f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 22 février 2009



  Vaste opération policière - Vols au-dessus d'un nid de voitures volées
  A la prison - Deux visiteurs arrêtés avec 66 comprimés de subutex et du gandia


Vaste opération policière

Vols au-dessus d'un nid de voitures volées

Qui, de nos jours, n'aimerait pas s'acheter une voiture à Rs 10 000? Si cette possibilité semble être une aubaine tombée, a priori tout droit du ciel et pourrait tenter nombre de personnes, cette "aubaine" est, en fait, un cadeau empoisonné pour ceux qui se laisseraient appâter par cette perspective alléchante. Les éléments de la Major Crime Investigation Team (MCIT), placés sous la supervision du surintendant Yousouf Soopun, travaille d'arrache-pied sur un important réseau de vols de voitures. Ces voitures volées sont ensuite complètement relookées, puis revendues, louées ou, pis encore, utilisées à des fins plus que malveillantes. Durant cette semaine, les limiers de la MCIT sont passés à l'offensive, à travers des perquisitions dans plusieurs garages de la capitale. A hier, une dizaine de voitures avaient été saisies, de même que trois mobylettes portant, toutes, les mêmes plaques d'immatriculation, sans compter un immense stock de pièces de rechange, qui, à elles seules, serviraient à l'assemblage de plusieures voitures. Ce qui a poussé l'inspecteur Ranjit Jokhoo, n° 2 de la MCIT à dire: "Si bizin rempli Casernes avec sa bann pièces-là, nu pu fer li". Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, qui a, lui-même confié ce dossier à la MCIT il y a 15 jours, suit, d'étape en étape, les développements concernant ce dossier. Pour cause: il a exprimé son mécontentement par rapport à l'incapacité des policiers de la région de Plaine-Verte à démanteler eux-mêmes ce trafic.

C'est après une surveillance et des recoupements d'informations effectués sur une dizaine de jours que les limiers de la MCIT, menés par le surintendant Soopun et l'inspecteur Jokhoo, ont effectué une perquisition au garage d'un dénommé Khalil Ramoly, à la route des Pamplemousses, Ste-Croix. En arrivant sur place, c'est la débandade, dans la mesure où le suspect ne s'attendait pas du tout à voir débarquer la Full Team de la MCIT en son domicile. Sur place, dans un premier temps, les enquêteurs retrouvent une kyrielle de pièces de rechange. Khalil Ramoly ne peut en expliquer la provenance, ni l'utilisation qu'il comptait en faire. Puis, les limiers font la découverte de trois voitures, de la marque Nissan, toutes du type AK 12. L'une, de couleur grise, ne porte aucune plaque d'immatriculation, la seconde, grise également, portait la plaque 3728 ZR 03, et la troisième, de couleur jaune, était immatriculée 4565 ZR 03. Là également, Khalil Ramoly ne peut fournir d'explication plausible concernant la provenance et la présence de ces voitures à son domicile.

Le même jour, la MCIT se rend au garage de Hossenkhan Omarkhan, à l'angle des rues Wellington et Labourdonnais, Port-Louis. Celui-ci est désert. Mais au bout d'une heure de surveillance, une Nissan AK 12 grise, immatriculée 3922 ZS 04 se pointe, avec quatre occupants à bord. Ils sont Teeroomal Rengen, 24 ans, de Cassis, Fawaz Oree, 25 ans, chauffeur de camion habitant rue Auguste Rouget, Port Louis, Mohamad Ally Sameer Osman, 25 ans, de Plaine Lauzun et Naushad Sahedeen, 21 ans, habitant Vallée-Pitot. Les quatre hommes tentent d'entrer dans le garage, mais en voyant la police, ils tentent de prendre la fuite. En vain. Le véhicule est intercepté et les occupants interpellés. Lors d'une fouille corporelle, trois faux billets de Rs 1 000 sont retrouvés sur Fawaz Oree. Une autre Nissan AK 12 est ensuite saisie, sur place, aux fins d'enquête. En ce qu'il s'agit de la perquisition de la rue Wellington, les limiers de la MCIT sont d'avis que les occupants du garage ont dû être avertis de l'arrivée imminente de la police.

Les recherches policières n'allaient pas s'arrêter en si bon chemin. De fil en aiguille, la piste de la présumée bande organisée les mène vers un autre garage, sis à Vallée-des-Prêtres. Là, ils tombent sur des mobylettes portant de fausses plaques d'immatriculation ou pas de plaque d'immatriculation du tout. Ces deux-roues seront également saisis aux fins d'enquête. Dans la foulée, deux autres Nissan AK 12 sont retrouvées à la rue Lenepveu, Plaine-Verte. L'une d'entre elles a été rapportée volée il y a quelques jours. De perquisition en perquisition, la MCIT a, au total, saisi une dizaine de véhicules. Et ce n'est que le début. Les limiers de la MCIT sont d'avis que d'autres finiront par tomber dans l'escarcelle des enquêteurs.

Modus operandi

Comment opère donc un tel réseau? Comment certains individus ont-ils pu opérer en toute impunité, au nez et à la barbe des autorités compétentes en la matière? Autant de questions que les enquêteurs de la MCIT devront tirer au clair. Interrogés par Week-End, hier, le surintendant Soopun et l'inspecteur Jokhoo ont expliqué les rouages de ce qui s'avère être un réseau bien huilé, qui a certainement dû opérer depuis plus d'une année, afin d'être bien rôdé. "Le Modus Operandi de cette bande organisée est simple. Ils vont aux ventes de voitures dites Total Loss, font l'acquisition de ce type de véhicules, s'en procurent du Horse Power, puis volent des voitures, remplacent le chassis number et le numéro du moteur par celui de la voiture endommagée. Et le tour est joué. Cette bande est, en fait, une équipe complète, qui a son garagiste, son électricien, son mécanicien, son garnisseur, etc. Ils sont équipés et ont l'expertise pour complètement changer l'aspect de chaque voiture volée", a fait ressortir l'inspecteur Jokhoo.

Ainsi, selon le surintendant Soopun, il a été vérifié que les voitures saisies portaient les mêmes caractéristiques: les numéros de châssis et du moteur avaient été traficotés et modifiés. Dans un premier temps, un grinder est utilisé pour enlever les vrais numéros, puis une fine couche de soudure est placée afin de faire disparaître toute trace, puis, ladite couche de soudure est recouverte du numéro de chassis/moteur appartenant au véhicule "Total Loss". Cependant, relativement au Modus Operandi de cette bande qui n'a visiblement pas froid aux yeux, une question capitale turlupine les enquêteurs: comment ces modifications illégales n'ont-elles jamais été décelées par les autorités concernées? "Pour ces raisons, nous estimons que les ramifications de cette affaire sont impossibles à estimer", déclarent le surintendant Soopun et l'inspecteur Jokhoo. Dans cette optique, il faudra s'attendre à d'autres perquisitions des limiers de la MCIT ailleurs que dans de simples garages automobiles.

Autre mode d'emploi

Selon les responsables de la MCIT, la bande en question a d'autres moyens de voler des voitures, autres que celles de les forcer. Ainsi, dans au moins deux cas sur lesquels bossent les enquêteurs, il ressort qu'un employé d'un concessionnaire automobile a eu la brillante idée de faire une double des clés de la voiture de ... son propre patron, pour les remettre ensuite à la bande, en donnant tous les détails nécessaires concernant ledit véhicule. La voler, avec un double des clés, n'était plus, à ce moment-là, qu'un jeu d'enfants.

Compte tenu du pot-aux-roses éventé par les enquêteurs, les responsables de la MCIT lancent un appel à la vigilance du grand public. "C'est un signal très fort qui est lancé au public et à tous ceux qui croient encore qu'ils peuvent acheter une voiture avec Rs 10 000. Faites attention. Procédez à toutes les vérifications nécessaires avant d'acheter une voiture, et emmenez un mécanicien en qui vous avez totale confiance avec vous", recommande l'inspecteur Jokhoo. Les limiers de la MCIT disent également n'être nullement étonnés si certains de ces véhicules et autres mobylettes ont été utilisés pour des braquages ou autres cas de larceny with violence. "Certains de ces véhicules sont loués à Rs 400-Rs 500 par jour, et cette bande sort gagnante sur toute la ligne, même si la voiture en question est endommagée", ajoute l'inspecteur Jokhoo.


Encore des Nissan...

Durant le mois d'octobre 2008, un réseau de vols de voiture, démantelé par les éléments de la Northern Division CID, menés par le surintendant Devanand Reekoye, avait fait la une des journaux. Quatre suspects, à savoir Saikat Ally Sayed Hossen, 49 ans, menuisier de son état, ses deux fils, Nawshad Ally et Sheirkhan-E-Ally, 27 ans et 25 ans respectivement, ainsi que Daryl Winsley Barbe, 21 ans, avaient été appréhendés. Ils étaient soupçonnés d'être mêlés à 26 cas de vols de voitures dans le Nord, et 37 autres cas dans la capitale. Parmi les voitures concernées, également des Nissan...

La CID de la Northern Division avait effectué une descente des lieux dans un entrepôt appartenant à Saikat Ally Sayed Hossen se trouvant à 9e Mille, Triolet. La perquisition des lieux s'est déroulée en présence du menuisier. Les enquêteurs avaient alors découvert deux voitures Nissan, immatriculées 4132 ZR 03 et 2736 ZP 03. La présence de ces voitures dissimulées n'a fait que décupler les soupçons qu'entretenaient déjà les enquêteurs. Ces derniers avaient alors procédé à une vérification approfondie des moteurs et des numéros de châssis de ces deux véhicules.

Après vérification, notamment auprès de la National Transport Authority, il a été établi que les deux voitures portaient de fausses plaques d'immatriculation. La Nissan March 4132 ZR 03 était en fait une voiture volée, dont le numéro authentique est 81 JN 04. Le vol de cette voiture avait été rapporté le samedi 18 octobre au poste de police de Pope-Hennessy. L'autre voiture, dotée de la fausse plaque 2736 ZP 03, était en fait une Nissan avec l'immatriculation 2887 SP 03. Le vol dudit véhicule avait été consigné le 5 octobre dernier au poste de police de Piton.

Interrogé au sujet de la présence de ces voitures dans son entrepôt, Saikat Ally Sayed Hossen n'avait alors pas été en mesure de fournir des explications satisfaisantes aux enquêteurs. Alors que Saikat Ally Sayed Hossen était conduit au poste de police de Triolet, il devait demander à être conduit à son atelier de Trou-aux-Biches afin de le fermer. La police avait alors accédé à cette requête. En arrivant devant l'atelier en question, une Mitsubishi noire, immatriculée 2505 ZT 04, avec quatre occupants à bord, a démarré au quart de tour. Les limiers de la CID avaient alors pris ce véhicule suspect en chasse et l'avaient intercepté à la hauteur de la station-service Caltex à Terre-Rouge.


Le CP pas satisfait

Il y a deux semaines, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad a pris la décision de confier le dossier des voitures volées à la Major Crime Investigation Team (MCIT). Déjà, au mois de novembre de l'année dernière, le CP avait dénoncé le "laxisme" de la Criminal Investigation Division (CID), en général, relativement au dossier en question.

Tout en suivant de près la progression de l'enquête menée par les limiers de la MCIT, Dhun Iswur Rampersad a, selon les recoupements de Week-End fait part à ses proches collaborateurs de son insatisfaction concernant le fait que les différentes unités de police sur le terrain dans la région de Plaine-Verte n'aient pas été en mesure de démasquer ce gang organisé spécialisé dans les voitures volées. "C'est assez incompréhensible que de telles activités puissent avoir lieu au nez et à la barbe de toutes ces unités de la police qui opèrent quotidiennement à Plaine-Verte. Le CP a, du reste, eu raison en soulevant ce point", a laissé entendre un des proches collaborateurs du CP.

Dans la foulée, il faudra s'attendre à une redistribution des cartes policières sur le terrain, d'ici peu, a ajouté cette même source. Les Casernes centrales expriment également leur "satisfaction" en constatant que, depuis le démarrage de l'enquête de la MCIT, les cas de vols de voitures sont en nette régression. "Relation de cause à effets", assure-t-on, dans les milieux concernés...


A la prison

Deux visiteurs arrêtés avec 66 comprimés de subutex et du gandia

Tous les moyens sont bons pour faire entrer de la drogue à la prison de Beau-Bassin. Deux visiteurs ont appris, à leur dépens, que la vigilance y est de mise. En effet, Jean Pierre Nelson Tabac, 28 ans et sa concubine, Marie Christine Vandapen Naiken, 25 ans, qui s'y étaient rendus, en compagnie d'un enfant de deux ans, ont été arrêtés, avec 66 comprimés de Subutex, une certaine quantité de cannabis et une autre substance blanchâtre soupçonnée comme étant de la drogue. Ils s'étaient présentés à la prison afin de visiter le détenu Raj Kumar Rittoo.

Dans un premier temps, Jean Pierre Tabac s'est rendu aux toilettes de la prison et y a déposé un sac en plastic noir. Quelques minutes après, c'était au tour de sa concubine de s'y rendre. Le manège n'est pas passé inaperçu auprès des Prison Officers. Ceux-ci ont exigé de fouiller ledit sac en plastic en question. Celui-ci contenait 42 comprimés de subutex, un sachet de cannabis et une certaine quantité de poudre. Le sac en plastic avait été caché dans des savates à éponge. Un peu plus tard, aux locaux de l'Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), les savates en question ont été passées au peigne fin. Dans une des semelles, 21 autres cachets de Subutex ont été découverts.

Les deux suspects ont été maintenus en détention. L'enquête se poursuit dans cette affaire.



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