya Hanoomanjee.

La dégradation dans le secteur du tourisme a été plus lente à se faire sentir dans la mesure où le premier trimestre de décroissance n'a été enregistré que lors de la pointe d'octobre à décembre de l'année dernière, soit une contraction de 1,6% alors que pour les trois précédents trimestres la croissance était respectivement de 7%, 3,1% et 2,6%. Le deuxième trimestre de baisse dans la croissance, poussant la Banque de Maurice à signaler une récession technique sectorielle, devra intervenir à la fin de mars de cette année compte tenu de la décontraction de 8 à 9% pour les mois de janvier et de février 2009.

La performance de ces deux moteurs de croissance demeure au centre des préoccupations de la Banque de Maurice dans le cadre des délibérations du Monetray Policy Committee. De graves appréhensions sont exprimées quant aux effets de contagion de la récession dans l'ensemble de l'économie.

"The economic outlook for 2009 critically depends on how tourism and textile sectors would perform, as these two sectors have important linkages with the rest of the economy. The textile and tourism sectors are already being adversely affected by the global economic downturn and they are expected to contract in 2009. Our main markets for textile have already moved into recession and are expected to contract further in 2009. The tourism sector is going through a difficult phase with reduced room reservations and lower tourist arrivals from our main markets. The second-round effects of the weak performance of the export-oriented sectors would also spread to other sectors with strong linkages with the former, such as air transportation, construction, real estate and financial intermediation", souligne le Monetary Policy Statement de la banque centrale rendu public jeudi dernier.

Au chapitre des effets de la crise sur l'emploi dans l'industrie hôtelière, le vice-Premier ministre et ministre des Finances brandit la carte du pacte social. "Nous sommes déjà en présence de notre modèle pour faire face à la situation dans l'industrie hôtelière. Les importantes compagnies hôtelières demeurent encore profitables même si le taux de profitabilité a régressé. L'appel est que les compagnies qui sont profitables ne doivent pas avoir recours à l'arme du licenciement dans la conjoncture et cela au nom du pacte social", fait-il ressortir.

À l'assemblée nationale, mardi dernier, Rama Sithanen a révélé que "small and medium size enterprises in the tourism sector are also covered by the Additional Stimulus Package, and government is reviewing submissions for five projects with a total project value of Rs 15,9 millions. Des provisions additionnelles de Rs 97 millions ont également été engagées dans des campagnes de promotion initiées par la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) sur des marchés touristiques porteurs.

En conclusion, le vice-Premier ministre et ministre des Finances réclame la vigilance face à la crise internationale. "There should be a commitment to preserve employment. Vigilance is required. Although our actions have made Mauritius resilient, caution and continued reforms are necessary, since we are not immuned to the ever worsening global crisis", devait-il avouer.


Compensation salariale: "Séki kapav payé bizin payé"

Rama Sithanen n'a pas voulu s'aventurer sur la question du quantum de la compensation salariale qui sera mise en vigueur à partir du 1er juillet prochain. Il affirme que cette affaire relève du National Pay Council. Néanmoins, il a soutenu que les entreprises profitables doivent payer la compensation salariale. Dans cette perspective, il a cité, entre autres, les grosses pointures dans l'hôtellerie, les banques et les services financiers.

"Le dossier de la compensation salariale est traité par une institution indépendante. Séki kapav payé, bizin payé. Mais il faut également agir avec prudence pour protéger les secteurs fragiles et vulnérables à la crise économique internationale. Il nous faut faire preuve de responsabilité et ne pas s'engager dans la démagogie", déclare-t-il en réponse à une question de la presse.

Pour ce qui est de la capacité du gouvernement de payer la compensation salariale aux fonctionnaires, il a trouvé que "le gouvernement adoptera une approche responsable." "Il ne faut pas oublier que pour le rapport du Pay Research Bureau l'année dernière le gouvernement avait pris la décision d'honorer cette révision salariale en une seule tranche".

Le débat de la compensation salariale pour 2009 est ouvert...


Prévisions: Les indicateurs économiques vus par le BCS pour 2009

Le Bureau central des statistiques (BCS) a publié au cours de la semaine écoulée ses premières prévisions économiques pour 2009 tout en commentant la performance économique en 2008. Les hauts faits sont que le textile enregistrera une contraction de 7,5% en 2009 comparativement à l'année dernière et que le nombre de touristes visitant le pays enregistrera une baisse de quelque 95 000 pour descendre sous la barre des 900 000 en une année.

Le taux de croissance économique de 2,5% prévu pour 2009 par le BCS s'articule autour :

d'une production sucrière de 480 000 tonnes de sucre, soit 10% de plus qu'en 2008, même si la dernière phase de la réduction de 36% du prix du sucre interviendra en septembre prochain ;

une croissance de 5% contre 8,8% en 2008 dans la culture vivrière ;

une croissance de 0,1% dans le secteur manufacturier contre 3,2% en 2008 avec ;

le "Food Processing" progressant de 3% à condition du maintien de la performance du Sea Food Hub et des PME ;

le textile subissant une décroissance de 7,5% compte tenu de la situation sur les principaux marchés d'exportation aux États-Unis et en Europe. Les export-oriented enterprises connaîtront une baisse de croissance de 2,1% en 2009 contre une progression de 3,6% en 2008 ;

les autres activités industrielles affichant une croissance de 2,4%, soit le même taux qu'en 2008 ;

le taux de croissance dans l'industrie du bâtiment devrait être de 2% contre 11% en 2008 ;

une décontraction prévue de 8,8% dans le tourisme avec le nombre d'arrivées de touristes inférieur de quelque 95 000 en 2009. Les prévisions du BCS misent sur 835 000 contre 930 456 en 2008 ;

une croissance de 6% en 2009 contre 6,2% en 2008 dans le secteur du transport et des communications

une croissance de 6,2% contre 10,1% en 2008 dans le secteur de la Financial Intermediation et ;

une croissance réduite à 8% contre 10,8% l'année dernière des "business activities".

À noter également que le déficit commercial prévu pour 2009 est estimé à Rs 45,6 milliards contre Rs 38,9 milliards en 2008. "This represents 16,3% of GDP at market prices in 2009, higher than the figure of 14,7% in 2008", ajoute le BCS. La valeur des exportations des biens et services a régressé de 3,8% pour atteindre Rs 135,5 milliards en 2009 contre Rs 140,6 milliards l'année dernière alors que la progression dans la valeur des importations devrait être nominale, soit 0,7%.

En prévision des débats sur l'Additional Stimulus Package Bill mardi à l'assemblée nationale et le "budget run up", Week-End récapitule l'évolution des principaux paramètres :

Paramètres 2009 2008

Taux de croissance + 2,5% + 5,3%

Taux d'investissements + 1,5% + 3,2%Investissements/PIB 24,5% 24,5%

Public Investment/PIB 4,8% 4,2%

Private Investment/PIB 19,7% 20,3%

Croissance de la consommation +4,2% + 6%

National Saving/PIB 14% 16%

Exportations/PIB - 16,3% - 14,7%


Corps para-étatiques

CEB : des pertes entre Rs 300 M et Rs 400 M

Malgré une conséquente révision à la hausse des tarifs d'électricité, soit une moyenne de + 22% à partir du 1er avril 2008, le bilan financier du Central Electricity Board (CEB) est toujours dans le rouge pour 2008. C'est ce qu'ont confirmé à Week-End des sources autorisées au CEB en attendant la publication du bilan financier au 31 décembre 2008. Alors que le CEB s'attendait à réaliser des profits, cet organisme, qui est dans le collimateur de la Banque mondiale dans le cadre du programme des corps para-étatiques, a subi des pertes dans la fourchette de Rs 300 millions à Rs 400 millions. Entre-temps, la mise en appplication du rapport d'une firme de consultants d'Argentine, Mercatos, sur les structures tarifaires (Tariff Reform) est considérée comme une opération politique extrêmement sensible. C'est ce qu'avance la Banque mondiale dans un de ses derniers rapports sur l'économie.

"Alors qu'en principe le CEB aurait dû réaliser des profits, l'année 2008 s'est soldée par des pertes, qui devraient varier dans la fourchette de Rs 300 à Rs 400 millions. Néanmoins, nous croyons savoir que nous devrons être en mesure d'équilibrer les comptes financiers au moins cette année", a déclaré à Week-End une source autorisée au sein du CEB. Néanmoins, contrairement à la State Trading Corporation et à Air Mauritius, le CEB ne s'est pas engagé dans des "hedging commitments" pour son approvisionnement en produits pétroliers, ce qui lui aurait occasionné des pertes astronomiques suite à la baisse du cours mondial du baril de pétrole.

"La raison principale derrière ces pertes se retrouve au niveau de l'évolution du taux de change des principales devises étrangères. Nous avons été plombés par le taux de change du dollar et de l'euro principalement car il ne faut pas oublier que les emprunts contractés par le CEB sont libellés en dénominations étrangères, principalement le dollar, l'euro et le yen.Malheureusement, le CEB n'a aucun contrôle sur le taux de change de ces devises" , indique-t-on dans ces mêmes milieux au QG du CEB.

D'autre part, la direction générale du CEB a déjà accusé réception d'une ébauche des recommandations de Mercatos portant sur la révision des structures tarifaires pour l'électricité. "Nous attendons la soumission du rapport final avant de le transmettre au gouvernement pour des discussions en vue de la mise à exécution des conclusions de cette étude. Avec l'essor économique qu'a connu le pays au cours de ces dernières années, en terme de secteurs économiques émergents, il était devenu évident que la structure des tarifs est devenue obsolète et en net déphasage avec la réalité du jour", affirme-t-on du côté de la direction du CEB.

Même si à ce stade très peu de détails de cette première ébauche toujours en discussions ont filtré, un aspect fondamental tourne autour de l'introduction du "time of use tariffs", avec des tarifs différenciés pour la consommation d'énergie électrique à des heures de pointes aussi bien que des tarifs adaptés au contexte économique. "Une connexion et une facturation d'énergie électrique par le CEB pour une villa dans un Integrated Resort Scheme ne peuvent être traitées de la même façon que pour une maisonnette d'une cité ouvrière. Aujourd'hui, tel est le cas et la réforme des structures tarifaires vise à établir ces nuances et différences", indiquent des sources bien renseignées.

Suite à l'inclusion du CEB dans le programme de réforme des corps para-publics, la Banque mondiale suit de manière systématique les grandes orientations dans le secteur énergétique. Cette instance trouve que le dossier de la réforme tarifaire, qui n'a pas encore été abordé au niveau du gouvernement, est "politically charged". Elle l'a fait comprendre dans une dernière analyse sur la situation économique en vue de justifier un prêt (Development Policy Loan) de Rs 3,3 milliards accordées la semaine dernière au gouvernement.

La Banque mondiale est catégorique quant à la voie de la profitabilité pour le CEB, soit la réforme des tarifs. "Since the bulk of costs are beyond the CEB's control, the key to profitability is reform of a complex and rigid tariff structure which cross subsidises industry and households at the expense of commercial users. Charges do not reflect costs, nor do they attempt to promote efficiency, for instance through day-time pricing", lit-on à la page 39 du rapport de la Banque mondiale.

Cette institution de financement internationale relève le poids de la politique dans les décisions sur les tarifs du CEB et s'interroge sur les chances de voir le rapport sur les structures tarifaires être adopté. "Tariff adjustments require Cabinet approval, thus bringing political considerations into what should be a technical, regulatory function. The CEB is completing a consultant study to recommend tariff reform, but implementing the results will be challenging and politically sensitive", note encore ce rapport.

Dans le cadre du programme de réforme des corps para-étatiques, les mesures prises au niveau du CEB ont permis de réduire le budget des heures supplémentaires de Rs 30 millions, soit une réduction de 36% ainsi que les coûts d'assurance de Rs 25 millions (46% de moins). "While the achievements overall represent significant progress, it is important not to underestimate the task ahead. (...) These are relatively small expenditures and the total costs savings of Rs 76 million achieved under the action plan represents only 0,7% of the operating budget", rappellent les représentants de la Banque mondiale.


Réforme - CWA : élimination de 320 postes en 2008

La Banque mondiale se félicite des premiers résultats obtenus avec le démarrage du projet de réforme des corps para-étatiques au début de l'année dernière. Outre le Central Electricity Board, les autres organismes concernés par ce projet sont la Central Water Authority, la Wastewater Management Authority et la Sugar Planters Mechanical Pool Corporation.

Les premiers résultats de la réforme, selon les analyses de la Banque mondiale, sont les suivants :

i. Central Water Authority - élimination de 320 postes de l'establishment de cet organisme en 2008-09 :

- réduction de la consommation de carburant de 10 000 litres et du mileage accompli par la flotte de véhicules de 18 000 kilomètres ;

- préparation d'un plan pour le "outsourcing of activities and the provision of a 24 hour water supply" et réduction dans les activités de la "non-revenue water" et ;

- projet de fusion avec la Wastewater Management Authority pour la facturation mensuelle des abonnés avec des économies de Rs 2 millions pour la WMA au mois d'août dernier.

ii. Sugar Planters Mechanical Pool Corporation :

- économies de $ 20 millions (ÅRs 660 millions) dans le Capital Budget avec le projet de "100% tractor outsourcing" depuis avril 2006 et une réduction du temps d'attente de 50% ;

- des économies de Rs 200 000 par mois avec l'outsourcing des services de sécurité ;

- économies de Rs 900 000 par mois avec la compression des équipages pour les tracteurs de trois à deux ;

- amélioration dans la "capacity utilization" des équipements de 20-25 heures à 55-60 heures par semaines et ;

- économies de Rs 3,6 millions avec un contrôle sur le "fuel pilferage".

iii. Agricultural Marketing Board :

- économies de Rs 35 millions avec la fermeture depuis mai 2008 de la "Dairy Unit" et ;

économies de Rs 450 000 par mois, soit 15%, sur la facture d'électricité.

La Banque mondiale affirme que "the reforms bieng undertaken are having a measurable impact on efficiency and budgetary transfers." "Most of these suggest elements of on-going operations management rather than fundamental reform. However, they also represent the first fruits of a more hard edged approach to management by-objectives, intended to improve profitability and transform the sector over time".


Produits pétroliers plus chers

Jayen Chellum: "La STC exploite les consommateurs de manière inacceptable"

La Plateforme Kont Ogmentation ek taxes abizif lors produits pétroliers (PKOTAP) est monté au créneau en fin de semaine pour condamner la hausse des produits pétroliers, qui est intervenue vendredi matin. Considérant que cette augmentation est une "mascarade" de la State Trading Corporation (STC), ce mouvement annonce une série d'actions pour dénoncer les "abus" de la STC et du gouvernement dans la révision des prix des produits pétroliers. D'ailleurs, l'interpellation du ministre Gowressoo au Parlement cette semaine sur le prix des produits pétroliers lève un pan de voile sur le scandale de "hedging losses" à la STC. Hormis la TVA et taxes imposées sur ces produits, il a été confirmé que le consommateur contribue, à ce jour, Rs 3 par litre de carburant pour éponger les pertes de la STC estimées à Rs 2,9 milliards.

Depuis vendredi, un litre d'essence coûte 39,35 au lieu de Rs 36,65 depuis vendredi. Le prix du diesel passe de Rs 32,30 à Rs 34,70, alors que pour l'huile lourde, le prix grimpe à Rs 14,75. Le plafond maximal de 7,5% a été appliqué lors de ce dernier exercice de révision de l'Automatic Pricing Mechanism (APM). Comme à l'accoutumée, le directeur général de la STC, Ranjit Singh Soomarooah, a attribué ces augmentations par une augmentation des prix du Brent sur le marché international, à l'appréciation du dollar ou encore à la hausse du prix du fret. Mais, l'opinion générale est loin de faire confiance à ce Monsieur, et encore moins le PKOTAP qui, dans un communiqué émis hier matin, dénonce que le prix pratiqué par la STC "exploite les consommateurs d'une manière inacceptable" vu qu'il est largement supérieure à celui pratiqué au niveau international.

"Ces prix qui torturent le pouvoir d'achat des consommateurs de mois en mois et augmentent les coûts des productions des différents acteurs économiques sont un élément inacceptable de la politique de prix imposé par le gouvernement à travers la STC. Le public mauricien n'est toujours pas en présence des informations suivant: (a) le contrat qui lie la STC avec la compagnie indienne Mangalore Patroleum Product Ltd et (b) le contrat qui lie la STC avec la compagnie qui fait le fret de ces produits", rappelle Jayen Chellum, dirigeant de la PKOTAP et de l'Association des consommateurs de l'île Maurice.

Ce dernier estime que l'absence de ces éléments ne font que "masquer" la réalité des prix. "Il est donc clair que les taxes abusives, les coûts invisibles et probablement douteux ou inacceptables payés dans ces contrats opaques, les pertes encourues par la STC sur le hedging et rembourse à raison de Rs 3 par litre de produit tondent tous les acteurs économiques de ce pays", ajoute-t-il.

Dans l'affaire de "hedging losses", il se confirme en effet que ce sont les consommateurs qui contribuent Rs 3 par litre pour éponger les pertes de la STC. Ces provisions financières imposées aux consommateurs ont été doublées à partir de novembre de l'année dernière quand la STC et la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, se sont retrouvées prises dans le scandale financier du hedging. Le gouvernement a confié à un consultant étranger, John Dobson, une enquête approfondie sur les "hedging commitments" de la STC jusqu'au mois de juin prochain. Le rapport devra être soumis officiellement d'ici la mi-avril.

Ces éléments sont apportés par le ministre du Commerce, Mahen Gowressoo, qui répondait à une interpellation parlementaire d'Ajay Gunness, mardi dernier. Il faut savoir que ces contributions sont passées de Rs 1,50 à Rs 3 depuis novembre de l'année dernière. Le montant de Re 1,50 avait été imposé pour la période allant de janvier à octobre de l'année dernière, alors que ces mêmes provisions coûtaient aux consommateurs que 10 sous depuis avril 2004. A titre d'indication, avec les provisions de Rs 3, les consommateurs ont déjà contribué un total de Rs 189,5 M pour le mois de novembre et décembre de l'année dernière.


Bourse: désinvestissements de Rs 325,7 M en trois mois

Le bilan des opérations à la Bourse de Maurice pour les trois premiers mois de cette année, période marquée par des turbulences sur le marché international, indique que le processus de désinvestissement par des opérateurs étrangers se poursuit.

Le montant de ces retraits des étrangers dans les placements boursiers sont de l'ordre de Rs 325,7 millions, un peu moins du double des placements effectués au cours du premier trimestre. Pour le seul mois de février, le désinvestissement a été de Rs 218,3 millions.

A la fin du premier trimestre, le Semdex, l'indice des valeurs boursières, avait perdu 9,36% comparativement à la clôture boursière du 31 décembre dernier. Mais les deux premières séances pour le mois d'avril ont permis au SEMDEX de rattraper un peu plus de 3% pour se retrouver à 6,12% en fin de séance du 2 avril.



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 5 avril 2009