p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009



  Motion à trois volets d'Alan Ganoo - Le député pour "un front uni de toutes les fédérations syndicales"
  Projet de prestations partiellement payantes au Centre Cardiaque - Crainte d'une politique au détriment des patients pauvres
  Les décorés de 2009 - De surprise en surprise…
  Célébration du 12 mars au Champ de Mars - Cérémonie protocolaire sobre et spectacle haut en couleurs
  Message de SAJ à l'occasion de la Fête nationale - Les Mauriciens appelés à se préparer à une situation économique "encore plus difficile"
  VOH - Après la tentative d'ingérence à la mairie de Curepipe


Motion à trois volets d'Alan Ganoo

Le député pour "un front uni de toutes les fédérations syndicales"

Le premier député de Savanne/Rivière Noire, Alan Ganoo a déposé, vendredi, une nouvelle motion privée demandant au gouvernement de convoquer d'urgence une table-ronde avec les fédérations et confédérations syndicales pour discuter, le rappel des tripartites en vue de fixer le montant de la compensation salariale à payer, les amendements au Employment Relations Act de 2008, promulgué en février dernier, par rapport aux licenciements et la réintégration des deux licenciés de Mauritius Telecom, Indiren Curpenen et Raj Ragoonath.

Expliquant sa démarche, le député a dit à Week-End qu'il pense qu'il est "urgent qu'il y ait un front uni de tous les courants syndicaux et que les forces de l'opposition et celles des fédérations syndicales conjuguent leurs efforts en vue de mener un combat contre l'augmentation continue du coût de la vie" Il est indispensable que l'opposition et les syndicats unissent leurs forces dans ce combat.

Même s'il est vrai que c'est avant le combat des syndicats que de contester les nouvelles lois du travail et de réclamer le rétablissement des droits acquis abolis dans l'Employment Rights Act, qui, avec l'Industrial Relations Act, est la pire loi scélérate, rétrograde et anti-travailleurs votée depuis l'indépendance, le député avance qu'il est impératif que son parti apporte, comme dans le passé, un soutien inconditionnel à cette lutte syndicale.

Rappelant que lui même et son leader avaient, l'année dernière, rencontré les syndicats avant de commenter les deux projets de loi et qu'il avait aussi participé, en compagnie de son collègue Jayen Cuttaree à un forum à ce sujet, il souligne que le MMM avait formellement demandé au Premier ministre de reporter le vote de ce texte et qu'il soit confié à un Select Committee en vue d'arriver à un consensus quant à son contenu final. Une demande qui avait été rejetée par le gouvernement, déplore Alan Ganoo.

Le ministre d'alors du Travail et des Relations Industrielles, le Dr Vasant Bunwaree avait aussi, rappelle-t-il, repoussé les arguments de l'opposition sur le recul très net des acquis des travailleurs eu égard à l'abolition du Termination of Service of Contracts Board. Le député explique que sous l'ancien Labour Act, l'employeur avait l'obligation de notifier le TCSB avec 120 jours de préavis de son intention de licencier des employés.

Violation de l'article 158 de la Convention du BIT

Cette provision a disparu avec l'abolition du TCSB mais pire, renchérit Alan Ganoo, ce n'est plus à l'employeur de venir justifier sa décision de licencier mais c'est maintenant au licencié de venir prouver pour quelles raisons il ne devrait pas l'être. Cette clause, soutient-il, constitue une violation flagrante de l'article 158 de la Convention du Bureau International du Travail qui stipule que c'est à l'employeur de venir justifier les licenciements et non le contraire. Tous ses points avaient été mis en avant par l'opposition lors des débats mais le gouvernement n'en avait retenu aucun, critique le député.

Autre aspects du texte décriés tant par les syndicats que l'opposition, la différence de compensation entre l'ancienne et la nouvelle loi. Le député souligne que si, sous l'ancien texte, l'employeur se devait de payer des indemnités de 8 jours par année de service si le renvoi d'un employé est justifié et de 3 mois s'il ne l'est pas.

Or, dit Alan Ganoo, ce qui est présenté dans l'ERA comme un "recycling fee" n'est que de 3 jours de salaires pour un employé qui a été en service sur une période de 12 mois à trois ans et de six jours de salaire pour quelqu'un qui aura travaillé de 3 ans à 10 ans. Et "to add insult to injury", s'insurge l'élu de l'opposition, si, sous l'ancien texte les indemnités de licenciements étaient calculés sur les salaires totaux de l'employé, le nouveau texte, lui, limite ce paiement aux salaires de base, ce qui constitue un autre recul et une nouvelle érosion des droits acquis des travailleurs.

Même lorsque l'opposition est revenue à la charge et a fait une ultime tentative de proposer des amendements à la loi sur tous aspects au Committee Stage, le gouvernement les a tous repoussé, regrette Alan Ganoo. Il a conclu en exprimant sa solidarité totale aux travailleurs ajoutant qu'il apporte un soutien inconditionnel et total au combat syndical dans sa recherche de plus de justice sociale.


Le libellé de la motion

"This Assembly resolves that in view of the prevailing economic situation and the continued deterioration in the purchasing power of the population, Government should forthwith call a round-table meeting and convene all the trade-union federations and confederations to discuss the following issues:-

(1) the urgency of reconvening the annual tripartite meeting in order to determine the salary compensation to be paid to the workers of the country;

(2) the need for a consensus regarding the amendments to be brought to the Employment Rights Act 2008 especially with reference to the procedures and measures relating to proposed lay-offs by employers;

(3) the immediate reinstatement of the two trade-unionists following their unjustified dismissal from Mauritius Telecom


Projet de prestations partiellement payantes au Centre Cardiaque

Crainte d'une politique au détriment des patients pauvres

Les détenteurs d'une police d'assurance pourraient prochainement être appelés à payer pour une intervention cardiaque à l'hôpital. C'est la proposition du Trust Fund for Specialised Medical Care (TFSMC), responsable de la gestion du Centre Cardiaque, à la Santé. L'objectif : permettre au Centre Cardiaque de générer des fonds pour améliorer la qualité des soins dispensés. Les discussions ont été enclenchées à cet effet, et le projet aurait déjà l'aval du ministre de la Santé, Rajesh Jeetah. Toutefois, l'idée ne fait l'unanimité. Plusieurs voix s'élèvent contre cette démarche arguant qu'elle favoriserait une politique de deux poids, deux mesures, "déjà en pratique" selon certains, dans cet hôpital. Si d'aucuns s'interrogent quant à la formule qui devrait être adopter pour garantir une équité dans la contribution des patients, pour le Comité pour l'Amélioration de la Santé (CAS) - qui s'oppose fermement à ce projet - "un tel projet se fera au détriment des patients pauvres".

Pour des soins dispensés à des patients traités dans les cliniques privées, mais qui suivant des complications se retrouvent à l'hôpital, le Centre Cardiaque de Pamplemousses dépense annuellement, en moyenne, quelque Rs 8 750 000. Une somme considérée astronomique, d'autant que ces patients qui se rendent dans les cliniques privées au préalable, disposent d'une police d'assurance qui devrait couvrir les frais médicaux. Dans cette optique, le board du TFSMC a entrepris les discussions avec les hautes instances du ministère de la Santé en vue d'établir une formule payante pour les patients qui en ont les moyens. Actuellement, le gouvernement consacre une enveloppe de plus de Rs 100 Millions au fonctionnement du Centre Cardiaque. Mais le centre requiert plus d'argent pour assurer un meilleur service. "L'objectif est d'améliorer la qualité du service offert au Centre. Nous allons investir dans de nouvelles technologies afin de garantir de meilleure soins. D'autant qu'avec l'acquisition d'un terrain de 5 arpents de la compagnie sucrière de Beau Plan, nous avons des projets d'agrandissements de l'hôpital pour pouvoir accueillir plus de malades", indique Siven Poinoosawmy, directeur du Centre. Le board du TFSMC, dit-il, travaille activement sur une grille qui devrait être appliquée pour les patients assurés, soit à un tarif aussi compétitif que celui proposé aux étrangers, mais surtout bien moins cher que dans le privé. En effet, depuis quelques années déjà, les ressortissants étrangers passent à la caisse. Une grille tarifaire allant de Rs 15 000 pour une angiographie à Rs 200 000 pour une chirurgie valvulaire en passant par la chirurgie vasculaire au coût de Rs 30 000 à Rs 50 000 a été établie pour les touristes qui viennent se faire soigner au Centre de Pamplemousses. Une politique mise en place pour mettre fin aux abus dans ce domaine.

Cette démarche est considérée comme une tentative de démanteler le Welfare State4

Sur ce principe de contribution qui existe déjà pour les ressortissants étrangers, le TFSMC veut introduire des soins payants pour les patients assurés. Mais cette demande du Trust Fund pour les patients assurés se voient contestée. Si le directeur du Centre Cardiaque assure que les personnes avec une police d'assurance n'auront aucunement la priorité sur les autres pour les interventions, plusieurs médecins et patients avertis déplorent cette politique. "Nous avons vu des cas de patients traités dans le privé, et qui se rendent, sur recommandation des médecins, ministres ou autres personnalités influentes, au centre cardiaque pour leur opération. Ces patients passent avant ceux inscrits sur la longue liste d'attente. Avec les patients assurés, ce sera la même politique de deux poids, deux mesures, appliquée pour ceux qui ont de l'argent, soit une assurance, contre ceux qui n'ont pas les moyens, comme c'est le cas pour ceux qui sont proches de certaines personnes influentes au Centre Cardiaque", estime un médecin du privé. Cette démarche est également considérée comme une tentative de démanteler le Welfare State. "Comme ce fut le cas lorsque l'ancien régime a tenté de revoir la formule de pension de vieillesse. Le gouvernement actuel en a fait son arme pour gagner les dernières élections générales arguant que la pension de vieillesse ne pouvait faire l'objet de ciblage. Lorsqu'il s'agit de la Santé publique, peut-on faire un ciblage", s'interrogent d'autres médecins. Dans le privé, les médecins sont d'avis que la contribution des touristes est une bonne chose, mais la proposition du TFSMC quant à l'introduction des paiements pour les patients assurés causerait des préjudices. "Les soins devraient être soient payants pour tous, soit gratuits pour tous. On ne peut faire de ciblage quand il s'agit de médecine", indique notre interlocuteur.

Le CAS appelle les autorités à ne pas aller de l'avant avec ce projet

D'autres se demandent comment déterminer si un patient dispose ou non d'assurance. Et de souligner que cette mesure favoriserait des abus. "Un employé de bureau dispose généralement d'une assurance, avec un barème. Une fois ce barème utilisé, il ne peut compter sur son assurance pour payer ses soins. Et en cardiologie, nous savons tous combien les frais sont élevés", rappellent certains médecins avertis. Parallèlement, de nombreux Mauriciens travaillant à leur propre ne souscrivent pas à des polices assurances, mais possèdent, eux, les moyens de payer. "Comment déterminer entre quelqu'un qui possèdent réellement les moyens de payer une intervention chirurgicale cardiaque et un patient qui n'a pas les moyens", s'interroge-t-on. S'opposant au projet de rendre partiellement payantes les prestations au Centre Cardiaque de Pamplemousses, le CAS soutient qu'une telle mesure se ferait au détriment des patients pauvres. "Nous ne pouvons créer deux types de patients: ceux qui ont les moyens et ceux qui n'en ont pas. En se faisant, les premiers seront, automatiquement, favorisés, car ils ont les moyens de payer. La grande majorité des patients pauvres qui ne sont pas couverts par une assurance médicale risque, ainsi, d'être traitée comme des patients de bien moindre importance", explique Serge Rayapoullé, animateur de ce mouvement. Le CAS appelle, en conséquence, les autorités gouvernementales à ne pas aller de l'avant avec ce projet. Selon ce mouvement, si le projet de rendre partiellement payantes les prestations au Centre Cardiaque aboutissait, il y a de grands risques que l'ensemble des services de santé soit, progressivement, rendu payant "au détriment des plus pauvres". En revanche, le CAS encourage les touristes de passage qui reçoivent des soins dans les centres de santé publics dont le centre cardiaque à faire librement des dons au ministère de la Santé.


Les décorés de 2009

De surprise en surprise…

Chaque liste annuelle des décorés des fêtes de l'indépendance et de la république amène son lot de surprises. Entre les "vice-Prime Ministers", Xavier Duval et Rama Sithanen et le Speaker Kailash Purryag et l'Évêque de Port-Louis, Monseigneur Maurice Piat, un illustre inconnu du nom de Richard G. Gervais pour "contribution to the promotion of Mauritius in Canada et un certain Mario Modliar (Flore) "for voluntary social work" et bien d'autres décorés qui doivent leur distinction républicaine qu'à leur proximité politique du jour. Ils répondent aussi, pour ne pas changer, à une triste logique de quotas ethniques.

Commençons par la plus haute distinction, le Grand Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (GCSK). Il y a trois récipiendaires cette année contre un seul en 2008, le Premier ministre, le Dr Navinchandra Ramgoolam.

Traités comme des jumeaux politiques depuis 2005, les deux élus de Belle- Rose/Quatre-Bornes, Rama Sithanen et Xavier Duval sont toujours logés à la même enseigne. Ils portaient le même titre de pacotille de Deputy Prime Minister avant d'être recadrés par la Cour suprême l'année dernière et ont pu repêcher leurs titres par le biais d'un texte de loi qui peut, demain, être jeté à la poubelle.

Le troisième GCSK est, en fait, un ancien GOSK (Grand Officer of the order of the Star and Key of the Indian Ocean) Kailash Purryag, récompensé, au même titre que les deux "Vice-Prime ministers" pour "distinguished services in the social and political fields". C'est, en effet, quelqu'un qui a une longue carrière politique, commencée en 76 à ce jour. On ne sait, toutefois, si c'est sa décision d'expulser le leader de l'opposition de l'Assemblée nationale le 9 décembre dernier qui lui vaut cette promotion d'un titre à l'autre.

Dans la catégorie des GOSK, le Professeur Donald Ah-Chuen, triplement reconnu pour son apport aux secteurs bancaire, financier et éducatif, Iqbal Mohamed Fatehmamode, un industriel, le Monsieur Richard G. Gervais qui fait la "promotion de Maurice au Canada", le Dr Beergoonath Ghurburrun, ancien ministre qui est passé du PTr au MSM dans les années 80/90, Feu Raj Mudhoo, ancien chef de la fonction publique terrassé par une crise cardiaque il y a tout juste un mois.

A également obtenu le visa pour le GOSK, Agnès Monique. Ohsan-Bellepeau, ancienne député travailliste et présentement présidente du parti du Premier ministre. L'année dernière, c'était le secrétaire général du même parti, Deva Virahsawmy, qui avait été honoré, lui qui avait porté très haut les valeurs républicaines avec sa sortie raciste, en septembre 2000, contre Paul Bérenger auquel il s'était référé comme "sa blanc-la".

Aux antipodes des valeurs républicaines

Ceux qui ont aussi étaient faits GOSK, l'Évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, la ministre de la Femme, Mme Indranee Seebun, Hassam Vayid, ancien haut cadre de la Mauritius Commercial Bank et ami personnel de Navin Ramgoolam de même que Loga Virahsawmy qui, depuis un fameux forum à l'Hôtel St Georges, à la veille des élections de juillet 2005, n'a pas fait mystère de ses préférences politiques.

Ont, été, par ailleurs, faits Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (CSK) Pierre Ah Sue, une personnalité connue du monde de la construction, Krishnawtee Beegun, ancienne haut cadre de la fonction publique, feu Chaitlall Gunness, ancien Chief Executive Officer de la State Bank of Mauritius mortellement atteint lors des attentats de Mumbai à la fin de l'année dernière, le speaker de l'Assemblée Régionale de Rodrigues, Joseph Chenlye Lamvohee, Anne Christine Marie Levigne-Fletcher, qui est à la tête de l'usine pionnière de fabrication de jouets en peluche pour l'exportation, Philippe Wefar Li Pak U, Youssouf Mahmad Noormamode et Oodith Ramdenee.

Dans la catégorie OSK (Officer of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean), le Dr Audrey Chui Wan Cheong, qui porte un nom qui est souvent honoré, Surendra Singh Dahoo, Chintamani Doonghoor, le Dr Dawood Mahomed Hansrod, le Dr Jean-Alain Ean Ignace, vétérinaire connu, Ramchandarsing Jagutpal, Parmanand Nunkoo et Eshan Mohamed Swadeck Taher, qui est à la tête du groupe du même nom.

Pas moins de 20 récipiendaires du titre de Member of the Star and Key of the Indian Ocean(MSK), à commencer par la pétulante Linzy Bacbotte, chanteuse et animatrice qui avait procédé à un célèbre déhanchement avec le Premier ministre lors d'une fête culturelle au Morne l'année dernière pour marquer l'inscription du lieu sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Le cliché avait fait le tour des blogueurs de Facebook avec un pléthore de commentaires, les uns plus inspirés que les autres.

Viennent ensuite, Narainduth Bhoyrag, Sonalall Bhunjun, Saraswati Devi Boodan mais aussi Mario Modliar (also known as Mario Flore), "for voluntary social work". L'année dernière, c'est Somdath Dulthumun qui avait été honoré d'un titre un peu plus relevé, celui de OSK "for distinguished services to the community".

On se demande vraiment en quoi de tels défenseurs de la parole et de l'action sectaire méritent les honneurs de la République. Ils sont, en fait, aux antipodes de ce que représentent les valeurs républicaines. Mais, il semble que ce soit une logique de chacun son tour après la participation intempestive des uns et des autres à la campagne pour la partielle de Moka/Quartier Militaire.

Audiovisuel: plus idiot et avec plus de visières, oui

Dans la liste des MSK, le Dr Yagasoondaren Ganeshan, Fareed Jangeerkhan, le président du conseil d'administration de la MBC qui, jadis, fut le cameraman personnel du Premier ministre et qui est, cette année, honoré pour sa "contribution to the audiovisual sector". En tout cas, il sera reconnu pour avoir rendu le service public, plus idiot, et avec plus de visières.

Viennent ensuite, toujours dans la catégorie des MSK, Marc Eric You Fook Lim Kian Siang, Anand Makoon, un apparenté Mouvement Républicain de Rama Valayden, Balraj Narroo, Goolam Mahmad Oozeer Nauyeck, Serge Ng Tat Chung, le très respecté recteur du Collège St Joseph, Gérard Palmyre, celui qui, en 68, procéda au remplacement de l'Unon Jack par le quadricolore mauricien, Touria Prayag, une habituée des tribunes des journaux, Sabeetree Ramtuhal, Bhimduth Sobaru, Khemraj Sooknah, ancien cadre de la CWA, Jairaj, Sonoo, le no 2 de la State Bank of Mauritius, Bibi Tyroon Tahera Foeermamode et Devi Veerasamy.

Les récipiendaires de la President's Distinguished Service Medal (PDSM), Droopnath Naga, Mohamad Oozeer, Soobaraj Nayroo Sok Appadu, Taye Wah Michel Wan Chat Kwong, qui a eu une lognue carrière dans la diplomatie, le Capitaine Wong That Chon Wong Chung Toi, plus connu comme le Capitaine Toi et ancien directeur de la Mauritius Ports Authority.

Ceux qui reçoivent le President's Meritorious Service Medal (PMSM), Abdool Jalill Abdool Haye Ahmadi, qui a eu une longue carrière à la MBC, Marie Denise Chan Youn Sen, Marie Mary César, Poospanaden Jaganada Reddy, Poorunchand Jayram, Soopaya Pillay Mauree, Mee Yin Philogène, Shrimati Premila Devi Ramdenee, Bibi Shenaz sooba et Yogendrasing Sreepaul.

Dans la catégorie des President's Badge of Honour, Ramoortee Asyrigadoo, Parasram Gondeea, Abdool Hamid Jungal, Mari May Denise Laroulette, Jagadissen Nallagoinden, Padit Lall deo Sharma Neetye, Neerala Ramdany, Kemraj Seebaruth, Krishna Sookary et Bhanu tembah.

Pour le President's Certificate of Honour, Moonsamy Ammoo, Abdool Hossen Auleear, Danilal Bocus, Hi Foun How Sou Choung, Sing Yin Mui Daisy Li Ching Hum, Basheer Ahmud Noormamode, Ramraj Prayag, Ramraj Sahaye, Ginette Samy et Sunkurjee Sumboo.

Parmi les auters décorés, une longue liste d'officiers de police -parmi lesquels, le chef inspecteur Hector Tuyau pour "long service and good conduct medal (30 years)-, des prisons et du service des pompes.

Une question que l'on se pose après avoir parcouru la liste des décorés, est-ce que ceux qui ont accepté d'être honorés par la République savaient en quelle compagnie ils se retrouveraient? Si c'est oui, l'auraient-ils accepté quand même ? On est à Maurice et, ici, les petites lâchetés ne se comptent plus et personne n'a le courage de refuser ou de rendre sa distinction. Quelle République…


Célébration du 12 mars au Champ de Mars

Cérémonie protocolaire sobre et spectacle haut en couleurs

Comme les années précédentes, c'est le public portlouisien qui a sauvé la mise en se rendant dans un élan patriotique au Champ de Mars, pour assister à la cérémonie protocolaire et au lever du drapeau dans le cadre de la célébration du 41ème anniversaire de l'accession de Maurice à l'Indépendance et les 17 ans de la République.

Les festivités officielles de l'Indépendance n'ont pas attiré la grande foule et les organisateurs n'ont pas réussi à mobiliser le peuple et à faire vibrer la fibre patriotique. Le gros public était absent et ceux présents avaient quelques difficultés à suivre l'événement en l'absence d'écrans géants permettant une meilleure visibilité. Le public avait choisi de rester devant le poste de télévision pour suivre en direct la manifestation officielle et le spectacle. Par contre, il y a eu de gros efforts pour orner les maisons, les bâtiments et les véhicules avec le quadricolore.

Le lever du drapeau a eu lieu à 19 h, en présence de l'invité d'honneur, le président du Botswana, le lieutenant-général, Seretse Khama Ian Khana. Le Président de la République, sir Anerood Jugnauth et le PM Navin Ramgoolam prenaient place sur l'estrade. Le quadricolore est hissé en haut du mât et l'hymne national retentit suivi d'une salve de 21 coups de canon. Quatre hélicoptères et deux avions de la force policière ornés de couleurs nationales ont survolé le Champ de Mars. On eut droit à un défilé de véhicules de la police, des services de pompes à incendie, des chars des municipalités et des Conseils de district alors que Bruno Julie, le premier médaillé olympique mauricien était à la tête de la procession des fédérations sportives.

Le spectacle culturel a été d'un niveau appréciable avec la prestation du groupe Abaim. Les vedettes de Ti Marmit ont soulevé l'enthousiasme de la foule avec deux chansons figurant sur leur récent album, Re Kreasyon et Dalpita Mangela, puis l'incontournable Rozmari. Place ensuite à un numéro de danses merveilleusement exécuté par les danseurs du MGI, du Centre Culturel Chinois, du Centre Nelson Mandela et du Conservatoire François Mitterrand, sur une chanson d'Alain Auriant et une chorégraphie de Stephen Bongarçon.

Un magnifique feu d'artifice de dix minutes a éclairé le ciel portlouisien.


Message de SAJ à l'occasion de la Fête nationale

Les Mauriciens appelés à se préparer à une situation économique "encore plus difficile"

Dans le cadre des célébrations de la Fête nationale, le président de la République, sir Anerood Jugnauth a, dans son message à la nation, appelé les Mauriciens à prendre conscience de l'évolution de la situation économique au plan mondial et à se préparer à une situation "encore plus difficile". Face à la situation, il convient, dit-il, de prendre les décisions "économiquement saines" et "éviter les gaspillages".

Dans son message à la nation, sir Anerood devait souligner que même si, dans le cas de Maurice, la lutte pour l'indépendance a été "longue et difficile", elle n'a pas été marquée par des effusions de sang. Il estime nécessaire de rappeler cette lutte à l'intention des générations qui ne l'ont pas vécue.

Pour le président de la République, l'Etat a toujours eu de la considération pour les plus faibles. "Cela, dit-il, nous a valu la tranquillité, la paix, l'harmonie sociale et la stabilité politique". Des facteurs qui, devait poursuivre le chef d'Etat, a permis au pays d'avancer au niveau économique.

Alors que, explique sir Anerood, plusieurs pays du monde sont déjà en récession, Maurice arrive encore à garder la tête hors de l'eau. "Nous devons tous prendre conscience de ce qui se passe dans le monde et nous préparer à faire face à une situation encore plus difficile", déclare le président.

Pour lui, en effet, il convient de prendre des décisions économiquement saines et d'éviter le gaspillage. "Je suis convaincu qu'en tant que peuple débrouillard, nous saurons surmonter les difficultés". Sir Anerood souligne que les sacrifices doivent s'appliquer à tout un chacun - l'Etat, le secteur privé et les particuliers.

Il rappelle que grâce à la politique de proximité des gouvernements successifs et l'encadrement légal et démocratique nécessaires, les enfants ont, de nos jours, droit à "une bonne éducation" de même qu'à l'accès à "des soins de santé de qualité". "Il y a surtout le fait que leurs droits constitutionnels sont garantis", argue sir Anerood.

Concernant les personnes âgées, le président est d'avis qu'ils sont bien encadrés par le ministère de tutelle ; "Leur pension a été augmentée et grâce à une amélioration du système de santé, l'espérance de vie a connu une hausse".

Sir Anerood rappelle que l'Etat-Providence a été consolidé avec l'avènement du transport gratuit. Ce qui lui fait dire que les conditions de vie se sont bien améliorées.

"Li vré ki dimounn plaigne la vie chère. Mais il ne faudrait pas oublier que la vie est chère partout ailleurs dans le monde". Le président de la République rappelle que dans le cas particulier de Maurice, nous importons tout ce dont nous avons besoin. "Quand c'est cher à l'étranger, l'on ne peut vendre à meilleur marché à Maurice", laisse-t-il entendre.

Sir Anerood rappelle la récente visite du président chinois, Hu Jintao qui, dit-il, aura très certainement nombre de retombées positives sur les plans médiatique, touristique, commercial et de la coopération bilatérale. Référence aussi à la présence de l'invité d'honneur aux célébrations de la fête nationale, le président botswanais, Seretse Khama Ian Khama dont la visite, affirme le président Jugnauth, raffermira les liens d'amitié et commerciaux entre nos deux pays.

Sir Anerood devait conclure en invitant les parents à œuvrer en vue de léguer un pays "en bon état" à leurs enfants. "Nous devons continuer à nous soucier de notre environnement", dit-il. Référence, à ce propos, au projet gouvernemental, Maurice île durable.


VOH

Après la tentative d'ingérence à la mairie de Curepipe

Lundi dernier, Michael Sik Yuen, maire de Curepipe reçoit comme d'habitude, des habitants de la ville à son bureau. A l'extérieur des membres de la Voice of Hindu, mécontents exigent d'être reçus par le maire. Ils souhaitent intervenir en faveurs d'un groupe de marchands ambulants, délogés plus tôt pour le Square Bruce non loin de la gare Jan-Palach Sud. Ces derniers, obstruaient des passages fréquentés de la ville. Mais furieux et contestant la décision de la municipalité, ils auraient selon les représentants de la VOH, fait appel à cet organisme. Michael Sik Yuen, n'entend pas déroger à ses principes. Il écoute les membres du public qui ont pris rendez-vous et refuse d'y mettre fin pour recevoir la VOH. Ce qui agace celle-ci. Ses membres tentent alors de forcer la porte du bureau du maire et ce sans être inquiétés par des policiers présents… Interpelés par la démarche de la VOH, les Curepipiens ne sont pas restés tranquilles. Réunis, hier, à l'hôtel de ville, ils ont condamné l'attitude des membres de l'organisme et leur demande de ne plus interférer dans la gestion de Curepipe. Ils ont aussi lancé un appel aux autorités, dont le Premier ministre pour sanctionner de tel agissements qui mettent en péril la paix social.

Les Curepipiens réunis à l'hôtel de ville de la mairie, hier matin, ont été catégoriques. "La Voice of Hindu n'est pas mandatée pour nous représenter. Qu'elle n'intervienne plus dans l'administration de la ville!" Révoltés par la pression qu'a voulu exercer la VOH, lundi dernier, sur le maire, Michael Sik Yuen, après le délogement de certains marchands ambulants par la municipalité, les représentants des Forces Citoyennes de Curepipe et des habitants n'ont pas voulu, disent-ils, garder le silence sur cet épisode. Et ce, "pour ne pas cautionner la démarche de la VOH". C'est dans cette optique, exliquait Tony Chelvan des forces vives, après la rencontre d'hier à Week-End, que "Curepipe a voulu dire stop à la VOH" et que "les Curepipiens n'ont de compte à lui rendre!" Et pour soutenir leur position les Forces Citoyennes de la ville soumettront une pétition au Commissaire de Police, Dhun Iswar Rampersad et au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Car, selon les habitants de la ville, "il est temps que les autorités, à commencer par le Premier ministre, interviennent pour que la VOH et tous ceux qui espèrent déstabiliser la paix sociale soient sanctionnés". Jusqu'ici, déplorent ces derniers, "la police a surtout fait preuve de laxisme à l'égard de la VOH".

"Nous ne voulons pas d'une situation digne d'un Western. Nous voulons d'une ville propre, sans groupe de pression pour interférer dans sa gestion", avance d'emblée Gaëtan Février des Forces Citoyennes de Curepipe en ouvrant le débat avec les habitants de la ville. "Lorsque des mouvements du genre prennent d'assaut des institutions, dont un hôpital qui n'est autre qu'un établissement national, l'on est en droit de se demander qui sont ceux qui dirigent le pays? Que fait la police? A qui faire confiance? Zot enn danzé pou la Répiblik ek la pé sosyal!", ajoute Tony Chelvan. Ce dernier regrette également la médiatisation de la VOH par la télévision nationale. De son côté, Clifford Maniacara, membre des Forces Citoyennes de Curepipe, déplore l'attitude d'un conseiller de la ville et ancien maire, lequel serait selon lui proche de la VOH. Par ailleurs, habitants et leurs représentants n'ont pas caché leur indignation quant à l'octroi d'un terrain, dans la région curepipienne, à l'organisme pour la construction d'un bureau. Les habitants qui ont pris la parole au cours de cette rencontre ont plaidé pour l'entente sociale et rejeté le communnalisme.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009