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Food Court d'Ebène Way ressemblait, tôt hier matin,
à une zone sinistrée en temps de guerre |
Une violente explosion survenue aux alentours de 6h hier matin
dans une cuisine de restaurant a provoqué d'importants
dégâts matériels au Food Court d'Ebène
Way. Selon les recoupements effectués par Week-End
sur place, les dégâts matériels - à
plusieures centaines de milliers de roupies - ont été
provoqués par une fuite de gaz. Fort heureusement, aucune
perte de vie humaine, ni de blessés n'auront été
à déplorer. A partir des indices recueillis sur
place, il s'agira désormais pour les éléments
de la Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Hill, emmenés
par l'assistant-surintendant de Police (ASP) Roland Dabeesing
de déterminer l'origine de la fuite de gaz; à savoir
si elle est de nature accidentelle (négligence humaine)
ou criminelle. Pour sa part, le propriétaire des restaurants
Zen et Tikka Masala, Atma Bumma, s'est dit "soulagé"
à l'effet qu'aucune perte de vie humaine n'a été
à déplorer. Il a déclaré à
Week-End hier que ses cuisiniers lui avaient affirmé
avoir fermé le gaz correctement.
Le Food Court d'Ebène Way ressemblait, tôt
hier matin, à une zone sinistrée en temps de guerre.
Des débris partout, des pans de mur qui ont littéralement
volé en éclats avec l'explosion de gaz, des chaises
et tables projetées jusqu'à l'aire de stationnement
qui fait face au Food Court. C'est le spectacle de désolation
qui s'offrait à la vue des pompiers, premiers arrivés
sur les lieux du sinistre. Leur arrivée a rapidement fait
suite à celle de la Bomb Disposal Team (BDT) de
la Special Mobile Force (SMF). Après s'être
assurés qu'il n'y a pas de fuite de gaz, les enquêteurs
de la Criminal Investigation Division (CID) de Rose-Hill,
les Scene of Crime Officers (SOCO), ainsi que les éléments
de la policière régulière de Rose-Hill ont
été à pied d'uvre afin de rassembler
les premiers indices.
Les premiers indices recueillis par les pompiers et les éléments
de la BDT sont qu'il y a eu une explosion provoquée par
une importante fuite de gaz, émanant d'une des cuisines
de restaurant du Food Court. Mais la principale question
qui turlupine les enquêteurs est de savoir si la fuite de
gaz a été provoquée délibérément
ou si elle aura été causée par un oubli ou
une négligence. Une chose est certaine: si l'explosion
avait eu lieu ne serait-ce qu'une heure plus tard, ou pis encore,
à une heure de grande affluence dans le Food Court,
les conséquences auraient été plus graves
encore, voire être chiffrées à des dizaines
de pertes de vie humaine. C'est du reste, le principal sentiment
qui anime Atma Bumma, propriétaire des restaurants Zen
et Tikka Masala. "Je dois dire que j'ai été
choqué et impressionné par l'ampleur des dégâts,
mais le plus important, c'est d'avoir constaté qu'il n'y
a eu ni victimes, ni blessés à déplorer.
Si l'explosion avait eu lieu ne serait-ce qu'une heure plus tard,
cela aurait été plus grave", a-t-il déclaré
en substance à Week-End hier.
A partir de lundi, les enquêteurs de la CID de Rose-Hill
s'attèleront à interroger tout le personnel de tous
les restaurants qui opèrent dans le Food Court. "Ce
sera un gros travail, dans la mesure qu'il faudra recueillir tous
les témoignages de tout le monde, à commencer par
les employés, de même que tous les propriétaires
d'emplacements, de même que les pompiers qui étaient
les premiers à être arriver sur place. We will leave
no stone unturned. Il s'avère de déterminer la nature
de cette fuite de gaz avec le maximum de précision possible",
a fait comprendre à Week-End un responsable
de l'enquête. Du côté des pompiers, l'on fait
comprendre qu'il est clair et net que l'explosion a été
provoquée par le gaz. "De ce que nous avons pu
constater sur place, nous pouvons dire que la déflagration
a été causée par une fuite de gaz. A partir
de là, notre enquête continue, de même que
celle de la police", a déclaré un responsable
sur le terrain.
En ce qu'il s'agit de la fuite de gaz qui aurait été
la cause de l'explosion, Atma Bumma souligne, de son côté,
avoir interrogé ses employés à ce sujet.
Ces derniers, dit-il, affirment que tous les conduits de gaz étaient
bien fermés. "Les employés m'ont dit que
la fuite de gaz ne provient pas de nos restaurants. Mes cuisiniers
m'ont assuré que les conduits étaient bien fermés.
Attendons voir ce que l'enquête policière va révéler,"
a-t-il ajouté.
Le restaurateur, visiblement choqué par l'ampleur des dégâts,
insiste cependant sur le fait qu'aucun de ses employés
ne sera ni licencié, ni mis en chômage technique.
"Nous avons une vingtaine d'employés, qui ne seront
ni licenciés, ni mis en chomage technique. Nous les redéploierons
dans les autres restaurants que nous possédons",
a-t-il dit. La garantie est ainsi donnée à ces pères
et mères de famille que leur emploi ne sera aucunement
menacé, quoi qu'il arrive.
Sur place, badauds et clients d'Ebène Way, venus faire
leurs emplettes hier matin, n'en croyaient pas leurs yeux à
la scène qui s'offraient à leurs yeux. Debesh, 41
ans, de Belle-Rose, qui vient faire régulièrement
ses courses sur place, dit avoir constaté la même
chose à Grand-Baie il y a quelques années,
lors de l'explosion de gaz qui avait fait deux victimes. "J'ai
poussé un ouf de soulagement en apprenant qu'il n'y avait
ni victimes, ni blessés ce matin (NDLR: hier matin). Quand
il y avait eu l'explosion de Grand-Baie, j'avais été
sur place. Et ce matin, je me suis rappelé Grand-Baie",
a-t-il fait ressortir.
Jean-François, 22 ans, étudiant, fait ressortir,
pour sa part, n'avoir jamais vu une telle chose. "C'est
en cours de route, en écoutant la radio, que j'ai appris
pour l'explosion. Mais je ne m'attendais pas à voir une
pareille scène", a-t-il souligné. Madeleine,
57 ans, ajoute: "Dieu merci, il n'y a pas eu de victimes.
C'est tout ce qui compte. Cela prendra du temps pour reconstruire,
mais il n'y a pas eu de perte de vie. Et pour cela, je suis contente".
Drame en mer à Rodrigues
Un déferlement de houles géantes emporte deux
pêcheurs
Un nouveau drame en mer est survenu en fin d'après-midi
de vendredi au large de Rodrigues, plus particulièrement
dans la région appelée Bassin Carangue. Bilan à
hier après-midi : deux pêcheurs, Rody Perrine (29
ans), skipper aguerri et très connu des gens de la mer
de l'île, et Nino Jolicoeur (38 ans), aussi connu sous le
nom de Zhuk, aide-skipper, habitant Mourouk dans la région
est de Rodrigues, sont portés disparus en mer quand leur
embarcation, le "Rod Charter" s'est retrouvé
sens dessus-dessous à cause d'un déferlement de
houles géantes en fin de journée au large de La
Passe-Carangue. Deux survivants, des touristes allemands, Klaus
Liedke (55 ans), et Stephan Kreupp (45 ans), qui logent à
l'hôtel Mourouk Ebony, ont pu s'agripper à l'embarcation
au plus fort du drame. Ils ont été secourus vers
1 heure samedi matin par des éléments des Fisheries
Marine Services, alertés en début de soirée
par des responsables de l'hôtel. Le bateau a pu être
remorqué à terre dans la journée d'hier.
Les recherches doivent reprendre en principe aujourd'hui en vue
de retrouver les deux pêcheurs disparus.
Les recoupements d'informations effectués par Week-End
indiquent que le drame se serait produit entre 18 h et 19 h. Les
deux rescapés, qui sont en vacances à Rodrigues
depuis deux vacances, étaient encore sous l'effet du choc,
hier après-midi. Seul Klaus Liedke a pu accompagner, dans
la journée d'hier, les policiers sur les lieux du sinistre
à environ huit kilomètres de la côte de Mourouk.
Il a participé à une reconstitution des faits menée
sous la supervision du Chief Officer of Police Jean-Claude
Gunga. Le second, Stephan Kreupp, a préféré,
après avoir donné sa version des faits, maintenir
un "Low Profile" tant il était affecté
par ce drame.
"C'était en fin de journée. Nous étions
occupés à faire du casting en mer. Nous n'avions
pas vu venir cette succession de houles géantes. Notre
embarcation a été brusquement soulevée par
une énorme vague avant d'être projetée à
l'intérieur du lagon. Puis une autre énorme vague
est venue s'abattre sur nous", ont raconté les
deux rescapés allemands à ceux qui sont venus leur
porter secours en mer dans la nuit de vendredi à samedi.
Ils n'étaient que trois à l'intérieur du
lagon à La Passe-Carangue. En constatant que Nino Jolicoeur
manquait à l'appel, Rody Perrine, n'a pas voulu abandonner
son compagnon en pleine mer. "Rody a quitté le
lagon pour partir chercher Zhuk. Il a nagé vers la haute
mer. Depuis, nous ne l'avions plus revu. Ni Zhuk ni lui. Ce drame
en mer est un véritable choc pour nous. Nous ne comprenons
pas ce qui s'est produit, et aussi rapidement. Nous ne comptons
plus retourner pêcher en mer", ont fait ressortir
Klaus Liedke et Stephan Kreupp, les larmes aux yeux alors qu'ils
regagnaient la terre vers les 2 heures du matin, hier.
Alors que Rody Perrine tentait d'aller porter secours à
Nino Jolicoeur en haute mer, les deux rescapés allemands
essayaient de remettre à flots le "Rod Charter".
Ils parvinrent à retourner l'embarcation et y prirent place
dans l'espoir de pouvoir récupérer le skipper et
son adjoint. Mais ce fut en vain. "Nous avons crié,
hurlé en vue de signaler notre présence. Mais nous
n'avions eu aucune réponse. Le Rod Charter avait
commencé à prendre l'eau. A un certain moment de
la nuit, nous avons utilisé des fusées éclairantes,
qui se trouvaient à bord de l'embarcation pour signaler
notre position", font-ils comprendre dans leur premier
récit des événements douloureux de ce vendredi
13. Ils sont inconsolables devant la disparition cruelle de Rody
Perrine, père d'un enfant en bas âge, et de Nino
Jolicoeur.
Le "Rod Charter", avec les quatre personnes à
son bord, avait quitté Mourouk vers les 10 heures, ce vendredi,
pour une partie de pêche au lieu dit Bassin Carangue. "Le
skipper avait prévu de rentrer à l'hôtel vers
les 18 heures", indique Willie Auguste de l'hôtel
Mourouk Ebony. "J'ai toujours eu une admiration profonde
pour Rody Perrine, l'un des rares pêcheurs de Rodrigues
à pratiquer le Catch and Release (des carangues)
dans le souci de préserver l'environnement. La préservation
de l'environnement était sa passion", ajoute le
patron de Mourouk Ebony.
La dernière conversation téléphonique de
Rody Perrine remonte à 17 h 45. Il avait appelé
le skipper d'un autre bateau de pêche au gros, qui était
sorti ce jour-là. "Rody avait téléphoné
à Teddy Clair, qui se trouvait sur une autre embarcation
en haute mer. Ils s'étaient donné rendez-vous à
20 heures à l'entrée de La Passe de Port-Sud-Est
pour regagner Mourouk ensemble. Cette rencontre n'allait jamais
se faire", explique Willie Auguste à Week-End.
En effet, vers les 19h30, Teddy Clair devait téléphoner
à Rody Perrine pour les derniers arrangements et la confirmation
de ce rendez-vous en mer. "Teddy n'a jamais pu se mettre
en contact avec Rody. Le Rod Charter avait déjà
chaviré en mer. Quand Teddy est arrivé à
l'hôtel, il a donné l'alerte et nous avons commencé
à organiser les recherches. Mais je dois ici faire état
de la réticence de la National Coast Guard à s'engager
dans les recherches dans la nuit de vendredi. Heureusement que
les membres des Fisheries ont mis les canots à l'eau ",
ajoute-t-il.
L'équipe de volontaires partant de Mourouk Ebony, profitant
de leur connaissance de cette partie de la mer, devait mettre
le cap sur La Passe Petite-Butte. "Mais les bateaux des
Fisheries nous avaient précédés sur les lieux
et ont pu récupérer les deux touristes allemands.
Une heure après, le Rod Charter était submergé
d'eau. Nous avons poursuivi les recherches en vue d'essayer de
retrouver Rody et Zhuk pendant le reste de la nuit",
raconte Willie Auguste, exténué après plus
de 12 heures en mer. L'embarcation avec les deux survivants avait
dérivé jusqu'à l'île-aux-crabes.
Dans la matinée d'hier, les éléments de la
NCG, des Fisheries à bord des deux "Avon Crafts",
d'un "Heavy Duty Boat" et du bateau de pêche
Diego aussi bien que les volontaires à bord de bateaux
de pêche au gros avaient bénéficier du soutien
logistique du Dornier, avec à son bord le commandant
Mahlawat, les lieutenants-commandants Mattiew et Kalia, aussi
bien que les constables Jujadhur et Teruthoy. Les quatre plongeurs
du centre à l'hôtel Mourouk Ebony ont également
participé à la "Search and Rescue Operation"
dans la journée d'hier.
A la tombée de la nuit, les participants aux recherches
ont regagné la terre ferme en remorquant le "Rod
Charter". Les recherches devront reprendre aujourd'hui
avec la marée montante...
Reconversion professionnelle
Constitution du Front Pêcheurs rodriguais