s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009



  Incinérateur à La Chaumière Partenariat Gamma-Covanta - Covanta Energy, un partenaire au passé controversé!
  Environnement - Massacre à la tronconneuse Le CEB " déboise" les fôrets du Morne
  Maurice île durable - Initiative 175, un plan en faveur de l'environnement
  Relations industrielles - CSG-Solidarité saisit le BIT du dossier NPC
  Nouvelles mesures prises - Producteurs et importateurs d'alcool dans l'attente d'un assouplissement
  Industrie - Ferney Spinning Mills souffle ses 30 bougies
  Journée internationale de la Femme - Les femmes médecins se regroupent en association
  Education - Constance offre dix bourses aux élèves primaires de Poste de Flacq
  Insolite


Incinérateur à La Chaumière Partenariat Gamma-Covanta

Covanta Energy, un partenaire au passé controversé!

Selon le National Labour Relations Board, la même entreprise aurait violé la federal labor law américaine en imposant à ses employés des "illegal rules" couplées de menaces de licenciement dans un employees' handbook.

Covanta Energy ne roule pas des fermes éoliennes, pas plus qu'il n'exploite des parcs photovoltaïque pour produire de l'énergie. Cette société américaine, présentée comme un des leader mondiaux dans la transformation des déchets en énergie, est le partenaire de Gamma dans le projet d'opérer une incinérateur de déchets à La Chaumière. Reste que le passé de cette entreprise continue à susciter interrogations, ici et ailleurs, en raison de son "track record" aux Etats-Unis. Condamnée à payer à maintes reprises des amendes pour pollution de la qualité de l'air et émission aggravée de polluants toxiques aux Etats-Unis, Covanta Energy, a été épinglée le mois dernier dans une affaire de violation des lois du travail et des droits des travaileurs. Aux Etats-Unis comme en Europe, la nouvelle fait beaucoup de bruits actuellement, au point où les populations se montrent de plus en plus réticentes contre la mise en opération de ces installations dans leur voisinage, comme le partenariat Gamma-Covanta, avec l'appui du gouvernement, projette de le faire à La Chaumière. Eclairage sur cette entreprise américaine pesant plus de 50 milliards de roupies.

Aux Etats-Unis, Covanta Energy gère une trentaine d'installations, dont l'appelation varie souvent entre waste-to-energy plant et energy-from-waste plant. "They're trying to change the name, but in the end it's still incineration", disent les écologistes qui militent contre ce procédé dans les programmes de traitement et d'élimination de déchets à travers le monde. Avec les problèmes énergétiques et les changements climatiques, Covanta a conforté sa position sur le marché puisque, dans de nombreux pays, l'incinération des déchets est la solution la plus facile, mais pas forcément la mieux adaptée, pour venir à bout des déchets et en même temps l'utiliser comme une source d'énergie renouvelable.

Certains pays incluent cette filière dans leurs stratégies de gestion de déchets - avec une politique des 3-R à la base (réduire, recyler et réutiliser), d'autres, qui ont tiré leçons et enseignements d'une politique basée sur l'incinération, ont décidé de l'abandonner. Pour des raisons économiques, aussi bien qu'écologiques et sanitaires.

Mais Covanta Energy, cotée en bourse, a depuis des années franchi les frontières américaines pour s'implanter dans tous les coins de la planète. Avec la demande d'énergie qui augmente, la montée en flèche du coût de l'électricité et les nouveaux enjeux environnementaux, l'entreprise américaine a su saisir les nouvelles perspectives dans son créneau de prédilection.

Pertes de milliers de dollars à Lake County, résistence à Middlewich

Son argumentaire est séduisant, surtout en période de crise. "We can be a part of the energy solution. We solve two problems at once," mettent en avant ses porte-parole, qui ne manquent jamais de faire leurs propres éloges par rapport aux décharges ou les techniques d'enfouissement de déchets, leur capacité de réduire le dioxyde de carbone et de diminuer la dépendance sur les combustibles fossiles. Tout en ignorant ou ométtant subtilement qu'il est tout aussi possible de capturer le méthane dans les décharges pour produire de l'électricité ou que cette technique, déjà très répandue, coûte nettement moins chère. Ou qu'ils ont un "track record" pas très élogieux sur le plan environnemental. Ou encore que le contrat qu'ils signent avec autorités gouvernementales ou locales, notamment en Europe, pèse finalement très lourds sur les fonds publics.

A Lake County, par exemple, l'incapacité des autorités de respecter le tonnage de déchets au Covanta Energy, qui y opère un incinérateur, risque de coûter des milliers de dollars. "The county stands to lose as much as $544,000 every month in electric revenues if it falls far short of that tonnage requirement", est-il indiqué sur le journal on-line, Orlando Sentivel.

"It's a disastrous way of dealing with waste"

Ailleurs, comme en Angleterre, à Middlewich plus précisément, Covanta Energy a formulé sa demande pour opérer une unité de "'Energy-from-waste" ayant la capacité de brûler jusqu'à 370 000 tonnes par an. Convanta indique qu'elle approvisionnera 50 000 foyers avec un tarif réduit - ce qui n'est pas le cas à Maurice concernant le tarif réduit!.

La résistence s'organise magré tout à Middlewich. "It's a disastrous way of dealing with waste," disent ceux qui sont contre dans les colonnes de Middlewich Guardian, alors que Jonathan Guy, secrétaire du Cheshire Anti Incinerator Network (CHAIN) déclare: "It's not something we're taking lying down and we'll be fighting Covanta tooth and nail." Les incinérateurs de Covanta rencontrent la même opposition, si ce n'est les mêmes craintes des populations là où la compagnie veut s'implanter.

Ce qui est le cas au pays des Galles où le promoteur veut construire un gigantesque incinérateur capable de brûler 750 000 tonnes de déchets. Ce qui préoccupe non seulement les populations, mais également les décideurs politiques, ainsi que les dirigeants syndicaux qui ont appris Covanta Energy fait l'objet d'une plainte pour non respect des lois relatives aux relations industrielles. Le journal on-line, Entreprise News.com, confirme cette information en ces termes: "The National Labor Relations Board's regional director has decided that a handbook given to employees by the operator of the SEMASS incinerator in Rochester violated a federal labor law aimed at protecting unionized workers."

Cette affaire répercutée dans la presse aux Etats-Unis suscite intérêt à Wales, d'autant que la plainte porte sur des rèlements internes estimés illégaux et comprend des menaces de licenciement contre tout travailleur qui fournirait des informations sur l'entreprise au gouvernement, les enquêteurs et autre les médias, sans compter d'autres interdictions jugées abusives par les employés. "If we can persuade them to voluntarily correct the violations and post a notice, that would effectively settle the matter. If the employer disagrees with our conclusion, they are entitled to have a trial and it's the obligation of the government to prove there has been a violation of the law", explique un porte-parole du NLRB.

Les employés regroupés au sein d'une organisation syndicale soulignent leur décision "to bring a nationwide complaint against Covanta en vue de confirmer "our charge that this renegade company runs roughshod over workers' rights."

Au Pays des Galles:"Comment avoir confiance dans une société qui a enfreint la loi..."

Covanta affirme toutefois avoir amendé et enlevé les règlements estimés illégaux par le NLRB. Dans un autre article de Wales news, un porte-parole de la société américaine devait pour sa part déclarer que "we recognise and respect the rights of our employees throughout the world and require that all are treated with dignity and respect."

Les bonnes intentions de la compagnie américaine ne convainquent pas pour autant à Wales. Un des membres du Labour Assembly de Methyret Rhymney, Huw Lewis, commente les "black marks" du projet d'incinérateur: "It would be unfair to come to any final decision about these proposals until I am in possession of all the facts, but let's say that this is already the third black mark against the Covanta waste incinerator. First, there was no prior warning to local people that this development was being actively pursued by elements of Government. Secondly, the poor environmental record of Covanta Energy has rightly got local people worried and finally the news about disregarding workers' rights at American waste plants is also unacceptable", déclare-t-il.

Le premier argument de Huw Lewis semble ressemble de près aux griefs de la population locale à Maurice, qui reprochent au gouvernement et le promoteur le manque de consultation et de discussion qui a prévalu lorsque le projet avait été soumis par Gamma-Covanta. Quoi que dira le promoteur, la première réunion entre les habitants d'Albion et Gamma a eu lieu en mars 2008, après la soumission de son rapport EIA en janvier 2008 et les articles de presse soulignant les risques sanitaires et environnementaux liés à ce projet. Or, Gamma-Covanta a obtenu sa Letter of Intent du Board of Investment (BOI) en mai 2007!

De plus, les démêlées de Covanta Energy avec les autorités evironnementales des Etats-Unis ne font qu'exacerber les préoccupations locales. Le mois dernier, le Western Mail revèle comment Covanta a reçu une amende de plusieurs centaines de milliers de livres aux États-Unis après avoir dépassé les limites d'émissions relatives aux produits chimiques provoquant le cancer.

"Comment peut-on s'attendre à avoir confiance dans une société qui a enfreint la loi à de nombreuses reprises en Amérique?", s'interrogent les habitants de Merthyr (Pays des Galles), aussi bien que ceux de La Chaumière, qui protestent contre le projet. En effet, la liste de contraventions servies au promoteur d'incinérateurs de déchets est loin d'être exhaustive.

En 2003, Covanta a reçu une amende de EUR14, 695 en Virginie pour l'émission de quantités excessives de monoxyde de carbone et pour avoir omis de soumettre des rapports sur l'environnement en 2001 et 2002. Au New Jersey, elle a été maintes fois condamnée à des amendes pour avoir libéré des quantités excessives de dioxine et autres émissions de substances toxiques. En 2006, la société a reçu des amendes totalisant près de 150 000 US dollars pour des infractions enregistrées dans ses trois usines.

Emission de dioxines et furannes 3 fois supérieure à la limite autorisée à Pittsfield

En Septembre 2008, le Massachusetts Department of Environmental Protection (DEP) a émis une ordonnance administrative constatant que Covanta a dépassé le taux autorisé d'émission de dioxines et de furannes à son incinérateur à Pittsfield de près de 350%! "The DEP also found that Covanta had illegally failed to report these excess emissions to the state", est-il indiqué.

En octobre de la même année, le DEP de Pennsylvanie a pris Covanta Delaware Valley une contravention de 45,600 US Dollars (Rs 1,5 million) pour avoir dépassé les limites admissibles pour les émissions de toxiques et de composés de nickel qui, selon l'Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (CIRC), sont cancérigènes pour l'homme.

Cette entreprise a en effet été condamnée pour une série de violations des lois environnementales, d'autant que nombre de ses installations sont situées non loin des habitations. Comme l'a d'ailleurs mentionné le professeur Joël De Rosney concernant les risques qui y sont associés. En France, la polémique sur le futur éco-quartier Docks de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, qui abritera un incinérateur de déchets, fait actuellement débat. L'Institut national de veille sanitaire a publié deux études qui démontrent l'augmentation du risque de cancers et de leucémies autour de ces installations, alors que l'éminent cancérologue, le professeur Belpomme déclare que "construire des logements à proximité d'un incinérateur est une aberration, une hérésie du point de vue de la santé publique..."

Ici, ces mises en garde, légitimement basées sur le principe de précaution, semblent être banalisées par les professionnels de la santé, parlementaires ou membres du gouvernement, sauf les habitants de la région, qui ont finalement choisi de prendre leur sort en main en constituant la Plate-forme anti-pollution (PAP). Le promoteur, lui, continue sa campagne à coups de communiqués payants pour rappeler que le projet de La Chaumière fait appel "spécialistes mondiaux" misent sur une "state of the art technology" cadrant avec le projet Maurice île durable. Nous souhaiterions que ce soit le cas. Mais comment faire confiance quand on a un aussi lourd track record?


Environnement

Massacre à la tronconneuse

Le CEB " déboise" les fôrets du Morne

Depuis quinze jours, une équipe de contracteurs employée par le CEB installe des pylônes électriques entre la Mivoie et le village du Morne, dans le sud du pays. Pour installer les colonnes, elle coupe tous les arbres qui la gêne dont ceux qui font partie des fôrets protégées du Morne inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Lorsqu'elle a été informée de ce massacre à la tronçonneuse sur son territoire, la présidente du Morne Heritage Trust Fund a obtenu l'arrêt des travaux. Momentanément.

C'est avec une certaine discrétion que le CEB a fait procéder à l'installation des nouveaux pylônes en ciment de la Mivoie jusqu'après le village du Morne. Pour procéder à l'installation, le CEB a fait abattre tous les arbres se trouvant sur son tracé. Cette installation est particulièrement visible dans la région de la Prairie où le paysage a radicalement changé les pylônes électriques remplacant les grands eucalyptus tronçonnés. Les badamiers qui bordent la route des villages situés après le Morne en allant vers le sud vont probablement subir le même sort. En effet, des pylônes ont déja été installés et, vu la hauteur des arbres, on va probablement vers une déforestation de cette route dont une partie du charme réside juste dans cette longue allée ombragée. Mais le pire de l'opération se situe autour de la montée du Morne où des dizaines d'arbres, principalement des eucalyptus, ont été coupés. Le problème est que ces arbres font partie du " buffer zone" du Morne qui a été inscrit sur la liste des sites mondial de l'UNESCO. Informé de cet abattage, Stéphanie Anquetil, la présidente du Morne Heritage, a sommé le CEB d'arrêter immédiatement les travaux, en lui rappelant que les travaux dans ce périmètre ne peuvent être effectués sans les autorisations nécessaires. Suite à ce coup de téléphone, les travaux ont été suspendus et une réunion d'explications avec les représentants des différentes autoritées concernées a eu lieu vendredi au siège du CEB, à Curepipe en l'absence du président du CEB qui s'est fait excuser. Selon nos informations, une " site visit" avec les représentants de toutes les autorités concernées aura lieu au milieu de la semaine prochaine. Affaire à suivre.


La communication du CEB

Pour essayer d'obtenir des détails sur l'installation des pylônes et l'abattage des arbres, nous avons appellé le siège du CEB mercredi. Apres une halte téléphonique à Souillac, nous sommes finalement arrivés au bureau du CEB de la Mivoie, responsable de l'opération. Là, le chef de la section nous a déclaré qu'il ne pouvait faire de déclaration et nous a retourné à Curepipe, plus précisément au responsable de la communication du CEB. Ce dernier nous a déclaré qu'il ne pouvait pas communiquer et nous dirigé vers la secrétaire du directeur général. Cette dernière nous a fort aimablement demandé de lui envoyer une liste de questions qu'elle transmettrait au DG. La liste demandée a été envoyée et reçue jeudi après-midi mais est restée sans réponse.

Stéphanie Anquetil: "Nous n'avons été ni consultés ni informés"

La président du Morne Heritage Trust Fund nous a fait la déclaration suivante vendredi après midi. " J'ai été consternée quand j'ai découvert ce qui avait été fait sur la route du Morne. Lors de la réunion au CEB de vendredi, on m'a expliqué que le but était de remplacer les vieux pylônes par de nouveaux en vue d'améliorer la fourniture d'électricité dans la région. Je ne suis pas pas contre le progrès et le développement mais je ne suis pas d'accord avec la façon dont les choses ont été faites. Nous n'avons été ni consultés ni informés. Et je rappelle qu'il existe des procédures, concernant plusieurs autorités, comme les Bois et Forêts, l'Environnement entre autres qui n'ont pas été respectées."


Maurice île durable

Initiative 175, un plan en faveur de l'environnement

Le Groupe MCB a lancé depuis le 6 mars dernier, "Initiative 175", un plan d'action en faveur de l'environnement, de l'économie et de la production d'énergie renouvelable. Ces initiatives, qui seront étalées sur plus de quatre ans, culmineront le 1er septembre 2013, date du 175ème anniversaire de la MCB.

L'objectif "d'initiative 175" a pour but de sensibiliser les gens face à la situation alarmante que connaît l'écosystème. En effet, les nombreuses études ne cessent de démontrer l'urgence et il est grand temps de réduire le gaspillage d'énergie et la pollution tout en migrant vers des ressources renouvelables. La première phase démarre immédiatement avec l'annonce d'une douzaine d'actions. Aux premiers abords, 'Motiver les clients': A partir de ce mois-ci, les clients pourront aider à réduire le volume de papier utilisé en optant pour "un balance certificate" semestriel au lieu d'un relevé de compte trimestriel ou mensuel.

Il existe, annuellement, 6,5 millions de mini statements et plus de 7 millions de relevés de solde sont imprimés aux 145 guichets de la MCB. Pour éviter que l'on ne gaspille les statements à la poubelle, l'impression de chaque mini-statements sera facturée à deux roupies au-délà des deux premières impressions gratuites offertes. En ce qu'il s'agit, des relevés de solde, le client sera invité à l'écran et une copie lui coûtera une roupie.

Des entreprises ou des particuliers désirant financer des projets liés au développement durable en général, la MCB, offre une ligne de credit suite à une convention signée avec l'Agence Française de Développement. Le bénéfice de cette ligne se traduira essentiellement dans un "cash back" de 12% sur tout projet approuvé.

Les projets "verts" sont également invités à se faire connaître. Chaque semestre, la MCB, choisira un ou plusieurs projets qu'elle patronnera grâce à un montage financier subventionné approprié. Notons, que l'avis d'un panel d'experts sera recherché pour établir la pertinence des projets choisis. Depuis le 2 mars, les frais des lettres de crédit ont été réduits de 50% pour toutes les importations de véhicules éléctriques ou hyrides, de climatiseurs solaires et d'autres items permettant l'économie d'énergie. Ces importations seront aussi exceptionnellement assorties de facilités de credit à l'importation (jusqu'à 120 jours, à un taux d'intérêt subventionné (savings rate + 2%)

A partir d'avril, chaque client ouvrant un compte ou prenant un "Personal Loan" d'une valeur maximale de Rs 500,000 recevra gratuitement trois ampoules économiques de la marque Phillips.

La MCB compte également conscientiser le public en général. En effet, une émission télé sera prochainement diffusée sur les chaînes de la MBC. La MCB parrainement également le premier annuaire vert de Maurice. Le Groupe MCB, compte aussi donner le bon exemple en construisant une succursale à Ebène. Le bâtiment sera un bijou architectural et écologique qui consommera 32 % moins d'énergie qu'un bâtiment conventionnel de la même envergure.


Relations industrielles

CSG-Solidarité saisit le BIT du dossier NPC

La grogne syndicale, plus particulièrement dans le camp des syndicats défendant les intérêts des salariés du privé, continue à se faire entendre. Alors que certains syndicalistes sont préoccupés ces jours-ci par la composition de la délégation dirigée par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Jean-François Chaumière, pour la traditionnelle mission de Genève au mois de mai, la Confédération Syndicale de gauche (CSG-Solidarité) affûte ses armes pour traduire le gouvernement devant les instances appropriées du Bureau International du Travail (BIT) concernant le National Pay Council. Par ailleurs, la mobilisation en vue du rassemblement syndical de samedi prochain se poursuit ces jours-ci.

A quelques semaines du démarrage des consultations en vue de déterminer le quantum de la compensation salariale (qui sera effective à partir du 1er juillet), la légitimité du National Pay Council revient avec force sur le tapis. Après un premier succès syndical devant le BIT en 2007, Serge Jauffret, président de CSG-Solidarité, revient à la charge avec une nouvelle plainte contre l'Etat mauricien pour non-respect des recommandations contenues dans le 349th Report of the Committee on Freedom of Association du BIT.

"Le gouvernement n'a pas respecté et mis en œuvre les recommandations du BIT au sujet du National Pay Council suite à la plaine logée par la General Workers' Federation en 2007. A ce jour, ni le gouvernement n'a entamé des full and frank consultations with representatives of the social partners ni n'a-t-il modifié the functioning, composition and objectives of the NPC so as to arrive at a conclusion in this regard, which is satisfactory to all parties concerned", a déclaré à Week-End le syndicaliste Serge Jauffret. Le Bureau international du Travail n'a pas été informé des développements par le gouvernement.

"Nous maintenons que les critères adoptés par le NPC pour déterminer la compensation salariale n'a fait qu'appauvrir les salariés à Maurice. Il ne faut pas oublier que la population n'a pas bénéficié de la baisse des prix alimentaires sur le plan international suite aux agissements des cartels à Maurice", ajoute le président de CSG-Solidarité, qui demande au BIT de sanctionner le gouvernement.

D'autre part, CSG-Solidarité dénonce les centrales syndicales, qui siègent sur le National Pay Council. "CSG-Solidarité considère comme extrêmement regrettable que des centrales syndicales continuent à administrer le sérum de la légitimité au NPC et cela, en dépit des insultes du gouvernement à la classe des travailleurs avec le non-respect de la recommandation du BIT. Il n'y a aucune paralysie du NPC car ce sont les syndicalistes qui y ont siégé en 2007 et 2008 qui ont fait fonctionner le NPC", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, la campagne de mobilisation pour le rassemblement syndical de samedi prochain se poursuit. La manifestation se déroulera au Plaza à partir de 13 heures, avec des activités parallèles se déroulant simultanément à Rodrigues. Les principales revendications de CSG-Solidarité portent sur la contestation de l'Employment Rights Act, qui favorise les licenciements massifs et la déduction obligatoire de 1% dans les salaires des employés du secteur privé.

"CSG-Solidarité fer enn lapel a tu travayer pu vini avek zot fami, pu ansam, nou dimann ki Parlman zel oubyen amand ERIA. Dan kontext kriz ekonomik, li doubleman pli neseser ki retablir kontrol piblik (kouma TCSB) lor tu lantrepriz avan ki zot prosed avek lisansiman de mas. Dan kontext kriz li neseser ki bann elit ekonomik pa nek transfer fardo kriz lor travayer, san remet an kestyon privilez kapitalist", soulignent les animateurs de cette centrale syndicale, qui réunit la Federation of Progressive Unions, la Fédération des Travailleurs Unis, la General Workers' Federation et la Rodrigues Workers' Federation.

Commentant l'initiative du député du MMM, Alan Ganoo, pour une réouverture des débats sur l'Employment Rights Act, CSG-Solidarité en appelle à des ministres et parlementaires de l'Alliance Sociale, entre autres Rama Valayden et Nita Deerpalsing, pour qu'ils prennent position en faveur des amendements à l'Employment Rights Act, réclamés par des syndicalistes. "Ces parlementaires de la majorité, dont des ministres, qui ont déjà émis des réserves contre la loi Sithanen/Mansoor, ne peuvent reculer devant l'occasion qui se profile pour se manifester sans ambigüité", maintiennent les dirigeants syndicaux, qui dénoncent la vague de licenciements affectant de manière sournoise les employés.


Rodrigues - Le PRB et la privatisation de l'eau ciblés par la RGEA

La Rodrigues Government Employees' Association (RGEA) dénonce le Pay Research Bureau (PRB) pour le traitement réservé aux fonctionnaires de Rodrigues et le projet de privatisation de l'eau potable par l'Assemblée Régionale de Rodrigues. C'est ce que confirme le président de la RGEA, Alain Tolbize, dans l'édition de mars de RGEA News.

Une assemblée des délégués de la RGEA, prévue pour ce mois, sera appelée à se prononcer sur le projet visant à constituer un panel d'hommes de loi pour contester la démarche du PRB avec son rapport de mai 2008. "Nous contesterons l'utilité et la légalité que le gouvernement donne à l'Option Form et nous contesterons toutes les recommandations que nous ne pouvons accepter. Nous irons jusqu'au Privy Council s'il le faut", écrit Alain Tolbize.

La RGEA conteste la décision du PRB de ne pas faire de déplacement à Rodrigues pour une évaluation de la situation sur le terrain. "Il faudra nous mobiliser pour que le PRB rende visite à Rodrigues pour discuter avec nous des erreurs grossières contenues dans son rapport", poursuit-il en souhaitant pouvoir bénéficier du soutien de l'Assemblée Régionale de Rodrigues.

D'autre part, la RGEA a signifié son intention de s'opposer au projet de privatisation de l'eau à Rodrigues. S'appuyant sur un jugement de la Johannesburg High Court interdisant la facturation de la consommation d'eau, la RGEA maintient que "l'eau est gratuite dans le pays. C'est un élément essentiel à la vie. A partir de là, aucun gouvernement ne peut nous priver d'eau ou nous faire payer pour l'eau dont nous avons besoin. Nous irons en Cour. Nous descendrons dans la rue. Nous nous ferons entendre", affirme Alain Tolbize, qui demande à l'opposition à l'ARR de faire entendre sa voix sur cette question vitale pour les Rodriguais.


Nouvelles mesures prises

Producteurs et importateurs d'alcool dans l'attente d'un assouplissement

Parallèlement aux mesures antitabac, les nouvelles réglementations autour de l'alcool sont entrées en vigueur le 1er mars dernier ; des réglementations sous le Public Prohibition on Advertisement and Sponsorship and Restriction on Sale and Consumption in public places of Alcoholic Drinks Regulation 2009 - visant à lutter contre le problème d'alcoolisme dans le pays. Déjà, les premières contraventions sont tombées la semaine dernière, apprend-on. Les principaux contrevenants : les commerçants. Par ailleurs, face aux nouvelles réglementations, le casse-tête demeure pour les producteurs et importateurs de boissons alcoolisées. Ces derniers, comme les agences de presse et les publicitaires, sont toujours dans l'attente de l'issue des négociations de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Maurice (CCIM), mandée de soulever leurs doléances auprès du ministère de la Santé. Enterprise Mauritius (EM) a aussi été approchée pour débattre de ce sujet auprès des autorités.

Depuis deux semaines, il est donc interdit de boire dans les lieux publics, à l'exception des plages publiques et des commerces dûment autorisés à vendre de l'alcool sur place (bars, restaurants et boîtes de nuit). De même, l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs a été renforcée. Les commerçants sont désormais tenus par la loi d'installer des panneaux clairement lisibles en anglais, en français et en créole informant le public que la vente d'alcool est interdite aux mineurs. Des avertissements de santé en anglais et en français doivent obligatoirement figurer sur chaque produit indiquant que la consommation excessive d'alcool cause de sérieux problèmes de santé. Tout contrevenant à la nouvelle législation est passible d'une amende ne dépassant pas Rs 10 000 et d'un emprisonnement ne dépassant pas 12 mois. Si les autorités souhaitent, à travers ces nouveaux règlements, mieux contrôler la vente et la consommation d'alcool à Maurice, la pertinence de telles mesures quant à la véritable lutte contre l'alcool fait toujours l'objet de certaines interrogations. D'autant que les professionnels du domaine ne saisissent pas tous les à-propos de ces mesures pour lutter contre l'alcoolisme, principalement celle d'interdire toute publicité autour de l'alcool. En effet, selon les nouvelles dispositions de la Public Health Act, "No person shall advertise or cause to be advertised an alcoholic drink for its sale or consumption". Les autorités estimant que la publicité a une influence néfaste sur le comportement du consommateur d'alcool. Toutefois, cette réglementation ne fait pas l'unanimité. Au niveau des agences de pub, cette mesure laisse pantois. "Notre stratégie en tant que publicistes n'est pas de dire aux gens qu'il faut consommer de l'alcool. Nous sommes là pour informer la population des produits qu'ils peuvent trouver sur le marché. Quitte à mettre des avertissements de santé sur tous les produits. Mais interdire la publicité… ", soutient un publicitaire.

Combattre l'alcool mais pas la pub

Comme l'avait fait remarquer Véronique d'Unienville, présidente fondatrice de l'Ong Étoile d'Espérance, "certes, il ne faut pas montrer des images avec des jeunes qui s'éclatent avec des bouteilles d'alcool en main, mais penser à communiquer autrement. Car dans le fond, l'interdiction de communication autour de l'alcool résoudra-t-elle le problème de dépendance chez d'autres ? Un fléau grandissant". Pour Véronique d'Unienville, il importe de repenser la communication même autour de l'alcool sans tomber dans l'extrême. D'ailleurs, en France, les députés ont adopté, le 9 mars dernier, un amendement autorisant la publicité pour l'alcool sur internet si elle ne vise pas un public mineur. Toutefois, comme mesure préventive pour lutter contre l'alcool, outre l'interdiction de l'offre gratuite de boissons alcoolisées dans les pubs et autres fêtes des jeunes, les autorités françaises sont venues avec un plan d'éducation dans les écoles. Au plan local, d'aucuns estiment que les autorités devraient réfléchir à cette stratégie française en vue de lutter contre l'alcoolisme. La présidente d'Étoile d'Espérance faisait, elle, ressortir que "l'accent doit être mis sur la montée de la consommation d'alcool. Il faut une prise de conscience de chaque citoyen, du plus petit au plus grand, et de toutes les instances médicales, sociales, gouvernementales, associatives et éducatives entre autres, en collaboration avec les producteurs de boissons alcoolisées et les médias, pour développer une stratégie de lutte".

Par ailleurs, le flou demeure toujours quant aux énoncés de ces nouvelles réglementations. À ce jour, les fabricants et importateurs de boissons alcoolisées attendent toujours l'issue des discussions entamées entre la CCIM et le ministère de la Santé, concernant les différents points litigieux de ces nouveaux règlements. Parmi les points avancés, l'interdiction de communication relative à un "brand name" ou "brand" associé à une boisson alcoolisée ; la stratégie pour parrainer des activités socioculturelles ; les énoncés des avertissements sur les bouteilles indiquant la nocivité de l'alcool… Les producteurs et importateurs de boissons alcoolisées s'interrogent également sur la publicité qui peut être effectuée sur les boissons exportées. "Estimant ambiguës les nouvelles mesures, les importateurs et producteurs d'alcool autant que les agences de presse et les publicistes déplorent que cette mesure ne touche pas les chaînes satellitaires, qui diffusent les publicités de boissons alcoolisées, et auxquelles le public mauricien a accès. À ce sujet, au ministère de la Santé, on indique qu'il s'agit là d'une publicité externe. Quant aux publicités effectuées pour nos boissons locales exportées, le ministère répond que "la publicité n'est pas destinée à inciter la population mauricienne à consommer de l'alcool". Jusqu'ici le gouvernement maintient sa position sur les nouvelles réglementations. Et selon nos informations, la réunion interministérielle prévue pour discuter des revendications faites à cet effet, renvoyée pour deux jours plus tard, n'a toujours pas eu lieu. Mais les professionnels du domaine ne baissent pas les bras, comptant sur le soutien de la CCIM et d'EM pour obtenir un assouplissement des nouvelles réglementations autour de l'alcool.


Nouvelles réglementations autour du tabac

Des voix s'élèvent en vue de sauvegarder le droit à la propriété privée

Les nouveaux règlements de la Public Health Act concernant la cigarette ne font pas l'unanimité. Si le flou perdure quant aux lieux d'interdiction de fumer, malgré la campagne de sensibilisation du ministère de la Santé, certaines voix s'élèvent contre ces nouvelles mesures qui s'attaquent selon elles "au droit constitutionnel du citoyen mauricien". D'où la mise sur pied du groupement Sauvegarder le droit à la propriété privée (SDPP).

Ce regroupement estime en effet que l'interdiction de fumer dans un véhicule privé, si accompagné, est une atteinte à la Constitution et aux droits des individus. Une plainte à cet effet a été déposée à la Commission des Droits de l'Homme contre le ministère de la Santé et l'État. 25 autres personnes se sont jointes au premier plaignant pour déposer auprès de la Commission des Droits de l'Homme. Le groupe SDPP, déplorant cette restriction de ne pouvoir fumer en voiture que lorsque le conducteur est seul, comme étant une violation des Droits à la propriété privée, compte aussi déposer un Plaint of Summons auprès de la justice contre l'État. Le groupement tiendra une conférence de presse cette semaine pour alerter l'opinion publique. Parmi les intervenants, Christian Némorin, initiateur du groupe SDPP, Georges Ah Yan, travailleur social, Jayen Chellum, directeur de l'ACIM et le syndicaliste Jack Bizlall.


Industrie

Ferney Spinning Mills souffle ses 30 bougies

Ferney Spinning Mills (FSM), usine pionnière du textile à Maurice est spécialisée dans la filature de laine. La direction a dignement célébré cette occasion sous la présence de sir Anerood Jugnauth et d'un parterre de personnalités.

L'histoire de Ferney Spinning Mills commence par un procès intenté par Floreal Knitwear à son principal client de l'époque, la firme japonaise Marubeni et sa filiale française qui ne respectaient pas les commandes passées à l'usine. Ce procès, le tout premier intenté par un groupe mauricien à une multinationale étrangère, a été remporté de haute lutte par Floréal. "La compensation de Rs 7 millions a été obtenue et la decision d'investir en totalité cette somme dans la création de la fillature a été sans nul doute une pierre extrêmement importante de la fondation de notre industrie et du développement de notre industrie et du développement du groupe Ciel dans son emsemble", déclare Arnaud Dalais, chairman de CIEL Textile. A l'origine, cette filature qui devait se situer à Ferney dans l'ancienne sucrerie près de Mahébourg avait été créée par les fondateurs du Groupe CIEL afin de pourvoir Floréal Knitwear, compagnie soeur de FSM, qui devait importer son propre fil.

Arnaud Dalais poursuit: "A travers cet anniversaire que nous fêtons avec fierté, c'est une excellente occasion de comprendre pourquoi nous existons, pourquoi nous allons continuer d'exister et pourquoi l'industrie textile à l'île Maurice et dans la région va continuer à exister".

FSM, qui compte 600 employés et qui produit 1600 tonnes de fils annuellement, dont plus de 20 variétés, est la seule usine de ce type à Maurice. Elle est mondialement reconnue pour sa performance et son savoir-faire, "ayant su trouver l'équilibre entre la compétivité asiatique et la qualité italienne" selon M Jean Baptiste de Spéville, directeur de FSM.

Fort de ce succès, le CIEL Textile a adopté une stratégie d'intégration verticale, que l'on retrouve dans les autres secteurs de l'industrie textile que sont le T-Shirt et la chemise avec la production de leur tissu et de leur propre teinturerie, pour plus d'efficacité et de performance.


Journée internationale de la Femme

Les femmes médecins se regroupent en association

L'une des manifestations les plus originales des célébrations organisées pour célébrer le jour international de la Femme a eu lieu dimanche dernier au restaurant Imperial China. Au cour d'un déjeuner- débat une quarantaine de femmes médecins ont discuté de sujets d'actualité médicale - dont l'avortement - et décidé de constituer une association de professionnelles de la médecine.

En fin de compte, le déjeuner-débat est l'heureux résultat d'une proposition remaniée. Au départ, la pharmacie Unicorn souhaitait réunir les femmes médecins mauriciennes pour un déjeuner dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la Femme. Quand la gynécologue Zeenat Aumeerally est contactée pour aider à l'organisation de ce déjeuner, qui réunit pour la première fois les femmes médecins, elle suggère que l'on fasse précéder le déjeuner par une partie débat. La proposition est acceptée et des thèmes et des intervenantes sont contactées et les invitations lancées. C'est ainsi que dimanche dernier une quarantaine de généralistes, de gynécologues, de dentistes, de gynécologues entre autres se sont retrouvées à l'Imperial China. Au menu de la manifestation des interventions sur les maladies qui affectent les femmes à Maurice avec comme plat de résistance un mini forum sur l'avortement, avant le déjeuner. En accueillant les invitées, le Dr Aumeerally a souligné "qu'en dépit du fait que les Mauriciennes exercent la médecine depuis plus de cinquante ans, c'est la toute première fois qu'une telle réunion est organisée.This is the first time that WOMEN in the medical field have been thought of and brought together to share our knowledge, experiences and feelings and thoughts over subject matters that beckon to us as female doctors". Elle a également souligné le fait que si les femmes médecins sont membres de divers groupes professionnels, il n'existe pas d'association féminine de la médecine à Maurice. Le Dr Aumeerally a plaidé pour la création d'une association ou d'un mouvement qui pourrait regrouper les professionnelles de la médecine et porter leur parole.

Le plat de résistance de la manifestation fut marqué par les interventions des doctoresses Marie Christine Dubourg Piat, Pascale Dinan et de l'avocate Nargis Bhundun et par une brève apparition de la députée Nita Deerpalsingh. Comme c'est toujours le cas sur ce sujet délicat pour ne pas dire tabou il y eut quelques positions tranchées pour ou contre l'avortement et des témoignages poignants amenant de l'eau au moulin de chaque camp. Le forum eut lieu alors qu'une diapositive projetée sur l'écran rappelait cette déclaration de l'ancien président Bill Clinton : "Je crois que la décision d'avorter concerne la femmes, son médecin, sa conscience et sa foi." Sans soutenir celles qui disent qu'il faut préserver la vie à tout prix ou celles qui affirment que la femme est libre de son corps, relevons des chiffres qui ont été cités pendant le forum. Près de 200 avortements sont pratiqués par mois à Maurice où le taux de grossesses non désirées chez les adolescentes est de 15 à 20% comparé à la Réunion - où l'avortement est légal - où le taux oscille entre 3 et 5%. Tous les intervenantes s'accordèrent à dire que dans la mesure où l'avortement est illégal à Maurice, tous les chiffres cités sont approximatifs et probablement en-deçà de la réalité. Une bonne partie du forum fut consacré à la loi réprimant l'avortement qui met le praticien face à un problème de conscience puisqu'elle lui fait obligation de violer le code d'éthique des médecins. Il fut aussi souligné que la loi était inégalitaire dans la mesure où il permet aux femmes enceintes ayant les moyens financiers nécessaires d'aller mettre fin à une grossesse non désirée à l'étranger tandis que les autres Mauriciennes doit ou garder l'enfant ou se mettre entre les main de medecins-avorteurs et autres faiseuses d'anges. Avec les risques médicaux que cela comporte comme la mort récente d'une journaliste vient de la démontrer. Il faudrait donc revoir la loi pour qu'elle soit plus adaptée aux conditions et au contexte d'aujourd'hui et pour permettre aux médecins d'accomplir leur travail dans les meilleures conditions possibles. Si le forum fut très animé, il ne fut pas marqué par une grande participation du public. Comme c'est d'ailleurs le cas à chaque fois que cette question est abordée en public. Cette majorité de silencieuses de la médecine mauricienne se fera plus entendre, parfois avec passion, pendant le déjeuner sur le même sujet.

En fin de forum, le Dr Aumeerally a fait un plaidoyer pour la mise sur pied d'une forum/ association qui permettrait aux professionnelles de la médecine non seulement de se retrouver entre elles, mais aussi de se faire entendre sur les sujets de société en général et ceux concernant les femmes en particulier. A la suite du forum de dimanche dernier, un petit groupe qui aura pour tâche de réfléchir sur une possible association regroupant les femmes médecins, mais peut-être également les infirmières et tout le personnel féminin du secteur a été constitué. La constitution de WIM (Women In Medecine) ou de FAMM (Femmes Médecins de Maurice) - des noms qui ont été proposés dimanche dernier, mais qui pourront être remplacés par un autre plus approprié - semble en bonne voie. C'est en tout cas le constat que faisait en milieu de semaine le Dr Zeenat Aumerally cheville ouvrière de cette la manifestation de dimanche dernier.


Education

Constance offre dix bourses aux élèves primaires de Poste de Flacq

Le Groupe Constance, récompense les dix meilleurs élèves de la CPE de Poste de Flacq. Ce projet mis en place depuis 2002, a pour but d'encourager et de soutenir un enfant financièrement durant la durée de son parcours scolaire, jusqu'à la HSC.

Qu'importe si l'élève fréquente une école gouvernementale ou pas; les meilleurs se verront discerner une bourse. Ainsi, depuis que le projet a germé, une soixantaine d'élèves ont été récompensés. Les étudiants ont droit à une subvention substantielle au début de l'année pour l'achat des matériels scolaires et une allocation mensuelle qui varie de Rs 500 à Rs 800 dépendant de la classe qu'ils étudient. Notons que la boursière de la cuvée 2003 prendra part aux examens de la HSC cette année.

Lors d'une cérémonie célébrée jeudi dernier, pour la remise des documents aux bénéficiaires en présence d'un parterre de personnalités, George Dumbell, président du Groupe Constance, a énuméré les différentes actions du Groupe dans le domaine éducatif depuis plus de vingt ans avec le "Constance Education Award". Le Groupe à travers la Fondation Constance participe à l'amélioration de l'environnement scolaire des écoles primaires à Poste de Flacq. George Dumbell s'est particulièrement adressé aux parents pour leur demander de suivre de près l'éducation de leurs rejetons. "There is no greater gift you can give your child than education", devait-t-il affirmer. Les enseignants, quant à eux ont été salué pour "l'effort prodigué dans la transmission de la connaissance, les compétences sociales ainsi que les valeurs citoyennes aux élèves". Jean Emmanuel Chenel, Anne Sophie Myrthe et Siddish Lobin, trois des boursiers, ont pris la parole pour exprimer leur gratitude tout en promettant de s'appliquer sérieusement dans leurs études secondaires.


Insolite

Mieux vaut tard que jamais: le courrier est bien arrivé... 47 ans après

Mieux vaut tard que jamais. La carte postale d'une femme postée dans le Montana il y a 47 ans... vient d'arriver à destination dans le nord de l'Ohio.

Dave Conn ouvre sa boîte aux lettres la semaine dernière et trouve le courrier de Helena, envoyé en 1962... à Marion White, la locataire précédente.

Le courrier est signé "Fran", qui dit avoir "passé un moment magnifique dans le Montana". L'enquête menée par Dave Conn, agent d'assurances, montre qu'il s'agirait de Frances Murphey, un ami de Marion White et grand reporter pour l'"Akron Beacon Journal".

Les services postaux ont expliqué que la carte avait dû rester coincée dans les machines ou se perdre dans l'avalanche de courriers traités quotidiennement. Marion White est décédée en 1988 à 75 ans, sans le savoir.

Une femme qui hurlerait comme un loup depuis 26 ans

Hong, 42 ans, raconte : "Mes cris sont comme des éternuements ou des bâillements, je ne peux pas les contrôler (...) Parfois quand ça m'arrive dans la rue, les passants s'éloignent de moi pensant que je suis une folle." D'après elle, tout a commencé quand elle avait 16 ans. Elle souffrait de maux de dos et a découvert qu'en hurlant ainsi, la douleur s'en allait. Quand elle hurle, elle ressent comme une "libération de gaz" en elle et ne peut l'arrêter. Au début, Hong n'hurlait qu'une fois, tous les deux ou trois mois. Mais aujourd'hui, cela lui arriverait jusqu'à 4 ou 5 fois par jour et durerait de plus en plus longtemps.

Sciences

Les fleurs sont rouges "pour rebuter, pas pour séduire"

Les scientifiques se sont toujours accordés à expliquer les couleurs vives des fleurs par la nécessité pour elles d'attirer les insectes, les mammifères et les oiseaux assurant leur pollinisation.

Des biologistes de trois universités australiennes viennent cependant de publier un rapport dans lequel ils dénoncent cette théorie, affirmant que les couleurs vives de certaines fleurs visent en fait à repousser les herbivores, rebutés par les hauts niveaux de cyanures qu'elles signalent.L'équipe a en effet étudié la flore australienne et relevé de plus hauts niveaux de cyanures dans les végétaux arborant de grandes fleurs rouges, semblables à celles des roses ou des coquelicots.

Le Dr Mick Hanley, directeur de l'étude, explique : "La couleur rouge est un avertissement adressé aux vertébrés herbivores comme les émeus, les perroquets ou les kangourous, qui prévient que la fleur contient des composés cyanurés ayant un mauvais goût, voire toxiques".

La pollution réduit la luminosité du ciel dans le monde, confirme une étude

Une augmentation de la pollution atmosphérique a assombri le ciel sur la majeure partie de la planète au cours des 30 dernières années, souligne une étude publiée vendredi dans la revue "Science".

Le phénomène est déjà connu, mais la nouvelle étude compile des données collectées par satellite et au sol sur une période plus longue qu'auparavant. "La création de cette base de donnée est un grand pas en avant pour la recherche sur les changements à long terme de la pollution atmosphérique et leur mise en corrélation avec le changement climatique", explique dans un communiqué Kaicun Wang, un chercheur de l'université du Maryland.

"Et c'est la première fois que nous avons des informations globales sur le long terme concernant les aérosols sur terre pour compléter les informations déjà disponibles sur les relevés d'aérosols au-dessus des océans", précise-t-il.

Selon l'étude, la baisse de la luminosité céleste se produit partout sauf en Europe, où des baisses du niveau de pollution permettent d'avoir un ciel plus clair.

Les aérosols pourraient avoir un impact sur le climat, même si cela n'a pas encore été prouvé. Ces polluants peuvent conduire à un refroidissement en réfléchissant la lumière du soleil vers l'espace, mais ils peuvent aussi absorber l'énergie solaire et réchauffer l'atmosphère.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009