o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 22 février 2009



  Faits et effets… - Tout faux
  Humeur - Pèlerinages
  Pris sur le vif - Le vainqueur
  Point de vue - Une solution étrange !
  Juste Un Mot - Non-sens


Faits et effets...

Tout faux
Josie Lebrasse


Ici même nous parlions la semaine dernière du cinglant rappel de ESC à Lady Jugnauth après sa participation déplacée à la campagne électorale de juillet 2005 pour participation active au No 11 en faveur de son fils. Si, la dernière fois, c'était madame, ce coup-ci, c'est monsieur. Le président de la République a profité d'une question d'un journaliste mercredi après le lancement d'un livre pour utiliser le même ton de campagne électorale qui est celui de Navin Ramgoolam et de Pravind Jugnauth contre le leader de l'opposition, Paul Bérenger.

Personne n'a compris cette virulente sortie et le ton sur lequel il a été décliné alors qu'il concerne une affaire qui, de l'aveu de l'auteur, remonte à 27 ans de cela. Sauf que tout le monde a bien mesuré que c'était une manière d'entrer en campagne contre l'adversaire que son fils lui-même a désigné à la partielle du No 8 après que Navin Ramgoolam en ait aussi fait sa cible principale lors de sa conférence de presse du 29 janvier pour annoncer la tenue de cette élection.

La sortie paraît d'autant plus intempestive qu'aucun de ceux qui sont venus à la rescousse du président, le trio Ramgoolam/Jugnauth junior/Beebeejaun, en l'occurrence, a été capable de dire à quoi réagissait précisément le président de la République. Puisque, d'après eux, il s'agissait d'une "réaction". Les radios enregistrent toutes les interventions aux réunions nocturnes, dont celle de Paul Bérenger. Si le leader du MMM avait formulé une critique à l'encontre de Sir Anerood Jugnauth, cela se serait su et aurait constitué une nouvelle en elle-même. En tout cas, un élément suffisamment important pour être rapporté et mis en évidence. Mais pas la moindre trace d'une quelconque référence à SAJ lors des interventions publiques du leader de l'opposition au No 8.

Ce que l'on sait, c'est que SAJ nourrit un ressentiment profond contre le leader du MMM qu'il rend responsable de la déchirure de sa famille et qui l'en veut encore plus pour le soutien apporté à Ashock Jugnauth, celui dont un communiqué présidentiel disait qu'il ne "fait plus partie de la famille" contre Pravind Jugnauth à l'élection partielle de dimanche prochain. On sait aussi maintenant que cette déclaration sur la moralité, qui paraissant venir de nulle part et, en tout cas, d'une lointaine référence à "moralité pa rempli ventre" était guidée par des sous-entendus visant des affaires plus personnelles.

Tout cela démontre malheureusement que le débat à Maurice se résume aux querelles familiales, aux allusions perfides faites ici et là pour qu'elles puissent être reprises dans les officines et, pourquoi pas, dans les bases où l'argent et l'alcool coulent à flots. Personne, à part quelques-uns comme le leader de l'opposition précisément, ne parle des vrais enjeux du moment, la crise économique et ses conséquences qui sont déjà désastreuses. A part Air Mauritius qui n'est pas encore sortie de la zone de turbulences, il y a d'autres secteurs qui souffrent déjà de la récession sur nos marchés à l'export. Certaines usines et non des moindres ferment pendant que les chambres d'hôtel restent désespérément vides. D'autres secteurs sont aussi menacés.

Que voit-on pendant ce temps? Aux USA, le président Obama s'est, depuis son installation, mis au chevet de l'économie et tous les jours il y a de nouvelles mesures annoncées pour faire repartir l'activité. En France, le président Sarkozy a tenu cette semaine même un sommet social avec les syndicats. Ce qui est intéressant dans les deux cas, c'est que ces présidents ont non seulement pris des initiatives pour surmonter la récession, mais ils ont aussi introduit des mesures pour les plus pauvres et pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés les plus modestes.

Ici, c'est le contraire. Un Premier ministre qui dit consacrer toute son énergie a le temps de faire un bilan de la visite alors qu'il aurait bien pu envoyer un communiqué à la presse pour ce faire, n'annonce rien, ne fait aucun bilan de son "stimulus package" et, pire, ponctionne 1% des salaires des employés pour financer leur propre licenciement. Aucune inquiétude exprimée sur le sort des secteurs économiques qui sont vitaux pour l'emploi, rien pour rassurer. Même le projet Tian Li, annoncé comme la révolution du siècle et qui a fait couler beaucoup d'encre et de larmes chez les petits planteurs concernés tarde à se concrétiser.

Et, après avoir fait comme si nous étions complètement à l'abri de tout danger, et que notre "résilience" était à toute épreuve, voilà que l'on tombe dans un autre extrême et que l'on dit aux Français qui ne peuvent aller en Guadeloupe qu'ils peuvent venir chez nous sans passeport. C'est du "firefighting" permanent et du colmatage pour parer au plus pressé alors que ce sont de véritables assises tripartites qui auraient dû être organisées pour voir comment mieux prémunir le pays des effets pervers de la crise économique mondiale et comment protéger l'emploi de plus en plus menacé.

Et pendant que dans les temps du capitalisme, on entreprend de contrôler les marchés et qu'on réglemente les parachutes dorés des patrons de Wall Street et du Cac 40, ici, aucune remise en question de rien, en encore mois de la politique fiscale plus que généreuse pratiquée depuis trois ans en direction des plus riches. C'est un peu comme ce projet immobilier annoncé à Helvetia, une localité de Moka/Quartier Militaire et dont les résidences vont coûter entre Rs 4 millions et Rs 7 millions et qui montre que les seules initiatives en matière de logement viennent du privé. Rien sur le front du logement social. C'est à se demander si on n'a pas tout faux dans ce pays…



Humeur

Pèlerinages
Jean-Claude Antoine


C'était au milieu des années quatre-vingt-dix. Les hasards d'un reportage m'avaient amené de Delhi à Katmandou où en attendant de pouvoir effectuer un vol autour de l'Everest, je me tournais les pouces dans une ville recouverte de brume et arrosée d'une pluie interminable. Pour passer le temps, le réceptionniste me proposa un tour guidé des plus beaux temples de la ville. C'était un tour très touristique avec des Américains qui passaient leur temps à rire, à faire des remarques et à faire des photos de tout. Même des bûchers funéraires et des larmes de ceux qui pleuraient leurs défunts. Après avoir vu les temples sculptés dans le bois ou la pierre nous fûmes emmenés à la stupa de Bodnath, l'une des plus grandes du Népal. Comme tous les lieux de prière connus, la stupa est entourée d'échoppes touristiques vendant tous sortes de produits népalais… made in China pour les touristes emmenés par cars entiers. Le tout dans grand tintamarre de musiques déversées des chaînes hi-fi des échoppes couvertes par les cris des vendeurs. C'est dans cette ambiance de foire que j'ai vu un spectacle que je n'oublierai jamais : un homme rampant pouce par pouce sur le sol en direction de la stupa, totalement concentré dans sa progression et imperméable à tout ce qui l'entourait. Ce spectacle fut jugé trop lent par les touristes de mon car qui allèrent acheter - après avoir longtemps marchandé - et photographier ailleurs, ce qui me donna l'occasion de poser quelques questions au guide. Cet homme rampant sur le sol était un de ces dévots qui quittaient leurs familles et villages situés à des centaines de kilomètres sur les contreforts des montagnes pour venir rendre hommage à Buddha dans la stupa uniquement en rampant. Celui qui était devant moi avait dû prendre la route depuis des mois, passer des sentiers de la montagne, aux ruelles défoncées des petites villes avant d'arriver sur les routes plus ou moins asphaltées menant à la capitale. Sous la pluie, le vent, le soleil et, en hiver, les brumes, la neige et le grand froid. Faire tout ce chemin sans rien demander, sans rien espérer, sans rien prouver ou démontrer, uniquement pour rendre hommage à son créateur… Face à cette scène, même le plus cynique des incroyants est obligé de reconnaître que chez les vrais dévots la foi peut être magnifique.

L'image et l'émotion ressentie à la stupa de Bodnath, m'est remontée à la mémoire cette semaine en empruntant la route menant de la Marie à Chamarel. La route qui vient d'être refaite pour le Maha Shivaratree, était comme un tapis de velours. Les aires de stationnement avaient été multipliées donnant plus à cette route des allures d'autoroute menant à un complexe touristique commercial qu'à un lieu de prière. Cette impression était confortée par le nombre de lampadaires dont les troncs avaient été transformés en porteur de pancartes pour des banderoles publicitaires, tout comme les barrières des multiples petits ponts situés tout au long de la route. Une débauche de publicités. Un souvenir en emmenant un autre, je me suis rappelé des pèlerinages de Grand-Bassin d'autrefois qui n'avaient rien à faire avec le spectacle que j'avais devant moi. Je me souviens de mes voisins qui allaient cueillir les bambous de Chine sur les berges de la cascade pour fabriquer eux-mêmes leur kanwar. A l'époque, il n'était fait que quelques bouts de bambous décorés de feuilles vertes - de lait caillé ? - destinés à supporter deux lotas pour ramener l'eau sacrée. Rien à voir avec ces encombrantes maisons à étages de plusieurs couleurs avec miroirs circulaires que sont les kanwars d'aujourd'hui. Mes voisins prenaient la route en petit groupe, habillés de blancs, avec des savates, un pardessus en psalmodiant intérieurement les prières qui allaient leur donner le courage nécessaire pour le périple qui durait plusieurs jours. Rien à voir avec les processions bruyantes et les hauts-parleurs poussés à fond la caisse d'aujourd'hui qui peuvent parfois donner le sentiment d'avoir affaire à une armée d'occupation qu'à une colonne de pèlerins. Je me souviens de mes voisins rentrant perclus de courbatures, des dizaines de cors aux pieds, mais heureux et fiers d'avoir pu faire le pèlerinage et ramener l'eau sacrée.

J'ai arrêté les images du passé révolu pour me demander si on priait mieux en chaussures de marche, sur un chemin magnifiquement asphalté, avec de t-shirts et des casquettes sponsorisés et avec la possibilité, grâce à une compagnie de téléphone cellulaire, de pouvoir parler à leurs parents. Je n'ai pas eu le temps de répondre à la question car, au détour de la route déserte, j'ai vu un homme portant un petit kanwar et deux enfants. Le spectacle de cet homme et de ces deux enfants sur cette route nouvellement asphaltée était tellement surprenant que je me suis arrêté à sa hauteur et je lui ait dit " ou mari en avance pou pèlerinage ou". Il a souri et m'a fait cette superbe réponse : " Si ou vini demain, après demain pou éna boucou dimoune, boucou l'auto, boucou personnalités, boucou discours, boucou tapaz, Bondie pa pu bien tane ou la prière. Akoz sa meme mo prefère vine un peu avant… "



Pris sur le vif

Le vainqueur
Jean-Claude Antoine


-Qui va gagner cette élection au numéro huit selon toi ?

- Ramgoolam, toi.

- Qu'est-ce tu raconte toi là ! Ramgoolam n'a pas posé sa candidature là-bas. D'ailleurs c'est une honte que le parti travailliste pas fine mette ene candidat dans sa élection la.

-Pourquoi ? Ramgoolam a bien dit : ce siège là était pour l'opposition, pas pour le parti Travailliste

-Alors explique moi pourquoi le fameux Ringadoo candidat battu du PTr a été mettre son affaire en cour ? Juste pour emmerder l'opposition et faire les tax payers payer les frais du procès ?

- To éna raison, c'est un peu bizarre cette affaire là…

- … c'est plus que bizarre même, c'est fishy même toi. Regarde tu as un quelqu'un qui dit je vais en cour parce que mon adversaire a gagné les élections en donnant des bribes aux électeurs. Et puis quand la cour lui donne raison au lieu d'aller poser sa candidature pour reprendre la place qu'on lui avait volé, il disparaît dans la nature… Tu as déjà entendu parler de Raj Ringadoo depuis le commencement de la campagne, toi ?

-C'est vrai ça. On la souvent entendu avant mais pas depuis qu'il a gagné son affaire. Mais pourquoi tu dis que c'est Ramgoolam qui va gagner les élections au numéro 8. Moi j'ai une cousine qui vit sur la propriété là-bas et qui fait des fleurs. Elle me dit que selon les gens qui travaillent avec elle, c'est un Jugnauth qui va gagner. Si c'est pas le tonton ce sera le neveu.

-Moi aussi j'ai entendu ça. C'est vrai que c'est un Jugnauth qui va gagner cette élection la, mais le vrai vainqueur ce sera Ramgoolam, je te dis.

-Ca même que je ne comprends pas. Explique moi un coup, bien même.

Mais c'est clair comme de l'eau de roche. Même un élève de la CPE peut comprendre ça sans prendre des leçons leçons particulières. Tu sais qui est l'ennemi mortel de Ramgoolam ?

-Ca tout le monde c'est, c'est Bérénger.

-Mais pas du tout c'est la famille Jugnauth.

- Hé toi là, avec ton air de je conne tout là, tu es en train de dire des conneries. C'est Bérenger que Ramgoolam ne peut pas voir en peinture. Il faut des conférences de presse juste pour attaquer Bérenger et il ne dit rien sur les Jugnauth. D'ailleurs il a renommé sir Anerood au Réduit non !

-Tu sais en politique souvent on embrasse son ennemi pour pouvoir mieux l'étouffer. C'est le bonhomme Jugnauth qui a pris le poste de premier ministre au bonhomme Ramgoolam, pas Bérenger.

-Je croyais que Bérenger c'était son pire ennemi moi. Pourquoi il est toujours sur son dos alors ?

-ça c'est pour la galerie. De toutes les façons il sait qu'il lui suffit de dire deux mots gentils sur Bérenger pour que ce dernier commence à ronronner et à dire que le body language de Ramgoolam a changé et que c'est après tout un patriote.

-C'est trop compliqué pour moi ces affaires où les gens disent le contraire de ce qu'ils pensent ou embrassent les gens qu'ils voudraient tuer. ça dépasse hypocrite, ça.

- Pas ça même que tu fais avec ta belle sœur que tu ne supportes pas et que tu invite tout le temps chez toi?

-Ne me fais pas avoir des nerfs en parlant de ça là, hein. Comme quelqu'un a dit on ne choisit pas sa famille, alors sa belle famille, n'en parlons pas. Mais ne détourne pas la conversation comme à ton habitude : comment Ramgoolam peut remporter la victoire si c'est un des Jugnauth qui gagne l'élection du numéro huit ?

-Mais parce que pour gagner le tonton et le neveu vont devoir se déchirer comme toi tu aurais aimé pouvoir déchirer ta belle sœur. On me dit que ce qu'ils disent l'un contre l'autre dans les réunions privées c'est terrible. C'est pas du linge sale qui est lavé, ce sont les chiffons la caze. Il paraît que ça infecte ça...

-Allez d'accord : ils se déchirent entre eux le tonton et le neveu, c'est leur affaire à eux. Comment ça peut faire de Ramgoolam le vainqueur des élections de Moka F lacq.

-Quand la campagne sera finie les Jugnauth se seront tellement déchirés qu'il ne restera que de la bagasse. Ni le tonton, ni le neveu Jugnauth ne pourront représenter une menace pour Ramgoolam. C'est à cause de ça même je te dis que c'est lui qui sera le vainqueur de l'élection.



Point de vue

Une solution étrange !
Henri Marimootoo


Ancien ministre des Communications et de la Technologie Informatique du précédent gouvernement travailliste de 1995 à 2000, Sarat Lallah, maintenant Chief Executive de Mauritius Telecom nominé politiquement par le gouvernement de l'Alliance sociale, démontre, ces jours-ci, qu'il a une conception très particulière de la liberté d'accès à l'information. Soit il ne répond jamais personnellement au téléphone quand les journalistes recherchent son point de vue, soit il y répond mais pour se plaindre de ne pouvoir répondre parce qu'il est trop malade, soit il passe la boule à l'attaché de presse de la compagnie, soit il communique par de coûteux communiqués de presse qui ne permettent pas, alors, qu'on l'interroge sur les explications que MT donne, par exemple, en ce qui a trait au licenciement des dirigeants syndicalistes - employés, MM. Raghoonath et Carpanen.

Ainsi, dans son dernier communiqué payant intitulé " Médiation et Conciliation", que, sans malice, sans doute, Week-End, plus grand hebdo du pays, n'a pas reçu, Mauritius Telecom prend même à contre-pied le gouvernement - qui a nommé MM. Lallah et son président du Conseil d'administration Dass Thomas à leurs postes - à travers deux observations suivantes qui méritent d'être relevées. Premièrement, MT dit que " la décision de licenciement et les procédures appliquées n'ayant fait l'objet d'aucune décision en justice, les parties à la médiation ne pouvaient donc y participer avec la conviction que Mauritius Telecom devait réparer une faute". Deuxièmement, MT dit aussi que le terme "réintégration" qu'avaient utilisé les parties concernées dans leurs requêtes n'était pas appropriée, et Mauritius Telecom discuterait des modalités d'un réemploi si un accord en ce sens était possible. Et pan ! D'abord sur le ministère du Travail et son titulaire Jean-François Chaumière dont les représentants au Comité de Médiation et Conciliation y ont participé, depuis cinq mois, avec la conviction que la "réintégration" était chose "acquise" et qu'il n'en restait plus que les modalités à être discutées ... Et c'est le ministre Chaumière a répêté les termes "réintégration" et "acquise" plus d'une fois dans la presse. Et re-pan! cette fois sur l'ensemble du Conseil des ministres de la République de Maurice qui a, également, lors d'une session en janvier pris position pour la réintégration des licenciés ! C'est évident que si on avait affaire à une direction de Mauritus Telecom plus sereine et des directeurs sûrs de leur bon droit, des journalistes pertinents auraient pu lors d'une conférence de presse confondre leurs explications. Mais, même en supposant que, malgré tout, la résistance de la direction de MT à la position exprimée par le gouvernement souverain de l'île Maurice soit conforme à l'Etat de Droit qui empêcherait qu'on vienne lui dicter sa gestion, il aurait été quand même curieux de savoir comment raisonnent ces puissants directeurs de Mauritius Telecom. Dans son communiqué, MT soutient que " les raisons et les fondements juridiques du licenciement" de MM. Raghoonath et Carpanen repose sur le " Breach of trust " entre employeur et employé. C'est quand même étrange que MT évoque l'argument " Breach of trust" ( la rupture de confiance ) pour refuser la " réintégration" mais, qu'en même temps, elle offre comme "solution" de " réemployer" les mêmes personnes qui se seraient, selon elle, rendues coupables de ce délit. Si la confiance entre un employeur et son employé n'existe plus pourquoi et comment le recruter à nouveau? Etrange solution, n'est-ce pas ?

Un véritable exercice de communication avec le public par le biais d'une conférence de presse avec questions et réponses spontanées aurait, nous en sommes convaincus, établi la bonne ou la mauvaise foi des parties engagées dans le conflit. Ainsi, il devient manifeste que plus le gouvernement mauricien, partenaire majoritaire chez MT, laisse pourrir la situation après le licenciement punitif, plus sa position sera rendue intenable à l'approche du 1er- Mai, jour de toutes les déclamations de profession de foi socialistes en faveur des travailleurs. Le gouvernement a pu - reconnaissons-le-, récemment, obligé la réintégration de syndicalistes licenciés chez Air Mauritius et d'employés renvoyés de la Banque de Maurice et dont la faute étaient qu'ils empêchaient à certains de tourner en rond. "Lorsqu'on a fait l'impossible pour arriver à une décision rationnelle, lorsqu'on aura tout pesé et tout envisager, mais sans résultats, il vaut mieux fermer son esprit aux nouvelles objections et agir sans hésiter ", conseillait Bernard Shaw. Il n'est pas trop tard pour le Premier ministre de réaliser que l'excès de légalisme dont il fait preuve envers MT dans cette foireuse affaire de licenciement / règlement de comptes rejaillira, en fin de compte, sur lui-même et son gouvernement et non sur Sarat Lallah, Dass Thomas et leurs acolytes...



Juste un mot

Non-sens
Patrick Jean-Louis


Avec une "professionnalisation" qui se met, petit à petit en place, et une "commercialisation" du sport de haut niveau, la relation entre celle-ci et l'économie prendra de plus en plus une place prépondérante dans la littérature économique. Aujourd'hui, on ne peut pas parler de sport sans parler d'argent, à travers le soutien des entreprises qui constituent ce qu'on appelle à Maurice le "secteur privé". Véritable vache à lait du sport mauricien, le secteur privé joue, depuis ces quinze-vingt dernières années, un rôle à la mesure de ses investissements et reconnu par tous.

De l'organisation des Jeux des îles de 1985 à ceux de 2003, en passant par tous les Championnats d'Afrique et autres manifestations internationales organisées sur notre sol, le secteur privé a toujours répondu de manière positive à l'appel de la patrie. La dernière grande initiative en date remonte à août 2008, à l'occasion des Jeux de la Commission Jeunesse et Sports de l'océan Indien. A un coût de Rs 3,2m, le secteur privé avait lâché le cordon de la bourse pour assurer la participation du Club Maurice dans des conditions adéquates au rendez-vous seychellois.

C'est mesurer à quel point l'argent est le nerf non seulement des guerres , mais aussi du sport de haut niveau. Puisque c'est bien de cela qu'il s'agit, avec la nouvelle entité qui a été mise en place au 3e étage de l'Emmanuel Anquetil Building avec le "Comité de Suivi" pour la préparation de Club Maurice pour, notamment, les Jeux de la Francophonie (2009), CJSOI (2010), Commonwealth Games (2010), JIOI (2011), Afrique (2011) et Olympiques (2012).

Démarche ô combien symbolique de la part de Devanand Ritoo qui, en formulant le souhait que ce "Comité de Suivi" soit une instance permanente, vient de ce fait mettre fin aux éphémères "ad hoc committees" MJS -CNOM, le temps de s'occuper de la paperasserie. Ce comité, placé sous la présidence de Giandev Mottea, ex-président du Mauritius Sports Council (MSC) et CEO de la Mauritius Post Ltd, a donc débuté ses travaux pour mettre en place ses "terms of references". Toutefois, le non-sens prévaut déjà.

Si l'on s'en tient aux 8 attributions de ce comité mises en lumière dans le communiqué officiel du MJS il va sans dire qu'inévitablement l'argent sera au centre des discussions. Car comment parler de "plan opérationnel", de "needs of athletes" et de "private partner" sans évoquer l'argent. Alors comment expliquer que ce "comité de suivi" ne fait pas de la place au secteur privé, alors que le Comité National Olympique Mauricien y trouve trois places. Un c'est bien, mais trois, nul besoin de dire que c'est trop, même s'il faut reconnaître que dans le cadre de la participation de Maurice dans ces compétitions, le CNOM est incontournable. A croire que certains membres du CNOM n'ont pas grand-chose à faire de leur temps libre. Alors que dans un autre ordre d'idées, ni Vivian Gungaram, ni Clothilde Jauffret, ni Sanjay Gooboodhun et encore moins Priscilla Chery Lebon nepeuvent se targuer de représenter le secteur privé. Alors que le président du comité est, lui, issu du secteur public. Il n'est certes pas dans notre intention de mettre en doute la capacité de Giandev Mottea à récolter des fonds. Toutefois, il est important de mettre en exergue que le Corporate Social Responsibilities des compagnies privées de nos jours ne se résume plus à la signature des chèques.

Erreur de jugement ou d'appréciation ou erreur tout court, le ministre Devanand Ritoo, qui se dit être un homme d'écoute, a certaines décisions à prendre.






o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 22 février 2009