Faits et effets…
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Tout faux
Humeur
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Pèlerinages
Pris sur le vif
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Le vainqueur
Point de vue
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Une solution étrange !
Juste Un Mot
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Non-sens
Faits et effets...
Tout faux
Ici même nous parlions la semaine dernière du cinglant
rappel de ESC à Lady Jugnauth après sa participation
déplacée à la campagne électorale
de juillet 2005 pour participation active au No 11 en faveur de
son fils. Si, la dernière fois, c'était madame,
ce coup-ci, c'est monsieur. Le président de la République
a profité d'une question d'un journaliste mercredi après
le lancement d'un livre pour utiliser le même ton de campagne
électorale qui est celui de Navin Ramgoolam et de Pravind
Jugnauth contre le leader de l'opposition, Paul Bérenger.
Personne n'a compris cette virulente sortie et le ton sur lequel
il a été décliné alors qu'il concerne
une affaire qui, de l'aveu de l'auteur, remonte à 27 ans
de cela. Sauf que tout le monde a bien mesuré que c'était
une manière d'entrer en campagne contre l'adversaire que
son fils lui-même a désigné à la partielle
du No 8 après que Navin Ramgoolam en ait aussi fait sa
cible principale lors de sa conférence de presse du 29
janvier pour annoncer la tenue de cette élection.
La sortie paraît d'autant plus intempestive qu'aucun de
ceux qui sont venus à la rescousse du président,
le trio Ramgoolam/Jugnauth junior/Beebeejaun, en l'occurrence,
a été capable de dire à quoi réagissait
précisément le président de la République.
Puisque, d'après eux, il s'agissait d'une "réaction".
Les radios enregistrent toutes les interventions aux réunions
nocturnes, dont celle de Paul Bérenger. Si le leader du
MMM avait formulé une critique à l'encontre de Sir
Anerood Jugnauth, cela se serait su et aurait constitué
une nouvelle en elle-même. En tout cas, un élément
suffisamment important pour être rapporté et mis
en évidence. Mais pas la moindre trace d'une quelconque
référence à SAJ lors des interventions publiques
du leader de l'opposition au No 8.
Ce que l'on sait, c'est que SAJ nourrit un ressentiment profond
contre le leader du MMM qu'il rend responsable de la déchirure
de sa famille et qui l'en veut encore plus pour le soutien apporté
à Ashock Jugnauth, celui dont un communiqué présidentiel
disait qu'il ne "fait plus partie de la famille" contre
Pravind Jugnauth à l'élection partielle de dimanche
prochain. On sait aussi maintenant que cette déclaration
sur la moralité, qui paraissant venir de nulle part et,
en tout cas, d'une lointaine référence à
"moralité pa rempli ventre" était guidée
par des sous-entendus visant des affaires plus personnelles.
Tout cela démontre malheureusement que le débat
à Maurice se résume aux querelles familiales, aux
allusions perfides faites ici et là pour qu'elles puissent
être reprises dans les officines et, pourquoi pas, dans
les bases où l'argent et l'alcool coulent à flots.
Personne, à part quelques-uns comme le leader de l'opposition
précisément, ne parle des vrais enjeux du moment,
la crise économique et ses conséquences qui sont
déjà désastreuses. A part Air Mauritius qui
n'est pas encore sortie de la zone de turbulences, il y a d'autres
secteurs qui souffrent déjà de la récession
sur nos marchés à l'export. Certaines usines et
non des moindres ferment pendant que les chambres d'hôtel
restent désespérément vides. D'autres secteurs
sont aussi menacés.
Que voit-on pendant ce temps? Aux USA, le président Obama
s'est, depuis son installation, mis au chevet de l'économie
et tous les jours il y a de nouvelles mesures annoncées
pour faire repartir l'activité. En France, le président
Sarkozy a tenu cette semaine même un sommet social avec
les syndicats. Ce qui est intéressant dans les deux cas,
c'est que ces présidents ont non seulement pris des initiatives
pour surmonter la récession, mais ils ont aussi introduit
des mesures pour les plus pauvres et pour améliorer le
pouvoir d'achat des salariés les plus modestes.
Ici, c'est le contraire. Un Premier ministre qui dit consacrer
toute son énergie a le temps de faire un bilan de la visite
alors qu'il aurait bien pu envoyer un communiqué à
la presse pour ce faire, n'annonce rien, ne fait aucun bilan de
son "stimulus package" et, pire, ponctionne 1% des salaires
des employés pour financer leur propre licenciement. Aucune
inquiétude exprimée sur le sort des secteurs économiques
qui sont vitaux pour l'emploi, rien pour rassurer. Même
le projet Tian Li, annoncé comme la révolution du
siècle et qui a fait couler beaucoup d'encre et de larmes
chez les petits planteurs concernés tarde à se concrétiser.
Et, après avoir fait comme si nous étions complètement
à l'abri de tout danger, et que notre "résilience"
était à toute épreuve, voilà que l'on
tombe dans un autre extrême et que l'on dit aux Français
qui ne peuvent aller en Guadeloupe qu'ils peuvent venir chez nous
sans passeport. C'est du "firefighting" permanent et
du colmatage pour parer au plus pressé alors que ce sont
de véritables assises tripartites qui auraient dû
être organisées pour voir comment mieux prémunir
le pays des effets pervers de la crise économique mondiale
et comment protéger l'emploi de plus en plus menacé.
Et pendant que dans les temps du capitalisme, on entreprend de
contrôler les marchés et qu'on réglemente
les parachutes dorés des patrons de Wall Street et du Cac
40, ici, aucune remise en question de rien, en encore mois de
la politique fiscale plus que généreuse pratiquée
depuis trois ans en direction des plus riches. C'est un peu comme
ce projet immobilier annoncé à Helvetia, une localité
de Moka/Quartier Militaire et dont les résidences vont
coûter entre Rs 4 millions et Rs 7 millions et qui montre
que les seules initiatives en matière de logement viennent
du privé. Rien sur le front du logement social. C'est à
se demander si on n'a pas tout faux dans ce pays
Humeur
Pèlerinages
C'était au milieu des années quatre-vingt-dix. Les
hasards d'un reportage m'avaient amené de Delhi à
Katmandou où en attendant de pouvoir effectuer un vol autour
de l'Everest, je me tournais les pouces dans une ville recouverte
de brume et arrosée d'une pluie interminable. Pour passer
le temps, le réceptionniste me proposa un tour guidé
des plus beaux temples de la ville. C'était un tour très
touristique avec des Américains qui passaient leur temps
à rire, à faire des remarques et à faire
des photos de tout. Même des bûchers funéraires
et des larmes de ceux qui pleuraient leurs défunts. Après
avoir vu les temples sculptés dans le bois ou la pierre
nous fûmes emmenés à la stupa de Bodnath,
l'une des plus grandes du Népal. Comme tous les lieux de
prière connus, la stupa est entourée d'échoppes
touristiques vendant tous sortes de produits népalais
made in China pour les touristes emmenés par cars entiers.
Le tout dans grand tintamarre de musiques déversées
des chaînes hi-fi des échoppes couvertes par les
cris des vendeurs. C'est dans cette ambiance de foire que j'ai
vu un spectacle que je n'oublierai jamais : un homme rampant
pouce par pouce sur le sol en direction de la stupa, totalement
concentré dans sa progression et imperméable à
tout ce qui l'entourait. Ce spectacle fut jugé trop lent
par les touristes de mon car qui allèrent acheter - après
avoir longtemps marchandé - et photographier ailleurs,
ce qui me donna l'occasion de poser quelques questions au guide.
Cet homme rampant sur le sol était un de ces dévots
qui quittaient leurs familles et villages situés à
des centaines de kilomètres sur les contreforts des montagnes
pour venir rendre hommage à Buddha dans la stupa uniquement
en rampant. Celui qui était devant moi avait dû prendre
la route depuis des mois, passer des sentiers de la montagne,
aux ruelles défoncées des petites villes avant d'arriver
sur les routes plus ou moins asphaltées menant à
la capitale. Sous la pluie, le vent, le soleil et, en hiver,
les brumes, la neige et le grand froid. Faire tout ce chemin sans
rien demander, sans rien espérer, sans rien prouver ou
démontrer, uniquement pour rendre hommage à son
créateur
Face à cette scène, même
le plus cynique des incroyants est obligé de reconnaître
que chez les vrais dévots la foi peut être magnifique.
L'image et l'émotion ressentie à la stupa de Bodnath,
m'est remontée à la mémoire cette semaine
en empruntant la route menant de la Marie à Chamarel. La
route qui vient d'être refaite pour le Maha Shivaratree,
était comme un tapis de velours. Les aires de stationnement
avaient été multipliées donnant plus à
cette route des allures d'autoroute menant à un complexe
touristique commercial qu'à un lieu de prière. Cette
impression était confortée par le nombre de lampadaires
dont les troncs avaient été transformés en
porteur de pancartes pour des banderoles publicitaires, tout comme
les barrières des multiples petits ponts situés
tout au long de la route. Une débauche de publicités.
Un souvenir en emmenant un autre, je me suis rappelé des
pèlerinages de Grand-Bassin d'autrefois qui n'avaient rien
à faire avec le spectacle que j'avais devant moi. Je me
souviens de mes voisins qui allaient cueillir les bambous de Chine
sur les berges de la cascade pour fabriquer eux-mêmes leur
kanwar. A l'époque, il n'était fait que quelques
bouts de bambous décorés de feuilles vertes - de
lait caillé ? - destinés à supporter deux
lotas pour ramener l'eau sacrée. Rien à voir avec
ces encombrantes maisons à étages de plusieurs couleurs
avec miroirs circulaires que sont les kanwars d'aujourd'hui. Mes
voisins prenaient la route en petit groupe, habillés de
blancs, avec des savates, un pardessus en psalmodiant intérieurement
les prières qui allaient leur donner le courage nécessaire
pour le périple qui durait plusieurs jours. Rien à
voir avec les processions bruyantes et les hauts-parleurs poussés
à fond la caisse d'aujourd'hui qui peuvent parfois donner
le sentiment d'avoir affaire à une armée d'occupation
qu'à une colonne de pèlerins. Je me souviens de
mes voisins rentrant perclus de courbatures, des dizaines de
cors aux pieds, mais heureux et fiers d'avoir pu faire le pèlerinage
et ramener l'eau sacrée.
J'ai arrêté les images du passé révolu
pour me demander si on priait mieux en chaussures de marche, sur
un chemin magnifiquement asphalté, avec de t-shirts et
des casquettes sponsorisés et avec la possibilité,
grâce à une compagnie de téléphone
cellulaire, de pouvoir parler à leurs parents. Je n'ai
pas eu le temps de répondre à la question car, au
détour de la route déserte, j'ai vu un homme portant
un petit kanwar et deux enfants. Le spectacle de cet homme et
de ces deux enfants sur cette route nouvellement asphaltée
était tellement surprenant que je me suis arrêté
à sa hauteur et je lui ait dit " ou mari en avance
pou pèlerinage ou". Il a souri et m'a fait cette superbe
réponse : " Si ou vini demain, après demain
pou éna boucou dimoune, boucou l'auto, boucou personnalités,
boucou discours, boucou tapaz, Bondie pa pu bien tane ou la prière.
Akoz sa meme mo prefère vine un peu avant
"
Pris sur le vif
Le vainqueur
-Qui va gagner cette élection au numéro huit selon
toi ?
- Ramgoolam, toi.
- Qu'est-ce tu raconte toi là ! Ramgoolam n'a pas posé
sa candidature là-bas. D'ailleurs c'est une honte que le
parti travailliste pas fine mette ene candidat dans sa élection
la.
-Pourquoi ? Ramgoolam a bien dit : ce siège là était
pour l'opposition, pas pour le parti Travailliste
-Alors explique moi pourquoi le fameux Ringadoo candidat battu
du PTr a été mettre son affaire en cour ? Juste
pour emmerder l'opposition et faire les tax payers payer les frais
du procès ?
- To éna raison, c'est un peu bizarre cette affaire là
-
c'est plus que bizarre même, c'est fishy même
toi. Regarde tu as un quelqu'un qui dit je vais en cour parce
que mon adversaire a gagné les élections en donnant
des bribes aux électeurs. Et puis quand la cour lui donne
raison au lieu d'aller poser sa candidature pour reprendre la
place qu'on lui avait volé, il disparaît dans la
nature
Tu as déjà entendu parler de Raj Ringadoo
depuis le commencement de la campagne, toi ?
-C'est vrai ça. On la souvent entendu avant mais pas depuis
qu'il a gagné son affaire. Mais pourquoi tu dis que c'est
Ramgoolam qui va gagner les élections au numéro
8. Moi j'ai une cousine qui vit sur la propriété
là-bas et qui fait des fleurs. Elle me dit que selon les
gens qui travaillent avec elle, c'est un Jugnauth qui va gagner.
Si c'est pas le tonton ce sera le neveu.
-Moi aussi j'ai entendu ça. C'est vrai que c'est un Jugnauth
qui va gagner cette élection la, mais le vrai vainqueur
ce sera Ramgoolam, je te dis.
-Ca même que je ne comprends pas. Explique moi un coup,
bien même.
Mais c'est clair comme de l'eau de roche. Même un élève
de la CPE peut comprendre ça sans prendre des leçons
leçons particulières. Tu sais qui est l'ennemi mortel
de Ramgoolam ?
-Ca tout le monde c'est, c'est Bérénger.
-Mais pas du tout c'est la famille Jugnauth.
- Hé toi là, avec ton air de je conne tout là,
tu es en train de dire des conneries. C'est Bérenger que
Ramgoolam ne peut pas voir en peinture. Il faut des conférences
de presse juste pour attaquer Bérenger et il ne dit rien
sur les Jugnauth. D'ailleurs il a renommé sir Anerood au
Réduit non !
-Tu sais en politique souvent on embrasse son ennemi pour pouvoir
mieux l'étouffer. C'est le bonhomme Jugnauth qui a pris
le poste de premier ministre au bonhomme Ramgoolam, pas Bérenger.
-Je croyais que Bérenger c'était son pire ennemi
moi. Pourquoi il est toujours sur son dos alors ?
-ça c'est pour la galerie. De toutes les façons
il sait qu'il lui suffit de dire deux mots gentils sur Bérenger
pour que ce dernier commence à ronronner et à dire
que le body language de Ramgoolam a changé et que c'est
après tout un patriote.
-C'est trop compliqué pour moi ces affaires où les
gens disent le contraire de ce qu'ils pensent ou embrassent les
gens qu'ils voudraient tuer. ça dépasse hypocrite,
ça.
- Pas ça même que tu fais avec ta belle sur
que tu ne supportes pas et que tu invite tout le temps chez toi?
-Ne me fais pas avoir des nerfs en parlant de ça là,
hein. Comme quelqu'un a dit on ne choisit pas sa famille, alors
sa belle famille, n'en parlons pas. Mais ne détourne pas
la conversation comme à ton habitude : comment Ramgoolam
peut remporter la victoire si c'est un des Jugnauth qui gagne
l'élection du numéro huit ?
-Mais parce que pour gagner le tonton et le neveu vont devoir
se déchirer comme toi tu aurais aimé pouvoir déchirer
ta belle sur. On me dit que ce qu'ils disent l'un contre
l'autre dans les réunions privées c'est terrible.
C'est pas du linge sale qui est lavé, ce sont les chiffons
la caze. Il paraît que ça infecte ça...
-Allez d'accord : ils se déchirent entre eux le tonton
et le neveu, c'est leur affaire à eux. Comment ça
peut faire de Ramgoolam le vainqueur des élections de Moka
F lacq.
-Quand la campagne sera finie les Jugnauth se seront tellement
déchirés qu'il ne restera que de la bagasse. Ni
le tonton, ni le neveu Jugnauth ne pourront représenter
une menace pour Ramgoolam. C'est à cause de ça même
je te dis que c'est lui qui sera le vainqueur de l'élection.
Point de vue
Une solution étrange !
Ancien ministre des Communications et de la Technologie Informatique
du précédent gouvernement travailliste de 1995 à
2000, Sarat Lallah, maintenant Chief Executive de Mauritius Telecom
nominé politiquement par le gouvernement de l'Alliance
sociale, démontre, ces jours-ci, qu'il a une conception
très particulière de la liberté d'accès
à l'information. Soit il ne répond jamais personnellement
au téléphone quand les journalistes recherchent
son point de vue, soit il y répond mais pour se plaindre
de ne pouvoir répondre parce qu'il est trop malade, soit
il passe la boule à l'attaché de presse de la compagnie,
soit il communique par de coûteux communiqués de
presse qui ne permettent pas, alors, qu'on l'interroge sur les
explications que MT donne, par exemple, en ce qui a trait au licenciement
des dirigeants syndicalistes - employés, MM. Raghoonath
et Carpanen.
Ainsi, dans son dernier communiqué payant intitulé
" Médiation et Conciliation", que, sans
malice, sans doute, Week-End, plus grand hebdo du pays,
n'a pas reçu, Mauritius Telecom prend même à
contre-pied le gouvernement - qui a nommé MM. Lallah et
son président du Conseil d'administration Dass Thomas à
leurs postes - à travers deux observations suivantes qui
méritent d'être relevées. Premièrement,
MT dit que " la décision de licenciement et les
procédures appliquées n'ayant fait l'objet d'aucune
décision en justice, les parties à la médiation
ne pouvaient donc y participer avec la conviction que Mauritius
Telecom devait réparer une faute". Deuxièmement,
MT dit aussi que le terme "réintégration"
qu'avaient utilisé les parties concernées dans leurs
requêtes n'était pas appropriée, et Mauritius
Telecom discuterait des modalités d'un réemploi
si un accord en ce sens était possible. Et pan ! D'abord
sur le ministère du Travail et son titulaire Jean-François
Chaumière dont les représentants au Comité
de Médiation et Conciliation y ont participé, depuis
cinq mois, avec la conviction que la "réintégration"
était chose "acquise" et qu'il n'en restait plus
que les modalités à être discutées
... Et c'est le ministre Chaumière a répêté
les termes "réintégration" et "acquise"
plus d'une fois dans la presse. Et re-pan! cette fois
sur l'ensemble du Conseil des ministres de la République
de Maurice qui a, également, lors d'une session en janvier
pris position pour la réintégration des licenciés
! C'est évident que si on avait affaire à une direction
de Mauritus Telecom plus sereine et des directeurs sûrs
de leur bon droit, des journalistes pertinents auraient pu lors
d'une conférence de presse confondre leurs explications.
Mais, même en supposant que, malgré tout, la résistance
de la direction de MT à la position exprimée par
le gouvernement souverain de l'île Maurice soit conforme
à l'Etat de Droit qui empêcherait qu'on vienne lui
dicter sa gestion, il aurait été quand même
curieux de savoir comment raisonnent ces puissants directeurs
de Mauritius Telecom. Dans son communiqué, MT soutient
que " les raisons et les fondements juridiques du licenciement"
de MM. Raghoonath et Carpanen repose sur le " Breach of
trust " entre employeur et employé. C'est quand
même étrange que MT évoque l'argument "
Breach of trust" ( la rupture de confiance ) pour refuser
la " réintégration" mais, qu'en même
temps, elle offre comme "solution" de "
réemployer" les mêmes personnes qui se seraient,
selon elle, rendues coupables de ce délit. Si la confiance
entre un employeur et son employé n'existe plus pourquoi
et comment le recruter à nouveau? Etrange solution, n'est-ce
pas ?
Un véritable exercice de communication avec le public par
le biais d'une conférence de presse avec questions et réponses
spontanées aurait, nous en sommes convaincus, établi
la bonne ou la mauvaise foi des parties engagées dans le
conflit. Ainsi, il devient manifeste que plus le gouvernement
mauricien, partenaire majoritaire chez MT, laisse pourrir la
situation après le licenciement punitif, plus sa position
sera rendue intenable à l'approche du 1er- Mai, jour de
toutes les déclamations de profession de foi socialistes
en faveur des travailleurs. Le gouvernement a pu - reconnaissons-le-,
récemment, obligé la réintégration
de syndicalistes licenciés chez Air Mauritius et d'employés
renvoyés de la Banque de Maurice et dont la faute étaient
qu'ils empêchaient à certains de tourner en rond.
"Lorsqu'on a fait l'impossible pour arriver à une
décision rationnelle, lorsqu'on aura tout pesé et
tout envisager, mais sans résultats, il vaut mieux fermer
son esprit aux nouvelles objections et agir sans hésiter
", conseillait Bernard Shaw. Il n'est pas trop tard pour
le Premier ministre de réaliser que l'excès de légalisme
dont il fait preuve envers MT dans cette foireuse affaire de licenciement
/ règlement de comptes rejaillira, en fin de compte, sur
lui-même et son gouvernement et non sur Sarat Lallah, Dass
Thomas et leurs acolytes...
Juste un mot
Non-sens
Avec une "professionnalisation" qui se met, petit à
petit en place, et une "commercialisation" du sport
de haut niveau, la relation entre celle-ci et l'économie
prendra de plus en plus une place prépondérante
dans la littérature économique. Aujourd'hui, on
ne peut pas parler de sport sans parler d'argent, à travers
le soutien des entreprises qui constituent ce qu'on appelle à
Maurice le "secteur privé". Véritable
vache à lait du sport mauricien, le secteur privé
joue, depuis ces quinze-vingt dernières années,
un rôle à la mesure de ses investissements et reconnu
par tous.
De l'organisation des Jeux des îles de 1985 à ceux
de 2003, en passant par tous les Championnats d'Afrique et autres
manifestations internationales organisées sur notre sol,
le secteur privé a toujours répondu de manière
positive à l'appel de la patrie. La dernière grande
initiative en date remonte à août 2008, à
l'occasion des Jeux de la Commission Jeunesse et Sports de l'océan
Indien. A un coût de Rs 3,2m, le secteur privé avait
lâché le cordon de la bourse pour assurer la participation
du Club Maurice dans des conditions adéquates au rendez-vous
seychellois.
C'est mesurer à quel point l'argent est le nerf non seulement
des guerres , mais aussi du sport de haut niveau. Puisque c'est
bien de cela qu'il s'agit, avec la nouvelle entité qui
a été mise en place au 3e étage de l'Emmanuel
Anquetil Building avec le "Comité de Suivi" pour
la préparation de Club Maurice pour, notamment, les Jeux
de la Francophonie (2009), CJSOI (2010), Commonwealth Games (2010),
JIOI (2011), Afrique (2011) et Olympiques (2012).
Démarche ô combien symbolique de la part de Devanand
Ritoo qui, en formulant le souhait que ce "Comité
de Suivi" soit une instance permanente, vient de ce fait
mettre fin aux éphémères "ad hoc committees"
MJS -CNOM, le temps de s'occuper de la paperasserie. Ce comité,
placé sous la présidence de Giandev Mottea, ex-président
du Mauritius Sports Council (MSC) et CEO de la Mauritius Post
Ltd, a donc débuté ses travaux pour mettre en place
ses "terms of references". Toutefois, le non-sens prévaut
déjà.
Si l'on s'en tient aux 8 attributions de ce comité mises
en lumière dans le communiqué officiel du MJS il
va sans dire qu'inévitablement l'argent sera au centre
des discussions. Car comment parler de "plan opérationnel",
de "needs of athletes" et de "private partner"
sans évoquer l'argent. Alors comment expliquer que ce "comité
de suivi" ne fait pas de la place au secteur privé,
alors que le Comité National Olympique Mauricien y trouve
trois places. Un c'est bien, mais trois, nul besoin de dire que
c'est trop, même s'il faut reconnaître que dans le
cadre de la participation de Maurice dans ces compétitions,
le CNOM est incontournable. A croire que certains membres du CNOM
n'ont pas grand-chose à faire de leur temps libre. Alors
que dans un autre ordre d'idées, ni Vivian Gungaram, ni
Clothilde Jauffret, ni Sanjay Gooboodhun et encore moins Priscilla
Chery Lebon nepeuvent se targuer de représenter le secteur
privé. Alors que le président du comité est,
lui, issu du secteur public. Il n'est certes pas dans notre intention
de mettre en doute la capacité de Giandev Mottea à
récolter des fonds. Toutefois, il est important de mettre
en exergue que le Corporate Social Responsibilities des compagnies
privées de nos jours ne se résume plus à
la signature des chèques.
Erreur de jugement ou d'appréciation ou erreur tout court,
le ministre Devanand Ritoo, qui se dit être un homme d'écoute,
a certaines décisions à prendre.
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 22 février 2009
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