é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009



  Perspectives économiques - Emploi : un "Wake-Up Call" perturbateur !
  Bilan financier se terminant à décembre 2008 - Bank One parle de "revirement réussi" de l'état des finances de l'ex-First City Bank
  Face à la crise - Les petits hôtelliers craignent une 'cut throat competition'
  47e Assemblée générale annuelle de la MEF - Jean-François Chaumière: "Le licenciement ne doit être considéré qu'en dernier recours"
  "Job Fair" de samedi dernier - Quelque 700 emplois créés grâce à l'initiative de BPML


Perspectives économiques

Emploi : un "Wake-Up Call" perturbateur !

Le spectre des licenciements hante de plus en plus le débat économique sur le plan national. Si de leur côté, les syndicats continuent à mobiliser leurs membres contre les risques accrus représentés par des dispositions de l'Employment Rights Act promulgué dans un contexte de grave crise économique sur le plan international, des divergences de vue se font voir dans les analyses du phénomène de licenciements à caractère économique des différentes institutions, notamment à la Bank of Mauritius Tower et à l'Hôtel du gouvernement. De son côté, la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui regroupe l'ensemble des opérateurs économiques du pays, tout en adoptant la position que des licenciements dans un contexte de crise sont inévitables, maintient que le gouvernement ne devrait nullement réserver l'Additional Stimulus Package de Rs 10,4 milliards à la préservation de l'emploi coûte que coûte. Avec la dernière réunion du comité de pilotage de l'Additional Stimulus Package, jeudi dernier, confirmation a été obtenue que cinq entreprises de la zone franche ont sollicité une injection financière de Rs 100 millions pour éviter la banqueroute dans les mois à venir. Dans le secteur du tourisme, le mot d'ordre demeure que "there will be no lay-offs without prior consultations with the government and a plan for retraining".

Les derniers commentaires au sujet de la situation de l'emploi de la Banque de Maurice dans le cadre des délibérations du Monetary Policy Committee de jeudi dernier ont constitué une véritable douche froide pour le gouvernement dans sa tentative de jeter les bases d'un "Feel-Good Factor" furtif. Presque simultanément, le Conseil des ministres, dont la réunion a été tenue plus tôt en raison de la fête Ougadi, prenait note des dernières données du Bureau central des statistiques (BCS) sur la baisse du taux de chômage intervenu à la fin de l'année dernière.

Avec le taux de chômage se retrouvant à 7,2% contre 8,5% en 2007, le gouvernement s'est félicité de ce développement de manière ostentatoire en rappelant l'évolution du chômage depuis les 6,5% de 2000, avec la pointe de 9,6% de 2005, et la tendance baissière de ces dernières années. Mais ces efforts devraient tomber à l'eau car après une analyse des perspectives dans le secteur de l'habillement et du tourisme en 2009, la Banque de Maurice est parvenue à la conclusion que "the outlook for employment has worsened in view of the factors outlined, in spite of a reduction in the unemployment rate to 7,2 per cent in the preceding year". Une prise de position difficilement réconciliable avec la ligne de l'Hôtel du gouvernement.

La Banque de Maurice prévoit que les secteurs des exportations et du tourisme, les deux principaux moteurs de la croissance économique, subiront de plein fouet la crise économique internationale dans les mois à venir. "The textile and tourism sectors are expected to contract in 2009. Mauritian exports will suffer a decline as our major markets, Europe and United States, have moved into recession for several quarters already", ajoute la Banque de Maurice, qui confirme que le tourisme subit un net ralentissement compte tenu d'une réduction dans le taux d'occupation et du nombre d'arrivées. "Visibility in the export-oriented sectors for the months ahead also remains poor. As a result of these factors, the risks to growth are on the downside", note le Monetary Policy Committee, qui enchaîne avec les répercussions sur le taux de chômage.

La performance des "Export-Oriented Enterprises" en 2008 est en nette décélération avec une baisse de 7,7% dans les recettes brutes d'exportation, soit Rs 2,9 milliards de moins comparativement à 2007. La valeur des exportations pour les quatre trimestres de l'année dernière a été inférieure à celle de l'année précédente, aucune d'elle ne dépassant la barre des Rs 10 milliards enregistrée lors du deuxième trimestre de 2007.

La principale composante des exportations reste le textile : des rentrées de devises de Rs 21,9 milliards en 2008 contre Rs 24,5 Md en 2007. La baisse dans les exportations est plus marquante sur les Etats-Unis au vu d'une chute de 17,8%. Les deux autres principaux marchés d'exportation affichent également le rouge si l'on tient compte d'une réduction de 4,5% en France et de 3,7% en Grande-Bretagne.

La conséquence de cette contraction dans le secteur des exportations se fait sentir au niveau des emplois : une réduction brute de 10 134 postes, dont 7 124 avec des compressions du personnel dans des unités existantes et 3 101 avec la fermeture de 35 usines en 2008. Les effets de dégraissage du personnel sont davantage plus visibles au niveau du "Wearing Apparel Group", soit 3 733 emplois perdus en une année. En contrepartie, un peu plus de 5 000 postes ont été créés en 2008, ramenant la perte nette d'emplois à 5 000 dans ce secteur.

Avec le premier trimestre de 2009, qui tire à sa fin, le comité de pilotage de l'Additional Stimulus Package de Rs 10,4 milliards se retrouve avec au moins cinq dossiers urgents soumis par des entreprises sollicitant un "Bailing Out" du gouvernement. Les recoupements d'informations que Week-End a effectués indiquent que ces unités admises à la "Sick Unit" des Finances auront besoin d'injection de fonds publics pour un montant de Rs 100 millions. Compte tenu du principe que la participation financière sous l'Additional Stimulus Package représente 50% des besoins financiers, le sauvetage de ces cinq entreprises de la banqueroute et la préservation de ces emplois constitue un effort à court terme de plus de Rs 200 millions des différents "Stakeholders".

Dans le cas le plus conséquent, la participation à partir du Stimulus Package se chiffre à un peu moins de Rs 50 millions, soit un montant nettement inférieur des Rs 200 millions engagées pour le premier sauvetage de 1 700 emplois. Les négociations entre les différentes parties ont déjà atteint un stade avancé que la State Investment Corporation (SIC) a déjà initié des procédures pour l'octroi d'une garantie bancaire au nom de cette compagnie engagée dans le textile vu l'urgence de la situation.

Les propriétaires de cette usine bien connue sur place pour la qualité de ses produits ont également pris la décision de procéder à la réalisation d'une partie de leurs propriétés immobilières dans le cadre de cette restructuration. Les formalités pour la vente de bâtiments industriels ne sont pas encore bouclées et les fonds levés lors de cette opération serviront au financement des garanties bancaires, au remboursement des emprunts déjà contractés ou encore nécessaires à l'avenir.

Une autre "Request for Financial Support" de Rs 30 millions est actuellement à l'étude dans le cadre de l'"Additional Stimulus Package" en vue de permettre à cette unité industrielle de poursuivre ses opérations pour les trois mois à venir "as a going concern". La difficulté majeure dans ce cas précis où l'un des promoteurs n'est autre qu'un parlementaire de la majorité demeure que l'une des institutions financières étrangères impliquées a déjà pris la décision de nommer un Interim Manager pour la gestion des opérations jusqu'à l'arrivée d'un nouveau repreneur.

Dans le troisième cas conséquent de "Bailing Out", soit pour un montant de Rs 20 millions du Mauritius Transitional Support to the Private Sector (MTSP), un rapport d'experts était attendu en fin de semaine dernière en vue de poursuivre les discussions avec les autres parties prenantes, dont des banques commerciales. Une décision devra intervenir au cours de la troisième semaine du mois d'avril prochain après consensus sur les conditions.

Dans les deux autres cas, les demandes portent sur des sommes de Rs 5 millions chacune pour le sauvetage, avec des difficultés à prévoir au niveau des banques dans un dossier. Dans l'autre cas, les opérateurs sont en discussions avec les banques commerciales et un consultant pour effectuer un audit complet avant toute décision sur le financement.

Dans les milieux autorisés à l'Hôtel du gouvernement, l'on affirmait en fin de semaine que le ministère des Finances devrait envisager une nouvelle enveloppe financière pour assurer le fonctionnement du "Mechanism to Support Private Sector" face à la récession internationale. Cette démarche s'inscrit dans la perspective d'une détérioration de la situation sur les principaux marchés d'exportations au vu d'une demande réduite pour les exportations mauriciennes, soit le "Doomsday Scenario" évoqué par le président sortant de la Chambre de Commerce et d'Industrie, Ahmed Parkar.

Le dossier délicat de "Shorter Week of Work", soit la semaine de travail de trois jours, est revenu à la surface lors des discussions en fin de semaine au niveau du comité de pilotage du mini-budget de Rs 10,4 milliards. Des représentants des employeurs dans des secteurs touchés par la crise économique préconisent une réduction de la semaine de travail en guise de palliatif aux licenciements.

Même si la nouvelle législation régissant le monde du Travail et des Relations industrielles ouvre la voie à cette éventualité, des consultations de haut niveau ont été enclenchées par le ministère du Travail et des Relations industrielles compte tenu du potentiel de "risques de dérapage social". La formule, qui paraît la plus présentable, pourrait être une "Shorter Week Coupled With Training". Néanmoins, aucune décision officielle n'a été annoncée en raison du caractère confidentiel des échanges au ministère du Travail sur le "Wake-Up Call" pour l'emploi....


Tourisme - Le contrat social brandi face aux licenciements

Dans le contexte du ralentissement dans l'industrie du tourisme, le concept du contrat social est mis en avant pour prévenir les licenciements d'employés "below managerial ranks". Le problème pourrait se poser davantage dans des établissements hôteliers employant moins de 25 personnes. C'est ce qui découle d'une des dernières analyses de la situation pour les prochains mois.

Mais le mot d'ordre dans ce secteur économique est que "there will be no lay-offs without prior consultations with the government and a plan for retraining". De ce fait, les membres siégeant sur l'Employment Protection Sub-Committee du comité de pilotage de l'Additional Stimulus Package mettent actuellement la dernière main aux "Detailed Proposals on a Training Programme to avoid lay-offs". A ce stade, très peu de détails sont disponibles sur ce programme en vue de limiter les licenciements dans ce secteur.

D'autre part, lors de la réunion du comité conjoint gouvernement/secteur privé sur l'Additional Stimulus Package, les représentants de la Mauritius Tourism Promotion Authority et ceux de l'Association des hôtels et restaurants de l'île Maurice (AHRIM) ne partagent pas le même avis quant à la performance du secteur pour 2009.

La MTPA, dont les responsables ont animé ces dernières semaines une série de tournées promotionnelles à l'étranger, est d'avis que l'industrie touristique pourrait enregistrer une baisse de 10%, soit sensiblement la moyenne de baisse des recettes enregistrées pour la période de juillet 2008 à janvier 2009. Cette analyse est remise en question par l'AHRIM.

Les représentants de l'AHRIM sont davantage plus pessimistes que la MTPA et avancent que la réduction dans les activités de l'industrie touristique pourrait se retrouver dans les limites des 20%. "Il faut tenir compte non seulement du taux de ralentissement dans les arrivées touristiques mais également des concessions sur les tarifs proposés à la clientèle pour maintenir le chiffre d'affaires ", ajoute-t-on dans les milieux concernés. D'autre part, ils soulignent que pour le seul mois de janvier dernier, la baisse dans les recettes touristiques s'est élevée à 18,9%. Mais ceux qui préfèrent la position de "Sitting on the Fence" dans la conjoncture préfèrent avancer qu'il faudra attendre juin prochain pour obtenir une meilleure visibilité dans ce secteur.

Par ailleurs, les compagnies engagées dans l'industrie touristique faisant face à des problèmes financiers, l'Additional Stimulus Package prévoit une injection de Rs 500 millions dans le cadre d'un "Sale and Lease Back Mechanism". A cet effet, le gouvernement envisage d'instituer un "Special Purpose Vehicle" pour faire acquisition de ces avoirs permettant aux compagnies de lever les fonds nécessaires, avec la possibilité de rachat de ces avoirs dans des périodes économiques plus fastes.


Campagne de promotion

Beachcomber veut consolider sa présence en Allemagne

La présence du groupe hôtelier Beachcomber au salon ITB Berlin du 11 au 15 mars dernier en Allemagne avait un objectif du groupe : consolider sa présence sur l'Allemagne, qui est un de ses marchés prioritaires. L'ITB Berlin est considéré comme le salon leader du tourisme mondial, regroupant chaque année quelque 180 pays et régions, avec plus de 10 000 exposants représentant tous les maillons de la chaîne de cette industrie.

La participation au salon ITB Berlin est considérée comme un Must dans l'industrie du tourisme et malgré la crise économique internationale, la présente édition a battu son record de fréquentation avec plusieurs nouveaux exposants voulant se faire une place au soleil d'un tourisme mondial.

Comme pour les années précédentes, Beachcomber disposait de son propre stand au salon berlinois. Pour le groupe hôtelier, ITB Berlin a été l'occasion de faire un point à "mi-parcours" sur la saison 2008/2009, de procéder à une évaluation de ses parts de marché par rapport à la concurrence sur les mois à venir, de présenter sa nouvelle grille tarifaire et ses nouvelles offres professionnelles tout en tâtant le pouls de la clientèle allemande.

L'Allemagne constitue un des principaux marchés des hôtels Beachcomber. " L'Allemagne représente 6,7% des arrivées touristiques de la destination Maurice, mais 11% des arrivées pour les hôtels Beachcomber à Maurice. C'est pour nous un marché prioritaire ! ", indique Mikaël Le Luron, Marketing Manager du groupe Beachcomber. La présence des hôtels Beachcomber au salon revêtait donc cette année une importance particulière.

En dépit des difficultés conjoncturelles, l'Allemagne reste le quatrième marché touristique de la destination mauricienne après la France, la Grande-Bretagne, et l'Italie. Les arrivées de ce pays ont cependant accusé une baisse l'an dernier, passant à 61 484, contre 65 165 en 2007.


Bilan financier se terminant à décembre 2008

Bank One parle de "revirement réussi" de l'état des finances de l'ex-First City Bank

Présentant à la presse, mardi, le premier bilan financier de Bank One pour les 18 mois se terminant à décembre 2008, la direction de cette institution bancaire parle de "revirement réussi" de l'état des finances de l'ex-First City Bank. Les pertes opératoires ont commencé à diminuer progressivement depuis mars de l'année dernière et la banque rachetée conjointement par CIEL Investment Ltd et I&M Bank du Kenya en février 2008 a renoué avec une situation de profitabilité depuis décembre dernier. "Cela nous permet d'envisager l'avenir avec une très grande confiance", déclare le Chief Executive Officer (CEO) de Bank One, M. Raj Dossoye. Il prévoit "une bonne croissance" pour l'année en cours même s'il reconnait que, globalement, 2009 s'annonce comme une année "difficile".

Sur les Rs 120 millions de pertes accumulées sur 18 mois, seules des pertes de Rs 5 millions correspondent aux mois de post-acquisition par les nouveaux actionnaires. Après 10 mois d'opération suivant le rachat le 22 février 2008, l'ex-First City Bank renoue avec une situation de protitabilité. Ce "revirement réussi", la direction de Bank One l'explique par divers facteurs: l'entrée en scène d'une équipe de "jeunes gestionnaires talentueux"; le règlement de la question salariale en suspens; l'exercice de "re-branding" de l'institution en vue d'une nouvelle image et le lancement de nouveaux départements dont ceux d'International Banking et de Private Banking. La direction dit s'est aussi appuyé sur la bonne base de dépôts de la banque ainsi que sur son réseau bien déployé de succursales et son système informatique fiable.

Le bilan laisse entrevoir, notamment, une croissance de Rs 2.9 milliards à l'item "loans & advances"; la récupération de Rs 150 millions de mauvais débiteurs; l'accroissement du nombre de clients par au moins 10%; la croissance de l'actif global de la banque par plus de 55%, passant de Rs 4.4 milliards en février 2008 à Rs 6.8 milliards en décembre 2008 et l'augmentation des dépôts par Rs 2 milliards. En terme de projets pour 2009, après la mise en opération du service de transfert rapide d'argent (Moneygram), de la mise en exécution des opérations de crédit-bail et de la distribution d'assurances, Bank One projette en juillet le lancement de l'Internet Banking, de nouvelles cartes de crédit et de nouveaux comptes d'épargne s'inspirant de son compte Emma destiné aux femmes. Le mois d'octobre verra la mise sur pied du Wealth Management Service en collaboration avec des gestionnaires de fonds.

Ainsi, même s'il reconnaît qu'avec la récession globale, 2009 s'annonce une année "très difficile", M. Raj Dussoye qui présentait le bilan financier de Bank One à la presse en compagnie, notamment, de MM. Roger Leung et Thierry Hugnin, membres du Conseil d'administration de la banque prévoit une "bonne croissance" pour l'année en cours en se basant sur la performance financière de l'institution bancaire ces derniers mois, notamment, depuis décembre 2008 quand elle a renoué avec une situation de profitabilité. "Cela nous permet d'envisager l'avenir avec une grande confiance", dit-il.


Face à la crise

Les petits hôtelliers craignent une 'cut throat competition'

"Avec -3,8 % en termes de taux d'arrivées touristiques en janvier 2009, les chiffres sont positifs pour le pays". Propos du vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, qui s'exprimait jeudi dernier, au lancement du projet Improving Sustainability of Small & Medium Hotels through Forward Maketing & Improved Backward Integration with local Communities, par l'Association des Hôtels de Charme (AHC). En comparaison avec nos compétiteurs (- 12 % aux Seychelles et - 4,8 % aux Maldives), Maurice, quoiqu'avec un taux négatif, se positionne plus ou moins bien, soutient Xavier Duval. Selon lui, ce dynamisme insuflé à l'industrie touristique résulte de l'apport des croisièristes en janvier dernier. Le ministre a profité de l'occasion pour "rappeler aux opérateurs présents qu'en ces temps difficiles, il est primordial de rester près de la clientèle". Mais les petits hôteliers membres de l'AHC, craignent, eux, une "cut throat competition".

En comparaison avec nos compétiteurs, l'industrie touristique mauricienne se débrouille bien, estime le ministre de tutelle. Xavier Duval confie que les campagnes marketing de son ministère et de la MTPA, en collaboration avec les opérateurs du secteur, sans compter les différentes initiatives enclenchées à différents niveaux, contribuent à booster l'industrie et à la positionner sur tous les marchés. "Face à la situation économique et à nos compétiteurs, nous devons tous travailler ensemble pour la promotion de l'image de marque de Maurice", estime le ministre. Conscient que l'ensemble de l'image de Maurice est vendu à différents prix, selon les prérogatives des opérateurs, Xavier Duval insiste sur l'image de marque de Maurice qui doit néanmoins demeurée la même. "Pour vanter une Mercedes, il existe le choix entre les différentes séries. Mais la marque reste la même, la référence demeure la Mercedes. L'image de Maurice c'est pareil. Nous avons d'un côté les grands hôtels, les moyens hôtels et de l'autre les petits hôteliers. Les prix varient, mais l'image de qualité demeure toujours celle de notre île", explique le ministre. D'où son appel aux membres de l'AHC, de rester près de la clientèle. La participation des petits hôteliers est aussi nécessaire dans les différentes campagnes de promotion organisées par les autorités, dit-il.

Un appel qui n'est pas tombé dans l'oreille des sourds. Le Président de l'AHC, Bissoon Mungroo, a profité de son allocution pour demander au ministre du Tourisme de considérer la demande de l'association d'obtenir un budget spécifique de la MTPA, pour effectuer le marketing. Bissoon Mungroo a également souhaité que Xavier Duval agisse comme porte-parole de cette association - qui regroupe une quarantaine de membres (y compris Rodrigues) -auprès du ministre des Finances. L'objectif est de réclamer au Grand Argentier de considérer, lors du prochain exercice budgétaire, une baisse de la TVA, si ce n'est son abolition sur une année. "Nous passons par des moments difficiles. Une baisse de la TVA sera plus que bénéfique pour nous tous", a indiqué le président de l'AHC. Selon Bissoon Mungroo, "si la situation actuelle dans les petits hôtels de l'association n'est pas mauvaise, les membres craignent une 'cut throat competition'". Cet opérateur soutient que suivant la situation économique difficile, plusieurs grands hôtels bradent le prix de leurs chambres. "Là où les chambres se vendent généralement à Rs 7 000, les opérateurs font des promotions ramenant leurs prix à Rs 2 500. Prix auquel, nous, petits opérateurs, nous opérons généralement. Si cela continue, nous n'allons plus pouvoir travailler", explique le président de l'AHC. Il confie par ailleurs que l'association compte sur le lancement du projet Improving Sustainability of Small & Medium Hotels through Forward Maketing & Improved Backward Integration with local Communities, financé par le Decentralised Cooperation Programme de l'Union Européenne, pour mieux se positionner dans le secteur. À travers ce projet, qui bénéficie de l'expertise d'EMS Consulting, l'AHC envisage un plan stratégique de responsabilité sociale, un programme de marketing agressif en vue d'une meilleure visibilité sur le marché, la promotion des informal businesses, ainsi que d'autres projets de développement durable. Un annuaire des petits hôtels sera également créé. Bissoon Mungroo confie également que l'association compte mettre en place un Central Booking System, afin de réunnir tous ses membres sur une même plate-forme, en vue d'assurer la pratique d'un même prix compétitif pour le secteur. D'ailleurs, pour mieux gérer les opérations, l'association dispose désormais d'un bureau au St James Court, dont l'inauguration a été faite, jeudi dernier, par le ministre du Tourisme.


47e Assemblée générale annuelle de la MEF

Jean-François Chaumière: "Le licenciement ne doit être considéré qu'en dernier recours"

"Le poids de la crise économique doit être équitablement partagé par tous et le licenciement de travailleurs ne doit être considéré qu'en dernier recours", a estimé, mercredi, le ministre du Travail, des Relations industrielles et de l'Emploi, Jean-François Chaumière. Il intervenait à la 47e Assemblée générale annuelle de la Mauritius Employers' Federation (MEF).

Le ministre rappelle que, comme l'a souligné le Bureau international du travail (BIT), ce qui, au départ, était une crise des marchés financiers a vite fait de devenir une crise globale de l'emploi. "Nous apprenons, presque chaque jour, des nouvelles choquantes de licenciements en masse dans des pays à travers le monde". Tous sont concernés, souligne le ministre; des Etats-Unis à la Chine en passant par les pays européens ou le Japon.

Jean-François Chaumière indique qu'au train où vont les choses, le BIT estime que le taux de chômage global en 2009 augmentera, dans le meilleur des cas, de 6,1% par rapport aux chiffres de 2007. Ce qui, dit-il, équivaudra à 18 millions de chômeurs de plus et un total de 198 millions de sans-emploi à travers le monde. M. Chaumière indique que les effets de la récession mondiale nous affectent déjà, parlant des répercussions dans différents secteurs de l'économie dont le tourisme et l'industrie.

Le ministre du Travail souligne que, dans ce contexte, notre principal défi consiste non seulement à atteindre nos objectifs de création d'emplois mais, plus important encore, à protéger les emplois existants. Aussi estime-t-il que les entreprises qui prennent avantage du "Stimulus Package" de Rs 10,4 milliards présenté par le gouvernement doivent, en retour, s'engager à se restructurer, être plus efficient, à maintenir l'emploi et diminuer les coûts d'opération.

"Le gouvernement s'attend à ce qu'une partie des gains en efficience découlant du Stimulus Package soit passée à la population", déclare M.Chaumière. Pour lui, le poids de la crise économique doit être équitablement réparti sur tout un chacun. Il en appelle à la MEF pour qu'elle s'assure que les entreprises en difficulté n'envisagent le licenciement de leurs employés qu'en tout dernier ressort.

Pour M. Chaumière, les efforts nécessaires doivent être faits en vue de protéger l'emploi "particulièrement compte tenu de la perception à l'effet qu'il y aurait abus par certaines entreprises en matière de licenciements". Le ministre a aussi indiqué le fait que pas moins de 16 800 plaintes ont été enregistrées l'an dernier auprès du ministère, notamment, au sujet de non-respect par des entreprises de la législation du Travail.

Au total, Rs 54,7 millions ont été payées à des salariés, à savoir Rs 36,7 millions au terme d'efforts de médiation et de conciliation et Rs 18 M à travers la Cour industrielle. D'autre part, le ministre a invité l'ensemble des entreprises à bien saisir les implications des nouvelles lois du Travail.

Notons que Anwar Joonas a été réélu président de la MEF au terme de cette 47e Assemblée générale annuelle.


Ahmed Parkar (président sortant de la CCI) : "En période de crise, l'on ne peut sauver des emplois à tout prix"

"En période de crise économique, des entreprises réduisent leur personnel et d'autres ferment leurs portes. L'on ne peut, en une telle période, se permettre le luxe de sauver des emplois à tout prix". Tels sont les propos que le président sortant de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI), Ahmed Parkar, a tenus, mardi, lors de la 160e Assemblée générale annuelle de la Chambre.

L'intervenant explique qu'il est parfaitement légitime pour tout gouvernement responsable de promouvoir l'emploi et de combattre le chômage ; mais faire de la préservation de l'emploi l'objectif principal de l'Additional Stimulus Package et le pilier central de la lutte contre la crise économique c'est, selon Ahmed Parkar, "envoyer de mauvais signaux au pays".

"L'objectif raisonnable devrait être de sauver des entreprises viables capables de continuer à employer des gens sur le moyen terme", dit-il. Et de poursuivre : "En période de crise économique, certaines entreprises doivent réduire leur personnel tandis que d'autres doivent fermer leurs portes. Des emplois sont sacrifiés".

Aussi, pour M. Parkar, le gouvernement devrait mettre l'accent sur l'assistance aux entreprises viables et faciliter la fermeture et le redéploiement des effectifs d'entreprises qui n'ont pas d'avenir. "Lançons les bons signaux à la communauté des affaires, aux travailleurs et à la population en général", argue le président sortant de la CCI.


"Job Fair" de samedi dernier

Quelque 700 emplois créés grâce à l'initiative de BPML

Ils étaient nombreux à s'être déplacés samedi dernier, à Ebène, à la Cyber Tour 1, pour la deuxième édition du "Job Fair". Cet événement avait pour principal objectif de favoriser l'interaction entre des employeurs et ceux à la recherche d'un emploi. Selon les indications qui nous sont parvenues, quelque 700 emplois ont été générés grâce à cette manifestation.

"Il y a souvent des mismatch entre les employeurs et les demandeurs d'emploi", affirme Dharam Naugah, Executive Chairman du Business Parks of Mauritius Ltd (BPML). En effet, des demandeurs d'emploi ne correspondent pas nécessairement au profil recherché par des entreprises. Néanmoins, qui dit emploi dit aussi formation. D'où la présence de prestataires dans ce contexte.

En vue de guider les "school-leavers" entre autres motifs, Dharam Naugah a jugé bon de tenir le deuxième salon des métiers. Le "Job Fair" a réuni sous un seul toit, des clients du secteur Business Process Outsourcing (BPO), des Call Centres et de la Technologie de l'Information et de la Communication (TIC). La satisfaction est de mise parmi "les concepteurs, les promoteurs aussi bien que les prestataires chargés du recrutement et de la formation", poursuit notre interlocuteur.

L'Executive Chairman de BPML souligne également que le salon des métiers a été un "franc succès" vu le nombre de visiteurs, estimé à plus de 4 000. Par ailleurs, d'après M. Naugah, les prestataires engagés dans le secteur BPO "souhaitent réduire leurs coûts d'opération et de production, et Maurice en tant qu'île durable est une destination très prisée en termes d'investissement".



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009