f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009



  Crime atroce à Wooton - Violée et tuée à coups de pierre
  Fausse alerte à la bombe au SSS Triolet - Quatre élèves risquent jusqu'à dix ans de prison et Rs 100 000 d'amende
  Mœurs - En trois jours : 3 cas de viol contre des handicapées rapportés
  Haut vol ou haute voltige - Où sont passés les Rs 22 millions de la poste?
  Brèves
  Madagascar - 34 blessés lors d'une manif pro-Ravalomanana hier


Crime atroce à Wooton

Violée et tuée à coups de pierre

Depuis vendredi, la police se retrouve avec un crime des plus crapuleux sous les bras, et ce depuis la découverte d'un cadavre en décomposition dans un champ de cannes à Wooton, endroit plus communément appelé La Butte Chaumont. De prime abord, le cadavre, qui était en état de décomposition avancé, a été découvert par hasard. En fonction de ce que les enquêteurs ont découvert sur le terrain, ils privilégient les thèses de l'agression sexuelle et de la vengeance. La victime, Asha Ramchurn, 26 ans, habitant Fond du Sac, était portée manquante depuis mercredi ; sa disparition avait été signalée au poste de police de Plaine-des-Papayes. Tout porte à croire qu'elle a été violée, puis tuée à coups de pierre sur le crâne.

De mémoire d'enquêteur, cela fait un bout de temps déjà qu'on n'a pas vu un crime d'une telle atrocité. "Elle a eu le crâne fracassé, tout comme l'est un œuf qui tombe par terre. Sauf qu'elle n'est pas tombée... " C'est en ces termes qu'un haut gradé résumait la violence extrême utilisée par l'agresseur d'Asha Ramchurn. Son corps a été découvert dans un sentier bordé de cannes, que l'on appelle communément "simin kann". Non loin du cadavre de la victime, les policiers affectés au poste d'Eau-Coulée, de même que ceux de la Major Crime Investigation Team (MCIT), ont retrouvé une grosse "pierre" qui porte des traces de sang. Cette "pierre" serait, selon les indications recueillies par Week-End, légèrement plus petite qu'une "roche à laver". C'est avec cette "pierre" qu'Asha Ramchurn a été cruellement achevée.

L'autopsie effectuée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer (PPMO) n'a fait que confirmer cette tuerie sauvage. Selon les conclusions post-mortem du Dr Gungadin, Asha Ramchurn est décédée d'un "crushed skull". Il a aussi établi que la victime avait eu des relations sexuelles peu avant sa mort. Selon les indications communiquées par le médecin-légiste aux enquêteurs, tout porte à croire qu'elle a été violée, puis tuée.

A partir de cette macabre découverte et des conclusions de l'autopsie, les enquêteurs ont tenté de reconstruire les derniers jours de la victime. A partir de là, ils se sont rendus compte qu'Asha Ramchurn était portée manquante depuis environ 48 heures avant la découverte de son corps. En effet, ses proches avaient consigné, mercredi, une déposition pour "Missing Person" au poste de police de Plaines-des-Papayes. Selon les indications que nous avons recueillies, elle aurait laissé entendre qu'elle allait passer quelques jours chez une amie. Or, après vérification auprès de l'amie en question, il s'avère qu'elle ne s'était jamais rendue chez elle.

Où s'est-elle donc rendue peu avant sa mort ? Et en compagnie de qui ? A hier, les limiers engagés sur ce dossier travaillaient d'arrache-pied en vue de trouver des réponses à ces questions capitales. Asha Ramchurn, mère de deux enfants, est divorcée de son époux. En dépit de ses déboires matrimoniaux passés, elle entendait fermement vivre sa vie de femme, soutient-on. Avait-elle, en cachette, un petit ami ? Ce dernier avait-il un rival ? D'autres interrogations qui restent, pour le moment, sans réponse.

Autre signal fort obtenu par les enquêteurs après un examen minutieux des lieux du crime et de la victime : le vol ne serait pas un mobile. Pour cause, lorsqu'elle a été retrouvée, Asha portait à son cou deux chaînes, avec des pendentifs, d'une forte valeur. "Si on l'avait attaquée pour la voler, ces chaînes, qui valent plus d'une dizaine de milliers de roupies, auraient très certainement été emportées. Celui qui a fait ça n'est pas un voleur", laissait-on entendre à Week-End hier.

Dans les milieux proches de la victime, l'on soulignait également qu'Asha comptait s'embarquer sur un onéreux projet, qui nécessitait un emprunt. Cet élément aurait-il un lien direct ou indirect avec ce qui lui est arrivé ? En attendant, deux enfants en bas âge pleurent une mère, et un dangereux criminel court toujours. La police se dit, quant à elle, confiante de mettre la main sur l'auteur de ce crime atroce.


Fausse alerte à la bombe au SSS Triolet

Quatre élèves risquent jusqu'à dix ans de prison et Rs 100 000 d'amende

Il ne faut jamais crier "au loup" quand il n'y en a point. Quatre élèves du State Secondary School (SSS) de Triolet, l'ont appris à leur dépens cette semaine. Ils sont formellement accusés, en cour de Pamplemousses, d'une accusation de "Conspiracy for Bomb Hoaxes". Selon la section 102 du Criminal Code Supplementary Act (CCSA), ils sont passibles d'une peine d'emprisonnement allant jusqu'à 10 ans, et d'une amende n'excédant pas Rs 100 000. Toute cette mise en scène avait été fomentée afin d'éviter un contrôle de mathématiques.

C'est à 11h31 et à 11h37 précises que Allemin Mohamedally, School Clerk à la SSS de Triolet reçoit deux appels téléphoniques. Au bout du fil, une voix masculine se fait entendre. "Ena enn bom dan lekol. Li pou explose dan 1hr". Ne prenant aucun risque, la direction de l'école fait le nécessaire et avertit la police. Le collège est évacué, afin de faire place aux éléments de la Bomb Disposal Team (BDT) de la Special Mobile Force (SMF), aux limiers de la Northern Division CID, de la Northern Divisional Support Unit (NDSU) ainsi qu'à ceux de l'Emergency Response Service (ERS). Chaque recoin du collège est passé au peigne fin. Aucun engin explosif n'est cependant retrouvé.

Cependant, les farceurs qui voulaient échapper à l'épreuve de mathématiques n'avaient pas pensé que, de nos jours, la technologie est telle qu'il était un jeu d'enfant de retracer les numéros à partir desquels les appels téléphoniques ont été effectués. Les numéros utilisés sont les suivants: 261 5673 et 770 1227. Le premier élève retracé a vite fait de cracher le morceau et a incriminé trois autres de ses camarades. Les quatre élèves du collège sont âgés de 16, 17 et 18 ans. Après interrogatoire, les quatre élèves ont été libérés sur parole, mais ont comparu le lendemain en cour, sous une accusation provisoire de "Conspiracy for Bomb Hoax".

Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, a fait comprendre à son état-major que la police se montrera intraitable et intransigeante concernant ce genre de choses. En vertu de la section 102 du CCSA, les quatre suspects encourent jusqu'à 10 ans de prison et une amende n'excédant pas Rs 100 000. Avis à tous ceux et celles qui seraient tentés de simuler une alerte à la bombe...


Mœurs

En trois jours : 3 cas de viol contre des handicapées rapportés

En quelques jours, la police s'est retrouvée confrontée à trois viols de personnes handicapées. Dans les trois cas rapportés, les suspects recherchés ont été appréhendés. Ils sont néanmoins deux à avoir été arrêtés, puisque l'un d'eux est accusé d'avoir violé deux des trois victimes...

Le cas le plus choquant concerne le viol de deux femmes qui étaient admises dans un foyer des hautes Plaines-Wilhems. Ce cas, qui a été porté à la connaissance de la police de Flic-en-Flac vendredi, remonterait au début du mois. En effet, le 8 mars dernier, deux femmes dudit foyer, décident de faire une fugue. Elles sont connues comme étant des "mental patients". Lors de leur fugue, elles rencontrent ce qu'elles pensent être un "bon samaritain", alors qu'elles se trouvent dans un autobus. L'homme en question, Louis Roland Babet, un peintre de 52 ans, habitant Curepipe, aurait fait, dans un premier temps, preuve de compassion envers elles et décide de les prendre en charge. Il leur demande de le suivre dans un bungalow de Flic-en-Flac, dont il a la surveillance. Ne sachant pas où aller, les deux femmes acceptent de le suivre. Mais entre le 8 et le 9, il les aurait violées toutes deux, à plusieurs reprises, à l'intérieur du bungalow, mais aussi à la plage et dans l'eau, selon leur versions des faits respectives. Le suspect a été appréhendé par la police de Flic-en-Flac. Ce dernier, qui nie en bloc les accusations portées contre lui, a été maintenu en détention policière.

D'autre part, une autre femme, handicapée elle aussi, a été victime d'un viol mercredi. Le suspect qui a été appréhendé dans cette affaire, un dénommé Vishal Lekha, 29 ans, de Quatre-Bornes, échangeait des textos avec elle depuis un certain temps déjà. Le 19 mars dernier, il l'a appelé pour lui donner rendez-vous à la gare Jan Palach à Curepipe, à 10h, le mardi 23. Elle accepta de se rendre au rendez-vous convenu. Ce jour-là, Vishal était exact au rendez-vous. A Curepipe, il lui demanda de prendre place à bord d'une voiture, qu'il conduisit jusqu'à Flic-en-Flac. A cet endroit, il lui fit savoir qu'il avait loué un bungalow. C'est à l'intérieur de celui-ci qu'il aurait abusé d'elle.

Le dénommé Vishal devait ensuite la déposer à Quatre-Bornes, et là, elle se rendit à Flacq par autobus, via Curepipe. C'est à l'arrêt d'autobus de Flacq, dans la soirée du 23, que la police la découvrit, prostrée, aux alentours de 21h. C'est là qu'elle fit le récit de ce qui lui était arrivé.


Haut vol ou haute voltige

Où sont passés les Rs 22 millions de la poste?

La Central Criminal Investigation Division (CCID) enquête sur l'étrange disparition d'une somme de Rs 22 millions, en devises étrangères, entre Maurice et Singapour. Cet argent avait été acheminé par la firme Brinks Mauritius à l'aéroport de Plaisance mardi. Or, quand le colis renfermant l'argent est arrivé à la United Overseas Bank (UOB) de Singapour, les responsables de cette banque ont eu le choc de leur vie en découvrant que le colis ne refermait que des jeux de cartes et du papier blanc pour imprimante. C'est l'équipe du surintendant Heman Jangi, de la CCID qui est chargée de cette enquête. Il est à noter qu'une autre enquête continue toujours en ce qu'il s'agit d'une centaine de faux billets de Rs 500, retrouvés dans le circuit monétaire de la Mauritius Post en mai de l'année dernière.

A ce stade de l'enquête policière, l'on se montre avare de commentaires du côté des Casernes centrales, dans la mesure que cette histoire a de quoi donner le tournis. Les Rs 22 millions, en euros, livres britanniques et dollars américains, allaient être placés en banque à Singapour. Selon la procédure, c'est la firme Brinks Mauritius qui était chargé du transfert de cet argent, de Port-Louis à l'aéroport de Plaisance. Le colis a été placé sous scellés de plomb et remis à des employés de la MPCB en poste à l'aéroport et à un responsable de Air Mauritius Cargo. A priori, rien d'anormal ne s'est produit lors du transfert du colis de Port-Louis à Plaisance.

La CCID travaille en étroite collaboration avec les autorités policières de Singapour sur cette affaire. Selon les premières indications en provenance de Singapour, la supercherie aurait eu lieu à Maurice même. Durant cette semaine, les limiers de la CCID travailleront d'arrache-pied sur les enregistrements des caméras de surveillance de l'aéroport, afin d'essayer d'y voir plus clair dans cette affaire des plus troubles. Cette histoire n'est pas sans rappeler celle qui avait secoué la poste dans le courant de l'année dernière. En effet, une centaine de fausses coupures de Rs 500 avaient été retrouvés dans le circuit monétaire de la poste, notamment en ce qu'il s'agit du paiement de la pension de vieillesse. C'est au moment du comptage des billets que les faux avaient été découverts. Cette enquête, avons-nous appris, est toujours en cours.


Brèves

Gare Victoria: Une bagarre au sabre fait deux blessés

Une violente altercation, entre deux marchands ambulants, parentés de surcroît, a fait deux blessés, à la Gare Victoria hier. Selon les indications recueillies sur place par Week-End, ce serait une rivalité entre les deux parents, concernant leur aires respectives de "travail", qui aurait poussé l'un à prendre un sabre et tenter d'en asséner des coups à son rival. Ce dernier, de même qu'un membre du public qui passait par là, ont été blessés. Quant au forcené, il a été appréhendé par la police et écroué. Il doit comparaître en cour de District de Port-Louis lundi.

A Pailles: un camion percute trois pylônes

Un camion, dont le chauffeur a perdu le contrôle, a violemment heurté trois pylônes électriques à la hauteur de Pailles, en direction de Port-Louis. Le camion a fini sa course sur le bas-côté de la route. Fort heureusement, cet accident n'a occasionné aucune perte de vie humaine, ni n'a causé de blessé grave.

Brûlé vif, il meurt trois mois plus tard

Ajam Darbarry, 49 ans, est décédé trois mois après avoir été brûlé vif. Le 10 décembre dernier, son fils Faizal, 26 ans, l'aurait ligoté à son lit, dans la maison familiale à Bon-Accueil, avant de l'asperger de thinner et de mettre le feu. Admis à la Burns Unit de l'hôpital Victoria, Ajam est décédé mercredi des suites d'une septicémie. Arrêté, le fils affirme avoir été provoqué. Il nie l'avoir ligoté et l'avoir aspergé de thinner. Dans sa version des faits, il soutient que ce serait lors d'un bras-le-corps avec son père que le thinner lui serait tombé dessus. Faizal Darbarry, qui avait été arrêté, puis libéré sous caution en marge de cette affaire, est cette fois, sous le coup d'une inculpation provisoire pour Murder.


Madagascar

34 blessés lors d'une manif pro-Ravalomanana hier

Une manifestation pro-Marc Ravalomanana, la sixième en autant de jours, a fait 34 blessés hier. Ce bilan est celui annoncé par Reuters hier soir, de même que l'Agence France Presse (AFP), qui précisait que deux des blessés l'avaient été par balles. De son côté, la Matv, chaîne locale, faisait état d'un bilan de trois morts et d'une trentaine de blessés parmi les manifestants.

Ils étaient des milliers de supporters du président en exil, Marc Ravalomanana, à s'être massés hier, à Ambohijatovo, mais aussi à Antsirabe, en vue de soutenir vocalement celui qui, aux dernières nouvelles, aurait quitté le Swaziland, le pays où il était réapparu dans le courant de la semaine. Pour le sixième jour de suite, les manifestants ont bruyamment scandé des slogans hostiles à Andry Rajoelina. Hier encore, comme jeudi et vendredi, les manifestants, qui s'étaient ensuite massés en grand nombre à la Place du 13-Mai, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène, mais aussi par des coups de feu tirés par l'armée. Selon certains, les coups de feu avaient été tirés en l'air, mais pour d'autres, certains soldats ont tiré sur la foule.

L'hôpital Ravoahangy Andrianavalona a officiellement recensé, à hier soir, 34 blessés, dont deux adolescents âgés de 12 et de 14 ans.

Alors que beaucoup s'attendaient à une accalmie avec la prise du pouvoir par Andry TGV, tel n'est pas le cas sur le terrain. Depuis le début du bras de fer politique entre Marc Ravalomanana et son opposant Andry Rajoelina, on a officiellement dénombré 135 morts.

Vendredi, Andry Rajoelina avait déclaré à la presse qu'il tiendrait des pourparlers en vue d'une réconciliation et qu'il était disposé à tenir des élections libres et démocratiques d'ici un an. Il a, dans la foulée, annoncé des baisses de prix de l'huile de cuisine, du riz, du pain et de l'essence. Répondant à Rajoelina du Swaziland, Marc Ravalomanana avait rétorqué qu'il ne prendra part qu'au dialogue de réconciliation seulement s'il était toujours reconnu comme président.

A Madagascar hier, on annonçait également le limogeage imminent de pas moins de cinq ambassadeurs, tous proches de Marc Ravalomanana.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009