a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009



  Après Rose-Hill… - Le mouvement syndical réunit des milliers de manifestants à Port-Louis
  "Hedging Saga" - Prêt de Rs 750 M du NPF à Air Mauritius
  Cette semaine - Signature de l'accord Gamma-Covanta/CEB
  En détention depuis le 24 novembre - Les six réfugiés irakiens libérés sous conditions, jeudi
  La Commission Justice et Paix commente le Workfare Programme - "Des objections formulées contre le prélèvement obligatoire de 1% sont parfaitement pertinentes"
  Transport en commun - La CNT littéralement en cessation de paiements


Après Rose-Hill…

Le mouvement syndical réunit des milliers de manifestants à Port-Louis

Pour la troisième fois - en un mois - le mouvement syndical local a donné, hier à Port-Louis, la démonstration d'une vigueur et d'une unité retrouvées, semblant indiquer qu'un nouveau rapport de forces est en train de s'établir dans le pays entre les partenaires sociaux. A l'appel du mouvement, malgré un soleil de plomb et la chaleur torride qui régnaient sur la capitale, ils ont été plusieurs milliers de manifestants à défiler, durant plus de trois heures, du Champ de Mars jusqu'au Jardin de la Compagnie en scandant des slogans contre la politique économique du gouvernement de l'Alliance sociale. Ils ont réclamé l'abrogation des deux nouvelles lois du travail, notamment l'Employment Rights Act et l'Employment Relations Act.

Selon les manifestants, ces deux lois et les mesures économiques du gouvernement - dont la déduction de 1% des salaires pour financer le plan licenciement du patronat privé - ne profitent "qu'aux capitalistes". Les manifestants, parmi un très grand nombre d'ouvrières d'usines, se sont heurtés verbalement à la police, soutenue par quelques éléments de la Special Supporting Unit (SSU), devant la mairie de Port-Louis qui les ont empêchés de s'approcher de l'Hôtel du gouvernement.

Les manifestants se sont dispersés dans le calme en se donnant rendez-vous pour le vendredi 24 avril prochain pour une nouvelle démonstration qui, cette fois-ci, sera connue comme "La marche du peuple". Le mouvement syndical a effectivement annoncé son intention de brasser encore plus large et de faire descendre dans la rue ce jour-là tant des mécontents et laissés-pour-compte de la politique économique du gouvernement que les déçus des partis de l'Opposition parlementaire.

Tout observateur tant soit peu honnête serait bien obligé de reconnaître qu'il y a ces jours-ci, une prise de conscience des salariés à tout le moins dans l'utilité de se regrouper derrière leurs syndicats respectifs. On était, hier, vraiment loin de ces manifestations syndicales clairsemées qui, jusqu'à tout récemment encore réunissaient souvent beaucoup plus de dirigeants eux-mêmes que de participants. La démonstration des syndicats, hier, à Port-Louis a, semble-t-il, dépassé les espérances de ses organisateurs eux-mêmes. En effet, malgré deux mobilisations précédentes réussies à Rose-Hill, samedi dernier et le samedi 28 février, il subsistait chez certains leaders syndicaux au moins deux doutes majeurs ; d'abord, en raison de sa tenue un samedi à Port-Louis, ville morte en week-end, ils craignaient que la manifestation ne soit un flop et, ensuite, que la mésentente notoirement publique entre la Confédération des travailleurs du secteur privé (animée par le tandem Reeaz Chuttoo-Jane Ragoo) et la Confédération syndicale de Gauche - Solidarité (menée, entre autres, par Serge Jauffret, Ashok Subron, Vishnu Jugdharry et Atma Shanto) n'influe négativement sur l'événement. D'aucuns pensent qu'un appel à l'unité des directions syndicales, lancé à travers les médias au cours de la semaine par Jack Bizlall, a également eu un impact positif sur le succès d'hier. Ce qui a, d'ailleurs, sans doute motivé le propos de Reeaz Chuttoo dans son discours de clôture au Jardin de la Compagnie dans lequel il a déclaré que "les syndicalistes ont, heureusement, su faire taire leurs querelles personnelles et que, même si des fois on ne supporte pas de se voir en face, on sait s'unir pour défendre les droits des travailleurs". C'est ainsi que, malgré la froideur de leurs relations inter personnelles, on a vu marcher ensemble Jack Bizlall (du Mouvement Premier Mai), Ram Seegobin et Rajni Lallah (du Parti Lalit), Ashok Subron (de Rezistans ek Alternativ), Toolsyraj Benydin (de la Fédération des syndicats du service civil), Atma Shanto (de la FTU), Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, Cassam Kurreeman (président du Mauritius Labour Congress), Faizal Ally Beegun et même - divine surprise - M. Désiré Guildharry, bras droit du très syndicalement décrié M. Yousouf Sooklall de la Mauritius Trade Union Congress (MTUC). Il ne manquait plus, pour compléter le tableau de l'unité syndicale, que M. Fritz Thomas ou un quelconque dirigeant d'un des petits syndicats qui revendiquent encore leur attache au Parti travailliste au pouvoir... Du côté des partis politiques, si le MSM de Pravind Jugnauth était absent (faute d'avoir été invité selon son secrétaire général, Nando Bodha), le Mouvement militant mauricien (MMM), principal parti de l'Opposition parlementaire, s'est fait représenter, assez discrètement, par une petite délégation symbolique composée de son porte-parole sur les affaires de relations industrielles, le député Alan Ganoo, et ses collègues Jean-Claude Barbier, Ajay Gunness.

Jane Ragoo : " Des bandes-annonces ! "

Chaque dirigeant syndical à la manifestation d'hier avait une interprétation personnelle du succès de la mobilisation. Pour Jane Ragoo, "les trois manifestations organisées jusqu'ici ne sont que des bandes-annonces de ce qui attend le gouvernement par rapport à la manifestation qui aura lieu le 24 avril prochain". Pour Reeaz Chuttoo, "c'est le commencement d'une prise de conscience par les travailleurs qui, s'ils ne réagissent pas maintenant, vont se rendre complices d'une politique gouvernementale de soi-disant démocratisation de l'économie mais qui, dans la réalité, est en train de mener tout droit vers la démocratisation de la pauvreté". Selon Reeaz Chuttoo, " les licenciements sont en train d'appauvrir les travailleurs. Personne n'a plus la garantie que son emploi sera préservé ; et, à la longue, tous nous allons devenir encore plus pauvres et la poignée de riches de notre pays deviendra encore plus riches". Toujours selon M.Chuttoo, "déjà l'éducation tertiaire est devenue payante alors qu'elle aurait dû être gratuite. Le gouvernement limite les entrées à l'Université de Maurice et encourage la création d' universités privées contraignant ainsi les jeunes étudiants à s'endetter avec des prêts pour pouvoir y suivre des cours. Dans le domaine de la santé, le gouvernement veut forcer les citoyens à souscrire à une assurance-maladie avec pour résultat que ceux-là, qui ne pourront payer, devront alors se contenter de services gratuits bas de gamme. Il a déjà annoncé que la distribution de l'eau sera privatisée et ce, alors que l'eau est un don de l'humanité et non pas une source de profits pour hommes d'affaires".

Pour le président du Mauritius Labour Congress, Cassam Kurreeman, "il était important que les travailleurs envoient un message fort au gouvernement pour qu'il change de politique économique". Selon lui, "il y a lieu pour les travailleurs de craindre que si le gouvernement persiste dans sa voie actuelle et avec ses lois du travail, leur situation ne devienne encore plus intenable d'autant que le Premier ministre est à la recherche d'une majorité de trois-quart de sièges au Parlement pour modifier la Constitution".

Jack Bizlall : " Continuité dans l'action "

De son côté, Jack Bizlall note "qu'en dépit de quelques absences regrettables sur lesquelles je ne compte pas m'étendre, l'unité syndicale a primé, et la manifestation d'hier s'est insérée dans la continuité des actions populaires déjà enclenchées le 28 février et le 21 mars dernier". Il dit avoir "surtout apprécié que la Confédération syndicale du secteur privé

(initiatrice de la manifestation) n'ait pas tiré les draps vers elle et a impliqué également la Confédération syndicale de Gauche - Solidarité. Cette dernière a, elle, porté le débat encore plus loin que les questions de déduction de salaires de 1% et les lois du travail pour proposer une alternative de lutte politique pour un véritable changement de société".

Jack Bizlall en a profité pour annoncer que la Confédération Syndicale de Gauche - Solidarité "va porter la contestation dans les quatre coins du pays en commençant par Centre de Flacq, mardi 14 avril prochain". Selon Ashok Subron, "le mouvement syndical va ainsi accentuer son action jusqu'à la manifestation du 24 avril à Port-Louis laquelle déterminera, ensuite, la façon dont le mouvement syndical compte bien marquer, cette année, la Fête du Travail".


"Hedging Saga"

Prêt de Rs 750 M du NPF à Air Mauritius

En attendant de pouvoir disposer d'un de ses "Non-Core Assets", soit le Paille-en-Queue Court à Port-Louis pour un montant variant entre Rs 800 millions et Rs 1 milliard, la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, qui entame à compter du 1er avril un nouvel exercice financier, a conclu ses négociations pour un "Bridging Loan" avec le National Pension Fund. Le montant du prêt agréé, qui est de Rs 750 millions, devra alléger dans une grande mesure les problèmes de "Cash Flow" de la compagnie en marge des "Hedging Commitments" d'envergure.

D'autre part, les membres de l'Air Mauritius Staff Association (AMSA), réunis en assemblée générale, hier matin, a rejeté la proposition de la compagnie pour un gel de leurs "Increments" annuels. Dans le cadre des lignes de communications établies par Kishore Beegoo, suite à un mandat du board d'Air Mauritius, une première séance de travail sur le "Rescue Plan" avec les représentants de l'Intersyndicale Air Mauritius, a été fixée pour demain au QG d'Air Mauritius. Néanmoins, la nomination de Raj Ringadoo en tant que Chairman par intérim du conseil d'administration en remplacement de Premila Roy, chef de Cabinet au ministère des Communications extérieures, fait tiquer plus d'un. Ils rappellent que Raj Ringadoo faisait partie du "Risk Management Steering Committee" en août de l'année dernière au même titre que l'ancien Chairman, Sanjay Bhuckory, forcé à prendre la porte de sortie avec le scandale des pertes financières sur le "Hedging".

Des sources autorisées ont confirmé à Week-End en fin de semaine que les discussions engagées par Air Mauritius avec le NPF pour un ballon d'oxygène financier ont été bouclées de manière positive au cours de la semaine écoulée. Le montant du prêt agréé s'élève à Rs 750 millions et les conditions assorties sont celles prévalant dans le circuit bancaire. Le gouvernement a été appelé à fournir des garanties nécessaires au NPF quant aux modalités du remboursement de ce "Bridging Loan".

"Toutes les précautions nécessaires ont été prises concernant ce prêt avancé par le NPF à la compagnie aérienne nationale. Ces fonds représentent les contributions des salariés du pays et il est de la responsabilité de l'Investment Committee que ces derniers obtiennent The Best Value in Town. Les taux d'intérêts en vigueur sur le marché seront appliqués", soulignent ces mêmes milieux. Néanmoins, avec la récente baisse de 100 "Basis Points", soit 1 % du Repo Rate depuis la fin de la semaine écoulée, Air Mauritius pourra profiter d'un ajustement à la baisse des taux d'intérêts bancaires. Très peu d'indications étaient disponibles quant au déroulement de la cérémonie de signature de cet emprunt.

En raison des problèmes de "Cash Flow" découlant des "Hedging Commitments", Air Mauritius, après avoir obtenu l'autorisation du gouvernement, a dû solliciter le NPF pour cet emprunt de "Last Resort". Cette "Bridging Finance" s'est imposée dans la mesure que les démarches pour une injection de "Fresh Capital" de Rs 1,5 milliard, sous forme de souscription à une nouvelle émission d'actions, doivent suivre à la lettre les procédures établies par les autorités boursières.

Le feu vert du conseil d'administration du NPF est intervenu au cours de la même semaine où les appels d'offres pour la vente du Paille-en-Queue Court, une autre composante majeure de la restructuration financière d'Air Mauritius, ont été lancés. Cet exercice de "Sale and Lease Back" de cet immeuble, devrait générer des liquidités dans la fourchette de Rs 800 millions à Rs 1 milliard. Le board d'Air Mauritius souligne que "the objective through this competitive process is to select one or more bidders that provide a financial offer that maximises the proceeds to Air Mauritius Limited from the sale of the assets and preserve the interest of existing tenants".

Les acquéreurs potentiels du Paille-en-Queue Court pourront soumettre leurs cotations jusqu'à la mi-journée du 15 avril prochain. Les ouvertures des offres se dérouleront à partir de 14 heures le même jour dans le "Boardroom" de la compagnie aérienne à Port-Louis en présence de représentants des soumissionnaires. Les cotations doivent être accompagnées d'un Bid Bond d'un montant de Rs 50 millions. Les dossiers de cotations sont accessibles contre le paiement d'un "Non-Refundable Fee" de Rs 25 000.

La vente du Paille-en-Queue Court est constituée de trois composantes, notamment les "Ownership Rights" pour quatre paliers, du 16e au 19e, occupés exclusivement par les services administratifs d'Air Mauritius ; les "Ownership Rights" pour le quatrième palier et les "Ownership Rights" par le truchement de la Mauritius Estate Development Corporation Limited (LEDOR) des neuf autres paliers et de deux "Part Storeys" de l'immeuble.

A ce stade, le gouvernement a déjà signifié son intention d'étudier la possibilité de faire l'acquisition de cet immeuble compte tenu du fait que la grande majorité de l'espace-bureau disponible à la Paille-en-Queue Court est occupée par différents ministères et services publics. Le montant des loyers s'élève à Rs 40 millions annuellement. Le dossier de cette acquisition immobilière a été confié au ministère des Finances.

Les membres de l'AMSA, réunis en assemblée générale ce week-end, sont venus rappeler au Top Management d'Air Mauritius que l'accalmie syndicale de ces derniers temps n'est que de surface. En effet, ils ont rejeté la proposition visant à geler les "Increments" annuels au personnel. "Nous ne sommes pas d'accord à être les seuls à consentir à des sacrifices. Savez-vous que le budget des Increments est de Rs 20 millions annuellement ? Ce montant représente en substance les salaires et Fringe Benefits de l'ancien Chief Executive de la SAA, Andre Viljoen, qui intégrera la compagnie le 1er avril", avancent des membres de l'AMSA, toujours inquiets de l'avenir de leur compagnie.

"Aujourd'hui, nous sommes en droit de nous demander qui est le véritable commandant à bord d'Air Mauritius. Il y a le CEO, Manoj Ujoodha, le "CEO virtuel" Kishore Beegoo, qui veut réinventer la compagnie et ensuite Andre Viljoen, un ancien CEO de la SAA avec un bagage de gestionnaire et de technicien de l'aviation, qui n'a pas d'égal au sein d'Air Mauritius. Nous pouvons légitimement nous demander si la présence de l'actuel CEO est toujours de mise", ajoutent d'autres employés présents à la réunion d'hier.

De son côté, Moteelall Manic, qui a été reconduit à la tête de l'équipe sortante à la direction de l'AMSA, se félicite de la confiance de ses collègues dans cette conjoncture extrêmement difficile. Les dirigeants de l'Intersyndicale Air Mauritius se préparent à participer à une importante séance de travail, demain, avec le CEO, Manoj Ujoodha, et le Board Member, Kishore Beegoo, portant sur le plan de sauvetage d'Air Mauritius suite aux effets conjugués de la catastrophe financière du "Hedging" et de la récession mondiale.

"We shall discuss all issues honestly and frankly when we meet on Monday. In fact, you will note that Mr Ujoodha and myself are meeting the unions before we start meeting the Steering Committees on Tuesday, any tangible proof that we are talking first to you", avance Kishore Beegoo dans son invitation aux représentants de l'Intersyndicale Air Mauritius en fin de semaine dernière.

Pour sa part, le président de l'AMSA a fait comprendre à ses membres qu'à ce stade aucune décision n'a été prise en ce qui concerne ces consultations. "Nous allons être présents à la réunion de lundi avec le Top Management. Nous allons prendre note de leurs déclarations et propositions. Ensuite, nous retournerons vers nos membres pour dégager de la stratégie, qui s'impose", soutient Moteelall Manic.

Par ailleurs, la nomination de Raj Ringadoo à la présidence du conseil d'administration d'Air Mauritius en remplacement de Premila Roy est diversement commentée. "Techniquement, quand il y a un départ de la présidence d'un board, soit une élection intervient soit le représentant du Parent Ministry accède à la présidence en attendant le choix formel. Dans le cas d'Air Mauritius, la PS des Communications extérieures, Mme Roy, a assuré la suppléance. Mais, il a fait savoir que sur ce même board siègent le Secretary to Cabinet, le secrétaire financier et le Solicitor General. De ce fait, le remplacement de la PS par Raj Ringadoo s'inscrit dans une logique", justifie-t-on à l'Hôtel du gouvernement.

Les contestataires reviennent sur le fait que Raj Ringadoo avait siégé sur le "Risk Management Steering Committee", instance qui avait arrête les conditions du "Hedging" à 105 dollars le baril jusqu'au mois d'août 2010. La critique la plus virulente est venue d'Awadh Balluck, un des petits porteurs de la compagnie aérienne et également conseiller technique de l'Intersyndicale Air Mauritius.

"We are having a new Chairman in the person of Raj Ringadoo, the Alliance Sociale ex-candidate to lead of what remains of MK. What is the signal you are giving to the people of Mauritius, the stakeholders and also the small shareholders at this particular juncture when MK is au bord du gouffre ? " se demande-t-il dans une correspondance adressée au Board de la compagnie.

En conclusion à cette protestation, Awadh Balluck émet une suggestion à l'effet qu'une partie des salaires du CEO et des membres du Top Management soit en forme d'actions de la compagnie. "There are many reputed companies - I suppose we can call MK as a company of repute or, if not, let us make the assumption that is one - that pay part of the remuneration by issuing shares to their CEOs and Top Managers. Why should not the CEO and Top Managers be issued with shares of MK ? This will be an incentive for them to continually work to improve returns of the company", propose ce syndicalistes/actionnaire, qui compte revenir avec des questions sur la gestion d'Air Mauritius lors de la prochaine assemblée des actionnaires.


Cette semaine

Signature de l'accord Gamma-Covanta/CEB

Les indications sont que la signature de l'accord entre les promoteurs de Gamma-Covanta et les responsables du Central Electricity Board (CEB) pour le projet d'incinérateur à La-Chaumière interviendra en cours de semaine. Les deux parties ont littéralement bouclé les négociations au cours de la semaine écoulée, avec le prix du kilowattheure fixé à Rs 5,21. La cérémonie de signature de l'accord pourrait intervenir avant mercredi car ce jour-là, le président du Board du CEB, Patrick Assirvaden, devra se rendre à l'étranger.


En détention depuis le 24 novembre

Les six réfugiés irakiens libérés sous conditions, jeudi

Faraj Antonie Amira, 54 ans, Shukri Harmuz Aoraha, 29 ans, George William Isaac, 20 ans, Martin William Isaac, 23 ans, Nassen Jabrail Toma, 23 ans et Hossam Yones Toma, 27 ans, les six ressortissants irakiens arrêtés à l'aéroport de Plaisance avec de faux passeports danois le 24 novembre de l'année dernière ont, finalement, été libérés sous conditions dans l'après-midi de jeudi.

Depuis mardi, le Haut Commissariat des Nations Unies Pour les Réfugiés a décidé d'octroyer officiellement le statut de réfugié aux six ressortissants irakiens. C'est ainsi que jeudi, leur avocat, Me Bhanji Soni, a présenté une motion en cour de Mahébourg pour réclamer leur libération conditionnelle sous la Section 4 du Bail Act et suivant le fait que le Parquet a renoncé à poursuivre les procédures d'appel.

Dans un jugement rendu le 19 mars dernier, la magistrate, Mme Y. Gooljar-Seeburn siègeant en cour de district de Mahébourg avait accordé la liberté conditionnelle aux détenus. Les six Irakiens furent, toutefois, reconduits en détention après que le Parquet eut laissé entendre son intention de faire appel. Le délai pour cet appel a expiré jeudi.

Depuis leur libération et en attendant leur départ pour une terre d'asile - éventuellement, l'Australie -, les six Irakiens sont hébergé à Petite-Rivière au Foyer Fiat du diocèse de Port-Louis. Aux autorités, les six réfugiés avaient laissé comprendre qu'ils fuyaient leur pays en raison de la persécussion dont ils faisaient l'objet à cause de leur appartenance à la minorité religieuse chrétienne en Irak.

Ils sont, désormais, pris en charge par le Haut Commissariat des Nations Unies Pour les Réfugiés et la branche locale d'Amnesty International. Hier après-midi en la Cathédrale Saint-Louis, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat a dit une messe à leur intention et à l'intention de toutes les victimes de la guerre en Irak.


La Commission Justice et Paix commente le Workfare Programme

"Des objections formulées contre le prélèvement obligatoire de 1% sont parfaitement pertinentes"

Tout en soutenant le principe d'un nouvel instrument de prestation sociale pour aider les travailleurs licenciés et y voir une forme utile de solidarité nationale, la Commission Justice et Paix du diocèse de Port-Louis est d'avis que les modalités du Workfare Programme "technique" rendues publiques devraient continuer à faire l'objet de "consultations approfondies" et de "réflexions plus poussées" pour qu'une "décision juste" soit prise sur les barèmes proposés et sur la répartition de l'effort consenti.

Pour la Commission diocésaine, plusieurs objections formulées contre ce prélèvement obligatoire de 1% sont "parfaitement pertinentes". Elle souligne que le programme est, d'abord, "imposé d'en haut - comme trop souvent à Maurice -, sans consultations préalables avec les intéressés et sans communication adéquate".

Selon la Commission, il serait, d'autre part, souhaitable que dans l'esprit de la solidarité nationale souhaitée, l'ensemble des employés du privé comme des secteurs public et parapublic soient amenés à contribuer au programme "afin de mieux répartir et élargir l'effort proposé" d'autant qu'un remboursement final est prévu.

La Commission trouve aussi que la contribution "acrosse the board" de 1% "sans aucune distinction entre les niveaux de salaires" apparait comme "une injustice en ces temps difficiles". Pour la Commission, en effet, 1% d'un salaire modeste de Rs 6000 mensuellement a davantage d'impact sur les dépenses courantes d'une famille pauvre "qu'un pourcent d'un salaire de Rs 100,000".

Selon elle, il serait plus logique qu'un barème gradué soit introduit "pour tenir compte des circonstances différentes des salariés". "On pourrait aussi encourager les employeurs à prendre volontairement à leur charge la contribution au programme de leurs salariés les plus modestes, une fois encore, dans un esprit de solidarité effective".

La Commission Justice et Paix estime, en conclusion, qu'il y a dans la gestion future des importants fonds prélevés "une exigence de transparence publique qui ne semble pas avoir été établie à la satisfaction de tous". Pour toutes ces raisons, la Commission diocésaine est d'avis que les modalités du Workfare Programme "telles que rendues publiques" devraient continuer à faire l'objet de consultations approfondies et de réflexions plus poussées "afin qu'une décision juste soit prise" sur les barèmes proposés et sur la répartition de l'effort consenti.


Transport en commun

La CNT littéralement en cessation de paiements

L'un des dossiers chauds abordés lors des récentes délibérations du Conseil des ministres traite de l'état de cessation de paiements dans lequel se trouve la Corporation nationale de transport (CNT). Des sources bien informées avancent que l'intervention du gouvernement a été sollicitée ces derniers temps en vue de débloquer des problèmes financiers (Cash Flow) des plus compromettants pour la CNT, dont le texte de loi l'incorporant avait été adopté il y a presque 30 ans, soit le 24 avril 1979. Avec un amoncellement de problèmes financiers et de gestion à la CNT, "Single Largest Bus Fleet Operator", la menace de privatisation resurgit dans la conjoncture.

"La CNT est littéralement en cessation de paiements et l'état des finances présenté au gouvernement est des plus catastrophiques", faisait-on comprendre dans les milieux bien informés à l'Hôtel du gouvernement en cette fin de semaine. Mais aucune des sources officielles approchées par Week-End pour des détails sur les finances de la CNT n'a voulu s'aventurer pour faire des commentaires.

"Je ne peux rien dire à ce stade car je serai appeler à soumettre des recommandations au gouvernement sur la CNT", a déclaré à Week-End, hier matin, le ministre des Infrastructures publiques et responsable de la CNT, Anil Baichoo. En marge des mesures intérimaires pour maintenir la CNT à flot, le ministre Baichoo devrait accuser réception dans les jours à venir de deux rapports sur les finances de la CNT. Le premier rapport a été commandé du Management Audit Bureau (MAB) et le second du bureau d'experts-comptables Deloitte.

L'entourage du ministre des Infrastructures publiques soutient que le principal concerné attend avec impatience de prendre connaissance de la teneur de ces deux recommandations en vue de décider de la marche à suivre. D'autre part, la gestion de la CNT n'est guère facilitée en raison de l'antagonisme qui règne au niveau du conseil d'administration, en particulier entre le clan du président du board, Ashwin Dookun, et celui du General Manager, Dev Dhaliah. Au cours de ces dernières semaines, les signes de déstabilisation se sont multipliés au sein de la CNT alors que la situation financière ne cesse de se dégrader.

L'aile libérale au sein du gouvernement voit dans les difficultés financières du jour une occasion d'engager la privatisation de la CNT. Depuis ces dernières années, cette possibilité avait été évoquée avec un éventuel repreneur se manifestant. D'autres milieux à l'Hôtel du gouvernement rechignent à envisager l'option de la privatisation à la veille des 30 ans de la CNT car les premiers autobus étaient sur les routes le 12 mars 1980.

Le chiffre d'affaires généré par la CNT est de Rs 700 millions annuellement avec des avoirs de Rs 550 millions. La participation du gouvernement dans le capital de cette compagnie s'élève à Rs 50 millions. En tant que principal opérateur dans le transport en commun, la CNT gère une flotte de 550 autobus desservant 80 "Bus Routes", soit plus d'un tiers du réseau de transport en commun et transportant quelque 220 000 passagers par jour à travers l'île. Un exercice d'appel d'offres est actuellement en cours pour l'achat de 85 autobus standard. Le nombre de personnes employées par la CNT s'élève à quelque 2 800.


Problèmes de transport - La GGSU plaide en faveur des retardataires

La Government General Services Union (GGSU) a écrit officiellement au ministre de la Fonction publique, Balkissoon Hookoom, pour plaider en faveur des fonctionnaires retardataires en raison des problèmes dans le transport en commun. Ce syndicat de fonctionnaires propose quatre suggestions pour alléger le fardeau des employés de l'Etat, qui se retrouvent en retard au bureau.

"Whereas car users have a certain degree of control over their journey to work, public employees using public bus service are damned to put up with whatever service is at their disposal. And, their daily ordeal may not be exactly measured by decision takers who have never been exposed to their nightmarish tribulations. Bus users have to put up with innumerable additional constraints that add on the impact of traffic congestion on their punctuality to work," écrit le président de la GGSU, Rashid Imrith.

La GGSU dresse la liste des difficultés rencontrées par le public-voyageur, notamment "Irregular Bus Schedule" et des autobus bondés brûlant des arrêts intermédiaires.

"It is an undeniable fact that public employees do not have complete control on their time of arrival at work. It depends to a great extent on the facilities that they benefit from as legitimate citizens. The GGSU is daily receiving complaints from traumatised public employees who strongly feel that they are being unjustly penalised for lateness due to circumstances over which they have no control," poursuit le président de la GGSU, qui met l'accent sur le stress des employés arrivant en retard au bureau.

Rashid Imrith demande au ministre de la Fonction publique de décréter un temps de grâce de 15 minutes pour tout retard en raison des problèmes de transport et la possibilité de compenser tout retard dans l'après-midi. "Praying for your concern to the plight of such traumatised public employees, the GGSU is requesting you in your capacity as Minister of Civil Service and Administrative Reforms to : grant a daily mercy (temps de grâce) of fifteen minutes for lateness due to reasons beyond their control, to allow willing public employees compensate for lateness after 9.00 a.m. by working after 4.00 p.m. up to 4.30 p.m ; set up a committee to look into the repeated lateness of public employees beyond 9.15 a.m. on a case-to-case basis to identify hardship cases requiring exceptional treatment, take necessary measures so that heads of departments do not violate provisions regarding lateness due to unforeseen circumstances", a conclu le président de la GGSU dans sa requête.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 29 mars 2009