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Projet de prestations partiellement payantes au Centre Cardiaque
Crainte d'une politique au détriment des patients pauvres
Les détenteurs d'une police d'assurance pourraient prochainement
être appelés à payer pour une intervention
cardiaque à l'hôpital. C'est la proposition du Trust
Fund for Specialised Medical Care (TFSMC), responsable de
la gestion du Centre Cardiaque, à la Santé. L'objectif
: permettre au Centre Cardiaque de générer des fonds
pour améliorer la qualité des soins dispensés.
Les discussions ont été enclenchées à
cet effet, et le projet aurait déjà l'aval du ministre
de la Santé, Rajesh Jeetah. Toutefois, l'idée ne
fait l'unanimité. Plusieurs voix s'élèvent
contre cette démarche arguant qu'elle favoriserait une
politique de deux poids, deux mesures, "déjà
en pratique" selon certains, dans cet hôpital. Si d'aucuns
s'interrogent quant à la formule qui devrait être
adopter pour garantir une équité dans la contribution
des patients, pour le Comité pour l'Amélioration
de la Santé (CAS) - qui s'oppose fermement à ce
projet - "un tel projet se fera au détriment des
patients pauvres".
Pour des soins dispensés à des patients traités
dans les cliniques privées, mais qui suivant des complications
se retrouvent à l'hôpital, le Centre Cardiaque de
Pamplemousses dépense annuellement, en moyenne, quelque
Rs 8 750 000. Une somme considérée astronomique,
d'autant que ces patients qui se rendent dans les cliniques privées
au préalable, disposent d'une police d'assurance qui devrait
couvrir les frais médicaux. Dans cette optique, le board
du TFSMC a entrepris les discussions avec les hautes instances
du ministère de la Santé en vue d'établir
une formule payante pour les patients qui en ont les moyens. Actuellement,
le gouvernement consacre une enveloppe de plus de Rs 100 Millions
au fonctionnement du Centre Cardiaque. Mais le centre requiert
plus d'argent pour assurer un meilleur service. "L'objectif
est d'améliorer la qualité du service offert au
Centre. Nous allons investir dans de nouvelles technologies afin
de garantir de meilleure soins. D'autant qu'avec l'acquisition
d'un terrain de 5 arpents de la compagnie sucrière de Beau
Plan, nous avons des projets d'agrandissements de l'hôpital
pour pouvoir accueillir plus de malades", indique Siven
Poinoosawmy, directeur du Centre. Le board du TFSMC, dit-il, travaille
activement sur une grille qui devrait être appliquée
pour les patients assurés, soit à un tarif aussi
compétitif que celui proposé aux étrangers,
mais surtout bien moins cher que dans le privé. En effet,
depuis quelques années déjà, les ressortissants
étrangers passent à la caisse. Une grille tarifaire
allant de Rs 15 000 pour une angiographie à Rs 200 000
pour une chirurgie valvulaire en passant par la chirurgie vasculaire
au coût de Rs 30 000 à Rs 50 000 a été
établie pour les touristes qui viennent se faire soigner
au Centre de Pamplemousses. Une politique mise en place pour mettre
fin aux abus dans ce domaine.
Cette démarche est considérée comme une
tentative de démanteler le Welfare State4
Sur ce principe de contribution qui existe déjà
pour les ressortissants étrangers, le TFSMC veut introduire
des soins payants pour les patients assurés. Mais cette
demande du Trust Fund pour les patients assurés
se voient contestée. Si le directeur du Centre Cardiaque
assure que les personnes avec une police d'assurance n'auront
aucunement la priorité sur les autres pour les interventions,
plusieurs médecins et patients avertis déplorent
cette politique. "Nous avons vu des cas de patients traités
dans le privé, et qui se rendent, sur recommandation des
médecins, ministres ou autres personnalités influentes,
au centre cardiaque pour leur opération. Ces patients passent
avant ceux inscrits sur la longue liste d'attente. Avec les patients
assurés, ce sera la même politique de deux poids,
deux mesures, appliquée pour ceux qui ont de l'argent,
soit une assurance, contre ceux qui n'ont pas les moyens, comme
c'est le cas pour ceux qui sont proches de certaines personnes
influentes au Centre Cardiaque", estime un médecin
du privé. Cette démarche est également considérée
comme une tentative de démanteler le Welfare State. "Comme
ce fut le cas lorsque l'ancien régime a tenté de
revoir la formule de pension de vieillesse. Le gouvernement actuel
en a fait son arme pour gagner les dernières élections
générales arguant que la pension de vieillesse ne
pouvait faire l'objet de ciblage. Lorsqu'il s'agit de la Santé
publique, peut-on faire un ciblage", s'interrogent d'autres
médecins. Dans le privé, les médecins sont
d'avis que la contribution des touristes est une bonne chose,
mais la proposition du TFSMC quant à l'introduction des
paiements pour les patients assurés causerait des préjudices.
"Les soins devraient être soient payants pour tous,
soit gratuits pour tous. On ne peut faire de ciblage quand il
s'agit de médecine", indique notre interlocuteur.
Le CAS appelle les autorités à ne pas aller de
l'avant avec ce projet
D'autres se demandent comment déterminer si un patient
dispose ou non d'assurance. Et de souligner que cette mesure favoriserait
des abus. "Un employé de bureau dispose généralement
d'une assurance, avec un barème. Une fois ce barème
utilisé, il ne peut compter sur son assurance pour payer
ses soins. Et en cardiologie, nous savons tous combien les frais
sont élevés", rappellent certains médecins
avertis. Parallèlement, de nombreux Mauriciens travaillant
à leur propre ne souscrivent pas à des polices assurances,
mais possèdent, eux, les moyens de payer. "Comment
déterminer entre quelqu'un qui possèdent réellement
les moyens de payer une intervention chirurgicale cardiaque et
un patient qui n'a pas les moyens", s'interroge-t-on.
S'opposant au projet de rendre partiellement payantes les prestations
au Centre Cardiaque de Pamplemousses, le CAS soutient qu'une telle
mesure se ferait au détriment des patients pauvres. "Nous
ne pouvons créer deux types de patients: ceux qui ont les
moyens et ceux qui n'en ont pas. En se faisant, les premiers seront,
automatiquement, favorisés, car ils ont les moyens de payer.
La grande majorité des patients pauvres qui ne sont pas
couverts par une assurance médicale risque, ainsi, d'être
traitée comme des patients de bien moindre importance",
explique Serge Rayapoullé, animateur de ce mouvement. Le
CAS appelle, en conséquence, les autorités gouvernementales
à ne pas aller de l'avant avec ce projet. Selon ce mouvement,
si le projet de rendre partiellement payantes les prestations
au Centre Cardiaque aboutissait, il y a de grands risques que
l'ensemble des services de santé soit, progressivement,
rendu payant "au détriment des plus pauvres".
En revanche, le CAS encourage les touristes de passage qui reçoivent
des soins dans les centres de santé publics dont le centre
cardiaque à faire librement des dons au ministère
de la Santé.
Les décorés de 2009
De surprise en surprise
Chaque liste annuelle des décorés des fêtes
de l'indépendance et de la république amène
son lot de surprises. Entre les "vice-Prime Ministers",
Xavier Duval et Rama Sithanen et le Speaker Kailash Purryag et
l'Évêque de Port-Louis, Monseigneur Maurice Piat,
un illustre inconnu du nom de Richard G. Gervais pour "contribution
to the promotion of Mauritius in Canada et un certain Mario Modliar
(Flore) "for voluntary social work" et bien d'autres
décorés qui doivent leur distinction républicaine
qu'à leur proximité politique du jour. Ils répondent
aussi, pour ne pas changer, à une triste logique de quotas
ethniques.
Commençons par la plus haute distinction, le Grand Commander
of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GCSK). Il
y a trois récipiendaires cette année contre un seul
en 2008, le Premier ministre, le Dr Navinchandra Ramgoolam.
Traités comme des jumeaux politiques depuis 2005, les deux
élus de Belle- Rose/Quatre-Bornes, Rama Sithanen et Xavier
Duval sont toujours logés à la même enseigne.
Ils portaient le même titre de pacotille de Deputy Prime
Minister avant d'être recadrés par la Cour suprême
l'année dernière et ont pu repêcher leurs
titres par le biais d'un texte de loi qui peut, demain, être
jeté à la poubelle.
Le troisième GCSK est, en fait, un ancien GOSK (Grand Officer
of the order of the Star and Key of the Indian Ocean) Kailash
Purryag, récompensé, au même titre que les
deux "Vice-Prime ministers" pour "distinguished
services in the social and political fields". C'est, en effet,
quelqu'un qui a une longue carrière politique, commencée
en 76 à ce jour. On ne sait, toutefois, si c'est sa décision
d'expulser le leader de l'opposition de l'Assemblée nationale
le 9 décembre dernier qui lui vaut cette promotion d'un
titre à l'autre.
Dans la catégorie des GOSK, le Professeur Donald Ah-Chuen,
triplement reconnu pour son apport aux secteurs bancaire, financier
et éducatif, Iqbal Mohamed Fatehmamode, un industriel,
le Monsieur Richard G. Gervais qui fait la "promotion de
Maurice au Canada", le Dr Beergoonath Ghurburrun, ancien
ministre qui est passé du PTr au MSM dans les années
80/90, Feu Raj Mudhoo, ancien chef de la fonction publique terrassé
par une crise cardiaque il y a tout juste un mois.
A également obtenu le visa pour le GOSK, Agnès Monique.
Ohsan-Bellepeau, ancienne député travailliste et
présentement présidente du parti du Premier ministre.
L'année dernière, c'était le secrétaire
général du même parti, Deva Virahsawmy, qui
avait été honoré, lui qui avait porté
très haut les valeurs républicaines avec sa sortie
raciste, en septembre 2000, contre Paul Bérenger auquel
il s'était référé comme "sa blanc-la".
Aux antipodes des valeurs républicaines
Ceux qui ont aussi étaient faits GOSK, l'Évêque
de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, la ministre de la Femme, Mme
Indranee Seebun, Hassam Vayid, ancien haut cadre de la Mauritius
Commercial Bank et ami personnel de Navin Ramgoolam de même
que Loga Virahsawmy qui, depuis un fameux forum à l'Hôtel
St Georges, à la veille des élections de juillet
2005, n'a pas fait mystère de ses préférences
politiques.
Ont, été, par ailleurs, faits Commander of the Order
of the Star and Key of the Indian Ocean (CSK) Pierre Ah Sue, une
personnalité connue du monde de la construction, Krishnawtee
Beegun, ancienne haut cadre de la fonction publique, feu Chaitlall
Gunness, ancien Chief Executive Officer de la State Bank of Mauritius
mortellement atteint lors des attentats de Mumbai à la
fin de l'année dernière, le speaker de l'Assemblée
Régionale de Rodrigues, Joseph Chenlye Lamvohee, Anne Christine
Marie Levigne-Fletcher, qui est à la tête de l'usine
pionnière de fabrication de jouets en peluche pour l'exportation,
Philippe Wefar Li Pak U, Youssouf Mahmad Noormamode et Oodith
Ramdenee.
Dans la catégorie OSK (Officer of the Order of the Star
and Key of the Indian Ocean), le Dr Audrey Chui Wan Cheong, qui
porte un nom qui est souvent honoré, Surendra Singh Dahoo,
Chintamani Doonghoor, le Dr Dawood Mahomed Hansrod, le Dr Jean-Alain
Ean Ignace, vétérinaire connu, Ramchandarsing Jagutpal,
Parmanand Nunkoo et Eshan Mohamed Swadeck Taher, qui est à
la tête du groupe du même nom.
Pas moins de 20 récipiendaires du titre de Member of the
Star and Key of the Indian Ocean(MSK), à commencer par
la pétulante Linzy Bacbotte, chanteuse et animatrice qui
avait procédé à un célèbre
déhanchement avec le Premier ministre lors d'une fête
culturelle au Morne l'année dernière pour marquer
l'inscription du lieu sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Le cliché avait fait le tour des blogueurs de Facebook
avec un pléthore de commentaires, les uns plus inspirés
que les autres.
Viennent ensuite, Narainduth Bhoyrag, Sonalall Bhunjun, Saraswati
Devi Boodan mais aussi Mario Modliar (also known as Mario Flore),
"for voluntary social work". L'année dernière,
c'est Somdath Dulthumun qui avait été honoré
d'un titre un peu plus relevé, celui de OSK "for
distinguished services to the community".
On se demande vraiment en quoi de tels défenseurs de la
parole et de l'action sectaire méritent les honneurs de
la République. Ils sont, en fait, aux antipodes de ce que
représentent les valeurs républicaines. Mais, il
semble que ce soit une logique de chacun son tour après
la participation intempestive des uns et des autres à la
campagne pour la partielle de Moka/Quartier Militaire.
Audiovisuel: plus idiot et avec plus de visières, oui
Dans la liste des MSK, le Dr Yagasoondaren Ganeshan, Fareed Jangeerkhan,
le président du conseil d'administration de la MBC qui,
jadis, fut le cameraman personnel du Premier ministre et qui est,
cette année, honoré pour sa "contribution
to the audiovisual sector". En tout cas, il sera reconnu
pour avoir rendu le service public, plus idiot, et avec plus de
visières.
Viennent ensuite, toujours dans la catégorie des MSK, Marc
Eric You Fook Lim Kian Siang, Anand Makoon, un apparenté
Mouvement Républicain de Rama Valayden, Balraj Narroo,
Goolam Mahmad Oozeer Nauyeck, Serge Ng Tat Chung, le très
respecté recteur du Collège St Joseph, Gérard
Palmyre, celui qui, en 68, procéda au remplacement de l'Unon
Jack par le quadricolore mauricien, Touria Prayag, une habituée
des tribunes des journaux, Sabeetree Ramtuhal, Bhimduth Sobaru,
Khemraj Sooknah, ancien cadre de la CWA, Jairaj, Sonoo, le no
2 de la State Bank of Mauritius, Bibi Tyroon Tahera Foeermamode
et Devi Veerasamy.
Les récipiendaires de la President's Distinguished Service
Medal (PDSM), Droopnath Naga, Mohamad Oozeer, Soobaraj Nayroo
Sok Appadu, Taye Wah Michel Wan Chat Kwong, qui a eu une lognue
carrière dans la diplomatie, le Capitaine Wong That Chon
Wong Chung Toi, plus connu comme le Capitaine Toi et ancien directeur
de la Mauritius Ports Authority.
Ceux qui reçoivent le President's Meritorious Service Medal
(PMSM), Abdool Jalill Abdool Haye Ahmadi, qui a eu une longue
carrière à la MBC, Marie Denise Chan Youn Sen, Marie
Mary César, Poospanaden Jaganada Reddy, Poorunchand Jayram,
Soopaya Pillay Mauree, Mee Yin Philogène, Shrimati Premila
Devi Ramdenee, Bibi Shenaz sooba et Yogendrasing Sreepaul.
Dans la catégorie des President's Badge of Honour, Ramoortee
Asyrigadoo, Parasram Gondeea, Abdool Hamid Jungal, Mari May Denise
Laroulette, Jagadissen Nallagoinden, Padit Lall deo Sharma Neetye,
Neerala Ramdany, Kemraj Seebaruth, Krishna Sookary et Bhanu tembah.
Pour le President's Certificate of Honour, Moonsamy Ammoo, Abdool
Hossen Auleear, Danilal Bocus, Hi Foun How Sou Choung, Sing Yin
Mui Daisy Li Ching Hum, Basheer Ahmud Noormamode, Ramraj Prayag,
Ramraj Sahaye, Ginette Samy et Sunkurjee Sumboo.
Parmi les auters décorés, une longue liste d'officiers
de police -parmi lesquels, le chef inspecteur Hector Tuyau pour
"long service and good conduct medal (30 years)-, des prisons
et du service des pompes.
Une question que l'on se pose après avoir parcouru la liste
des décorés, est-ce que ceux qui ont accepté
d'être honorés par la République savaient
en quelle compagnie ils se retrouveraient? Si c'est oui, l'auraient-ils
accepté quand même ? On est à Maurice et,
ici, les petites lâchetés ne se comptent plus et
personne n'a le courage de refuser ou de rendre sa distinction.
Quelle République
Célébration du 12 mars au Champ de Mars
Cérémonie protocolaire sobre et spectacle haut
en couleurs
Comme les années précédentes, c'est le public
portlouisien qui a sauvé la mise en se rendant dans un
élan patriotique au Champ de Mars, pour assister à
la cérémonie protocolaire et au lever du drapeau
dans le cadre de la célébration du 41ème
anniversaire de l'accession de Maurice à l'Indépendance
et les 17 ans de la République.
Les festivités officielles de l'Indépendance n'ont
pas attiré la grande foule et les organisateurs n'ont pas
réussi à mobiliser le peuple et à faire vibrer
la fibre patriotique. Le gros public était absent et ceux
présents avaient quelques difficultés à suivre
l'événement en l'absence d'écrans géants
permettant une meilleure visibilité. Le public avait choisi
de rester devant le poste de télévision pour suivre
en direct la manifestation officielle et le spectacle. Par contre,
il y a eu de gros efforts pour orner les maisons, les bâtiments
et les véhicules avec le quadricolore.
Le lever du drapeau a eu lieu à 19 h, en présence
de l'invité d'honneur, le président du Botswana,
le lieutenant-général, Seretse Khama Ian Khana.
Le Président de la République, sir Anerood Jugnauth
et le PM Navin Ramgoolam prenaient place sur l'estrade. Le quadricolore
est hissé en haut du mât et l'hymne national retentit
suivi d'une salve de 21 coups de canon. Quatre hélicoptères
et deux avions de la force policière ornés de couleurs
nationales ont survolé le Champ de Mars. On eut droit à
un défilé de véhicules de la police, des
services de pompes à incendie, des chars des municipalités
et des Conseils de district alors que Bruno Julie, le premier
médaillé olympique mauricien était à
la tête de la procession des fédérations sportives.
Le spectacle culturel a été d'un niveau appréciable
avec la prestation du groupe Abaim. Les vedettes de Ti Marmit
ont soulevé l'enthousiasme de la foule avec deux chansons
figurant sur leur récent album, Re Kreasyon et Dalpita
Mangela, puis l'incontournable Rozmari. Place ensuite à
un numéro de danses merveilleusement exécuté
par les danseurs du MGI, du Centre Culturel Chinois, du Centre
Nelson Mandela et du Conservatoire François Mitterrand,
sur une chanson d'Alain Auriant et une chorégraphie de
Stephen Bongarçon.
Un magnifique feu d'artifice de dix minutes a éclairé
le ciel portlouisien.
Message de SAJ à l'occasion de la Fête nationale
Les Mauriciens appelés à se préparer à
une situation économique "encore plus difficile"
Dans le cadre des célébrations de la Fête
nationale, le président de la République, sir Anerood
Jugnauth a, dans son message à la nation, appelé
les Mauriciens à prendre conscience de l'évolution
de la situation économique au plan mondial et à
se préparer à une situation "encore plus
difficile". Face à la situation, il convient,
dit-il, de prendre les décisions "économiquement
saines" et "éviter les gaspillages".
Dans son message à la nation, sir Anerood devait souligner
que même si, dans le cas de Maurice, la lutte pour l'indépendance
a été "longue et difficile", elle
n'a pas été marquée par des effusions de
sang. Il estime nécessaire de rappeler cette lutte à
l'intention des générations qui ne l'ont pas vécue.
Pour le président de la République, l'Etat a toujours
eu de la considération pour les plus faibles. "Cela,
dit-il, nous a valu la tranquillité, la paix, l'harmonie
sociale et la stabilité politique". Des facteurs
qui, devait poursuivre le chef d'Etat, a permis au pays d'avancer
au niveau économique.
Alors que, explique sir Anerood, plusieurs pays du monde sont
déjà en récession, Maurice arrive encore
à garder la tête hors de l'eau. "Nous devons
tous prendre conscience de ce qui se passe dans le monde et nous
préparer à faire face à une situation encore
plus difficile", déclare le président.
Pour lui, en effet, il convient de prendre des décisions
économiquement saines et d'éviter le gaspillage.
"Je suis convaincu qu'en tant que peuple débrouillard,
nous saurons surmonter les difficultés". Sir Anerood
souligne que les sacrifices doivent s'appliquer à tout
un chacun - l'Etat, le secteur privé et les particuliers.
Il rappelle que grâce à la politique de proximité
des gouvernements successifs et l'encadrement légal et
démocratique nécessaires, les enfants ont, de nos
jours, droit à "une bonne éducation"
de même qu'à l'accès à "des
soins de santé de qualité". "Il
y a surtout le fait que leurs droits constitutionnels sont garantis",
argue sir Anerood.
Concernant les personnes âgées, le président
est d'avis qu'ils sont bien encadrés par le ministère
de tutelle ; "Leur pension a été augmentée
et grâce à une amélioration du système
de santé, l'espérance de vie a connu une hausse".
Sir Anerood rappelle que l'Etat-Providence a été
consolidé avec l'avènement du transport gratuit.
Ce qui lui fait dire que les conditions de vie se sont bien améliorées.
"Li vré ki dimounn plaigne la vie chère.
Mais il ne faudrait pas oublier que la vie est chère partout
ailleurs dans le monde". Le président de la République
rappelle que dans le cas particulier de Maurice, nous importons
tout ce dont nous avons besoin. "Quand c'est cher à
l'étranger, l'on ne peut vendre à meilleur marché
à Maurice", laisse-t-il entendre.
Sir Anerood rappelle la récente visite du président
chinois, Hu Jintao qui, dit-il, aura très certainement
nombre de retombées positives sur les plans médiatique,
touristique, commercial et de la coopération bilatérale.
Référence aussi à la présence de l'invité
d'honneur aux célébrations de la fête nationale,
le président botswanais, Seretse Khama Ian Khama dont la
visite, affirme le président Jugnauth, raffermira les liens
d'amitié et commerciaux entre nos deux pays.
Sir Anerood devait conclure en invitant les parents à uvrer
en vue de léguer un pays "en bon état"
à leurs enfants. "Nous devons continuer à
nous soucier de notre environnement", dit-il. Référence,
à ce propos, au projet gouvernemental, Maurice île
durable.
VOH
Après la tentative d'ingérence à la mairie
de Curepipe
Lundi dernier, Michael Sik Yuen, maire de Curepipe reçoit
comme d'habitude, des habitants de la ville à son bureau.
A l'extérieur des membres de la Voice of Hindu, mécontents
exigent d'être reçus par le maire. Ils souhaitent
intervenir en faveurs d'un groupe de marchands ambulants, délogés
plus tôt pour le Square Bruce non loin de la gare Jan-Palach
Sud. Ces derniers, obstruaient des passages fréquentés
de la ville. Mais furieux et contestant la décision de
la municipalité, ils auraient selon les représentants
de la VOH, fait appel à cet organisme. Michael Sik Yuen,
n'entend pas déroger à ses principes. Il écoute
les membres du public qui ont pris rendez-vous et refuse d'y mettre
fin pour recevoir la VOH. Ce qui agace celle-ci. Ses membres tentent
alors de forcer la porte du bureau du maire et ce sans être
inquiétés par des policiers présents
Interpelés par la démarche de la VOH, les Curepipiens
ne sont pas restés tranquilles. Réunis, hier, à
l'hôtel de ville, ils ont condamné l'attitude des
membres de l'organisme et leur demande de ne plus interférer
dans la gestion de Curepipe. Ils ont aussi lancé un appel
aux autorités, dont le Premier ministre pour sanctionner
de tel agissements qui mettent en péril la paix social.
Les Curepipiens réunis à l'hôtel de ville
de la mairie, hier matin, ont été catégoriques.
"La Voice of Hindu n'est pas mandatée pour
nous représenter. Qu'elle n'intervienne plus dans l'administration
de la ville!" Révoltés par la pression
qu'a voulu exercer la VOH, lundi dernier, sur le maire,
Michael Sik Yuen, après le délogement de certains
marchands ambulants par la municipalité, les représentants
des Forces Citoyennes de Curepipe et des habitants n'ont pas voulu,
disent-ils, garder le silence sur cet épisode. Et ce, "pour
ne pas cautionner la démarche de la VOH". C'est
dans cette optique, exliquait Tony Chelvan des forces vives, après
la rencontre d'hier à Week-End, que "Curepipe
a voulu dire stop à la VOH" et que
"les Curepipiens n'ont de compte à lui rendre!"
Et pour soutenir leur position les Forces Citoyennes de la
ville soumettront une pétition au Commissaire de Police,
Dhun Iswar Rampersad et au Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Car, selon les habitants de la ville, "il est temps que
les autorités, à commencer par le Premier ministre,
interviennent pour que la VOH et tous ceux qui espèrent
déstabiliser la paix sociale soient sanctionnés".
Jusqu'ici, déplorent ces derniers, "la police a
surtout fait preuve de laxisme à l'égard de la VOH".
"Nous ne voulons pas d'une situation digne d'un Western.
Nous voulons d'une ville propre, sans groupe de pression pour
interférer dans sa gestion", avance d'emblée
Gaëtan Février des Forces Citoyennes de Curepipe en
ouvrant le débat avec les habitants de la ville. "Lorsque
des mouvements du genre prennent d'assaut des institutions, dont
un hôpital qui n'est autre qu'un établissement national,
l'on est en droit de se demander qui sont ceux qui dirigent le
pays? Que fait la police? A qui faire confiance? Zot enn danzé
pou la Répiblik ek la pé sosyal!", ajoute
Tony Chelvan. Ce dernier regrette également la médiatisation
de la VOH par la télévision nationale. De son côté,
Clifford Maniacara, membre des Forces Citoyennes de Curepipe,
déplore l'attitude d'un conseiller de la ville et ancien
maire, lequel serait selon lui proche de la VOH. Par ailleurs,
habitants et leurs représentants n'ont pas caché
leur indignation quant à l'octroi d'un terrain, dans la
région curepipienne, à l'organisme pour la construction
d'un bureau. Les habitants qui ont pris la parole au cours de
cette rencontre ont plaidé pour l'entente sociale et rejeté
le communnalisme.
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