Faits et effets
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Pour quoi faire …
Humeur
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Envies ramgoolamiennes
Pris sur le vif
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Candidate
Faits et effets...
Pour quoi faire
C'était le titre de cette même rubrique, le 28
janvier 2007, après que le Premier ministre eut publiquement
déclaré qu'il avait besoin d'une majorité
de trois-quarts pour pouvoir mener à bien ses projets pour
le pays. Nous voulions savoir précisément ce qu'il
comptait faire avec ce qu'on appelle une majorité constitutionnelle,
celle qui permet de chambarder la loi suprême du pays. La
question était posée, elle est restée sans
réponse. Elle reste d'actualité après que
Navin Ramgoolam a récidivé samedi dernier dans sa
quête des trois-quarts.
Nous écrivions aussi, le 28 janvier 2007, ce qui suit
"s'il a des propositions précises en tête
et qu'elles vont dans le sens de l'intérêt national
et du bien commun, il peut toujours ouvrir le dialogue avec les
partis de l'opposition représentés à l'Assemblée
nationale et essayer d'obtenir leur soutien et leur vote pour
faire passer ces fameuses législations qui lui tiennent
tant à cur. Si ce sont des projets qui vont vraiment
dans le sens de l'avancement de tous les Mauriciens et que l'opposition
ne les soutient pas, ce sera alors facile de la livrer à
l'opprobre nationale. Avec les conséquences électorales
que cela peut supposer". C'est encore valable pour peu
que Navin Ramgoolam vienne expliciter ses véritables desseins.
Aucune indication sur ses intentions, hier et on n'est pas
plus avancés aujourd'hui alors que l'échéance
approche. Des gouvernements avec des majorités de trois-quarts,
nous en avons eu cinq depuis l'indépendance. Celui de 69,
d'une coalition post-électorale Ptr/PMSD particulièrement
liberticide avec le renvoi des élections générales,
l'abolition des partielles et des municipales, l'état d'urgence,
la censure de la presse, l'interdiction des rassemblements, des
syndicats et des partis politiques.
En 82, vint le grand coup de balai, le 60/0, le premier quatre-quarts
de l'ère post-indépendante de Maurice. Un coup de
fraîcheur salutaire tant des effectifs que des projets dans
un hémicycle qui avait pris un sérieux coup de vieux.
Une belle page dans l'histoire de la consolidation de la démocratie
était écrite avec ce gouvernement MMM/PSM qui avait
modifié la Constitution pour rendre les élections
générales obligatoires tous les cinq ans et leur
renvoi quasiment impossible et rétablir les élections
partielles et les municipales.
Une anecdote, ici pour situer le sens du respect des engagements
pris. Il y avait une grosse pression de la part de la rue et des
backbenchers de l'alliance MMM/PSM pour en finir avec les Best
Losers mais le gouvernement qui avait les moyens constitutionnels
de satisfaire cette demande, a refusé pour la bonne et
très valable raison que ce n'était pas prévu
dans le programme gouvernemental sur la base duquel il avait été
plébiscité. C'est ainsi que lors de la prestation
de serment des quatre malheureux Best Losers rescapés
de la débâcle de 82, tous les backbenchers de l'alliance
MMM/PSM étaient dans la rue devant le Parlement avec le
peuple qui manifestait contre un système qui institutionnalise
le communalisme dans la Constitution. Et fort heureusement que
ce gouvernement n'avait pas réduit le nombre de ministres
à moins de 18, il y avait eu alors un risque qu'il n'y
ait pas de quorum requis, qui est de 17, pour permettre la prestation
de serment des quatre malheureux repêchés de l'opposition.
En 91, l'alliance MSM/MMM obtient une majorité de trois-quarts,
57/3. Pas de grand chambardement si ce n'est que le dernier cordon
ombilical avec la colonisation était rompu avec l'instauration
de la République. Le nouveau 60/0 viendra quatre ans plus
tard avec l'alliance PTr/MMM et, là aussi, pas de bouleversement
significatif à signaler. Même chose pour 2000 lorsque
l'alliance MSM/MMM obtient 54/6 aux élections. En sus de
l'avènement de l'autonomie de Rodrigues qui constitue une
bien belle avancée démocratique, il y a aussi eu
un renforcement des pouvoirs du président de la République.
Les majorités de trois ou de quatre-quarts n'ont pas
toujours été exempts de faiblesses. Chaque gouvernement
avec un mandat populaire de cette ampleur a été
tenté de recourir à des expédients. Il a
été rendu possible depuis 82 de renvoyer les fonctionnaires
avec les compensations d'usage. Il faut dire qu'à cette
époque, ils étaient nombreux à avoir ignoré
les réserves d'usage et l'observance d'une stricte neutralité
dans la conduite des affaires de l'Etat. En 91, on a augmenté
le nombre de ministres, en 95, on a d'un trait de plume fait comme
ci il y avait eu une élection en 72 pour permettre à
certains anciens travaillistes de toucher la pension parlementaire.
En 2000, c'était facile de liquider l'ECO qui n'avait pas
sa raison d'être dans la Constitution si Paul Bérenger
n'avait pas persuadé Navin Ramgoolam quelques mois plus
tôt que sa directrice devait bénéficier d'une
"Security of tenure".
Aujourd'hui, plus que jamais ce pays n'a pas besoin d'un gouvernement
de trois-quarts. Déjà, avec celui de l'Alliance
sociale qui n'a même pas franchi la barre des 50% au dernier
scrutin, c'est à une tentation totalitaire à laquelle
on assiste au quotidien. Il y a un Premier ministre qui, comme
nous le soulignions ici même il y a quelques années,
se comporte de plus en plus comme un monarque qui se croit propriétaire
du pays. Navin Ramgoolam a dit n'avoir confiance en personne et
aujourd'hui pour justifier sa demande de trois-quarts, il parle
de ces obstacles que sont le Conseil des ministres, le State Law
Office et possiblement aussi le Procurement Office. C'est
le modèle chinois, expéditif, qu'il a cité
lorsqu'il a réclamé ses trois-quarts. De quoi faire
frémir
Compte tenu des dispositions du Premier ministre vis-à-vis
de la presse - Week-End en sait quelque chose, boycotté
qu'il est depuis quatre ans et il est bon que d'autres découvrent
aujourd'hui, malgré leur bienveillance vis-à-vis
du pouvoir, que leur tour est aussi arrivé et qu'il ne
fait pas bon être critique du prince - et de son projet
maintes fois réaffirmé de "nettoyer les
radios privées" et de son intolérance grandissante,
il serait dangereux pour le pays qu'il obtienne une majorité
lui permettant de modifier la Constitution. L'Histoire est là
qui nous éclaire et qui nous prévient. Une majorité
de trois-quarts aux travaillistes et à leurs acolytes,
non merci
Humeur
Envies ramgoolamiennes
Il y a parfois à Maurice des étonnements qui n'en
finissent pas d'étonner. C'est le cas d'au moins deux phrases
toutes faites qui reviennent régulièrement dans
la bouche de Navin Ramgoolam. La première est son désir
d'en finir avec la presse indépendante - ou plus exactement
de la finir. Celle qui au contraire de la MBC, et de quelques
titres grassement subventionnés, ne couvre pas quotidiennement
le Premier ministre de colliers de louanges. Pour essayer d'en
finir avec cette presse qui le dérange parce qu'elle se
permet de le critiquer ainsi que l'action de son gouvernement,
Navin Ramgoolam a tout essayé: les menaces, le refus de
faire circuler l'information gouvernementale, le boycott publicitaire,
sans compter les attaques - souvent féroces - lors des
rassemblements politiques. Cette manière de faire, que
certains confrères semblent découvrir ces jours-ci,
a toujours existé. Depuis son premier gouvernement, le
leader des travaillistes n'a raté aucune occasion de s'en
prendre à la presse et de promettre de s'en occuper. Il
a tenu parole et a lancé à intervalles réguliers,
surtout lors des meetings tenus dans sa circonscription, des attaques
en règle. Le problème de Navin Ramgoolam c'est qu'en
dépit de ses campagnes, répercutées par ses
valets, les Mauriciens continuent à faire confiance à
" cette presse-là", comme le prouvent régulièrement
les sondages. Ce n'est donc pas sa toute dernière campagne
qui risque de faire trembler qui que ce soit dans les rédactions
non inféodées.
L'autre envie de Navin Ramgoolam c'est de pouvoir disposer d'une
majorité de trois quarts au Parlement. Comme son envie
d'en finir avec la presse, ce regret de ne pas disposer des trois
quarts revient régulièrement dans son discours et
prend parfois le ton d'un reproche fait à l'électorat
qui, selon lui, n'a pas su bien faire son devoir civique, et lui
donner la majorité absolue, c'est-à-dire tous les
pouvoirs. Mais, autre leitmotiv du discours ramgoolamien, s'il
s'exprime longuement sur ce que l'électorat ne lui a pas
donné, il ne dit jamais les lois qu'il souhaite faire voter
avec ces trois quarts. Qui, il est utile de le souligner, lui
permettaient également d'amender la Constitution. Que
lui manque-t-il à ce Premier ministre dont la fonction,
taillée sur mesure pour son père, lui permet de
régner sans partage comme un monarque, d'autant plus qu'il
est entouré de courtisans plus portés à
la génuflexion qu'à la remise en cause? En parlant
de monarque, signalons que samedi dernier à Triolet un
de ses agents a utilisé le terme " son royaume"
pour parler de la circonscription où a été
élu le Premier ministre. Est-ce que ce regret des trois
quarts cache le désir de se faire nommer Premier ministre
à vie comme le suggérait un auditeur sur une radio
privée, samedi matin? Ou tout simplement le désir
de pouvoir enfin dépasser son père en faisant que
ce dernier n'avait pas réussi: légiférer
pour " finir" la presse indépendante en la censurant
définitivement?
Au premier abord, cette hypothèse paraît exagérée.
Mais souvenons-nous de la campagne contre les barons sucriers
et le MASS, commencée et entretenue par Navin Ramgoolam
et ses sbires avec une relecture de l'histoire opposant les colons
et les coolies. Avec promesse de faire payer aux descendants des
premiers les torts causés aux ancêtres des seconds.
Si un Premier ministre est capable de lancer et d'entretenir une
telle campagne pour galvaniser ses partisans, qui pourrait l'empêcher
de faire taire définitivement la presse indépendante
s'il disposait d'une majorité des trois quarts. Comme autrefois
son père quand il toucha à la Constitution et bâillonna
la presse à travers la censure. Malheureusement pour
Navin Ramgoolam l'électorat n'a pas jugé utile de
lui donner une majorité de trois quarts cette fois. Contrairement
à ce que dit le leader de l'Alliance sociale, l'électorat
mauricien sait voter. Souvenons-nous de juillet 2005, de la tonitruante
manifestation organisée contre le président de la
République lors de la prestation de serment du nouveau
gouvernement et des épisodes de l'opération "lev
paké allé". Et Navin Ramgoolam et ses alliés
ne disposaient alors que de 44 voix au Parlement, où la
majorité absolue est de cinquante trois sièges.
Qu'auraient-ils fait en juillet 2005 si l'électorat leur
avait donné les trois quarts que Navin Ramgoolam n'en finit
pas de regretter ?
Heureusement pour l'île Maurice et les Mauriciens que certaines
envies ramgoolamiennes n'ont jamais été réalisées...
Pris sur le vif
Candidate
- Je te fais part que j'ai pris une grande décision
-.. ne me dis pas que tu vas quitter ton mari, toi !!?
-
tu vois comme tu es
je te dis franchement, parfois
je me demande s'il ne faut pas plus se protéger de ses
amis que de ses ennemis
-
mais tu as du toupet, toi hein!! To dire moi to fine prend
ene grand decision. Et comme tu dis souvent que tu es plein avec
ton mari
je n'ai fait que faire un plus un
-
to mathématiques là extra, je te dis. C'est
pas parce qu'on est plein avec son mari qu'on le quitte, ma chère.
To croire que j'ai passé tout ce que j'ai passé
pour aujourd'hui partir et laisser tout derrière moi. Pour
qu'une petite nengresse qui a la moitié de mon âge
vienne dans ma maison profiter de tous les sacrifices qui mo fine
faire. No way, bonne femme. J'y suis, j'y reste. Même si
li ronflé tous les soirs, ça ne fait rien.
- Mais alors quelle grande décision tu as pris ?
- Je vais faire de la politique.
- Toi ? Mais qu'est-ce qui t'arrives ? Tu ne sais pas ce que c'est
que la politique. Tu as un projet de société toi
? To konné ki sa été sa ?
- Tu crois que banne ki faire politik la énan ene projet
société zotte ?
- Mais enfin, toi. Tout le monde sait que tu ne sais même
pas pour qui il faut voter aux élections. Tu es comme les
gens qui ne savent pas jouer aux dominos, ils mettent les couleurs
ensemble. Tu confonds entre le MSM, le MMM et le PTr
-
d'après ce que j'ai compris, pénan beaucoup
différence entre zotte et d'ailleurs zotte tou énan
un seul projet de société : faire ene alliance pour
les prochaines élections. Et puis une femme n'a pas besoin
de se fatiguer pour préparer un projet de société
-
ah, bon. On dirait que tu es déjà devenue
experte en politique! Ki ene femme bizin faire pour li alle faire
politique?
- Ene zafer tou bane femme conne faire, toi : faire li remarquer.
J'ai bien regardé ma cousine à qui on a promis un
ticket. D'abord, elle a écrit, je crois plutôt qu'elle
a fait écrire, deux trois articles dans les pages forum
des journaux, sur l'environnement, l'avortement, les droits de
la femme
tu sais tous ces sujets-là...
-
pourquoi tu dis qu'elle a fait écrire... c'est
pas chic, toi
-
écoute-moi, on a été a l'école
ensemble depuis bilo jusqu'à senior, donc je sais de quoi
je parle. Je connais ses capacités, ok? Après ça
tu vas dans deux trois réunions de femmes et au moment
des questions tu te lève et tu demande le micro.
- Pour dire quoi ?
- N'importe quoi. Tu poses une question ou tu apportes un témoignage,
même si c'est pas sur le sujet du jour, mais il faut que
ce soit un peu long
-
même si tu ne connais pas bien le sujet de la discussion
?
- Ça, c'est pas grave. Tu commences par féliciter
ceux qui ont organisé la réunion, ensuite tous ceux
qui ont pris la parole, sans oublier le public qui s'est dérangé,
la même ça te fait deux trois minutes, et puis tu
parles.
- Mais pour dire quoi ?
- Tu racontes ce que tu veux, un souvenir de ta vie, par exemple,
mais il faut que tout le monde te voit au micro. Comme ça
tu va te faire connaître. Si la présidente te dis
que tu es trop long, tu lui répond que si c'était
un homme qui était au micro, elle n'aurait pas osé
dire ça. Comme ça tu marques des points et banne
dumone pou konne toi. A partir de là, il faut que tu arrives
en retard dans les prochaines réunions pour bien te faire
remarquer en cherchant ta place, de préférence dans
les premières rangées. Ensuite, il faut que tu téléphones
dans les débats des radios pour intervenir en direct, sans
jamais oublier de remercier la radio, les participants et surtout
les auditeurs. Après, il te faut aller dans les manifestations,
surtout les manifestations citoyennes là, il faut que tu
sois toujours devant devant même, hein
-
pourquoi ? pour crier plus fort ?
- Tu vas croire, toi. Tu vas là-bas, devant, devant, bien
habillée, mais juste - surtout pas trop mannequin - pour
qu'on te voit bien dans la photo du journal et dans les informations
de la télévision. Comme ça, les leaders politiques
vont te remarquer et tu vas devenir une personnalité civile
et ils vont se battre pour te donner un ticket pour les élections.
- Comme ça, on fait de la politique ?
- Mais qu'est-ce que tu croyais, toi. C'est comme ça que
ma cousine a eu sa promesse de ticket.
- Mais c'est de l'opportunisme, toi !!!
-- Tu vois comment tu es !!! et tu dis que tu es une grande féministe
qui défend la cause des femmes ! Comme dit mon employée
de maison, banne femme tellement pas solidaires entre zotte samem
nous tout le temps derrière soleil. Alors ban femme pas
gagne droit faire opportuniste dans sa pays la ? Sa aussi ene
chasse gardée pou ban zomme ?
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009
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