Madagascar: La lumière, enfin !
Aux dernières nouvelles, les deux protagonistes engagés
dans le bras de fer politique opposant le président Marc
Ravalomanana et le maire déchu d'Antananarivo, Ange Rajoelina,
se sont rencontrés sous l'ombrelle médiatrice des
églises oecuméniques malgaches. Les deux hommes
se sont concertés pendant 45 minutes, ce qui augure un
avancement dans ce conflit qui a trop duré.
Les conflits politiques, à Madagascar, ont occupé
les devants de la scène nationale malgache depuis des lustres.
Et l'opposition Ravalomanana-Rajoelina se situe dans le droit
fil des événements qui ont toujours fait Madagascar
trembler sous le poids de son histoire. Voire, ancienne quand
Radama Ier déclara que son royaume s'étendait de
Tana jusqu'à... l'horizon. C'est-à-dire, plus il
avançait sur ses terres, plus son royaume s'étendait.
Au détriment des peuples situés dans les plaines,
au plus bas, vers les côtes, là où se regroupaient
la majorité des Malgaches. D'ailleurs, à la faveur
de l'élection au suffrage universel menant à l'Indépendance,
c'est un côtier, Philibert Tsiranana, instituteur de son
état, et élu dans la province de Majunga, sur la
côté ouest, qui devint le premier président
de Madagascar.
La problématique politique malgache trouve, donc, son origine
dans cette opposition, gens des hauts-plateaux/côtiers.
Et Tsiranana en fera son fond de commerce puisqu'il s'adjoindra
le Tamatavien, Jacques Rabemananjara - poète et écrivain
- qui sera son ministre des Affaires étrangères
et de l'Education, mais aussi d'André Resampa, originaire
de Tulear, au sud, dont il fera son ministre de l'Intérieur.
Mais, l'usure du pouvoir, appelle inévitablement à
cette sentence impitoyable qui frappe tout régime à
bout de souffle. Tsiranana devait abdiquer, appellant le général
Gabriel Ramanantsoa à lui succéder. La voie militaire
devenait, alors, la seule option pour plus de stabilité.
Enter, le colonel Richard Ratsimandrava, un clône, avant
l'heure, de Thomas Sankara du Burkina Faso. Ratsimandrava et Sankara
avaient été formés dans un même moule
: ils étaient jeunes, nationalistes et surtout progressistes.
C'en était trop pour les puissances coloniales : Ratsimandrava
est assassiné, de même que Sankara, des années
plus tard...
Enter, un autre côtier, Didier Ratsiraka, originaire de
Soanarivongo, sur la côte est de Madagascar. Lui a fait
Saint Cyr, l'école militaire française, promu capitaine
de corvette, puis fait Amiral. Ratsiraka est un métisse
chinois. Quand il monte à Tana, sa garde rapprochée
est composée, naturellement de métisses chinois.
Ce qui ne plaît pas à l'oligarchie des hauts plateaux.
D'où le durcissement de son régime !
Ratsiraka sera, lui aussi, mis à l'épreuve de l'usure
du pouvoir. Il s'exilera en France pour laisser la place à
Marc Ravalomanana. Et, aujourd'hui, à Madagascar, ce n'est
plus une affaire d'ethnie issue des hauts plateaux contre les
côtiers, mais elle oppose, désormais, deux opposants
issus d'une même ethnie...
L'intervention du Conseil des églises de Madagascar pourrait,
nous le souhaitons, de tous nos voeux, apporter cette ouverture
que nous attendons, tous, pour faire de la région cet ensemble
cohérent pour l'avancement de nos peuples communs...
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 22 février 2009
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