 |
| Cassam
Uteem |
L'interview que vous a
llez lire va sans doute provoquer de
multiples réactions, surtout dans la classe politique.
Cassam Uteem nous l'a accordée en sa résidence à
Beau Bassin vendredi matin, au lendemain de la célébration
du 41éme anniversaire de l'Indépendance et des 17
ans de celle la République.
Peut-on dire en ce lendemain du 12 Mars qu'en dépit
des quadricolores affichés en toutes tailles dans le pays
que le mauricianisme est en régression?
C'est une question intéressante. Je pense que tous les
Mauriciens sont des patriotes, aiment leur pays et sont conscients
de l'enrichement que représente le fait de vivre dans une
société multi raciale. Mais il existe malheureusement
des petits groupes qui pensent que le pays leur appartient en
toute propriété et que certains postes de responsabilité
leur reviennent de droit. Ce sentiment, autrefois caché,
s'exprime aujourd'hui publiquement sur les radios et dans la presse.
On entend presque quotidiennement des voix dire que dans la mesure
ou un tel représente la majorité c'est à
lui de nommer les dirigeants de certaines institutions d'état.
Ces déclarations provoquent des réactions de la
part de ceux qui ne se retrouvent dans ces petits groupes et
donnent le sentiment que le mauricianisme est en régression
et le communalisme en hausse. Je pense qu'il existe dans ce pays
une majorité de gens qui veulent ensemble, dans le dialogue
et le partage.
Mais est-ce qu'en ne manifestant pas son désaccord la
majorité silencieuse ne laisse pas le champ libre aux petits
groupes qui savent se faire entendre?
- C'est que les petits groupes et sous groupes font plus que se
faire entendre d'autant plus que, malheureusement, la presse écrite
et parlée répercutent plus ces discours que celui
de la grande majorité, dont la voix n'est pas entendue.
C'est ce qui donne le sentiment que quand les groupuscules s'expriment
ils parlent au nom d'une communauté.
Est-ce que ce silence, qui est aussi une forme de démission,
n'arrange pas quelque part la grande majorité silencieuse
?
-C'est vrai et cela fait partie de l'évolution de notre
société. Le Mauricien a de plus tendance à
se dire que s'il s'exprime et est perçu comme un opposant
au pouvoir en place, ses proches risquent d'en faire les frais.
Rappelez vous de la politique sociale qui consistait à
partir de 1983 à arracher les mauvaises herbes. Je crois
que les Mauriciens sont conscients de la gravité de la
situation mais pensent que c'est à la classe politique
que revient la responsabilité de mettre fin à la
dégradation de la situation.
Mais les Mauriciens ne savent-ils pas, comme vous et moi,
que ce sont les politiciens, tous partis politiques confondus,
qui entretiennent ce climat de dégradation sociale et
communale dans le pays, ont des rapports plus ou moins secrets
avec les gropuscules dont nous avons parlé ?
-Cela est vrai . La classe politique n'a fait aucun effort pour
renverser la situation et a laissé aller, pour ne pas dire
encourager, plus dans le sens de la division que dans celui de
l'unité. Nous avons reculé et je vais vous donner
des exemples précis: depuis l'indépendance aucun
parti n'a présenté un musulman comme candidat à
une élection à Plaine Verte et aucun non hindou
comme candidat dans les circonscriptions dans le nord du pays.
La responsabilité de ce recul incombe à la classe
politique et c'est à elle de changer la situation en s'attaquant
à une réforme électorale et en changeant
de politique en ce qui concerne le choix communal des candidats
aux élections.
Mais tous les politiciens vous diront qu'ils sont pour la réforme,
contre le communalisme, pour le mauricianisme, pour plus de femmes
au Parlement. Mais tout cela reste des discours.
-Vous avez raison mais la solution réside avec les partis
politiques. Il faut que la société civile fasse
pression pour une réforme de notre système électoral,
qui est la base de tout. Tant que le système actuel perdurera
nous serons à la merci de ces gropuscules qui savent faire
pression. Grâce à eux nous sommes passés du
communalisme au castéisme scientifique qui est devenue
la première valeur pour le choix des candidats aux élections,
des ministres, des ambassadeurs, des dirigeants des corps para-étatiques.
Et pas uniquement dans la communauté hindoue: ce n'est
plus "unity in diversity" mais "division in diversity".
Au lieu de construire Maurice ne sommes- nous pas plutôt
en train de la morceller en petits bouts?
-C'est sans doute cela qui fait que l'on a tendance à occulter
les choses positives que nous avons acquis depuis l'indépendance.
Nous avons fait beaucoup de progrès économique mais
en même temps le cloisonnement a augmenté. Nos institutions
para- étatiques sont une de nos grandes faillites dans
la mesure où les nominés politiques qui les dirigent
pensent qu'ils sont redevables au premier ministre et au gouvernement
et pas au cadre légal dans lequel ils sont censés
évoluer. Ces institutions sont au service du Premier ministre
et du gouvernement pas à celui de l'institution qu'ils
dirigent et c'est là que se situe le problème et
la faillite. Autre chose: la PSC délègue ses pouvoirs
pour le recrutement des personnels non qualifiés au PS
des ministères concernés. C'est donc le PS qui fait
les nominations que la PSC se contente de ratifier.C'est là
que se situe le problème car s'il existe quelques PS capable
de dire non à leur ministre, il y a d'autres qui ne peuvent
pas et ne savent pas le faire. C'est cette pratique, qu'il faut
rapidement changer, qui explique l'exlusion des membres d'une
communauté mauricienne dans certains départements
du gouvernement.
Avez-vous que le sentiment qu'en cette période de crise
la solidarité légendaire des Mauriciens a diminué,
les gens se préoccupant plus de remplir leurs caddies que
de venir en aide à leurs voisins comme autrefois?
-Je crois que nous sommes encore animés de l'esprit de
solidarité mais que dans le concret ce n'est plus la même
chose. Sans doute du fait que tous les Mauriciens sont dans des
temps difficiles et pas uniquement les pauvres. Je l'ai dit et
je le répète: la classe moyenne se retrouve aujourd'hui
dans une situation extremêment difficile, surtout dans les
familles avec des enfants en étude à l'étranger.
Toutes les ressources de la famille en termes d'économie
ou de terrain acquis ou de bijoux pour la mère sont réquisitionnés
pour payer les frais d'études. Je vous cite un autre exemple
précis: combien de Mauriciens peuvent aujourd'hui se payer
à crédit un petit bout de terrain pour y faire construire
plus tard grâce à un loan leur maison ? Quand j'étais
pauvre avec un salaire de Rs 400 par mois je pouvais faire des
économies pour acheter un bout de terrain. Aujourd'hui
ceux qui touchent Rs 15,000 ou Rs 20,000 par mois sont dans
l'incapacité de le faire. Cette catégorie de Mauriciens
ne plus aspirer à devenir un jour propriétaire d'une
maison: c'est un appauvrissement. Son seul espoir c'est de pouvoir
un jour acheter en vente-location un appartement de la NHDC.
Quarante et un an après l'indépendance où
en sommes-nous dans le combat contre la pauvreté à
Maurice?
-Nou pe pille en place!!! Partant de bonnes intentions le Parlement
a voté un Equal Opportunity Act, qui spécifie que
dorénavant tous les Mauriciens quels que soient leurs communautés,
leurs couleurs et leurs religions bénéficient des
mêmes opportunités. Mais je crois que les chances
égales n'existent pas et n'existeront pas à Maurice
aussi longtemps que des enfants iront à l'école
le ventre vide, sans le matériel scolaire requis et continueront
à vivre dans des taudis. La pauvreté continuera
aussi longtemps que les enfants n'auront pas un repas chaud à
l'école pour leur permettre de suivre le programme scolaire
comme les autres enfants. On dit que c'est à travers l'éducation
qu'on sortira de la pauvreté, mais quelle éducation
? Ce système d'éducation qui exclut plus de 30%
d'élèves du primaire au CPE tous les ans? Quand
va t-on réaliser que nous avons besoin d'un système
d'éducation qui inclut les enfants et pas le contraire?
Je ne suis pas en train de dire non à la compétition
et de proposer le nivellement par le bas mais un programme adapté
à nos réalités. En commençant par
l'introduction du créole, parlé par tous les Mauriciens,
comme langue d'enseignement au pré-primaire, au primaire
et au secondaire jusqu'à un certain niveau.
Vous êtes engagé dans le combat contre la pauvrété
depuis plus de dix ans. Est-ce que depuis les choses ont évolué?
- Je suis dans ce combat parce que comme la majorité des
gens de ma génération je viens d'une famille pauvre.
Au cours de la période coloniale la pauvreté était
plus sévère qu'aujourd'hui. Etre pauvre voulait
dire ne pas avoir à manger, porter des vêtements
rapiécés et aller à l'école pieds
nus et ce n'est pas une image d'Epinal. Nous avons su traverser
cette période de grande pauvrété grâce
à l'éducation et la solidarité familiale
et beaucoup d'entre nous sont aujourd'hui à des postes
de responsabilités. Si nous avons réussi à
le faire hier, les autres devraient pouvoir le faire aujourd'hui
. Mais les problèmes sont d'une autre nature et nous ne
pouvons pas persister avec un système scolaire qui exclut
pour lutter contre la pauvrété. C'est le message
qu'il faut passer aux politiciens car heureusement ou malheureusemnt
ce sont eux qui peuvent changer le système. L'état
doit assumer ses responsabilités dans le domaine social,
éducatif, la santé et l'élimination de la
pauvrété.
Abordons le deuxième volet politique de cette interview
avec la partielle du numéro 8. Quelle est votre analyse
de cette élection?
-Au niveau négatif il y a la prise de position des organisations
socio-culturelles, qui sont plus des organisations socio-religieuses
puisque il y a au moins un chef de tous les temples de Maurice
qui s'est exprimé. La crainte que j'exprime est la suivante:
allons nous au devant d'une guerre de religions dans ce pays?
Que va t-il arriver si demain tous les temples prennent une position
politique à travers leur président et que les mosques,
les églises ou les pagodes font un choix opposé
? Est-ce ce genre de confrontation que nous envisageons pour l'avenir.
Si on n'apporte pas un correctif immédiat à cette
dérive nous allons vers un clash indescriptible, une destruction
de notre société. Le premier ministre a dit qu'il
ne va pas permettre la division. Je lui demande, avant de s'attaquer
aux divisions, de mettre fin à cette guerre de religions
qui s'annonce. Cette prise de position est le point le plus négatif
de la dernière élection partielle.
Est-ce que la victoire de Pravin Jugnauth ne crédibilise
pas son discours, qu'il repète depuis 2005, selon lequel
il faut tenir compte des " réalités électorales"
?
-Je ne sais pas si sa victoire lui donne raison, mais je crois
qu'une élection partielle devrait être marquée
par des questions et des problèmes locaux, sur la gestion
du pays et les problèmes majeurs du jour. Mais la seule
"issue" de cette élection était est-ce
que Paul Bérenger doit être ou non le prochain premier
ministre du pays.
Il semblerait que quelle que soit l'élection: générale,
partielle, municipale ou même villageoise c'est le seul
débat qui focalise l'attention dans un sens dans un autre
à Maurice . Et cela fait un quart de siècle que
ça dure.
-Vous avez raison c'est un faux débat qui ne date pas d'hier
et je pense que Paul Bérenger devrait en tirer les leçons.
Nous avions réussi à mettre fin à ce débat
en 1982 mais depuis et à chaque élection la question
est revenue sur le devant de la scène. Et tous les partis
politiques- dont le MMM - ont contribué à perpétuer
ce débat malsain.
Mais alors Cassam Uteem que faut-il faire de Paul Bérenger
l'envoyer dans une maison de retraite ou dans un musée?
- Certainement pas. J'ai déja abordé cette question
dans une interview à Week-End et cela avait
été très mal pris par le principal concerné.
J'avais dit qu'il est malheureux que la situation politique locale
était arrivée à un tel point qu'aussitôt
qu'un non hindou , en particulier Paul Bérenger, était
évoqué pour le poste de premier ministre toute l'attention
était focalisé sur cette éventualité.
Soyons précis: c'est un non hindou qui provoque le débat
ou la personne de Paul Bérenger?
-J'aimerais dire que ses qualités- plus particulièrement
sa capacité de travail - sont reconnues de tous - même
de ses plus farouches adversaires. Mais c'est la personne de Paul
Bérenger qui cristallise cette attention malsaine . En
partie en raison de sa façon de faire pendant ses deux
ans de premier ministre qui a été très mal
interprété. C'est pourquoi je pense que Paul Bérenger
ne devrait pas se retirer de la politique - ni aller dans un musée,
comme vous l'avez dit - mais continuer la lutte pour le mauricianisme
- qui était un de ses objectifs politiques - en ne briguant
pas le poste de premier ministre. Je crois que Paul Bérenger
devrait sérieusement considérer cette éventualité.
Vous pensez qu'à chaque fois qu'il présentera
sa candidature au poste de premier ministre le débat sera
faussé ?
-Tout sera focalisé sur cette question et il n'y aura aucun
débat d'idées, aucun débat tout court. Prenons
la partielle: Bérenger n'était pas candidat, mais
c'est sa personne et l'éventualité qu'il se présente
comme candidat au poste de premier ministre qui a galvanisé
les électeurs pour et contre. Le fait que Vishnu Lutchmeenaraidoo
soit venu le présenter comme futur premier ministre n'a
fait qu'attiser le feu de la campagne.
Comment expliquez - vous qu'un pays tout entier puisse se
diviser politiquement, et depuis aussi longtemps, autour de l'accession
ou non de Paul Bérenger au poste de premier ministre ?
-D'abord Bérenger n'est pas n'importe quel homme. Tous
ceux qui le combattent aujourd'hui n'ont pas tous les torts. Bérenger
est en partie responsable de cette situation à cause de
ses stratégies. Tout ce que Bérenger a pu faire
pour la communauté hindoue, et Dieu sait s'il en fait,
a été perçu comme étant une tentative
de division pour prendre la place qui selon elle doit légitimement
revenir à un de siens. Elle a oublié toute la lutte
syndicale qu'il a mené, tous les avantages qu'il a obtenu
pour la classe des travailleurs. On a également oublié
une chose fondamentale: qu'en tant que leader de l'Opposition
Bérenger a tout fait pour calmer le jeu communal malgré
le fait qu'il ait toujours eu plus de 45% de l'électorat
derrière lui. D'autres avec moins de soutiens auraient
mis le pays à feu et à sang avec une politique de
confrontation. Lui a choisi le dialogue, a agi en tant que Mauricien
pour empêcher le pays de sombrer dans la confrontation.
Mais tous ses efforts, parfois au détriment de ceux qui
lui ont toujours fait confiance, n'ont pas été reconnus.
Pour vous le dernier acte patriotique de Paul Bérenger
pour le pays et son parti serait de ne pas être candidat
au poste de premier ministre aux prochaines élections ?
-Je l'ai déja dit et je le maintiens. Et j'ajoute qu'il
est lui même arrivé à cette conclusion après
la défaite de 2005 et il me l'avait dit. Il avait constaté
qu'il ne pouvait continuer à se présenter comme
candidat au poste de Premier ministre ce qui ne veut pas dire
qu'il doit disparaître de la scène politique. Il
continuera a avoir un rôle éminamment important,
je ne pense pas la ou poste de président de la République...
.. il y a déja un locataire au Réduit et au
moins un candidat à sa sucession...
-... Moi je vois Bérenger continuer à enrichir la
politique de son expérience.
Vous pensez que le fait que Paul Bérenger ne soit plus
candidat au poste de premier ministre va décrisper la situation
et forcer les politiciens a faire de la politique au lieu de se
contenter de faire du Bérenger bashing ?
-J'en suis persuadé. Tout comme je le suis que cela va
lui permettre d'acquérir une nouvelle dimension dans la
vie politique où son caractère et sa capacité
de travail seront plus apprécié.
Rassurez-moi Cassam Uteem: vous n'êtes pas en train de
prononcer l'éloge politique -funèbre de Paul Bérenger
?
-Pas du tout. Je fais partie de ceux qui reconnaissent la contribution
de Paul Bérenger à l'évolution de ce pays.
Mais est-ce que les propos que vous tenez ne sont pas un peu
équivoque dans la mesure ou votre fils Reza fait partie
du MMM que dirige encore Paul Bérenger ?
-J'ai déja eu l'occasion de vous dire que mes enfants sont
libres de leurs choix politiques. D'ailleurs avons-nous réellement
le choix à Maurice? Permettez-moi de souligner qu'il n'y
a pratiquement pas de différence entre les deux partis
politiques majeurs du pays.
Soyons précis: de quel partis politiques majeurs parlez-vous
?
-Du PTr et MMM....
.. et le MSM?
- C'est un parti jeune qui est en train d'émerger et qui
deviendra peut être fort avec le temps. Mais pour revenir
aux deux principaux partis il faut reconnaître qu'il n'y
a pas de grande différence entre eux et qu'ils préconisent
à peu près les mêmes choses.
Seriez-vous en train de prôner vous aussi un gouvernement
d'unité nationale, Cassam Uteem ?
-Je ne serai pas contre un gouvernement d'unité nationale
d'autant que je viens de vous dire qu'il n'y a pas de grande différence
entre les deux principaux partis. Mais je suis plus en faveur
d'une alliance électorale pour les prochaines élections.
Voyons les choses en face: le PTr revendique un électorat
traditionnel majoritairement composé d'hindous - et je
le dis sans vouloir blesser qui que ce soit - et quelques éléments
d'autres communautés. Pour sa part le MMM a son, comment
disait-on déja, dépôt fixe. C'est à
dire la population générale, les musulmans et une
poignée d'hindous. Maurice ne peut pas être dirigé
sur cette base, c'est ce qui empêche l'émergence
du vrai mauricianisme dont nous parlions au départ. Si
les deux principaux partis font alliance ils mettent ensemble
toutes les composantes de la nation mauricienne. Ils peuvent alors
travailler dans l'intérêt de tout un chacun et prendre
les décisions difficiles nécessaires. Dans ce cadre
on peut amener les réformes essentielles. Je ne parle pas
en terme de gouvernement d'unité nationale mais d'alliance
entre le PTr et le MMM avec un programme et des objectifs précis:
faire reculer le communalisme, réformer la loi électorale
et le système éducatif et mener une vraie lutte
contre la pauvreté.
Une telle alliance mène aux 60-0 et aux risques d'un
gouvernement trop fort qui peut se laisser tenter par les sirènes
de la dictature...
-..je crois que fondamentalement les Mauriciens sont des démocrates
y compris la plupart des dirigeants politiques. On a déja
eu deux fois des 60-0 plus une fois un 57-3 et personne n'a touché
à la Constitution. Il y a eu parfois des tentations totalitaires
comme en 1969 mais on n'a jamais réussi à faire
de notre pays une dictature parce que nous avons une tradition
et une histoire derrière nous. On pourrait basculer dans
la dictature aujourd'hui parce que les pouvoirs du premiers sont
tels qu'il est, comme l'a souligné Mohamad Vayid cette
semaine, un monarque constitutionnel. Et ce en raison d'un constitution
taillé à la mesure de S.S. Ramgoolam que tous ceux
qui sont venus après n'ont pas touché.
Si j'ai bien suivi votre pensée Cassam Uteem, la priorité
des priorités pour changer positivement la société
mauricienne passe par une réforme du système électoral,
du système éducatif, des décisions pour la
lutte contre la misère. Pour ce faire l'idéal est
de constituer une alliance PTr/MMM dans laquelle Paul Bérenger
ne serait pas présentée comme candidat au poste
de premier ministre.
-Vous avez bien saisi ma pensée. Je pense qu'une telle
alliance - qui ne sera conctractée ni pour revenir au
pouvoir ni pour y accéder - est capable de sortir Maurice
de la crise, de régler les problèmes majeurs du
pays, d'amener une vraie entente entre les communautés.
Mais à condition que cette alliance repose sur des objectifs
et des engagements bien clairs et précis.