TRISTE MADAGASCAR !
Cette île-continent, qu'est Madagascar, ne mérite
pas un tel sort. Cette île qui m'a accueilli et qui a fait
de moi ce que je suis, aujourd'hui, ne mérite pas tant
de blessures. Parce que c'est une île généreuse,
dotée, certes, d'une population des plus diversifiées
mais nous retiendrons que c'est une île qui a un passé,
une histoire, qui a produit les plus grands intellectuels, les
plus grands poètes, les plus grands diplomates, les plus
grands hommes d'Etat que l'hémisphère sud ait produits.
Quand nous voyons, aujourd'hui, l'énorme gâchis qui
a conduit Madagascar au bord de la faillite politique, nous nous
disons que les Malgaches ne méritaient pas un tel supplice.
Nous sommes nombreux, les Mauriciens et les Réunionnais,
qui ont bénéficié de l'ouverture d'esprit
des Malgaches sur le plan régional et politique. J'ai eu
l'occasion, ici même, de souligner le lien qui unissait
sir Seewoosagur Ramgoolam au président malgache de l'époque,
Philibert Tsiranana, un "petit" enseignant de
Majunga, originaire de la côte est, qui avait pu s'élever
au rang de premier Président de la République malgache,
à la faveur d'un scrutin au suffrage universel.
Tsiranana et sir Seewoosagur Ramgoolam avaient tissé leurs
relations par des échanges politiciens. Le Parti travailliste
mauricien et le Parti social démocrate malgache ne se fraternisaient-ils
pas lors de leurs congrès politiques respectifs ? Tant
à Quatre-Bornes qu'à Tana ? Mais, au fil du temps,
les relations se sont estompées. La politique intérieure
malgache a été confrontée par un réflexe
de repli vers l'intérieur de ses frontières. D'autant
que les problèmes domestiques commandaient que l'on mette
de l'ordre, d'abord, chez soi : le pouvoir faiblissant - pour
ne pas dire l'usure du pouvoir - de Tsiranana allait projeter
au-devant des projecteurs, le colonel Richard Ratsimandrava, lui-même
assassiné, une semaine après sa prise de pouvoir
; cet événement tragique allait porter au pouvoir
le capitaine de corvette, Didier Ratsiraka, brillantissime politique
formé à l'Académie de Saint-Cyr.
Je connais bien la région d'où venait Didier Ratsiraka,
au nord de Tamatave, et dont le neveu, Roland Ratsiraka, cherche
à marcher dans ses pas. Roland Ratsiraka a déjà
mis les pieds dans les étriers du clan Ratsiraka, puisqu'il
a été maire de Tamatave. La rumeur veut que la fronde
anti-Ravalomanana viendrait du pays des Ratsiraka. Encore un nouveau
conflit côtiers/hauts plateaux ? Pas impossible quand on
connaît le conflit millénaire qui oppose ces deux
factions traditionnellement opposées.
Mais, le conflit opposant gouvernement et opposition peut, aussi,
trouver ses origines, ailleurs : une crise économique générée
par LA crise financière mondiale ; un pouvoir qui, en passant,
a reconnu ses erreurs, et qui a fait main basse sur toutes les
sphères économiques du pays, allant des supermarchés
aux compagnies de taxis privés. On dit même que Ravalomanana
s'est approprié les pousse-pousse et les taxis-brousse...
Peut-on s'attendre que la situation se décante ? Sauf que,
l'âme malgache, celle des ancêtres, se réveille
et fait parler le bois sacré... Les Malgaches savent de
quoi je parle...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009
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