Pour la troisième fois - en un mois - le mouvement syndical
local a donné, hier à Port-Louis, la démonstration
d'une vigueur et d'une unité retrouvées, semblant
indiquer qu'un nouveau rapport de forces est en train de s'établir
dans le pays entre les partenaires sociaux. A l'appel du mouvement,
malgré un soleil de plomb et la chaleur torride qui régnaient
sur la capitale, ils ont été plusieurs milliers
de manifestants à défiler, durant plus de trois
heures, du Champ de Mars jusqu'au Jardin de la Compagnie en scandant
des slogans contre la politique économique du gouvernement
de l'Alliance sociale. Ils ont réclamé l'abrogation
des deux nouvelles lois du travail, notamment l'Employment Rights
Act et l'Employment Relations Act.
Selon les manifestants, ces deux lois et les mesures économiques
du gouvernement - dont la déduction de 1% des salaires
pour financer le plan licenciement du patronat privé -
ne profitent "qu'aux capitalistes". Les manifestants,
parmi un très grand nombre d'ouvrières d'usines,
se sont heurtés verbalement à la police, soutenue
par quelques éléments de la Special Supporting Unit
(SSU), devant la mairie de Port-Louis qui les ont empêchés
de s'approcher de l'Hôtel du gouvernement.
Les manifestants se sont dispersés dans le calme en se
donnant rendez-vous pour le vendredi 24 avril prochain pour une
nouvelle démonstration qui, cette fois-ci, sera connue
comme "La marche du peuple". Le mouvement syndical
a effectivement annoncé son intention de brasser encore
plus large et de faire descendre dans la rue ce jour-là
tant des mécontents et laissés-pour-compte de la
politique économique du gouvernement que les déçus
des partis de l'Opposition parlementaire.
Tout observateur tant soit peu honnête serait bien obligé
de reconnaître qu'il y a ces jours-ci, une prise de conscience
des salariés à tout le moins dans l'utilité
de se regrouper derrière leurs syndicats respectifs. On
était, hier, vraiment loin de ces manifestations syndicales
clairsemées qui, jusqu'à tout récemment encore
réunissaient souvent beaucoup plus de dirigeants eux-mêmes
que de participants. La démonstration des syndicats, hier,
à Port-Louis a, semble-t-il, dépassé les
espérances de ses organisateurs eux-mêmes. En effet,
malgré deux mobilisations précédentes réussies
à Rose-Hill, samedi dernier et le samedi 28 février,
il subsistait chez certains leaders syndicaux au moins deux doutes
majeurs ; d'abord, en raison de sa tenue un samedi à Port-Louis,
ville morte en week-end, ils craignaient que la manifestation
ne soit un flop et, ensuite, que la mésentente notoirement
publique entre la Confédération des travailleurs
du secteur privé (animée par le tandem Reeaz Chuttoo-Jane
Ragoo) et la Confédération syndicale de Gauche -
Solidarité (menée, entre autres, par Serge Jauffret,
Ashok Subron, Vishnu Jugdharry et Atma Shanto) n'influe négativement
sur l'événement. D'aucuns pensent qu'un appel à
l'unité des directions syndicales, lancé à
travers les médias au cours de la semaine par Jack Bizlall,
a également eu un impact positif sur le succès d'hier.
Ce qui a, d'ailleurs, sans doute motivé le propos de Reeaz
Chuttoo dans son discours de clôture au Jardin de la Compagnie
dans lequel il a déclaré que "les syndicalistes
ont, heureusement, su faire taire leurs querelles personnelles
et que, même si des fois on ne supporte pas de se voir en
face, on sait s'unir pour défendre les droits des travailleurs".
C'est ainsi que, malgré la froideur de leurs relations
inter personnelles, on a vu marcher ensemble Jack Bizlall (du
Mouvement Premier Mai), Ram Seegobin et Rajni Lallah (du Parti
Lalit), Ashok Subron (de Rezistans ek Alternativ), Toolsyraj Benydin
(de la Fédération des syndicats du service civil),
Atma Shanto (de la FTU), Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, Cassam Kurreeman
(président du Mauritius Labour Congress), Faizal Ally Beegun
et même - divine surprise - M. Désiré Guildharry,
bras droit du très syndicalement décrié M.
Yousouf Sooklall de la Mauritius Trade Union Congress (MTUC).
Il ne manquait plus, pour compléter le tableau de l'unité
syndicale, que M. Fritz Thomas ou un quelconque dirigeant d'un
des petits syndicats qui revendiquent encore leur attache au Parti
travailliste au pouvoir... Du côté des partis politiques,
si le MSM de Pravind Jugnauth était absent (faute d'avoir
été invité selon son secrétaire général,
Nando Bodha), le Mouvement militant mauricien (MMM), principal
parti de l'Opposition parlementaire, s'est fait représenter,
assez discrètement, par une petite délégation
symbolique composée de son porte-parole sur les affaires
de relations industrielles, le député Alan Ganoo,
et ses collègues Jean-Claude Barbier, Ajay Gunness.
Jane Ragoo : " Des bandes-annonces ! "
Chaque dirigeant syndical à la manifestation d'hier avait
une interprétation personnelle du succès de la mobilisation.
Pour Jane Ragoo, "les trois manifestations organisées
jusqu'ici ne sont que des bandes-annonces de ce qui attend le
gouvernement par rapport à la manifestation qui aura lieu
le 24 avril prochain". Pour Reeaz Chuttoo, "c'est
le commencement d'une prise de conscience par les travailleurs
qui, s'ils ne réagissent pas maintenant, vont se rendre
complices d'une politique gouvernementale de soi-disant démocratisation
de l'économie mais qui, dans la réalité,
est en train de mener tout droit vers la démocratisation
de la pauvreté". Selon Reeaz Chuttoo, "
les licenciements sont en train d'appauvrir les travailleurs.
Personne n'a plus la garantie que son emploi sera préservé
; et, à la longue, tous nous allons devenir encore plus
pauvres et la poignée de riches de notre pays deviendra
encore plus riches". Toujours selon M.Chuttoo, "déjà
l'éducation tertiaire est devenue payante alors qu'elle
aurait dû être gratuite. Le gouvernement limite les
entrées à l'Université de Maurice et encourage
la création d' universités privées contraignant
ainsi les jeunes étudiants à s'endetter avec des
prêts pour pouvoir y suivre des cours. Dans le domaine de
la santé, le gouvernement veut forcer les citoyens à
souscrire à une assurance-maladie avec pour résultat
que ceux-là, qui ne pourront payer, devront alors se contenter
de services gratuits bas de gamme. Il a déjà annoncé
que la distribution de l'eau sera privatisée et ce, alors
que l'eau est un don de l'humanité et non pas une source
de profits pour hommes d'affaires".
Pour le président du Mauritius Labour Congress, Cassam
Kurreeman, "il était important que les travailleurs
envoient un message fort au gouvernement pour qu'il change de
politique économique". Selon lui, "il
y a lieu pour les travailleurs de craindre que si le gouvernement
persiste dans sa voie actuelle et avec ses lois du travail, leur
situation ne devienne encore plus intenable d'autant que le Premier
ministre est à la recherche d'une majorité de trois-quart
de sièges au Parlement pour modifier la Constitution".
Jack Bizlall : " Continuité dans l'action "
De son côté, Jack Bizlall note "qu'en dépit
de quelques absences regrettables sur lesquelles je ne compte
pas m'étendre, l'unité syndicale a primé,
et la manifestation d'hier s'est insérée dans la
continuité des actions populaires déjà enclenchées
le 28 février et le 21 mars dernier". Il dit avoir
"surtout apprécié que la Confédération
syndicale du secteur privé
(initiatrice de la manifestation) n'ait pas tiré les
draps vers elle et a impliqué également la Confédération
syndicale de Gauche - Solidarité. Cette dernière
a, elle, porté le débat encore plus loin que les
questions de déduction de salaires de 1% et les lois du
travail pour proposer une alternative de lutte politique pour
un véritable changement de société".
Jack Bizlall en a profité pour annoncer que la Confédération
Syndicale de Gauche - Solidarité "va porter la
contestation dans les quatre coins du pays en commençant
par Centre de Flacq, mardi 14 avril prochain". Selon
Ashok Subron, "le mouvement syndical va ainsi accentuer
son action jusqu'à la manifestation du 24 avril à
Port-Louis laquelle déterminera, ensuite, la façon
dont le mouvement syndical compte bien marquer, cette année,
la Fête du Travail".
"Hedging Saga"
Prêt de Rs 750 M du NPF à Air Mauritius
En attendant de pouvoir disposer d'un de ses "Non-Core
Assets", soit le Paille-en-Queue Court à Port-Louis
pour un montant variant entre Rs 800 millions et Rs 1 milliard,
la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, qui entame
à compter du 1er avril un nouvel exercice financier, a
conclu ses négociations pour un "Bridging Loan"
avec le National Pension Fund. Le montant du prêt agréé,
qui est de Rs 750 millions, devra alléger dans une grande
mesure les problèmes de "Cash Flow" de
la compagnie en marge des "Hedging Commitments"
d'envergure.
D'autre part, les membres de l'Air Mauritius Staff Association
(AMSA), réunis en assemblée générale,
hier matin, a rejeté la proposition de la compagnie pour
un gel de leurs "Increments" annuels. Dans le
cadre des lignes de communications établies par Kishore
Beegoo, suite à un mandat du board d'Air Mauritius, une
première séance de travail sur le "Rescue
Plan" avec les représentants de l'Intersyndicale
Air Mauritius, a été fixée pour demain au
QG d'Air Mauritius. Néanmoins, la nomination de Raj Ringadoo
en tant que Chairman par intérim du conseil d'administration
en remplacement de Premila Roy, chef de Cabinet au ministère
des Communications extérieures, fait tiquer plus d'un.
Ils rappellent que Raj Ringadoo faisait partie du "Risk
Management Steering Committee" en août de l'année
dernière au même titre que l'ancien Chairman,
Sanjay Bhuckory, forcé à prendre la porte de sortie
avec le scandale des pertes financières sur le "Hedging".
Des sources autorisées ont confirmé à Week-End
en fin de semaine que les discussions engagées par Air
Mauritius avec le NPF pour un ballon d'oxygène financier
ont été bouclées de manière positive
au cours de la semaine écoulée. Le montant du prêt
agréé s'élève à Rs 750 millions
et les conditions assorties sont celles prévalant dans
le circuit bancaire. Le gouvernement a été appelé
à fournir des garanties nécessaires au NPF quant
aux modalités du remboursement de ce "Bridging
Loan".
"Toutes les précautions nécessaires ont
été prises concernant ce prêt avancé
par le NPF à la compagnie aérienne nationale. Ces
fonds représentent les contributions des salariés
du pays et il est de la responsabilité de l'Investment
Committee que ces derniers obtiennent The Best Value in Town.
Les taux d'intérêts en vigueur sur le marché
seront appliqués", soulignent ces mêmes
milieux. Néanmoins, avec la récente baisse de 100
"Basis Points", soit 1 % du Repo Rate depuis
la fin de la semaine écoulée, Air Mauritius pourra
profiter d'un ajustement à la baisse des taux d'intérêts
bancaires. Très peu d'indications étaient disponibles
quant au déroulement de la cérémonie de signature
de cet emprunt.
En raison des problèmes de "Cash Flow"
découlant des "Hedging Commitments", Air
Mauritius, après avoir obtenu l'autorisation du gouvernement,
a dû solliciter le NPF pour cet emprunt de "Last
Resort". Cette "Bridging Finance" s'est
imposée dans la mesure que les démarches pour une
injection de "Fresh Capital" de Rs 1,5 milliard,
sous forme de souscription à une nouvelle émission
d'actions, doivent suivre à la lettre les procédures
établies par les autorités boursières.
Le feu vert du conseil d'administration du NPF est intervenu au
cours de la même semaine où les appels d'offres pour
la vente du Paille-en-Queue Court, une autre composante majeure
de la restructuration financière d'Air Mauritius, ont été
lancés. Cet exercice de "Sale and Lease Back"
de cet immeuble, devrait générer des liquidités
dans la fourchette de Rs 800 millions à Rs 1 milliard.
Le board d'Air Mauritius souligne que "the objective through
this competitive process is to select one or more bidders that
provide a financial offer that maximises the proceeds to Air Mauritius
Limited from the sale of the assets and preserve the interest
of existing tenants".
Les acquéreurs potentiels du Paille-en-Queue Court pourront
soumettre leurs cotations jusqu'à la mi-journée
du 15 avril prochain. Les ouvertures des offres se dérouleront
à partir de 14 heures le même jour dans le "Boardroom"
de la compagnie aérienne à Port-Louis en présence
de représentants des soumissionnaires. Les cotations doivent
être accompagnées d'un Bid Bond d'un montant
de Rs 50 millions. Les dossiers de cotations sont accessibles
contre le paiement d'un "Non-Refundable Fee" de Rs 25
000.
La vente du Paille-en-Queue Court est constituée de trois
composantes, notamment les "Ownership Rights"
pour quatre paliers, du 16e au 19e, occupés exclusivement
par les services administratifs d'Air Mauritius ; les "Ownership
Rights" pour le quatrième palier et les "Ownership
Rights" par le truchement de la Mauritius Estate Development
Corporation Limited (LEDOR) des neuf autres paliers et de deux
"Part Storeys" de l'immeuble.
A ce stade, le gouvernement a déjà signifié
son intention d'étudier la possibilité de faire
l'acquisition de cet immeuble compte tenu du fait que la grande
majorité de l'espace-bureau disponible à la Paille-en-Queue
Court est occupée par différents ministères
et services publics. Le montant des loyers s'élève
à Rs 40 millions annuellement. Le dossier de cette acquisition
immobilière a été confié au ministère
des Finances.
Les membres de l'AMSA, réunis en assemblée générale
ce week-end, sont venus rappeler au Top Management d'Air Mauritius
que l'accalmie syndicale de ces derniers temps n'est que de surface.
En effet, ils ont rejeté la proposition visant à
geler les "Increments" annuels au personnel.
"Nous ne sommes pas d'accord à être les seuls
à consentir à des sacrifices. Savez-vous que le
budget des Increments est de Rs 20 millions annuellement ? Ce
montant représente en substance les salaires et Fringe
Benefits de l'ancien Chief Executive de la SAA, Andre Viljoen,
qui intégrera la compagnie le 1er avril", avancent
des membres de l'AMSA, toujours inquiets de l'avenir de leur compagnie.
"Aujourd'hui, nous sommes en droit de nous demander qui
est le véritable commandant à bord d'Air Mauritius.
Il y a le CEO, Manoj Ujoodha, le "CEO virtuel" Kishore
Beegoo, qui veut réinventer la compagnie et ensuite Andre
Viljoen, un ancien CEO de la SAA avec un bagage de gestionnaire
et de technicien de l'aviation, qui n'a pas d'égal au sein
d'Air Mauritius. Nous pouvons légitimement nous demander
si la présence de l'actuel CEO est toujours de mise",
ajoutent d'autres employés présents à la
réunion d'hier.
De son côté, Moteelall Manic, qui a été
reconduit à la tête de l'équipe sortante à
la direction de l'AMSA, se félicite de la confiance de
ses collègues dans cette conjoncture extrêmement
difficile. Les dirigeants de l'Intersyndicale Air Mauritius se
préparent à participer à une importante séance
de travail, demain, avec le CEO, Manoj Ujoodha, et le Board
Member, Kishore Beegoo, portant sur le plan de sauvetage d'Air
Mauritius suite aux effets conjugués de la catastrophe
financière du "Hedging" et de la récession
mondiale.
"We shall discuss all issues honestly and frankly when
we meet on Monday. In fact, you will note that Mr Ujoodha and
myself are meeting the unions before we start meeting the Steering
Committees on Tuesday, any tangible proof that we are talking
first to you", avance Kishore Beegoo dans son invitation
aux représentants de l'Intersyndicale Air Mauritius en
fin de semaine dernière.
Pour sa part, le président de l'AMSA a fait comprendre
à ses membres qu'à ce stade aucune décision
n'a été prise en ce qui concerne ces consultations.
"Nous allons être présents à la réunion
de lundi avec le Top Management. Nous allons prendre note de leurs
déclarations et propositions. Ensuite, nous retournerons
vers nos membres pour dégager de la stratégie, qui
s'impose", soutient Moteelall Manic.
Par ailleurs, la nomination de Raj Ringadoo à la présidence
du conseil d'administration d'Air Mauritius en remplacement de
Premila Roy est diversement commentée. "Techniquement,
quand il y a un départ de la présidence d'un board,
soit une élection intervient soit le représentant
du Parent Ministry accède à la présidence
en attendant le choix formel. Dans le cas d'Air Mauritius, la
PS des Communications extérieures, Mme Roy, a assuré
la suppléance. Mais, il a fait savoir que sur ce même
board siègent le Secretary to Cabinet, le secrétaire
financier et le Solicitor General. De ce fait, le remplacement
de la PS par Raj Ringadoo s'inscrit dans une logique",
justifie-t-on à l'Hôtel du gouvernement.
Les contestataires reviennent sur le fait que Raj Ringadoo avait
siégé sur le "Risk Management Steering Committee",
instance qui avait arrête les conditions du "Hedging"
à 105 dollars le baril jusqu'au mois d'août 2010.
La critique la plus virulente est venue d'Awadh Balluck, un des
petits porteurs de la compagnie aérienne et également
conseiller technique de l'Intersyndicale Air Mauritius.
"We are having a new Chairman in the person of Raj Ringadoo,
the Alliance Sociale ex-candidate to lead of what remains of MK.
What is the signal you are giving to the people of Mauritius,
the stakeholders and also the small shareholders at this particular
juncture when MK is au bord du gouffre ? " se demande-t-il
dans une correspondance adressée au Board de la compagnie.
En conclusion à cette protestation, Awadh Balluck émet
une suggestion à l'effet qu'une partie des salaires du
CEO et des membres du Top Management soit en forme d'actions de
la compagnie. "There are many reputed companies - I suppose
we can call MK as a company of repute or, if not, let us make
the assumption that is one - that pay part of the remuneration
by issuing shares to their CEOs and Top Managers. Why should not
the CEO and Top Managers be issued with shares of MK ? This will
be an incentive for them to continually work to improve returns
of the company", propose ce syndicalistes/actionnaire,
qui compte revenir avec des questions sur la gestion d'Air Mauritius
lors de la prochaine assemblée des actionnaires.
Cette semaine
Signature de l'accord Gamma-Covanta/CEB
Les indications sont que la signature de l'accord entre les promoteurs
de Gamma-Covanta et les responsables du Central Electricity Board
(CEB) pour le projet d'incinérateur à La-Chaumière
interviendra en cours de semaine. Les deux parties ont littéralement
bouclé les négociations au cours de la semaine écoulée,
avec le prix du kilowattheure fixé à Rs 5,21. La
cérémonie de signature de l'accord pourrait intervenir
avant mercredi car ce jour-là, le président du Board
du CEB, Patrick Assirvaden, devra se rendre à l'étranger.
En détention depuis le 24 novembre
Les six réfugiés irakiens libérés
sous conditions, jeudi
Faraj Antonie Amira, 54 ans, Shukri Harmuz Aoraha, 29 ans,
George William Isaac, 20 ans, Martin William Isaac, 23 ans, Nassen
Jabrail Toma, 23 ans et Hossam Yones Toma, 27 ans, les six ressortissants
irakiens arrêtés à l'aéroport de Plaisance
avec de faux passeports danois le 24 novembre de l'année
dernière ont, finalement, été libérés
sous conditions dans l'après-midi de jeudi.
Depuis mardi, le Haut Commissariat des Nations Unies Pour
les Réfugiés a décidé d'octroyer officiellement
le statut de réfugié aux six ressortissants irakiens.
C'est ainsi que jeudi, leur avocat, Me Bhanji Soni, a présenté
une motion en cour de Mahébourg pour réclamer leur
libération conditionnelle sous la Section 4 du Bail Act
et suivant le fait que le Parquet a renoncé à poursuivre
les procédures d'appel.
Dans un jugement rendu le 19 mars dernier, la magistrate,
Mme Y. Gooljar-Seeburn siègeant en cour de district de
Mahébourg avait accordé la liberté conditionnelle
aux détenus. Les six Irakiens furent, toutefois, reconduits
en détention après que le Parquet eut laissé
entendre son intention de faire appel. Le délai pour cet
appel a expiré jeudi.
Depuis leur libération et en attendant leur départ
pour une terre d'asile - éventuellement, l'Australie -,
les six Irakiens sont hébergé à Petite-Rivière
au Foyer Fiat du diocèse de Port-Louis. Aux autorités,
les six réfugiés avaient laissé comprendre
qu'ils fuyaient leur pays en raison de la persécussion
dont ils faisaient l'objet à cause de leur appartenance
à la minorité religieuse chrétienne en Irak.
Ils sont, désormais, pris en charge par le Haut Commissariat
des Nations Unies Pour les Réfugiés et la branche
locale d'Amnesty International. Hier après-midi en la Cathédrale
Saint-Louis, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice
Piat a dit une messe à leur intention et à l'intention
de toutes les victimes de la guerre en Irak.
La Commission Justice et Paix commente le Workfare Programme
"Des objections formulées contre le prélèvement
obligatoire de 1% sont parfaitement pertinentes"
Tout en soutenant le principe d'un nouvel instrument de prestation
sociale pour aider les travailleurs licenciés et y voir
une forme utile de solidarité nationale, la Commission
Justice et Paix du diocèse de Port-Louis est d'avis que
les modalités du Workfare Programme "technique"
rendues publiques devraient continuer à faire l'objet de
"consultations approfondies" et de "réflexions
plus poussées" pour qu'une "décision juste"
soit prise sur les barèmes proposés et sur la répartition
de l'effort consenti.
Pour la Commission diocésaine, plusieurs objections formulées
contre ce prélèvement obligatoire de 1% sont "parfaitement
pertinentes". Elle souligne que le programme est, d'abord,
"imposé d'en haut - comme trop souvent à Maurice
-, sans consultations préalables avec les intéressés
et sans communication adéquate".
Selon la Commission, il serait, d'autre part, souhaitable que
dans l'esprit de la solidarité nationale souhaitée,
l'ensemble des employés du privé comme des secteurs
public et parapublic soient amenés à contribuer
au programme "afin de mieux répartir et élargir
l'effort proposé" d'autant qu'un remboursement final
est prévu.
La Commission trouve aussi que la contribution "acrosse the
board" de 1% "sans aucune distinction entre les niveaux
de salaires" apparait comme "une injustice en ces temps
difficiles". Pour la Commission, en effet, 1% d'un salaire
modeste de Rs 6000 mensuellement a davantage d'impact sur les
dépenses courantes d'une famille pauvre "qu'un pourcent
d'un salaire de Rs 100,000".
Selon elle, il serait plus logique qu'un barème gradué
soit introduit "pour tenir compte des circonstances différentes
des salariés". "On pourrait aussi encourager
les employeurs à prendre volontairement à leur charge
la contribution au programme de leurs salariés les plus
modestes, une fois encore, dans un esprit de solidarité
effective".
La Commission Justice et Paix estime, en conclusion, qu'il y a
dans la gestion future des importants fonds prélevés
"une exigence de transparence publique qui ne semble pas
avoir été établie à la satisfaction
de tous". Pour toutes ces raisons, la Commission diocésaine
est d'avis que les modalités du Workfare Programme "telles
que rendues publiques" devraient continuer à faire
l'objet de consultations approfondies et de réflexions
plus poussées "afin qu'une décision juste soit
prise" sur les barèmes proposés et sur la répartition
de l'effort consenti.
Transport en commun
La CNT littéralement en cessation de paiements
L'un des dossiers chauds abordés lors des récentes
délibérations du Conseil des ministres traite de
l'état de cessation de paiements dans lequel se trouve
la Corporation nationale de transport (CNT). Des sources bien
informées avancent que l'intervention du gouvernement a
été sollicitée ces derniers temps en vue
de débloquer des problèmes financiers (Cash Flow)
des plus compromettants pour la CNT, dont le texte de loi l'incorporant
avait été adopté il y a presque 30 ans, soit
le 24 avril 1979. Avec un amoncellement de problèmes financiers
et de gestion à la CNT, "Single Largest Bus Fleet
Operator", la menace de privatisation resurgit dans la
conjoncture.
"La CNT est littéralement en cessation de paiements
et l'état des finances présenté au gouvernement
est des plus catastrophiques", faisait-on comprendre
dans les milieux bien informés à l'Hôtel du
gouvernement en cette fin de semaine. Mais aucune des sources
officielles approchées par Week-End pour des détails
sur les finances de la CNT n'a voulu s'aventurer pour faire des
commentaires.
"Je ne peux rien dire à ce stade car je serai appeler
à soumettre des recommandations au gouvernement sur la
CNT", a déclaré à Week-End,
hier matin, le ministre des Infrastructures publiques et responsable
de la CNT, Anil Baichoo. En marge des mesures intérimaires
pour maintenir la CNT à flot, le ministre Baichoo devrait
accuser réception dans les jours à venir de deux
rapports sur les finances de la CNT. Le premier rapport a été
commandé du Management Audit Bureau (MAB) et le second
du bureau d'experts-comptables Deloitte.
L'entourage du ministre des Infrastructures publiques soutient
que le principal concerné attend avec impatience de prendre
connaissance de la teneur de ces deux recommandations en vue de
décider de la marche à suivre. D'autre part, la
gestion de la CNT n'est guère facilitée en raison
de l'antagonisme qui règne au niveau du conseil d'administration,
en particulier entre le clan du président du board, Ashwin
Dookun, et celui du General Manager, Dev Dhaliah. Au cours
de ces dernières semaines, les signes de déstabilisation
se sont multipliés au sein de la CNT alors que la situation
financière ne cesse de se dégrader.
L'aile libérale au sein du gouvernement voit dans les difficultés
financières du jour une occasion d'engager la privatisation
de la CNT. Depuis ces dernières années, cette possibilité
avait été évoquée avec un éventuel
repreneur se manifestant. D'autres milieux à l'Hôtel
du gouvernement rechignent à envisager l'option de la privatisation
à la veille des 30 ans de la CNT car les premiers autobus
étaient sur les routes le 12 mars 1980.
Le chiffre d'affaires généré par la CNT est
de Rs 700 millions annuellement avec des avoirs de Rs 550 millions.
La participation du gouvernement dans le capital de cette compagnie
s'élève à Rs 50 millions. En tant que principal
opérateur dans le transport en commun, la CNT gère
une flotte de 550 autobus desservant 80 "Bus Routes",
soit plus d'un tiers du réseau de transport en commun et
transportant quelque 220 000 passagers par jour à travers
l'île. Un exercice d'appel d'offres est actuellement en
cours pour l'achat de 85 autobus standard. Le nombre de personnes
employées par la CNT s'élève à quelque
2 800.
Problèmes de transport - La GGSU plaide en faveur des
retardataires