a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009



  L'affaire Manrakhan - Le DG de l'ICAC récuse la thèse de "contradiction"
  Forum public - Jack Bizlall, " Il faut démanteler l' Icac !"
  Pendant trois jours - La gouverneuse générale d'Australie en visite
  Situation chaotique à Madagascar - Andry TGV affirme avoir pris le pouvoir en prenant possession des bureaux de Ravalomanana


L'affaire Manrakhan

Le DG de l'ICAC récuse la thèse de "contradiction"

Anil Kumar Ujoodha

La polémique suscitée par les conclusions de l'enquête en solo de sir Victor Glover sur la N° 2 de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC), Indira Manrakhan, n'a cessé de s'amplifier au cours de la semaine écoulée. L'heure de vérité devra sonner mardi avec la réunion du comité parlementaire de l'ICAC, présidé par le backbencher travailliste, Yatin Varma. Le directeur général de l'ICAC, Anil Kumar Ujoodha, a promis de remettre les pendules à l'heure au sujet de sa version des faits concernant la conversation à trois au domicile d'Indira Manrakhan le 16 juillet 2006 devant cette instance parlementaire et celle devant le Fact Finding Committee confié par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l'ancien chef juge, sir Victor Glover.

A ce stade, aucune des parties concernées n'a voulu s'aventurer à faire des commentaires sur le sort qui pourrait être réservé aux conclusions de l'enquête de sir Victor Glover, dont les délibérations se sont déroulées dans l'enceinte du Prime Minister's Office, au Treasury Building. Le rapport n'avait trouvé rien à redire sur le comportement de la N° 2 de l'ICAC dans cette conversation particulière au sujet des allégations de conflits d'intérêts de l'ancien Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Nirvan Veerasamy.

Dans la conjoncture, la controverse se porte sur l'avant-dernier paragraphe du rapport Glover, qui se lit comme suit: "I must add one more thing. I had noted that the Parliamentary Committee on ICAC had informed the Prime Minister that it had made its recommendation that Mrs. Manrakhan should step down "after having heard the Director-General relating to certain allegations". I asked the Director-General about this and wanted to know whether he had said anything to the Committee which was different from the evidence he gave before me. He said he had not but frankly explained that there may have been a confusion. He felt that he had only told the Committee that Mrs. Manrakhan did not relate to him the tenour of the conversation at the meeting of 16 July, but that it might be that the Committee had understood him to say that Mrs. Manrakhan had not disclosed the fact of the meeting to him at all."

Compte tenu de ce nouveau développement et surtout sur la base des explications fournies avec certitude devant le comité parlementaire de l'ICAC par le directeur général de la Commission anti-corruption, les parlementaires membres de cette instance ont cru nécessaire de convoquer une séance de travail pour tirer au clair cette "confusion alléguée". Comme révélé en primeur dans l'édition de Week-End du 25 janvier dernier, Anil Kumar Ujoodha avait soutenu avoir pris connaissance de cette conversation que lors de sa publication dans les colonnes de l'hebdomadaire Samedi-Plus.

En effet, répondant aux questions du président du comité parlementaire de l'ICAC au sujet de cette conversation à trois au domicile d'Indira Manrakhan dans l'affaire Nirvan Veerasamy, le directeur général de l'ICAC est des plus catégoriques: "No. No. This is what I said earlier on; there has never been something official or even unofficial". Plus loin, il devait ajouter avec force que "yes, had this been reported, it would have been in the Board Minutes. I have verified the Board Minutes, it is not there. If there were a report, I go by the report. It is not in the Board Minutes that there has been a report by Mrs Manrakhan or even in the case file. I would not remember whether she said I have met somebody or whatever… I have tried to recollect and I do not think she said that".

Face à la controverse au sujet de la confusion et de la contradiction alléguées et attribuées par sir Victor Glover, le directeur général de l'ICAC a réagi dès mardi dernier par le truchement d'un communiqué officiel d'apparence sibylline mais lourd de sens. "A la suite de divers commentaires et interprétations faites dans la presse et ailleurs autour du rapport Glover depuis la semaine dernière, je voudrais apporter la précision suivante: J'ai en ma possession une copie certifiée de ma version faite devant le comité Glover et le comité parlementaire en sera saisi afin d'effacer toute insinuation ayant trait à une contradiction quelconque".

Depuis ce communiqué, le directeur général de l'ICAC s'est refusé à tout commentaire public en attendant la réunion de mardi. Les membres du comité parlementaire de l'ICAC s'apprêtent à élucider cette nouvelle zone d'ombre qui tend à compromettre le rayonnement de cette institution, dont la principale mission est de lutter contre la fraude et la corruption.

Les prochaines recommandations de cette instance parlementaire au Premier ministre dans l'affaire Manrakhan pourraient avoir des conséquences sur les relations entre les membres du directoire de l'ICAC et la perception de l'intégrité et de la probité en général. Entre-temps, Indira Manrakhan a déjà repris ses fonctions à l'ICAC et a déjà participé à des délibérations d'une réunion plénière des commissaires.

Affaire toujours à suivre avec l'ICAC...


Mis en cause dans le rapport Glover sur Indira Manrakhan

Me Manish Gobin saisit la Cour suprême

Mis en cause dans le rapport de l'ancien Chef Juge Sir Victor Glover qui a "blanchi" Indira Manrakhan dans l'affaire du complot allégué visant à faire partir l'ancien Chief Executive Officer d'Air Mauritius, Nirvan Veerasamy, Me Manish Gobin, qui a officié comme Chief Legal Adviser de l'Independent Commission against corruption a décidé de saisir la Cour suprême pour obtenir réparation.

Dans une déclaration à Week-End, hier, Me Manish Gobin a dit qu'il est en consultations étroites avec ses hommes de loi en vue de réclamer dans la semaine qui vient une judicial review des observations du one-man Fact Finding Committee le concernant. Il se basera sur le fait qu'il n'a pas été convoqué et entendu par ce comité pour demander à la Cour que les passages le concernant soient tout simplement retirés, sa version des faits n'ayant pas été obtenue. Il soutiendra aussi qu'il n'a pas été confronté aux dires de Mme Manrakhan et qu'il n'a pu les réfuter.

Les mots n'ont pas manqués à Me Manish Gobin pour qualifier ce qui lui est imputé dans ce rapport rendu public vendredi de la semaine dernière après la réunion du conseil des ministres. "Ahurissant, révoltant, contraire aux principes élémentaires de la justice", s'est écrié l'avocat qui a quitté l'ICAC depuis quelques temps déjà. Il fait, d'ailleurs, partie d'une longue liste d'hommes de loi qui sont brièvement passés par la commission et qui n'ont pu y travailler en toute quiétude.


Forum public

Jack Bizlall, " Il faut démanteler l' Icac !"

"L' independant Commission against Corruption ( l'Icac ) est une institution qui n'a plus aucune crédibilité et il faut qu'elle soit démantelée et remplacée par une institution véritablement indépendante constituée directement par le peuple selon une nouvelle Constitution du pays élaborée dans le cadre d'une deuxième république ". C'est, dans l'essentiel, la position qu'a exprimé, hier après-midi, Jack Bizlall au cours d'un forum organisé à Rose - Hill par le collectif pour un combat unitaire ( C.P.C.U ).

Le forum avait pour but de situer le rôle de la commission dans la société mauricienne, mais il entendait , principalement, rallier la solidarité autour de Jack Bizlall contre lequel une série de procès en diffamation est intenté après ses multiples dénonciations de fraudes et des corruptions dans l'affaire Air Mauritius. Il a reçu pour l'occasion le soutien de M. Roshi Bhadain. Ce dernier, qui fait maintenant son pupillage en vue de devenir avocat, fut, rappelons le, le chef de la section des investigations de l'Icac, poste d'où il avait été évincé après qu'il avait mis à jour les manquements de la commission du temps où celle-ci était constituée du trio dirigeant Navin Beekarry, Moussa Taujoo et M. Bisasur .

Roshi Bhadain ; "Yatin Varma doit se retirer"

Jack Bizlall, Roshi Bhadain et l'assistance au forum ont longuement analysé la situation découlant de la disculpation de la commissaire de l'Icac, Mme. Indira Manrakhan par Sir Victor Glover après qu'elle eu été accusée de conspiration contre l'ancien Directeur général d'Air Mauritius, M. Nirvan Veerasamy.

Il a été rappelé que le Directeur général de l'Icac est supposé rendre des comptes de ses contradictions au Comité Parlementaire, mardi prochain. Cependant, M. Roshi Bhadain prévoit déjà que si le Comité Parlementaire qui va juger les actes de M. Ujoodha devait être présidé par le député Yatim Varma, la décision de ce comité pourrait être cassée devant la justice pour cause de conflit d'intérets. M. Bhadain a rappelé que le député Yatin Varma avait lui - même eu à s'expliquer à l' Icac après une accusation de trafic d'influence et qu'il en avait été blanchi. Toute décision prise par un comité sous sa direction pourrait être diversement interprétée.

Bizlall, " c'est un simagré"

Pour Jack Bizlall, "l' Icac a déjà coûté plus d'un milliard de roupies en sept années d'existance et son bilan est nul". Il faut une deuxième république, une nouvelle Constitution qui donnerait au peuple le droit de nommer lui - même ceux qui doivent diriger les institutions du pays. Si le peuple commet des erreurs dans ses choix, il en assumera la responsabilité. Mais, on ne peut plus continuer avec un système politique soi-disant démocratique, mais qui, en réalité, à fait des Premier ministres des quasi-monarques qui eux seuls décident qui doit être à la tête des institutions comme l'Icac et comment il doit ensuite les sanctionner.

Jack Bizlall a fait remarquer que , s'il n'y a pas eu de demande d'enquête officielle contre Nirvan Veerasamy , s'il n'y a pas eu de records dans des livres officiels de l'Icac comme l'a déclaré M. Ujoodha devant le Comité Parlementaire, il n'y a pas d'autres conclusions à tirer que celle qu'il y a eu conspiration entre un ancien président du conseil d'administration d'Airports of Mauritius Ltd, le Chairman d'Air Mauritius et Mme Manrakhan".


Pendant trois jours

La gouverneuse générale d'Australie en visite

La gouverneuse générale de l'Australie, Quentin Bryce, effectuera une visite officielle de trois jours à Maurice à partir de demain. Accompagnée de son époux, Michael Bryce, un architecte qui a laissé ses empreintes lors de différents événements sportifs majeurs en Australie, dont les Jeux Olympiques de Sydney en 2000, elle sera accueillie à sa descente d'avion par le vice-Premier ministre et ministre de l'Infrastructure publique, Rashid Beebeejaun, en compagnie du chef de la diplomatie, Arvin Boolell. Pour cette tournée dans neuf pays de cette région d'Afrique, la gouverneusee générale de l'Australie voyagera à bord d'un avion privé et sa délégation est composée de 18 officiels australiens.

Cette première visite d'une aussi importante personnalité australienne à Maurice coïncide avec les 25 ans de l'établissement des "Resident Diplomatic Relations" entre Canberra et Port-Louis. Pour les autorités australiennes, le déplacement de la gouverneuse générale traduit l'importance qu'attache l'île-continent dans ses relations avec cette partie du monde. Le programme de la visite officielle a été rendu public, hier matin, par les services du Prime Minister's Office.

Un programme de travail relativement léger attend Quentin Bryce, qui logera au Royal Palm pendant son séjour. Avec son arrivée demain après-midi, la première sortie officielle ne devra intervenir que vingt-quatre heures après, mardi après-midi, soit une réception officielle en la résidence de la représentante diplomatique australienne à Maurice, Catherine Johnstone.

La journée de mercredi sera réservée à l'aspect protocolaire, avec une cérémonie de dépôt de gerbes au samadhi de feu sir Seewoosagur Ramgoolam, à un tête-à-tête avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à la Clarisse House, et une visite de courtoisie au président de la République, sir Anerood Jugnauth. Elle sera également reçue à déjeuner dans les jardins de la State House.

Quentin Bryce, qui a connu une longue carrière académique, notamment dans le domaine du Droit, est également connue pour une série de premières en tant que féministe. Elle avait assuré les fonctions d'"Inaugural Director" à l'Office of the Status of Women au bureau du Premier ministre de Queensland de 1984 à 1987. Elle a également été directrice de la Human Rights and Equal Opportunity Commission du même Etat australien avant de devenir la Federal Sex Discrimination Commissioner de la Commission des Droits de l'Homme de 1988 à 1993. Elle a accédé à la fonction suprême de gouverneuse général en 2003. Avec un tel "Track Record", la gouverneuse générale de l'Australie a exprimé le souhait d'inclure dans son programme une rencontre avec les "Prominent Women" du pays.

Cette rencontre se déroulera mercredi au Royal Palm. La Haute Commission australienne a procédé aux invitations. Toujours mercredi après-midi, la gouverneuse générale de l'Australie recevra la visite de courtoisie du leader de l'opposition, Paul Bérenger, et du ministre des Affaires étrangères. Elle repartira le lendemain poursuivre sa tournée dans d'autres pays d'Afrique, dont la Namibie, la Zambie, le Botswana, le Mozambique, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et les Seychelles.

L'un des objectifs de la tournée de Quentin Bryce est de faire du "lobbying" auprès de ces pays africains pour leur soutien à l'Australie en prévision des prochaines élections pour un siège sur le Conseil de Sécurité des Nations unies. Cette démarche du gouvernement australien est dénoncée avec véhémence par l'opposition dans ce pays.

Julie Bishop, porte-parole pour les Affaires étrangères de l'opposition australienne, maintient que cette mission n'incombe nullement à la gouverneuse générale mais à des ministres du gouvernement fédéral. "There are growing perceptions that the Rudd government is compromising long-held foreign policy positions as it seeks to obtain votes in support of its bid for a temporary seat on the United Nations Security Council. The campaign should not be at any cost, either financially or by sacrificing long-held principles," commente le porte-parole de l'opposition, qui veut éviter une situation compromettante à la représentante de la reine en Australie.


Entre Perth et Port-Louis

Sarah Outen (23 ans) tentera la traversée à la rame et en solo

Une Britannique, Sarah Outen, 23 ans, tente depuis hier la traversée de l'océan Indien d'Est en Ouest, soit de Perth à Port-Louis, à la rame et en solo. Elle compte couvrir les 3 000 kilomètres entre ces deux ports en 107 jours pour battre le précédent record établi en 2003 par un autre rameur britannique Simon Chalk. Elle relèvera ce défi en mémoire de père, victime de "Rhumatoid Arthritis" et décédé en juin 2006. Les fonds recueillis seront versés à Arthritis Care, organisation engagée dans les recherches pour guérir cette maladie.

Sarah Outen a pris le départ du port de Fremantle hier en vue de profiter des conditions climatiques clémentes. C'est ce qu'indique une dépêche de l'Agence France Presse. Elle devrait bénéficier de quatre jours de vents favorables en ce début de traversée. Elle prévoit de ramer durant 12 heures par jour en vue de détenir le record de la première femme et de la plus jeune personne à avoir réalisé cette traversée.

Le projet initial de Sarah Outen était de constituer une équipe pour relever ce défi mais le décès de son père devait modifier ce plan et la pousser à envisager une expédition en solo. Elle sait pertinemment bien que sa force physique et psychologique sera mise à rude épreuve lors de cette traversée et elle s'y est préparée.

"I am a big believer that if you have to do something to survive you will do it. I have spent time with a sports psychotherapist to prepare and I am anticipating it to be a long roller-coaster ride emotionally, especially early. We have been through different scenarios and how I might deal with them," devait-elle déclarer à la presse australienne avant son départ, hier.

"Any pain, I'll suffer on this journey pales into insignificance beside the excruciating pain suffered by my dad. Saltwater is said to be a healer, so I'm hoping I'll reach some sort of peace out there on the waves", a ajouté Sarah Outen. "Physically this is going to be the toughest challenge I have ever faced. My arms will ache, my feet will look like shrivelled prunes and the palms of my hands will begin to resemble bubble wrap. But I don't intend to give up until I'll reach Mauritius", devait-elle renchérir.

Sarah Outen, qui vient d'Oakham en Angleterre, s'est entraînée à la rame depuis l'âge de 14 ans. Le Serendipity, qui mesure six mètres de long, a été conçu pour se redresser automatiquement s'il se renverse en mer. L'embarcation est équipée d'une unité de dessalement de l'eau de mer et d'équipements de communications par satellite. Sarah Outen a prévu un important stock de nourriture pour ces 107 jours de traversée aussi bien qu'une bonne quantité de chocolat. Elle n'a pas oublié de prendre à bord trois bouteilles de champagne, soit une pour ses 24 ans en plein océan Indien, le deuxième pour l'anniversaire de la mort de son père et le troisième pour marquer la mi-parcours.

En tout cas, la communauté internationale des gens de la mer se passionneront pour cette traversée de l'océan Indien hors du commun. Si la jeune Britannique Sarah Outen gagne son pari d'accoster le quai à Port-Louis avant la troisième semaine de juin prochain, elle détiendra trois records du monde, soit la première à ramer en solo d'Est en Ouest l'océan Indien, la plus jeune à le faire et la plus rapide à le faire mais "she knows that she will face many challenges including storms, huge seas, currents, heat and unfavourable winds, as well as the dangers of shipping traffic".


Situation chaotique à Madagascar

Andry TGV affirme avoir pris le pouvoir en prenant possession des bureaux de Ravalomanana

La pire crise politique, depuis l'avènement de Marc Ravalomanana au pouvoir en 2002 à Madagascar, a empiré, hier, avec une partie de bras-de-fer qui s'est durcie davantage. De son côté, Andry TGV, principal opposant de Marc Ravalomanana, a officiellement investi les bureaux désertés de Marc Ravalomanana, et ce après lui avoir lancé un ultimatum de quatre heures pour quitter le pouvoir. Ultimatum que Marc Ravalomanana a rejeté.

L'opposition malgache a pris le contrôle samedi du siège du gouvernement à Antananarivo et son chef Andry Rajoelina, fort du soutien de facto de l'armée, a exigé la démission du président Marc Ravalomanana, qui a refusé.

L'opposition, qui avait donné quatre heures au président pour quitter le pouvoir, n'avait pas indiqué en début de soirée ce qu'elle comptait faire après l'expiration de son ultimatum, alors que l'armée a pour le moment exclu de marcher sur le palais présidentiel où se trouverait le chef de l'Etat.

Escorté d'une trentaine de militaires, un cabinet de l'opposition nommé pour remplacer le gouvernement s'est emparé dans la matinée de la Primature désertée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le "Premier ministre" de cette "Haute autorité de transition", Roindefo Zafitsimivalo Monja, entouré de ses "ministres", a affirmé que "le président de la République, l'Assemblée nationale, le Sénat et le gouvernement (étaient) déchus de leur fonctions".

Peu après, M. Rajoelina, 34 ans, a demandé au président de quitter le pouvoir lors d'un meeting où il est apparu à la tribune entouré de militaires.

"Il n'y a pas d'autres solutions que la démission de Ravalomanana dans les quatre heures à venir", a-t-il lancé lors de sa première apparition publique depuis le 3 mars.

L'opposant, destitué début février de son poste de maire d'Antananarivo et caché depuis le 5 mars suite à une tentative d'arrestation, s'est dit "prêt à une passation démocratique" des pouvoirs.

Dans un communiqué, la présidence et le gouvernement ont répliqué que le pouvoir était toujours entre les mains de Marc Ravalomanana.

Le mouvement de l'opposition est "une manifestation de rue, qui utilise la terreur et la répression pour survivre. Une auto-proclamation ne donne pas de pouvoir légal", disent-ils dans ce communiqué.Cette semaine, l'armée, la gendarmerie et la police ont basculé dans la défiance au président.

Dans la soirée, environ un millier de partisans du président, dont certains brandissaient nerveusement des bâtons, ont érigé un barrage filtrant à proximité du palais d'Etat, situé à environ 12 km du centre-ville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Samedi, l'opposition, qui a pris l'"engagement" d'organiser des élections générales d'ici 24 mois, a aussi reçu le soutien du président de l'Assemblée nationale et ex-Premier ministre de M. Ravalomanana, Jacques Sylla.

L'opposition accuse M. Ravalomanana d'avoir "manqué à ses obligations constitutionnelles", lui reprochant notamment "la tuerie" du 7 février et "l'utilisation de prérogatives de puissance publique au profit d'intérêts purement privés et personnels".

La Commission européenne s'est déclarée "sérieusement préoccupée" par la crise. L'émissaire de l'ONU à Madagascar, Tiébilé Dramé, a appelé les Malgaches "à trouver un compromis".

Ci-dessus, le film des événements à Madagascar hier:

22H08 : Marc Ravalomanana a confirmé, par voie de communiqué, qu'il n'avait pas l'intention de démissionner.

21H15 : M. Dramé, émissaire de l'ONU va rencontrer Albert Zafy, Norbert Ratsirahonana et Richard Andriamanjato.

21H00 : Electricité coupée aux alentours de Iavoloha (Palais présidentiel)

20H50 : Barrage au niveau de Makiplast (après Andoharanifotsy, route de Iavoloha) par des Andriamasom pokonolona pro Ravalomanana.

20H07 : Fin de l'ultimatum des 4h de Andry Rajoelina

19H20 : Port Bergé hier (région Sofia). Après une manifestation, les Tgvistes ont fait fermer tous les bureaux administratifs.

18H30 : La TVM ne diffuse plus depuis ce matin suite au démontage de l'antenne.

18H00 : Selon le gouvernement "La prise du bâtiment (ce matin par Monj Roindefo), de la Primature n'a aucune valeur légale ". Le communiqué dit que seul le président peut mettre fin aux fonctions du premier ministre.

16H54 : Environ 3 000 personnes font un sit-in pacifique devant Iavoloha pour empêcher une intrusion.

16H40 : Plusieurs milliers de partisans de Marc Ravalomanana sont réunis à Iavoloha.

16H35 : Andry Rajoelina ne veut pas envoyer de militaires à Iavoloha. Intervenant à la radio, il affirme, à l'encontre du président : "Je ne suis pas un tueur". Si le président accepte, il se rendra à Iavoloha pour faire la passation

16H30 : Fin du 13 mai. Il y a des artistes sur place. Les gens restent sur place.

16H26 : Andry Rajoelina donne 4 heures au président pour quitter le pouvoir. Il se rendra sur place pour la passation.

16H20 : Jacques Sylla, président de l'Assemblée nationale, qui intervenait à la place du 13-Mai, considère que le départ de Ravalomanana est la seule solution.

15H26 : Communiqué du gouvernement : "Le gouvernement réfute l'affirmation de l'opposition". le Président n'a pas été déchu. I

14H58 : Plus de 15 000 personnes sont massées à la place du 13-Mai.

14H54 : Jacques Sylla est présent place du 13-Mai, ainsi que tous les ministres de Tgv

14H48 : Les partisans de Marc Ravalomanana se massent à Iavoloha.

14H36 : Andry Rajoelina arrive à place du 13-Mai. C'est sa première sortie officielle depuis le 5 mars.

14H30 : La primature a été prise par l'opposition

14H02 : Andry Rajoelina est attendu place du 13-Mai

14H00 : L'opposition annonce aujourd'hui que "le président a été déchu".

13H50 : Andry Rajoelina était dans sa résidence ce matin avec ses ministres.


Des membres de la famille présidentielle malgache à Maurice

Une partie de la famille présidentielle a pris le vol d'Air Madagascar, MD 188 de 16h55 mercredi, à destination de notre pays, dont deux des enfants accompagnés de la femme d'origine étrangère de l'aîné du couple, et deux colonels travaillant dans le cabinet présidentiel. Le vol Air Mad Md 188 à destination de Maurice, mercredi, a transporté d'encombrants passagers, vu la situation politique explosive qui prévaut dans le pays.

Thierry Radavidra et sa femme Sarah Ravalomanana, Maika Ravalomanana, Gergana Gueorguieva Ravalomanana font partie des voyageurs. Sarah est la fille unique du couple présidentiel tandis que Maika est le benjamin, et Gergana est la femme de Josoa, le fils aîné. Ces quatre personnes étaient accompagnées de deux colonels travaillant au Palais présidentiel.

Sarah Ravalomanana dirigeait dans le temps les stations Mbs. Maika s'affichait souvent publiquement en compagnie de son père, dans les cérémonies officielles et les matches de football. Gergana, l'épouse du fils aîné Ravalomanana, avait déposé une demande pour la nationalité malgache en 2006 après avoir épousé Josoa en 2004. Selon les pro Ravalomanana, le palais d'Iavoloha se vide peu à peu de ses locataires actuels et d'autres départs seraient à prévoir.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 15 mars 2009