Depuis vendredi, la police se retrouve avec un crime des plus
crapuleux sous les bras, et ce depuis la découverte d'un
cadavre en décomposition dans un champ de cannes à
Wooton, endroit plus communément appelé La Butte
Chaumont. De prime abord, le cadavre, qui était en état
de décomposition avancé, a été découvert
par hasard. En fonction de ce que les enquêteurs ont découvert
sur le terrain, ils privilégient les thèses de l'agression
sexuelle et de la vengeance. La victime, Asha Ramchurn, 26 ans,
habitant Fond du Sac, était portée manquante depuis
mercredi ; sa disparition avait été signalée
au poste de police de Plaine-des-Papayes. Tout porte à
croire qu'elle a été violée, puis tuée
à coups de pierre sur le crâne.
De mémoire d'enquêteur, cela fait un bout de temps
déjà qu'on n'a pas vu un crime d'une telle atrocité.
"Elle a eu le crâne fracassé, tout comme
l'est un uf qui tombe par terre. Sauf qu'elle n'est pas
tombée... " C'est en ces termes qu'un haut gradé
résumait la violence extrême utilisée par
l'agresseur d'Asha Ramchurn. Son corps a été découvert
dans un sentier bordé de cannes, que l'on appelle communément
"simin kann". Non loin du cadavre de la victime,
les policiers affectés au poste d'Eau-Coulée, de
même que ceux de la Major Crime Investigation Team (MCIT),
ont retrouvé une grosse "pierre" qui porte
des traces de sang. Cette "pierre" serait, selon
les indications recueillies par Week-End, légèrement
plus petite qu'une "roche à laver". C'est
avec cette "pierre" qu'Asha Ramchurn a été
cruellement achevée.
L'autopsie effectuée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal
Police Medical Officer (PPMO) n'a fait que confirmer cette
tuerie sauvage. Selon les conclusions post-mortem du Dr Gungadin,
Asha Ramchurn est décédée d'un "crushed
skull". Il a aussi établi que la victime avait
eu des relations sexuelles peu avant sa mort. Selon les indications
communiquées par le médecin-légiste aux enquêteurs,
tout porte à croire qu'elle a été violée,
puis tuée.
A partir de cette macabre découverte et des conclusions
de l'autopsie, les enquêteurs ont tenté de reconstruire
les derniers jours de la victime. A partir de là, ils se
sont rendus compte qu'Asha Ramchurn était portée
manquante depuis environ 48 heures avant la découverte
de son corps. En effet, ses proches avaient consigné, mercredi,
une déposition pour "Missing Person" au
poste de police de Plaines-des-Papayes. Selon les indications
que nous avons recueillies, elle aurait laissé entendre
qu'elle allait passer quelques jours chez une amie. Or, après
vérification auprès de l'amie en question, il s'avère
qu'elle ne s'était jamais rendue chez elle.
Où s'est-elle donc rendue peu avant sa mort ? Et en compagnie
de qui ? A hier, les limiers engagés sur ce dossier travaillaient
d'arrache-pied en vue de trouver des réponses à
ces questions capitales. Asha Ramchurn, mère de deux enfants,
est divorcée de son époux. En dépit de ses
déboires matrimoniaux passés, elle entendait fermement
vivre sa vie de femme, soutient-on. Avait-elle, en cachette, un
petit ami ? Ce dernier avait-il un rival ? D'autres interrogations
qui restent, pour le moment, sans réponse.
Autre signal fort obtenu par les enquêteurs après
un examen minutieux des lieux du crime et de la victime : le vol
ne serait pas un mobile. Pour cause, lorsqu'elle a été
retrouvée, Asha portait à son cou deux chaînes,
avec des pendentifs, d'une forte valeur. "Si on l'avait
attaquée pour la voler, ces chaînes, qui valent plus
d'une dizaine de milliers de roupies, auraient très certainement
été emportées. Celui qui a fait ça
n'est pas un voleur", laissait-on entendre à Week-End
hier.
Dans les milieux proches de la victime, l'on soulignait également
qu'Asha comptait s'embarquer sur un onéreux projet, qui
nécessitait un emprunt. Cet élément aurait-il
un lien direct ou indirect avec ce qui lui est arrivé ?
En attendant, deux enfants en bas âge pleurent une mère,
et un dangereux criminel court toujours. La police se dit, quant
à elle, confiante de mettre la main sur l'auteur de ce
crime atroce.
Fausse alerte à la bombe au SSS Triolet
Quatre élèves risquent jusqu'à dix ans
de prison et Rs 100 000 d'amende
Il ne faut jamais crier "au loup" quand il n'y
en a point. Quatre élèves du State Secondary School
(SSS) de Triolet, l'ont appris à leur dépens cette
semaine. Ils sont formellement accusés, en cour de Pamplemousses,
d'une accusation de "Conspiracy for Bomb Hoaxes".
Selon la section 102 du Criminal Code Supplementary Act (CCSA),
ils sont passibles d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à
10 ans, et d'une amende n'excédant pas Rs 100 000. Toute
cette mise en scène avait été fomentée
afin d'éviter un contrôle de mathématiques.
C'est à 11h31 et à 11h37 précises que Allemin
Mohamedally, School Clerk à la SSS de Triolet reçoit
deux appels téléphoniques. Au bout du fil, une voix
masculine se fait entendre. "Ena enn bom dan lekol. Li
pou explose dan 1hr". Ne prenant aucun risque, la direction
de l'école fait le nécessaire et avertit la police.
Le collège est évacué, afin de faire place
aux éléments de la Bomb Disposal Team (BDT)
de la Special Mobile Force (SMF), aux limiers de la Northern Division
CID, de la Northern Divisional Support Unit (NDSU) ainsi qu'à
ceux de l'Emergency Response Service (ERS). Chaque recoin du collège
est passé au peigne fin. Aucun engin explosif n'est cependant
retrouvé.
Cependant, les farceurs qui voulaient échapper à
l'épreuve de mathématiques n'avaient pas pensé
que, de nos jours, la technologie est telle qu'il était
un jeu d'enfant de retracer les numéros à partir
desquels les appels téléphoniques ont été
effectués. Les numéros utilisés sont les
suivants: 261 5673 et 770 1227. Le premier élève
retracé a vite fait de cracher le morceau et a incriminé
trois autres de ses camarades. Les quatre élèves
du collège sont âgés de 16, 17 et 18 ans.
Après interrogatoire, les quatre élèves ont
été libérés sur parole, mais ont comparu
le lendemain en cour, sous une accusation provisoire de "Conspiracy
for Bomb Hoax".
Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, a fait comprendre
à son état-major que la police se montrera intraitable
et intransigeante concernant ce genre de choses. En vertu de la
section 102 du CCSA, les quatre suspects encourent jusqu'à
10 ans de prison et une amende n'excédant pas Rs 100 000.
Avis à tous ceux et celles qui seraient tentés de
simuler une alerte à la bombe...
Murs
En trois jours : 3 cas de viol contre des handicapées
rapportés
En quelques jours, la police s'est retrouvée confrontée
à trois viols de personnes handicapées. Dans les
trois cas rapportés, les suspects recherchés ont
été appréhendés. Ils sont néanmoins
deux à avoir été arrêtés, puisque
l'un d'eux est accusé d'avoir violé deux des trois
victimes...
Le cas le plus choquant concerne le viol de deux femmes qui étaient
admises dans un foyer des hautes Plaines-Wilhems. Ce cas, qui
a été porté à la connaissance de la
police de Flic-en-Flac vendredi, remonterait au début du
mois. En effet, le 8 mars dernier, deux femmes dudit foyer, décident
de faire une fugue. Elles sont connues comme étant des
"mental patients". Lors de leur fugue, elles
rencontrent ce qu'elles pensent être un "bon samaritain",
alors qu'elles se trouvent dans un autobus. L'homme en question,
Louis Roland Babet, un peintre de 52 ans, habitant Curepipe, aurait
fait, dans un premier temps, preuve de compassion envers elles
et décide de les prendre en charge. Il leur demande de
le suivre dans un bungalow de Flic-en-Flac, dont il a la surveillance.
Ne sachant pas où aller, les deux femmes acceptent de le
suivre. Mais entre le 8 et le 9, il les aurait violées
toutes deux, à plusieurs reprises, à l'intérieur
du bungalow, mais aussi à la plage et dans l'eau, selon
leur versions des faits respectives. Le suspect a été
appréhendé par la police de Flic-en-Flac. Ce dernier,
qui nie en bloc les accusations portées contre lui, a été
maintenu en détention policière.
D'autre part, une autre femme, handicapée elle aussi, a
été victime d'un viol mercredi. Le suspect qui a
été appréhendé dans cette affaire,
un dénommé Vishal Lekha, 29 ans, de Quatre-Bornes,
échangeait des textos avec elle depuis un certain temps
déjà. Le 19 mars dernier, il l'a appelé pour
lui donner rendez-vous à la gare Jan Palach à Curepipe,
à 10h, le mardi 23. Elle accepta de se rendre au rendez-vous
convenu. Ce jour-là, Vishal était exact au rendez-vous.
A Curepipe, il lui demanda de prendre place à bord d'une
voiture, qu'il conduisit jusqu'à Flic-en-Flac. A cet endroit,
il lui fit savoir qu'il avait loué un bungalow. C'est à
l'intérieur de celui-ci qu'il aurait abusé d'elle.
Le dénommé Vishal devait ensuite la déposer
à Quatre-Bornes, et là, elle se rendit à
Flacq par autobus, via Curepipe. C'est à l'arrêt
d'autobus de Flacq, dans la soirée du 23, que la police
la découvrit, prostrée, aux alentours de 21h. C'est
là qu'elle fit le récit de ce qui lui était
arrivé.
Haut vol ou haute voltige
Où sont passés les Rs 22 millions de la poste?
La Central Criminal Investigation Division (CCID) enquête
sur l'étrange disparition d'une somme de Rs 22 millions,
en devises étrangères, entre Maurice et Singapour.
Cet argent avait été acheminé par la firme
Brinks Mauritius à l'aéroport de Plaisance
mardi. Or, quand le colis renfermant l'argent est arrivé
à la United Overseas Bank (UOB) de Singapour, les responsables
de cette banque ont eu le choc de leur vie en découvrant
que le colis ne refermait que des jeux de cartes et du papier
blanc pour imprimante. C'est l'équipe du surintendant Heman
Jangi, de la CCID qui est chargée de cette enquête.
Il est à noter qu'une autre enquête continue toujours
en ce qu'il s'agit d'une centaine de faux billets de Rs 500, retrouvés
dans le circuit monétaire de la Mauritius Post en
mai de l'année dernière.
A ce stade de l'enquête policière, l'on se montre
avare de commentaires du côté des Casernes centrales,
dans la mesure que cette histoire a de quoi donner le tournis.
Les Rs 22 millions, en euros, livres britanniques et dollars américains,
allaient être placés en banque à Singapour.
Selon la procédure, c'est la firme Brinks Mauritius
qui était chargé du transfert de cet argent,
de Port-Louis à l'aéroport de Plaisance. Le colis
a été placé sous scellés de plomb
et remis à des employés de la MPCB en poste à
l'aéroport et à un responsable de Air Mauritius
Cargo. A priori, rien d'anormal ne s'est produit lors du transfert
du colis de Port-Louis à Plaisance.
La CCID travaille en étroite collaboration avec les autorités
policières de Singapour sur cette affaire. Selon les premières
indications en provenance de Singapour, la supercherie aurait
eu lieu à Maurice même. Durant cette semaine, les
limiers de la CCID travailleront d'arrache-pied sur les enregistrements
des caméras de surveillance de l'aéroport, afin
d'essayer d'y voir plus clair dans cette affaire des plus troubles.
Cette histoire n'est pas sans rappeler celle qui avait secoué
la poste dans le courant de l'année dernière. En
effet, une centaine de fausses coupures de Rs 500 avaient été
retrouvés dans le circuit monétaire de la poste,
notamment en ce qu'il s'agit du paiement de la pension de vieillesse.
C'est au moment du comptage des billets que les faux avaient été
découverts. Cette enquête, avons-nous appris, est
toujours en cours.
Brèves
Gare Victoria: Une bagarre au sabre fait deux blessés
Une violente altercation, entre deux marchands ambulants, parentés
de surcroît, a fait deux blessés, à la Gare
Victoria hier. Selon les indications recueillies sur place par
Week-End, ce serait une rivalité entre les deux
parents, concernant leur aires respectives de "travail",
qui aurait poussé l'un à prendre un sabre et tenter
d'en asséner des coups à son rival. Ce dernier,
de même qu'un membre du public qui passait par là,
ont été blessés. Quant au forcené,
il a été appréhendé par la police
et écroué. Il doit comparaître en cour de
District de Port-Louis lundi.
A Pailles: un camion percute trois pylônes
Un camion, dont le chauffeur a perdu le contrôle, a violemment
heurté trois pylônes électriques à
la hauteur de Pailles, en direction de Port-Louis. Le camion a
fini sa course sur le bas-côté de la route. Fort
heureusement, cet accident n'a occasionné aucune perte
de vie humaine, ni n'a causé de blessé grave.
Brûlé vif, il meurt trois mois plus tard
Ajam Darbarry, 49 ans, est décédé trois mois
après avoir été brûlé vif. Le
10 décembre dernier, son fils Faizal, 26 ans, l'aurait
ligoté à son lit, dans la maison familiale à
Bon-Accueil, avant de l'asperger de thinner et de mettre
le feu. Admis à la Burns Unit de l'hôpital
Victoria, Ajam est décédé mercredi des suites
d'une septicémie. Arrêté, le fils affirme
avoir été provoqué. Il nie l'avoir ligoté
et l'avoir aspergé de thinner. Dans sa version des
faits, il soutient que ce serait lors d'un bras-le-corps avec
son père que le thinner lui serait tombé
dessus. Faizal Darbarry, qui avait été arrêté,
puis libéré sous caution en marge de cette affaire,
est cette fois, sous le coup d'une inculpation provisoire pour
Murder.
Madagascar
34 blessés lors d'une manif pro-Ravalomanana hier
Une manifestation pro-Marc Ravalomanana, la sixième
en autant de jours, a fait 34 blessés hier. Ce bilan est
celui annoncé par Reuters hier soir, de même que
l'Agence France Presse (AFP), qui précisait que deux des
blessés l'avaient été par balles. De son
côté, la Matv, chaîne locale, faisait état
d'un bilan de trois morts et d'une trentaine de blessés
parmi les manifestants.
Ils étaient des milliers de supporters du président
en exil, Marc Ravalomanana, à s'être massés
hier, à Ambohijatovo, mais aussi à Antsirabe, en
vue de soutenir vocalement celui qui, aux dernières nouvelles,
aurait quitté le Swaziland, le pays où il était
réapparu dans le courant de la semaine. Pour le sixième
jour de suite, les manifestants ont bruyamment scandé des
slogans hostiles à Andry Rajoelina. Hier encore, comme
jeudi et vendredi, les manifestants, qui s'étaient ensuite
massés en grand nombre à la Place du 13-Mai, ont
été dispersés à coups de gaz lacrymogène,
mais aussi par des coups de feu tirés par l'armée.
Selon certains, les coups de feu avaient été tirés
en l'air, mais pour d'autres, certains soldats ont tiré
sur la foule.
L'hôpital Ravoahangy Andrianavalona a officiellement
recensé, à hier soir, 34 blessés, dont deux
adolescents âgés de 12 et de 14 ans.
Alors que beaucoup s'attendaient à une accalmie avec
la prise du pouvoir par Andry TGV, tel n'est pas le cas sur le
terrain. Depuis le début du bras de fer politique entre
Marc Ravalomanana et son opposant Andry Rajoelina, on a officiellement
dénombré 135 morts.
Vendredi, Andry Rajoelina avait déclaré à
la presse qu'il tiendrait des pourparlers en vue d'une réconciliation
et qu'il était disposé à tenir des élections
libres et démocratiques d'ici un an. Il a, dans la foulée,
annoncé des baisses de prix de l'huile de cuisine, du riz,
du pain et de l'essence. Répondant à Rajoelina du
Swaziland, Marc Ravalomanana avait rétorqué qu'il
ne prendra part qu'au dialogue de réconciliation seulement
s'il était toujours reconnu comme président.
A Madagascar hier, on annonçait également le
limogeage imminent de pas moins de cinq ambassadeurs, tous proches
de Marc Ravalomanana.