p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 février 2009



  Partielle au n°8 - ESC: "Le Code de Conduite dans les mœurs électorales"
  Vendredi à Nouvelle Découverte et St-Pierre - Pravind Jugnauth met en garde le No 8 contre les prochaines magouilles de son adversaire
  Campagne électorale - Pravind Jugnauth : "La réaction de SAJ n'est pas une prise de position"
  A une semaine de la partielle - Ashock Jugnauth parle de "batté condiré"
  Ashock Jugnauth, candidat MMM/UN/PMSD en campagne - Escale à cité Sainte Catherine
  En marge de son 73e anniversaire - PTr : "Le droit de vote : une responsabilité civique"
  Partielle au n°8 - Le MACOSS réclame une campagne "intègre et transparente"
  Échos de campagne
  Vendredi soir à Grand-Bassin - Navin Ramgoolam met en garde contre les démagogues et le manque de discipline
  A Madagascar hier - Le dégel!
  Ca va se savoir


Partielle au n°8

ESC: "Le Code de Conduite dans les mœurs électorales"

L'Electoral Supervisory Commission, qui a institué un sous-comité présidé pour se pencher sur les plaintes logées par des candidats dans le sillage de l'adoption du Code de Conduite pour la partielle de Quartier-Militaire/Moka (N°8), s'est réunie, vendredi après-midi pour une évaluation de la situation. A la fin de la semaine écoulée, cette instance constitutionnelle responsable de l'organisation des élections à Maurice s'était retrouvée en présence de cinq cas de protestations d'écart aux dispositions du Code de Conduite. Pour ce qui est de l'organisation du scrutin du 1er mars, la Commission électorale s'apprête, mardi, à prendre livraison des bulletins de vote pour les 40 592 électeurs inscrits sur les registres officiels. Pour des raisons de sécurité, la Commission électorale compte recommander au ministère de l'Education de proclamer un jour de congé pour les élèves fréquentant les institutions scolaires situées dans les limites du n° 8.

Comme indiqué dans la précédente édition de Week-End, le leader du Front National Mauricien et candidat Anil Gayan a été parmi les premiers à loger des protestations auprès de la Commission électorale. La cible principale de ce candidat a été le leader du MSM, Pravind Jugnauth, concernant les dépenses encourues depuis le coup d'envoi de la campagne pour la partielle. D'autres allégations portent également sur des promesses d'emploi et d'octroi de patentes. Une polémique a déjà surgi entre Pravind Jugnauth et Anil Gayan, avec une mise en demeure du premier demandant au leader du Front National Mauricien, de présenter ses excuses au sujet des dépenses électorales;

De son côté, François Ecroignard, ancien attaché de presse de l'Attorney General, Rama Valayden, s'est signalé avec deux protestations au sujet de "sectarisme" dans la campagne électorale. Le candidat Ecroignard a protesté contre la présence des éléments de la Voice of Hindu sur le terrain politique à Quartier-Militaire/Moka et contre l'organisation d'une réunion du All Vaish Congress "au profit du leader du MSM".

En marge de ces protestations auprès de l'Electoral Supervisory Commission, François Ecroignard a pris deux autres initiatives au cours de la semaine écoulée. Il s'est rendu aux Casernes centrales pour déposer une lettre à l'intention du commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, pour réclamer des informations au sujet de sa déposition contre Ashock Jugnauth pour d'éventuels délits de fraude aux élections législatives du 3 juillet 2005. Il a également écrit au président de la République, sir Anerood Jugnauth, réclamant sa démission suite à ses commentaires à l'encontre du leader de l'opposition, Paul Bérenger, au sujet de "moralité pa ranpli vant".

Dans le camp de l'alliance MMM/UN/PMSD, la protestation concerne la dénonciation des "méthodes propagandistes" qui auraient été pratiquées par la station de télévision nationale. D'autre part, le Rassemblement Socialiste Mauricien conteste le choix du symbole du livre par l'Union nationale d'Ashock Jugnauth.

"Nous avons pris au sérieux ces protestations consignées par l'Electoral Supervisory Commission. Nous les avons passées au crible. Nous avons procéder à des vérifications auprès des instances appropriées. Dans certains cas, nous avons soumis ces détails aux autorités compétentes à toutes fins utiles. Dans d'autres, nous avons réclamé des précisions au sujet des allégations évoquées. Nous avons également écrit aux candidats qui ont soumis ces protestations et je ne crois pas qu'il serait approprié de ma part de vous révéler la teneur de ces communications après nos délibérations de vendredi", a déclaré, hier matin, à Week-End le président de l'Electoral Supervisory Commission, Me Yusuf Abookaber.

Néanmoins, l'Electoral Supervisory Commission note qu'à une semaine du scrutin, aucun des 38 candidats encore en lice, après les trois désistements enregistrés officiellement, n'a soumis de listes et des adresses de leurs "bases électorales" au terme des dispositions du Code de Conduite. "Le commissaire électoral compte adresser un rappel à ce sujet à ces candidats dans les plus brefs délais vu cette obligation de transmettre ces détails officiellement", a ajouté Me Aboobaker.

Interrogé quant à la tentation sectaire dans la campagne électorale, le président de l'Electoral Supervisory Commission se veut réaliste dans la conjoncture. "Nous savons que le Code de Conduite n'a pas de force légale. Mais ce que nous constatons depuis la semaine écoulée est que les gens ont pris conscience des enjeux. Le fait que les gens commencent à accepter que le Code de Conduite pour des candidats existe est que chacun se renvoie des allégations. Le Code de Conduite commence à entrer dans les mœurs électorales à Maurice", affirme-t-il.

L'Electoral Supervisory Commission attire l'attention des électeurs sur le point que la Commission électorale ne dispose pas de bases de données des électeurs par groupes ethniques. "La Commission électorale n'a pas de statistiques sur les groupes ethniques dans chacune des circonscriptions. Après les élections générales, les Best Losers sont désignés sur les bases du recensement de la population remontant à 1972 ", s'insurge-t-on du côté de la Commission électorale à huit jours du scrutin à Quartier-Militaire/Moka.

A la Commission électorale, la dernière étape sera enclenchée mardi avec la réception des bulletins de vote. "Aussitôt après, la vérification systématique de ces bulletins de vote sera entamée avant que les scellés ne soient apposés sur les urnes à être transférées aux postes de police proches des centres de vote dès vendredi matin", a confirmé le commissaire électoral, Irfan Rahman.

Un autre rendez-vous majeur au cours de cette dernière semaine sera la réunion avec les candidats et leurs "Campaign Managers". "Ce sera l'occasion pour la Commission électorale de faire une présentation générale des dispositions prises et des mesures de précaution adoptées pour garantir une Free and Fair Election. Nous allons aussi aborder le volet du Law and Order lors de cette partielle", a ajouté Irfan Rahman, qui maintient une ligne de communication directe avec les Casernes centrales, notamment avec le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, et le Deputy Commissioner of Police Jean Bruneau, désigné comme responsable de la force policière sur le terrain au N°8.

La Commission électorale soumettra au ministère de l'Education une recommandation en vue de fermer les institutions scolaires dans la région de Quartier-Militaire/Moka, lundi 2 mars, pour le dépouillement des bulletins de vote. "Cette mesure s'impose vu que les défilés et manifestations après la proclamation des résultats le 2 mars coïncideront avec la sortie des classes dans l'après-midi. La fermeture de ces écoles relève davantage d'une question de sécurité des élèves", affirme-t-on du côté de la Commission électorale.

Au cours de la semaine écoulée, la Commission électorale a organisé un "briefing" à l'intention des 625 fonctionnaires appelés à travailler dans les 20 centres de vote de la circonscription. Ils devront être à leur poste dans la journée de samedi pour des contacts avec les responsables des centres de vote en prévision du scrutin de dimanche prochain.

La "Returning Officer" pour cette élection partielle est Mme Gaitree Jugessur-Manna encadré de trois "Deputy Returning Officers", soit Nassir Ally Khadun, Mohun Aujayeb et Liu Tek Leong Liu Shiu Cheong.


Vendredi à Nouvelle Découverte et St-Pierre

Pravind Jugnauth met en garde le No 8 contre les prochaines magouilles de son adversaire

Il est persuadé de sa victoire. Il est confiant dans son électorat, qui s'agrandit de jour en jour, dit-il. Toutefois, il demeure prudent et met en garde son électorat contre les mensonges de son adversaire. Pravind Jugnauth s'entretenait vendredi dernier avec les citoyens de la circonscription Quartier Militaire/Moka, à Nouvelle Découverte et St Pierre.

Les réunions nocturnes s'enchaînant dans différents endroits de la circonscription, le temps manque à Pravind Jugnauth pour revenir, avant les élections de dimanche prochain, voir son électorat. Il ne pourra pas revenir réfuter ses adversaires. Il l'indiquait vendredi dernier à Nouvelle Découverte et St-Pierre, précisant qu'il était néanmoins confiant du choix des électeurs en sa faveur. "Toutefois, je dois vous mettre en garde contre mes adversaires qui utiliseront des magouilles durant cette dernière phase de la campagne pour tenter de vous convaincre", insiste-t-il. "Zot pe concocter. Zot pe magouillé. Zot pou rod zet labou lor mwa. Mo pa pou kapav revini, mé mo koné ki zot choix inn fini fer. Pas fer erer lor Jugnauth kan zot met lacroix", demande le leader du MSM. Il avait quelques minutes plus tôt rena priori, pour définir la stratégie à adopter de la campagne dans sa dernière phase. À Nouvelle Découverte, chez la famille Burkatally, chez laquelle il tenait une réunion, il est présenté comme "le soleil levant". Comme à Circonstance et à St-Pierre, il demande aux habitants de la région de réfléchir avant d'accorder leur vote à un candidat condamné par la Cour suprême et le Privy Council pour fraude et corruption. Et d'assurer que lui, contrairement à son adversaire, prône une politique de sincérité et de vérité. "Pour que l'histoire ne se répète pas, ne tolérez pas la fraude et la corruption", dit-il. Il indique également aux habitants du No 8 que, "kan ou pe ale vote Ashock Jugnauth, ou pe ale vote Paul Bérenger pou vinn Premier minis". Conscient qu'il y a une "infime" parti de habitants de la circonscription qui soutiennent le candidat de l'Union Nationale, Pravind Jugnauth leur demande de prendre en compte ce qu'il adviendra de leur candidat lorsque ce dernier aura perdu ces élections. "Li dir si li perdi li pou aret fer politique. Eski sa enn leader sa", interroge le leader du MSM. Et d'ajouter que dans la victoire ou la défaite, un leader demeure toujours auprès de son peuple.

"Paul Bérenger finn vinn politikman enn delirium"

Pravind Jugnauth soutient qu'il a toujours respecté sa parole et que ses adversaires n'ont aucune critique valable contre lui. "Paul Bérenger est la dernière personne à pouvoir me critiquer", ajoute le leader du MSM. Il assure que tout ce que raconte Paul Bérenger à son sujet relève du mensonge. "Tout kalité fossté pe dir lor mwa. Aster pe dir mo communal. Mo demann zot, si mo ti communal, eski mo ti pou fer li vinn Premier minis?", demande le leader du MSM. Au sujet des reproches faites par ses adversaires concernant le soutien qu'il aurait avec les associations socioculturelles, Pravind Jugnauth indique à l'électorat No 8, qu'il n'est pas concerné. "Je ne suis pas responsable des actions des autres. Je suis uniquement responsable des actions de mes soldats", assure-t-il. Il revient également sur les critiques qu'auraient émis Paul Bérenger, en premier sur sa femme, et dernièrement sur le président de la République, et indique que le leader du MMM n'a plus d'arguments. "D'où ses bassesses. Li pe fer pli grand moralist, me selmen li dir ou ale vote enn candida qui finn condamné pou corruption", souligne-t-il. Pour Pravind Jugnauth, "Paul Bérenger finn vinn politikman enn délirium". Il fait ressortir que le leader du MMM est quelqu'un en qui lui, Pravind Jugnauth, n'a pas confiance. Et il demande à l'électorat de lui donner une véritable correction. Si le temps lui manque pour revenir parler aux citoyens du No 8 avant la date butoir des élections, il les invite à venir au meeting qu'il tiendra le 27 février prochain, à la gare de St Pierre.


Campagne électorale

Pravind Jugnauth : "La réaction de SAJ n'est pas une prise de position"

La polémique qui oppose le Président de la République, Sir Anerood Jugnauth au leader de l'opposition, Paul Bérenger, quant à la question de "moralité" a été commentée hier par le leader du MSM, Pravind Jugnauth. Ce dernier a souligné que "la réaction de SAJ n'est pas une prise de position". C'était lors de la conférence de presse du parti dans la capitale, au Sun Trust Building. Conférence durant laquelle Pravind Jugnauth a fait ressortir sa grande confiance quant à sa "victoire" lors de la prochaine partielle, la semaine prochaine.

"Non, ce n'est pas une prise de position pour Pravind Jugnauth. Le leader de l'opposition a attaqué le Président de la République qui a, lui, choisi de répondre. C'est son droit, sa responsabilité". Propos du leader du MSM, qui répondait à une question de Week-End hier, concernant la réaction de Sir Anerood Jugnauth, autour des propos qu'auraient tenus Paul Bérenger sur la "moralité". Pour Pravind Jugnauth, il s'agit du droit légitime de SAJ de revenir sur ces propos. Il avance que Paul Bérenger parle de "moralité pa rempli vent". Et de poursuivre : "Nou tou konné kisann la qui finn dir sa, se SAJ a lepok kan li ti PM, ki ti dir sa. Li finn expliké dayeur dan ki kontex li finn dire sa." D'autre part, le leader du MSM souligne que "c'est le leader de l'opposition qui a attaqué le Président de la République. Ce n'est pas n'importe qui. Et si le Président a décidé de réagir, j'estime qu'il en a parfaitement le droit", dit-il. Il ajoute qu'il l'avait lui-même fait remarquer que Paul Bérenger devrait prendre le temps de se regarder dans un miroir. "Kan Paul Bérenger vinn coz moralité, Paul Bérenger ti bizin guett li mem dan laglace. Parski ou pa kapav vinn dir ou pe litt contre frod ek corruption, mé vinn dir dimounn vinn vote enn candidat ki finn condamné pou frod ek corruption. Moralman tou dimoun conné ki li pa ti bizin poz candidat. Kot moralité ? "

s'indigne Pravind Jugnauth.

A une semaine du scrutin, le MSM se dit confiant de "sa grande victoire au N° 8 ; les réactions sur le terrain parlent d'elles-mêmes", estime le candidat orange, Pravind Jugnauth. "Le MSM aborde la dernière phase de la campagne avec une confiance totale", indique-t-il, soutenant que "c'est le langage de vérité et de sincérité prôné par son parti qui en fait son succès". Selon Pravind Jugnauth, son adversaire direct, le leader de l'Union nationale (UN), Ashock Jugnauth, est "complètement désabusé face à la vague soulevée par le MSM". "Nous allons au-devant d'une grande victoire", assure le leader du MSM. La presse a eu droit, hier au même discours - à quelques mots près - de ceux tenus lors des réunions nocturnes au N° 8 par Pravind Jugnauth. Comme depuis le début de la campagne, ce dernier s'est concentré sur sa campagne électorale, qu'il qualifie de "réussie". D'ailleurs, dit-il, la constante remarquée lors des réunions nocturnes est celle de l'enthousiasme de l'électorat N° 8 derrière son parti. "Il n'y a pas de doute que c'est le langage de sincérité, les principes et l'engagement du MSM qui nous démontrent aujourd'hui la confiance gagnée de l'électorat N° 8", estime Pravind Jugnauth. Parallèlement à cette constante, le MSM note que "de jour en jour, notre adversaire perd du terrain. L'alliance UN/MMM/PMSD est complètement démoralisée. La panique gagne du terrain dans l'autre camp".

"Paul Bérenger : un joke"

Compte tenu de cette panique, selon Pravind Jugnauth, son adversaire ferait preuve de bassesse et utiliserait des arguments mensongers. "Le tandem Ashock Jugnauth/Paul Bérenger est devenu la risée du peuple. Paul Bérenger est devenu un joke", soutient le leader du MSM. Selon lui, son adversaire tente aujourd'hui de détourner l'attention des votants et n'aurait recours qu'aux mensonges tantôt à propos du cimetière des musulmans tantôt à propos d'une rencontre de Pravind Jugnauth avec le ministre Asraf Dulull. Si bien, avance Pravind Jugnauth, que Paul Bérenger a été désavoué quand le ministre Abu Kasenally est venu affirmer que les procédures sont actuellement en cours et qu'effectivement un terrain sera alloué pour le cimetière musulman. "Pire, c'est le mensonge autour de ma rencontre avec Asraf Dulull alors que celui-ci était en mission à l'étranger. La vérité a triomphé. Et aujourd'hui Paul Bérenger ose dire que c'était un joke ? ", s'offusque le leader du MSM. Pour Pravind Jugnauth, le leader de l'opposition a perdu de sa crédibilité. "Ki dimounn pou croir kan li cozé aster. Kan li dir bon cozé, kan li fer joke ? ", se demande Pravind Jugnauth.

Le MSM lance un appel aux autorités pour plus de sécurité

Tout ce que ses adversaires tentent de faire pour le discréditer sur le terrain ne marche pas ; certains ont même été, sans preuve, devant l'Electoral Service Commission, rappelle Pravind Jugnauth. Il ne tient pas à faire de commentaires sur la déclaration faite à son encontre auprès de l'ESC par Anil Gayan. Il précise toutefois qu'il a fait servir une mise en demeure à ce candidat du Front National Mauricien (FNM). Selon lui, ses adversaires n'ont plus d'arguments contre le MSM. Certains, au sein de l'UN/MMM/PMSD, dont Jean Claude Barbier, avance-t-il, auraient fait preuve d'intimidation auprès des activistes orange. Il revient sur le "désespoir" de Paul Bérenger qui, lui, utiliserait des rumeurs pour gagner son électorat. "Li ti pe fann rumeur ki apré election li pou fer lallyans ek Ptr, mé Premier minis finn dir li pa lé zot", rappelle le leader du MSM. Pravind Jugnauth lance par ailleurs un appel aux autorités et à la force policière pour assurer plus de sécurité durant cette dernière phase de campagne. Car, il avance avoir reçu "des informations selon lesquelles l'UN/MMM/PMSD planifie actuellement du désordre dans la circonscription, pour lequel le parti compte tenir le MSM de responsable". Le MSM demeure néanmoins confiant d'une large victoire vu la déroute de ses adversaires, invoque Pravind Jugnauth. Il profite de l'occasion pour réitérer sa demande d'un face-à-face avec le leader de l'UN, ou celui du MMM. "Ki li Ashock, ki li Paul, moi souhaité ena enn face-à-face". Mais ces derniers fuyant, selon lui, devant cette requête, Pravind Jugnauth dit laisser le peuple juger de la situation.


A une semaine de la partielle

Ashock Jugnauth parle de "batté condiré"

"Ashock imbattable, pou éna enn batté condiré". Ces propos tenus, hier, sont du candidat du bloc MMM/Union nationale/PMSD alors qu'il était interrogé sur l'issue de la partielle qui se tient dans une semaine à Quartier Militaire/Moka (N°8). "La question d'une défaite ne se pose pas", a-t-il ajouté avant d'affirmer que "Pravind Jugnauth ne passe pas auprès de l'électorat du PTr qui est, lui-même déçu du gouvernement de l'Alliance sociale".

Le leader de l'Union nationale a évoqué le "bel l'avance" dont il dispose à cette partielle et sa confiance dans une victoire dimanche prochain mais que le travail continuera jusqu'à ce que les "boîtes soient cassées" le 2 mars. "Je suis personnellement très satisfait de la façon dont la campagne se déroule dans le strict respect de la signature que j'ai apposée au bas du code de conduite et du document lui-même ", a déclaré le candidat.

Ashock Jugnauth est revenu sur les propos de Pravind Jugnauth indiquant que c'est SAJ qui l'a aidé financièrement et les a qualifiés de "mensonges" sur lesquels le leader du MSM ne revient plus. Il a, d'ailleurs, dit constater que tout ce qu'a entrepris Pravind Jugnauth durant cette campagne a foiré et que le seul recours de ce candidat est le PTr puisque tous ceux qui étaient avec le MSM au N°8 sont maintenant avec l'Union nationale.

Sa toute dernière trouvaille, a-t-il dénoncé, est le recours aux organisations socioculturelles comme la Voice of Hindu, la All Vaish Congress, et Somduth Dulthumun qui, dit-il, ont, tous, déguerpi après avoir passé quelques jours dans la circonscription pour soutenir Pravind Jugnauth.

Quant à la demande que lui a faite Pravind Jugnauth en vue de produire un certificat de moralité, Ashock Jugnauth lui a conseillé d'effectuer un check-up après la partielle parce qu'un avocat, a-t-il dit, devrait savoir qu'un tel document n'entre pas en jeu dans les cas au civil.

Il a, non seulement, dénoncé l'argent que son adversaire utiliserait dans cette campagne mais il s'est aussi dit outré que "des jeunes qui animent les bases du MSM sont ivres dès 16 h/17h". Ashock Jugnauth a exprimé ses inquiétudes que cette habitude ne perdure après les élections et que ces jeunes ne soient poussés à commettre des voies de fait.

Paul Bérenger a, de son côté, affirmé que l'avance dont bénéficiait Ashock Jugnauth n'a fait qu'augmenter depuis le "Nomination Day" et que le bloc de l'opposition continuera à être très actif durant la dernière semaine de campagne.

Le leader de l'opposition et du MMM a mis en garde contre une campagne de fabrication de dernière minute étant donné, dit-il, "qu'avec nos adversaires, tout est possible". Il a aussi dénoncé Pravind Jugnauth et l'Alliance sociale pour le non-respect du code de conduite. Il a ainsi évoqué le rôle de l'argent qui, dit-il, est le principal adversaire du candidat Ashock Jugnauth et l'augmentation des bases de même que les "réunions à caractère communal et castéiste" sans compter la présence de "gros bras et de violence" un peu comme cela avait été le cas à Rose Belle en 2005.

Scandales, crise économique et licenciements

Également dénoncé, le rôle de la MBC qui a accordé une large couverture à une conférence de presse de Nando Bodha tout comme celle de trois heures tenue par le Premier ministre. Et de réaffirmer que la victoire d'Ashock Jugnauth découle de deux facteurs : ce sera un "vote-sanction", une correction au gouvernement de l'Alliance sociale qui a, depuis 2005, "mis le pays sens dessus dessous", en raison de la crise économique et les scandales, puis, le candidat Ashock Jugnauth mérite, sur un plan personnel, la confiance et le vote de l'électorat du N°8. Il a parlé de "la bonhomie et de la chaleur humaine qui se dégagent de la personnalité d'Ashock Jugnauth".

Interrogé sur le comportement de l'électorat MMM, Ashock Jugnauth a dit qu'il est à 100% derrière lui tandis que Paul Bérenger a précisé que le militants sont non seulement là mais ils travaillent activement pour le candidat du bloc de l'opposition comme s'il était le candidat du MMM. Et de citer en exemple le "couple politique parfait" que constituent Ashock Jugnauth et Deven Nagalingum et sa propre participation soutenue à la campagne.

Quant à l'affaire de l'extension du cimetière musulman, le leader de l'opposition a rappelé qu'il était Premier ministre lorsque "cette bonne décision" a été prise mais que cela a pris du temps parce qu'il fallait chercher le terrain et procéder à une acquisition obligatoire.

Pendant trois ans et demi, rien n'a été fait par le gouvernement de l'Alliance sociale et c'est à la veille de la partielle que le gouvernement vient, de manière indécente, annoncer une décision sur ce dossier. Cela vient donner raison au précédent gouvernement parce que c'était nécessaire de le faire.

Quant à Ashock Jugnauth il a jugé cette annonce "inacceptable" à deux semaines du scrutin d'autant que ceux qui ont fait cette annonce sont ceux-là même qui avaient cité ce dossier comme un bribe électoral pour contester son élection. Pour lui, si ce qu'il avait fait était un bribe électoral, le gouvernement se rendrait coupable de la même faute et, en plus, il va à l'encontre du jugement prononcé dans cette affaire.

Paul Bérenger a aussi évoqué quelques dossiers urgents comme Air Mauritius avec des milliards qui sont engloutis sans résultat et des coupes dans des postes et sur certaines dessertes qui n'ont pas leur raison d'être de même que le risque que la Wastewater Management Authority perde Rs 2 milliards de l'Union européenne tandis que les licenciements gagnent non seulement les secteurs du textile et du tourisme mais aussi celui des technologies de l'information.

Le bloc de l'opposition tient un dernier grand meeting le 27 février à Quartier Militaire.


La déclaration de SAJ sur la moralité: Paul Bérenger se refuse à la polémique

Le leader de l'opposition et du MMM s'est refusé à la polémique après la sortie du président de la République contre lui mercredi dernier sur le plan de la moralité. Il a affirmé n'avoir rien dit sur sir Anerood Jugnauth depuis bien longtemps et certainement pas dans le cadre de la présente campagne électorale et a insisté sur le fait qu'il respecte l'institution qu'est la présidence de la République.

Paul Bérenger a dit que le MSM et Pravind Jugnauth veulent faire accroire que sir Anerood Jugnauth a réagi à quelque chosequ'il aurait dit. Il s'explique : "Je n'ai rien dit ni fait la moindre déclaration sur le président de la République depuis bien longtemps et certainement pas dans le cadre de la présente campagne électorale. Ce n'est qu'un prétexte pour entraîner SAJ dans la campagne électorale et cela représente un manque de respect au président de la République."

S'agissant de la déclaration du Premier ministre donnant raison à SAJ dans ce contexte, le leader du MMM a dit condamner une telle attitude qualifiée d'indécente et qui consisterait, là aussi, à entraîner le président dans la campagne pour la partielle. "Nous allons ignorer ce genre de choses tout comme les sous-entendus à relent communal du Premier ministre à Grand Bassin vendredi", a invoqué le leader de l'opposition. Interrogé sur l'affaire du riz obtenu de Taiwan et de l'expression "moralité pa rempli ventre" utilisé il y a 27 ans par SAJ, Paul Bérenger a maintenu qu'il n'avait rien d'autre à ajouter.

Ashock Jugnauth a, lui, déclaré qu'un président de la République se doit de demeurer neutre sur un certain nombre de choses. Il a, lui aussi, nié tout propos ou tout commentaire du leader du MMM sur sir Anerood Jugnauth. "Kot sa et quand ti kozé sa, journaliste ine pose li la question, Pravind Jugnauth pa ine kapav réponde". Pour lui, il s'agit d'une fabrication.


Ashock Jugnauth, candidat MMM/UN/PMSD en campagne

Escale à cité Sainte Catherine

Dans une élection, aucun vote n'est jamais de trop à prendre et il n'y a pas de localité trop petite pour intéresser un candidat. Outre Côte d'Or et Bois Chéri et en attendant Camp Samy, Ashock Jugnauth était, ainsi, à cité Sainte Catherine, vendredi après-midi. C'était pour un exercice de porte-à-porte à la rencontre des quelques 360 électeurs de cette cité EDC dont la construction remonte aux lendemains du Cyclone Carol.

Pour cet exercice de contact direct avec les électeurs de ce quartier situé à la lisière de L'Agrément, le candidat du MMM/UN/PMSD avait choisi de se faire, notamment, accompagné de la députée et ancienne ministre MMM, Ariane Navarre-Marie et de son campaign manager et colistier dans la circonscription, Deven Nagalingum. 17h00, à côté de la grotte. Quelques activistes sont déjà sur place quand arrive le candidat Ashock Jugnauth. Il est vite rejoint par une vingtaine de sympathisants habitant la cité dont un nombre important de dames et de jeunes filles. Ariane Navarre-Marie arrive dans la foulée suivie, quelque temps après, de Deven Nagalingum. L'exercice peut démarrer. Les sympathisants et sympathisantes conduisent le cortège.

Le prétexte pour cette tournée dans la cité à la rencontre des habitants est la distribution d'une invitation pour une réunion en marge de la partielle. Réunion prévue pour mardi prochain à 19h30 en présence, notamment, du candidat Ashock Jugnauth et de Paul Bérenger. "Bonzour madam. Nou vinn invit ou pou rénion MMM//UN/PMSD mardi. Pa manké vini."

Dès le premier pâté de maisons visitées, le "response" semble positif. Il faut dire que l'ambiance y est. Les jeunes militantes et militants de la cité semblent dynamiques et paraissent rompus à cet exercice consistant à ouvrir la voie à leur candidat. Mme Navarre-Marie, très décontractée, joue de son charme et n'hésite, surtout, pas à faire la bise aux mères de famille sollicitées pour assister à la réunion devant avoir lieu mardi.

"Missié Ashock", le candidat, on le connaît dans la cité. De même que son colistier Deven Nagalingum. Jean-Noël témoigne: "Dan cité, simé napa ti koltaré, napa ti ékléré. Zot mem ki finn met nou dan korek!" A propos de points de lumière, une dame, devant sa porte d'entrée, montre à Ashock Jugnauth un lampadaire décroché de son support et qui ne tient plus qu'à un fil. "Akot Suren Dayal? Li pa trouvé bizin sanz sa?", s'indigne le candidat.

Légèrement crispé au départ de l'exercice, le candidat Ashock Jugnauth et nettement plus détendu à mi-parcours et arbore un large sourire. Il invite électeurs et électrices de la cité à ne pas confondre entre l'emblème du livre sur le coeur de l'Alliance MMM/UN/PMSD et celui du "soleil couchant" du MSM. "Moi mo préfer soley lévan ki soley koussan!"

Plus loin, la file des canvasseurs du candidat Ashock croise un autre candidat en campagne en solo dans la cité: François Ecroignard, attaché de presse renvoyé de l'Attorney General, Rama Valayden. Petit accrochage verbal heureusement sans gravité qui ne dégénère pas. Des militants MMM/UN/PMSD lui reprochent de mener, dans la cité, une campagne communale pour s'attirer des votes. François Ecroignard s'en défend. L'incident s'achève aussi vite qu'il n'avait commencé.

La tournée de la cité achevée au bout d'une heure environ, les jeunes militantes et militants entourent leur candidat et laissent éclater leur joie. Pour eux, en effet, de même que pour leurs dirigeants, compte tenu de l'accueil des habitants, l'exercice aura été un succès. Pour le candidat MMM/UN/PMSD, à cité Sainte Catherine, au moins, vendredi, il a, en effet, semblé que c'était presque comme "kouto dan diber…" Shanti, militante MMM de la localité voisine de Petit Verger, venue prêter main forte à ses amis pour cet exercice de porte-à-porte le confirme.


En marge de son 73e anniversaire

PTr : "Le droit de vote : une responsabilité civique"

Dans un communiqué en marge de son 73e anniversaire devant être célébré, demain, lundi 23 février, le Parti travailliste (Ptr) rappelle que le droit de vote est "une responsabilité civique". "Plusieurs se sont sacrifiés - certains jusqu'au sacrifice suprême - pour que ce droit soit accordé à tous", rappelle dans le communiqué James Burty David, directeur de communication du PTr.

M.David parle de "l'audace" des pères fondateurs du PTr d'avoir le 23 février 1936 "osé réclamer l'avènement d'une société où toutes les cultures, toutes les couleurs de peau, toutes les classes auraient droit au respect". "L'audace" qui, dit-il, "fait la différence entre les hommes de caractère et ceux qui traversent la vie comme des paillassons".

Le directeur de communication du Ptr souligne que l'une des premières revendications des pionniers du PTr fut le droit de vote "pour tous et non exclusivement pour quelques privilégiés du système colonial". Ce fut, dit-il, "une rude bataille" et "une grande victoire" quand, en 1947, le gouverneur Donald Mackenzie-Kennedy étendit le droit de vote à des dizaines de milliers de travailleurs.

"Sir Seewoosagur Ramgoolam alla encore plus loin pour les élections du 20 décembre 1976 en ramenant le droit de vote de 21 à 18 ans", argue le porte-parole du PTr. Et de rappeler l'appel de Navin Ramgoolam aux électeurs de la circonscription N°8 (Quartier-Militaire/Moka) à exercer leur droit civique en allant voter le 1er mars.


Partielle au n°8

Le MACOSS réclame une campagne "intègre et transparente"

Le Mauritius Council of Social Services (MACOSS) en appelle à la responsabilité citoyenne de tous ceux concernés par la partielle prévue dimanche 1er mars à Quartier-Militaire/Moka (N°8) et demande que le pays sorte gagnant de cette joute électorale. Le MACOSS demande, notamment, aux intéressés à s'engager à mener une campagne "intègre et transparente" qui se départit de toute forme de corruption et de fausses promesses; à centrer la campagne électorale sur un débat d'idées "et non sur des attaques personnelles"; à ne pas propager de fausses nouvelles et à éviter toute action et tout propos à caractère communal.

Le MACOSS, qui rappelle être signataire de la Résolution de la SADC-EISA Electoral Support Network relative aux élections, attire l'attention de tous ceux concernés sur les clauses de cette résolution se rapportant, en substance, à la tolérance politique et à la non-politisation de l'identité sociale dont l'ethnicité, la race et la religion et des institutions publiques.


Ils ont dit

Dolip Aleem : "Choisissez celui qui sera proche de vous"

Bhye Aleem Dolip est un habitué des élections. Il en est à sa quatrième participation. Travailleur social, cet habitant de Dagotière, âgé d'une cinquantaine d'années, est populaire dans sa région. "Je connais le No 8, ses citoyens et ses problèmes. Nous avons toujours travaillé pour améliorer les conditions au No 8", dit-il. Présent tous les jours sur le terrain, il est d'avis que la campagne électorale se déroule sur une base communale. "C'est pourquoi, je demande aux citoyens de bien réfléchir avant de donner leur vote à n'importe qui". Son message : "choisissez celui qui sera toujours proche de vous et prêt à vous soutenir".

Dookhee Mohamade : "Les palabres des politiciens n'intéressent plus"

Pour ces partielles, Mohamade Dookhee estime que la politique doit être axée sur le progrès. Ce candidat, avocat et businessman, habitant Port-Louis, croit lui dans l'économie énergétique. Sur le terrain, il dit chaque jour constater que "les citoyens ne sont pas intéressés avec les palabres des partis traditionnels". Il note également qu'il y a encore parmi les votants, des nombreux indécis, ceux-là mêmes qui feront la différence lors de ces élections. Et cette différence sera incarnée par la politique d'économie énergétique qu'il prône. "Avec la crise économique mondiale, Maurice doit crée un 4ème créneau dans notre économie. Et nous devons économiser l'énergie judicieusement", explique ce candidat. Face au response qu'il obtient sur le terrain, Mohamade Dookhee est d'avis que les citoyens souhaitent également voir le progrès de leur pays, et non pas les zigzags des partis politiques habituels.

Écroignard François : "Moraliser la scène politique"

"Il est temps de changer les visages sur la scène politique. Il faut éliminer ceux qui depuis des années se moquent du peuple". C'est le message de François Écroignard, ancien attaché de presse de l'Attorney Genéral, Rama Valayden. Pour François Écroignard, aujourd'hui directeur d'une compagnie à vocation touristique, "il faut faire une moralisation de la scène politique. Ces partielles représentent une occasion de donner une véritable correction aux deux Jugnauth, Ashock et Pravind". À chaque élection, dit-il, les partis traditionnels montent sur le terrain, pour déblatérer des mensonges, faisant croire qu'ils sont dignes des votes des citoyens, mais après les élections ils abandonnent sans scrupules leur électorat. "Ces magouilles politiques doivent cesser", estime ce candidat indépendant. Dans cette optique, dit-il, il a déjà contesté la candidature d'Ashock Jugnauth et dénoncé "les réunions sectaires" tenues par Pravind Jugnauth et la participation de la Voice of Hindu à ses côtés. Il a également réclamé la démission du Président de la République pour ingérence dans la politique. François Écroignard, qui mise sur une campagne de proximité, avec des porte-à-porte quotidiens, compte également sur les nouvelles technologies ; téléphone, sms et internet pour atteindre son électorat. François Écroignard est "confiant de faire une percée pour ces partielles".

Jugnarain Dulari : "Changer le visage politique de Maurice"

Elle figure parmi les rares femmes qui ont posé leur candidature à ces partielles. Et elle compte justement sur le vote de citoyennes pour faire la différence à ces élections. Dulari Jugnarain, femme entrepreneur et travailleur social, en est à sa 3ème participation à des élections. Son objectif, motiver le maximum de femmes du No 8 à s'intéresser à la politique. Cette candidate, militante des victimes du Sale by Levy, estime qu'il est primordial de revoir la politique économique de Maurice, en vue d'alléger le fardeau des familles pauvres. "Aujourd'hui, vu la manière dont se déroulent les choses à Maurice, nous ne sommes pas loin d'un éclatement social. C'est pourquoi nous devons tous opter pour une 'selfless vision' pour notre pays. Nous devons changer le visage politique de Maurice", dit-elle.


Cehl Meeah (leader du Front Solidarité Mauricien) : "Nous pouvons choisir le vainqueur"

Vous faites de la politique depuis trop longtemps pour ne pas savoir que l'électorat mauricien vote pour les candidats des "grands partis". Donc, que fait le Front Solidarité Mauricien (FSM) dans cette élection partielle qu'il n'a aucune chance de remporter ?

C'est vrai que compte tenu de la réalité politique mauricienne le FSM ne peut remporter ce scrutin mais il peut choisir celui qui va gagner. Le premier mai dernier, j'ai dit que le FSM est la force déterminante pour la formation du prochain gouvernement et nous allons le démontrer dans l'élection au n°8. Nous allons démontrer aux autres partis politiques que le FSM aura son mot à dire dans le résultat final.

Êtes-vous en train de dire que l'ensemble de l'électorat de la circonscription n°8 et de toutes les autres circonscriptions vous soutient à 100% ?

Nous ne sommes pas en train de parier sur 5 000 votants dans une circonscription qui compte plus de 45 000 électeurs. Nous faisons appel à la conscience de l'ensemble de l'électorat pour leur dire qu'ils ne peuvent cautionner une guerre familiale, qu'ils ne doivent pas entrer dans un conflit entre un oncle et son neveu.

Vous posez-vous comme représentant de la communauté musulmane à Maurice ?

Je ne me suis jamais présenté de la sorte. Mais il est vrai que les leaders des grands partis pensent que la communauté musulmane est derrière moi. Si cette responsabilité m'est donnée je l'assumerai.

Quel est le principal adversaire du FSM dans cette élection ?

L'immoralité et l'indécence des deux "grands partis". Il y a d'un côté la corruption et de l'autre la dynastie et la puissance de l'argent. Je demande à l'électorat de voter pour la moralité.

Pour quelles raisons les électeurs du n°8 devraient voter pour vous ?

Parce que les deux "grands" candidats sont en train de demander aux électeurs de leur donner du poids pour négocier leur prochaine alliance. Voter pour Ashock Jugnauth va lui permettre de négocier sa place de Premier ministre avec le MMM. Voter pour Pravind Jugnauth c'est lui donner de l'énergie en vue d'obtenir vingt tickets au lieu de dix avec Ramgoolam aux prochaines élections générales. Voter pour moi me donnera l'occasion d'influencer sur les résultats des prochaines élections générales dans le bon sens.

N'êtes-vous pas en train de jouer le rôle d'un candidat qui pourrait à la veille de l'élection partielle donner un mot d'ordre de voter en faveur d'un des deux "grands" candidats ?

Absolument pas. Je prends l'engagement devant le créateur de ne pas changer de discours. Au contraire, dans le dernier tournant de la campagne je vais révéler une surprise qui va faire basculer l'opinion en notre faveur.


Rada Kistnasamy (candidat de Lalit) : " Nous sommes un courant politique différent"

Nous vivons dans un pays où l'électorat privilégie les candidats des "grands partis" pour les élections. Pourquoi est-ce que Lalit se présente dans cette partielle ?

Lalit est le seul parti politique qui représente dans cette élection un courant politique différent des autres, des soi-disant grands partis. Nous sommes le seul parti à parler de la crise économique et de ses répercussions sur la vie de tous les jours. Les deux grands candidats disent qu'ils faut voter pour eux afin de donner une leçon à Paul Bérenger ou à Navin Ramgoolam. Nous sommes le seul parti à proposer un programme cohérent pas un simple règlement de comptes. Dans notre système que Ramgoolam et Sithanen présentent comme un modèle économique les licenciements et les fermetures dans les secteurs-clé se multiplient. Lalit est le seul parti dans cette campagne à dire qu'il existe une autre politique possible à Maurice. Par ailleurs, Lalit est en train de construire au n°8 une véritable opposition pour s'attaquer aux vrais problèmes du pays et défendre les travailleurs et ceux au bas de l'échelle sociale.

Quel est le principal adversaire de Lalit dans cette campagne ?

L'autre manière de faire la politique, celle qui est au pouvoir depuis des années et d'où viennent les deux Jugnauth. L'élection de l'oncle Jugnauth a été annulée en raison de fraudes électorales commises dans un cabinet ministériel où siégeait le neveu Jugnauth et que présidait Bérenger au sein d'un gouvernement MMM/MSM. Nos adversaires sont les deux Jugnauth qui sont semblables - même si aujourd'hui ils sont adversaires - et utilisent les électeurs du n°8 pour augmenter leur "Bargaining Power" aux prochaines élections générales. L'un avec le MMM et l'autre avec l'Alliance sociale sur le dos des électeurs.

Pour quelles raisons les électeurs du n°8 devraient vous élire dimanche prochain ?

Premièrement pour dire non à la politique d'Ashock et de Pravind Jugnauth. Deuxièmement pour élire un véritable député d'opposition qui va se battre contre les licenciements, les lois du travail de plus en plus dures que l'on fait voter pour protéger les intérêts des patrons contre ceux des travailleurs.

L'électorat de Quartier-Militaire/Moka comprend-il et apprécie-t-il le langage de Lalit ou préfère-t-il les slogans de la politique classique et son folklore ?

Nous avons eu un accueil particulièrement chaleureux des électeurs du n°8. Beaucoup plus chaleureux que pour les précédentes élections. Les gens nous écoutent, nous questionnent et finissent par conclure qu'il n'y a aucune différence entre les deux "grands candidats". Je crois que face à la crise et à ses conséquences sur leur vie de tous les jours ils sont disposés à voter pour un véritable changement.


Anil Gayan (leader du Front national mauricien) : " Les partis traditionnels sont dépassés "

Nous vivons dans un pays où le "mindset"électoral est en faveur des candidats des "grands partis". Alors que faites-vous dans cette élection… juste un peu de publicité pour votre nouveau parti ?

Je ne suis pas d'accord avec ce "mindset" qui existe surtout pour les législatives. Concernant la prochaine élection partielle, l'Alliance sociale n'est pas officiellement présente et il en est de même pour le MMM. Et les principaux candidats sont les deux Jugnauth, dont les électeurs n'en veulent plus. Je le sais d'autant plus que j'ai déjà travaillé avec l'oncle et le neveu, et même le père du neveu, et je sais comment ils fonctionnent au sein de cette famille. Les Jugnauth ont un "mindset" selon lequel tout doit leur appartenir dans ce pays et utilisent toutes les armes pour le faire, même en violant les codes de conduite qu'ils ont signés. Je pense que les électeurs du n°8 ont décidé de voter des candidats ayant à cœur l'intérêt national et pas des objectifs sectaires fragmentant le pays en castes et communautés.

Quel est le principal adversaire de votre nouveau parti dans cette élection ?

Le castéisme, le communalisme et le pouvoir de l'argent de certains candidats. J'ai demandé à tous les candidats de déclarer leurs avoirs et les aides de ceux qui les soutiennent afin que l'on puisse savoir qui paye ces bases, ces photos, ces banderoles et ce qu'ils attendent en retour.

Pour quelle raison les électeurs du n°8 devraient-ils voter pour vous ?

Parce que je suis le plus compétent sur le plan professionnel. Parce que je défends les mêmes idées politiques depuis toujours sans avoir peur de qui que ce soit. Parce que je mène, en tant qu'avocat, des combats dans lesquels certains de mes confrères n'osent pas entrer. Je ne cite qu'un seul exemple : l'affaire qui a obligé le gouvernement à faire que Rama Sithanen et Rama Valayden prêtent serment à nouveau et qu'on enlève à ce dernier son titre de ministre des Droits humains. Et parce que j'ai un rayonnement politique et juridique international que ni Ashock, ni Pravind Jugnauth ne possèdent.

N'êtes-vous pas en train d'utiliser cette partielle pour faire de la publicité pour votre nouveau parti ?

Ce n'est pas vrai. C'est une coïncidence qui a fait que le groupement de réflexion que je préside est devenu un mouvement politique avec la partielle du n°8. Nous avons profité de l'occasion pour nous présenter et faire connaître nos idées.

Est-ce que vous ne seriez pas un parti "sous-marin" qui pourrait à la toute dernière minute donner un mot d'ordre en faveur d'un des deux "grands" candidats de cette partielle ?

Je l'ai dit dès la naissance de notre nouveau parti : je ne suis pas intéressé à conclure une alliance avec n'importe lequel des partis traditionnels. Les partis traditionnels sont dépassés. Ces partis ont tellement fait d'alliance en politique qu'ils en sont aujourd'hui réduits à défendre l'indéfendable. C'est une chose que je ne sais pas faire ni juridiquement, ni politiquement.


Échos de campagne

Le VPM présent à l'Avenir hier

Le vice-Premier ministre et ministre des Services Publics a été vu, hier, à l'Avenir. Rashid Beebeejaun, dit-on, en a profité pour inviter les électeurs de cette région à voter pour Pravind Jugnauth. Ce serait à la demande du secrétaire général du MSM, Nando Bodha, que le numéro 2 du gouvernement serait descendu sur le terrain. Nando Bodha entretient des relations privilégiées avec Rashid Beebeejaun. C'est ce que les observateurs appellent la "Chutney connection". Ils avaient récemment été vus au restaurant Chutney en grande et longue conversation.

Les candidats réagissent

Les réactions ont été très vives suite à la virulente sortie du président de la République. Deux candidats à la partielle ont condamné ces propos, Anil Gayan qui a estimé que Sir Anerood Jugnauth est sorti de sa position de neutralité pour se mêler de la campagne, François Ecroignard qui a carrément réclamé la démission du président pour son ingérence dans la politique partisane et le fait que "les Jugnauth se croient les propriétaires du pays".

Harish Boodhoo aussi

Autre réaction enregistrée, celle de Harish Boodhoo qui a condamné la sortie intempestive du président de la République comme étant "injuste et malhonnête". Pour l'observateur politique, cette sortie ne relève pas du hasard mais d'un calcul politique qui vise à "help his son, Pravind Jugnauth and his behind-the-curtain guru- The Prime minister". Pour lui, on veut rééditer les épisodes de 67, de 83 et de 87 avec une tentative de réunir "Hindu leaders under one umbrella". Harish Boodhoo dit cependant que "thinking hindus will never tolerate cheap politics and cheap politicians". Il s'en prend à SAJ pour avoir l'avoir fait partir, mais qui a aussi exclu d'autres comme Madan Dulloo, Anil Baichoo, Anil Gayan et Mahen Utchanah pour pouvoir installer son fils à la tête du MSM. Harish Boodhoo profite aussi d'un communiqué adressé à la presse pour critiquer la VOH.

Pas d'excuses, dit Anil Gayan

Anil Gayan ne présentera pas d'excuses à Pravind Jugnauth après la mise en demeure que ce dernier lui a adressée après qu'il l'ait dénoncé auprès de l'Electoral Supervisory Commission pour violation du code de conduite. Au contraire, le candidat Gayan a écrit à l'avoué de Pravind Jugnauth pour lui demander s'il y a seulement deux items qu'il a portés à l'attention de l'ESC.


Vendredi soir à Grand-Bassin

Navin Ramgoolam met en garde contre les démagogues et le manque de discipline

S'adressant aux pèlerins vendredi soir à Grand-Bassin, lors d'une cérémonie organisée par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federations dans le cadre de la fête de Maha Shivaratree, le Premier ministre Navin Ramgoolam a mis en garde contre les démagogues qui aiment détruire au lieu de construire car dit-il, construire, c'est plus difficile. Le chef du gouvernement a constaté qu'il y a un manque de discipline dans le pays. "Faudré pas gaspille le temps dans palabres et veille zaffaires dimounes", a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de préserver l'unité, la discipline et de transmettre les valeurs morales à la nouvelle génération. Selon le PM, il faut comprendre le sens des rituels et de se servir de l'intelligence dans la vie. "Nous bizin conne nou dévoirs et nous obligations. Nous bizin fer nous bilan ek rectifier kan nous faire erreurs". Il a déclaré que "l'erreur est humaine. Si ou pas faire erreurs, soit ou ène paresse ou ène saint", a-t-il souligné. Le PM a dit qu'il faut faire preuve de bhakti (la foi) dans tout ce qu'on entreprend dans la vie et que les hommes sur la terre sont les enfants du Bon Dieu et "qu'il faut traite ou voisins comment nous mêmes".

Navin Ramgoolam devait aussi s'appesantir sur la nécessité de préserver notre diversité culturelle car toutes les grandes religions se côtoient à Maurice. "C'est dans l'unité ki nou fort, pas dans la désunion". Il a souligné qu'il faut être constamment vigilants pour ne pas détruire cette unité. Le président de la République populaire de Chine, Hu Jintao, lui avait confié avoir été émerveillé par l'harmonie qui existe entre les différents courants religieux à Maurice. Elaborant sur l'unité, il a fait un clin d'oeil à son camarade Krit Manohur de la Voice Of Hindu, qui était parmi les invités, il a dit qu'il faut utiliser les cinq doigts pour donner des coup de poings en précisant qu'avec un seul doigt, ce n'est pas possible de le faire. Le PM a parlé de certains fléaux qui affectent la population. "En 2008, nous avons consommé 37 millions de litres de rhum et presque 18 millions de litres de whisky et 1 milliard de cigarettes". C'est trop, a-t-il dit et il est l'heure d'augmenter les taxes sur ces items. Il a rendu un vibrant hommage à Raj Mudhoo, le secrétaire aux Affaires intérieures, décédé lundi dernier pour son sens de dévouement et de patriotisme même s'il était malade depuis longtemps. Les ministres Anil Baichoo et Vasant Bunwaree ont parlé du symbolisme de la fête Maha Shivaratree. Somduth Dulthummun, le président de la MSDTF s'est également adressé à l'assistance. Le VPM Rashid Beebeejaun ainsi que plusieurs ministres étaient présents à cette occasion. Des milliers de pèlerins ont convergé à Grand-Bassin, vendredi et hier matin. Ce qui a occasionné un embouteillage monstre sur la route de La Marie menant au lac sacré.


A Madagascar hier

Le dégel!

Le président de la République Marc Ravalomanana et son farouche opposant, le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina se sont rencontrés hier. Cette rencontre est la première depuis que le conflit qui les oppose a dégénéré en crise politique majeure. Cette première rencontre qui visait à "faciliter le dialogue futur" pour régler la crise s'est déroulée dans "le respect, la cordialité et le calme", a indiqué un bref communiqué du Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM), principale cheville ouvrière derrière cette rencontre de 45 minutes, qui s'est déroulée au siège de l'épiscopat à Antananarivo.

Selon le Conseil, qui regroupe quatre Eglises, catholique et protestantes, les deux hommes ont pris cinq engagements, et ce dans l'intérêt supérieur de la nation. Ces engagements sont : "L'arrêt des propos provocateurs dans les médias, l'arrêt de la diffusion de fausses nouvelles, l'arrêt des violences et des pillages, l'arrêt des meetings publics et la fin des arrestations à caractère politique". Les deux hommes ont, tous deux, fait état de leur volonté de respecter ces "engagements".

Compte tenu de ce développement qualifié de "majeur" dans la Grande Ile, l'espoir est de mise dans les deux camps, ainsi qu'au sein de la population, pour un assainissement rapide de la crise politique malgache. Il est à noter que, durant la semaine, des "ministres" désignés par Andry Rajoelina avaient pris leurs fonctions au sein de différents ministères, mais que, par la suite, le président Ravalomanana avait pris les mesures nécessaires afin que les titulaires à ces postes respectifs puissent reprendre leurs fonctions.


Ca va se savoir

"Pas touche mo prénom"

On pensait que c'est au niveau du nom de famille que certaines susceptibilités pouvaient exister. On sait depuis une semaine que cette susceptibilité-là existe également au niveau du prénom chez un ministre. L'histoire fait hurler de rire depuis une semaine dans le milieu de la publicité. Elle devrait également donner la mesure de la dimension de certains ego. Elle est celle d'un coup de téléphone qu'aurait passé un ministre à un responsable d'agence de publicité. Motif de cet appel : le mécontentement ministériel en raison d'une publicité pour une marque de bière dont le ministre a demandé l'arrêt immédiat. Motif de ce mécontentement : cette publicité se moque de son prénom... ministériel.

Cette publicité comporte quarante-sept étiquettes de bières remplaçant la marque du produit par autant de prénoms utilisés à Maurice. En dehors de ce ministre, semble-t-il, aucun R. n'a protesté contre l'utilisation de ce prénom dans la publicité. Faut-il comprendre que les prénoms des ministres mauriciens sont désormais protégés par un copyright spécial ou encore que cette protestation n'est que l'expression de la folie des grandeurs de certains cerveaux ministériels... ?

Un ministre bousculé au No 10

Une promesse de don de nattes en marge des célébrations de la fête Maha Shivaratri non honorée peut entraîner de graves conséquences pour son auteur. Un ministre en a fait l'amère expérience, hier, puisqu'il a été bousculé par ceux à qui il avait promis de faire un don dans ce sens bien avant la fête.



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 22 février 2009